Tag: Avignon

  • Une consultation pour réduire le bruit du réseau routier

    Une consultation pour réduire le bruit du réseau routier

    Au-delà du cas de la rocade d’Avignon, source de bruit et de pollution, dont un possible arrêté anti-poids lourds cristallise les tensions, le Département de Vaucluse planche sur son réseau routier. Et les nuisances sonores qui en découlent. Après avoir adopté, il y a 7 ans, son plan de prévention du bruit dans l’environnement, le conseil départemental mène sa révision. Jusqu’au 20 octobre *, une consultation est en cours sur ce document, qui « a pour objet d’informer le public sur la notion du bruit routier, ses caractéristiques et ses effets, et de présenter un diagnostic réalisé sur le réseau des routes départementales ».

    Ce plan concerne les routes dont le trafic est supérieur à 8 200 véhicules par jour, en moyenne. Soit 68 infrastructures routières départementales et 337 km, réparties en zones bruyantes et zones calmes. « À titre d’information, le réseau départemental, dans sa globalité, représente 2 340 km de linéaire, seuls 14% du réseau départemental sont donc concernés par la démarche », précise la collectivité. Selon le diagnostic, quelque 3 500 personnes sont exposées à un seuil de décibels supérieur aux normes. Dans le détail, il s’agit de 2 420 personnes touchées le jour (6h-22h) et 1 010 la nuit (22h-6h).

    Si la plupart des sons de la vie courante sont compris entre 30 et 90 décibels, le seuil diurne est de 68 db, l’équivalent d’une salle de classe bruyante. Quant au nocturne, il est de 62 db, soit le bruit d’un marché animé.

    Pour réduire les nuisances, le Département cible sept mesures à décliner pour les cinq prochaines années. Parmi elles, le renouvellement des chaussées avec « des enrobés spécifiques », l’intégration de la problématique du bruit sur tous les chantiers neufs ou la sensibilisation des divers concessionnaires intervenant sur le réseau routier. Le conseil départemental chiffre « à 500 environ » la diminution « du nombre de personnes exposées au bruit à l’issue de la mise en œuvre des mesures prévues ».

  • [Bloquons tout] La journée de mercredi en Provence et en Occitanie

    [Bloquons tout] La journée de mercredi en Provence et en Occitanie

    D’Arles à Toulon en passant par Avignon, plusieurs collectifs citoyens ont tenu des actions. Si les appels à la mobilisation portent sur des formes d’actions protéiformes, mêlant blocage de rond-point, refus de paiements bancaires, manifestations sauvages ou grève, reste que les partis politiques de gauche (PCF, LFI, PS ou EELV) ont apporté leur soutien au mouvement. Tout comme la CGT, au niveau confédéral, et Solidaires, avec moults syndicats qui ont déposé des préavis pour une grève ce jour. En bref, une effervescence sociale pour imposer d’autres choix.

    A la mi journée, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône fait état de 10 interpellations dont 2 à Arles, 8 à Marseille. Les motifs sont des faits de violence sur des personnes dépositaires de l’autorité publique, rébellion, jet de projectile, vol, incendie et feu de poubelle. Le bilan n’est pas définitif.

    Mercredi soir à Marseille, une assemblée générale de plusieurs heures des membres de Bloquons Tout Marseille, s’est tenue devant le kiosque à musique des réformés. Une mobilisation devant le commissariat de Noailles pour soutenir les manifestants interpellés dans la journée a été organisée. Les manifestants chantent « siamo tutti antifascisti » et « libérez nos camarades » devant le lieu sous bonne garde policière. Par ailleurs, l’assemblée générale a voté le fait de libérer la place des réformés dans la soirée et prévoit une nouvelle mobilisation ce samedi ainsi qu’une participation à la journée d’action et de grève du 18 septembre prochain. Les participants prévoient de nouvelles assemblées dans les jours à venir.

    La préfecture du Vaucluse recense plusieurs rassemblements dans le département : « Dans le secteur de Réalpanier entre Avignon et le Pontet, devant les lycées Frédéric Mistral et Théodore Aubanel à Avignon, à Pertuis et à Carpentras notamment. L’intervention de la police nationale a évité le blocage et assuré le bon fonctionnement des lycées d’Avignon, tandis que la gendarmerie a interpellé un individu à Réalpanier pour rébellion.»

    Marseille, Martigues, Aix-en-Provence, Avignon, Montpellier, Alès, la rue a répondu présente au mot d’ordre « Bloquons tout».

    A Montpellier dans l’Hérault :

    Dans le Gard :

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  • Les habitants du Clos des Fontaines sont toujours à sec

    Les habitants du Clos des Fontaines sont toujours à sec

    « Je dois porter ça au moins trois fois par jour depuis plus d’une semaine. C’est insupportable », déplore Mélissa Urbano, habitante de la résidence du Clos des Fontaines, à Avignon, pendant qu’elle remplit deux bidons d’eau d’un robinet coincé entre un mur et une poubelle. Avant de les porter, faute de mieux, jusqu’à son appartement, au 5e étage, où l’attend son fils âgé de quelques mois.

    Car ce point d’eau est, depuis ce lundi 1er septembre, le seul qui fonctionne pour environ 230 appartements. Et ce, car les pompes de la copropriété ont lâché. Ce qui entraîne un défilé de dizaines de familles devant ce petit local à poubelles lugubre pour remplir bidons et bouteilles. « Le rez-de-chaussée a un petit filet d’eau. Mais, au-dessus, on n’a rien et on en a besoin pour tout. J’ai même dû demander à déplacer la garde de mes enfants, le week-end dernier, car je ne pouvais pas les accueillir dans de bonnes conditions », confie de son côté Mourad Rahi, habitant au 6e étage d’un des bâtiments concernés. « On se lave depuis plus d’une semaine avec des lingettes et on va à la laverie alors qu’on a une machine. Et ça, personne ne va nous le payer », lance un autre habitant, excédé. Une distribution par la mairie, suite à des échanges avec la préfecture de Vaucluse, de trois packs d’eau par foyer, s’est tenue ce mardi 9 septembre, dans le quartier.

    Manque d’entretien

    Devant les fameuses pompes, visiblement en piteux état car pleines de rouille et baignant dans l’humidité et les moisissures, un technicien s’affaire depuis ce mardi 9 septembre, soit plus d’une semaine après l’arrêt des pompes. D’après lui, le précieux liquide devrait revenir d’ici ce jeudi, au plus tard, dans les robinets. Mais de nouveaux travaux devraient être engagés dans les prochains mois pour pérenniser le bon fonctionnement des machines. « Elles n’ont tout simplement jamais été entretenues correctement », pousse Rabah Kherrouf, l’un des copropriétaires particulièrement engagé dans la résidence.

    Il pointe du doigt le mandataire judiciaire, AJ Associés, avec lequel une scission est toujours demandée. Car ce n’est pas la première fois qu’il y a un conflit entre cette structure et les habitants. En septembre 2024, les parties communes de deux bâtiments de la résidence étaient privées d’électricité suite à des factures impayées. Contacté par La Marseillaise, le mandataire judiciaire n’a pas répondu.

    Le député de la 1ère circonscription, Raphaël Arnault (NFP/LFI), s’est également rendu sur place, ce lundi 8 septembre. Il a adressé une lettre à la mairie d’Avignon et à la préfecture, leur demandant notamment « d’assurer la coordination avec le mandataire judiciaire afin que ses responsabilités soient pleinement assumées. »

  • Le curieux banquet le long des remparts, c’est ce dimanche

    Le curieux banquet le long des remparts, c’est ce dimanche

    Derniers préparatifs en vue pour le curieux banquet. Commencé à être élaboré en octobre, le menu sera à la carte avignonnaise ce dimanche : la population est invitée à apporter un plat et se poser sur une tablée géante (alignement de 17 tables) de 1,7 km, qui prendra place (11h30-16h30) le long des remparts entre les portes de la République et Saint-Lazare (notre édition du 18 juin). Une initiative qui s’inscrit dans le cadre de Terre de culture et dont un petit avant-goût a eu lieu, ce mardi matin, pour une photo, sur place, des principaux acteurs.

    À commencer par son instigateur, l’artiste Yvan Loiseau, à l’origine de plusieurs grandes tables de la sorte. « C’est vraiment une première de voir autant de structures mobilisées, d’habitude, il y en a une vingtaine, là il y a une cinquantaine d’associations culturelles, sociales, autour de l’alimentation, mais aussi 45 restaurants partenaires », se félicite-t-il. La Ville insiste bien sur le fait que les restaurateurs proposeront quelques-uns de leurs plats, mais qu’il ne s’agit en aucun cas de fournir un repas à chacun.

    « L’idée est d’amener un plat volumineux à partager, pas d’arriver avec son sandwich déjà prêt et se poser à une table, mais faire société assis à côté de gens que l’on ne connaît pas », dressait Cécile Helle, en juin, lors du point presse de présentation. Pas besoin de réservation, juste penser également à son assiette et couverts. Plusieurs déambulations artistiques et musicales rythmeront le banquet.

  • L’interdiction des poids lourds sur la rocade se précise

    L’interdiction des poids lourds sur la rocade se précise

    La municipalité d’Avignon maintient son choix d’exclure les poids lourds de plus de 38 tonnes de la Rocade Charles-de-Gaulle.

    En effet, celui-ci a été confirmé lors d’une réunion de présentation, en présence de représentants des services de l’état en Vaucluse. Ces véhicules seront ainsi interdits, à partir d’une date qui n’a pas encore été communiquée, de 7 heures à 19 heures tous les jours, sur la section du boulevard Charles-de-Gaulle comprise entre le carrefour de l’avenue de Tarascon et l’avenue Pierre-Sémard. Et ce afin de « dégager de la fluidité sur la rocade aux heures de pointe, de sécuriser les piétons et les vélos tout au long de la journée, d’améliorer la qualité de l’air ainsi que la qualité sonore, de faciliter la circulation des transports en commun et des véhicules de secours. » La première année servira d’expérimentation. Un nouveau comité de suivi réunissant les acteurs territoriaux et économiques est prévu le 17 septembre prochain.

    Un projet déjà défendu lors du dernier conseil municipal, le jeudi 26 juin, où la première édile de la Cité des Papes, Cécile Helle (PS), poussait encore pour la mise en place de cet arrêté « parce qu’il en va d’un enjeu de santé publique aujourd’hui pour tous les habitants ». Elle dénonçait également les remarques d’élus du nord du département des Bouches-du-Rhône qui sont contre cette interdiction, car elle déporterait le trafic sur leur territoire.

    Ceux-ci poussent pour la poursuite de la Liaison Est-Ouest (LEO), aujourd’hui au point mort, car le Grand Avignon et Avignon s’y opposent, avancée comme une solution par Marcel Martel, maire (DVD) de Châteaurenard. Mais les échéances électorales à venir, avec les municipales de l’an prochain, bloquent le dossier au moins pour les prochains mois. Une mesure qui n’est pas non plus complètement nouvelle. Dès 2022, la municipalité souhaitait interdire les poids lourds sur ce même axe routier, très fréquenté aux heures de pointe. Mais sa mise en place n’avait alors pas pu se faire, notamment à cause d’une mobilisation des entreprises de transport.

    Péril économique

    « On peut entendre la question de la santé de la population, mais il aurait fallu faire les choses dans l’ordre et commencer par une concertation », regrette de son côté Stéphane Paglia, président de la CCI d’Arles, dont un collaborateur a assisté à la réunion de présentation de l’arrêté. « Tout le monde a dit non autour de la table. Il faut trouver une solution intelligente. Déplacer le problème de quelques kilomètres n’en est pas une. D’autant que les trajets vont s’allonger alors que le but est d’économiser des kilomètres. Malgré les frontières administratives, on vit tous sur le même territoire, car cette décision est un non-sens économique », ajoute-t-il.

    Les organisations syndicales de transporteurs s’opposent aussi à nouveau au projet. « Fermer la rocade ne supprime pas ces flux, cela détourne près de 600 camions quotidiens vers les communes voisines, allongeant les distances parcourues, générant plus de rejets d’émissions de CO2 et de risques routiers », assurent-ils, ajoutant que « la rocade constitue aujourd’hui la voie la plus adaptée pour concilier circulation des marchandises, sécurité routière et qualité de vie des habitants. » Pour eux, cette décision « met en péril les entreprises locales par des surcoûts logistiques », « déplace la circulation vers de nouveaux habitants et sature des axes secondaires moins adaptés ». Elle remettrait aussi en cause le report modal, car « 450 camions/jour qui circulent aujourd’hui par le rail reviendraient sur la route, compromettant l’avenir du terminal de Courtine, une centaine d’emplois et 90 000 tonnes de CO2₂ économisées chaque année », complètent-ils, les conteneurs étant chargés sur des trains à la plateforme rail-route en zone Courtine, à Avignon.

    La décision ne pourra être validée qu’avec l’accord du préfet, car la rocade dépend de l’état.

  • La Ville prescrit une mutuelle pour plus d’accès aux soins

    La Ville prescrit une mutuelle pour plus d’accès aux soins

    Enfin. « Promesse de mandat », rappelle Cécile Helle (PS), la Ville vient d’acter l’instauration d’une mutuelle communale. Après un vote au conseil municipal de juin, la maire a signé, ce jeudi, une convention avec la Mutuelle familiale, complémentaire santé retenue parmi six candidatures. « Un partenariat gagnant-gagnant », résume la première magistrate qui n’engage pas la Ville financièrement mais assure la promotion et actions de communication de la Mutuelle familiale auprès des habitants. Cela commence d’ailleurs ce dimanche, où la complémentaire santé sera présente au forum des associations à la Barthelasse.

    Des réunions publiques devraient rapidement être organisées entre octobre et décembre. Le CCAS, les mairies annexes ainsi que les diverses ressources sociales, pour toucher ceux qui sont le plus éloignés des soins, ont été avisés de la mise en place de cette mutuelle communale. « En moyenne, 5% de la population n’est pas couverte par une complémentaire santé et 40% d’entre elles renonce ou diffère des soins pour des raisons financières », campe Cécile Mallah, responsable développement en Paca à la Mutuelle familiale, qui a son siège régional à Avignon et accompagne 1 400 communes en France, dont Carpentras ou Montpellier depuis le début de l’année, séduisant 3 000 nouveaux adhérents dans la préfecture de l’Hérault.

    « La mutuelle s’adresse à tous les Avignonnais mais aussi ceux qui y travaillent et les étudiants », précise Cécile Helle pour qui « la relation de proximité avec l’usager » a pesé dans la balance pour « restaurer le droit de l’accès aux soins à l’heure où des complémentaires santé augmentent leurs cotisations sans forcément augmenter les prestations ».

    Quatre offres « pour tous »

    La Mutuelle familiale se veut garante des valeurs de la sécurité sociale et de l’héritage de « son fondateur Ambroise Croizat », assure la présidente Sylvie Ben Jaber. « Nous n’avons pas d’actionnaire, nous voulons garantir l’accès à la protection sociale pour tous dans un esprit de solidarité », revendique-t-elle. Dans un secteur concurrentiel, où certains organismes refusent d’assurer des profils trop vieillissants, la Mutuelle familiale dit ne refuser personne et s’appuie sur le soutien de la Ville pour « rassurer et mettre en confiance » les usagers potentiels. « Ce n’est pas une solution low cost, nous avons 4 offres dont le premier niveau offre un reste à charge zéro pour les soins dentaires, optiques et auditifs », insiste Sylvie Ben Jaber. Les tarifs varient selon l’âge et les profils, allant par exemple de 53 à 101 euros par mois pour les plus de 65 ans ou de 25 à 52 euros pour un adhérent de 30 ans.

  • L’Après siffle la fin du bal des « égos » pour faire l’union aux municipales

    L’Après siffle la fin du bal des « égos » pour faire l’union aux municipales

    Début juillet, l’espoir d’aboutir à un rassemblement – plus ou moins large – à gauche en vue des municipales des 15 et 22 mars était de mise. À l’initiative de Génération.s et de l’Après (Association pour la république écologique et sociale), fondée par des insoumis mis au ban, des réunions se sont tenues au début de l’été en faisant vivre un Nouveau front populaire local. Se posant en facilitateurs d’unions, les deux partis, sans vouloir revendiquer de tête de liste, prônaient une méthode pour l’union.

    En cette rentrée, l’Après constate que l’été a rimé avec déchanté, tout comme Cécile Helle, la maire PS sortante (lire l’encadré). « On est extrêmement agacés de voir tous ces gens qui se déclarent candidats et mettent en avant leurs égos et logiques d’appareils, déplore Frédérique Boyer, co-fondatrice de l’Après 84, qui tenait un point presse ce jeudi. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs, l’heure est à la construction d’un programme municipal, le choix de la tête de liste viendra après. L’actualité, ce n’est pas qui va faire quoi mais le quoi. » Dans son viseur notamment, David Fournier, chef de file du PS qui, lors d’un point presse le 25 août, revendiquait sa légitimité par le fait qu’Avignon soit dirigée par une maire socialiste, Cécile Helle. Mais « la ville appartient à ses habitants, pas aux partis politiques », rétorque Frédérique Boyer, en rappelant « les 68% d’abstention en 2020 au second tour », dans un contexte certes de Covid.

    Ces deux derniers mois n’ont pas permis aux candidats déclarés membres de la majorité actuelle, David Fournier et Joël Peyre (PRG), d’échanger en vue d’un possible terrain d’entente. Lassé, le premier adjoint Claude Nahoum s’est, lui, rangé derrière Place publique, dont le chef de file, Benoît Belvalette, s’affiche clairement candidat.

    Le fond d’abord, comme moteur d’unité

    « La démarche actuelle d’incarnation n’est pas satisfaisante, on ne peut pas être phagocyté par un thaumaturge, la tête de liste ne pourra sortir que d’un programme construit avec les Avignonnais », veut croire la conseillère municipale Marie-Anne Bertrand, qui vient de rejoindre l’Après, transfuge de Génération.s. « Le fond contre l’égo devrait faire l’unité », résume Bela Loto, militante. Ce combat des chefs menant à la division, s’il se confirme, ouvrirait une voie royale à la droite ou l’extrême droite. « Au sein du NFP local, beaucoup de gens sont favorables à l’union mais, de l’autre côté, chacun tire avec son parti », constate Yves Marie-Cardine, co-référent de l’Après 84, qui reste « optimiste ». Il reste encore un peu de temps pour s’entendre et peut-être même sur d’autres élections nationales avant en cas de nouveau chamboule-tout politique la semaine prochaine.

  • Le projet de déchetterie à Agroparc finit à la poubelle

    Le projet de déchetterie à Agroparc finit à la poubelle

    L’issue était inéluctable. Après plus de trois ans de batailles juridiques, le Grand Avignon annonce, dans un long communiqué, renoncer à son projet de déchetterie-recyclerie à Agroparc. L’agglo « continue de chercher des alternatives pour implanter ce nouvel équipement public. Et elle les cherche ailleurs qu’à Agroparc, non pas parce qu’elle refuse de réaliser l’évaluation environnementale, mais parce que chaque décision administrative fait systématiquement l’objet de recours de la part de riverains », justifie la collectivité. Cette dernière a fait ses comptes, ciblant « quinze requérants [qui] ont ainsi multiplié douze procédures juridiques ».

    Délivré en avril 2022, le permis de construire a été annulé par le tribunal administratif de Nîmes, début janvier. En mai 2022, la même juridiction avait invalidé le processus d’installation classée pour la protection de l’environnement. « Nous avons fait preuve de transparence, de pédagogie et de concertation, mais nous faisons face à une stratégie d’obstruction systématique, tance le président Joël Guin (SE), cité dans le communiqué. Nous sommes ici face à un blocage du bien commun par une poignée d’individus qui refuse tout compromis. »

    L’essentiel du communiqué attaque frontalement l’association de riverains Zap (zone à protéger) Agroparc, à l’origine des recours. L’Agglo cingle « les vents de l’égoïsme et de l’égologie, et laisse les riverains à leur bonne conscience, celle qui n’a pas manqué de détruire la faune et la flore présentes sur les terrains où ils ont bétonné pour y construire leurs maisons ».

    Des propos qui heurtent la Zap, dont la trésorière, citée dans le communiqué. « On se réserve le droit de porter plainte pour diffamation, alors que les élus sont censés respecter les décisions de justice », confie l’intéressée, Patricia Tracadas, estimant que le Grand Avignon digère mal « la vraie déculottée » donnée « par une petite association locale ».

    Sur le fond, la Zap Agroparc rappelle que « ce n’était pas le projet qui avait été contesté en lui-même, mais son implantation ». « Au début du mandat, il était prévu de créer cinq déchetteries, il n’y en a aucune », pointe Patricia Tracadas. Aucune enquête publique, ni autorisation environnementale… Le projet « contrevenait également à plusieurs articles du Code de l’urbanisme », fait savoir l’association. La suite appartient désormais à la prochaine mandature communautaire, qui sortira des urnes en mars prochain.

  • La Préfecture répond et évacue tout risque

    La Préfecture répond et évacue tout risque

    En Vaucluse, quasiment l’ensemble du territoire (109 communes sur 118) est exposé à un risque inondation. « 92% des communes sont couvertes », assure la préfecture, contactée par nos soins. Elle indique que les secteurs non couverts par un PPRI ne sont pas pour autant dépourvus de politique de prévention inondations : « L’urbanisation est actuellement régie par des “porter à connaissance” (PAC). Ces documents, notifiés aux communes et intégrés dans les plans locaux d’urbanisme (PLU), ont une valeur réglementaire. Les PAC comportent une cartographie des aléas d’inondation permettant d’informer la population et les collectivités. Au travers des PAC, le risque d’inondation est pris en compte dans les procédures d’aménagement du territoire ainsi que dans l’instruction des demandes d’autorisation d’urbanisme par les communes ».

    La Préfecture assure qu’il « est donc inexact d’affirmer que l’absence de PPRI “fait courir” un risque à la population, dès lors que les dispositifs en place assurent une gestion réglementée et maîtrisée du risque d’inondation ». Au sujet du PPRI Calavon-Coulon, l’aval fait l’objet « d’échanges soutenus avec les collectivités depuis 2 ans, qui doivent se finaliser fin d’année 2025 ». À cette issue, une « phase de concertation avec le public » doit démarrer en 2026. Enfin, sur la Durance côté Avignon, « un PAC a été notifié en novembre 2017, assorti de cartes des aléas, d’un zonage et d’une liasse de prescriptions précises ». La Préfecture se fixe 2027 comme « objectif » d’approbation du PPRI.

  • Inondations : l’absence de plans est un « scandale »

    Inondations : l’absence de plans est un « scandale »

    L’anecdote est particulièrement criante. La semaine dernière, place Saint-Didier à Avignon, au moment de sortir prendre une photo suite au point presse de l’association Actions Coulon, impossible d’apercevoir le témoin d’une violente crue du Rhône à la fin du XIXe siècle. Caché derrière un coffre électrique apposé sur le mur de l’église, il faut se contorsionner pour se rendre compte que l’eau est montée à plus d’1,70m. « Cela semble tellement loin pour les gens, qui ne sont pas vraiment inquiets tant qu’ils n’ont pas connu de grosses inondations », soupire Edith Bouchet, administratrice d’Actions Coulon.

    L’association veille, depuis plus de 10 ans, par des alertes et propositions sur les risques d’inondations, en particulier du Coulon-Calavon, qui coule à Apt et Cavaillon. L’an passé lors d’un point presse à la même période, elle dénonçait le projet de ré-indiguement (11km) porté par le syndicat intercommunautaire rivière Calavon-Coulon qui surinonderait volontairement certains secteurs pour en épargner d’autres. Un dossier toujours d’actualité qui fera l’objet d’une réunion publique ce mardi 9 septembre (18h30) à Caumont (salle des fêtes Roger-Orlando).

    Mais cette année, Actions Coulon a dans son viseur les PPRI (Plan de prévention du risque inondation) du Coulon aval et de la Durance, rive avignonnaise. Ou plutôt l’absence de ces documents réglementaires sur lesquels doivent s’appuyer les communes pour régir la constructibilité. « Cela fait plus de 20 ans qu’aucun préfet n’a osé engager sa responsabilité, fustige Pierre Leclerc, président d’Actions Coulon. Ces graves dysfonctionnements administratifs sont un scandale alors qu’avec le dérèglement climatique, le risque d’inondation ne fait que croître, alimenté par d’autres facteurs tels que l’urbanisation et l’artificialisation des sols. »

    « Il n’y a eu aucune consultation publique »

    Pourtant en liens réguliers avec la direction départementale des territoires, l’association a mis en demeure, début juillet, la Préfecture d’agir au plus vite sur le PPRI du Coulon aval. Sollicitée, la Préfecture (lire aussi ci-dessous) confirme avoir reçu, « le 8 juillet », le courrier et dispose de deux mois pour donner suite : « Une réponse est en cours de préparation, elle répondra à l’ensemble des points évoqués par l’association ». Fin septembre, Actions Coulon prévoit aussi de s’adresser à l’ensemble des élus et collectivités concernés car il en va « de la sécurité des Vauclusiens ».

    Côté Durance-Avignon, le PPRI a été enclenché il y a bientôt 14 ans. Si celui du Rhône date d’il y a 2 ans, « les quartiers de Courtine (hôpital, gare TGV), Monclar, Cap sud, Montfavet sont concernés [par la Durance] », rappelle Pierre Leclerc. Le Grand Avignon vient d’ailleurs de lancer une étude sur le risque inondation du futur quartier Confluences (notre édition du 27/08). « Il n’y a eu aucune consultation, réunion ou enquête publique, au fil du temps, la mémoire vivante de ceux qui ont connu de grosses crues comme en 1951 sur le Coulon-Calavon s’érode et s’éteint, or ce sont des précieuses données », fait valoir le président de l’association.