Tag: austérité

  • La bataille du budget se profile

    La bataille du budget se profile

    Un pas en avant, trois pas en arrière… c’est la politique du gouvernement. L’adage maintes fois entendu dans les manifestations sied particulièrement bien à la période.

    À l’approche de la rentrée, l’exécutif multiplie les ballons d’essai pour tester l’opinion en vue de la préparation du budget de l’État. Le dernier de l’ère Macron qui, en dix ans, aura vu s’accroître considérablement les inégalités dans notre pays. Minoritaire à l’Assemblée nationale, ce gouvernement semble déterminé jusqu’au bout à mettre en œuvre une politique libérale et d’austérité pourtant désapprouvée à plusieurs reprises par les Français.

    Tactique

    Des rapports fuitent opportunément pour préparer les esprits à des économies sur les APL, des taxes sur les retraités, une augmentation des franchises médicales tandis que le Premier ministre assure que rien n’est décidé.

    Sans doute espère-t-il éviter l’effet « musée des horreurs » qu’avait imprimé dans l’opinion la présentation du projet de budget de son prédécesseur François Bayrou et qui avait entraîné son départ de Matignon.

    Pour autant de nombreuses mobilisations sociales sont d’ores et déjà programmées pour septembre et l’approche de la présidentielle ne devrait pas contribuer à l’apaisement des échanges dans le débat parlementaire.

    Plutôt que de chercher la meilleure tactique pour infliger de nouvelles coupes budgétaires, Sébastien Lecornu serait bien inspiré d’accepter le débat sur les recettes. Les 500 plus grandes fortunes de France cumulent 1 200 milliards d’euros de patrimoine quand les dépenses de l’État se situent à environ 455 milliards en 2025.

  • Austérité incendiaire

    Austérité incendiaire

    « Préoccupant, grave même », « limite notre liberté d’action et nous place en situation de vulnérabilité » : ces propos du Premier ministre Sébastien Lecornu datent du 22 juillet, date du départ du gigafeu de Gironde. Ils ne parlent pas des incendies, mais du déficit et tentent de justifier les tours de vis budgétaires.

    Sur pression de l’Union européenne et au nom d’un respect d’une règle édictée par des libéraux, les dépenses publiques doivent toujours être revues à la baisse. Pourtant, ce que nous démontrent ces incendies, ce qui est « préoccupant, grave même », qui « limite notre liberté d’action et nous place en situation de vulnérabilité », c’est bien le sort réservé aux investissements dans les services publics. Que si les inconséquences humaines provoquent des incendies, l’austérité budgétaire empêche de les combattre correctement, à l’heure où le changement climatique transforme les brasiers en ogres destructeurs.

    Dans le rouge

    Manque de moyens et de personnels pour la Sécurité civile, coupe claire chez les agents de l’Office national des forêts… ont toujours des explications comptables.

    Ces superstitions libérales nous ont mis dans le rouge dans bien des domaines. On l’a vu en 2020 avec la santé et une épidémie de Covid qui n’a été surmontée que grâce à la mobilisation incroyable des soignants. Cette fois-ci, c’est le dévouement des pompiers au bord de l’épuisement qui force le respect. Respect qu’on ne peut éprouver envers des dirigeants qui préfèrent le dogme budgétaire à la sécurité des personnes. Mais, contrairement au Covid, il faudra s’en souvenir une fois ces incendies surmontés.

  • L’IRD, fleuron de la recherche, cible de l’état

    L’IRD, fleuron de la recherche, cible de l’état

    La nouvelle a fait l’effet d’une bombe auprès des 2 300 agents. Vent debout, des directrices et directeurs scientifiques de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) réclament au gouvernement, dans une tribune publiée mi-juillet dans Le Monde, de suspendre le projet d’intégration de leur établissement au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Cette perspective suscite l’inquiétude chez les personnels.

    Créé il y a 80 ans, cet établissement dont le siège est basé depuis 2008 à Marseille, est un organisme de recherche public français pluridisciplinaire engagé dans des partenariats équitables sur le développement durable et solidaire avec une cinquantaine de pays du Sud. Il intervient en Afrique, en Amérique latine, en Asie et dans les Outre-mer. Ses travaux portent sur la santé, le climat, la biodiversité, l’agriculture ou les dynamiques sociales et géopolitiques.

    Mission « état efficace »

    Dans le cadre de la mission « État efficace » portée par le gouvernement Lecornu, l’IRD serait appelé à rejoindre le CNRS. Et le conditionnel prend ici tout son sens. « Officiellement, il n’y a aucune lettre écrite des ministères aux PDG du CNRS et de l’IRD », souligne Gilles Béna, directeur de recherche à l’IRD. Et si l’échéance du 1er janvier 2027 circule avec insistance, « formellement, les discussions sur comment on intègre le personnel et on maintient les activités de l’IRD, n’ont pas commencé. On est dans le flou le plus total ».

    L’option a d’abord été accueillie avec incrédulité par le personnel. « C’est un éternel serpent de mer. J’ai été recrutée en 2002 et on parlait déjà de projet de rapprochement avec le CNRS », note Fabienne Cartieaux, secrétaire générale du STREM-CFDT, syndicat majoritaire de l’établissement.

    La critique porte d’abord sur le manque de visibilité de l’opération. « On a essentiellement des informations en off », souligne la syndicaliste. Si la PDG de l’institut, Valérie Verdier, a confirmé l’existence de discussions en ce sens, les contours du projet restent incertains.

    Aucun document officiel n’a été présenté aux instances représentatives du personnel. Or une réforme d’une telle ampleur nécessite a minima d’être examinée en comité social d’administration. « Ce qui se dit avec insistance, c’est que ça se fera à marche forcée puisque le ministère souhaiterait que ce soit acté au 1er janvier 2027 », reprend Fabienne Cartieaux. Selon nos informations, un décret est attendu et des lettres de mission doivent arriver vendredi sur les bureaux des présidents du CNRS et de l’IRD.

    Outil stratégique

    Pour ses détracteurs, le projet menace bien davantage qu’une structure administrative. « Rapatrier l’IRD au CNRS veut dire que toute la spécificité de ses implantations dans le Sud et toute notre diplomatie sur le savoir et la coopération, vont être minés », s’alarme Hendrik Davi, député marseillais de L’Après qui a adressé une lettre ouverte au Premier ministre. L’élu redoute que cette réorganisation « déstabilise les collectifs existants » et fragilise des recherches stratégiques « en océanographie, sur les maladies infectieuses et émergentes, le chikungunya, la dengue ou le changement climatique ».

    Les organisations syndicales sont vite montées au créneau. Le 9 juillet lors d’un comité social d’administration, les représentants du personnel ont demandé des précisions sur le calendrier et les modalités. Sans succès. Dans un communiqué, le SNCS-FSU et le SNTRS-CGT dénoncent l’absence de concertation et alertent sur ses conséquences pour les agents de cet « outil stratégique de la France, au service de la science, de la diplomatie, du développement durable, des Outre-mer et des partenariats internationaux ».

    La pérennité des missions inquiète en premier lieu les chercheurs. « On aurait pu imaginer que l’IRD devienne un onzième institut du CNRS avec des missions et des vocations préservées mais on s’oriente vers une fusion. Une véritable vente à la découpe », poursuit Fabienne Cartieaux. Une perspective qui nourrit les craintes d’une dilution progressive des activités de l’établissement.

    Économies de bout

    de chandelles

    « Des dizaines de chercheurs et d’étudiants de pays qui ont besoin de développer leur recherche scientifique et voient comme une opportunité extraordinaire le fait de le faire avec un institut français, vont rester sur le carreau », insiste l’anthropologue Kali Argiriadis qui travaille depuis 25 ans sur Cuba, le Mexique et Haïti. « Chaque représentation IRD qui disparaît, c’est une ou plusieurs dizaines de personnes des pays où sont implantées ces représentations qui disparaissent aussi. Cette façon de travailler est d’une richesse extraordinaire. » Pour elle, la France « va perdre des opportunités de découvertes et d’avancées scientifiques ».

    Les opposants au projet rappellent aussi que l’IRD représente un puissant outil d’influence internationale. « C’est 80 ans de partenariats tissés et de relations de collaboration très fortes qui ont un rôle de soft power diplomatique, énorme », rappelle Fabienne Cartiaux. Des coopérations qui ont permis de former des générations de chercheurs devenus parfois responsables académiques ou ministériels dans leur pays. « Ça nous permet d’avoir des relations d’une qualité exceptionnelle. En ces temps pas très réjouissants il semble malvenu de détricoter tout ça », insiste-t-elle, regrettant « des économies de bout de chandelle : les budgets de nos travaux au Sud, c’est autour de 22 millions par an. à l’échelle du budget de la France c’est ridicule mais l’impact est énorme ».

    L’AFD déjà minée

    Le projet du gouvernement pour l’IRD fait écho aux difficultés de l’AFD (agence française de développement), principal opérateur public de la politique française dans le monde qui a perdu 70% de ses ressources en trois ans, rappelle la CGT dans un communiqué, estimant que 160 à 380 postes seraient menacés en 2027, « avec une réorientation des priorités vers les intérêts économiques des grands groupes, au détriment des pays les plus vulnérables ».

  • L’impasse de l’austérité

    L’impasse de l’austérité

    Dans la novlangue du gouvernement, il faut traduire l’opération « État efficace », concocté par le Premier ministre Sébastien Lecornu, par « destruction du service public et des outils remarquables de la recherche français ». C’est plus long mais cela colle parfaitement à la réalité. On sait depuis Orwell que « la paix, c’est la guerre » et que « 2+2 = 5 ». C’est donc la sidération qui domine au sein des travailleurs de l’Institut de recherche pour le développement, l’IRD depuis qu’ils ont appris qu’un projet de fusion avec le CNRS était sur la table du gouvernement. Selon les informations de La Marseillaise, l’affaire pourrait être pliée en moins de six mois. Mais rien n’est fait et la médiatisation, la mobilisation des personnels pourraient mettre un coup d’arrêt à ce projet d’appauvrissement de la recherche publique. Quelle est, de plus, la légitimité réelle d’un gouvernement en fin de course, à quelques mois de l’élection présidentielle pour qu’il se croie autorisé à détruire 80 ans d’histoire et de travaux nécessaires ?

    Lecornu sort le rabot

    Le Premier ministre a dévoilé ses intentions dans Paris Match, propriété de Bernard Arnault, un des individus les plus riches du monde, qui n’aime pas payer des impôts et dîne à l’occasion avec Marine le Pen. Et que nous dit l’autoproclamé « moine soldat » de la macronie finissante ? Qu’il faudra, dans le budget 2027, raboter encore les finances publiques sans augmenter les impôts mais en demandant, par exemple « un effort à ceux qui achètent plus de 50 boîtes de médicaments par an ou vont plus de 25 fois chez le médecin par an ». Ce sont des recettes libérales éculées à des années-lumière des défis à relever et des aspirations citoyennes. Des propos qui illustrent aussi la terrible impasse de l’austérité.

  • La Région Occitanie maintient le cap de la solidarité

    La Région Occitanie maintient le cap de la solidarité

    « Avec de l’argent, il est plus facile de se projeter dans des projets de long terme. » Elles ont beau poursuivre un but non lucratif, les associations ont comme tous les ménages et les entreprises, besoin de soutien financier pour exister et déployer leurs activités souvent d’intérêt public. Réunies à Montpellier par la Région Occitanie mercredi 1er juillet, jour du 125e anniversaire de la loi de 1901 qui a créé leur statut, elles n’ont pas manqué de dire leurs difficultés grandies par l’inflation énergétique et l’austérité des politiques publiques souvent guidées par les logiques de rentabilité.

    Un contexte difficile largement dû au désengagement de l’État qui en plus d’être aux abonnés absents sur certaines de ses missions régaliennes (droit au logement, respect de la loi sur le handicap de 2006, lutte contre les violences de genre…), tourne de plus en plus le dos aux acteurs censés pallier ses propres manquements. Le plus souvent quand elles sont dirigées par la gauche, les collectivités tentent de maintenir la barque associative à flot. C’est le cas de la Région Occitanie qui, bien que contrainte de baisser certaines subventions de 5 à 10%, a fait le choix de la stabilité pour les structures les plus fragiles (celles percevant moins de 5 000 euros d’aides).

    Avec la présidente Carole Delga (PS), « on fait le choix de maintenir notre volontarisme politique dans un contexte aggravé », affirme Pierre Lacaze (PCF). Le vice-président délégué aux solidarités, égalités, services publics, vie associative et logement social, est inquiet par deux phénomènes actuels qui mettent à mal la vie associative. D’un côté la montée des violences sexuelles et sexistes ainsi que des actes racistes et antisémites. De l’autre, la montée des idées discriminantes d’extrême droite dans la société. « Si la causalité n’est pas établie, on pense qu’il y a un lien. Par ses discours et ses méthodes, l’extrême droite peut contribuer à la hausse de ces violences », assure Pierre Lacaze. Et l’élu communiste de noter que « le récent rapport du Sénat sur les masculinistes fait le lien avec l’ultra droite ».

    Sécuritaire : le paradoxe d’Alexis de Tocqueville

    Ce qui est sûr c’est que les obsessions sécuritaires et immigrationnistes de Retailleau, Ciotti, Zemmour et consorts sont à l’opposé du travail de terrain mené par les associations en faveur de la tolérance et du respect d’autrui. D’autant que ces thèses fumeuses sont souvent très éloignées de la réalité. Si les violences des mineurs (en raison du trafic de drogue) sont en hausse ou que les violences sexistes et sexuelles ne diminuent pas depuis à peine 25 ans qu’elles sont mesurées, d’autres baissent drastiquement. « En France depuis le XIXe siècle, on observe une chute continue du nombre d’homicides, trois fois moins nombreux que dans les années 80 », recadre Tristan Renard. Quant aux violences politiques (abris bus brisés…) montées en épingle sur CNews, elles sont « très loin des niveaux des années 70 », précise le sociologue qui évoque une résultante du paradoxe d’Alexis de Tocqueville. « Plus une violence diminue, plus la préoccupation sécuritaire augmente ». Pour ce chercheur au Criaus et au Cresam, « les politiques publiques doivent être menées à l’échelle d’une génération (20 ans), pas à une échelle électorale ».

    Aussi, les lauréats et associations aidées (SPF, Planning familial, SOS Racisme, Mrap, Unat…) étaient-ils ravis d’avoir une oreille attentive de la Région le 1er juillet. Baptisé « Pour une Occitanie inclusive et solidaire », le principal appel à projets soutient 139 projets à hauteur de 710 000 euros. Le dispositif « Génération égalité » est dédié à la sensibilisation des jeunes à l’égalité entre les femmes et les hommes, à la prévention des violences sexistes et sexuelles et à la lutte contre les stéréotypes. Enfin, l’opération « Vacances Solidaires », qui permet chaque année à des enfants et familles aux revenus modestes d’accéder aux vacances et aux loisirs éducatifs. En Occitanie, le tissu associatif représente 160 000 structures, 175 000 emplois et 1,4 million de bénévoles.

  • Chaud devant !

    Chaud devant !

    Il y a une réelle mise en danger à vouloir remettre sur le marché les bouilloires thermiques (classées F et G) tel que le présentait fin juin le ministre du Logement, en plein épisode caniculaire. D’après les chiffres publiés par Santé publique France, la surmortalité survenue lors de ce même épisode est avérée, plus de 2 000 morts, dont « 40% à domicile ». Isolement, logement peu ou pas adapté… Les plus de 65 ans ont d’ores et déjà payé un lourd tribut aux conséquences du dérèglement climatique. Certes, des améliorations ont été apportées, notamment dans les Ehpad, suite au traumatisme collectif causé par la canicule d’août 2003 et son sinistre bilan de 15 000 décès. Et à l’évidence, dans l’immédiat, la clim’ sauve des vies.

    L’urgence des financements

    À moyen et long termes, l’équipement apparaît cependant dérisoire à constater que ledit « dérèglement » n’induira pas seulement une hausse des températures, mais des épisodes climatiques de plus en plus violents et fréquents : vagues de chaleur, intempéries, épisodes cévenols, inondations, etc. Si les pouvoirs publics et les collectivités tentent aujourd’hui de prendre le problème à bras-le-corps en multipliant îlots de fraîcheur, désimperméabilisation, ou en améliorant la gestion de l’eau, il reste encore à financer les mesures d’atténuation et d’adaptation à la hauteur des enjeux, notamment dans le secteur immobilier. Les plans d’austérité et d’économies annoncés à répétition par le gouvernement sont de bien mauvais augure pour répondre à un tel défi qui nous concerne tous.

  • L’économie sociale et solidaire demeure dans l’incertitude dans les Hautes-Alpes

    L’économie sociale et solidaire demeure dans l’incertitude dans les Hautes-Alpes

    Ce mercredi 1er juillet, la loi de 1901 sur la liberté d’association fêtait ses 125 ans. Pourtant, l’heure n’est pas à la célébration pour les structures de l’économie sociale et solidaire (ESS), même si elles peuvent être soulagées de garder la tête hors de l’eau. Le 9 juin dernier, le ministre chargé de l’Économie sociale et solidaire, Serge Papin, annonçait une réduction de 30% des crédits alloués à l’ESS. Il est finalement revenu sur cette décision le 22 juin.

    « Une excellente nouvelle », pour la députée des Hautes-Alpes Marie-José Allemand (PS), qui avait interpellé le gouvernement par une question écrite. « Le gel des crédits destinés à l’économie sociale et solidaire aurait fragilisé des milliers d’associations, de coopératives et d’entreprises qui jouent un rôle indispensable dans nos territoires, notamment en milieu rural », affirme-t-elle. L’Association des maires de France (AMF) s’était également positionnée dans un courrier adressé le 16 juin au Premier ministre, dans lequel elle faisait part de sa vive inquiétude face à ces baisses de crédits touchant des acteurs qui rendent des services essentiels dans de nombreuses communes et intercommunalités.

    « Il y a eu une forte mobilisation, explique Jean-Claude Eyraud, président de l’union départementale de l’ESS dans les Hautes-Alpes. La lettre ouverte d’ESS-France au premier ministre a été cosignée par 4 000 dirigeants de l’économie sociale et solidaire. Le résultat, c’est que le ministre Papin est revenu sur la baisse de 30% des crédits. » Mais, selon lui, cette victoire n’est qu’un sursis. « Nos associations ont très peu de fonds propres, quand on les prive de subventions, elles sont obligées de licencier ou de disparaître. On est quand même très inquiets. D’autant qu’on fait aussi face à un vieillissement de nos militants, qui ne sont pas remplacés, regrette-t-il. Pour l’instant, on respire un peu, mais jusqu’à quand ? Ce n’est qu’un répit, à l’automne, le projet de loi de finances va revenir, on va être à nouveau sur la sellette. »

    Moins d’aides que le privé

    Ce recul ne suffit pas à dissiper les inquiétudes d’un secteur confronté à une situation structurellement préoccupante. Pour ses représentants, l’économie sociale et solidaire est engagée dans un lent déclin. « On nous reproche d’être trop dépendants des subventions, pourtant, la Cour des comptes indique clairement que les associations sont moins bien subventionnées que le secteur privé », rappelle Jean-Claude Eyraud. D’après l’Observatoire national de l’économie sociale et solidaire (Oness), le secteur associatif a perdu 12 305 emplois en un an, entre la fin 2024 et la fin 2025. Un recul aux conséquences importantes dans un département comme les Hautes-Alpes, où l’ESS représente près de 20% des emplois privés.

    Ange Fabre

  • Un ministre sous pression

    Un ministre sous pression

    Gérald Darmanin présente sa réforme de la justice criminelle aujourd’hui à l’Assemblée nationale.

    Elle est contestée un peu partout dans notre région, comme dans le reste du pays, par les professionnels de la Justice. Mais pas seulement : alors que ce texte devait étendre la procédure du plaider-coupable à des crimes alors qu’elle est aujourd’hui limitée à certains délits, les députés ont rejeté la mesure en commission, le 10 juin, obligeant le ministre à revoir sa copie et à reconnaître qu’il n’y avait « pas de majorité à l’Assemblée nationale » sur ce point.

    L’austérité est un poison qui tue

    Simultanément, la tragique affaire Lyhanna a soulevé un véritable sentiment de révolte dans la population vis-à-vis d’une Justice incapable de protéger les enfants des violeurs et des assassins.

    La décision du garde des Sceaux de sanctionner une magistrate comme victime expiatoire de cette faillite du système judiciaire a achevé de creuser un fossé de défiance entre les juges et leur ministre.

    Quant à sa circulaire ordonnant aux procureurs généraux
    le réexamen de 70 000 plaintes concernant des violences sexuelles sur mineurs, elle est apparue aux Français comme déconnectée des moyens réellement mis à disposition de l’institution judiciaire.

    Plus que jamais depuis qu’il participe à un gouvernement de l’ère Macron, Gérald Darmanin est sous pression.

    Certains réclament sa démission, mais plus que d’un changement de ministre, c’est d’un changement de politique qu’a besoin notre Justice. L’austérité est un poison qui tue.

  • Un été de plomb

    Un été de plomb

    L’été est aussi cruel que l’hiver pour les sans-abri. 960 d’entre eux sont décédés l’an passé, selon le décompte -non exhaustif- réalisé par l’association Morts dans la rue, auprès des associations, collectivités et structures d’entraide. Il y en a déjà 260 depuis le début de l’année.
    Deux autres à Argenteuil, mercredi, un autre encore, jeudi, retrouvé mort dans un square à Angers, et encore un autre à Nantes… Une hécatombe silencieuse pendant les longues journées d’été étouffantes. Et ils ne sont pas les seuls à tomber, il y a aussi les mal-logés, plus de 4 millions de personnes, qui « donnent la priorité au loyer » quitte à se priver de repas… Ceux à qui le ministre du Logement voudrait refourguer les bouilloires thermiques, comme il l’a très sérieusement annoncé cette semaine, en pleine canicule.

    Lorsque le cynisme le dispute à l’indécence, il semble difficile
    d’en appeler à l’État, au gouvernement et à ses représentants, pour répondre à l’urgence vitale que constituent les vagues de chaleur pour les plus démunis. Et pourtant.

    Des villes pas ou peu adaptées

    Ce danger permanent tient d’un bilan d’étape : malgré les efforts de villes comme Marseille, qui a fait de l’accès à l’eau dans l’espace public et de la création d’îlots de fraîcheur des priorités, les communes restent encore pas ou peu adaptées aux crises climatiques après des décennies de bétonisation intensive.

    C’est aussi le constat d’une société qui laisse sur le bord de la route des millions de citoyens, et dont la survie dépend souvent de l’action de bénévoles dont les structures sont elles-mêmes menacées par
    les plans d’austérité successifs. Et les étés de plomb se succèdent.

  • Ça chauffe aussi sur le terrain social

    Ça chauffe aussi sur le terrain social

    Tandis que les caméras sont braquées sur le thermomètre qui ne cesse de monter, la température sociale s’élève, elle aussi, dans notre région.

    À l’appel de la CGT, des travailleuses et travailleurs ont convergé sur le Port de Marseille pour sonner l’alarme. Selon l’organisation syndicale 30 000 emplois sont menacés dans les Bouches-du-Rhône dans divers secteurs d’activité qui subissent l’austérité de l’État et les logiques de profit immédiat du patronat.

    Les dossiers chauds ne manquent pas : Fibre excellence, Arcelor, CPMM, Kem One, les inquiétudes sont là aussi dans les services publics, à la Métropole Aix-Marseille-Provence, à La Poste, à la SNCF, dans les hôpitaux ou encore dans le monde associatif…

    Intérêts du monde du travail

    À cela s’ajoute la criminalisation croissante de l’action syndicale. L’occasion pour la CGT de réaffirmer sa solidarité avec Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du grand port maritime qui a fait appel de sa condamnation en première instance sur la gestion du CSE qu’il dénonce comme « politique ».

    Les participants à ce grand rassemblement ne se sont pas contentés de protester, ils ont aussi développé leur vision de la décarbonation de l’industrie, des relocalisations, des investissements nécessaires dans les services publics.

    Leur voix mérite d’être entendue. C’est celle du monde du travail conscient de ses intérêts.

    Les pouvoirs publics mais aussi les responsables patronaux, s’ils n’entendent pas ces propositions, doivent au moins produire des actes pour répondre à l’alerte sur l’emploi. À défaut, le climat social risque de gravement s’échauffer.