Tag: Basket-ball

  • [Entretien] Jean-Pierre Hunckler : « Marseille a besoin d’une équipe de basket au plus haut niveau »

    [Entretien] Jean-Pierre Hunckler : « Marseille a besoin d’une équipe de basket au plus haut niveau »

    Les excellents résultats en jeunes et seniors des EDF, en coupe d’Europe, Coupe du monde et aux derniers JO, confirme la courbe ascendante du basket sur le plan national.

    Samedi dernier, Jean-Pierre Hunckler président de la FFBB, dans le cadre de son tour de France des Comités, est venu présenter les stratégies de la Fédération pour faire avancer les clubs et les aider. Très tôt dans la matinée, Jean-Pierre Hunckler a présenté aux élus du Comité la politique que la Fédération entend mener sur l’ensemble du territoire national.

    Mme Amapola Ventron, maire de Cabriès accompagnée de l’adjoint aux Sports, qui a mis à la disposition du Comité, la Maison des Arts, a souhaité la bienvenue et d’excellents débats à l’ensemble des participants.

    Jean-Pierre Hunckler, est rentré rapidement dans le vif du sujet, signalant que la fédération forte de 750 000 licenciés, regrette que cette année encore les clubs aient été dans l’obligation de refuser de nombreux jeunes, par manque de salles. mais aussi de formateurs. À l’issue de la réunion M. Hunckler a répondu à nos questions.

    La Marseillaise : Quelle est la raison de votre venue sur le territoire du Comité des Bouches-du-Rhône ?

    Jean-Pierre Hunckler : Nous avons décidé d’aller à la rencontre de tous les intervenants des Comités, pour avoir le retour du terrain sur le travail participatif. Nous voulons promouvoir et renforcer les valeurs du basket dans les clubs. Développer la diversité avec le handi-basket. et accompagner les dirigeants bénévoles. D’après les sondages, on voit un intérêt croisant pour notre sport. Nous devons nous adapter avec plus de 750 000 licenciés. Cette année encore de nombreux jeunes n’ont pu être accueillis, par manque de salles et d’éducateurs, c’est fort regrettable. Nous nous attachons à les aider à trouver des solutions.

    Comment utiliser les championnats du monde pour aider le basket au quotidien ?

    J.-P.H. : L’héritage de ces championnats c’est une panoplie active sur tout le territoire. Nous avons l’ambition d’un basket visible, innovant, performant, solidaire, et mettre ces valeurs au service du plus grand nombre.

    Est-ce que le 3×3 peut être un tremplin pour le basket classique 5×5 ?

    J.-P.H. : Tout à fait, les formateurs viennent du 5×5 leurs méthodes profitent aux deux systèmes. Nous retrouvons d’ailleurs des joueurs et joueuses au plus haut niveau sur le plan national. par exemple les internationales Caroline Hériaud et Migna Touré et beaucoup d’autres encore.

    Quelle place voyez-vous pour le basket à Marseille ? La ville pourra-t-elle retrouver les heures de gloire des années 50 ?

    J.-P.H. : Oui, je le pense, le président de Marseille Basket et son équipe bossent sur le projet. Nous y travaillons aussi. En effet, Marseille a besoin d’une équipe de haut niveau c’est le souhait d’un grand nombre. Mais il faut bien reconnaître qu’à part Lyon, Paris, Strasbourg, actuellement ce sont plutôt dans les villes moyennes, Le Mans, Bourg, Cholet, entre autres qu’évoluent les formations de Betclic Elite. Il est important que des partenaires acceptent de s’investir dans le projet. Il est aussi souhaitable qu’une Arena voit le jour, une nécessité dans la 2e ville de France. Une équipe dans l’Elite éviterait le départ des joueurs de talents vers d’autres clubs.

    Les Universités des USA profitent de l’excellente formation française, est-ce une forte concurrence ?

    J.-P.H. : Oui, elle existe, il faut s’adapter, trouver une solution. Il faut en discuter avec nos jeunes joueurs. Et puis, il y a l’effet « Wemby » c’est une locomotive, un personnage, un garçon super sympathique, et qui à chaque sortie améliore ses performances de top niveau.

  • Wembanyama touché à la tête et incertain

    Wembanyama touché à la tête et incertain

    Victor Wembanyama est définitivement sorti pour respecter le « protocole commotion » suite à une lourde chute lors du deuxième quart-temps du deuxième match de play-offs des Spurs face aux Trail Blazers mardi à San Antonio.

    Le Français de 22 ans a chuté vers l’avant avec un gros choc de la tête face au parquet, restant allongé quelques secondes avant de se relever et de se diriger au pas de course vers le vestiaire, sans assistance. Il s’est blessé lors d’une action offensive à 8 min 57 de la pause.

    Les Spurs ont annoncé juste avant la pause qu’il ne reviendrait pas au jeu mardi soir en raison du « protocole commotion », avec 5 points et 4 rebonds au compteur.

    En attente d’un diagnostic plus précis

    D’après le règlement de la NBA, un joueur ne doit pas revenir sur le parquet s’il est « suspecté d’avoir subi une commotion » ou s’il « présente les symptômes d’une commotion ».

    Si une commotion est avérée, Wembanyama devra observer au moins 48 heures de repos. Il pourrait être disponible pour le troisième match de la série, à Portland, vendredi, en cas d’examen rassurant.

    Les joueurs du coach Mitch Johnson se sont donc inclinés sur leur parquet pour cette deuxième rencontre du 1er tour des play-offs dans la conférence ouest. Sans sa star, fraîchement élue défenseur de l’année, les Spurs ont fini par s’incliner 106-103.

    San Antonio avait remporté le premier match de la série, dimanche, avec une excellente performance du Français, auteur de 35 points pour ses débuts en play-offs.

  • La grande fête marseillaise gâchée par une petite défaite

    La grande fête marseillaise gâchée par une petite défaite

    Le projet Marseille Basketball, présenté le mois dernier afin de pouvoir permettre à la cité phocéenne de retrouver le plus haut niveau français d’ici 2031, commence par une défaite sur le plan sportif. Les pensionnaires de la section basket du Stade Marseillais Université Club, cinquièmes de Nationale 2, ont été défaits samedi soir (77-91), pour leur grande première historique au Palais des Sports de Marseille, face à l’USO Rognonas, onzième du championnat. « On a malheureusement manqué de dureté », reconnaît Patrick Galin, pour sa grande première sur le banc marseillais. Il a succédé au trio Kanté-Nicolas-Michée en début de semaine pour les trois derniers matches de la saison. « Au début, on a tenu un peu les duels. Malheureusement, sur le troisième quart-temps, on a beaucoup insisté sur les tirs extérieurs, peut-être trop. On n’a pas trouvé de solution à l’intérieur, alors que je leur avais demandé de jouer poste haut. Mais ça ne s’est pas produit », déplore le technicien marseillais, figure de la formation au Smuc Basket. Les 18 points inscrits par l’ailier Geoffrey Cavanna et l’intérieur Jonathan Radjouki, deux visages emblématiques de la formation smuciste, n’ont pas empêché cette sixième défaite de suite, malgré le soutien des 3 000 spectateurs qui ont assisté à ce premier rendez-vous du projet Marseille Basketball. « La fin du match et le fait qu’on n’ait pas gagné, ça met un petit peu de froideur à cette grande fête, mais l’organisation a été top et le public a répondu présent. Ça fait des années que je suis au club et je n’avais jamais vu ça », lance le capitaine Hakim Sayah, habitué à évoluer devant quelques centaines de personnes seulement au Technosport de Luminy. « C’est une ambiance incomparable. C’est un régal. C’est vraiment des conditions de haut niveau. Quand on voit ça, on se dit qu’il faut une équipe à Marseille. Il y a tout pour en tout cas », estime l’ailier fort marseillais, qui aimerait que l’opération soit rééditée la saison prochaine.

    Vallier et Chanot étudiés

    « On ne s’attendait pas à une telle réussite. Ça montre bien que la Marseille mérite du basket et on l’a prouvé en remplissant la salle en quinze jours », lâche Charles-Antoine Assailly, président du directoire Marseille Basketball. Sans compter les nombreux invités, seize clubs de basket du territoire métropolitain ont été invités à assister à la rencontre depuis les tribunes. Cette démarche s’inscrit dans la volonté de toucher un maximum de jeunes marseillais au travers du projet marseillais qui fait beaucoup de bruit à l’échelle nationale. « On a reçu beaucoup de messages de joueurs, d’entraîneurs et de dirigeants qui veulent nous rejoindre », glisse l’ancien directeur Paca de l’Union financière de France. Ce dernier envisage d’organiser au moins trois matches la saison prochaine au Palais des Sports de Marseille. « Je veux surtout que l’on soit sûr de jouer dans un environnement correct. On voit bien qu’il y a du monde dans les tribunes quand on joue au centre-ville. Il faut trouver une solution », souligne Assailly, en ayant en tête deux options : le Parc Chanot et la salle Vallier. Si le premier s’avère complexe sur le papier, avec la gestion du groupe Marseille Events, le deuxième site envisagé serait « parfait » selon le président.

  • Un premier pas vers le grand projet du basket marseillais

    Un premier pas vers le grand projet du basket marseillais

    Pour une fois, les Marseillais n’ont pas besoin de se déplacer jusqu’au Technosport de Luminy pour voir évoluer l’équipe fanion de la section basket du Stade marseillais université club (Smuc). Cette dernière dispute, ce samedi, le premier match de son histoire au Palais des Sports de Marseille, à l’occasion de la 24e journée de Nationale 2 face à l’USO Rognonas. Une délocalisation inédite qui s’inscrit comme la première pierre du grand projet, officiellement présenté le mois dernier, destiné à doter la cité phocéenne d’un grand club.

    « C’est un premier pas, un test et un risque doit montrer le chemin que doit prendre notre projet », souligne Alexandre Fassi, vice-président de la société Marseille Basketball. Cette nouvelle marque va toutefois se baser sur le vécu du Smuc Basket comme point de départ du projet. « La section a toujours fourni un travail de qualité, voire d’excellence, dans la formation des jeunes. Aujourd’hui, on veut se servir de toutes les bonnes forces marseillaises du basket pour permettre aux jeunes attachés à notre ville d’y rester », lance l’entrepreneur local, conscient que les prodiges du territoire, à l’instar de Bastien Grasshoff (voir ci-dessous), s’envolent rapidement vers de nouveaux horizons dans l’espoir de devenir professionnel.

    Bascule entre le monde amateur et professionnel

    En bénéficiant des droits du Smuc, Marseille Basketball débutera son aventure en Nationale 2 la saison prochaine. Avec l’ambition d’arriver dès l’année suivante en Nationale 1. « C’est cette bascule-là qu’il faut savoir bien gérer, et c’est une étape fondamentale. Elle n’est pas simple, on le voit à tous les niveaux, parce qu’il faut aligner les compteurs à tous les niveaux. Au niveau sportif, organisationnel, marketing, économique et de l’image qu’on va renvoyer », détaille Alexandre Fassi, persuadé qu’une ville comme Marseille, et par extension sa métropole, possède trop d’atouts pour ne pas se lancer.

    Si l’objectif, d’un point de vue sportif, est d’atteindre la Betclic Elite d’ici 2031, le projet Marseille Basketball cherche avant tout à réunir le territoire métropolitain autour de la pratique de balle orange. Surtout chez les plus jeunes. « On veut aller à la rencontre des jeunes du 8e arrondissement comme des jeunes des quartiers Nord. Des gamins qui sont à la fac comme ceux qui sont à l’école de la seconde chance », indique le dirigeant phocéen. Ce dernier insiste sur le fait que le projet appartient à tous les Marseillais.

    Cela s’illustre notamment par la campagne de « Socios Capital », où les supporters auront la possibilité de devenir actionnaire du club. Une grande première dans le sport professionnel français dont le lancement opérationnel aura lieu ce samedi au Palais des Sports.

  • Barnes rejoint Giuitta au paradis de la balle orange

    Barnes rejoint Giuitta au paradis de la balle orange

    Il était l’un des grandes figures du sport fosséen. Jean-Pierre Barnes, président de Fos Provence Basket pendant 27 ans, est décédé lundi à l’âge de 83 ans, quelques jours après avoir encore assisté à la victoire de son club vendredi à domicile contre Tarbes-Lourdes (74-73). Aux côtés d’Henri Giuitta, parti un an plus tôt, il a été l’un des artisans essentiels du développement et du rayonnement des BYers, accompagnant leur évolution jusqu’au plus haut niveau professionnel, notamment avec l’accession en Pro A.

    Hommage rendu vendredi

    « C’était un gars extraordinaire, qui avait beaucoup d’abnégation », souligne Jean-Pierre Bruyère, président de la Ligue Sud de Basketball et fils du créateur de Fos Provence Basket, Paul Bruyère. « C’était un bâtisseur, il a conduit ce club aux plus hautes destinées. On pouvait même penser à certains moments qu’il était visionnaire. Il pensait plus vite que les autres, ça c’est sûr. Il aura marqué de son empreinte ce club, où il a formé un binôme efficace avec Rémi Giuitta en faisant venir des joueurs qui ont réussi des exploits avec un budget très restreint par rapport aux autres équipes », poursuit-il. L’actuel président fosséen, Rémi Giuitta, a évoqué sa relation avec le dirigeant historique. « Tant de moments partagés, d’émotions et de complicité, tu étais devenu comme un père ! Celui sans qui je ne serai peut-être jamais devenu coach professionnel, celui qui m’a accordé sa confiance aveugle et son soutien pendant 25 ans ! Celui grâce à qui j’ai pu réaliser mes rêves les plus fous, celui qui était toujours là à mes côtés avec bienveillance et amitié », a-t-il publié sur les réseaux sociaux. Un hommage lui sera rendu vendredi soir à l’occasion du match face à Toulouse à la Halle Henri-Giuitta.

  • Un nouveau projet pour relancer le basket professionnel à Marseille

    Un nouveau projet pour relancer le basket professionnel à Marseille

    « Nous ne lançons pas une équipe, pas un club, mais un projet », insiste Julien Lebas, l’un des visages de Marseille Basketball, la nouvelle structure qui veut rendre ses lettres de noblesse à la pratique de la balle orange dans la cité phocéenne, où aucun club n’évolue au niveau professionnel. « Je pense que Marseille est une grande ville de sport. Maintenant, il n’y a pas de basket. La place, elle est libre. Je pense que c’était le moment de se lancer sur ce projet », souligne Charles Assailly, président de Marseille Basketball.

    En Betclic Elite d’ici 2030

    Ce jeune retraité du monde financier a roulé sa bosse dans l’Est de la France, où il a accompagné de nombreux clubs de basket professionnels, comme Dijon, Besançon, Chalon-sur-Saône, Bourg-en-Bresse. « Ces quatre clubs sont toutes dans des villes moyennes. Le basket y a fait son trou petit à petit. Pourquoi ça ne pourrait pas marcher à Marseille ? La deuxième ville de France avec 1,6 million d’habitants, 20 clubs de basket qui réunissent 13 000 licenciés, avec ses quartiers, sa culture urbaine grâce à tous les playgrounds qui se sont créés ces derniers temps, et surtout sa jeunesse, où 35% de sa population a moins de 30 ans. Marseille a tout le potentiel pour avoir une grande équipe de basket », lance le dirigeant marseillais, qui travaille depuis deux ans sur ce projet. Et pour ne pas repartir à zéro, la société par actions simplifiées (SAS) Marseille Basketball, composée aujourd’hui de huit personnes et bientôt de dix membres supplémentaires, a convaincu le Stade Marseillais Université Club de céder leurs droits sportifs dès la saison prochaine.

    La structure récupère ainsi l’équipe fanion, implantée en Nationale 2 depuis dix ans. « Grâce à l’arrivée de nouveaux partenaires, on va là aussi grandir et, j’espère, vite passer en Nationale 1 et, pourquoi pas, se lancer sur l’élite 2 et l’élite 1, donc l’élite du basket français, d’ici cinq ans », lance Charles Assailly, en détaillant le modèle économique envisagé, passant d’un budget de 300 000 euros en Nationale 2 à près de 10 millions d’euros en cas d’accession en Betclic Élite, envisagée en 2030-2031.

    Du Palais des Sports au projet d’une Arena

    Mais pour ouvrir les portes du basket professionnel à Marseille, la nouvelle marque doit se doter d’une infrastructure à la hauteur. Loin du Technosport de Luminy qui est trop excentré du centre-ville. Seul le Palais des Sports est pour le moment en mesure d’accueillir plusieurs milliers de spectateurs. « Si le toit existe, on va pouvoir multiplier les ressources », se projette Alexandre Fassi, entrepreneur local et vice-président.

    Mais pour Frédérique Prud’Homme, présidente du Comité 13 et vice-présidente de la Fédération française de basketball, Marseille Basketball doit voir encore plus grand. « 5 000 places, ce n’est absolument pas suffisant par les temps qui courent. Si vous voulez construire quelque chose en vue d’accueillir du très haut niveau local et international, il faudrait entre 6 000 et 10 000 places », estime-t-elle en suggérant la construction d’une nouvelle salle. « C’est trop petit 5 000 pour du basket. On aura rien même avec 10 000. Il faut une salle de 15 000 places », surenchérit Jean-Pierre Bruyère, président de la Ligue Sud de basketball.

    Avant de songer à cette future Arena, qui pourrait voir le jour au Parc Chanot, le Smuc Basket va profiter du parquet du Palais des Sports, le 18 avril face à l’USO Rognonas, lors de la 24e journée de Nationale 2.

    À cette occasion, Marseille Basketball deviendra le premier club de sport professionnel français à déployer une solution d’equity crowdfunding ouverte à ses supporters. Ce qui permettra à chaque supporter de devenir actionnaire du club et de participer à son développement.

  • [Basket] Valéry Demory, au bord des adieux

    [Basket] Valéry Demory, au bord des adieux

    Montpellier, un havre pour travailler en paix ? Dans un monde du sport, qui peut renverser un entraîneur du jour au lendemain, la capitale du Languedoc fait-elle exception ? Depuis plus d’un demi-siècle, la famille Nicollin dirige le club de football, non sans coup de sang. Pendant trente ans, le manager Patrice Canayer a transformé le Montpellier Handball en double champion d’Europe.

    En quinze saisons, un autre homme fort s’est fait une place à part dans l’environnement sportif de la Métropole : Valéry Demory.

    Demory, né à Denain (Nord) sur les bords de l’Escaut, n’a pas pris avec le temps l’accent du Sud. L’ancien meneur de jeu des plus grands clubs français et de l’équipe de France (85 sélections) a façonné d’une main ferme le BLMA (Basket Lattes Montpellier Agglomération) en deux temps. Tout d’abord pendant une décennie (2007-17) pour l’installer au sommet du basket féminin français, puis pendant cinq ans (2021-26) pour l’y maintenir.

    « Il a l’âme d’un constructeur. Quand il est arrivé à Montpellier, on était quand même dernier du championnat et on a fini par être champion de France. Pour lui, c’était intéressant de rester. Pour le club, de le garder. Tout le monde était gagnant dans l’histoire. Le fonctionnement était plus rustique, mais c’était quand même des superbes années », témoigne l’ancien capitaine de Lattes Gaëlle Skrela.

    Samedi 7 mars (19h), pour le dernier match à domicile de la phase régulière de la Ligue féminine face à Landerneau, Valéry Demory (62 ans) sera au cœur de la fête. Celle du club de Lattes et ceux qui aiment le basket. Au terme de la saison, au verdict imminent, l’entraîneur emblématique va s’éloigner des salles. Et prendre la retraite au bout de deux vies à vivre du et pour le basket. Durant quarante-quatre ans, il a été d’abord un meneur de jeu, puis un entraîneur d’équipes féminines.

    Valéry Demory a basculé de l’une à l’autre sans temps mort. À 37 ans, l’ancien meneur s’est glissé dans le costume d’entraîneur sans vraiment changer de peau. Il s’est fait la main dans le Béarn, sa terre d’exil. Dans la petite ville de Mourenx (2000-07), plantée à égale distance entre Orthez et Pau.

    Puis, cet homme discret a posé ses valises entre Montpellier et la mer Méditerranée. Comme la greffe du basket masculin ne prenait sur les hauteurs de la Paillade, l’ancien président de l’Agglomération Georges Frêche, décédé en 2010, a misé sur l’équipe féminine de Lattes. Une équipe placée sous la tutelle du maire Cyril Meunier.

    Le technicien a mis les Gazelles au pas de course. Quand Lattes a posé au début du siècle ses fondations dans l’élite, le manager l’a installé dans le paysage sportif de Montpellier, en pleine ébullition, et celui du basket féminin. Comment ? En gagnant et le dotant d’un palmarès. Au cours d’une décennie (2007-17), Lattes a lutté avec Bourges, plus grand club français, et a ébranlé par intermittence sa mainmise.

    « Il connaît le basket

    sur le bout des doigts »

    « Quasiment tous les titres gagnés l’ont été quand il était là. Par son passé de joueur, il connaît le basket sur le bout des doigts. On a gagné des matchs par son sens de la stratégie. Parfois, je me disais pourquoi on fait ça et on gagnait », décrypte Gaëlle Skrela. Qui n’a pas oublié son management à part. « Valéry est quelqu’un de simple. Il nous laissait de la liberté dans la vie de tous les jours. Il avait des exigences et des objectifs, mais toujours en nous laissant une certaine forme de liberté dans le jeu et en dehors du terrain. Cela n’avait pas de prix pour moi. Il faisait vraiment confiance aux gens et pour tout. »

    Lattes s’est taillé alors une reconnaissance. Avec deux titres en 2014 et 2016. et cinq Coupe de France (2011, 13, 15, 16 et 21). Au côté de René Comes, président rigoureux, Demory a façonné des effectifs ambitieux et compétitifs.

    Visage impavide, parfois distant, la voix intérieure de Valéry Demory infuse avec le temps. Celle de ceux qui laissent une trace presque invisible dans l’instant, mais suscite presque un manque. « Joueuse, je devais l’énerver et il m’énervait. C’est normal quand vous êtes tous les jours avec les gens. Aujourd’hui, ce n’est plus mon coach, mais il fait partie des gens importants de ma vie. Si je n’ai pas changé de club, ni d’entraîneur, c’est qu’il y avait bien quelque chose qui faisait aussi que j’avais envie de rester avec lui et Guy Prat (ancien adjoint). Ils aiment gagner, ils aiment travailler. Aujourd’hui, ils me manquent », confie Gaëlle Skrela.

    En 2017, au bout d’une décennie très réussie jusqu’à créer un vent de jalousie, Valéry Demory, auréolé de son savoir-faire a pris la route de Lyon et Villeurbanne, où Tony Parker ébauchait son projet de grand club.

    Les deux hommes ont vécu pas mal de frictions jusqu’à la séparation. Parallèlement, Lattes a goûté aux prémices de l’après-Demory. Il est passé d’une stabilité sportive et financière à une période plus fragile. Il a ouvert comme une évidence la porte à son retour. Cette fois, son départ sera sans retour.

  • Le Smuc vise la montée et une épopée en Coupe de France

    Le Smuc vise la montée et une épopée en Coupe de France

    C’est l’année où jamais pour le Stade Marseillais Université Club (Smuc) Basket. Installée depuis de nombreuses saisons en Nationale 2, la formation phocéenne n’a jamais été aussi proche de passer un cap décisif. Deuxième ex æquo avec Le Cannet dans la poule A, les pensionnaires du Technosport de Luminy (et parfois de la salle Bergasse) ne comptent qu’un petit point de retard sur La Pontoise, leader de la division, à huit journées de la fin du championnat.

    « Pour nous, l’objectif est d’abord de prendre les matches les uns après les autres », souligne l’ailier Geoffrey Cavanna, l’un des grands artisans du succès marseillais avec une moyenne de 16,17 points par match. D’ailleurs, les deux concurrents à la montée tant convoitée s’affronteront le 4 avril dans l’antre smuciste, où les Phocéens n’ont connu qu’une seule défaite pour le moment, le 19 décembre contre Saint-Vallier (61-71).

    Bercy leur tend les bras

    « Il y a une confiance collective et de bonnes individualités qui nous permettent d’exister, tant offensivement que défensivement. Et une envie de se rattraper de la saison dernière, concrètement, qui avait été une saison très compliquée, avec un maintien sur la dernière journée », se remémore Hakim Sayah, l’emblématique capitaine du Smuc Basket, qui a fait son grand retour, cette saison, après avoir été éloigné des parquets pendant un an.

    Sous la houlette de trois entraîneurs, Laurent Nicolas (coach principal), Mo Kanté (coach spécialisé dans la défense) et Charles Michée (coach spécialisé dans l’attaque), l’équipe universitaire a changé d’identité par rapport aux années précédentes, où certaines individualités prenaient le pas sur le collectif. « Aujourd’hui, on mise beaucoup sur l’aspect défensif », signale le capitaine Sayah, persuadé que ce style de jeu leur permet également « d’attaquer plus facilement ». Le recrutement, en début de saison, de l’ex-ailier salonais Louis Galbrun et de l’intérieur anglais Boban Jacdonmi allait en ce sens. « La mayonnaise a bien prise dès le début », se réjouit Geoffrey Cavanna, qui a passé la barre des 2 000 points en Nationale 2. « Les jeunes prennent de plus en plus de place, mais on a un noyau d’anciens qui est quand même assez solide et assez sain », ajoute-t-il, conscient que ce bon mélange fait leur force. Aussi bien en championnat qu’en Coupe de France, où le Smuc s’est qualifié pour les quarts de finale. Ils ne sont plus qu’à deux matches d’une finale historique à Bercy.

  • L’Open 3 favorise l’inclusion sociale à travers le sport

    L’Open 3 favorise l’inclusion sociale à travers le sport

    En un an d’existence seulement, l’Open 3, association omnisports créée en février 2025 « par une bande d’amis tous issus du 3e arrondissement de Marseille », a vu son travail quotidien être récompensé. La section basketball, qui compte déjà près d’une centaine de licenciés, a officiellement intégré les championnats proposés par le Comité 13 au mois de janvier.

    Une belle récompense pour ce club qui prône avant tout une mission « sociale et éducative ». « La demande des habitants est forte, mais l’offre d’activités physiques reste encore limitée, ce qui oblige parfois certains à se déplacer loin pour pouvoir pratiquer un sport », martèle Youssouf Samirdine, président de l’Open 3.

    « Et du coup, ça faisait qu’il y avait beaucoup de basketteuses qui ne pouvaient pas s’inscrire dans un club en compétition (FFBB) et qui n’avaient pas cette possibilité-là d’avoir de la pratique, malgré qu’il y ait les infrastructures aujourd’hui », poursuit le minot originaire de l’avenue Camille-Pelletan dans le quartier de Saint-Lazare. Un des territoires les plus précaires d’Europe. « Aujourd’hui, nous proposons la licence la moins chère de tout le département au prix de 120 euros. On a des familles qui payent cette adhésion en 10 ou 12 fois », souligne Samirdine. Une douzaine de licenciés seulement ont payé la totalité de la cotisation.

    Le sens du sacrifice

    Certaines familles sont dans l’obligation de faire des sacrifices pour offrir à leurs enfants la possibilité de poursuivre leur passion. « Il y a trois semaines, une famille vient sur un entraînement de basket. Deux enfants vont s’entraîner et le troisième reste en tribune. Je vais voir celui qui est dans les tribunes, je lui dis, “le basket, ça ne te plaît pas ? Tu n’as pas envie d’en faire ?”. Et il me dit, “j’ai envie d’en faire. Mais cette année, ce sont mes deux autres frères qui font du sport. Et moi, j’en ferai l’année prochaine”», témoigne le directeur d’un organisme de formation pour devenir éducateur.

    Ces personnes peuvent derrière être intégrées à l’Open 3. « La grande majorité des habitants de nos quartiers sont au chômage. On est dans un secteur où, si tu veux faire de l’argent, soit tu essaies de travailler légalement, soit tu vas en bas du bloc et tu deales », constate Youssouf Samirdine, persuadé que les jeunes peuvent s’en sortir grâce aux valeurs du sport.

    Par ailleurs, son association dépasse le simple plaisir d’apprendre le basket. Un temps d’aide aux devoirs obligatoires d’une demi-heure est organisé avant chaque séance. « On cherche à proposer des solutions qui vont répondre à toutes les problématiques qu’un enfant ou une famille peut être confronté aujourd’hui dans ce secteur qui a été, à un moment donné, abandonné par la ville », lance le président dévoué.

  • Les jeunes basketteurs marseillais ont impressionné le monde de la NBA

    Les jeunes basketteurs marseillais ont impressionné le monde de la NBA

    Après avoir participé au camp NBA à Paris l’année passée, les jeunes basketteurs du Smuc et du MBM ont été convié à celui organisé à Berlin cette semaine, quelques jours avant le match délocalisé entre les Orlando Magic et les Memphis Grizzlies. « C’est une opportunité pour nous de pouvoir recevoir des conseils de joueurs qui ont connu le plus haut niveau et savent comment y arriver », souligne Stanley Adee, l’un des minots qui a pu être coaché par le pivot brésilien Paolo Prestes, drafté en 2010 par les Minnesota Timberwolves, et par Julius Nwosu, ancien champion de France avec Pau-Orthez, également passé par le CSKA Moscou, le Panathinaikos et les San Antonio Spurs. « Les jeunes de Marseille ont marqué les esprits durant ce camp », s’est réjouit l’ex-international nigérian, fier d’avoir pu prendre en charge les protégés de Mickaël Piétrus, co-président du Smuc et ancien coéquipier d’Nwosu lors de son année rookie à Pau.

    Expérience unique

    « Dans ma position, c’est ma responsabilité de rendre possible à ces jeunes Marseillais la possibilité de faire part d’un camp NBA », note l’ancienne vedette des Orlando Magic, présent à Berlin comme ambassadeur de la NBA. D’autres légendes de la grande Ligue ont rendu visite aux apprentis basketteurs, comme Detlef Schrempf et Malik Rose. « Ce sont des expériences comme celles-ci qui alimentent l’inspiration de ces jeunes. Après, la balle est dans leur camp pour atteindre leurs objectifs », conclut Raoul Ramdine, manager du Smuc basket.