Tag: Avignon

  • Plus que dans les tuyaux, le réseau de chaleur est engagé

    Plus que dans les tuyaux, le réseau de chaleur est engagé

    C’est une grande révolution énergétique, invisible sauf sur la facture, que s’apprêtent à connaître de nombreux foyers avignonnais. À partir de 2028, les premiers des 17 000 logements prévus seront alimentés par un réseau de chaleur public. Une innovation « écologique, économique et sociale », selon la maire (PS) Cécile Helle, qui a pris un peu plus d’épaisseur ce vendredi. En mairie, la Ville a signé la délégation de service public (DSP) avec Dalkia, filiale du groupe EDF. Un choix acté fin avril en conseil municipal, le principe d’un réseau de chaleur ayant été enclenché il y a 3 ans lors de la séance de septembre 2022.

    Concrètement, les habitants n’ont aucune démarche particulière à engager pour être relié au futur réseau. Seul un vote en conseil syndical pour les copropriétés privées sera nécessaire. Le principe est que l’actuel mode de chauffage collectif sorte des énergies fossiles, ici au gaz, et soit remplacé par une énergie locale et décarbonée à hauteur de 90%. « Cela permet d’avoir une énergie à un coût presque constant. On voit bien avec le gaz ou le fioul qui fluctuent comment la stabilité des prix est essentiel », note Cécile Helle. « Par rapport au gaz, les habitants voient en moyenne leur facture diminuer de 20% », assure Sylvie Jéhanno, PDG de Dalkia. « C’est un outil de lutte contre la précarité énergétique », soutient-elle.

    121 millions d’euros d’investissements

    D’autant que les 36km de réseau vont surtout alimenter les grands ensembles de logements sociaux des quartiers prioritaires de la ville, dont les bailleurs ont cédé les réseaux à Dalkia. Le réseau desservira à 55% des logements mais aussi l’hôpital d’Avignon, des écoles ou des entreprises. Un total de 163 stations de livraison est attendu. Un lourd investissement de 121 millions d’euros, assumé donc par Dalkia, qui assurera la gestion du réseau pour au moins 29 ans, date de durée de la DSP. La société, espère une subvention de l’Ademe [agence de la transition énergétique] comprise entre 30 et 40% du montant du projet.

    Après ceux d’Aix et de Nice, Avignon « sera le 3e plus grand réseau en Méditerranée », met en avant Sylvie Jéhanno. Le réseau sera fourni à majorité par la biomasse, Dalkia s’appuyant sur sa filiale Bois énergie France, approvisionné dans un rayon de 100km. « On ne coupe pas des arbres exprès, on utilise les bois morts, les résidus d’exploitations forestières », démine la PDG de Dalkia.

    Autre source, les eaux usées de la station d’épuration en Courtine et enfin la géothermie de surface. Bénéficiant de la présence du Rhône et de la Durance, cela va permettre de creuser une trentaine de puits de 200m de profondeur pour récupérer la chaleur du sous-sol. En revanche, le réseau de rafraîchissement va rester un peu plus marginal (7,6km) et desservira l’hôpital et les futurs programmes neufs (Confluences, Bel Air.) . « On a fait en sorte de classer le réseau de chaleur comme obligatoire dans chaque nouvelle construction », précise Cécile Helle.

    Ce qui aujourd’hui peut sembler une évidence était loin d’être le cas initialement. « En comité de pilotage du programme de rénovation urbaine à l’été 2022, il a fallu batailler avec les bailleurs sociaux qui étaient dans une démarche de réhabilitation avec des chauffages individuels alimentés en énergie fossile », recontextualise la maire. D’où aussi le fait que le réseau de rafraîchissement n’ait pu se développer à la même allure. Tout comme la conscience politique et écologique des élus RN au conseil municipal qui ont voté contre « un projet inutile ».

  • [Municipales] le premier adjoint d’Avignon ouvre une autre voie

    [Municipales] le premier adjoint d’Avignon ouvre une autre voie

    Le séminaire de rentrée des élus de la majorité, qui s’est tenu ce mercredi, avait une saveur particulière à plus d’un titre. D’abord, il est l’ultime du genre du mandat, alors que les prochaines élections municipales auront lieu les 15 et 22 mars, a précisé mercredi le gouvernement. La réunion a donné le cap de la grosse demi-année de travail restante à la majorité de Cécile Helle (PS), qui ne se représentera pas. Une reprise où il a fallu rester soudé alors que plusieurs membres de la majorité rêvent de reprendre le flambeau de la maire sortante.

    Si les intentions de candidatures de David Fournier, adjoint (PS) à l’administration générale, de Joël Peyre, élu (PRG) aux finances, et, dans une moindre mesure de Paul-Roger Gontard, adjoint (la Convention) à l’urbanisme, sont connues, celles du premier adjoint (DVG) Claude Nahoum l’étaient moins. L’hypothèse d’une candidature avait été brièvement évoquée, en février, lors du choix de Cécile Helle de ne pas se représenter. Les choses se clarifient : « Mon travail en tant que chef de file de la majorité municipale a été de travailler au rapprochement, je n’ai pas réussi à faire cette unité-là, constate Claude Nahoum, joint par La Marseillaise. Je reprends ma liberté en rejoignant Place publique, qui a investi Benoît Belvalette avec la ferme intention d’aller au bout de la logique. »

    La 2e adjointe Catherine Gay est sur la même ligne

    Une décision communiquée en début de semaine, d’abord à Cécile Helle, puis dans un courriel commun aux élus de la majorité, dont La Provence s’est fait l’écho. « Pour bien clarifier, notre objectif est de faire entendre une voix différente avec Place publique, mais je ne coupe pas les ponts et ne renonce pas [à l’idée de parvenir à l’union, Ndlr] », expose Claude Nahoum, qui a été suivi dans cette démarche par Catherine Gay, 2e adjointe en charge de la sécurité. Le premier adjoint assure avoir rencontré David Fournier et Joël Peyre avec Benoît Belvalette. « Pour l’instant, chacun est sur son axe de campagne, mais avec la volonté de se parler », insiste le premier adjoint, qui n’avait jusque-là jamais adhéré à un parti.

    Alors que lundi, David Fournier affichait sa confiance quant à l’unité, cette troisième voie ouverte au sein de la majorité montre que le combat de l’union est loin d’être gagné. Le mois de septembre, avec le positionnement des autres partis de gauche, sera déterminant.

  • Obtenant des renforts, les agents pénitentiaires renoncent au blocage

    Obtenant des renforts, les agents pénitentiaires renoncent au blocage

    L’objectif a été atteint, sans avoir à livrer un véritable combat. » Ce mercredi midi, Clément Lopez, porte-parole de FO Justice au sein du centre pénitentiaire d’Avignon-Le Pontet, fait part d’une bonne nouvelle : « Suite aux nombreuses négociations menées avec la direction interrégionale et grâce à la pression exercée par notre organisation syndicale, nous avons réussi à sécuriser 14 agents avant la fin de l’année, apportant ainsi un véritable souffle à notre établissement. »

    Initialement, les agents pénitentiaires étaient invités à se rassembler ce jeudi matin et bloquer l’accès à la prison pour dénoncer principalement le manque d’effectifs, à l’heure où les affections des nouveaux surveillants pénitentiaires vont être connues. Avec près de 800 détenus, la prison du Pontet est l’une des plus surpeuplées de France. Des renforts salués par le syndicat qui dénonçait « l’épuisement » des agents. « Travailler dans ces conditions, c’est aller chaque jour un peu plus loin sur une corde déjà trop tendue », redoutait FO Justice.

    Pas question pour autant d’en rester là : « Ce n’est qu’un début, d’autres combats nous attendent, notamment celui de la sécurité », prévient Clément Lopez. Fin juillet, le syndicat dénonçait les « intimidations » subies par une agente sur les réseaux sociaux, en plus « des menaces quotidiennes » au sein de l’établissement. FO exige ainsi des fouilles sectorielles régulières.

  • Avignon : David Fournier entend incarner l’unité dans la continuité socialiste

    Avignon : David Fournier entend incarner l’unité dans la continuité socialiste

    Un peu moins de deux mois après, on retrouve David Fournier comme on l’a laissé : sûr et certain d’être le profil idoine pour succéder, en mars, à Cécile Helle (PS) à la tête d’Avignon. Début juillet, l’actuel adjoint (PS) à l’administration municipale était le premier des candidats, tous bords confondus, à tenir une réunion publique. Ce lundi, celui qui, en avril, avait été désigné premier des socialistes pour les municipales, a lancé la rentrée politique par un point presse. « On voulait faire part d’un élément structurant de la campagne, le dépôt des statuts de notre association Ensemble et solidaires », expose David Fournier.

    Aux côtés de plusieurs élus actuels de la majorité (Fabrice Tocabens, Amy Mazari Allel, Anne Gagniard, Cyril Beynet ou Lilou Quennesson) ou de personnalités du monde culturel (Raymond Duffaut, longtemps à la tête de l’Opéra d’Avignon, et fils d’Henri Duffaut maire entre 1958 et 1983) ou sportif (Jean-Christophe Magnaud, ex-président du club de foot ACA, nommé mandataire financier de l’association), David Fournier affiche sa sérénité : « D’autres soutiens et partis de gauche nous rejoindront officiellement bientôt, il y aura de belles surprises », promet-il. Qui s’afficheront peut-être début septembre lors de premiers rendez-vous programmatiques dans les quartiers, dont le calendrier reste encore à acter. « Je défends le bilan de Cécile Helle, je suis fier de ce qui a été accompli, certaines choses restent à développer », revendique l’élu socialiste.

    Vers qui se penchera Cécile Helle ?

    Depuis son renoncement à briguer un 3e mandat il y a près de 7 mois, Cécile Helle n’a absolument rien laissé transparaître de ses sentiments quant à sa succession, se concentrant sur la dernière année de mandat à réaliser. Elle pourrait officialiser un soutien en septembre, alors que deux autres membres de sa majorité (lire ci-contre), Joël Peyre (PRG) et, à un degré moindre, Paul-Roger Gontard (La Convention) sont aussi prêts à prendre la relève. « Elle est au PS, je ne l’imagine pas un seul instant faire un autre choix que celui du candidat socialiste », se persuade David Fournier, alors que la rumeur bruisse d’un appui de la maire sortante à Joël Peyre.

    Toujours est-il que le PS entend bien conserver Avignon. « Les instances nationales ont fait de la ville une des 6 érigées en priorité absolue à conserver », insiste Maryline Croyet, secrétaire de la section PS d’Avignon et co-directrice de campagne avec Jean-Luc Bringuier. « On a bon espoir de trouver un accord d’union autour de David, une candidature légitime et d’expérience, on ira jusqu’au bout », prévient-elle. Cette volonté de forcer la main ne pourrait-elle pas braquer les partenaires potentiels ? « Avignon a une histoire socialiste avec les maires Louis Gros, Henri Duffaut, Guy Ravier, la ville est dirigée par une socialiste, il est naturel que les sortants soient privilégiés et que nos alliés soient à nos côtés, comme le PS le ferait par réciprocité dans des villes dirigées par d’autres formations de gauche », estime David Fournier.

    Manière encore d’appeler les partenaires de gauche à la responsabilité. « Face au risque de l’extrême droite [qui n’a pas encore désigné sa tête de liste, Ndlr], les partis qui porteraient la division seraient les responsables de l’échec », met en garde le premier des socialistes. Si une rencontre a eu lieu avec la France insoumise [les chefs de file, Mathilde Louvain et Farid Faryssy, ainsi qu’avec le député Raphaël Arnault] sans perspective d’accord immédiat, le PS espère plus aisément rallier le PCF, Génération. s et l’Après, certains écologistes aujourd’hui dans l’opposition, ou Génération écologie.