Tag: Bouches-du-Rhône

  • Les collégiens brisent les barrières par la musique avec Marsatac School

    Les collégiens brisent les barrières par la musique avec Marsatac School

    Sur scène, quelque 150 jeunes des collèges Stéphane-Mallarmé (13e), Henri-Barnier (16e) et Françoise-Duparc (4e) défilent devant un public de parents, d’amis et de curieux venus assister à ce grand concert. « C’est un projet d’initiation à la musique qui est né en 2018, justement au collège Françoise-Duparc », rappelle Pauline Wohlhuter, administratrice de Marsatac School.

    Pendant dix séances d’une à deux heures, des élèves de la sixième à la troisième ont été accompagnés par des artistes, lyricistes et beatmakers pour réaliser leurs propres musiques. « On leur montre comment on crée des rythmes, des rimes, des paroles. Après ils apprennent à chanter, à rapper, et ils arrivent comme des vrais artistes sur scène », sourit Loucas, qui a accompagné le projet.

    Soutenue par le Département des Bouches-du-Rhône, cette initiation à la musique a permis à trois classes, dont une classe Ulis pour enfants en situation de handicap, de créer quatre chansons chacune. « Le but c’est aussi d’être inclusif et de les aider. On a des retours sur des élèves qui sont en décrochage scolaire, et c’est un projet pour lequel ils reviennent à l’école », affirme Pauline Wohlhuter.

    Artistes en devenir

    Grâce à Marsatac School, certains se voient déjà continuer dans cette voie. « Maintenant on sait rapper et écrire. Peut-être que plus tard, on percera dans le rap et on fera un groupe », rêvent Ylias et Mehdi, élèves de troisième au collège Françoise-Duparc.

    Le projet permet aussi aux jeunes de s’affirmer. « Déjà, ça donne un accès à la culture et en plus ça joue sur leur confiance, leur sociabilité, leur empathie », admet Loucas. « Au début j’étais timide. Maintenant je me dis, autant me lancer », atteste Linoa, qui espère poursuivre dans le rap. Une volonté entendue par Pauline Wohlhuter, qui souhaite que l’accompagnement des élèves perdure. « On essaie de travailler sur une Marsatac Academy pour donner l’opportunité à ces jeunes de continuer à pratiquer. »

    Dans le public, les cris de soutiens fusent. « Ça les a vraiment rassemblés, ils créent de la coopération. C’est la raison pour laquelle j’ai demandé à participer à Marsatac School », détaille la professeure d’anglais des collégiens. De quoi confirmer le pouvoir de la musique comme levier d’inclusion pour les jeunes.

  • Un grand défilé écoresponsable pour clôturer la Slow Fashion Week

    Un grand défilé écoresponsable pour clôturer la Slow Fashion Week

    C’est dans un cadre idyllique, en face de la rade de Marseille, que 105 silhouettes ont défilé, vêtues uniquement de matériaux recyclés. « Il y a 405 kilos de déchets textiles du territoire qui ont été revalorisés », sourit Marion Lopez, fondatrice du Studio Lausié et du collectif Baga qui est à l’origine de la Slow Fashion Week.

    Pendant une semaine, la ville de Marseille a accueilli des conférences, des ateliers de couture et des défilés destinés à mettre en lumière la mode écoresponsable. « C’était magnifique. Je suis très heureuse de cette semaine, et ce soir, très fière de mes élèves. »

    Pour les 21 étudiants de l’école, ce défilé marque l’aboutissement de deux mois de travail. « Les matériaux que j’ai utilisés viennent de mon village d’enfance. Je travaille les plaquettes de médicaments et les filets de pomme de terre », détaille Sascha, qui a réalisé une collection inspirée de la culture alternative, rave et punk.

    « À jamais les premiers »

    L’objectif de ce défilé : que les looks présentés n’aient pas à pâlir face à la haute couture. « Ça nous tient à cœur de montrer que la mode écoresponsable a sa place sur les podiums », campe Marion Lopez. Un pari visiblement réussi : depuis la création de la Slow Fashion Week, « beaucoup d’écoles se sont mises au réemploi ».

    Premier en France à prôner la mode durable, l’événement sensibilise aussi le public à une pratique plus inclusive, encore rare dans ce milieu. Devant la Major, des mannequins de tout âge, tout genre ou en situation de handicap ont défilé. « Marseille a toujours été un port d’accueil (…) Je voudrais que le phare de ce port éclaire tous ceux qui sont dans la démarche de cette mode pleine de valeurs », a salué Jina Luciani, présidente de Maison Mode Méditerranée.

    Alors que la fête s’achevait, Marion Lopez s’est réjouie de l’essor de la mode écoresponsable à Marseille. Une dynamique qu’elle résume par une formule simple : « À jamais les premiers. »

  • La collecte de sang soutenue par Anthony Gonçalves

    La collecte de sang soutenue par Anthony Gonçalves

    Plus qu’un symbole : l’espace Bargemon, à deux pas de l’hôtel de ville de Marseille, où se déroulent habituellement les conseils municipaux, s’est transformé, ce samedi, en centre de collecte de sang géant le temps d’une journée.

    En son sein : une équipe de l’Établissement français du sang (EFS) reconnaissable avec leurs blouses blanches et tout le matériel nécessaire pour collecter le précieux produit. « C’est grâce à la Ville de Marseille qu’on peut réaliser une collecte dans cet espace. Ce dimanche c’est d’ailleurs la journée mondiale des donneurs de sang, pendant 15 jours on multiplie les actions dans la région pour des collectes », campe Virginie Ferrera-Tourenc, directrice de l’EFS Paca-Corse.

    Des besoins croissants

    Pour l’occasion, l’EFS reçoit un donneur de sang bien particulier : Anthony Gonçalves (PCF), adjoint au maire de Marseille en charge de la santé. « On réalise cette action dans le cadre du partenariat que nous avons avec l’Établissement français du sang. Concrètement, la Ville favorise la collecte de sang, de plasma, de plaquettes… », développe celui qui est également oncologue médical à l’Institut Paoli-Calmettes. Il insiste sur l’importance de l’action du jour : « C’est un acte extrêmement important dans notre société : c’est une action de solidarité réelle. Comme oncologue médical, je passe mon temps à prescrire des traitements qui nécessitent qu’on ait ce soutien en globules rouges ou en plaquettes. » La directrice de l’EFS ne dit pas le contraire : « L’été est une période fragile en termes de dons. Les gens donnent un petit moins et les stocks en France sont en diminution, entre les ponts de mai et la canicule. » Elle insiste sur le fait que les besoins de l’établissement ne portent pas que sur le sang : « On a aussi besoin de dons en plasma, l’eau dans laquelle circulent les cellules. C’est très riche en protéines, avec lesquelles on peut faire des médicaments qui aident des patients au quotidien. »

    En clair, donner son sang, mais pas que, est plus que jamais nécessaire : « Les besoins en médicaments dérivés du plasma sont en augmentation partout en France. Il faut continuer à donner. La demande est toujours importante : urgences vitales, accidents de la route, traitements de cancers et greffes… Sans sang, on ne peut pas traiter les patients. » Des paroles aux actes, Anthony Gonçalves a donné son sang, souhaitant « montrer l’exemple ». Le geste n’a rien d’insurmontable : le parcours du donneur prend 45 minutes pour le sang, avec un accompagnement aux petits oignons de l’équipe de l’EFS qui met à disposition boissons et nourriture. L’élu à la santé note aussi l’aspect « non-marchand et altruiste » du don du sang à l’heure où certains pays, comme les États-Unis, rémunèrent les donneurs : « Les principes de don de sang en France sont clairs : volontariat, bénévolat, gratuité. C’est l’assurance de concrètement sauver des vies. »

  • Une « bonne idée » mais annoncée trop tard aux yeux des lycéens

    Une « bonne idée » mais annoncée trop tard aux yeux des lycéens

    Je l’ai appris sur TikTok », raconte Lucille Giocanti, en terminale au lycée Sévigné, à Marseille. Le mois de juin est rythmé par les évaluations de fin d’année et par une nouvelle consigne que les élèves de terminale et de première doivent prendre en compte : le durcissement des notations concernant l’orthographe, la grammaire et la syntaxe, dans toutes les épreuves du baccalauréat. L’annonce a été faite par le ministre de l’éducation, Édouard Geffray, au mois de mai.

    À l’unanimité, tous les élèves interrogés jugent cette consigne comme une bonne nouvelle, comme Mathis Motyl, en terminale au lycée du Coudon, à La Garde : « Je trouve que c’est intelligent. On sera bientôt des adultes dans le monde du travail et ce n’est pas normal de ne pas savoir écrire des mails, sans l’aide de correcteurs d’orthographe. » Un avis partagé par Victor Battle, en première, au lycée Irène-
    et-Fréderic-Joliot-Curie, à Marseille : « Dans le fond, c’est une bonne initiative de demander aux élèves de faire attention à l’orthographe. » Toutefois, Lucille Giocanti se demande si cette consigne représentait une priorité face aux enjeux actuels dans l’éducation : « L’état devrait s’attarder sur des choses plus importantes. »

    En revanche, à l’unanimité, tous ces jeunes déplorent un délai trop court entre l’annonce de cette nouvelle notation et les épreuves du baccalauréat. « Le timing n’a pas de sens. Si le ministre avait voulu un meilleur niveau en orthographe, il fallait le dire au début de l’année, là, c’est trop tard, s’insurge Victor Battle. Je n’ai pas spécialement de nouvelle pression puisque mon niveau en orthographe n’est pas trop mauvais. En revanche, je pense à mes collègues qui font des fautes d’inattention, peut-être que certains ont dû réviser ça, en plus du programme. »

    Joa Malliet, en première au lycée Mongrand, à Marseille, renchérit : « On nous a prévenus tard, personne n’a pu se préparer alors que nous étions en plein dans nos révisions. On aurait dû le savoir au début de l’année et pas à trois semaines du baccalauréat. » Pour Imane L’amoulen Caron, en terminale au lycée Saint-Charles, à Marseille, « cette façon de l’annoncer aussi tard est assez brutale est contre-productive ».

    « Un bon nombre de lycées vont perdre des heures »

    Tous confient avoir pris connaissance de cette consigne sur les réseaux sociaux. Depuis, c’est le flou. « Nos professeurs n’ont pas pu nous apporter d’informations complémentaires », explique Lucille Giocanti. Deux questions subsistent chez beaucoup de futurs bacheliers : « Qu’est-ce qu’une copie suffisamment correcte niveau orthographe ? Et sur quel barème se baseront les correcteurs ? »

    Au-delà de ces questionnements, le vrai problème semble ailleurs selon les élèves : les règles de langue ne seraient pas suffisamment enseignées, ni pratiquées sur la durée. « Malheureusement, l’orthographe est très rapidement remplacée par la construction d’idées dans les programmes d’éducation et ça, depuis le collège », confie Mathis Motyl. « En mars ils ont annoncé qu’un bon nombre de lycées allaient perdre des heures de travail. Il me semble qu’à Saint-Charles, ils perdent 50 heures à la rentrée prochaine », ajoute Victor Battle.

    Certains disent ressentir une pression supplémentaire, comme Imane L’amoulen Caron : « Je fais des fautes mais j’estime savoir parler français et l’idée que cela puisse me coûter mon Bac me stresse beaucoup. » D’autres, comme Noa Malliet, se sentent mois stressés : « Comme toutes les réformes appliquées avant, les professeurs seront plus laxistes la première année. Tant que le contenu est bon, ça devrait le faire. »

  • L’access match pour Perpignan, Provence Rugby privé de Top 14

    L’access match pour Perpignan, Provence Rugby privé de Top 14

    Face aux maîtres incontestés des access matches, Provence Rugby y aura cru. Après un début de match en-dessous de tout, les Catalans ont redressé la barre pour vaincre les locaux sur le score de 47 à 24. Les Aixois évolueront une année de plus dans l’antichambre de l’élite.

    Cette première période avait si bien commencé. Comme souvent cette saison, Provence Rugby apprend de ses erreurs et a parfaitement entamé sa partie. Parasitant le jeu de l’Usap, les locaux ont empêché la formation de Top 14 de développer même une seule attaque. Les fautes de mains catalanes ont été nombreuses et Perpignan s’est également retrouvé à 14 contre 15 au quart d’heure de jeu, suite à un plaquage haut de son pilier gauche. Les Aixois en ont profité pour prendre le large grâce à deux essais coup sur coup. Jalagonia puis le capitaine Andres Zafra ont visité l’en-but, mais le pourtant si adroit Manuel Vareiro n’a pas transformé. 10-0, l’avantage était court et, malgré un carton orange pour l’Usap, les Rouges et Jaunes sont revenus dans le match. Ils ont subi et ont fini en trombes avec, eux aussi, deux essais qui ont frappé un grand coup derrière la tête des Provençaux, pourtant auteurs d’une très bonne première mi-temps (10-14, 40e).

    Perpignan sérieux et d’un grand réalisme

    Mais voilà, Perpignan est le club le plus habitué à disputer un access match depuis son instauration. L’expérience du Top 14, l’expérience de ce type de rencontre, cela compte. Toujours. Dès la reprise, 14 points supplémentaires pour les visiteurs grâce à un ballon porté et un essai du bout du monde, suite à une interception (10-28). Léo Drouet a entretenu l’espoir en aplatissant dans l’en-but à l’heure de jeu.

    Déjà la semaine dernière, à Toulouse, contre Vannes, les Aixois sont revenus à 11 longueurs avant d’échouer à quatre malheureux points. Cette fois, « Perpi » a enfoncé le clou et s’est assuré une place en Top 14 grâce à un nouvel essai. Les quelques unités égarées en première période, au pied, ont coûté chers aux hommes de Philippe Saint-André. Comme lors des derniers access matches, l’Usap a fait tourner la partie en sa faveur. Pour le plus grand bonheur de leurs bruyants fans, qui ont fini par envahir la pelouse du stade Maurice-David.

  • Fenouillet : les héros de la Résistance célébrés

    Fenouillet : les héros de la Résistance célébrés

    Il y 82 ans, un convoi nazi arrêtait ses camions dans une clairière juste entre Charleval et la Roque d’Anthéron. C’est dans cet espace isolé, caché par les bois, que 28 résistants seront tirés des véhicules, avant d’être froidement exécutés le 13 juin 1944, au lendemain de l’assaut du maquis de Saint-Anne, lancé par la Wehrmacht et quelques jours seulement après le D-Day.

    Parmi les fusillés dans cette clairière, huit martégaux, arrêtés, eux, le 8 juin par la Gestapo chez un instituteur local, Robert Daugey. Dans le lot, cinq d’entre eux n’ont jamais pu être identifiés, trop mutilés pour être reconnus par leurs proches. « Le symbole de ceux dont l’Histoire a effacé la trace », a rappelé Gaby Charroux (PCF), maire de Martigues, au cours d’un discours solennel. C’est en leur mémoire et en souvenir de leurs actions de résistance que ce samedi 13 juin, élus locaux, associations d’anciens combattants, représentants de la société civile et enfants issus de deux classes locales se sont réunis dans cette même clairière, témoin, il y a plus de quatre-vingts ans, des conséquences des guerres et de la haine.

    Parmi les présents, Jean-Pierre Serrus, maire de la Roque-d’Anthéron, Christophe Hocmard, maire de Charleval, Dimitri Farro, maire de Mallemort, ainsi que les représentants des villes de Lambesc, Salon-de-Provence et Saint-Victoret. Sont aussi présents dans les rangs d’officiels Gérard Frau et Jacky Gérard, conseillers départementaux et Pierre Dharréville, ancien député de la 13e circonscription des Bouches-du-Rhône.

    Résister, mot d’actualité

    Comme chaque année depuis la première manifestation en la mémoire des 28 martyrs, une cérémonie solennelle s’est tenue, sous une chaleur de plomb, ponctuée de chants et lectures des enfants des écoles Louise Michel et Henri Tranchier. « Je trahirai demain, pas aujourd’hui », les vers du poème de Marianne Cohn, résistante juive (1922-1944), sonnent à plusieurs reprises. Les écoliers entonnent aussi le Chant des Partisans, devenu l’hymne de la résistance française. « 82 ans nous séparent désormais de ce drame, 82 ans durant lesquels des générations de femmes et d’hommes se sont relayés pour entretenir ce souvenir, pour faire vivre cette mémoire et transmettre l’histoire de ceux qui ont refusé de plier devant la tyrannie. Aujourd’hui encore, cette responsabilité est la notre, encourage Gaby Charroux, face au parterre de participants. Car si le temps passe, le devoir de mémoire demeure. Parce que les hommes auxquels nous rendons hommage aujourd’hui ne furent pas seulement des victimes, ils furent avant tout des combattants. Qui, dans l’une des périodes les plus sombres de notre histoire, ont fait le choix de l’engagement. Ils ont refusé l’occupation, la soumission, le racisme, l’antisémitisme et toutes les formes de haine qui constituaient le socle idéologique du nazisme ». Il s’agit, aujourd’hui, de se souvenir des noms gravés sur la stèle dressée dans la clairière, pour laquelle les drapeaux sont dépliés aujourd’hui. Ceux d’Abadie et Joseph Barthélémy, Marius Arnaud, Georges Borel, Baptiste et Louis Castaldi, Georges Flandres… Entre autres. Ils venaient des communes alentours, voire de Paris. La cérémonie de dépôt de gerbes a débuté avec Michel Delmasau nom de la fédération communiste des Bouches-du-Rhône. « Ces combats demeurent d’une nécessité absolue, car le monde dans lequel nous vivons connait lui aussi ses tensions, ses fractures, ses drames, ses inquiétudes. Partout, nous voyons progresser les discours de haine. Partout, nous voyons prospérer les tentations du repli. Partout, nous voyons certains remettre en cause des principes qui nous paraissaient pourtant acquis, pose Gaby Charroux, qui appelle à la vigilance et à la transmission. « Face à cela, le souvenir des Résistants du Fenouillet doit nous servir de boussole (…) Il nous rappelle que la démocratie est fragile, que la liberté n’est jamais définitivement acquise, que l’indifférence est souvent le premier allié des ennemis de la République. »

    Eva Bonnet-Gonnet

  • Vers une zone à défendre contre la ligne à très haute tension ?

    Vers une zone à défendre contre la ligne à très haute tension ?

    Une zone à défendre (ZAD) va-t-elle voir le jour dans le sud du Gard ? C’est en tout cas la promesse de dizaines d’opposants au projet de ligne THT si une solution alternative n’est pas trouvée. Depuis l’annonce de cette ligne, la grande majorité des acteurs du territoire gardois a en effet fait part de son opposition à un projet qui doit pourtant permettre la décarbonation de l’industrie de Fos en créant une ligne électrique dite à très haute tension (THT) aérienne pour transporter l’électricité produite dans la vallée du Rhône. Cette ligne doit ainsi relier Jonquières-Saint-Vincent, près de Nîmes, à Fos-sur-Mer et traverser ainsi la Camargue.

    Sauf que ni les agriculteurs soucieux de préserver leur terre, ni les écologistes souhaitant protéger la faune très présente en Camargue, ni les acteurs touristiques voulant défendre la beauté des paysages n’acceptent l’installation de dizaines de pylônes de plus de 50 mètres. « La profession agricole réaffirme ici son opposition farouche à ce projet de ligne THT aérienne de 400 000 volts qui viendrait défigurer ce territoire unique. Cela condamnerait l’agritourisme, réduirait à nouveau la surface agricole française et imposerait de nouvelles contraintes aux agriculteurs », ont ainsi écrit une douzaine de syndicats agricoles gardois début juin dans un communiqué. En fin d’année dernière, la Dreal Occitanie avait pourtant estimé que le tracé ferait peser une menace directe sur cinq espèces d’oiseaux, mettant ainsi du plomb dans l’aile au projet. Les opposants s’imaginaient alors avoir remporté une bataille décisive. Mais c’était sans compter sur l’État qui compte bien avancer sur ce dossier avant la prochaine élection présidentielle. L’État a ainsi lancé le 13 mai l’instruction de la Déclaration d’utilité publique et les propos d’Emmanuel Macron fin mai sur ce projet jugé « nécessaire » inquiètent les opposants, qui y voient une volonté de passer en force.

    Un courrier aux agriculteurs met le feu aux poudres

    « Il y a une très forte pression des industriels », précise Luc Perrin, qui gère l’Association de sauvegarde de la Terre d’Argence (Asta). « On s’est donc rencontré avec les Camarguais et il y a la volonté de passer à la vitesse supérieure. Ce qui a aussi mis le feu aux poudres, c’est l’envoi par RTE d’un courrier aux agriculteurs pour les avertir qu’il y aurait des visites sur leur terrain avec des prélèvements et des analyses de sol. Il y a un arrêté préfectoral de 2023 qui impose à tout le monde de laisser entrer les agents de RTE chez soi sous peine de sanctions. » Face à cette situation, les agriculteurs travaillent à des parades comme le traitement de leur terrain dont l’accès serait ensuite interdit. Ils travaillent même avec des écologistes pour trouver des tortues cistudes. Car si la présence de cette espèce est détectée, les prélèvements dans un rayon de 500 mètres sont interdits.

    Samedi 6 juin, ils ont mené ensemble une action à Arles pour informer la population. Mais les opposants savent que cette mobilisation a peu de chance d’être suffisante. Beaucoup évoquent désormais la possibilité de créer une Zone à défendre (ZAD) dans le sud du département. Des contacts ont d’ailleurs déjà été noués avec des associations comme Générations Futures qui ont organisé la mobilisation à Notre-Dame-des-Landes pour s’appuyer sur leur expérience et s’inspirer de leur méthode. « S’ils veulent passer en force, ils auront Notre-Dame de Camargue. Il y a des gens qui sont prêts parce que la colère monte face au manque d’écoute de la population locale », confirme Luc Perrin.

  • Les Rencontres vocales investissent différents lieux de Marseille

    Les Rencontres vocales investissent différents lieux de Marseille

    Une programmation variée

    Chorales en terrasses, ateliers participatifs, création mondiale et concert scolaire géant : le festival porté par l’association les Vallonés célèbre la voix sous toutes ses formes, entre amateurs et professionnels, dans un esprit de partage et d’ouverture. Et pour débuter les festivités qui s’ouvriront samedi à partir de 16h, le cours Julien et les abords de Notre-Dame du Mont se transforment en scènes à ciel ouvert pour les chorales en terrasses. Quatre adresses accueilleront les ensembles vocaux : le Black Bird Coffee, la Brasserie Communale, Asabiya et Le Petit 51. À partir de 21h, l’événement prendra un autre tournant et c’est à l’église Notre-Dame du Mont qu’un grand concert autour de créations originales et d’œuvres chorales contemporaines est organisé. Dimanche, rendez-vous est donné au parc Bagatelle avec une journée entièrement dédiée à la pratique et à la transmission. De 9h30 à 16h30, une large palette d’ateliers participatifs accueille amateurs et curieux, sans prérequis musical exigé.

    Événement gratuit et accessible à tous.

  • [La recette du Vieux-Port] Saint-Pierre au four

    [La recette du Vieux-Port] Saint-Pierre au four

    Eliane et Daniel, couple de Marseillais, sont chanceux : il y a un beau Saint-Pierre présenté sur l’étal de Philippe, ce matin-là, sur le Vieux-Port. Poisson star de la bouillabaisse, le Saint-Pierre est aussi excellent en solo. Eliane, toute contente de sa trouvaille, livre sa recette : « C’est le poisson préféré de Daniel, mon mari. Je le fais au four avec des tomates, des oignons frais, du fenouil et une feuille de laurier, avec un filet d’huile d’olive. Je mets le four à 180 degrés, et une demi-heure plus tard, il est prêt ! »

  • [Chronique des invisibles] Un de mes héros s’en est allé…

    [Chronique des invisibles] Un de mes héros s’en est allé…

    Il faut que je vous parle de quelqu’un qui a énormément compté pour moi. Pour tous celles et ceux qu’il a aidés au cours de son existence. Il s’appelait Guy Diaz. Ce fut mon camarade, mon ami et mon frère. Tu as lutté avec acharnement et dignité, dans ce dernier combat que nul ne choisit. Toi, l’immense militant, le syndicaliste, le mutualiste, l’homme debout. Toi qui portais le prénom de mon écrivain préféré, comme un signe discret, presque une promesse.

    Hier j’écrivais encore sur la lâcheté ordinaire. Aujourd’hui je perds l’un de mes héros. Je regrette aujourd’hui les mots tus, les silences trop lourds, les visites remises à plus tard.

    Je nous revois avec Renée, ton épouse, dans ces moments suspendus où la ville de Marseille devenait récit sous ta voix. Ta connaissance de la fascinante cité phocéenne était charnelle, précise, presque amoureuse.

    Tu en connaissais l’histoire comme on connaît un visage aimé. Chaque rue, chaque pierre, chaque porte chargée de mémoire, notamment dans ce Vieux Panier où tu avais usé tes fonds de culotte, devenait prétexte à raconter, transmettre, faire vivre.

    Je me souviens de mon coup de cœur pour le Vallon des Auffes. C’est à cet endroit où enfant, toi le fils d’immigrés espagnols, tu as appris à nager. C’est sur ce bord de quai où tu as conté fleurette à cette charmante jeune fille qui allait devenir ta femme pour la vie.

    Dans tes veines coulait le sang des républicains espagnols, cette noblesse de ceux qui ne baissent les yeux que pour faire leurs lacets, cette fierté de défendre les opprimés. Avec toi, je marchais aussi dans les pas de Pagnol. Et j’aime à croire qu’aujourd’hui, de l’autre côté du miroir, Marcel t’accueille pour une de ces discussions passionnées dont tu avais le secret. Ce monde donne trop souvent des noms indignes à ses places et à ses rues : anciens présidents douteux, esclavagistes, figures troubles que l’histoire n’a pas su juger à la hauteur de leurs fautes.

    Toi, Guy, tu méritais mieux que ces pierres sans mémoire. Tu méritais les Vivants. Tu es, et tu resteras, cette étoile au-dessus de nos vies. Celle qui continue de briller, même lorsque nous fermons les yeux.

    La maladie aura beau essayer de tout dévorer jusqu’à digérer ton dernier souffle, on ne peut avaler le feu sacré, dissoudre la mémoire de ceux qui t’ont aimé, enlever toutes ces luttes pour lesquelles tu as donné sans compter.

    Je t’embrasse fraternellement. Et je te pleure. Adesias mon ami, mon frère.

    À Monsieur Guy Diaz, un Grand Homme pour l’éternité.