Tag: Bouches-du-Rhône

  • Gisèle Pelicot met son combat à la page

    Gisèle Pelicot met son combat à la page

    Une reprise en main de sa propre histoire. Gisèle Pelicot ne s’était exprimée qu’à de rares occasions, à la barre du tribunal d’Avignon, devant celui-ci et un parterre de micro de journalistes internationaux, au moment du verdict du fameux procès « des viols de Mazan ». Avec la publication, ce 17 février, de son autobiographie Et la joie de vivre, un livre de 320 pages, elle donne sa vérité sur l’enfer qu’elle a subi, son combat pour se reconstruire et obtenir justice. Une sortie internationale dans 22 langues, un démarrage « similaire à un Goncourt » selon moult libraires, un tirage à 150 000 exemplaires en France… Gisèle Pelicot va faire le tour de l’Europe pour présenter son livre et même traverser l’Atlantique. C’est dire l’impact de sa parole, c’est dire à quel point son parcours inspire.

    Si c’est bien une autobiographie, l’ouvrage a été écrit en collaboration avec la journaliste et romancière Judith Perrignon et sous la houlette de l’éditeur Flammarion. Et elles y raconte tout : sa vie d’avant, les conséquences de l’affaire sur sa famille, son regard sur « cinquante années de mensonge »… Sans pathos mais avec transparence, honnêteté et des détails glaçants. Gisèle Pelicot revient, par exemple, sur sa profonde incompréhension lors de sa première audition chez les forces de l’ordre. Quand un sous-brigadier lui demande de décrire Dominique Pelicot, elle en parle alors comme « quelqu’un de bienveillant, d’attentionné. Un super mec, c’est pour ça que nous sommes encore ensemble ». Puis s’en suit des questions sur son rythme de sommeil, si elle fait des siestes, si le couple pratique l’échangisme… « Il m’a demandé si je pensais connaître mon époux au point qu’il ne puisse rien me cacher. J’ai dit oui », raconte-t-elle, selon des extraits de l’ouvrage publié par Le Monde. Avant de relater une escalade d’émotion en elle lors de la révélation du placement en « garde à vue pour viols aggravés et administration de substances nuisibles » de son mari d’alors. Ses pleurs puis une bouche paralysée : « Mon cerveau s’est arrêté dans le bureau du sous-brigadier. »

    Un passage qui donne le ton de l’ouvrage. Dans lequel, elle revient surtout sur comment elle fait face à « une meute et Dominique », après son hésitation à rendre le procès public. Un refus du huis clos qui a fait d’elle le visage d’un combat féministe qui dépasse les frontières. Et, in fine, la porte-parole de toutes les défenseuses des droits des femmes, des militantes, des victimes de violences sexistes. « Cette foule m’a sauvée », juge-t-elle, en référence aux centaines de soutiens féministes qu’elle a reçu, devant le tribunal d’Avignon ou à travers le monde. Gisèle Pelicot, qui se définit souvent comme « icône malgré moi », endosse pleinement le rôle « d’éveilleuse » avec ce livre.

    « Ça a libéré quelque chose »

    « Les mots de culture du viol, soumission chimique ont explosé au visage de la société française. Ça a libéré quelque chose. Et ça a donné du crédit au discours que nous portons, nous, associations féministes. Puis, il faut le dire, nous sommes toujours très admiratives de Gisèle », témoigne Alexandra Brochus, pour le Collectif 13 Droit des femmes. Et de résumer : « Du début jusqu’au livre, elle n’incarne pas exclusivement quelque chose de noir. Il y a toujours quelque chose de positif. Je crois que ça doit inspirer les luttes féministes dans un monde de violences. »

    Comme un écho au livre de Gisèle Pelicot, l’association Coudes à Coudes organise une conférence, le 3 mars prochain, à l’auditorium de la mairie du 1-7 à Marseille. pour présenter un autre ouvrage sur ce drame Mazan, Anthropologie d’un procès pour viols. Un ouvrage réalisé par 14 chercheurs et chercheuses locaux (lire notre article du 09/10/2025) dont 3 témoigneront, sur place, de la démarche réalisée. « Notre travail c’est de partager les savoirs utiles à l’action collective », explique Michel Potoudis, pour Coudes à Coudes, qui précise que c’est le « hasard du calendrier » qui fait que l’évènement, prévu de longue date, se télescope avec la sortie du livre de Gisèle Pélicot. L’occasion de se plonger, avec une approche scientifique et une enquête de terrain, sur l’affaire en présence de trois des chercheuses : Stéphanie Fonvielle, Mélanie Gourarier, Laurence Hérault. Et de croiser les regards pour mieux apprécier Et la joie de vivre.

    « Mon cerveau s’est arrêté dans
    le bureau du sous-brigadier »

  • [Entretien] Linh : « Si ma musique m’aide et aide les autres, ce n’est que du positif »

    [Entretien] Linh : « Si ma musique m’aide et aide les autres, ce n’est que du positif »

    La Marseillaise : Vous êtes en tournée pour votre premier album, après plusieurs singles et un EP. Qu’est-ce que cela fait de monter sur scène ?

    Linh : J’avoue que c’est incroyable. J’ai du mal à réaliser parce que c’est juste fou ce qu’il se passe. C’est vrai que c’est ma première tournée, donc j’étais un peu stressée, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Mais au final, je reçois beaucoup d’amour de la part du public et je passe des moments absolument hors du temps. C’est incroyable.

    C’est un premier album très intime. Comment avez-vous pensé les thématiques, la construction de l’histoire que vous partagez ?

    Linh : Oui, sur ce premier album, ça se remarque, je parle beaucoup d’amour, parce que c’est un peu ce qui m’inspire dans la vie, c’est mon moteur. Je n’ai jamais vraiment réfléchi à un thème en particulier, ce sont des choses qui me viennent comme ça, quand je commence à composer les mélodies. C’est un album très intime, ça parle de choses qui me sont arrivées, des doutes, des moments vécus. Pourtant, j’ai eu du mal à parler de moi au début. Le single Je pense à vous m’a débloqué sur le fait de pouvoir parler de soi, intimement. Au départ, j’avais très peur de sortir cette chanson, car elle était vraiment mon histoire. Mais il y a eu un engouement énorme autour de ce morceau, j’ai reçu beaucoup de messages de personnes qui s’appropriaient mon histoire, avec leur propre histoire. Ça m’a débloqué sur le fait que je pouvais vraiment écrire sur tout. C’est pour ça que dans cet album on retrouve beaucoup de choses de ma vie.

    Faire de la musique, est-ce une manière de s’exprimer sur des sujets intimes, mais aussi universels ?

    Linh : Complètement, et c’est une thérapie aussi. Par exemple, j’ai composé une chanson qui s’appelle Je t’aime, c’est sur l’amour de soi. J’ai mis presque un an à l’écrire. C’était quelque chose qui me traînait dans la tête depuis beaucoup de temps. En écrivant et en mettant des mots sur tout ça, ça m’a fait du bien, j’ai eu comme un gros soulagement. Je reçois des messages de personnes qui me remercient pour cette musique, qui me disent qu’elle les aide. Donc forcément, si moi ça peut m’aider et que ça peut aussi aider les personnes qui écoutent ma musique, ce n’est que du positif.

    Vous monterez sur scène à Marseille, puis à Avignon. Quel est votre lien avec cette région ?

    Linh : J’ai un lien très fort avec Marseille, parce que ma maman, mes tantes, mes cousines, mes grands-parents sont de Marseille. Donc c’est incroyable pour moi de me dire que je vais me produire dans cette ville pour la première fois, pour ma propre tournée. Ça me fait vraiment quelque chose. Et puis Marseille, pour moi, c’est plein de cultures qui se rencontrent, ça va vraiment avec cette idée d’ouverture culturelle. Et Avignon, c’est une ville que je trouve fantastique et c’est le sud, ça reste ma maison, puisque je viens de Nice au départ.

    Vous faites partie du collectif « Génération Pièces Jaunes », composé de 28 artistes. C’est important pour vous de participer à des initiatives caritatives ?

    Linh : C’est très important parce qu’en tant qu’artiste, et encore plus avec les réseaux sociaux, on est une vitrine. Il y a beaucoup de personnes qui s’identifient à nous, certains jeunes notamment. Je pense que c’est important de participer à des événements comme ça, comme les pièces jaunes, le Téléthon… Forcément, quand on montre des actions positives, l’effet ne peut qu’être positif. Je me dis que si chaque personne fait de son mieux, on peut arriver à quelque chose de plus beau.

    Vous faites partie de la nouvelle scène française. Comment voyez-vous ce paysage musical émergeant ?

    Linh : Je pense qu’il y a une liberté de création. J’ai l’impression qu’on va dans ce sens avec tout ce qu’il se passe en ce moment sur la scène musicale, les nouveaux artistes qui arrivent. Je trouve qu’on est de plus en plus dans l’acceptation. Il y a du respect et en même temps, on arrive à dire ce qu’on a envie de dire. Je trouve ça super. C’est un milieu qui a des côtés sublimes, magnifiques, mais d’autres côtés très compliqués. En tant que femme, pour ne pas mentir, c’est dur. Il y a beaucoup de misogynie, mais j’ai la chance d’être très bien entourée.

    Des places sont encore disponibles
    pour le concert de Marseille.
    Avignon affiche complet

  • [Pétanque] Plus fort avant ou maintenant : l’éternel débat

    [Pétanque] Plus fort avant ou maintenant : l’éternel débat

    Le jeu « Sport » de la pétanque a beaucoup évolué depuis des décennies avec des pointeurs aujourd’hui qui doivent jouer un rôle important au tir (plus qu’à une époque) et dont le statut a été minimisé à cause des tactiques préconisées où le jeu d’attaque est favorisé.

    Cet état de fait est dû essentiellement à des terrains qui s’y prêtent. Ils sont moins rocailleux, plus lisses pour justement faciliter le spectacle avec les médias de plus en plus tournés vers la pétanque.

    C’est surtout la comparaison des tireurs qui est mise sur le devant de la scène.

    Un débat controversé

    Maryan Barthelemy, le directeur des événements du groupe La Marseillaise, dont le Mondial la Marseillaise et qui fut un joueur de très haut niveau dans les années 1980, donne son ressenti.

    « Depuis que le règlement a changé sur l’envoi du bouchon [on a droit à l’envoyer qu’une fois s’il n’est pas bon -6 à 10 mètres-, l’adversaire le pose à la main, Ndlr], les tireurs ont des moyennes plus importantes car ils ne prennent pas de risques à l’envoi du bouchon et du coup on joue moins loin. Avant, on avait droit à trois essais et le bouchon était plus souvent entre 9 et 10 mètres ». Concernant, les lieux de jeu, « on jouait, à une époque, sur des terrains libres, accidentés. Il y avait des racines, des trous, c’était plus compliqué. Aujourd’hui les terrains sont rapportés avec du gravier, du sable, c’est plus facile pour les tireurs », complète Maryan Barthelemy.

    Mais le nouveau responsable de l’épreuve « n’aime pas comparer les époques. Je constate une seule chose c’est la longévité de Christian Fazzino et à un degré moindre Philippe Quintais. Deux joueurs au top depuis 40 ans mais au poste de milieu. C’est très difficile de durer comme tireur même si Philippe Suchaud est l’exception qui confirme la règle ».

    Dans ces avis, René Brocca très bon joueur de boules et fils de Pierre (le Grand fusil comme on le surnomme) a connu également une autre pétanque. Pour lui, il n’y a pas débat avant c’était plus fort. « Il y avait beaucoup plus de gros tireurs sur la place publique. Dans les concours départementaux c’était un festival. Pour vous donner un exemple précis lors de la victoire de sa première Marseillaise, mon père avait manqué trois boules durant tout le concours. Besse son équipier avait confié cette anecdote à Mario Garro ».

    Une autre anecdote lui revient à l’esprit: « Je me souviens également d’une finale à Montauban entre mon papa et Othello opposés à Laville le Toulousain et Simoes. Sur un terrain très difficile avec des bottes d’herbes, des cailloux, aucune boule n’a été manquée par les quatre protagonistes avec des carreaux sur 50% des tirs ».

    « Aujourd’hui, les gros joueurs sont protégés, sponsorisés, semi-professionnels. La comparaison est difficile. Je pense que les joueurs d’antan étaient plus solides avec une certaine pression adverse aujourd’hui disparue », analyse René Brocca.

    Les arguments ne manquent pas pour les avis diversifiés. Pour Aimé, patron des Coquillages Claude à Mazargues, passionné depuis quarante ans, il n’y a pas de différence. « Pour moi les joueurs sont forts sur tout terrain. Les champions d’aujourd’hui se seraient adaptés au jeu scabreux de l’époque. Il ne faut pas comparer, juste apprécier et vivre à son époque. »

  • Les supporters de l’OM punis par l’UEFA

    Les supporters de l’OM punis par l’UEFA

    Du côté de l’UEFA, lorsqu’il s’agit de sanctionner, les membres de la Commission de discipline ont une mémoire digne d’un éléphant. Ainsi, après que les supporters de l’OM se sont fait remarquer en allumant de nombreux fumigènes dans le stade Jan-Breydel lors du dernier match des Marseillais en Ligue des champions à Bruges, ladite commission s’est souvenue d’un sursis concernant le club olympien..

    Cette dernière «ordonne l’application de la sanction disciplinaire avec sursis prononcée dans sa décision du 28 février 2024, à savoir l’interdiction pour l’Olympique de Marseille de vendre des billets à ses supporters pour son prochain match à l’extérieur de compétition interclubs de l’UEFA ».

    A cela s’ajoute une amende de 25 000 euros. De plus, un nouveau sursis, qui court sur deux ans, est prononcé à l’encontre des supporters Marseillais.

  • [Entretien] Benoit Payan : « Je dis aux Marseillais : ne vous divisez pas »

    [Entretien] Benoit Payan : « Je dis aux Marseillais : ne vous divisez pas »

    La Marseillaise : Quelle lecture faites-vous de ce sondage ?

    Benoît Payan : Il faut le voir comme un instant T, qui n’est pas la vérité du scrutin. Je regarde d’abord le premier tour, et les dynamiques. Quelque chose se cristallise, ce que je dis depuis un moment est en train d’arriver : on va vers une bataille face à l’extrême droite. Dans cette bataille, il y a aujourd’hui des gens qui comme Martine Vassal ont créé de toutes pièces la possibilité de Franck Allisio de se normaliser en reprenant ses mots, ses thèses. Elle n’a pas mesuré qu’un responsable politique a une responsabilité morale éminente dans une élection.

    Le RN semble pourtant atteindre un plafond de verre ?

    B.P. : Je reste très prudent. Pour l’instant tous les sondages m’ont donné gagnant au second tour, mais je reste challenger dans ma tête, parce que c’est ma nature. Je suis un militant, membre d’une aventure collective et cela me donne une responsabilité. Je prends cette campagne comme n’importe quelle autre, même si on a une dynamique exceptionnelle, que des gens que l’on avait jamais vus nous ont rejoint. Dans une élection où la France insoumise a donné ordre à tous ses candidats dans toute la France d’aller faire perdre la gauche, quelle responsabilité, au moment où la ville peut basculer au Rassemblement national, de jouer avec la vie des gens ! Cette manière de faire est un poison pour la démocratie.

    Quel message envoyez-vous à LFI pour le second tour ?

    B.P. : Je ne parle pas aux dirigeants, je parle aux Marseillais. Ce sont des gens intelligents, je leur dis : ne vous divisez pas. La question n’est pas le deuxième tour, c’est dès le premier tour rassemblez-vous parce qu’on a le Rassemblement national à nos portes et qu’il se peut en 2027 qu’il dirige ce pays. Nous devons devenir une ville qui protège tout le monde. L’ambition personnelle ne permet pas tout.

  • A Marseille, la fontaine Estrangin doit reculer devant le tramway

    A Marseille, la fontaine Estrangin doit reculer devant le tramway

    La Métropole Aix-Marseille Provence est bien décidée à déplacer la fontaine Estrangin implantée depuis 135 ans devant la Caisse d’épargne et la Banque de France. L’édifice emblématique où trône en majesté l’allégorie de Marseille appuyée sur le Génie du commerce sur une Méditerranée source d’abondance, gène le tracé du futur tramway du Quatre Septembre pour lequel l’enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique n’a toujours pas eu lieu.

    Ce n’est certes pas le premier monument marseillais à devoir déménager. De l’Hôtel de Cabre (1954) à la fontaine Fossati (1825) en passant par l’obélisque de Mazargues (1911), les monuments historiques ont la bougeotte à Marseille. Pourtant l’ancienne ligne historique du tramway au siècle dernier contournait ce magnifique ouvrage sculpté inauguré en 1890 et qui a été inscrit en totalité au titre des monuments historiques en mars 2025.

    La fontaine s’apparente à une « table d’orfèvrerie » tant l’élégance de sa vasque et de ses groupes sculptés de plusieurs dizaines de tonne en pierre blanche de Lens et de son bassin en granit rose d’Écosse est affirmée. L’ouvrage néo-baroque a été réalisé par les meilleurs artistes marseillais de la Troisième République : l’architecte Joseph Letz et Gaudensi Allar pour les dessins et le sculpteur André Allar, Grand Prix de Rome en 1869, rappelle l’historien de l’art Laurent Noet dans le guide Fontaines de Marseille.

    Pour libérer la courbe et la contre-courbe des voies ferrées reliant le boulevard Paul Peytral au cours Pierre Puget, les bureaux d’études tablent sur un déplacement de 7,57 mètres de l’ensemble monumental pour le rapprocher de la Banque de France et de l’entrée du métro. L’opération est délicate sinon périlleuse. Une maîtrise d’œuvre est prévue sur 5 ans pour concevoir de A à Z cette délicate opération. Le choix de l’architecte en chef des monuments historiques pour la piloter sera déterminant.

    Le projet prévoit aussi l’abattage de la couronne d’arbres autour de la fontaine qui sera restituée par la suite. Le démontage minutieux durant 8 semaines du monument et de sa dalle de fondation aurait lieu en 2027. Il faudra décider si la restauration sur 16 mois qui inclut le système de fontainerie intégrée se fera in situ ou en atelier. Le repositionnement et le remontage pièce par pièce de la fontaine se feraient en 2028 sur une durée de 12 semaines.

    Un diagnostic patrimonial de la Ville de Marseille est attendu d’ici mars. Car c’est à sa ville natale que le négociant Henri Estrangin avait offert la fontaine. La future maîtrise d’ouvrage devra réaliser une étude de faisabilité et d’ingénierie structurelle pour élaborer la méthodologie du déplacement, sa conformité au protocole patrimonial fixé par la Conservation régionale des Monuments historiques qui délivrera l’autorisation de travaux. L’ardoise promet déjà d’être salée. L’enveloppe prévisionnelle des travaux table sur 672 000 euros TTC.

    Le projet inquiète l’association nationale Sites & Monuments pour qui « c’est une opération à haut risque patrimonial » et pour « un projet qui ne met pas en valeur la mémoire et la lecture historique des espaces urbains de Marseille ». Sa déléguée Sandrine Rolengo considère que « l’implantation du futur tramway sur cette place risque d’en altérer profondément la vocation paysagère, en substituant à un espace ouvert, lisible et patrimonial un aménagement principalement fonctionnel. Une telle transformation porterait atteinte à la qualité du cadre de vie ainsi qu’à la cohérence historique et esthétique du site ».

    « C’est une opération
    à haut risque patrimonial »

  • Christelle Thieffinne (CFE-CGC) en tournée électorale à Marseille

    Christelle Thieffinne (CFE-CGC) en tournée électorale à Marseille

    La guerre de succession de François Hommeril, actuel président de la CFE-CGC, passe par Marseille. Alors qu’il doit passer le flambeau après plusieurs mandats lors du congrès de juin prochain, Christelle Thieffine, candidate annoncée, est « venue prendre le pouls » des sections syndicales locales pendant deux jours. La salariée de Thalès, issue de la fédération de la métallurgie et secrétaire nationale à la protection sociale va faire face à Frédéric Guyonnet, banquier et président du Syndicat national de la banque (SNB) lors du scrutin. Elle a donc un programme chargé pour cette tournée électorale, entre visite du Centre de formation d’apprentis industriel (CFAI), rencontre avec les marins de Corsica Linea ou encore passage à la CMA-CGM. « Ce qui m’importe, c’est comment on arrive à défendre un modèle social face à un dumping. Je viens découvrir comment les équipes font face aux enjeux de décarbonation, sur l’étang de Berre et Fos », entame-t-elle, entourée de Pierre Maupoint de Vandeul, président de la CFE-CGC transport et logistique et officier de Corsica Linea et de Jérôme Yvernault pour la métallurgie. Elle défend notamment « la décarbonation et la transition écologique » mais à condition que ça ne se fasse « pas au détriment de la compétitivité des entreprises ».

    Rappelons que François Hommeril s’était attaché à casser l’image d’un syndicat réformiste pas vraiment contestataire attribué à la CFE-CGC, avec de nombreuses sorties de haute volée à l’encontre du gouvernement lors de la lutte contre la réforme des retraites (lire notre article du 07/10/2022). Le tout, en restant conciliant avec le patronat dans les négociations sur le terrain et dans les entreprises. Christelle Thieffine entend s’inscrire dans ses pas évoquant une « continuité ». Elle met en avant le « volet responsable de nos revendications » tout en taclant « certains observateurs du monde économique qui ne veulent pas du bien aux organisations syndicales ». « On a une voix atypique. On est la seule organisation représentative qui progresse d’élection en élection », développe-t-elle. En effet, le syndicat talonne Force ouvrière pour la troisième place en matière de représentativité au niveau national. Et se targue d’être la première organisation dans certains mastodontes dont EDF, Stellantis, chez les personnels sédentaires des entreprises de navigation ou encore au siège marseillais de la CMA-CGM.

    Le cas d’Alliance

    et l’extrême droite

    Reste le sujet épineux du très droitier syndicat de policiers Alliance, affilié à la CFE-CGC, à l’origine de manifestations fin janvier à laquelle ont participé de nombreux représentants de l’extrême droite, dont Marion Maréchal Le Pen ou encore Sarah Knafo. L’adversaire de Christelle Thieffine, Frédéric Guyonnet, était d’ailleurs au second rang à la manifestation parisienne. « On est un syndicat apolitique, on ne fait pas de politique politicienne. Tant que je serai là, on tiendra cette position », martèle Christelle Thieffine. Une référence à une lettre de François Hommeril critiquant la présence des dits élus. « Il y a eu de la réactivité des autres organisations, ce moment n’a pas été simple à gérer », reconnaît Pierre Maupoint de Vandeul.

  • Une « feuille de route » pour l’agriculture locale

    Une « feuille de route » pour l’agriculture locale

    Juillet dernier, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, passait deux jours en Paca. À l’issue d’échanges avec Georgia Lambertin, présidente de la Chambre régionale d’agriculture, il a été convenu « d’organiser les premières Assises de la souveraineté alimentaire, en Région Paca », indique Georgia Lambertin. L’initiative, qui découle de la loi d’orientation agricole du 25 mars 2025, a pour objectif d’identifier des solutions territoriales pour renforcer la souveraineté alimentaire sur le territoire. Alors, ce mardi 17 février, au siège du Crédit Agricole Paca, les représentants de diverses filières agricoles se sont réunis autour de la Chambre régionale et départementale de l’agriculture et de la Région, pour « une réunion d’information », amorce pour « écrire la feuille de route pour notre agriculture. Il y a urgence », rappelait Georgia Lambertin. Une série de rencontres sont prévues, et permettront de recueillir des données en vue, justement, des Conférences de la souveraineté alimentaire. Objectif : analyser les dispositifs agricoles qui apportent des résultats « positifs, pour mieux les faire connaître au sein de différentes filières » de l’agriculture locale, mais aussi les moins efficaces : une base de travail pour sécuriser une souveraineté alimentaire et favoriser l’installation de jeunes agriculteurs. Le mois de juin, au moment de la tenue du salon Agrimed, pourrait être l’occasion de fournir les premiers rendus nés de ces rencontres. « Il s’agit de définir des actions concrètes que nous mettrons en œuvre (…) pour renforcer nos filières dans l’amont, dans l’aval, en fournissant une alimentation locale, saine, durable et de qualité », ajoute Georgia Lambertin. Pour Bénédicte Martin, vice-présidente de la Région Paca en charge de l’agriculture « nous ne sommes pas condamnés à vivre dans une dépendance alimentaire ». Pour ce faire, l’un des enjeux majeurs pour conserver une production régionale indépendante : l’eau et l’irrigation. « On prend des engagements, assure Bénédicte Martin. Je plaide, et j’espère que l’état m’entend, pour que dans le contrat de plan, l’hydraulique soit un pilier. » Alors, après une longue caractérisation de l’agriculture régionale, qui fait l’état des lieux de huit comités filières mis en place, au tour des producteurs, de proposer : « Si on veut atteindre l’autonomie alimentaire, je pense qu’il faudra développer les entreprises qui font de la transformation et de la mise en marché, pointe ce producteur. Dans l’agriculture de notre région, on perd ces outils-là. Il faudra absolument mettre en marché, puisque tout le monde ne peut vendre à côté de chez lui, tout le monde ne peut pas entrer dans un magasin de production. On a une obligation de réussir une organisation de filière et travailler sur les entreprises qui vont mettre en marché ou transformer les produits pour aller vers l’export. » Pour cette maraichère de la Confédération paysanne, « il faut aller chercher les clients là où ils vont. [Le supermarché] quand il va au marché de gros, à l’intermédiaire, achète au même prix que ce que cela me rapporte dans un magasin de producteur. Le mythe que l’on a, celui qu’en vendant en supermarché on va perdre de l’argent et ne pas valoriser notre production est faux. Il faut retravailler cela. » « Oui, mais il faut aider les producteurs à produire, il n’y a pas d’autre issue (…) ce n’est pas à nous de subir les choix des consommateurs », lâche un autre dans la salle. Autrement dit, une série de remarques qui devraient nourrir une stratégie pérenne.

    « Définir des actions que nous mettrons en œuvre »

  • À l’hôpital des Rayettes, un plan d’efficience alarme les syndicats

    À l’hôpital des Rayettes, un plan d’efficience alarme les syndicats

    Les syndicats de l’hôpital sont inquiets. Un plan d’efficience leur a été présenté par la direction lors du Comité social et économique de décembre. La CGT affirme que « plus de 90 suppressions de postes sont envisagées d’ici 2030 ». Dans un courrier envoyé à la ministre de la Santé Stéphanie Rist le 27 janvier, la CFDT parle de « politique de réduction d’effectifs déguisée » par le biais d’un « mécanisme de départs à la retraite non remplacés ».

    Jointe, la direction répond avoir « fait une évaluation globale » des moyens « à optimiser ou ne pas remplacer » sans avoir précisément identifié de secteur à ce jour. « Une évaluation externe est en cours de réalisation par l’Agence nationale d’appui à la performance, qui aidera l’établissement à déterminer les projets à engager, apprend-elle. Il est tout à fait envisageable que le nombre initial soit modifié au regard des conclusions. »

    La CGT dénonce un double discours. Alors qu’un plan d’investissement de 100 millions d’euros vient d’être annoncé, principalement pour financer un nouveau bâtiment qui abritera un bloc opératoire, des urgences et une unité de soins critiques d’ici 2032 (60 millions d’euros), « une transformation profonde de l’hôpital public se prépare : externalisations, mutualisations et remise en cause de services essentiels », s’agace-t-elle.

    Des besoins en hausse

    Une élue de la CFDT pointe « l’absence de logique » : « Ils augmentent le capacitaire, les locaux, ils veulent plus d’activité mais ne renouvellent pas le personnel qui part. » D’autant que les besoins du territoire risquent d’évoluer à la hausse avec l’arrivée de nouvelles usines dans la zone industrialo-portuaire qui devraient créer près de 10 000 emplois directs d’ici quelques années. Dans sa lettre au gouvernement, le syndicat pointe : « Un établissement de santé ne se réforme pas uniquement avec du béton, ce sont les professionnels qui font fonctionner le service public hospitalier. »

    La direction confirme que des externalisations et des mutualisations sont étudiées, mais elles ne concernent « pas les activités de soins, pour lesquelles l’objectif premier est de les conforter sur le territoire », tente-t-elle de rassurer.

    Une réponse qui ne satisfait ni la CGT, qui demande un plan d’investissement public porté à 170 millions d’euros et la création immédiate de 90 postes statutaires à temps plein ; ni la CFDT, qui milite pour un plan pluriannuel de remplacement systématique des départs à la retraite avec la résorption des emplois précaires et une réorientation des politiques ARS vers les ressources humaines et non exclusivement l’immobilier.

  • On meurt moins sur les routes du département

    On meurt moins sur les routes du département

    Une fois n’est pas coutume, dans les Bouches-du-Rhône, les indicateurs sont meilleurs que ceux du territoire national note la préfecture dans son dernier bilan de la sécurité routière. Quand la France métropolitaine enregistre une augmentation de 2,1%, le département connait une baisse de 14% sur la même période, idem pour les blessés avec une hausse de 3,4% contre une baisse de 4% dans le département.

    Plus de piétons tués

    En 2025, dans les Bouches-du-Rhône on passe sous la barre des 100 morts (99). Une baisse « significative par rapport aux 115 vies perdues en 2024 », avec -14% d’accidents corporels, – 4% de blessés. Marseille totalisant 44% des accidents avec 896 sur un total de 2 036, 32 personnes ayant été tuées dans la ville, soit une sur 3. Une proportion quasi identique en 2024. La cause de ces drames reste la vitesse excessive ou inadaptée (30% des accidents mortels), la consommation d’alcool (18%) et de stupéfiants (10,5%). Et c’est entre 18 et 64 ans que l’on meurt le plus sur nos routes, le nombre de tués de moins de 18 ans ayant doublé par rapport à 2024, passant de 3 à 6. Si les motards sont moins concernés cette année, la préfecture note une hausse inédite de la mortalité piétonne. Impliqués dans 12% des accidents, ils représentent néanmoins 25% des tués, 8% des blessés.

    Pour la préfecture ce bilan résulte d’une action de répression mais aussi de prévention avec 4 668 contrôles routiers et 64 123 personnes sensibilisées par les services de la préfète de police déléguée et les associations subventionnées.