Tag: Benoît Payan

  • Sécurité locale : ce que promettent les candidats aux municipales

    Sécurité locale : ce que promettent les candidats aux municipales

    Marseille

    Benoît Payan, maire sortant (DVG), projette de doubler le nombre de policiers municipaux et dit vouloir installer un commissariat de police dans chaque arrondissement. Pour le reste, il assure, dans un entretien donné à Made in Marseille, « qu’il n’y a que [ses] adversaires qui pensent qu’un maire est responsable du ministère de l’Intérieur ».

    De son côté, Martine Vassal (DVD), espère aussi doubler les effectifs. À ceci s’ajoute la volonté de créer une « Brigade anti-criminalité (BAC) municipale », dont l’appellation reste à déterminer, qui bénéficierait d’une « capacité d’intervention rapide » et la mise en place d’un hôtel de police mixte.

    Le programme de Sébastien Delogu, candidat (LFI), mise lui sur le refus d’une politique « centrée sur la répression ». Parmi les objectifs affichés : le désarmement des agents (armés depuis 2015) et la création d’une police municipale « exemplaire dans la lutte contre les discriminations » avec l’apparition de « modules et de stages sur la gestion non-violente de conflit, la lutte contre le sexisme, le racisme, le validisme et les violences intrafamiliales ».

    Pour répondre à son ambition de « remettre Marseille en ordre », le candidat RN Franck Allisio envisage lui aussi d’agir sur la police municipale, en commençant par « tripler ses effectifs ». Dans son programme mis en ligne sur son site web, le candidat d’extrême droite assure également vouloir mettre en place des brigades « anti-stup », « anti-squat » et « anti-tags », chacune bénéficiant d’une « expertise et d’un effectif propre ». Il dit aussi souhaiter multiplier les patrouilles de police mixte, municipale et nationale, qui devront suivre pour « consigne le harcèlement des dealers comme des consommateurs et la verbalisation de toute infraction, même mineure ».

    Toulon

    La maire sortante, Josée Massi (SE), se projette à l’horizon 2032 avec au total 200 policiers municipaux, soit un effectif augmenté de 50 agents par rapport à aujourd’hui. Elle s’engage à un renforcement du « quadrillage des quartiers », renforcé par « une augmentation du nombre de patrouilles dans les quartiers moins couverts et une implantation des policiers dans les mairies annexes ».

    Michel Bonnus, candidat LR, dit lui aussi vouloir créer un hôtel de police où seraient rassemblés agents municipaux et nationaux. Il entend également mettre en place une brigade de proximité dans dix grands secteurs de la ville, réactiver la brigade cynophile et étendre les horaires de nuit de la police municipale. Côté effectif, il promet de créer de nouveaux postes dans les quartiers, notamment au Pont-du-Las et à Saint-Jean-du-Var.

    Sans surprise, la sécurité est aussi affichée comme l’objectif phare de l’extrême droite toulonnaise, incarnée dans cette campagne par la députée RN Laure Lavalette. Candidate sans étiquette, elle promet le recrutement de nouveaux policiers municipaux, accompagné d’une restructuration de l’institution. Elle vend également l’apparition d’une brigade nocturne.

    Magali Brunel, candidate PS à la tête de la liste Toulon en Commun, plaide pour un renforcement des « ressources humaines et logistiques des personnels et locaux de police », d’après son site de campagne. Elle projette aussi d’améliorer la formation des policiers, pour une meilleure prise en charge des victimes.

    Comme son homologue marseillais, Isaline Cornil, candidate LFI, défend que « les armes à feu ne sont pas nécessaire au quotidien » pour police municipale.

    Avignon

    Dans son volet sécurité, David Fournier (PS), promet une police municipale présente 24 heures sur 24 et aborde l’idée de l’instauration de rondes quotidiennes.

    Olivier Galzi, sans étiquette mais ancré à droite, fait de la sécurité sa première priorité et prévoit de « doubler la présence policière effective sur le terrain ».

    Mathilde Louvain, candidate LFI, a assuré lors d’une réunion publique sur la sécurité vouloir « revoir les missions de la police municipale » ce qui pourrait passer par « une augmentation des effectifs ».

    Anne-Sophie Rigault, en lice pour le RN, table comme ses collègues d’extrême droite sur une augmentation des effectifs, qu’elle entend doubler, et promet d’instaurer une présence policière 24 heures sur 24.

    Manosque

    Sur le site de campagne du maire sortant, Camille Galtier, aucune information n’est pour l’instant publiée sur de potentielles propositions liées à la police municipale.

    De même pour « Le regain manosquin », liste d’union de gauche de Patrick Rousset et pour Sébastien Aubert, de « Manosque ensemble ».

  • Benoît Payan défend son bilan auprès des habitants des 15-16

    Benoît Payan défend son bilan auprès des habitants des 15-16

    Au pied des tours de la Solidarité, à l’extrémité du 15e arrondissement de Marseille, la pluie a contraint les militants à s’abriter. « C’est vous qui nous donnez envie de continuer », les applaudit le maire (DVG) sortant, Benoît Payan, venu soutenir ce samedi matin sa tête de liste pour les 15-16, la maire adjointe Samia Ghali, dans ce quartier au cœur des opérations de renouvellement urbain.

    « On a commencé à faire des choses, mais on a hérité d’une situation difficile », reconnaît-il au milieu de la foule. Refusant que ces quartiers soient une fois de plus oubliés. « Ça n’existe plus, ça n’existera pas », lance-t-il. Avant d’interpeller : « Pour la première fois dans l’histoire de notre ville, c’est ou le RN et les fachos, ou nous. » Les applaudissements ne laissent aucun doute sur le choix des personnes présentes. « Nous avons une histoire particulière, douloureuse, avec le FN dans les quartiers Nord », explique le chef de file des communistes dans le secteur, Ibrahim Mzé, évoquant l’assassinat d’Ibrahim Ali en 1995 par des colleurs d’affiches du parti lepéniste. « Ils ont changé une lettre, mais les idées restent les mêmes. »

    Vaincre l’abstention

    Les insoumis de leur côté avaient obtenu la moitié des suffrages lors des européennes. Mais dans ce scrutin local, les soutiens de Sébastien Delogu se font moins ressentir, assurent les personnes présentes. « Comment quand on se dit de gauche, on peut ne pas avoir un mot à dire sur le RN, sur le Département pour le social, sur la Métropole pour les transports… Pour lui, le problème c’est nous. C’est une méconnaissance de l’histoire qui peut s’avérer dramatique », s’irrite Benoît Payan.

    Mais l’abstention surtout est en ligne de mire. « Pourquoi ils ne vont pas voter ? Mais c’est parce qu’ils ont été déçus, déçus du gouvernement », interpelle une femme venue visiter sa mère. « Pendant six ans, les élus ont été au quotidien auprès des habitants », répond-on dans l’entourage de Samia Ghali. Et de désigner la crèche et le centre social sauvés de la fermeture, les chantiers qui vont commencer pour la mosquée, pour la maison intergénérationnelle. « Bien sûr qu’il reste des choses à faire, finir ce qu’on a entamé, continuer encore », admet la maire adjointe. Le désamiantage a commencé avant la démolition de la barre G de Kallisté, les travaux vont commencer pour l’école. « Il y a des choses positives qui commencent à se voir, il faut amplifier ce mouvement pour que les habitants aient accès à l’éducation, à la santé, aux transports en commun », appuie Ibrahim Mzé, bataillant pour le prolongement du métro à l’hôpital Nord.

  • Olivia Fortin repart dans les 6-8 pour fédérer autour de la mairie de secteur

    Olivia Fortin repart dans les 6-8 pour fédérer autour de la mairie de secteur

    Les touches de jaune des mimosas ont illuminé la rue de Friedland, samedi en fin d’après midi. C’est dans cette première « Rue des enfants » de son secteur que la maire sortante des 6e et 8e arrondissements de Marseille, Olivia Fortin, a officiellement lancé sa campagne en compagnie du maire Benoît Payan.

    Son ambition, pour le prochain mandat : « Toujours plus de lien avec les habitants et entre les habitants, favoriser la rencontre, la coopération via des événements mais aussi en faisant une cartographie des possibilités et de l’existant pour fédérer les initiatives. » L’élue insiste : « Il y a un enjeu hyperimportant à positionner les mairies de secteur dans leur utilité. On a un territoire gigantesque, 16 quartiers dans lesquels vivent 180 000 Marseillaises et Marseillais, et je suis persuadée que c’est à cet échelon qu’on arrive à connaitre la sensibilité des habitants. Et c’est en sensibilité, en proximité, qu’on peut construire les transformations du territoire. » Avec des problématiques de mobilité, d’aménagement du littoral sud ou encore de transition écologique.

    Benoît Payan affirme : « Notre devoir est de protéger, bien sûr avec la question de la sécurité, mais de toutes les sécurités, sociale, environnementale, des services publics… Et surtout de rassembler, comme Olivia Fortin le fait dans sa mairie de secteur, dans un moment où tout pourrait nous diviser. »

  • Le Printemps marseillais célèbre ses nouveaux militants

    Le Printemps marseillais célèbre ses nouveaux militants

    Dans le sous-sol du local de campagne du Printemps marseillais, quelques téléphones sortent timidement pour accueillir Benoît Payan. Ce vendredi soir, le maire et candidat a mis de côté pour quelques moments son agenda pour aller à la rencontre des nouveaux militants qui ont rejoint sa campagne. « C’est la première fois que je vois ça, que des militants entrent spontanément dans un local pour dire je veux aider, je veux faire quelque chose », partage-t-il, face aux quelque 80 personnes rassemblées là. Avant de présenter sa vision du scrutin à venir : « Ce qui se joue ce n’est pas de savoir si Marseille va être une ville de droite ou de gauche, c’est de savoir si elle va basculer au Rassemblement national ou si elle va garder ce qu’elle a toujours été. »

    Devant lui, des militants de tous âges, de tous secteurs. Pour certains, c’est la première fois qu’ils pourront voter, à l’image d’Ulysse Basset, étudiant en première année de Sciences politiques à Marseille. « Je viens de Sausset-les-Pins, témoigne-t-il. Là-bas, le député, c’est le candidat du RN, il n’a rien fait et là j’apprends qu’il se présente à Marseille… » Alors il a poussé la porte, et lui qui n’avait milité dans aucune organisation a franchi le pas. « L’élection risque d’être serrée, c’est pour ça que je veux participer », appuie-t-il. Éducatrice à la Ddass, Anouchka Lahreche a elle poussé la porte à l’occasion de l’inauguration du local. « Le RN à Marseille, ce n’est pas possible, ici on est de toutes les origines, au Vélodrome, on voit de tout… C’est pour ça que je viens », explique la quinquagénaire. Persuadée de la victoire. « On va tout faire, je vais aller partout », sourit-elle.

    Unir la gauche

    Certains ont déjà fait d’autres campagnes, comme Ahmed Mansessour, engagé dans l’association CLCV qui a hésité à rejoindre Nora Preziosi. « Dans les 13-14, on a eu l’extrême droite, on a eu la droite, il n’y a eu aucun changement », souffle-t-il. Sur scène, les cadres socialistes se succèdent. « Cette élection va être très serrée, cela va se jouer à quelques voix, c’est vous qui ferez la différence », assure le directeur de campagne Arnaud Drouot. Après lui, le responsable à la mobilisation Thomas Roller remonte le fil de la campagne, avant la présentation de l’application qui servira à militer. « On n’est pas dans une primaire de la gauche dans laquelle on peut se donner le luxe de ne pas donner le maximum de forces au candidat le mieux placé », insiste-t-il. En face, les militants sont déjà convaincus.

  • Benoît Payan veut prendre en main la propreté

    Benoît Payan veut prendre en main la propreté

    Marseille est « pourrie » et c’est la faute de la Métropole, entendre sa présidente et candidate de la droite et du centre à la Ville, Martine Vassal, a martelé Benoît Payan, maire DVG sortant et candidat du Printemps marseillais. La propreté, « c’est une question sur laquelle nous sommes interpellés tous les jours, il y a une confusion très grande sur les compétences et les Marseillais attendent des résultats » dans une ville « abandonnée sciemment, consciencieusement » pose-t-il. C’est bien pour lui « la Métropole qui a fait le choix de ne pas recruter, de bouleverser les tournées, de ne pas implanter les poubelles et centres de tri » en nombre suffisant. Alors que les Marseillais paient une taxe d’enlèvement des ordures ménagères, « la plus importante de la métropole et de France » assène Benoît Payan.

    Son idée : reprendre la main, tout en laissant les compétences à la Métropole, le nouveau mode de scrutin lui permettant de peser dans l’hémicycle du Pharo s’il venait à remporter les municipales. Une méthode différente de celle tentée en 2022, dans le cadre de la loi dite 3DS qui permettait le transfert de compétences de proximité de la métropole vers les communes. « J’avais poussé une gueulante et proposé de nous mettre autour d’une table pour récupérer la compétence » raconte-t-il, mais « patatras plus rien n’était possible, la Ville se serait retrouvée dans une situation où elle n’aurait eu que les difficultés, sans les moyens nécessaires pour appliquer sa politique », résume Benoît Payan. Quand Martine Vassal lors de ses vœux fin janvier évoquait, elle, un travail de trois mois « pour trouver un terrain d’entente » avorté, le maire de Marseille estimant que c’était « trop compliqué ».

    La donne a changé : « Pour la première fois, si nous gagnons la ville, nous avons la possibilité de prendre en main la propreté » estime le candidat du Printemps marseillais qui se donne trois ans pour « mettre les choses au carré », les maires de secteur reprenant la gouvernance pour le reste du mandat.

    Deux fois plus de poubelles

    Concrètement, sur la collecte, ce temps lui permettrait de faire un point sur les actions du public et du privé qui se sont vus répartir les différents secteurs de la ville et notamment sur les « avenants aux contrats à plusieurs millions d’euros », sans pour autant un retour total en régie. Sur le nettoyage des rues, il veut revoir le nombre de cantonniers, en le multipliant par deux, même s’il en convient, il ne le connaît pas, faute de réponse là encore, de la métropole. Il se fait plus précis sur les poubelles, qu’il veut passer de 7 000 à 15 000.

    Benoît Payan souhaite aussi sensibiliser les Marseillais avec de la pédagogie et également de la répression par le biais d’une police de la propreté qui dépendrait directement de la police municipale. Il s’agit aussi de mieux trier. « Réduire le contenu de la poubelle noire » rappelle Sophie Camard, maire GRS des 1-7 et tête de liste du Printemps dans son secteur, expliquant qu’en centre-ville, ce qui fait déborder les bacs, « c’est le mélange des déchets des particuliers et des professionnels ». Pour Anthony Krehmeier (PS), maire des 2-3 et lui aussi tête de liste de son secteur, « il n’y a pas de fatalité ». Considérant que « ramasser des poubelles n’est pas en soi insurmontable », il entend associer « commerçants, habitants et agents ».

    Au sein de l’équipe de Martine Vassal, la réaction n’a pas tardé. « La panique fait sacrément mentir le trouillard » a lancé son porte-parole, Romain Simmarrano, sur les réseaux sociaux, estimant que le maire allumait « un contrefeu de plus pour tenter de faire oublier l’enquête qui le concerne ».

  • Face aux trafics, Benoît Payan en tribun au tribunal

    Face aux trafics, Benoît Payan en tribun au tribunal

    Dans la salle d’audience du palais Monthyon, la publication du sénateur (LR) des Bouches-du-Rhône Stéphane Le Rudulier est lue, répétée de nombreuses fois. « Il y a un sentiment d’impunité à Marseille, son maire de gauche est du côté des trafiquants et refus de froisser son électorat communautaire. Il rend la ville otage du communautarisme, de la racaille du foot et des trafiquants », écrivait l’ex-maire de Rognac le 4 novembre 2023 sur le réseau social X pour relayer son entretien auprès du Figaro. Des propos qui avaient conduit le maire (DVG) de Marseille à déposer plainte contre lui, tandis que le parlementaire promettait par communiqué d’en faire autant. Sans aller jusqu’au bout.

    Deux ans et demi plus tard, le sénateur ne s’est pas rendu à l’audience. Mais Benoît Payan, lui, est bien là. « Dans les fonctions que j’exerce, il m’arrive chaque jour de lire des choses plus ou moins diffamantes, difficiles. J’ai reçu un certain nombre de menaces de mort. Mais c’est la première fois que je dépose plainte pour injure et diffamation », témoigne-t-il à la barre. Il rappelle le contexte de cette année 2023, marqué par un triste record de « narchomicides », plus de cinquante au total. « J’ai toujours eu une attitude féroce face à ces hommes qui tuent et assassinent », assure l’édile. Avant d’interpeller : « On peut faire de la politique, on peut ergoter, je peux répondre. Là, nous avons dépassé tout ça. Ce n’est pas de la politique, c’est de l’injure. Je n’ai pas le sang des Marseillais sur les mains ! Même au-delà de l’injure, c’est insupportable : vous imaginez ce que c’est, de devoir annoncer à une mère que son fils a été tué par un trafiquant, et deux jours après lire ça ? Cela, je l’ai vécu. J’ai des limites, elles ont été allègrement franchies. » En face, le conseil du sénateur LR avance un contre-feu, face à l’enquête ouverte par le parquet après un signalement de l’ancien préfet de région concernant la Société publique des écoles de Marseille. « Ils m’ont dit hier qu’ils venaient, ça n’a aucun rapport », interrompt la procureure.

    « Écriture vipérine »

    L’avocat du maire, Me Pezet, en profite pour dresser le portrait du sénateur, ciblé dans une enquête préliminaire du parquet d’Aix pour sa gestion à Rognac, dénonce son « écriture vipérine », réclamant 10 000 euros de réparations. Stéphane Le Rudulier voulait dénoncer des « salles de shoot » inexistantes ? « La halte soins addictions doit se faire, elle se fera, j’en suis sûr », rétorque le ténor du barreau, après que le maire a rappelé que « Marseille a besoin d’avoir des “salles de shoot” ». En face, le conseil du sénateur souligne que « quand un tweet renvoie à un article, il doit être lu à la lumière de l’article ». Lequel dénonçait une responsabilité indirecte et ciblait surtout le moratoire sur la vidéosurveillance et l’implantation de haltes soins addictions. Il plaide l’erreur de qualification et la polémique politique, et donc la relaxe. La procureure de son côté s’en rapporte « à la sagesse du tribunal ». Délibéré le 7 avril.

  • La droite veut des explications sur la Société des écoles

    La droite veut des explications sur la Société des écoles

    Alors que la campagne de Martine Vassal (DVD) patine, Romain Simmarano, son porte-parole (Ren.) est venu, mardi, devant la presse dénoncer des « manœuvres et pratiques présumées illégales » à la Société publique des écoles de Marseille (Spem). L’enquête publiée la veille par Blast « change le visage de la campagne », estime celui-ci. Elle signale l’ouverture d’une enquête préliminaire, confirmée à La Marseillaise par le parquet sans en préciser le chef, suite à un signalement de Georges-François Leclerc, l’ex-préfet de région parti à l’Élysée, après l’achat sans mise en concurrence de bâtiments modulaires pour l’école Saint-André – la Castellane.

    Derrière la table où est soigneusement posé Le système Guérini, ouvrage signé Renaud Muselier (Ren.), Romain Simmarano demande au maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan qui préside la Spem, de « prendre ses responsabilités » : « Il a déclaré qu’il exclurait tout colistier condamné, mis en examen ou faisant l’objet d’une enquête préliminaire. S’appliquera-t-il la règle ? »

    Une question « démocratique essentielle » à ses yeux, même si Benoît Payan n’est pas directement ciblé, contrairement à sa candidate visée par une enquête pour « détournements de fonds publics », « trafic d’influence » et « corruption » au Département dont elle a la présidence. À ses côtés, Catherine Pila (LR) fustige « l’incompétence » et « l’amateurisme » de la majorité, quand Gérard Blanc, candidat (Ren.) sur les 15-16, déplore que des alertes internes sur un risque de favoritisme aient pu être ignorées. S’il assure ne demander « le retrait de personne », Romain Simmarano exige des explications rapides.

    Un coup de pression sur la justice à peine voilé : « Nous avons confiance en la justice, et nous souhaitons que ce soit par le biais de la justice, des médias ou quels que soient les moyens, avoir un maximum d’informations avant le premier tour. »

  • L’ancien préfet de région dans le viseur du maire de Marseille

    L’ancien préfet de région dans le viseur du maire de Marseille

    Des oreilles devaient siffler à l’Élysée ce mardi après-midi. Désormais directeur de cabinet du président de la République, l’ancien préfet de région Georges-François Leclerc a en effet été ciblé dans sa plaidoirie par Me Michel Pezet, défendant le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan que le sénateur (LR) Stéphane Le Rudulier accusait d’être « du côté des trafiquants ». « Les narcotrafiquants à Marseille, tout le monde le sait, c’est une hydre dont il faut se débarrasser. Nous avons eu un préfet de police qui a toujours fait son travail. Mais un jour, un préfet est venu, qui a dit : je supprime le préfet de police », attaquait l’avocat.

    Cette ligne est toujours suivie par le maire sortant de Marseille à l’issue de l’audience. « Il a eu le caprice de dire qu’il ne vient que s’il récupère la préfecture de police », déplore Benoît Payan. Et d’appuyer : « Sa seule obsession, ça a été de faire des OQTF [obligations de quitter le territoire français, Ndlr]. » Avec plus de 7 500 lancées au total, un travail chronophage pour les fonctionnaires de police quand le centre de rétention administrative n’a que 134 places. « Pour quel résultat ? Ce n’est pas le travail de la police et de la BAC ! », s’indigne l’édile marseillais. Le directeur de cabinet de l’Élysée devrait aussi être rattrapé par la demande de commission d’enquête parlementaire pour sa gestion des incendies de l’Estaque en juillet dernier, tandis que le maire lui a demandé des comptes sur son signalement concernant la Société publique des écoles de Marseille, qui n’a été transmis à aucun membre du conseil d’administration.

  • À Marseille, la Société des écoles visée par une enquête

    À Marseille, la Société des écoles visée par une enquête

    Chantier symbole du plan écoles, la rénovation du groupe scolaire Saint-André – la Castellane (16e) se transforme en un caillou gênant dans la botte du Printemps marseillais. Ce chantier est en effet au cœur d’un signalement de l’ancien préfet de région Georges-François Leclerc, désormais directeur de cabinet à l’Élysée, auprès du parquet daté du 15 septembre dernier mais révélé ce lundi par le site d’information Blast.

    Au cœur de cet « article 40 », une « acquisition sans mise en concurrence comme l’exigent les règles des marchés publics », pointe le courrier de « dénonciation de faits susceptibles d’être constitutifs d’infractions à loi pénale et notamment de délit de favoritisme ». En ligne de mire, l’achat en catastrophe le 8 juillet 2025 des bâtiments modulaires de l’école Vayssière tout juste rénovée pour accueillir les enfants de Saint-André – la Castellane, face aux défaillances de l’entreprise en charge du chantier Impresa Percassi, dont le marché avait finalement été résilié le 19 décembre 2024 (notre édition du 03/04/2025), le tribunal administratif rejetant ses demandes d’indemnisations. Or, le directeur du service juridique de la Société des écoles avait averti son secrétaire général, avec l’ensemble de la direction en copie : « Tu fais fi du délit de favoritisme. » Une alerte ignorée, et un achat de 1,4 million d’euros validé dans l’été.

    « Permettre aux enfants d’avoir un réfectoire »

    « Cette décision unanime a permis aux enfants de l’école d’avoir accès à un réfectoire et des repas chauds dès la rentrée de septembre 2025 », se défend la municipalité. Tandis que le signalement pointe aussi le nombre élevé d’attributaires différents pour les rénovations, la Ville rappelle que la responsabilité est partagée avec l’État. « Le maire de Marseille s’étonne que son co-actionnaire, le préfet de l’époque, n’ait pas informé l’ensemble du conseil d’administration et des actionnaires du signalement », cingle-t-elle dans un communiqué. Indiquant saisir aussi le parquet. Interrogé, celui-ci n’a pas donné suite.

    Mais en pleine campagne, c’est du pain béni pour ses opposants. « Benoît Payan doit s’expliquer », exige Sébastien Delogu (LFI). « Le candidat Payan avait annoncé exclure de sa liste tous les colistiers faisant l’objet d’une enquête, va-t-il donc se retirer ? » interroge le porte-parole de Martine Vassal, Romain Simmarano.

  • Le Printemps marseillais dévoile ses huit têtes de liste de secteur

    Le Printemps marseillais dévoile ses huit têtes de liste de secteur

    C’est à travers une vidéo sur les réseaux sociaux, ce lundi matin, que le Printemps marseillais a dévoilé ses têtes de listes dans les huit secteurs de Marseille. Une parité parfaite et quelques surprises, alors que pour la première fois depuis les Marseillais devront voter deux fois, pour le conseil municipal et pour les mairies d’arrondissements, chamboulant les habitudes de campagne.

    Les maires sortants sont logiquement reconduits, que ce soit dans les 1er et 7e arrondissements, avec Sophie Camard (GRS), dans les 2e et 3e, avec Anthony Krehmeier (PS), dans les 4e et 5e arrondissements avec Didier Jau (EELV) ou les 6e et 8e avec Olivia Fortin (MadMars). Seule exception, les 15-16, ou Samia Ghali prend la tête d’affiche comme en 2020, comme le révélait La Marseillaise le 13 janvier dernier.

    Petite surprise dans les 9-10, secteur traditionnellement acquis à la droite mais où celle-ci avait été absente du second tour des législatives anticipées : c’est le président (Génération.s) du groupe Printemps marseillais, l’adjoint à l’éducation Pierre Huguet, qui est désigné tête de liste. Dans les 11-12, le premier secrétaire du PS 13 Yannick Ohanessian mènera la liste, comme en 2020, préféré à la responsable de Place publique Pascaline Lécorché. Enfin, dans les 13-14, le Printemps marseillais joue pleinement le renouvellement en désignant Tina Biard-Sansonetti (DVG), aujourd’hui membre du cabinet du maire.

    « Le service public au cœur »

    «Notre ville est face à un tournant politique majeur, nous ne pouvons nous résigner à la livrer à ceux qui ne veulent que la division et la fracture, appuie le maire sortant Benoît Payan dans un communiqué de presse. Les candidats du Printemps Marseillais se dresseront partout, dans tous les secteurs, dans tous les quartiers, pour faire de Marseille une ville unie, pour se tenir aux côtés des habitants, pour les protéger, pour Marseille. »

    Il promet également que « les huit candidats portent le service public au cœur, comme notre conviction que tous les Marseillais méritent toute notre attention, tous nos efforts ». Et d’esquisser des programmes détaillés dans chaque secteur avec des propositions concrètes et de proximité. Quant au maire sortant lui-même, il avait annoncé dès sa déclaration de candidature qu’il ne serait présent sur aucune liste de secteur.