Tag: Bouches-du-Rhône

  • Babel Music XP réunit les acteurs des musiques du monde à Marseille

    Babel Music XP réunit les acteurs des musiques du monde à Marseille

    Plus de 2 000 professionnels travaillant dans la filière musicale, 72 pays et quatre continents représentés… la 4e édition de Babel Music XP se renforce au fil des années, devenant un « hub méditerranéen » au format hybride. Comme peut le poser son directeur, Olivier Rey, « il n’y a aucun autre équivalent dans le paysage euroméditerranéen ». Producteurs, mangers, programmateurs, diffuseurs, artistes et autres directeurs de festivals se donnent ainsi rendez-vous à Marseille du jeudi 19 au samedi 21 mars au cours de ce salon et marché « à taille humaine. Un chaînon manquant qui consolide » les liens au sein de cet écosystème. « En ces temps incertains, un lieu de coopération et de partage pour la circulation des artistes et la promotion de la diversité musicale dans un contexte de globalisation aux effets positifs, mais aussi pervers comme l’uniformisation de certaines programmations artistiques guidées par le seul profit », contextualise-t-il.

    Capitale du son

    Se positionnant comme « une manifestation d’intérêt général au service des acteurs de la filière », dixit Olivier Rey, Babel Music XP proposera des rencontres professionnelles, « speed meetings », rendez-vous en tête à tête, ateliers, tables rondes et autres « masterclass » dans son vaisseau amiral de la Friche Belle de Mai, mais aussi à la Cité de la musique. Ont notamment répondu à l’invitation de cet événement qui prend de l’ampleur, le Bangkok music city, « le plus grand marché d’Asie », mais aussi « les deux plus gros festivals de jazz d’Indonésie », le plus grand festival gratuit de New York en la personne du Summer stage… « On assiste aussi à un déploiement de plus en plus conséquent venant des deux rives de la Méditerranée : Espagne, Maroc, Égypte, Tunisie… », énumère-t-il encore. Des opérateurs d’Europe du Nord viendront aussi en nombre, sans compter « l’Afrique subsaharienne, avec cette année le Sénégal, le Burkina Faso, le Tchad et la Centrafrique. Nous sommes fiers de remettre Marseille au centre de ce jeu ». Un véritable carrefour des cultures du monde matérialisé aussi par un versant « showcases ». Ouverts au grand public, des petits concerts qui se déploieront à l’Espace Julien, à la Plateforme (ancien Dock des Suds) ainsi qu’à la Belle de Mai, avec une trentaine de groupes au menu.

  • Bonnes, belles ou bien mauvaises, des Mères déconstruites au Mucem

    Bonnes, belles ou bien mauvaises, des Mères déconstruites au Mucem

    Les commissaires de cette exposition s’appellent Caroline Chenu et Anne-Cécile Mailfert. Historienne de l’art, la première est chargée de recherches au Mucem depuis 2017. Présidente de la Fondation des Femmes qu’elle a cofondée en 2016, la seconde mène des campagnes pour les droits des femmes et contre les violences. Pour France Inter, pendant quatre ans, elle a donné des chroniques matinales. Motherland, l’extrait d’une vidéo franchement burlesque de Ruth Patir, diffusée au départ de l’exposition, anticipe les partis pris de leurs explorations. Un défilé rassemble des figurines féminines en terre cuite qui scrutent un décor de gratte-ciel et dodelinent gravement.

    Leur manifestation est parfaitement extravagante : ce sont de lourdes figures de la fertilité ou bien des statuettes sumériennes, des fausses idiotes qui nous interpellent.

    Scénographie pour madones de banlieue

    Grand déboulé de personnages et de points de vue, un chaos finement organisé survient au niveau 2 du Mucem dont les parois, les rythmes et les détours, voici peu inventés pour l’exposition « La Carte du ciel », ont été repeints par la scénographe : à la place du bleu des nuits étoilées, voici des teintes orange ou bien du pourpre.

    Sculptures, stèles funéraires, tableaux, photographies, objets et documents, voici des maternités principalement antiques, des ventres et des corps charnus, mythifiés, ordinaires ou bien puissants, des figures de déesses-mères, des femmes qui allaitent, qui pique-niquent ou bien qui avortent. Des œuvres contemporaines perturbent délibérément la chronologie. On appréhende les réemplois stylistiques et les émancipations qui s’effectuent au cours des siècles. Mamelles pendantes, décapitée et crochue, la pas du tout séduisante sphinge de Louise Bourgeois se souvient simultanément d’Artemis et des anatomies dadaïstes. Présents en visite de presse, pas du tout mondains ni subversifs, acteurs vieillissants d’une société du spectacle d’ores et déjà périmée, Pierre et Gilles sont venus revoir leur « Vierge à l’enfant » qui est aussi l’affiche de cette exposition. Tête couronnée et robe blanche, actrice de La Graine et le Mulet quand elle pose pour leur photo, Hafsia Herzi surgit devant une barrière de chantier, parmi les balises d’autoroutes qui éclairent un infâme bazar de fleurs en plastique traversé par des rats.

    Yves Jeanmougin et Niki de Saint-Phalle

    Les deux curatrices ont introduit dans leur shaker des pièces de multiples provenances. Certaines sont glaçantes – par exemple, issus des anciennes collections des ATP, un irrigateur médical recommandé pour la contraception ou bien issu du parvis d’un hôpital du XVIIIe siècle, une boîte en bois pour enfants abandonnés -d’autres sont merveilleusement farfelues comme le « Cœur indépendant rouge » de Joana Vasconcelos et la « Femme enceinte », les boules de couleur de l’Hippo-lamp de Niki de Saint Phalle. On les félicite d’avoir sollicité des artistes de la proche région comme Katia Bourdarel, Yves Jeanmougin, Karine Rougier, Édith Laplane et Michael Serfaty.

    Un malaise persistant pourrait entraver le parcours de cette exposition. Le positionnement des pièces est judicieux, les problématiques d’hier et d’aujourd’hui sont abordées frontalement : les pleureuses et les féminicides, les fêtes, l’asservissement, les luttes et les douleurs, Gisèle Halimi, Simone Weil et les réacs sont évoqués. Au presque impossible, nul n’est tenu. Un liant manque dans ce kaléidoscope : des réflexions globales, une vision d’ensemble à la façon de Françoise Héritier, de Georges Vigarello ou de Philippe Descola lui font cruellement défaut.

    Jusqu’au 31 août, tous les jours sauf mardi. Catalogue coédité avec Actes Sud, 39 euros. Samedi 21 mars 16h, entrée gratuite.

  • Quand les moustiques attaquent en plein hiver

    Quand les moustiques attaquent en plein hiver

    Attention ça pique… déjà. Sans présager de ce que pourra être la saison estivale, l’EID (Entente Interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen), constate « des éclosions généralisées d’Aedes detritus, une espèce de moustique hivernale caractéristique des zones temporairement inondées ». La bestiole, plus discrète que son cousin tigré, car « sans motif particulier », sans « ornementation sur les pattes », reste « un des moustiques les plus présents et nuisants des marais halophiles du littoral méditerranéen » estime l’EID. La multiplication des étendues d’eau et les températures douces depuis décembre ont permis sa prolifération. Les agents de l’EID étant aussi empêchés d’agir à terre de par les inondations et n’ayant eu qu’un « recours restreint » aux moyens aériens. Résultat : la présence de larves a été repérée sur près de 6 000 hectares entre janvier et février, contre 2 900 hectares sur la même période en 2025.

    Des traitements par drones

    Portés par le vent, les insectes se déplacent « assez rapidement, de plusieurs kilomètres vers l’intérieur des terres » et tendent « à se réfugier dans les zones abritées en attendant les moments calmes et doux pour piquer en journée à l’extérieur ». Dans son bulletin concernant les Bouches-du-Rhône pour la semaine, l’EID indique qu’ils ont débarqué en Camargue et dans les communes de l’étang de Berre. Des traitements larvicides biologiques avec l’épandage d’une bactérie qui bloque le développement des larves, « ont été réengagés par différents moyens aériens et terrestres dès mardi 17 mars, et vont se poursuivre au gré des conditions favorables », précise-t-on.

    Plus de 160 hectares ont été traités la semaine précédente dont 31 % par avion. Des traitements par drone ont également été effectués. L’EID prévoit un risque de nuisance maintenu sur les territoires déjà impactés « avec un déplacement possible vers l’intérieur des terres lors des journées où les vents de mer souffleront faiblement. »

  • Un comité de soutien pour Amine, menacé d’expulsion

    Un comité de soutien pour Amine, menacé d’expulsion

    Amine Ganzoui a soufflé ses 18 bougies en avril 2025. Arrivé huit ans plus tôt en France depuis la Tunisie, et désormais majeur, il a déposé une demande de titre de séjour et a reçu son récépissé en juillet 2025. Ce document provisoire lui permet de séjourner régulièrement en France durant l’examen de son dossier. « J’étais heureux de me dire que j’allais enfin pouvoir vivre comme les autres et commencer des études », raconte Amine, qui envisage une licence de droit après son bac au lycée Montgrand (1er).

    Mais les choses ne se passent pas comme prévu : la demande est rejetée, et il reçoit le 7 août 2025 une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Cette mesure administrative, délivrée par la préfecture, l’informe qu’il a désormais trente jours pour quitter le territoire avant d’en être expulsé. Le motif ? Selon l’arrêté, « l’intéressé, célibataire et sans enfant, ne justifie pas l’ancienneté et les liens familiaux » dont il devrait se prévaloir pour justifier la délivrance du titre de séjour. « Comment imaginer m’en aller en un mois alors que toute ma vie est ici ? », interroge Amine. Ses amis, à ses côtés, hochent la tête : « On était choqués, on ne comprend pas comment c’est possible, c’est tellement injuste. »

    Un comité de soutien pour sa régularisation

    Dans la salle des professeurs du lycée Montgrand, des enseignants et des élèves se sont réunis ce mercredi 18 mars pour organiser le comité de soutien pour Amine. Une pétition et un communiqué, appuyés par le Réseau éducation sans frontières (RESF), circulent. Le texte raconte comment Amine est arrivé en France « fin août 2018 » car « ses parents, gravement malades », ont décidé de le « confier à sa sœur qui réside en France dans l’espoir d’une vie meilleure ». Depuis, ses camarades et ses professeurs témoignent de son « parcours exemplaire ». Impliqué dans le dispositif Télémaque, Amine a également pu bénéficier de « soutien scolaire et de sorties culturelles ».

    Autant de preuves de « sa bonne intégration », qui rendent le refus de la préfecture de lui accorder le titre de séjour « incompréhensible » pour la sœur d’Amine, Nouha Hamlet. « Depuis qu’il a appris pour l’OQTF, il vit dans la peur quotidienne de l’expulsion et ça a des conséquences, à la fois physiques et psychiques, sur lui », témoigne-t-elle. Inquiète, elle a informé les enseignants du lycée Montgrand de la situation du lycéen au début de l’année scolaire. Ses professeurs et ses amis ont alors décidé d’organiser un comité de soutien pour « mettre en œuvre tout ce qui est en leur pouvoir pour qu’Amine Ganzoui puisse rester ici, chez lui, et être régularisé ».

    Amine, sa sœur et son avocat ont déposé un recours contre la décision, qui sera jugé le 26 mars prochain au tribunal administratif de Marseille.

  • Un patron voyou à la tête d’une « société poubelle »

    Un patron voyou à la tête d’une « société poubelle »

    « Vous vous êtes manifestement enrichi en ne déclarant pas volontairement vos salariés et ce pour un préjudice très conséquent pour l’Urssaf », a sans détour signifié la présidente Kennedy à un chef d’entreprise qui s’est vu infliger trois ans de prison dont deux avec sursis. « L’année ferme est aménagée sous bracelet électronique. C’est de la prison mais chez vous. »

    Eshat Cakmak, 44 ans, chef d’entreprise de construction turc, comparaissait mardi pour travail dissimulé et blanchiment. Par omission délibérée de déclaration d’embauche, de salaire et de cotisations sociales sur environ 500 travailleurs, ses deux sociétés ont engendré 4 682 927 euros de préjudice à l’Urssaf en 4 ans. « Votre chiffre d’affaires de 2020 à 2023 est de 5,7 millions d’euros. Vous touchez 323 000 euros sur la même période mais n’en déclarez que 15 000 tout en versant 45 000 euros non déclarés à votre épouse, gérante de droit », campe la présidente face à un prévenu mutique ou agaçant dès qu’il s’exprime. « Je ne me souviens plus. Je me sens pas bien. J’ai perdu mon père. »

    « Je ne regarde pas l’argent que je gagne »

    Le schéma délictuel est connu dans le secteur du bâtiment. « Une première société poubelle est créée à Marseille qu’on transfère ensuite à Bobigny pour minorer le risque de contrôle, détaille la vice-procureure Isabelle Candau. Quand elle est repérée, la société qui a pris beaucoup de chantiers 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires par an n’existe plus. Une autre société a repris tous les chantiers et fait quelques DPAE (Déclaration préalable à l’embauche) pour donner une apparence de légalité sans faire de DSN (Déclaration sociale nominative) pour ne pas payer les cotisations sociales. C’est un procédé récurrent dans le BTP. »

    Lors de la perquisition de son appartement, avenue Saint-Louis, 15e, pour lequel il touche 536 euros d’APL, les enquêteurs trouvent 5 300 euros en espèces, 22 cartes bancaires, saisissent 4 véhicules dont une Audi Q8, une Mercedes classe S. « Vous avez perçu 450 000 euros de revenus en 4 ans mais vous n’avez déclaré que 5 280 euros dans l’année », rappelle la juge. « C’est pas une vie de luxe, ce que j’ai gagné je l’ai perdu car je joue et j’aide aussi ma communauté. Je ne regarde pas l’argent que je gagne, je le distribue à mes ouvriers. Actuellement j’ai des problèmes de dos, je suis au RSA », crispe le prévenu.

    « Cette fraude sociale cause un préjudice financier colossal en cotisations éludées », expose Me Coralie Renaud pour l’Urssaf. Elle réfute la version proposée d’une négligence systématique et d’une inculture administrative. « On est face à un patron voyou », résume la procureure. « Il utilise notre droit social à son profit. Vous ne déclarez rien, vous ne payez rien, vous passez votre temps à enfumer, à faire disparaître les fonds pour gruger et créer de l’apparence. Tout, strictement tout, va dans votre poche. » Contre cette fraude sociale qui représente « 1 400 euros de pension de retraite pour 283 personnes pendant une année », elle demande 3 ans ferme avec mandat de dépôt.

    « Ce n’est pas le Stavisky du BTP ni un Machiavel de la finance ! » lance Me Olivier Kuhn-Massot « atterré en tant que citoyen de voir la dérisoire facilité à planter 4,7 millions d’euros à l’Urssaf. Et ça n’éveille personne ? » De réfuter un enrichissement personnel. « Il ne serait plus ici s’il avait accumulé une fortune en Turquie. » « Lui un donneur d’ordres ? C’est surtout lui qui en reçoit. Il a la tête du parfait abruti et il a été utilisé comme tel. C’est un pion sacrificiel », tente la défense.

    L’homme écope de 3 ans de prison dont 2 avec sursis, de 20 000 euros d’amende, de l’interdiction définitive de gérer et de l’obligation très théorique de verser 4 682 927 euros à l’Urssaf. Sa société est dissoute.

  • À Roquevaire, Hélène Spinelli « sereine » face à l’adversité

    À Roquevaire, Hélène Spinelli « sereine » face à l’adversité

    « C’est l’alliance de la carpe et du lapin », réagit Hélène Spinelli, tête de liste (DVG), arrivée en première place du premier tour avec 38,06% des voix, face à l’alliance au second tour entre la liste (DVC) d’Eric Bouillé et celle de Judith Dossemont (DVD). Annoncé dans un communiqué, ces deux listes – qui ont respectivement obtenu 25,71% et 18,88% des suffrages exprimés – affirment que cette décision est fondée sur « six ans de travail dans l’opposition, des constats partagés et les mêmes priorités pour l’avenir de la commune ». La première adjointe du maire sortant Yves Mesnard, Hélène Spinelli, est assez surprise de cette alliance, qu’elle qualifie de « façade », alors « qu’ils se sont opposés de manière farouche pendant plusieurs années au conseil municipal, et encore plus lors de cette campagne ».

    « L’aveu d’un échec »

    Questionnant leur crédibilité, elle affirme qu’il s’agit de « l’aveu d’un échec », tout en rappelant que Judith Dossemont sacrifie une grande majorité de ses colistiers en faisant le choix de l’union. La liste de Marie-France Bertin (UDR) investie par Eric Ciotti, est arrivée troisième avec 18,88% des voix. Se qualifiant également pour le second tour, elle affirme avoir « initié la démarche de fusion des trois listes », ce que Eric Bouillé a refusé. Pour Hélène Spinelli, le score de la liste de gauche est « la preuve que notre projet résonne avec les attentes des Roquevairois ». Cette campagne d’entre-deux-tours reste cruciale et le résultat incertain. Au premier tour, l’abstention s’élevait à 38% et Hélène Spinelli souhaite aller vers ces électeurs, sur le terrain et reste « sereine » pour la suite.

  • À Aix, un ultime meeting pour Sophie Joissains

    À Aix, un ultime meeting pour Sophie Joissains

    La campagne de l’entre-deux-tours prendra officiellement fin ce vendredi soir. En attendant, elle bat, de nouveau, son plein. Si elle est arrivée largement en tête du premier tour, raflant 39,41% des votes, Sophie Joissains s’applique, comme les trois autres candidats maintenus au second tour, à tenir un ultime meeting avant dimanche soir. La rencontre sera programmée dans son local de campagne, situé sur le haut du cours Mirabeau (1 bis), ce jeudi 19 mars, dès 18h30. « Les participants pourront découvrir les engagements portés par la liste Passionnément Aixois, et partager leurs attentes pour l’avenir de la ville », indique l’équipe de campagne par voie de communiqué. Pour rappel, Sophie Joissains, élue pour la première fois en son nom, ayant succédé à Maryse Joissains, sa mère, en 2021, porte un programme qui est axé en priorité sur la « sécurité et la tranquillité publique », aux côtés d’une équipe renouvelée de moitié.

    Un programme axé sécurité

    La candidate promet, sur ce plan, des moyens humains, comme matériels, pour renforcer les effectifs de sécurité. Entre autres, dix agents de police municipale par an, un nouveau commissariat, davantage de caméras de vidéosurveillance. La maire sortante promet, à répétition, de ne pas augmenter les impôts communaux pendant « toute la durée du mandat », d’installer services publics, équipements culturels et sportifs dans chaque quartier et village, et d’adapter la ville à la transition énergétique. Un programme qui se veut dans la continuité de ces dernières années de mandat. « Le résultat [de ce premier tour, Ndlr] montre que cela vient de l’ensemble de la Ville d’Aix. la politique qu’il a menée, je l’ai souhaitée dans le sens de l’intérêt général, dans le sens d’une exigence d’excellence qui puisse concerner tout un chacun et ne laisser personne au bord du chemin, affirmait, à l’issue du premier tour, Sophie Joissains. Ce que j’assure aux Aixois est que sur le plan de la tranquillité publique, sur le plan de la préservation de la ville, nous agissons en profondeur et avec de véritables résultats. »

  • À Aubagne, gauche et centre font front commun pour l’alternance

    À Aubagne, gauche et centre font front commun pour l’alternance

    Salle comble. La fusion a rassemblé, plus que des listes, des soutiens. Jean-Pierre Squillari, à la tête de la liste Aubagne en commun (union de la gauche hors LFI), arrivée à 23,35% des suffrages exprimés au premier tour, et Giovanni Schipani (DVD), tête de liste d’Aubagne mérite mieux (16,1%), fusionnent pour le second tour. Le meeting, organisé mercredi soir dans la salle du Bras d’or, a rassemblé colistiers, militants et habitants venus apporter leur soutien à cette nouvelle liste, à un moment charnière de la campagne.

    La soirée a été introduite par un discours bref, mais à la symbolique forte : Yohann Otokpa, ex-colisitier du candidat Mohammed Salem désormais allié à Gérard Gazay, est venu apporter son soutien à la liste de Squillari, appelant à la mobilisation « pour aller chercher la moindre voix, pour que l’on retrouve Aubagne ». L’un après l’autre, les deux nouveaux alliés se sont ensuite adressés aux centaines d’habitants venus les soutenir. L’occasion pour Giovanni Schipani de justifier son alliance avec Jean-Pierre Squillari, « faite sur des valeurs de solidarité, pour battre le candidat sortant mais aussi pour éviter le pire ».

    Faire front commun

    Dans la salle, cette union est appréciée, en témoignent des applaudissements réguliers, peu importe le candidat. « C’est une union qui a du sens parce qu’avec le maire actuel, Aubagne ne changera pas, et le risque du RN fait réellement peur, car Mme Mélin, c’est contre la solidarité, contre nos valeurs et pour la division », confie Anne-Claude, colistière d’Aubagne en commun. L’objectif premier de l’alliance est bien d’empêcher le duo de tête du premier tour de l’emporter dimanche prochain, un « rendez-vous crucial pour notre belle commune », insiste Jean-Pierre Squillari, qui affirme partager avec son allié « la conscience commune du danger et de l’urgence de s’unir ». Outre l’ambition d’un front commun, les deux insistent sur une union simplifiée par « la compatibilité, parfois la similitude de nos deux programmes, qui convergent vers le même objectif, l’intérêt d’Aubagne », clame Jean-Pierre Squillari, avant de détailler : « Un moratoire immédiat sur les grands projets de bétonnisation, le renouveau du centre-ville, le soutien local au pouvoir d’achat », entre autres choses. Sentiment partagé par leurs soutiens, dont Maurice, colistier d’Aubagne mérite mieux, désormais retiré de la liste, qui observe « deux programmes très proches, qui unis sont porteurs d’espoir, signifient le changement ».

    Les deux chefs de file s’accordent, les 60h qui restent de campagne seront « intenses ». Jean-Pierre Squillari insiste sur « l’importance, dans les jours qui viennent, de nous mobiliser pour que l’espoir soulevé se concrétise le 22 mars ». Si, théoriquement, l’union des deux listes pourrait distancer Joëlle Mélin et Gérard Gazay, reste encore à poursuivre la mobilisation, réduire l’abstention, et « en deux jours, transformer l’essai, car rien n’est gagné », conclut Giovanni Schipani.

  • À Gardanne, la proximité pour agir sur l’abstention

    À Gardanne, la proximité pour agir sur l’abstention

    Pour cet entre-deux-tours, le candidat à la mairie de Gardanne Jean-Marc La Piana (DVG), a décidé d’aller à la rencontre des 43,76% de Gardannais qui ne se sont pas déplacés pour voter lors du premier tour des élections municipales. Arrivé en deuxième position avec 36,48% des suffrages, il affrontera au second tour le maire sortant Hervé Granier (LR), qui a obtenu 43,56% des voix et Bruno Priouret (RN), qui a recueilli 19,96% des suffrages. Pour tenter de renverser la dynamique, le candidat de gauche a choisi de concentrer ses efforts sur les abstentionnistes. « Pour nous, c’est important de mobiliser les électeurs qui se sont abstenus, que ce soit par colère ou résignation, affirme Jean-Marc La Piana. Leur voix compte, il faut qu’ils la fassent entendre. »

    Une campagne de proximité

    Depuis le début de la semaine, lui et son équipe de campagne multiplient les initiatives pour aller au contact des habitants. Porte-à-porte dans les différents quartiers, distribution de tracts et présence renforcée sur les réseaux sociaux : l’objectif est de recréer un lien direct avec les électeurs et de les convaincre de participer au second tour. Pour Jean-Marc La Piana, la proximité reste l’essence même d’une élection municipale. « C’est l’élection la plus belle parce que c’est celle où l’on parle directement aux habitants de leur quotidien », estime-t-il. Le candidat se dit d’ailleurs encouragé par l’accueil reçu lors de ses déplacements. « On est très content parce qu’on rencontre beaucoup de gens qui n’ont pas voté au premier tour et qui nous assurent vouloir participer au second pour garantir l’avenir de la ville », assure-t-il.

    Promesse de rupture avec la municipalité sortante

    Au cœur de son discours, Jean-Marc La Piana insiste sur ce qu’il considère comme la nécessité de tourner la page de la municipalité actuelle. Il critique la gestion du maire sortant, qu’il accuse de manquer de concertation avec les habitants. Selon lui, certains projets pourraient devenir des « scandales à venir » et entraîner une hausse des impôts locaux. « Moi, je veux de la concertation, fini l’opacité ! », martèle le candidat, qui promet de mettre en place des conseils de quartier afin d’impliquer davantage les habitants dans les décisions municipales. Dans son programme, il met également en avant la valorisation de l’éducation et de la culture, ainsi que la mise en place d’une police de proximité pour lutter contre le sentiment d’insécurité. Il annonce aussi vouloir mettre fin au projet de centre aéré. À quelques jours du second tour, Jean-Marc La Piana espère que la mobilisation des abstentionnistes pourrait rebattre les cartes. « Je veux une ville avec du lien et du soin, une ville où on se sent bien », conclut-il.

  • Marc Pena promet d’être dimanche le maire d’Aix-en-Provence

    Marc Pena promet d’être dimanche le maire d’Aix-en-Provence

    Plus que trois jours pour battre campagne avant le second tour. Arrivé en deuxième position au second tour (20,15%), juste derrière la maire sortante, Sophie Joissains (39,41%) Marc Pena, à la tête de la liste Aix Avenir, née d’une union des forces de gauche et écologistes, y croit fort : « Dimanche nous serons aux manettes pour faire d’Aix une ville progressiste avec vous et pour vous ! », lance Marc Pena. Ce mercredi, c’est au Palais des Congrès d’Aix-en-Provence que le candidat a choisi de tenir son avant-dernier meeting de campagne. Le second se tenant ce jeudi, au Jas de Bouffan. Parmi les présents, Mounir Ben Ammar, candidat Révolution écologique pour le vivant (Rev), battu au premier tour (4,72%). Le candidat a, avant cette soirée, appelé, à « se mobiliser massivement en faveur de la liste conduite par Marc Pena ». Sa présence, lui vaut une standing ovation venant des sympathisants. « Il fallait avoir beaucoup de courage pour faire ce que tu as fait », adresse Marc Pena, qui mise sur le « report des voix d’une partie de la gauche ». « Mounir [Ben Ammar] a été d’une limpidité totale. Nos amis de la France insoumise ont dit l’essentiel : combattre l’extrême droite, ne pas laisser Joissains au pouvoir. Quand il y a de tels enjeux, la gauche sait se rassembler (…). » Si la tête de liste est arrivée derrière Sophie Joissains, au premier tour, Marc Pena martèle être « la seule alternative » au mandat de la maire sortante. « La moitié des Aixois ne sont pas allés voter. La première chose que j’ai faite et que je vais continuer à faire, est de m’adresser à tous ces abstentionnistes, des plus âgés, déçus de la politique, aux plus jeunes qui ne se sentent pas concernés et pas représentés par le spectre actuel d’Aix-en-Provence », poursuit Marc Pena.

    Barrer l’extrême droite

    « 20 points ça a l’air d’être beaucoup, mais ce n’est rien si le taux de participation augmente un peu », répétera ce dernier, au terme d’un long discours. Si l’union des forces de gauche et écologistes est arrivée en deuxième position, il estime que le « gros score » de la liste Joissains est en partie « dû à plusieurs facteurs, dont un, auquel on pense pas : la force de l’habitude, le fait qu’on vive la présence des Joissains comme une fatalité, comme faisant partie du décor, d’un sparadrap dont on ne pourrait pas se défaire (…) je m’interdis une énième victoire du clan Joissains », estime Marc Pena.

    Entre la déclinaison d’une partie du programme et l’appel à voter, un autre message a marqué la soirée : celui de la lutte contre l’extrême droite, alors que le RN, au premier tour, a atteint les 15%. Et que dans la matinée, les affiches collées avenue de l’Europe par les militants de la liste Aix Avenir, ont été taguées d’une croix gammée. « Siamo tutti antifascisti ! » clament, en fond de salle, les plus jeunes militants. « Notre adversaire premier, c’est l’extrême droite, rappelle Marc Pena. C’est parce que le RN a su se normaliser que la parole raciste, xénophobe, s’exprime en toute impunité (…) nous serons un rempart contre toutes les formes de discrimination. »

    Des croix gammées sur ses affiches

    En pleine campagne pour le second tour des municipales, Marc Pena a retrouvé des croix gammées, symboles du régime nazi, dessinées sur ses affiches de campagne, avenue de l’Europe, à Aix-en-Provence. Par voie ce communiqué ce mercredi, le candidat condamne « avec la plus grande fermeté » ces actes « ignobles et inacceptables, qui relèvent d’un antisémitisme et d’un fascisme décomplexés. Ils n’ont absolument pas leur place dans notre vie démocratique ». Marc Pena annonce également engager des poursuites. « Nous ne céderons ni à l’intimidation, ni à la haine », assure le candidat de la gauche.