Tag: Bouches-du-Rhône

  • La coupe est pleine, la justice ferme la Cabane du pêcheur

    La coupe est pleine, la justice ferme la Cabane du pêcheur

    Pour la « Cabane du pêcheur fou chez Za », l’été est fini. Le Conseil d’État a rétabli, mardi dernier, l’arrêté préfectoral du 3 juin 2026 fermant pour deux mois ce restaurant situé au bac du Sauvage, au bord du Petit Rhône, sur la commune des Saintes-Maries-de-la-Mer, en raison de « manquements graves et répétés à la réglementation ». L’établissement avait lancé une pétition en ligne signée par près de 4 700 personnes.

    Cette sanction fait suite à l’accident mortel, le 14 décembre 2025, d’une cliente de 60 ans qui, rappelle le Conseil d’État, avait passé au moins quatre heures dans l’établissement en consommant des boissons alcoolisées et « avait pris la route en état d’ivresse manifeste ». Le Code de la santé publique interdit aux débitants de boissons « de donner à boire à des gens manifestement ivres ou de les recevoir dans leurs établissements ». La licence de la Cabane du pêcheur ne l’autorisait alors pas à servir de l’alcool « autrement qu’à l’occasion des principaux repas et en accessoire à la nourriture ».

    Pour fonder sa sanction, le préfet relevait encore que le 14 mars 2026, neuf conducteurs ayant participé à une importante fête organisée par l’établissement, rassemblant mille personnes, avaient été contrôlés avec des taux d’alcoolémie supérieurs aux limites autorisées, dont trois constitutifs d’un délit. Pour le préfet, ces faits étaient constitutifs « par leur gravité et leur répétition, d’une atteinte à l’ordre public » en relation avec l’établissement.

    Saisi en référé, le juge administratif avait suspendu l’arrêté en juin, estimant que la réitération des faits n’était pas établie, que l’exploitant avait acheté des éthylotests pour l’événement du 14 mars, mis en place des solutions alternatives à la conduite pour repartir, favorisé la désignation de « capitaines de soirée » sobres et fait la promotion publique de ces initiatives.

    Ivresse manifeste

    Le Conseil d’État retient, lui, que la conductrice décédée affichait 1,63 g d’alcool par litre de sang, soit trois fois la limite autorisée pour conduire, que son portable montre plusieurs enregistrements vidéo, dont un dans l’établissement, où elle présente « des signes manifestes d’alcoolisation avancée », qu’un des neuf clients contrôlés positifs au volant par les gendarmes, le 14 mars, avait 2,2 gr d’alcool par litre de sang.

    Le Conseil d’État ajoute que cette consommation excessive d’alcool par des clients est corroborée par un rapport de gendarmerie faisant état d’une nouvelle sortie de route, le 17 mai 2026, d’un véhicule à proximité de l’établissement, avec un conducteur y ayant bu, contrôlé avec 1,03 mg d’alcool par litre d’air expiré, soit 2,06 gr d’alcool par litre de sang. Le Conseil d’État rappelle de surcroît que la Cabane du pêcheur avait fait l’objet d’un avertissement, par arrêté préfectoral en septembre 2024, les gendarmes ayant dû intervenir pour une rixe entre clients en état d’ivresse manifeste.

  • Solidarité Paysans Provence doit s’adapter sans subvention

    Solidarité Paysans Provence doit s’adapter sans subvention

    Un tiers du budget en moins pour l’association Solidarité Paysans Provence. L’annulation de la subvention par le conseil départemental a été actée le 21 juillet. Un soutien qui s’élevait à 113 000 euros.

    L’association accompagne les agriculteurs de toute la région Paca dans leurs difficultés financières, administratives, juridiques, mais aussi psychologiques. « Notre accompagnement est global et s’étend de quelques semaines à plusieurs années. On est là pour redresser l’exploitation et la personne », explique Alexandra Bedogni, directrice de l’association.

    La subvention supprimée était spécialement destinée à l’accompagnement des agriculteurs bénéficiaires du RSA (Revenu de solidarité active). À l’échelle de la région, l’association suit près de 270 agriculteurs tous les ans, dont une centaine au RSA. « Notre but est de les sortir du système du RSA pour qu’ils vivent de leur exploitation », affirme la directrice.

    De lourdes conséquences

    Derrière Solidarité Paysans Provence, six salariés assurent l’accompagnement des agriculteurs et le bon fonctionnement de l’association. « Sans ces 113 000 euros, on est obligé de licencier au moins une personne en septembre », déplore Elisabeth Andrieux, trésorière. La structure dit déjà être en sous-effectif pour répondre aux appels. « On doit lâcher quelques appels pour se concentrer sur les financements », souffle la trésorière. Des financements désormais « très limités » : « On toque chez les autres Départements et Régions, mais on nous dit que c’est trop tard. »

    Contacté, le conseil départemental justifie cette suppression par un manque d’« efficacité ». Il argue qu’en 2025, « 42 bénéficiaires ont été accompagnés pour un objectif de 63, et seules quatre sorties du RSA ont été enregistrées. » Et d’insister : « Le Département est tenu de concentrer ses moyens sur les dispositifs les plus performants. » Un argument « non entendable » selon l’association et les agriculteurs. Certains témoignent anonymement : « Si je suis encore en vie, je ne peux que remercier Solidarité Paysans pour leur soutien dans les épreuves délicates de notre vie professionnelle. »

  • À bord des contrôles de plongée en Méditerranée

    À bord des contrôles de plongée en Méditerranée

    Gilet de sauvetage, robinet, détendeur et masque… Aucun équipement de plongée n’échappe au contrôle. Alors que cette année, dans la région, deux personnes sont décédées d’un accident de plongée, les autorités engagent un 8e jour de patrouille en mer, ce mardi 28 juillet.

    La Brigade des affaires maritimes et la DDPP se sont élancées de Marseille pour contrôler la conformité des équipements d’associations et de clubs de plongée. Un dispositif « renforcé durant l’été » afin de « protéger les touristes », explique Yves Zellmeyer, directeur de la DDPP des Bouches-du-Rhône. Durant cet après-midi, les efforts sont concentrés sur la Côte Bleue, avec un arrêt sur la calanque de Niolon.

    Sur place, un bateau de plongeurs, reconnaissable à son drapeau blanc et bleu. Premier réflexe pour Emmanuel Jacquot, employé du département chargé des contrôles : demander la fiche de sécurité du bateau. Une manière pour lui de connaître le responsable et les encadrants. Durant une dizaine de minutes, l’agent de la DDPP inspecte aléatoirement six équipements du navire. Aucun problème pour la vingtaine de passagers, qui ont pu reprendre leur sortie en mer. Si elle a semblé interroger les touristes, l’opération n’a rien de surprenant pour Julien Dubois, moniteur de plongée : « Chaque année, je suis contrôlé au minimum une fois en début de saison ».

    Travail de longue haleine

    Après 15 ans de contrôles auprès des clubs de plongée, Emmanuel Jacquot constate « une vraie amélioration », mais, pour cela, il a fallu « se fâcher et fermer des clubs », se souvient-il. Sa méthode : « Se mettre au même niveau que les plongeurs ». En effet, il pratique aussi la plongée. Des connaissances qui l’avantagent, car « ils ne peuvent pas me mentir et ils le savent ».

    Une fois l’opération en mer réalisée, le travail n’est pas terminé. « Dès que je rentre au bureau, je contrôle les diplômes des moniteurs inspectés auprès de la fédération », ajoute ce contrôleur. En cas de matériel défaillant ou de problème avec les diplômes, les clubs risquent des amendes ou la fermeture temporaire, le temps de la régularisation.

  • Le tribunal suspend le couvre-feu estival pour les moins de 16 ans à Meyrargues

    Le tribunal suspend le couvre-feu estival pour les moins de 16 ans à Meyrargues

    Parmi les rares passants croisés à Meyrargues, ce mardi matin estival, ils ne sont qu’une poignée, dans cette commune de 4 000 habitants, à savoir que l’arrêté municipal signé par le maire, Fabrice Poussardin (DVC), instaurant un couvre-feu pour les mineurs de moins de 16 ans, pour le quatrième été consécutif, vient d’être suspendu par ordonnance du 24 juillet 2026, par le tribunal administratif de Marseille.

    Renouvelé en juin, l’arrêté municipal interdisant aux mineurs non accompagnés de sortir entre 22h et 6h du matin, du 18 juin au 1er septembre, était en place depuis quatre ans. Saisie par le groupe d’opposition Meyrargues Citoyenne et Solidaire, la Ligue des Droits de l’Homme a, à son tour, saisi la justice, qui a donné raison à l’association.

    « On en voit fleurir un peu partout et régulièrement, ils sont annulés ou suspendus, contextualise Philippe Sénégas, pour la Ligue des Droits de l’Homme. C’est étrange de la part d’un village où, manifestement, les troubles à l’ordre public sont, semble-t-il, mineurs. C’est évident qu’il y a bien d’autres mesures qui peuvent être imaginées. »

    « Liberté d’aller et venir »

    Au sujet des nuisances et du désordre public mis en avant par la municipalité, le tribunal estime que « la commune de Meyrargues n’apporte aucun élément à l’appui de ces allégations » et « ne démontre pas davantage le risque de voir ces événements se réitérer, justifiant qu’une telle mesure de prévention soit adoptée ». Le point le plus inquiétant, dans cet arrêté, pour la LDH, reste l’atteinte à la « liberté d’aller et de venir. On ne va pas confiner les enfants au domicile de leurs parents et transformer les parents en gardiens », conclut Philippe Sénégas.

    Le groupe d’opposition Meyrargues Citoyenne et Solidaire (DVG) se réjouit de la décision. « On nous disait le reconduire pour la quatrième année parce que (l’arrêté) avait fait ses preuves. On lui a demandé de nous dire quel était l’état de la baisse de la délinquance nocturne (…), on n’a jamais eu d’élément concret, palpable, autre qu’une appréciation générale », note Christian Salque, à la tête du groupe. Il préconise l’instauration d’une « politique jeunesse ».

    Sollicité, le maire n’a pas pu nous répondre dans les délais impartis. Dans La Provence, il a indiqué ne pas faire appel.

    Eva Bonnet-Gonnet

  • [C’est l’été] Entretien : Chinese Man, « La tournée d’été, l’occasion de se rassembler autour de la musique »

    [C’est l’été] Entretien : Chinese Man, « La tournée d’été, l’occasion de se rassembler autour de la musique »

    La Marseillaise : Quelle est l’histoire de Chinese Man ?

    Matteo : On a lancé le projet de Chinese Man il y a 20 ans. C’étaient des artistes qui avaient envie de faire de la musique tout en restant indépendants. Chinese Man, c’est d’abord un groupe, formé par High Ku, Sly et moi, puis un label, Chinese Man records, et un collectif. Au départ, c’était un projet uniquement musical, mais il est devenu protéiforme en évoluant, avec d’autres formes d’art, notamment de la vidéo. On a toujours eu comme objectif de mettre en avant un projet, plus que des individus, tout en restant libres dans nos choix artistiques et dans les directions que l’on voulait prendre. On tient à cette indépendance.

    Comment définiriez-vous la musique de Chinese Man ? Quel est le style du collectif ?

    Matteo : C’est une musique inspirée par le hip-hop, notamment la manière de fabriquer de la musique avec le sample. Au début, on était très influencé par la culture hip-hop des années 80 et 90, le hip-hop instrumental, DJ Shadow, puis la bassmusic par exemple. Toute cette vague-là nous a beaucoup influencés. Au fil des années, puisqu’il y a une porosité entre les styles musicaux, on est arrivé à un mélange qui nous permet d’avoir des esthétiques musicaux très différents.

    Qui sera présent sur scène ce mercredi ?

    Matteo : Ce mercredi soir, ce n’est pas le groupe Chinese Man qui se produit, c’est moi en tant que membre du groupe et du collectif. J’ai invité l’artiste Tracy De Sá, une rappeuse engagée, qui tient un collectif féministe. Elle a un parcours incroyable, avec des influences musicales espagnoles, anglaises, indiennes, portugaises… Cela fait déjà plusieurs fois que j’arrive à l’inviter sur scène avec moi. Je serai en DJ set et elle sera là pour poser une voix, créer de l’interaction avec le public. Elle interviendra sur des sons de son répertoire et sur d’autres pour qu’elle improvise : l’idée, c’est vraiment de faire fusionner nos deux univers.

    C’est la première fois que vous prenez part à la tournée d’été La Marseillaise. Pourquoi avoir accepté d’y participer ?

    Matteo : Les valeurs, l’indépendance et l’engagement de La Marseillaise correspondent à la fois à ce que l’on fait avec notre label et à comment je situe personnellement mon action en tant qu’artiste. Par exemple, avec la branche Applause du label Chinese Man Record, on développe des scènes émergentes et inclusives, ou nous essayons de créer de la sécurité. La tournée d’été La Marseillaise représente également une occasion de se réunir, d’avoir un espace gratuit pour se rassembler autour de la musique. La musique permet de partager ces valeurs. Le collectif est également basé dans le sud de la France. Personnellement, j’habite à Marseille depuis longtemps. On trouvait ça chouette de faire une date gratuite ici. Depuis le début de notre carrière, on a beaucoup bougé et on a beaucoup fait de dates à l’international, mais c’est vrai que l’on a un peu délaissé la scène locale. Cela fait quelques années que l’on essaie de remettre notre énergie vers ces espaces-là, la Plaine est un lieu significatif pour ça.

    La scène sur laquelle vous allez jouer mercredi est une scène ouverte, place Jean-Jaurès. Avez-vous l’habitude de jouer dans ce type de configuration ? Comment appréhendez-vous le concert ?

    Matteo : C’est rare pour nous de faire des scènes ouvertes et gratuites. C’est une configuration particulière pour les gens qui sont là pour écouter la performance, pour ceux qui viennent juste sur cet espace public sans avoir forcément envie d’écouter un concert, mais aussi pour ceux qui jouent sur scène. Il faut prendre en compte la situation et s’adapter au public. La scène ouverte permet d’offrir un accès à la musique. On crée un temps ensemble, d’échange et de partage.

    La sixième date de la tournée d’été La Marseillaise se tient ce mercredi 29 juillet sur la place Jean-Jaurès, à Marseille, à partir de 20h. Accès libre.

  • OM : le pragmatique Genesio court après du concret

    OM : le pragmatique Genesio court après du concret

    Sous le cagnard marseillais, Bruno Genesio est resté fidèle à lui-même : pragmatique. Le nouvel entraîneur de l’Olympique de Marseille a joué la carte de la transparence, mardi matin, avant la séance du jour, encore privée des internationaux. À ce stade, seul Quinten Timber a déjà réintégré le groupe phocéen.

    Amine Gouiri, Derek Cornelius et Timothy Weah retrouveront les terrains cette semaine, tandis que les finalistes de la Coupe du monde, Gerónimo Rulli et Facundo Medina, sont attendus le 12 août, quelques jours après le stage aux Pays-Bas.

    Le technicien phocéen de 59 ans doit néanmoins composer avec de nombreuses absences dans le secteur défensif. Leonardo Balerdi « est revenu » et « participera au match contre Nîmes », jeudi. De son côté, Nayef Aguerd est « sur le bon chemin au niveau de sa réathlétisation ». Bruno Genesio nourrit même « bon espoir » de le voir « reprendre l’entraînement avec le groupe lors du stage aux Pays-Bas », prévu du 3 au 8 août, dans la région d’Utrecht.

    Avec Facundo Medina, attendu à la mi-août, ces trois défenseurs figurent parmi les dix plus gros salaires de l’effectif marseillais. Une donnée qui pourrait en faire des candidats à un départ d’ici la fin du mercato estival, alors que l’OM cherche à réduire sa masse salariale pour donner davantage de latitude à son directeur sportif, Grégory Lorenzi, sur le marché des transferts.

    Priorité à un ailier droit

    Les besoins se concentrent notamment dans le secteur offensif, affaibli par les départs récents de Mason Greenwood, Pierre-Emerick Aubameyang et Hamed Junior Traoré.

    Bruno Genesio a ainsi affiché son souhait de conserver Amine Gouiri et Igor Paixão, tout en reconnaissant que ces dossiers restent conditionnés aux impératifs économiques du club.

    « Il est important de garder une stabilité au niveau sportif et de s’appuyer sur des joueurs qui connaissent le club, le contexte marseillais, la Ligue 1 et qui ont de l’expérience. On parle souvent de colonne vertébrale », explique l’ancien entraîneur de l’Olympique Lyonnais. Conscient que le poste d’ailier droit, laissé vacant par Mason Greenwood, constitue une priorité, Bruno Genesio n’écarte toutefois aucune piste. Il pourrait envisager de repositionner Timothy Weah plus haut sur le terrain et de se tourner vers le marché pour recruter un latéral, un profil plus accessible et moins coûteux.

    L’ancien milieu martégal maîtrise l’art de composer avec les moyens du bord. Il l’a démontré à Lyon, mais surtout à Lille, où les départs de plusieurs cadres – Jonathan David, Edon Zhegrova, Bafodé Diakité ou encore Lucas Chevalier – ne l’ont pas empêché de hisser son équipe sur le podium la saison dernière. « En cultivant des valeurs de solidarité, de cohésion, d’abnégation, et en réalisant aussi un mercato malin, on peut y arriver », estime celui qui s’est fixé pour objectif de permettre à Marseille d’être « européen » à l’issue de la saison.

    Les intérêts se multiplient pour les cadres olympiens

    Soucieuse de valoriser au mieux son effectif, en privilégiant des ventes au meilleur prix ou des départs permettant d’alléger sa masse salariale, la direction de l’OM continue de recevoir des marques d’intérêt pour plusieurs de ses cadres. Les discussions entre Facundo Medina et le Bayer Leverkusen se seraient intensifiées ces derniers jours. Pour laisser partir son défenseur, le club marseillais réclamerait une indemnité de transfert avoisinant les 20 millions d’euros. Par ailleurs, Pierre-Emile Højbjerg suscite également l’intérêt de plusieurs formations. En Italie, le Milan AC et l’Atalanta Bergame auraient pris des renseignements, tandis que des clubs turcs, dont le Besiktas, pourraient prochainement passer à l’offensive.

  • La gauche arlésienne mobilisée pour l’avenir de Fibre Excellence

    La gauche arlésienne mobilisée pour l’avenir de Fibre Excellence

    La décision du tribunal de commerce de Toulouse, attendue ce mercredi quant à l’avenir de Fibre Excellence, laisse place aux prises de position de la classe politique locale. Les réactions se sont multipliées depuis l’annonce, lundi à la mi-journée, du sursis de 48 heures accordé par le tribunal pour le site de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), en raison de l’émergence d’un potentiel repreneur. Quant à l’usine de pâte à papier de Tarascon, le tribunal a requis la liquidation judiciaire.

    « Une catastrophe sociale pour le territoire »

    Les élus de l’Union pour Arles, au conseil municipal et communautaire Arles-Crau-Camargue-Montagnette (ACCM), dont Tarascon fait partie, ont rapidement réagi en parlant d’une « catastrophe sociale et industrielle pour notre territoire ». « L’État ne peut pas se contenter d’accompagner les conséquences. Il doit agir pour prévenir les fermetures, soutenir les projets industriels crédibles et protéger les filières stratégiques », considère le groupe d’opposition. Ce dernier affirme « rester pleinement mobilisé aux côtés des salariés et de leurs syndicats pour défendre chaque emploi et préserver une activité industrielle sur ce site ».

    Le maire d’Arles et président de l’Agglomération, Patrick de Carolis (Horizons), parle également d’une « perspective d’une gravité exceptionnelle » quand « un site industriel majeur, des centaines d’emplois directs et indirects et une part essentielle de l’avenir économique de Tarascon et du territoire arlésien » pourraient disparaître.

    Le vice-président du Département des Bouches-du-Rhône et ancien maire (DVD) de Tarascon, Lucien Limousin, s’est quant à lui tourné vers la préfecture de région. Dans un message adressé au préfet, l’élu rappelle qu’au-delà des 270 emplois directs concernés, la fermeture représenterait une « perte pour l’intercommunalité d’une recette annuelle de près de 800 000 euros et, selon le directeur de l’usine, de 100 millions d’euros pour les finances publiques ». D’autre part, l’ancien édile pointe le fait que « l’usine consomme plus d’un million de tonnes de bois par an provenant essentiellement de la forêt française » et s’interroge sur le devenir de cette ressource à l’heure où les grands incendies se multiplient.

    De son côté, la section du PCF de Beaucaire, sur l’autre rive du Rhône, dénonce « l’hypocrisie d’un gouvernement qui prône la réindustrialisation du pays, alors qu’il mène une politique opposée à cet objectif ». Elle estime que « le démantèlement de l’usine, la dépollution et l’indemnisation des salariés auront un coût supérieur à celui du sauvetage de ce fleuron de notre indépendance économique ». Au niveau national, le PCF appelle à « une prise de participation publique du site de Tarascon pouvant aller jusqu’à la maîtrise, afin de préserver les emplois, les compétences et les machines et construire une solution industrielle. Il faut sécuriser durablement l’avenir de la filière, notamment par un prix de l’énergie compatible » avec son activité, une décision qui relève de l’État.

    Le RN chasse la CGT et FO de la maison des syndicats

    S’il est possible de trouver des mots de soutien dans son communiqué à l’égard des salariés, le maire (RN) de Tarascon, Alexandre Ducouret, a parallèlement décidé de chasser les syndicats CGT et FO de la maison des syndicats qu’ils occupent depuis 2014. Selon La Provence du 23 juillet, une procédure a été engagée par l’élu d’extrême droite afin de récupérer ce bâtiment. Selon le maire, il s’agit d’une décision budgétaire, visant à « récupérer les bâtiments donnés gratuitement à la CGT », qui « fait de la politique », explique-t-il à La Provence. Peut être n’a-t-il pas apprécié le cordon sanitaire dressé autour de lui lors de la conférence de presse tenue par les salariés, le 18 juin, à laquelle il avait tenté de s’inviter.

    Mais « défendre les emplois, c’est aussi défendre ceux qui les défendent », tance l’opposant arlésien Nicolas Koukas. « Les syndicats sont indispensables, ils sont en première ligne pour défendre l’avenir de Fibre Excellence et des emplois », estime l’élu d’opposition, considérant « préoccupantes » les situations de la Bourse du travail d’Arles et de la maison des syndicats de Tarascon, où les syndicats sont mobilisés pour conserver leurs locaux. « La cohérence, c’est défendre les travailleurs et les outils qui leur permettent de se mobiliser », conclut-il.

  • Les salariés de Fibre excellence interpellent l’État

    Les salariés de Fibre excellence interpellent l’État

    Pour les salariés de l’usine Fibre Excellence de Tarascon, ce lundi marque une entrée en résistance. Le tribunal de commerce de Toulouse a requis, lundi matin, la liquidation judiciaire de l’usine de pâte à papier occupée (lire ci-contre), depuis jeudi. Près de 270 emplois directs et plus d’une centaine d’intérimaires et de sous-traitants sont directement concernés par cette liquidation. Pour l’ensemble de la filière bois-papier, l’activité représente entre 8 000 et 10 000 emplois induits, du bûcheronnage au bobinage.

    Autant d’enjeux que les salariés du site de Tarascon sont allés porter à la sous-préfecture d’Arles, lundi matin, alors même que le sort de leur usine se décidait à 300 km de là. Après moins d’une heure de rendez-vous, c’est le point mort. « Nous n’avons pas eu de réponse. L’État attend une décision du tribunal, mais comme vous le savez, le tribunal attend une décision de l’État », ironise Florian Berthon, délégué FO de l’usine. L’accueil lui-même est dénoncé par René Sale, de l’Union départementale FO. « Ni la sous-préfète, ni sa secrétaire n’étaient là. Quand il y a le feu à Tarascon, on peut déplacer son agenda », tance-t-il à l’égard des représentants de l’État, auxquels il demande de « nationaliser de manière provisoire » Fibre Excellence, comme « issue immédiate à ce scandale d’État ».

    Jonathan Bastid, du syndicat Filpac-CGT de Tarascon, est revenu sur la possibilité de « prendre un arrêté pour rehausser le prix du mégawattheure d’électricité » produit par l’usine pour ses propres besoins et dont elle réinjecte l’excédent dans le réseau. Une mesure « comme pour la centrale de Gardanne » complète-t-il. « Si c’était fait, cela permettrait à notre usine de repartir. Il suffit de ça ! », martèle le syndicaliste. « Plus de 300 personnes vont se retrouver au Pôle emploi d’Arles sinon. Il faut que l’État prenne ses responsabilités. On était une entreprise indispensable pour sauver la France durant le Covid, mais aujourd’hui, on est abandonnés. »

    Sauver l’usine

    pour sauver des vies

    Sauver Fibre Excellence, c’est littéralement sauver des vies, à écouter les salariés rassemblés. « Des vies se sont construites autour de l’usine, quand on croise nos collègues, on a toujours un petit mot. Moi, j’ai mon surnom. On est des collègues, des amis », illustre Thierry Boldrinei, opérateur sur le parc à bois. « Mon père travaillait dans cette usine. Pour d’autres, c’est même la 4e génération qui y travaille. On connaît tous quelqu’un qui a connu nos pères et nos grands-pères », poursuit-il, les yeux humides.

    Une culture ouvrière marquée par l’attachement à l’outil de travail. « On est habitués à notre usine et à nos salaires, on a galéré pour y rentrer », rappelle Khaled El Hajjouji, « 25 ans de boîte » et opérateur process sur la ligne de fibres. « Des usines qui payent comme ça, il n’y en a plus dans le coin », considère-t-il. Son illustration du drame social qui pèse sur les salariés est singulière : « Quand j’emmène mon fils de 3 ans à la crèche, je suis obligé de passer à côté de l’usine. À chaque fois, il me dit : “ça fume !”. Mais depuis six mois, il me demande pourquoi ça ne fume plus ». Pire, « mes autres enfants me demandent si on va vendre la maison, peuchère. Je leur dis qu’on va redémarrer, je reste fort ».

    « Dès qu’on a su qu’on était en redressement, c’était l’angoisse. On avait toujours des solutions, mais là, c’est le coup de semonce », renchérit son collègue, Thierry Boldrinei. « On est que des salariés. Mais si on part en liquidation, on bloquera tout. On embarquera pas nos outils de production comme ça ! », assure Khaled El Hajjouji.

    L’impact d’une liquidation sur la filière et le territoire peut se mesurer à ce qui a déjà pu être observé par le passé. « C’est mon 2e licenciement en deux ans, après Smurfit Kappa au Pontet », peste Hubert Costa, manifestement en colère. L’ancien salarié de l’entreprise spécialisée dans l’emballage en carton et papier, aujourd’hui affecté au mélange de la pâte à papier, ne s’imagine pas « repartir à zéro avec trois enfants », après « des années d’intérim pour un CDI qui dure deux ans chez Smurfit, et deux ans à Fibre Excellence pour obtenir un nouveau CDI que j’ai signé qu’en janvier ». Une « double peine » qui se profile pour le travailleur. « Le chômage et plus de mutuelle. Comment je vais faire pour mes enfants si je perds l’emploi et le droit à la santé ? », s’inquiète-t-il.

    Cette colère promet d’être le moteur de la lutte sociale à venir. « Pour l’instant, les choses se sont passées calmement », observait René Sale (FO) à la sortie du rendez-vous en sous-préfecture. « Mais la violence de la décision politique du gouvernement de ne pas sauver la filière et les emplois met en danger les populations de Tarascon, Beaucaire et Arles », considère-t-il. La Filpac-CGT du site inscrit son occupation « dans la durée » depuis la « mise en sécurité » des installations, jeudi dernier.

  • Des cours gratuits pour que les petits Marseillais apprennent à nager en mer

    Des cours gratuits pour que les petits Marseillais apprennent à nager en mer

    À Marseille, un enfant sur trois ne sait pas nager. Pour y remédier et faire face aux nombreuses noyades de l’été, la Ville de Marseille a mis en place le dispositif « J’apprends à nager » en partenariat avec la Fédération française de natation (FFN) pour former les enfants dès leur plus jeune âge. Les apprentis nageurs s’engagent à venir participer à un cours d’une heure par jour avec un moniteur pendant une semaine. Ils apprendront à nager en mer et à la fin des sept jours, ils seront autonomes et se verront délivrer un diplôme de natation. À Marseille, 12 cours sont dispensés par jour : six ont lieu à la plage du Prophète, et six autres à la plage de la Pointe Rouge.

    « Avant le dispositif, il y avait 10 000 enfants qui apprenaient à nager par an, aujourd’hui, c’est plus de 30 000 », savoure Éric Méry, adjoint aux sports de Benoît Payan. « Dans les quartiers populaires principalement, on sait que le manque d’équipements ou de moyens peut être un frein à l’apprentissage, c’est pourquoi on essaie de faire en sorte qu’ils sachent tous nager avant de rentrer au collège », analyse-t-il avant d’ajouter : « Et apprendre la natation en mer est d’autant plus formateur que les enfants apprennent à s’adapter aux éléments naturels. Dans une piscine, on est rassuré par le bord, ici le bord c’est la plage. Or, 90% des noyades ont lieu en milieu naturel. »

    En ce vendredi de juillet au matin, c’est au tour des enfants du centre social Agora de la Busserine, de faire leurs premières brasses. Arrivés dès 8h30 dans l’eau, les huit jeunes participants apprennent en s’amusant. Ils s’éclaboussent, font l’étoile de mer, jouent avec les frites et font des jeux avec le moniteur. « Allez on fait le petit train à fond ! » « et 3,2,1… Planche ! » Dans le petit carré délimité par les lignes flottantes, tous sont ravis d’être là. À 9h30, lorsque les enfants sortent de l’eau et qu’on leur demande s’ils ont aimé, la réponse est unanime. « C’était trop trop bien ! », s’exclame Alya, 7 ans. Boubakar, 8 ans partage son avis : « J’ai hâte de revenir demain ! »

    Pour compléter l’apprentissage en mer, des piscines mobiles éphémères sont mises en place dans les quartiers les moins bien équipés. Elles permettent aux riverains de pouvoir prendre des cours de natation ou d’aquagym par exemple, sans avoir besoin d’aller jusqu’à la plage du Prophète ou à la Pointe Rouge. Des cours d’aisance aquatique sont aussi proposés aux enfants de 4 à 8 ans afin de les familiariser au milieu. Face au succès, la Ville prévoit de renouveler l’opération chaque été.

  • La nouvelle aventure istréenne de Matthieu Ong, légende d’Aix

    La nouvelle aventure istréenne de Matthieu Ong, légende d’Aix

    Une page se tourne. Formé au Pauc et professionnel depuis 2013, Matthieu Ong, 34 ans, a signé pour deux ans à Istres (ProLigue). Le club aixois ne souhaitant « pas prolonger » l’aventure, selon l’ancien capitaine, Istres s’est positionné « assez tôt » sur le joueur. « J’ai discuté avec le président et l’entraîneur. Ce qu’ils m’ont proposé me convenait parfaitement », raconte l’ailier gauche de formation, séduit par le recrutement et le projet de jeu du club. D’autres propositions lui ont été faites, mais « pas au point d’avoir un contrat sur la table ».

    Cette signature marque un « retour aux sources » pour Matthieu Ong, passé au pôle espoirs d’Istres : « Je connais un peu l’environnement. Mon lycée était juste en face de la salle où on s’entraîne. » Chez les Taureaux, il retrouvera Léo Martinez, son coéquipier au pôle espoirs, et Louis Despreaux, avec qui il a évolué deux saisons au Pauc, qu’il « connaît très bien ».

    « Aix, c’est ma maison »

    Arrivé à Aix-en-Provence en petite section de maternelle avec sa famille, le natif de Clichy a passé toute son enfance dans les Bouches-du-Rhône. « J’avais à cœur de rester dans ma région. J’y suis très attaché, confie-t-il. Je suis aussi attaché à ma mer. Ma deuxième passion, c’est l’apnée et la chasse sous-marine. C’est une activité que je peux aussi faire en étant à Istres. C’est quelque chose d’essentiel pour mon équilibre. Ça me permet de couper dans des semaines qui sont parfois un peu compliquées. » Ses parents et sa sœur, volleyeuse internationale, habitent toujours la région. « Toute ma famille est proche de moi, ça joue aussi. Ma vie est dans les Bouches-du-Rhône », exprime celui qui est papa d’une petite fille de deux ans.

    Pur produit aixois, avec un détour au centre de formation du HBC Nantes de 2010 à 2012, Matthieu Ong a joué 25 saisons au Pauc. « Aix, c’est ma maison. J’y ai passé des moments extraordinaires. Aujourd’hui, j’ai tourné la page. Aix est derrière moi et j’en garde que de bons souvenirs. » Comme cette première victoire d’Aix à Montpellier. « C’était quelque chose, se souvient-il. Ce n’était pas arrivé depuis un moment et très peu d’équipes y parviennent. C’est un point d’orgue dans une carrière. » Sans oublier son premier match de Coupe d’Europe. « En commençant ma carrière, je n’aurais jamais imaginé que je jouerai la Coupe d’Europe. Pouvoir la jouer quatre saisons avec Aix, c’était très sympa. »

    Le fils de l’ancien handballeur et agent, Bhakti Ong, ne cache pas sa déception face à l’arrêt de son aventure aixoise cette année : « J’aurais bien fini ma carrière à Aix, mais ce ne sont pas des choses qu’on décide et qu’on contrôle. » À Istres, Matthieu Ong découvrira la deuxième division. L’objectif du club étant de remonter en première division. « Je suis très content d’aller à Istres. C’est un challenge sympa de jouer la montée. Ce que j’attends, c’est que tout le monde donne le meilleur de soi-même. J’ai hâte de montrer ce que je sais faire à mon nouveau club, j’ai envie de les aider le mieux possible. »