Tag: Bouches-du-Rhône

  • IA : un projet pour mieux accompagner les patients âgés

    IA : un projet pour mieux accompagner les patients âgés

    « Ce projet a pour but de répondre à une problématique concrète », déclare Raquel Urena, maître de conférences en intelligence artificielle pour la santé à Aix-Marseille université. Selon les chiffres de l’Inca, l’âge médian des personnes diagnostiquées d’un cancer est de 68 ans pour les femmes et de 70 ans pour les hommes. Raquel Urena poursuit : « On n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi certains patients résistent aux traitements mieux que d’autres. » C’est la problématique de l’accompagnement des personnes âgées dans leur traitement de cancérologie qui a poussé le docteur onco-hématologue Louis Tassy à lancer le projet. « Il a pour but de développer une intelligence artificielle qui, en rentrant les données médicales des patients, permet de déterminer quels types de conséquences ils risquent fortement de rencontrer », explique Raquel Urena. Elle ajoute que « concrètement, elle fonctionne en s’appuyant sur la base de données des dossiers médicaux de la Sécurité sociale, et trouve des correspondances entre différents patients et prédit ainsi les effets secondaires et permet des réponses plus adaptées », précise-t-elle.

    L’importance de l’éthique

    « La question de l’éthique avec de tels outils est très importante », lance Abdou Simon Senghor, ingénieur de recherche à AMU, il précise également que « dans le processus, nous sommes en étroit lien avec les professionnels de santé, c’est un outil d’aide mais il ne doit jamais devenir obligatoire dans le processus de soin », pose-t-il. Des entretiens avec des médecins seront réalisés ainsi que le suivi de patients témoins, ont-ils annoncé. Ce projet s’appuie sur une IA d’aide à la décision, qui ne réfléchit qu’à partir de sa base de données et ne génère aucun contenu : « L’IA que tout le monde connaît, comme ChatGPT peut générer du faux contenu, mais la nôtre ne produit que des résultats concrets, elle ne peut pas halluciner », déclare Raquel Urena. Cette dernière et Louis Tassy ont rapidement été rejoints par Sandrine de Montgolfier, maître de conférences en éthique médicale à AMU, qui veille à une correspondance totale du projet avec les normes et les bonnes pratiques.

  • Le CN Marseille récupère sa place sur le trône national

    Le CN Marseille récupère sa place sur le trône national

    Le Goliath du water-polo français a tenu son rang. Les pensionnaires du Cercle des nageurs de Marseille sont venus à bout des poloïstes strasbourgeois, samedi soir dans le bassin alsacien, à l’occasion de la 16e journée du championnat Elite. Bien poussés par les triplés de l’ailier grec Efstathios Kalogeropoulos et du capitaine tricolore Ugo Crousillat, les quintuples champions de France en titre ont rapidement creusé l’écart dans le deuxième quart-temps. En restant invincibles dans l’Hexagone, les Marseillais récupèrent la place de leader du championnat, au détriment des Strasbourgeois, ex æquo en nombre de points mais avec deux matches d’avance.

    Focus sur Radnicki

    Cette rencontre face aux Alsaciens, considérés comme les meilleurs poloïstes de France derrière les Marseillais, tombait à pic. Ces derniers se préparent actuellement pour la demi-finale de l’Euro Cup, où ils se déplaceront samedi à Kragujevac, ville au centre de la Serbie, pour affronter l’équipe de Radnicki, finaliste de la Ligue des Champions en 2014. Vainqueurs de l’Euro Cup en 2013, les champions de Serbie en titre se sont hissés jusqu’en finale de cette même compétition la saison passée. Cette double confrontation, dont le match retour aura lieu le 9 mai au bassin Pierre-Garsau, l’antre du Cercle des nageurs de Marseille, fêtera les retrouvailles entre Andrija Prlainovic et les membres du club phocéen. Le champion olympique serbe de 38 ans, médaillé d’or lors des Jeux Olympiques de Rio en 2016, a passé cinq saisons sous les ordres de Milos Scepanovic.

  • Le coach lance un avertissement à ses cadres

    Le coach lance un avertissement à ses cadres

    C’est un Habib Beye en colère qui est venu s’exprimer au Moustoir.

    Quelques, longues, minutes après la sortie de son directeur du football Medhi Benatia, l’entraîneur marseillais a certes assumé ses choix, mais il a aussi dit ses quatre vérités sur ce qu’il pensait de la prestation de ses hommes. « Je suis très en colère. Sur les attitudes et sur l’esprit qu’on doit avoir dans ce club. En tant que coach, je ne peux pas l’accepter. »

    Il insiste sur un point, « il faut remettre tout le monde dans le droit chemin et supprimer les passe-droits », avant de donner des pistes sur ses choix à venir. « Si nous devons aborder les quatre derniers matches avec des jeunes qui ont la faim de bien finir la saison, nous le ferons. Nous évaluerons cela sur la semaine de travail avant Nice », poursuit-il. « Mais il est hors de question de revoir ce visage de l’OM », ponctue-t-il.

  • Match cinq étoiles pour les Blue Stars

    Match cinq étoiles pour les Blue Stars

    Ils n’ont fait qu’une bouchée des Grizzlys. Les pensionnaires des Marseille Blue Stars, deuxièmes de la conférence sud, ont largement triomphé des Perpignanais (14-2), samedi après-midi au stade Delort, à l’occasion de la huitième journée du championnat Elite. « On est arrivés fort sur le match. Le but était de contrôler le match et l’horloge avec notre jeu de course pour que la défense ne reste pas trop sur le terrain. Je pense que le score aurait pu être davantage en notre faveur si on avait été plus disciplinés en attaque », analyse Bavuong Souphanthavong, entraîneur principal des Blue Stars. Ce cinquième succès consécutif en championnat permet à son équipe d’assurer la deuxième place de la conférence sud, et ainsi, recevoir à domicile lors du premier tour des play-offs. « La première place va être difficile mathématiquement à aller chercher », indique le technicien marseillais, conscient que les Iron Mask de Cannes ont deux victoires d’avance sur eux.

    Déclic offensif

    Les footballeurs marseillais avaient pourtant commencé la saison avec deux défaites de suite lors des trois premières journées. « Après notre défaite contre Perpignan (13-10, le 28 février), on a changé de coordinateur offensif. Ça a été bénéfique pour l’attaque en général », souligne Bavuong, en faisant appel à son ami d’enfance Jean-Philippe Eldin. Sa nomination, additionnée au retour de leur joueur vedette Sterling Sheffield, considéré comme « le meilleur défenseur de la Ligue », a été le tournant de la saison.

  • La grande fête marseillaise gâchée par une petite défaite

    La grande fête marseillaise gâchée par une petite défaite

    Le projet Marseille Basketball, présenté le mois dernier afin de pouvoir permettre à la cité phocéenne de retrouver le plus haut niveau français d’ici 2031, commence par une défaite sur le plan sportif. Les pensionnaires de la section basket du Stade Marseillais Université Club, cinquièmes de Nationale 2, ont été défaits samedi soir (77-91), pour leur grande première historique au Palais des Sports de Marseille, face à l’USO Rognonas, onzième du championnat. « On a malheureusement manqué de dureté », reconnaît Patrick Galin, pour sa grande première sur le banc marseillais. Il a succédé au trio Kanté-Nicolas-Michée en début de semaine pour les trois derniers matches de la saison. « Au début, on a tenu un peu les duels. Malheureusement, sur le troisième quart-temps, on a beaucoup insisté sur les tirs extérieurs, peut-être trop. On n’a pas trouvé de solution à l’intérieur, alors que je leur avais demandé de jouer poste haut. Mais ça ne s’est pas produit », déplore le technicien marseillais, figure de la formation au Smuc Basket. Les 18 points inscrits par l’ailier Geoffrey Cavanna et l’intérieur Jonathan Radjouki, deux visages emblématiques de la formation smuciste, n’ont pas empêché cette sixième défaite de suite, malgré le soutien des 3 000 spectateurs qui ont assisté à ce premier rendez-vous du projet Marseille Basketball. « La fin du match et le fait qu’on n’ait pas gagné, ça met un petit peu de froideur à cette grande fête, mais l’organisation a été top et le public a répondu présent. Ça fait des années que je suis au club et je n’avais jamais vu ça », lance le capitaine Hakim Sayah, habitué à évoluer devant quelques centaines de personnes seulement au Technosport de Luminy. « C’est une ambiance incomparable. C’est un régal. C’est vraiment des conditions de haut niveau. Quand on voit ça, on se dit qu’il faut une équipe à Marseille. Il y a tout pour en tout cas », estime l’ailier fort marseillais, qui aimerait que l’opération soit rééditée la saison prochaine.

    Vallier et Chanot étudiés

    « On ne s’attendait pas à une telle réussite. Ça montre bien que la Marseille mérite du basket et on l’a prouvé en remplissant la salle en quinze jours », lâche Charles-Antoine Assailly, président du directoire Marseille Basketball. Sans compter les nombreux invités, seize clubs de basket du territoire métropolitain ont été invités à assister à la rencontre depuis les tribunes. Cette démarche s’inscrit dans la volonté de toucher un maximum de jeunes marseillais au travers du projet marseillais qui fait beaucoup de bruit à l’échelle nationale. « On a reçu beaucoup de messages de joueurs, d’entraîneurs et de dirigeants qui veulent nous rejoindre », glisse l’ancien directeur Paca de l’Union financière de France. Ce dernier envisage d’organiser au moins trois matches la saison prochaine au Palais des Sports de Marseille. « Je veux surtout que l’on soit sûr de jouer dans un environnement correct. On voit bien qu’il y a du monde dans les tribunes quand on joue au centre-ville. Il faut trouver une solution », souligne Assailly, en ayant en tête deux options : le Parc Chanot et la salle Vallier. Si le premier s’avère complexe sur le papier, avec la gestion du groupe Marseille Events, le deuxième site envisagé serait « parfait » selon le président.

  • Soleam va céder à des bailleurs sociaux 12 immeubles réhabilités

    Soleam va céder à des bailleurs sociaux 12 immeubles réhabilités

    La Soleam, concessionnaire de la Métropole pour l’éradication de l’habitat indigne, longtemps honni des Marseillais sous Gaudin pour sa procrastination, va céder 10 immeubles du centre-ville et 2 autres à la Belle de Mai. Ces « trois fenêtres marseillais » remis debout à grands frais représentent 56 logements et 10 locaux commerciaux.

    Ils ont été acquis – il y a 12 ans pour le plus ancien – mis en sécurité, restructurés et réhabilités par la Soleam pour 13 814 777 euros HT (prix d’acquisition, honoraires techniques et travaux compris), mais au prix de vente arrêté à seulement 9.3 millions d’euros pour 2 881 m² de surface utile), soit près de 3 200 euros du mètre carré.

    Certains immeubles sont encore en travaux ; d’autres déjà occupés par des ménages éligibles au logement social. Au terme de l’AMI, ils seront attribués à un bailleur social ou à un groupement de deux bailleurs sociaux, d’où ces deux paniers de six immeubles pour équilibrer les typologies et les surfaces habitables.

    Les ménages qui y vivent ont « vocation à s’y maintenir durablement ». « Le bailleur lauréat devra assurer la pérennité de l’occupation en adaptant, si nécessaire, les situations locatives existantes, notamment par la conclusion de nouveaux baux d’habitation en cohérence avec les niveaux de ressources des ménages en place », précise l’AMI.

    3 rue Francis

    de Pressensé

    Acheté 290 000 euros (toutes les sommes indiquées sont hors taxe) en février 2018, tombé en péril et squatté, l’immeuble au cœur de Belsunce a bénéficié de 982 200 euros de travaux pour la remise à neuf de 5 logements, portant le coût total de la réhabilitation de ces 291 m² à 1 382 000 euros.

    14 rue Francis

    de Pressensé

    Acquis en juin 2020 pour 200 000 euros, il a été réhabilité à neuf pour ses 4 logements pour un montant de 1 109 500 euros pour 263 m², soit en tout 1 440 000 euros.

    19 rue Nationale

    Avec 3 logements en R+4, cet immeuble d’angle depuis 2018, acheté en septembre 2018 par préemption pour 150 000 euros a généré des coûts importants de gestion suite à sa mise en péril vu son grand état de vétusté. Après travaux des 303 m², son coût de revient est de 1 499 000 euros.

    24 rue des Petites Maries

    Acheté en avril 2017 pour 430 000 euros, ce bel immeuble patrimonial avec 5 appartements – dont un T5 de 101 m² – a été refait pour 1 385 000 euros de travaux, soit 1 941 000 euros pour 433 m². C’est le plus cher des 12 immeubles.

    49 rue Curiol

    Cet immeuble du quartier Mazagran en R+4 comprend 7 logements. Il a été acheté 400 000 euros en novembre 2019. Sa remise en état débutée en 2023 aura atteint 1 441 000 euros.

    12 rue de l’Académie

    Acheté 300 000 euros en décembre 2016, cet immeuble en R+4 au cœur de Noailles est en cours de travaux. Avec la remise à neuf des 5 logements, il aura coûté en tout à Soleam la somme de 1 656 000 euros pour ses 397 m².

    17 rue Moustier

    Acheté 424 000 euros à Berthoz en décembre 2022, les travaux de remise à neuf de ce bel immeuble d’angle à pan coupé de 5 étages tombé en péril auront coûté 967 213 euros. Coût de revient des 206 m² : 1 469 000 euros.

    6 rue Lemaître

    Acheté 150 000 euros en mai 2019, il a subi pour 485 250 euros de travaux pour ses 5 logements en R+4 sur 124 m². Avec les honoraires techniques, l’opération revient à 704 000 euros.

    36 rue

    des Dominicaines

    C’était un ancien hôtel de 14 chambres, Le Chouia, où vivaient de pauvres Chibanis âgés de 68 ans à 83 ans. Cédé par la Ville en juillet 2014 à la Soleam pour 100 000 euros, la réhabilitation de ce R+4 de 286 m² avec 6 logements a coûté 1 593 000 euros. Il a vocation à héberger les ménages délogés de l’opération Grand centre-ville.

    39 rue

    des Dominicaines

    Acheté en juin 2018 pour 185 000 euros, ce R+4 en péril imminent a bénéficié de 1 144 500 euros de travaux pour remettre à neuf ses 5 logements, soit un coût total de 1 519 000 euros pour ses 267 m².

    9 rue Danton

    Acheté 146 000 euros en octobre 2018, ce petit immeuble en R+2 pour trois logements a été réhabilité avec 384 570 euros TTC de travaux de confortement de ses 125 m².

    9 rue Toussaint

    Les 4 logements et parties communes de cet immeuble de 2 étages dans le quartier de Saint-Mauront étaient frappés d’un arrêté d’insalubrité. La Soleam l’a acheté à une SCI un mois avant le drame de la rue d’Aubagne pour 156 000 euros et y a fait pour 183 700 euros de travaux de ses 193 m².

    Dépôt des candidatures jusqu’au 8 juin. Un jury Ville Métropole Soleam désignera les lauréats en août pour une signature des actes en septembre 2027.

  • IA : Une technologie pleine de ressources

    IA : Une technologie pleine de ressources

    Professionnels hospitaliers et acteurs du monde libéral et industriel se sont retrouvés pour une journée rythmée par de nombreux débats. Autour de diverses thématiques abordées au fil des tables rondes : l’urgence médicale mais aussi l’oncologie, ou l’aide à la décision. Comment faire confiance à l’intelligence artificielle ? Qui porte les responsabilités en cas d’erreurs médicales ? Des questions transversales lors de cette journée.

    Parmi les projets débattus, l’échographe assisté par l’IA. Un programme qui « dispose d’une aide au positionnement et améliore la qualité des images pour que les non-experts puissent s’en servir », explique Carine Capdeville, directrice commerciale de Thales services numériques. Elle poursuit : « L’échographie est un acte technique, mais répandu dans la sphère médicale car elle nécessite une utilisation régulière. » Avec plus de 27 millions d’actes par an, l’échographie limite les risques de cancer et reste peu coûteuse. Pour la directrice commerciale, cette nouvelle technologie « faciliterait son usage et la rendrait plus accessible ».

    Former les professionnels de santé

    Assise dans le public, Marie-Aleth Guillemin, médecin coordinateur en Ehpad saisit le micro. « Nous avons des professionnels qui délaissent des nouveaux outils technologiques car ils ne savent pas s’en servir par manque de formation. Comment comptez-vous préparer les hôpitaux à leur arrivée ? », demande-t-elle. Marc-Olivier Gauci, chirurgien orthopédiste et traumatologue répond : « Nous devons débloquer les moyens nécessaires pour financer leur apprentissage. » Son confrère Alexis Jacquier, chef de service radiologie poursuit : « Nous pourrions introduire dans les cabinets des ingénieurs qui accompagneraient les médecins et faciliteraient la compréhension de ces machines. » De nouveaux programmes qui nécessitent donc une attention particulière à la formation du personnel destiné à les utiliser, et des moyens financiers en conséquence… Le professeur Ouladsine Mustapha, vice-président de l’université d’Aix-Marseille, partenaire de ces rencontres régionales, reste malgré tout optimiste : « Dans les hôpitaux, nous devons davantage accompagner les médecins vers cette transition numérique. Nous trouverons les fonds nécessaires », espère-t-il. « Le territoire est suffisamment actif. Nous avons récolté plus de 3 000 euros pour nos recherches », annonce-t-il fièrement.

    Un modèle économique

    Le directeur de cabinet de l’ARS Thibault Courgeon est de cet avis. Installé derrière son pupitre, il vient clore de débat et en profite pour saluer le soutien de la région. « En Paca nous bénéficions d’un système à l’écoute avec de nombreux projets de la Recherche hospitalo-universitaires (RHU) et un soutien financier de la Région Sud. Nous nous engageons à réunir l’écosystème du territoire. » Avec la volonté, donc, de créer un maillage entre les différences instances de santé et de numérique dans la région. L’objectif est de créer un modèle économique « fiable » et prospère. Vaste programme.

    CHIFFRES

    10

    C’est le nombre de minutes économisées, en moyenne, pendant un appel d’urgence lorsque « Highwind » analyse l’importance du problème via photos et des vidéos pour prioriser les urgences vitales.

    70%

    C’est le pourcentage de chances de guérison d’un cancer du poumon si le diagnostic est réalisé à un stade précoce, notamment grâce au « RHU Luca-PI » qui prévient les cas de cancer via l’imagerie. Un projet mené par l’AP-HM.

    30%

    de risques de complications à la suite d’une chirurgie traumatologique pourrait être évités selon « la planification préopératoire » effectuée. C’est le but de « ReBone » qui permet une simulation de l’opération à réaliser en amont pour le chirurgien. Le projet est développé au CHU de Nice.

  • De la rafle de Saint-Jean au camp de Sachsenhausen

    De la rafle de Saint-Jean au camp de Sachsenhausen

    Une délégation de dix membres du Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943 est à Berlin depuis vendredi pour le 81e anniversaire de la libération du camp de concentration de Sachsenhausen situé à 30 km de la capitale allemande. Ces descendants des raflés et déportés y dévoileront dimanche une plaque rendant hommage aux Marseillais du quartier de Saint-Jean qui y ont été déportés et où une centaine n’est jamais revenue comme le boxeur Kid Francis.

    Alors que le fascisme veut renaître de ses cendres, la plaque grave dans le marbre « La rafle du Vieux-Port – Marseille 1943 » avec un texte en français et en allemand : « Le 24 janvier 1943 à Marseille, les 20 000 habitants du quartier Saint-Jean furent raflés. Leur quartier sera entièrement détruit par dynamitage. Plus de 250 Marseillais seront déportés à Sachsenhausen, beaucoup ne reviendront pas. Ce crime contre l’humanité fut perpétré par le nazisme avec la collaboration de l’État français. En mémoire de toutes ces victimes. Restons vigilants. Plus jamais ça ! ».

    Ce devoir de mémoire et de transmission veut remettre en lumière « l’opération Sultan » coproduite par l’occupant nazi et Vichy, suivie du dynamitage de près de 1 500 immeubles, 80 rues et places. Ce 24 janvier, 20 000 habitants sont chassés de cette « Petite Naples ». Un transfert forcé de population civile s’organise avec René Bousquet à la manœuvre. 12 000 hommes, femmes et enfants sont conduits par wagons à Fréjus pour être trié. Ce jour-là, un premier convoi de 1 600 Marseillais dont moitié sont juifs raflés les jours précédents part pour Compiègne. En tout 600 habitants de Saint-Jean seront déportés sur différents sites. C’est en avril 1943 qu’un convoi de 250 Marseillais arrive à Sachsenhausen.

    « Avec cette plaque, tous ceux qui viendront à Sachsenhausen sauront que des Marseillais ont été victimes d’une action conjointe et concertée des nazis et de l’État français de Vichy » résume l’avocat Pascal Luongo qui en janvier 2019 a déposé plainte pour quatre survivants et quatre descendants des rafles pour crime contre l’humanité. « Cette reconnaissance est essentielle dans une période où les héritiers de Pétain côté français et d’Hitler côté allemand, retapent à la porte du pouvoir. Cette rafle doit être enseignée comme la rafle du Vél d’Hiv commise six mois plus tôt par les mêmes acteurs », insiste Me Luongo.

    « C’est très émouvant car papa était dans le convoi du 28 avril. Il avait 21 ans », confie Gérard Agresti. « Il est revenu du camp mais en parlait peu car les choses atroces ne sont pas à entendre pour les petits. » Roger Agresti a été ensuite de longues années typographe à La Marseillaise. « Après deux guerres mondiales, ce serait terrible si cet humaniste et militant de gauche voyait qu’autant de peuples se font massacrer en Europe et au Moyen-Orient. Cette plaque prend absolument tout son sens. Ce n’est pas un témoignage ancré dans le passé. Il doit éveiller les consciences. »

    Vendredi, la délégation a été reçue au lycée John-Lennon de Berlin. Ils ont raconté à ces jeunes Allemands cette mémoire qui relie Marseille et Berlin. « C’est notre devoir de transmettre la mémoire de cette opération concertée entre la collaboration et le nazisme mais aussi de délivrer un message de paix », confie Antoine Migneni. Il avait 5 ans le jour de la rafle. Retenu à Marseille, il a fait lire son texte aux jeunes Berlinois : « Le racisme et l’antisémitisme sont des délits majeurs. Les guerres ne sont pas une fatalité. Les hommes et les femmes ont droit au bonheur et à la paix. Soyez vigilants ! S’il ne faut pas vivre dans le passé, il ne faut pas l’effacer non plus. Un peuple qui l’oublie est condamné à le revivre. »

    Cette plaque est pour Fernand Riberi, un aboutissement. « Ce sera mon lieu de recueillement pour mon grand-père, Francesco Commentale, déporté politique, matricule 65028, mort à Sachsenhausen le 30 juin 1944. Il avait 59 ans. Il habitait rue de la Reynarde avec ma grand-mère et leurs six enfants. C’était un modeste piqueur de sel de la communauté napolitaine. Dimanche, ce sera une émotion intense quand je découvrirai le block 24 où a été enfermé ce grand-père que je n’ai pas connu. »

  • [Rue de la République] Jean-Pierre Squillari : « Nous ferons d’Aubagne une ville à nouveau vivante et festive »

    [Rue de la République] Jean-Pierre Squillari : « Nous ferons d’Aubagne une ville à nouveau vivante et festive »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    La victoire

    Didier Gesualdi : À quoi attribuez-vous le désir de changement exprimé par les électeurs d’Aubagne ?

    Ça a été difficile mais au plus c’est difficile, au plus la victoire est belle. Je constate que le maire finit en troisième position, c’est quand même significatif. J’attribue ce désir de changement tout d’abord à un rejet de M. Gazay par les citoyens. Cela faisait trois ans que nous arpentions les rues aubagnaises, les quartiers, et les gens ne pouvaient plus supporter le maire en place. Ensuite, Mme Mélin du RN arrive en deuxième avec un score uniforme dans la région et même dans le pays. Le tout était de battre ces deux candidats.

    Léo Purguette : Et pourtant Mme Mélin avait gagné deux fois les législatives. C’est un désaveu pour elle aussi ?

    Oui, elle avait gagné, haut la main, aux législatives. Mais je remarque que sur les municipales elle a du mal à faire des scores conséquents bien que cette année, elle passe devant M. Gazay.

    Didier Gesualdi : Pour vous, c’est la proximité qui fait la différence ?

    Oui, ma campagne a été fondée sur la proximité. Je suis un enfant d’Aubagne, mes anciennes fonctions font que je connais parfaitement la ville. J’ai commencé à 16 ans comme pompier volontaire et j’ai fini à la direction du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis). Je suis resté dans ma ville toute ma vie sauf trois ans où j’ai été chez les pompiers de Paris. Je connais les rouages de la ville, énormément de personnes… Et puis je suis à l’aise quand je promène. Ce qui n’était pas trop le cas du maire précédent.

    Didier Gesualdi : Vous avez dit à son propos « on a tourné l’une des pages les plus sombres de l’histoire d’Aubagne ». C’est quand même très fort. En quoi cette page était-elle sombre ?

    Il faut se rendre à l’évidence. Le rejet, c’est un constat. Et l’image renvoyée par notre ville aussi. Autrefois on me disait « tu habites Aubagne ? Quelle chance, c’est une ville sympathique avec son centre-ville, ses animations… » Mais depuis plusieurs années, les gens disaient « je ne vais plus à Aubagne, c’est mort, les magasins ferment, c’est sale ». La page est sombre en effet.

    La bétonisation

    Léo Purguette : Le bilan a-t-il pesé d’après vous dans le choix des Aubagnais ? Vous avez beaucoup critiqué le volet urbanisme durant votre campagne.

    Le bilan est sans équivoque. Nous allons faire un moratoire, nous allons arrêter la bétonisation. Des citoyens se sont organisés en collectif, ils ont fait un « Aubagne béton tour ». C’est-à-dire qu’ils passaient dans chaque quartier, pour annoncer aux riverains ce qui allait se passer. Le mouvement s’est amplifié. Ils ont porté la contestation devant les tribunaux ou devant le préfet, ils ont pratiquement toujours eu raison. Les Aubagnais sont fatigués du bétonnage de leur ville.

    Didier Gesualdi : Quels étaient les problèmes posés ? Construction ? Infrastructures ?

    Un problème de lieu aussi. Quand vous construisez dans la plaine de Beaudinard sur des terres agricoles irriguées et que vous n’en avez pas le droit… Quand vous construisez au piémont de Garlaban avec le risque feux de forêts et que vous n’avez pas le droit… Lorsque vous décidez de remplir une carrière de déchets soi-disant inertes et que le préfet a mis son opposition… Il n’y a pas de secret, il y a un problème.

    Didier Gesualdi : Dans votre programme vous parlez de renaturation du centre-ville, comment ça va se décliner concrètement ?

    On va revégétaliser le centre-ville qui est triste. On va aussi désimperméabiliser. Je suis allé visiter la ville de Cuers dans le Var qui arrive, l’été, à avoir trois degrés de moins que les autres villes, par la végétalisation, les matériaux utilisés, les îlots de fraîcheur… En adaptant ces solutions, cela ne représente pas des sommes astronomiques. Végétaliser ça veut dire aussi recréer des parcs urbains. Vous vous rendez compte qu’on a supprimé des parcs pour construire des maisons résidentielles !?

    Le logement social

    Léo Purguette : Vous refusez la bétonisation mais il y a des constructions utiles, celles qui permettent de se loger avec un loyer modéré. À gauche, on défend généralement cette perspective. Est-ce que vous la défendez, vous ?

    Bien sûr qu’on la défend ! D’autant plus qu’il y a besoin de logements sociaux. La volonté du précédent maire a été de vendre les logements sociaux aux locataires. À première vue on peut se dire que c’est une bonne chose mais quand on se penche sur le dossier, on se rend compte que ce sont des appartements vieillissants ou vieux et qu’il va y avoir des travaux à faire, aux frais des nouveaux propriétaires. Ensuite cette opération diminue le logement social. Nous on veut en faire du logement social, il ne s’agit pas de faire des ghettos, on veut faire du mitage. Et ça, le précédent maire ne le comprenait pas.

    Didier Gesualdi : Qu’est-ce que vous proposez pour les primo-accédants ?

    Vous savez, depuis que je suis maire, j’ai dû recevoir une cinquantaine de demandes de logements – que des logements sociaux – on ne m’écrit pas pour avoir des logements résidentiels. On va faire l’état des lieux, récupérer des logements vacants, travailler avec la Métropole pour proposer des solutions aux personnes en difficulté.

    L’Hôpital d’Aubagne

    Léo Purguette : Nicolas Isnard expliquait sur ce plateau que ce serait les maires qui représenteraient la Métropole dans les établissements de leur territoire comme les hôpitaux. Quid de celui d’Aubagne ?

    Nous arrivons, nous n’avons pas encore eu les détails du dossier de l’hôpital. Ce qui est certain, c’est que nous sommes favorables, favorables et encore favorables à la construction du nouvel hôpital, contrairement à ce que dit M. Gazay. À quel endroit ? La déclaration d’utilité publique est sortie, il va y avoir des procédures d’expropriation ce qui est quand même assez compliqué mais nous espérons, que l’hôpital verra le jour avant la fin de ma mandature.

    La gratuité des transports

    Léo Purguette : La gratuité des transports qui date des majorités à direction communiste à Aubagne, a perduré malgré la Métropole. Avez-vous des garanties pour l’avenir ? Faut-il généraliser la gratuité à l’échelle de toute la métropole ?

    La gratuité des transports, c’est fondamental. Je suis persuadé que dans 20, 30 ou 40 ans, les transports seront gratuits, on ne pourra pas y échapper. Il y a 15 ans, Aubagne a décidé de mettre les transports gratuits dans la commune et puis dans son agglomération. On nous a pris pour des hurluberlus à l’époque. On nous a dit que c’était impossible et l’opposition de droite avait même dit que les impôts avaient augmenté à cause de cela, c’était complètement faux. Il y a une taxe qui s’appelle le versement transports et qui s’applique aux entreprises. Si le taux dans les Bouches-du-Rhône était équivalent à celui de Paris, on pourrait faire la gratuité partout.

    L’office du tourisme

    Didier Gesualdi : Allez-vous renoncer à un projet que vous avez qualifié de « pharaonique », celui du nouvel office du tourisme d’Aubagne qui était porté par votre prédécesseur ?

    Oui ! C’est un projet ubuesque… J’étais au conseil municipal lorsque M. Gazay a annoncé qu’il allait faire l’office du tourisme et que tous les maires de la Métropole étaient d’accord. Vous imaginez que les portables ont marché très rapidement lorsqu’on a appris cette nouvelle. On a reçu des textos de plusieurs maires disant qu’ils n’étaient même pas au courant. Ce projet est surdimensionné, quatre ou cinq fois plus grand que celui de La Ciotat alors qu’on reçoit dix fois moins de personnes… En plus Internet est passé par là, les gens se renseignent différemment, même à Paris il n’y a pratiquement plus d’office du tourisme dans la forme dont on parle. Et nous on construirait un office du tourisme de 400 m² sur le cours Voltaire ? Pour nous, c’est complètement inopérant.

    Le début du mandat
    Léo Purguette : Changer de politique, ça prend du temps. Que vont voir de neuf les habitants dans les tout prochains mois ?
    Les 100 premiers jours, c’est important. Il y a de l’organisation à avoir, des décisions à prendre. Il y a celles qui coûtent et celles qui ne coûtent pas grand-chose. Par exemple, on va faire une braderie tous les mois à partir de juin à la mode de Lille, toutes proportions gardées.
    Didier Gesualdi : Avec des moules frites ?
    On mettra des panisses ! Ça ne sera pas une braderie classique mais festive, avec des animations, de manière à faire revenir les gens dans le centre-ville. Il faut que les commerçants jouent le jeu, que ce jour-là, il n’y ait pas le rideau de baissé. C’est une des premières choses. Ensuite on va travailler sur une mutuelle communale, comme ça se fait pas loin de chez nous, à Peypin par exemple. J’ai rencontré le maire de cette commune qui m’a dit « c’est extraordinaire, on arrive à faire baisser pratiquement à 50 euros par mois la cotisation ». Donc ça sera du gain sur le pouvoir d’achat et ça ne coûtera pas grand-chose à la Ville. On va se pencher également sur les frais d’obsèques, on va voir si on peut municipaliser ça. Ce seront les premières mesures.
    Didier Gesualdi : Vous défendez l’idée d’une zone agricole protégée. En quoi consiste-t-elle ?
    De tout temps Aubagne a été le grenier de la région. J’ai travaillé en amont de l’élection avec les agriculteurs, je les revois en tant que maire afin de créer la zone agricole protégée où on ne pourra plus construire. Il n’y aura plus de spéculation en espérant qu’un terrain passe constructible. M. Gazay a enlevé 10 hectares agricoles à Aubagne ! Dans une zone agricole protégée, un agriculteur qui part à la retraite, soit il va louer à un agriculteur, soit il va vendre à un agriculteur. Une vingtaine d’entre eux cherche du terrain.
    Didier Gesualdi : La Métropole des maires avancée par Nicolas Isnard, ça va dans le bon sens ?
    On a l’avantage d’avoir un président de la Métropole qui est maire, qui connaît les problèmes des maires. Le tout premier président, Jean-Claude Gaudin, était maire de Marseille mais je pense que le trou dans la chaussée de La Destrousse, ça lui passait un peu au-dessus. En revanche, M. Isnard qui est maire de Salon, une commune équivalente à celle d’Aubagne nous a rassurés sur une politique de proximité.
    Didier Gesualdi : Le Val’Tram arrive l’été prochain si je ne me trompe pas…
    Vous vous trompez, il arrivera beaucoup plus tard. M. Gazay a fait un caprice en voulant faire le tour d’Aubagne plutôt que de relier la gare. Il a défiguré le centre-ville pendant 2-3 ans. Les commerçants et les Aubagnais en ont payé les conséquences. Pour faire quoi ? L’Aubagnais va monter une fois ou deux à Roquevaire ou à La Destrousse et puis c’est fini.
    La République c’est quoi ?

    Jean-Pierre Squillari : « La République nous rassemble, elle est là pour protéger le citoyen. les différentes Républiques se sont faites après des crises ou des combats. La Ière naît de la Révolution et destitue Louis XVI, la IIe naît de la Révolution de 1848 et destitue Louis-Philippe, la IIIe République, c’est Gambetta qui la proclame on était dans la guerre, le siège de Sedan. La IVe République, c’est après la guerre de 1939-45. Et la Ve, on était en pleine guerre d’Algérie. Chaque fois la République a su rassembler. »

    La question des lecteurs de La Marseillaise

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Christophe : Bonjour M. le maire qu’allez-vous faire au niveau de la culture ? La culture provençale et Pagnol ne font pas tout.

    Oui tout à fait d’accord. Nous avons créé un service événementiel. Nous avons dans notre équipe, Gaëlle Rodeville, elle est responsable du festival du cinéma d’Aubagne qui fait un carton. Elle a d’énormes idées pour renouveler la politique culturelle d’Aubagne. On va travailler dans l’originalité, la culture populaire et faire de notre commune une ville festive.

  • [Série 3/3] Les soins de support, maintenir la nutrition et la qualité de vie

    [Série 3/3] Les soins de support, maintenir la nutrition et la qualité de vie

    Les soins de support permettent de soutenir le patient en parallèle de la prise en charge médicamenteuse ou chirurgicale de sa pathologie cancéreuse. « Il existe neuf soins de supports définis comme la nutrition, l’activité physique, ou encore la douleur, entre autres », explique le docteur Braticevic gériatre et directrice du Comité de liaison en alimentation et nutrition au sein de l’Institut Paoli-Calmettes. « Les soins de support sont les mêmes que l’on soit jeune ou moins jeune. Par contre, il y a un aspect supplémentaire à prendre en compte pour les personnes âgées, ce sont les comorbidités, c’est-à-dire d’autres pathologies qui auraient pu se développer avec l’avancée en âge. »

    Activité physique et maintien de la nutrition sont essentiels

    C’est au moment du diagnostic que les évaluations ont lieu, au début donc de la prise en charge pour ensuite adapter au mieux les soins de support en fonction des besoins du patient soigné. « Lors d’un bilan oncogériatrique nous faisons particulièrement attention à l’activité physique et à la nutrition », souligne-t-elle. « Une personne qui a une activité physique à ne pas confondre avec du sport – tolérera mieux les traitements, sera moins fatiguée et cela permet, pour certains types de cancer, d’éviter le risque de récidives. » Et de continuer, « L’aspect nutritionnel ne doit également pas être négligé car on sait que la plupart des médicaments dans le sang se fixent sur les protéines. Sauf que, quand on maigrit on baisse son taux de protéines, donc les médicaments se fixent moins bien et de fait fonctionnent moins bien. » Les professionnels de santé proposent donc aux patients traités pour un cancer un enrichissement de l’alimentation en calories et en protéines. L’objectif étant de maintenir l’état nutritionnel pour que les traitements fonctionnent au mieux tout en préservant un bien-être global. « L’essence même de notre métier c’est de soigner au mieux un patient tout en préservant sa qualité de vie parce que souvent quand on avance en âge c’est ce qui importe le plus. Il ne faut donc pas sous-traiter quelqu’un sous prétexte qu’il est âgé mais il ne faut pas le surtraiter non plus. Tout l’enjeu étant de prendre la juste mesure », ajoute Cécile Braticevic.

    En somme, un patient qu’il soit âgé ou non ne doit pas perdre de poids au cours de son hospitalisation. Ce poids perdu correspondant à de la masse musculaire surtout chez un sujet âgé. « Les personnes âgées sont davantage touchées car quand on vieillit, on a tendance à diminuer sa masse maigre au profit de sa masse grasse. Pour donner un exemple, quelqu’un de 80 ans qui perd un kilo perd en fait 800 g de muscles, la dénutrition est donc la bête noire du patient », renchérit-elle. « 40% des patients hospitalisés chez nous sont dénutris et pour certains types de cancers, cela monte à 70% il y a donc une nécessité d’assurer un suivi tout au long du processus de soins avec si besoin, un partenariat pour des hospitalisations à domicile. »