Tag: Bouches-du-Rhône

  • Petit succès pour Laurance, grande joie pour Riccitello

    Petit succès pour Laurance, grande joie pour Riccitello

    Les échappés ont la vie belle sur les rendez-vous provençaux. Après la victoire du Suisse Arnaud Tendon (Van Rysel Roubaix) lors de l’étape d’ouverture, le Français Axel Laurance (Ineos Grenadiers) s’est détaché du peloton pour s’imposer lors de la troisième et dernière étape du Tour de la Provence. Un groupe de neuf coureurs a commencé à attaquer dans les vingt derniers kilomètres, mais le triomphe arlésien s’est joué entre le Breton et Daniel Arnes (Van-Rysel Roubaix). Ce dernier, pris au piège après suite à une mauvaise indication des signaleurs, n’a pas pu empêcher le sacre de Laurance.

    Riccitello garde

    sa couronne

    La performance du champion du monde espoirs 2023 était loin d’être suffisante pour inquiéter Matthew Riccitello (Décathlon CMA-CGM). Vainqueur de l’étape la veille, l’Américain a confortablement gardé sa place sur le trône et s’adjuge, ainsi, le classement général du Tour de la Provence, la seconde course par étapes de sa carrière professionnelle après le Sibiu Tour (en Roumanie) l’an dernier. Les Ineos Carlos Rodriguez et Brandon Rivera complètent le podium.

    1. Matthew Riccitello (USA/Decathlon CMA CGM)
    en 12 h 58
     : 49.

    2. Carlos Rodriguez (ESP/Ineos Grenadiers) à 4.

    3. Brandon Rivera (COL/Ineos Grenadiers) 20.

    4. Aurélien Paret-Peintre (FRA) 24.

    5. Clément Champoussin (FRA) 38.

  • Rove Environnement poursuit son action au cœur du massif

    Rove Environnement poursuit son action au cœur du massif

    Le rapport d’activité 2024-2025 témoigne de l’ampleur du travail accompli sur le terrain par Rove Environnement qui a tenu son assemblée générale la semaine dernière. Plus de 700 heures ont été consacrées à l’entretien des plantations et des oliveraies, notamment sur les secteurs du plateau du Baou, de la Baume de Niolon ou encore du puits de l’Œuvre.

    Les plantations de feuillus réintroduites depuis plus de trente ans, couvrant aujourd’hui une vingtaine d’hectares sur les deux versants du massif, ont une nouvelle fois démontré leur intérêt face aux incendies survenus à proximité de la commune durant l’été 2025. Leur entretien régulier contribue à préserver la biodiversité, maintenir des milieux ouverts et limiter la propagation des feux.

    Les bénévoles interviennent également pour réparer les dégradations constatées sur les équipements, remettre en état des sentiers ou sécuriser certains accès, dans un contexte marqué par des épisodes de sécheresse et un risque incendie accru.

    Soulignant l’importance de ces actions de prévention et de sensibilisation, Paul Sabatino a réaffirmé le soutien total de la municipalité à l’association afin de lui permettre de poursuivre ses missions au service de la protection et de la valorisation de ce patrimoine naturel exceptionnel, au même titre que les autres acteurs environnementaux locaux comme l’association de chasse La Bartavelle, dont le président, présent lors de cette assemblée générale, a lui aussi salué le travail remarquable des bénévoles de Rove Environnement.

    Cette réunion a été également l’occasion de renouveler le bureau. Jean-Pierre Dapelo a été réélu président. Le bureau se compose de Patrick Chouteau, trésorier, et de Christian Raymond, secrétaire.

  • Réouverture du service séjour-asile après des travaux de mise en sécurité

    Réouverture du service séjour-asile après des travaux de mise en sécurité

    Les travaux pour la mise en sécurité des locaux, les services séjour, asile et naturalisation ont été réalisés, le site sera donc ouvert au public ce lundi. « Les usagers dont les rendez-vous ou convocations ont été annulés entre le 6 et le 13 février ont été contactés par les services, précise la préfecture, une nouvelle date de rendez-vous leur a été indiquée. » Les usagers ayant reçu un SMS pour retirer leur titre de séjour seront reçus à partir du 16 février, dans la limite des capacités d’accueil. « En raison d’une forte affluence attendue, une fermeture anticipée des portes est possible », avertissent les services.

    Une tuile qui s’ajoute à des dysfonctionnements relevés par la Cimade (notre article du 4 février) et par le TA de Marseille qui a déjà condamné six fois l’administration depuis le début de l’année.

  • Un sale pas vers une loi plus dure pour les gens du voyage

    Un sale pas vers une loi plus dure pour les gens du voyage

    Chaque année, la France recense plus de 1 300 passages de gens du voyage, dans 78 départements, et plus de 500 installations illégales », plante le texte déposé par de nombreux sénateurs issus de l’ancien « socle commun », centristes, macronistes et LR. Ils mettent en avant le désarroi des élus locaux et des propriétaires de terrain face à « l’impunité qui s’installe ». Pour rappel, Le 4 novembre 2025 la Cour administrative de Marseille a condamné la Métropole à une amende de 295 000 euros pour son inaction en aires d’accueil depuis 2012. C’était une première.

    Les 13 articles dont le premier signataire est le sénateur LR de l’Isère, Damien Michallet, proposent une réforme en profondeur de la loi « Besson II », stupéfiante. Une réglementation devenue « totalement inadaptée », pour la sénatrice (LR) Sylviane Noël qui prône une démarche répressive face à « certaines communautés » qui « ne comprennent que le rapport de force ». L’Association nationale des gens du voyages citoyens (ANGVC) rappelle qu’il existe « 300 000 voyageurs en France et seulement 26 000 places en aires d’accueil. Ces installations sont donc le résultat d’un manque qui perdure depuis 2000 ».

    Alors que la loi du 5 juillet 2000 impose aux communes de plus de 5 000 habitants de mettre une aire d’accueil à disposition, le texte assouplit les obligations des collectivités vis-à-vis du « schéma départemental ». Le délai passant de deux à cinq ans. La proposition de loi prévoit aussi de renforcer la compétence du maire en matière d’expulsion. En produisant un arrêté, il pourra demander la mise en œuvre de la procédure d’évacuation forcée qui pourrait être déclenchée même si le stationnement irrégulier n’implique pas une « atteinte à la salubrité, à la sécurité ou à la tranquillité publiques », critères actuellement en place. « 50% des aires sont à coté d’une Seveso ou de décharges », oppose l’ANGVC.

    Expéditive et sournoise

    Elle tape encore au portefeuille avec un relèvement du montant de l’amende forfaitaire délictuelle (AFD) pour l’installation illicite sur le terrain d’autrui de 500 euros actuellement à 1 000 euros. Autre disposition importante de ce texte : les aires d’accueil seraient désormais prises en compte pour le calcul du quota « loi SRU » de logements sociaux. « Il faudrait donc considérer qu’un morceau de parking en bitume est un logement ? », s’étrangle la Toulonnais Sacha Zanko, membre de l’ANGVC.

    Au Sénat la gauche s’est montrée hostile à ces mesures, voyant dans ce texte « un catalogue d’astuces, d’artifices et de manœuvres visant à se soustraire à la loi Besson », s’est inquiété le socialiste Hussein Bourgi. Son inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale n’est pas assurée, compte tenu d’un calendrier contraint. Mais l’alerte est lancée.

  • La France insoumise dévoile ses treize priorités pour Aix

    La France insoumise dévoile ses treize priorités pour Aix

    Ils avaient été déasavoués en appel, la justice donnant finalement raison aux militants insoumis qui accusaient la direction du mouvement d’avoir « confisqué » la décision d’investiture. Mais ils avaient confirmé leur volonté de rester et de faire appel de la décision, le mouvement assurant que le choix des têtes de liste n’était pas une décision locale mais celle du comité électoral. De fait, ce sont bien Julie Boronad, et Guillaume Dalla Costa qui ont, vendredi, présenté les grands axes du programme de leur liste insoumise Aix en commun.

    Long de 165 propositions d’après les têtes de liste, le projet se structure autour de quatre engagements : rendre le pouvoir aux habitants, faire face à l’urgence écologique, répondre aux besoins essentiels et assurer l’égalité entre citoyens.

    De ces piliers émergent treize priorités, parmi lesquelles le retour d’une vraie « démocratie locale ». Un objectif que les insoumis proposent d’atteindre grâce à la mise en place d’une « communication transparente » et d’une « garantie d’accès aux documents municipaux ». Mais aussi avec l’instauration du droit de pétition (si elle réunit plus de 5% des habitants, est défendue au conseil municipal) et du référendum d’initiative citoyenne.

    Le logement est également érigé en point clé du programme, avec l’ambition de construire 450 logements par an, dont 40% « très sociaux ». La planification de la « bifurcation écologique » arrive elle aussi en haut des priorités avec l’idée, notamment, de créer une délégation dédiée, de lancer des plans d’éducation populaire à l’écologie ou de déployer « une stratégie ambitieuse » de végétalisation et ventilation naturelle.

    Côté transports, les insoumis proposent de rallonger les horaires et de renforcer les fréquences de passage. Ils projettent aussi d’étendre la gratuité au moins de 26 ans et de mettre en place un programme accéléré de mise aux normes PMR.

  • Marseille se prépare à un double scrutin inédit

    Marseille se prépare à un double scrutin inédit

    À un mois des élections (15 et 22 mars), la Ville de Marseille peaufine l’organisation du double scrutin mairie centrale / mairie de secteur, imposé par la réforme de la loi PLM afin d’élire directement le maire. Ce défi logistique et humain n’est pas une nouveauté puisqu’en 2021, régionales et départementales s’étaient tenues concomitamment. Cette première pour des municipales nécessite toutefois un effort pédagogique.

    « Le but est d’avoir un flux régulé dans l’accès aux bureaux pour que les électeurs ne se sentent pas perdus et de garantir la sérénité du vote », explique Marylène Caire, directrice du pôle élections et état civil de la Ville. Elle présentait jeudi le dispositif dans un bureau de vote factice avec Sophie Roque (PS), adjointe chargée de l’état civil. Première nouveauté, un secrétaire adjoint, sorte d’agent d’accueil, sera présent autour de chaque bureau pour vérifier l’inscription, orienter les électeurs dans une file hors du bureau et rappeler les modalités de vote.

    Enveloppe kraft et bleue

    À l’intérieur, l’électeur suivra « deux parcours dissociés », organisés autour d’isoloirs en marguerite suivant la règle d’un pour 300 inscrits. Le premier sera dédié au vote pour la mairie centrale (111 conseillers municipaux). Il se fera dans une enveloppe couleur kraft de manière classique : prise de bulletin (deux minimums), passage par l’isoloir, vérification d’identité devant l’urne, vote, émargement et tampon sur la carte d’électeur qui « n’est pas obligatoire pour voter », rappelle Marylène Caire.

    Dans la foulée et la même pièce, le second circuit conduira vers l’urne de la mairie de secteur (25 à 53 conseillers d’arrondissements), suivant la même procédure. Seule l’enveloppe (bleue) sera différente, « pour un maximum de clarté », insiste-t-elle évoquant de l’affichage et un balisage empêchant de prendre tous les bulletins en une fois. « Pour cela, il faudrait s’insérer dans un schéma de circulation qui ne sera pas naturel », reprend la directrice, soulignant le rôle du secrétaire adjoint à l’entrée.

    « Ce choix des deux urnes dans une pièce, permet un vote fluide et évite les déperditions. L’électeur engagé dans le vote, le poursuit plus naturellement que s’il doit changer de salle. C’est du confort, on le met dans les meilleures conditions pour qu’il exerce son vote sans être contraint, sans se dire : je ne vais pas voter sur le deuxième scrutin parce que je dois refaire la queue », justifie Sophie Roques.

    Un président par bureau

    Pour y arriver, onze bureaux ont été délocalisés dans de nouvelles écoles, quatre l’ont été pour un accès PMR et quatre autres par manque de place. Un seul bureau aura deux pièces distinctes. Une communication est prévue à destination des 40 000 électeurs concernés. Pour assurer cette mécanique, la municipalité devra aussi mobiliser. 555 000 électeurs sont attendus dans ses 497 bureaux. À la tête de chacun, la Ville a choisi de ne placer qu’un président, en général un des 303 élus de la ville. S’y ajoutent pour chaque urne, deux secrétaires et deux assesseurs minimums, ces derniers étant désignés par les candidats. Charge à la municipalité de combler les manques. Pour cela, elle est prête à mobiliser 3 000 agents dont ces fameux secrétaires adjoints. Depuis décembre, des fonctionnaires de catégorie B et C se forment donc au code électoral et aux spécificités de ce scrutin. L’effort financier est aussi conséquent. Pour un agent, la rémunération est de 450 euros pour un président, 400 pour un secrétaire et 300 pour un secrétaire adjoint. La ville table sur une hausse de 25% du montant (1,8 million habituellement), dont 835 000 euros par tour en ressources humaines.

  • L’extension du tramway d’Aubagne à La Bouilladisse voit le bout du tunnel

    L’extension du tramway d’Aubagne à La Bouilladisse voit le bout du tunnel

    C’était autrefois le train des mines, qui amenait les travailleurs de la vallée de l’Huveaune et d’Aubagne à Gardanne… Envisagée dès 2007, la remise en service de l’ancienne voie ferrée de Valdonne a été relancée en 2019, non sans débat. Plutôt qu’un train-tram, capable de rouler sur les rails de la SNCF, la Métropole a fait le choix du tramway, comme celui développé à Aubagne intra-muros. Au-delà des polémiques, des réticences de Gérard Gazay, le maire (LR) d’Aubagne, lors de son premier mandat, qui se « félicite » aujourd’hui de cette réalisation… Les communes qui vont être desservies d’ici la fin de l’année – Roquevaire, Auriol, La Destrousse et La Bouilladisse- vont pousser un gros « ouf » de soulagement. Les axes routiers de la vallée sont saturés avec près de 20 000 véhicules par jour, l’infrastructure d’un coût de 130 millions d’euros et figurant dans le volet transport de Marseille en grand devrait permettre à la fois de désengorger la route et de grandement faciliter l’accès à tous les services publics d’Aubagne et du territoire. Parkings relais et aménagements sont également prévus au fil du tracé et des onze nouvelles stations pour optimiser le Valtra, ce nouveau mode de transport à haute fréquence qui devrait être disponible d’ici la fin de l’année. Reste d’autres enjeux à relever comme son extension vers La Penne-sur-Huveaune. 15 000 voyageurs par jour sont attendus.

  • OM : au tour de Medhi Benatia de jeter l’éponge

    OM : au tour de Medhi Benatia de jeter l’éponge

    Medhi Benatia n’est plus directeur du football de l’OM. Ce dernier a fait part de sa décision, prise au lendemain de la déroute au Parc des Princes face au PSG, mais il ne l’a révélé que dimanche, sur son compte Instagram. « Après une longue réflexion, j’ai pris mes responsabilités et j’ai décidé, le lundi 9 février, de mettre fin à ma collaboration avec l’OM »

    Il estime que, malgré les derniers résultats décevants, élimination de la Ligue des Champions, lourde défaites contre Nantes (0 – 2) et face au PSG (0 – 5) et les contre-performances face au Paris FC (2 – 2) et Strasbourg (2 – 2), «sportivement, le projet avance, mais je ne peux ignorer le climat actuel. Je ressens une insatisfaction croissante, une rupture que je regrette profondément. À Marseille, le résultat est le seul juge de paix … je regrette ne pas avoir réussi à apaiser l’environnement autour du groupe ».

  • [Le coin de la BD] On dirait le sud… lyncheur, raciste et criminel de la Géorgie d’il y a un siècle

    [Le coin de la BD] On dirait le sud… lyncheur, raciste et criminel de la Géorgie d’il y a un siècle

    Avec Au sud, l’agonie, les auteurs livrent un album sans concession sur la misère intellectuelle et sociale des « White trash », blancs du sud aussi pauvres et ignorants que racistes dans un sud profond et moite marqué par la défaite de la guerre de Sécession mais où la ségrégation raciale et le Klu Klux Klan font encore la loi. Une œuvre puissante en forme de polar social et de fresque historique.

    État de Géorgie, années 1920… Alors que les militants du Parti communiste américain tiennent des meetings clandestins pour expliquer que métayers blancs et noirs ont les mêmes intérêts face aux grands propriétaires, un métis et un agent fédéral homosexuel ont maille à partir avec une bande de « white trash » racistes et lyncheurs. Pour ce nouvel hommage au film noir américain avec cette enquête criminelle au cœur de la Bible Belt, Philippe Pelaez et Hugues Labiano frappent fort avec cette histoire sociale, « raciale », politique et policière aux personnages bien trempés dans la moiteur du sud. Face à un pasteur Lee qui dirige la ville de Savannah où malgré la défaite sudiste la ségrégation fait toujours la loi, il faudra beaucoup de sang pour que la justice soit rendue. D’autant qu’un dangereux bagnard, Travis Hart, s’est évadé et se dirige vers la ville pour exécuter une vieille vengeance. Même s’il est le second tome d’une trilogie sur les USA du XXe siècle, cet album entre polar historique et tragédie intime se lit seul et reste un « one-shot puissant qui incarne la mémoire vivante d’un sud meurtri et résonne comme une colère contre l’injustice ».

    Une plongée au cœur d’une Amérique que l’on a longtemps préférée cachée et tue et qui est aujourd’hui l’un des ressorts du trumpisme tant les mêmes démons hantent toujours ces terres un siècle plus tard.

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Vieille Charité, les souvenirs d’une initiatrice

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Vieille Charité, les souvenirs d’une initiatrice

    Les Égyptiens se figuraient l’au-delà de leur mort comme s’il s’agissait d’une campagne verdoyante traversée par un fleuve intarissable ; si ce Paradis était entretenu par des serviteurs loyaux et compétents, ils en goûteraient éternellement la prospérité et la tranquillité. Pour qu’au royaume d’Osiris leur paix soit parfaite, les souverains rassemblaient dans leur tombe des petites statuettes de leurs subordonnés, pour toujours voués à des travaux agricoles ainsi qu’à des tâches d’intérêt commun.

    On appelait ces terres cuites ou bien émaillées, ces personnages sculptés dans le bois ou le calcaire des ouchetbtis. Les travaux pouvaient se révéler nombreux, les minuscules figurines se multipliaient. Une nécropole pouvait enfermer une petite armée de 365 ouvriers et contremaîtres qui se différenciaient parce qu’ils étaient porteurs d’outils agricoles, d’un sac de semences ou d’un seau d’eau.

    Issues de la collection du médecin-chirurgien Clot-Bey (1793-1868) les ouchetbis qui accompagnent cette chronique furent découvertes dans la tombe d’une princesse de la région de Memphis, Tenet-Tepetihou. Sculptée dans l’albâtre, celle de droite est une simple momie. Ses bras croisés ne portent pas d’outils. Sans fonction particulière, elle « répond » de l’identité de la défunte. Taillée dans le calcaire, la statuette à gauche est une rareté. On en retrouve seulement onze exemplaires dans l’iconographie de l’ancienne Égypte. Elle évoque le travail d’une meunière-boulangère qui roule son pain.

    Grâce au déchiffrement des hiéroglyphes de la statuette, les historiens révèlent que Tenet-Tepetihou fut une première amante, l’initiatrice d’un jeune prince rencontré avant qu’il ne devienne roi. Le futur souverain Thoutmosis IV l’avait aimée dans son palais. Un fils était né au terme de leur idylle. Comme telle, il semble légitime qu’elle revendique le titre de « grande épouse royale » qu’elle fit inscrire sur ses statuettes funéraires.

    Des anachronismes délibérés traduiraient autrement ces échos d’un amour défunt. En face de la statue d’albâtre, il se murmure que « Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle ». Devant les gestes ordinaires de la boulangère, voici que surgiraient depuis le balcon des choses anciennes, les vers romantiques et poignants que Baudelaire écrivait pour « la servante au grand cœur ».