Tag: Bouches-du-Rhône

  • Chronique d’une justice à la dérive

    Chronique d’une justice à la dérive

    Alors que les délais d’audiencement explosent devant toutes les juridictions et particulièrement celles de l’ordre judiciaire, que tous ses acteurs alertent sur l’asphyxie de la justice civile et le manque de moyens criant pour répondre aux besoins des justiciables, le gouvernement choisit de répondre en réduisant encore l’accès au juge !

    Par un projet de décret « Rivage » (Rationalisation des instances en voie d’appel pour en garantir l’efficience), le garde des Sceaux envisage diverses mesures affectant la justice civile, dont celle de relever le seuil pour pouvoir interjeter appel d’une décision de première instance de 5 000 à 10 000 euros et celle de supprimer purement et simplement le droit d’appel dans certaines matières (pensions et contributions alimentaires notamment).

    Le garde des Sceaux entend donc supprimer le droit à une voie de recours pour toute une partie de la population, les justiciables les plus vulnérables, dans les litiges qualifiés « de moindre importance ».

    En relevant le seuil du droit d’appel de 5 000 à 10 000 euros (plus de 5,5 mois de salaire au Smic), dans toutes les matières mais également dans d’autres indépendamment de tout seuil, ce sont des pans entiers de la vie quotidienne qui sont concernés : le logement, le travail, le droit de la consommation, la famille, les petits commerces… Ces litiges ne sont pas de « moindre importance ». Ils requièrent un examen attentif des situations individuelles pour protéger les intérêts des plus fragiles de nos concitoyens.

    Mobilisation nationale

    En excluant certaines catégories de justiciables du droit de faire appel indépendamment de l’enjeu financier, ce sont également les plus vulnérables économiquement qui sont sacrifiés par cette approche comptable de la justice civile. Des familles monoparentales pour les contentieux de contributions alimentaires ou des petits commerçants s’agissant des baux commerciaux vont se voir priver d’une voie de recours. En généralisant les possibilités de filtrage des appels, sans contradictoire et sans audience, c’est le principe même du droit au procès équitable qui est en cause.

    Le garde des Sceaux entend donc rendre la justice plus rapide au moyen de mesures radicales, constitutives d’un recul sans précédent quant à l’accès à la Justice, toujours dans une même logique : moins de juges, moins de greffiers, moins de justice, moins de droits.

    Il s’agit d’une réforme menée sans concertation réelle –eu égard aux délais impartis– ni avec les avocates et avocats, ni avec les magistrates et magistrats, et sans étude d’impact ou statistique sur les causes du non-respect des délais raisonnables.

    C’est pourquoi le SAF a appelé à une mobilisation nationale dans tous les barreaux le 4 décembre 2025 afin de défendre l’accès à la Justice pour toutes et tous.

    Par le SAF Montpellier

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  • La bête noire des Spartiates arrive à Marseille dans une forme olympique

    La bête noire des Spartiates arrive à Marseille dans une forme olympique

    Le grand rival débarque dans la cité phocéenne pour continuer son ascension fulgurante vers le sommet. Les Spartiates de Marseille s’apprêtent à recevoir les Boxers de Bordeaux, ce vendredi (à 20h15) au Palais omnisports, pour le compte de la 23e journée de Ligue Magnus. « C’est une bonne rivalité, dans le sens où c’est quand même des matches très serrés à chaque fois, avec beaucoup d’engagement », souligne le gardien girondin Quentin Papillon. Ce dernier a stoppé net les deux dernières campagnes de play-offs des Spartiates au stade des huitièmes de finale à chaque fois. « C’est un gros match, parce que c’est une équipe vraiment forte. Ils s’appuient sur un gros collectif, avec quatre lignes qui tournent bien et un bon gardien. Il va falloir être bon défensivement et ne pas faire d’erreurs », prévient le défenseur marseillais Enzo Cantagallo, conscient que leurs adversaires du soir ont remporté leurs dix dernières journées en championnat.

    « Montée en puissance »

    Les deux formations rivales s’affrontent pour la troisième fois de la saison : les Spartiates ont remporté la première manche (5-2, le 10 octobre), puis les Boxers sont revenus au score (5-2, le 11 novembre). « C’est une équipe qui va dans le bon sens et qui progresse chaque année », reconnaît Papillon. Il fera d’ailleurs son retour à la compétition ce vendredi, après une longue blessure à la cheville survenue lors de la 3e journée de Ligue Magnus. « On sent qu’il y a une montée en puissance. C’est une très bonne chose pour le hockey sur glace français. »

  • Quand les Phocéennes suivent les aventures des Marseillaises

    Quand les Phocéennes suivent les aventures des Marseillaises

    « L‘équipe masculine compte plusieurs groupes de supporters derrière elle, alors pourquoi pas en créer un pour soutenir les féminines ? », s’est interrogée Aurélie Barle, supportrice de l’OM âgée de 19 ans, devant les matches de la section féminine au Campus, l’année passée, en compagnie de Tom Frégeac. « On s’est dit qu’en cas de montée, on devrait créer un groupe parce qu’elles le méritent », souligne l’étudiante en marketing, digital et communication.

    Leur rêve est rapidement devenu réalité lorsque Roselène Khezami et ses coéquipières ont remporté le championnat de Division 2 au mois de mai, synonyme d’accession en Arkema Première Ligue à la rentrée. Les deux passionnés olympiens, qui se sont rencontrés il y a quatre ans à la Commanderie, où ils patientaient ensemble – parfois pendant des heures – pour attendre la sortie de leurs idoles, ont dans la foulée créé l’association Les Phocéennes. « Une trentaine de personnes sont impliquées et participent à la vie du groupe », se réjouit Tom, originaire de Peyrolles-en-Provence.

    Un coût au portefeuille

    Au-delà de leur présence dans l’ancienne tribune Canal du stade Francis-Turcan, à Martigues, pour soutenir Les Marseillaises, les coprésidents échangent régulièrement avec leurs membres, sur les réseaux sociaux, pour fournir des informations pratiques ou des actualités concernant l’équipe. « Mais, pour l’instant, nous n’avons pas encore d’adhésions, parce que la création est assez récente. C’est un petit détail, mais ça rendrait notre groupe plus officiel. Ça nous donnerait une image de structure plus développée qui nous permettrait surtout de faire rentrer des fonds pour ensuite créer des tifos et des animations », espère-t-il. « Peut-être la saison prochaine », relance Aurélie, qui n’a pas encore évoqué le sujet avec le club.

    Fervents supporters des Marseillaises, Aurélie et Tom font également les déplacements pour suivre les matches au plus près de l’action. « On les a tous faits sur cette première partie de saison, sauf celui au Paris FC. Et encore, on devait le faire, mais on n’a pas pu y aller à cause d’un contretemps de dernière minute », justifie Tom, qui compte bien assister aux futures journées à Nantes, puis à Montpellier. Mais tous ces déplacements ont un coût financier indéniable. « On n’a pas d’emplois, ça ne nous facilite pas les choses. Heureusement que les places ne sont pas chères [5 euros en moyenne, Ndlr], mais ce sont les trajets qui coûtent cher, même si on essaie toujours de dépenser le moins possible », ajoute l’étudiant en hôtellerie et restauration. Avec une moyenne de 100 euros par week-end, ils auront donc facilement dépassé la barre des 1 000 euros à la fin de la saison pour encourager leur club de cœur au-delà de Martigues.

    Délocaliser au Vélodrome

    Pour le moment, ils sont généralement les seuls à prendre part aux matches à l’extérieur. « On espère pouvoir inciter d’autres supporters à nous suivre à l’avenir, mais ce n’est pas notre principal objectif, cette saison. On veut d’abord insuffler une dynamique à domicile, avec plus de personnes présentes à Turcan », souhaite Aurélie, lucide sur le retard de la culture du football féminin en France par rapport à d’autres pays.

    Pour Tom, les plus belles affiches du championnat, notamment le Classico entre Les Marseillaises et le Paris Saint-Germain, gagneraient à être délocalisées au stade Vélodrome. « Ça peut paraître ambitieux, mais je pense que ce genre d’initiatives mettrait de la visibilité sur la section féminine », estime-t-il. De telles opérations se sont révélées être concluantes dans d’autres clubs de l’Hexagone, à l’instar du FC Nantes, qui a accueilli plus de 16 000 spectateurs au stade de La Beaujoire lors de la réception du PSG, en octobre 2024. Mieux que l’affluence actuelle à Francis-Turcan.

  • Handball : Plan-de-Cuques lance une nouvelle Femina Cup

    Handball : Plan-de-Cuques lance une nouvelle Femina Cup

    Les observateurs du handball féminin ont actuellement les yeux tournés vers l’Allemagne et les Pays-Bas pour le Mondial. Mais, en France, Plan-de-Cuques accueille, ce week-end, la Femina Cup. Huit équipes sont en lice pour ce tournoi amical, dont le HBPC, l’OGC Nice ou encore la Guinée et l’équipe de France U20. Cette compétition est désormais habituée à se tenir durant cette période de trêve internationale. Une 23e édition d’une belle densité avec plusieurs clubs de Ligue Butagaz Energie, mais aussi deux sélections nationales.

    Quatre jeunes du HBPC promues

    Le gratin de la génération 2006/2007 est amené à jouer à Plan-de-Cuques. Les Bleuettes d’Eric Baradat ont le droit à un test grandeur nature face à des formations rodées. « L’idée de cette fin d’année est de finir de développer le projet de jeu de l’équipe, et de le stabiliser avec l’intégration définitive d’Yvana Atangana (Metz) et Assa Sissoko (Saint-Maur), tout en continuant à suivre certaines joueuses qui s’affirment de plus en plus dans leur club », raconte le sélectionneur historique de cette catégorie d’âge.

    Côté Plan-de-Cuques, trois éléments manqueront. Léa Schüpbach est au Mondial avec la Suisse, Laurie Puleri est blessée et Liyah Naal est indisponible pour le HBPC car… elle évoluera sous le maillot de la France U20, ce week-end. Quatre jeunes du centre de formation sont promues avec Zoé Auriac, Mona Guillaume, Maelys Touré et la gardienne de l’équipe Nationale 1 Reka Somodi. Des occasions de briller pour ces joueuses, qui seront lancées dès ce vendredi soir avec un match contre les Bleuettes au gymnase des Ambrosis (20h30). La finale de la Femina Cup est prévue dimanche à 14h30.

  • Un ultime adieu à Patricia Jeanjean

    Un ultime adieu à Patricia Jeanjean

    Celle qui fut présidente du Comité départemental de la Fédération Française de Pétanque et Jeu Provençal (FFPJP) était connue pour son grand cœur, comme pour ses qualités de dirigeante. Elle a occupé la fonction pendant près de 20 ans. Des qualités que les nombreuses personnalités présentes n’ont pas manqué de rappeler dans leurs hommages.

    Martine Vassal, très émue au moment de prendre la parole, a souligné l’implication essentielle de Patricia dans le développement de la pétanque au féminin, une cause qui lui tenait tant à cœur. Elle a également évoqué la joie de retrouver Patricia chaque année au Mondial La Marseillaise. La présidente (DVD) de la Métropole et du Département a salué la présence de Patricia lors de la dernière édition du Mondial, malgré la maladie, et cette belle discussion partagée entre elles, qui serait la dernière.

    Patrick Fara, son successeur, a rappelé la vive émotion de tout le monde bouliste en deuil après la perte de celle qui a marqué de son empreinte le comité départemental. L’actuel président a également évoqué, non sans émotion, tout ce que son sport lui doit, ainsi que les discussions animées qui les ont parfois opposés, sans jamais aucune rancune, tant son cœur était empreint de bonté et de bienveillance.

    Sylvain Souvestre, maire des 11-12, rappelait tout ce que Patricia Jeanjean a su apporter à son secteur, à commencer par son club de Saint-Julien pour lequel elle se battait sans jamais rien lâcher, comme dans tous les combats qu’elle a menés, et ils sont nombreux.

    Comble de l’émotion quand Sylvain, son fils, prit la parole pour clôturer les discours pour parler d’une Patricia plus intime. Une maman aimante et si fière que son fils unique ait réussi à devenir professeur. Elle en parlait souvent. Une maman fan de Michael Jackson et de Mylène Farmer. Et d’évoquer ces danses qu’ils aimaient réaliser tous les deux, Sylvain prenant la place de Mimi, mari de Patricia, son ombre, plus habitué aux terrains de pétanque qu’à la valse à deux temps.

    Il a aussi rappelé son goût pour les bons mots, la lecture et la musique classique. Des qualités que peu connaissaient et qui complètent les multiples facettes de cette grande dame.

    À 12h, dans l’intimité, s’est déroulée la crémation à Aubagne, après un discours très émouvant de son frère Frédéric, au cours duquel il a rappelé le lien peu fréquent qui les unissait, ne s’étant retrouvés que très tard dans leur vie. Une exception qui leur a permis de sceller un lien naissant mais très fort.

    En hommage à Patricia Jeanjean, le boulodrome de Saint-Julien portera désormais son nom.

  • La Ville de Martigues veut des garanties sur le contournement autoroutier

    La Ville de Martigues veut des garanties sur le contournement autoroutier

    C’est un record. Jamais conseil municipal n’avait vu autant de délibérations être débattues depuis le début du mandat. Près d’une centaine de points étaient à l’ordre du jour, soit près de 4 heures de séance. Record d’affluence, aussi. Rarement, l’hôtel de ville n’avait accueilli un public aussi nombreux, certaines personnes étant contraintes de s’asseoir par terre.

    Loin d’être ordinaire, ce jeudi 4 décembre, le conseil municipal avait des airs de campagne, les oppositions se saisissant de toutes les occasions pour attaquer la majorité et présenter leur projet. À commencer par les avances sur subvention accordées aux associations. Sylvie Wojtowicz, colistière de Jean-Luc Di Maria (LR), a voulu envoyer « un message clair sain et rassurant à l’ensemble de notre tissu associatif », anticipant une victoire, avant d’être reprise par le maire Gaby Charroux (PCF) : « Vous ne pouvez pas vous servir du conseil municipal pour faire votre campagne. »

    Requalification

    et compensations

    Au-delà de nombreux débats à visée électoraliste, certains points ont engagé d’importantes discussions, notamment au sujet du contournement autoroutier de Martigues et de Port-de-Bouc. L’assemblée avait à rendre un avis sur l’enquête publique, qui s’est achevée le 13 novembre. L’adjoint au maire délégué à l’environnement Florian Salazar-Martin (PCF), a résumé : « Nous sommes très satisfaits mais nous restons très vigilants sur un certain nombre de promesses faites dans un cadre financier et politique dégradé. » La majorité souhaite avoir l’assurance que l’échangeur du Réveilla, « indispensable à la fluidification du trafic et permettant l’optimisation de la desserte de Martigues Nord », sera réalisé, mais aussi que la RN568 soit requalifiée en boulevard urbain afin qu’elle devienne une 1×1 voie. Une attention est aussi portée aux mesures compensatoires écologiques, qui seront mises en place localement sur les secteurs de Maquemeou, du Vallon du Pauvre homme et de la plaine de Saint-Macaire sur plus de 70 hectares.

    Le conseiller d’opposition Frédéric Grimaud (LFI) a voté contre cet avis, justifiant : « Une autoroute en plus c’est du trafic en plus. Pour moi c’est un paradoxe, c’est un projet qui valide l’autoroutier et qui va augmenter les émissions de CO2. » L’ancien député de la 13e circonscription et élu municipal Pierre Dharréville (PCF) a plaidé, quant à lui, pour un plan global : « C’est une première décision qui en appelle d’autres. Nous allons reconquérir de l’espace urbain, permettre une meilleure circulation, il s’agit de continuer la bataille engagée pour le développement du fluvial, du fret et du transport ferroviaire », notant les insuffisances de la ligne de la Côte Bleue.

  • À Istres, illuminations, parades et traditions pour Noël !

    À Istres, illuminations, parades et traditions pour Noël !

    Le calendrier de l’Avent est entamé, les festivités de fin d’année peuvent commencer ! À Istres, la Parade lumineuse de la compagnie du Lotus Bleu marquera leur lancement ce vendredi à 18h30, au départ du portail d’Arles, en direction du Forum des Carmes. Au fil d’une déambulation, les artistes aux costumes éclatants allumeront à leur passage des lanternes chinoises monumentales pour plonger le centre-ville dans une ambiance féerique. Situées sur les allées Jean-Jaurès, le forum des Carmes et la place Lou Blagaïre à Entressen, ces œuvres en soie et LED réalisées par des artisans venus de la province du Sichuan représentent des animaux fantastiques et des motifs végétaux. « Nous avons près de 70 sujets », précise Laurent Even, directeur des événements.

    Le lendemain, samedi 6 décembre, la course festive « À la poursuite de Noël » se déploiera à partir de 16h dans le centre-ville, avec un parcours pour les 4-10 ans et un autre pour les plus grands. Quel que soit son âge, l’objectif est le même : se déguiser et s’amuser !

    Samedi 13 décembre, aux allées Jean-Jaurès, un artiste sculptera un bloc de glace en œuvre d’art éphémère. À partir de 17h, une déambulation à la lueur des lampions, dans les ruelles du centre historique, à la découverte du Noël provençal des associations de traditions istréennes est organisée. Au programme : chants, danses, présentation des 13 desserts, de la table de Noël, des santons et des animaux de la ferme.

    Toutes les autres animations, imaginées pour « donner un nouveau souffle à la magie de Noël », comme l’explique Laurent Even, sont à retrouver sur le site la ville, entre marché d’artisans, concerts, spectacles, veillée traditionnelle, chasse au trésor ou encore l’arrivée du père Noël !

  • Patrons et élus planchent sur la souveraineté lors du forum économique Soft

    Patrons et élus planchent sur la souveraineté lors du forum économique Soft

    « L’Europe : sursaut ou sursis ? ». C’est la question à laquelle ont tenté de répondre les plusieurs centaines d’entrepreneurs et élus présents pour Soft 2025, forum économique organisé par l’agence de développement de la Région Sud, RisingSud, ce jeudi à Marseille. « C’est l’occasion pour les grands dirigeants d’entreprises […] de parler de transition, innovation, d’industrialisation », résume Bernard Kleynhoff, président de RisingSud et conseiller régional.

    Le tout, avec quelques invités de marque comme l’ambassadeur de l’Ukraine (lire ci-dessous) ou encore le ministre délégué au commerce extérieur, Nicolas Forissier. Ce dernier revenait justement de Chine et a tenté de justifier la stratégie commerciale paradoxale d’Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs. S’il vante « la révolution économique permanente » et la « planification » du pays de Xi Jinping, il juge que la France « verse trop dans la protection ». Même principe sur les accords commerciaux : d’un côté il plaide pour « plus de fermeté dans les négociations » et appelle à « ne pas être dépendant », et de l’autre il loue les accords de libre-échange, comme le Mercosur ou encore le Ceta. « Le Ceta, c’est tout bénef ! Le Mercosur est une opportunité ! », explique-t-il, tout en reconnaissant tout de même « qu’il faut protéger des filières sensibles ». En bref, il résume grossièrement le débat à « l’ouverture commerciale versus le protectionnisme et la fermeture des frontières ». Pas de quoi vraiment éclairer les lanternes des participants qui venaient débattre, par une série d’ateliers et de tables rondes, de la souveraineté européenne et française au sein de celle-ci.

    « On n’a pas de cohésion »

    Le président de la Région Sud, Renaud Muselier (Ren.) n’a pas manqué de rappeler sa capacité à capter les fonds européens pour des projets locaux : « Quand on est arrivé à la tête de la Région, on prenait 300 millions d’euros de fonds européens. À la fin de cette mandature on aura 10 milliards ! Ça finance d’Iter à Airbus jusqu’aux villages de haute-montagne où l’on refait des églises et des lavoirs. » Mais retombe dans la même forme de paradoxe que le ministre. Il loue l’aide financière de l’État ou de l’Europe en direction des entrepreneurs pour faire face au « souverainisme américain » mais ne veut pas entendre parler de contreparties. « Je suis d’une culture où il faut laisser grandir l’esprit d’entreprise. Nos voisins innovent et avancent pendant que nous, on fabrique des dispositifs de régulation permanents », développe-t-il. Compliqué donc de « redonner un sens à l’Europe » dans ce cadre.

    Finalement, certains patrons se montrent plus lucides. À l’instar d’Elie Girard, PDG d’Alice et Bob, start-up d’informatique quantique qui travaille sur des technologies potentiellement révolutionnaires : « À part Airbus, les géants européens ça ne marche pas vraiment. Le problème c’est que si on devient un géant en Europe, on sera vu comme un géant français pour nos voisins européens… Et ils achèteront américain. On n’a pas de cohésion suffisamment forte. »

  • Forum économique Soft à Marseille : l’ambassadeur d’Ukraine veut la paix

    Forum économique Soft à Marseille : l’ambassadeur d’Ukraine veut la paix

    Invité spécial du Soft 2025, l’ambassadeur d’Ukraine en France Vadym Omelchenko a délivré un message ambivalent. Questionné sur les négociations autour du plan de paix pour son pays élaboré par les États-Unis, il a d’abord fait part de son avis favorable : « On croit dans ce plan de paix. On n’a pas beaucoup d’options et il y a un besoin fondamental de paix pour mon peuple. »

    Avant de faire part de plusieurs nuances : « On est prêt à avoir cette paix mais pas à n’importe quel prix. Notre délégation, pendant les négociations, a souligné nos lignes rouges sur notre souveraineté. » Et de développer : « Pourquoi l’armée ukrainienne quitterait les territoires ukrainiens de l’Est ? Pourquoi l’Ukraine renoncerait à l’adhésion à l’Otan ? Imaginez-vous que quelqu’un dise à la France qu’elle n’a pas le droit de rejoindre un organisme international. » Plus clairement, il assure que la diplomatie ukrainienne « ne peut pas accepter » que son pays ait « une souveraineté limitée » à l’issue des négociations. Et affirme aussi que « la société ukrainienne » ne l’acceptera pas non plus. Plus éloigné de son message en faveur de la paix, il appelle aussi au « réveil » des Européens face à « la menace russe » : « Je crois que les pays baltes et nordiques sont déjà menacés […] par une guerre hybride. »

  • GazelEnergie alerte le préfet de région sur les restrictions à la centrale de Gardanne

    GazelEnergie alerte le préfet de région sur les restrictions à la centrale de Gardanne

    À peine arrivé dans les Bouches-du-Rhône, c’est un sacré mot d’accueil qu’a reçu le nouveau préfet de région Jacques Witkowski. Dans un courrier daté de ce mardi et sur lequel La Marseillaise a pu mettre la main, le président de GazelEnergie s’alarme en effet des prescriptions imposées par l’arrêté préfectoral publié le 24 novembre pour régulariser l’autorisation d’exploitation, annulée par le Conseil d’État en mars 2023, au terme d’une nouvelle enquête publique (notre édition du 03/12).

    Quatre points sensibles

    « Certaines de ces prescriptions soulèvent des difficultés majeures sur lesquelles la société GazelEnergie avait appelé à plusieurs reprises l’attention des services préfectoraux et de la Dreal [direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, Ndlr] Provence-Alpes-Côte d’Azur », écrit ainsi Frédéric Faroche. Et de demander « que les prescriptions en cause soient modifiées et adaptées par arrêté ».

    Il réclame ainsi que le texte ne parle pas de « charbon cendreux » mais de « produits cendreux de récupération », rappelant que ces cendres restent « indispensables à la protection de la chaudière », lorsque la tranche 4 n’aura plus le droit d’utiliser de charbon, au 31 décembre 2026.

    Le courrier s’inquiète également de valeurs limites de concentration « injustifiées et de nature à poser des difficultés significatives lors des contrôles de conformité »… certaines valeurs trop basses ne pouvant être mesurées, tandis que d’autres sont « très significativement inférieures, d’un facteur 5, voire 10 ou même 100, à celles définies par arrêté ministériel ».

    Le fait de considérer toute modification au plan d’approvisionnement en bois comme « notable » même lorsqu’elles sont minimalistes paraît « entaché d’illégalité » s’alarme aussi l’industriel, qui demande une rédaction moins ambivalente. Enfin, GazelEnergie rappelle que « la certification de tous les fournisseurs ou encore la mise en œuvre d’un outil fiable pour garantir la traçabilité des bois, le lendemain de l’édiction de l’arrêté, était impossible ». Réclamant un délai de six mois… et remerciant le préfet de son attention.

    Sollicité par La Marseillaise, GazelEnergie se borne simplement à confirmer que son président a saisi le préfet.