Tag: austérité

  • Un ministre sous pression

    Un ministre sous pression

    Gérald Darmanin présente sa réforme de la justice criminelle aujourd’hui à l’Assemblée nationale.

    Elle est contestée un peu partout dans notre région, comme dans le reste du pays, par les professionnels de la Justice. Mais pas seulement : alors que ce texte devait étendre la procédure du plaider-coupable à des crimes alors qu’elle est aujourd’hui limitée à certains délits, les députés ont rejeté la mesure en commission, le 10 juin, obligeant le ministre à revoir sa copie et à reconnaître qu’il n’y avait « pas de majorité à l’Assemblée nationale » sur ce point.

    L’austérité est un poison qui tue

    Simultanément, la tragique affaire Lyhanna a soulevé un véritable sentiment de révolte dans la population vis-à-vis d’une Justice incapable de protéger les enfants des violeurs et des assassins.

    La décision du garde des Sceaux de sanctionner une magistrate comme victime expiatoire de cette faillite du système judiciaire a achevé de creuser un fossé de défiance entre les juges et leur ministre.

    Quant à sa circulaire ordonnant aux procureurs généraux
    le réexamen de 70 000 plaintes concernant des violences sexuelles sur mineurs, elle est apparue aux Français comme déconnectée des moyens réellement mis à disposition de l’institution judiciaire.

    Plus que jamais depuis qu’il participe à un gouvernement de l’ère Macron, Gérald Darmanin est sous pression.

    Certains réclament sa démission, mais plus que d’un changement de ministre, c’est d’un changement de politique qu’a besoin notre Justice. L’austérité est un poison qui tue.

  • Un été de plomb

    Un été de plomb

    L’été est aussi cruel que l’hiver pour les sans-abri. 960 d’entre eux sont décédés l’an passé, selon le décompte -non exhaustif- réalisé par l’association Morts dans la rue, auprès des associations, collectivités et structures d’entraide. Il y en a déjà 260 depuis le début de l’année.
    Deux autres à Argenteuil, mercredi, un autre encore, jeudi, retrouvé mort dans un square à Angers, et encore un autre à Nantes… Une hécatombe silencieuse pendant les longues journées d’été étouffantes. Et ils ne sont pas les seuls à tomber, il y a aussi les mal-logés, plus de 4 millions de personnes, qui « donnent la priorité au loyer » quitte à se priver de repas… Ceux à qui le ministre du Logement voudrait refourguer les bouilloires thermiques, comme il l’a très sérieusement annoncé cette semaine, en pleine canicule.

    Lorsque le cynisme le dispute à l’indécence, il semble difficile
    d’en appeler à l’État, au gouvernement et à ses représentants, pour répondre à l’urgence vitale que constituent les vagues de chaleur pour les plus démunis. Et pourtant.

    Des villes pas ou peu adaptées

    Ce danger permanent tient d’un bilan d’étape : malgré les efforts de villes comme Marseille, qui a fait de l’accès à l’eau dans l’espace public et de la création d’îlots de fraîcheur des priorités, les communes restent encore pas ou peu adaptées aux crises climatiques après des décennies de bétonisation intensive.

    C’est aussi le constat d’une société qui laisse sur le bord de la route des millions de citoyens, et dont la survie dépend souvent de l’action de bénévoles dont les structures sont elles-mêmes menacées par
    les plans d’austérité successifs. Et les étés de plomb se succèdent.

  • Ça chauffe aussi sur le terrain social

    Ça chauffe aussi sur le terrain social

    Tandis que les caméras sont braquées sur le thermomètre qui ne cesse de monter, la température sociale s’élève, elle aussi, dans notre région.

    À l’appel de la CGT, des travailleuses et travailleurs ont convergé sur le Port de Marseille pour sonner l’alarme. Selon l’organisation syndicale 30 000 emplois sont menacés dans les Bouches-du-Rhône dans divers secteurs d’activité qui subissent l’austérité de l’État et les logiques de profit immédiat du patronat.

    Les dossiers chauds ne manquent pas : Fibre excellence, Arcelor, CPMM, Kem One, les inquiétudes sont là aussi dans les services publics, à la Métropole Aix-Marseille-Provence, à La Poste, à la SNCF, dans les hôpitaux ou encore dans le monde associatif…

    Intérêts du monde du travail

    À cela s’ajoute la criminalisation croissante de l’action syndicale. L’occasion pour la CGT de réaffirmer sa solidarité avec Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du grand port maritime qui a fait appel de sa condamnation en première instance sur la gestion du CSE qu’il dénonce comme « politique ».

    Les participants à ce grand rassemblement ne se sont pas contentés de protester, ils ont aussi développé leur vision de la décarbonation de l’industrie, des relocalisations, des investissements nécessaires dans les services publics.

    Leur voix mérite d’être entendue. C’est celle du monde du travail conscient de ses intérêts.

    Les pouvoirs publics mais aussi les responsables patronaux, s’ils n’entendent pas ces propositions, doivent au moins produire des actes pour répondre à l’alerte sur l’emploi. À défaut, le climat social risque de gravement s’échauffer.

  • Investir aussi dans l’humain

    Investir aussi dans l’humain

    Le nouveau Samu zonal inauguré ce mardi à Marseille est une excellente nouvelle. Ces locaux sont enfin au niveau du deuxième Samu de France et de son activité impressionnante : 1 000 000 d’appels et 40 000 départs en intervention sont recensés chaque année. Des chiffres en constante augmentation.

    L’opération a été réalisée grâce à l’État qui a mis 17 millions d’euros sur la table dans le cadre du plan Marseille en grand mais aussi grâce au soutien de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur à hauteur de 6 millions d’euros même si les infrastructures de santé ne relèvent pas directement de ses compétences.

    Le résultat est un véritable coup de jeune pour le service public de santé.

    Guérir de l’austérité

    C’est un outil d’intérêt général qui couvre l’ensemble du territoire régional, en première ligne dans les situations d’urgence médicale comme nous pouvons en connaître notamment avec les fortes chaleurs qui pèsent durement sur les personnes les plus fragiles.

    Cette réalisation, aussi utile qu’elle puisse être, ne doit pas pour autant faire oublier l’importance d’investir avant tout sur l’humain.

    L’hôpital public est dans une situation d’extrême urgence de ce point de vue, et ce ne sont pas les inflexions données depuis la crise covid avec le Ségur de la Santé, qui permettront de le remettre sur pied.

    De nombreux recrutements, des hausses de rémunération demeurent prioritaires pour redresser notre système de soin. Et pour cela, l’État ne pourra pas compter sur l’appui de collectivités qu’il ponctionne d’ailleurs abondamment.

    C’est de l’austérité qu’il faut guérir.

  • [Entretien] « Mon rôle sera d’exiger la transparence totale »

    [Entretien] « Mon rôle sera d’exiger la transparence totale »

    La Marseillaise : Quels seront vos principaux sujets de vigilance ?

    Antoine Bertrand : Cette commission des finances revient traditionnellement à l’opposition. Il n’y a donc aucune entente avec la majorité, contrairement à ce que certains essaient de faire croire. Mon rôle sera d’exiger la transparence la plus totale sur les comptes publics de la Ville. Michaël Delafosse présente des budgets à l’équilibre, mais quand on regarde les trajectoires budgétaires, il y a de vrais sujets d’inquiétude. Le contrôle financier ne doit pas être seulement dans les mains de l’exécutif municipal : il revient aussi au conseil municipal, qui représente le peuple. Cette fonction, je veux l’exercer avec sérieux, dans l’intérêt général des Montpelliérains.

    Vous critiquez notamment l’augmentation de la fiscalité. Pourquoi ?

    A.B. : Le problème est démocratique. Cette hausse des impôts était visiblement anticipée avant les élections, mais elle n’a pas été annoncée aux Montpelliérains pendant la campagne. Si Michaël Delafosse avait été honnête, il aurait permis un vrai débat budgétaire. Or cette hausse arrive quelques semaines après les municipales, dans les alcôves du conseil municipal et de la métropole. En plus, elle s’accompagne d’une baisse des investissements publics et des moyens pour les services publics : c’est un budget austéritaire. On ne peut pas augmenter la pression fiscale sans engager les investissements structurants dont la ville a besoin. Nous aurions fait d’autres choix : une régie publique de l’énergie, une politique volontariste du logement social et étudiant, ou encore la gratuité des cantines scolaires. L’alimentation n’est pas un bien marchand, c’est un bien commun.

    Vous mettez aussi en cause la responsabilité de l’État. Que lui reprochez-vous ?

    A.B. : Il y a un véritable hold-up de l’État sur les collectivités, commencé sous François Hollande et poursuivi depuis. Les dotations baissent ou stagnent, les fonds comme le fonds vert sont réduits, et les communes doivent chercher des subventions partout. L’État assèche les collectivités, tout en leur transférant toujours plus de charges. Cela réduit leur autonomie fiscale et abîme la démocratie locale. À Montpellier, où le taux de pauvreté est massif, autour de 24%, l’augmentation de la fiscalité est un double coup de massue, surtout avec le coût du logement.

  • Marseille reste suspendue au couperet préfectoral

    Marseille reste suspendue au couperet préfectoral

    Le maire (DVG) de Marseille avait été le dernier à prendre la parole lors de la conférence des maires le 21 avril, pour défendre le refus de voter le budget métropolitain. Et n’avait eu de cesse, dans la foulée, de cibler les attributions de compensations versées aux autres communes. La copie rendue ce jeudi par la Chambre régionale des comptes ressemble à un douloureux retour de flammes : la municipalité marseillaise paye le plus lourd tribut, avec une perte sèche de 36 millions d’euros sur la dotation de solidarité communautaire négociée en 2023. Sans compter les restrictions imposées à la RTM désormais dirigée par la maire adjointe (DVG) Samia Ghali, ou sur la gestion des déchets.

    « C’est une équation mathématique qui est proposée par la Chambre régionale des comptes, ce n’est pas un exercice politique, et ce n’est pas ce qu’on lui demandait », souligne-t-on dans les couloirs de l’hôtel de ville. En affichant une satisfaction sur l’exercice réalisé par les magistrats, « qui va dans le détail pour comprendre le fonctionnement du budget métropolitain », et le constat, « un réquisitoire assez sévère de la majorité précédente ».

    Mais face à la lourde peine infligée aux finances communales, on insiste : « Ce sera au préfet de trancher, les recommandations ne l’obligent en rien. » Même si l’avis ne dresse pas plusieurs options possibles, comme certains élus métropolitains l’espéraient. « Si le préfet choisit de toucher la dotation de solidarité communautaire, cette coupe serait très difficile à encaisser pour de nombreuses communes, appuie l’entourage du maire. La Métropole est faite pour faire de la solidarité entre les villes, le préfet connaît son fonctionnement et sera dans la recherche d’une solution pour l’intérêt général. » En se défendant de chercher à mettre la pression sur la préfecture. Même si on reconnaît qu’il faudra trouver des solutions politiques, à compter de 2027. D’autant plus face aux promesses d’un « new deal métropolitain » lancées dans la campagne des municipales, qui avec ces coupes imposées trouvent des obstacles de taille sur leur route.

  • [Budget Métropole] Les agents redoutent une dégradation des services

    [Budget Métropole] Les agents redoutent une dégradation des services

    Au moins 4,4 millions d’euros d’économie sur la « charge de personnel et frais assimilés »… C’est ce que propose la Chambre régionale des comptes (CRC) pour rééquilibrer le budget déficitaire de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Une économie sur les recrutements qui dégraderait les conditions de travail des agents et du service public, selon les syndicats.

    « Inquiet du gel d’une partie

    des recrutements »

    Bien que rassuré que la CRC ne préconise pas de baisse de salaire, Serge Tavano, secrétaire général du syndicat FSU-Territoriaux des Bouches-du-Rhône, se dit « inquiet du gel d’une partie des recrutements d’agents permanents ». Pour le syndicaliste, c’est le signe du « non-remplacement d’un départ sur deux ». Une perte de postes qui aura des conséquences sur les conditions de travail des agents, qu’ils soient dans l’administration ou l’opérationnel. « Parce qu’on demande souvent aux agents de faire des efforts et ils le font, car ils ont le sens du service public. Ils peuvent le faire sur du court terme, mais pas sur le long terme, ce n’est pas possible », s’alarme l’agent territorial.

    D’autant que cette baisse de budget risque de limiter le renouvellement des contractuels ou même leur recrutement, avec donc l’impossibilité de remplacer des arrêts maladies. Ce qui pourrait par exemple affecter le travail des éboueurs qui connaissent une augmentation de l’activité l’été. « On doit faire des choix budgétaires, mais pas sur les métiers de l’opérationnel », insiste-t-il.

    « Nous réclamons en urgence une table ronde avec l’ensemble des organisations syndicales pour que toute la transparence soit faite », partage de son côté la responsable de la CGT à la Métropole, Véronique Dolot, craignant les lourdes répercussions. « On essaie de présenter cela comme un exercice comptable, mais il s’agit bien de choix politiques, les seuls qui ont à y perdre sont les populations et les services publics. »

  • Forte mobilisation contre le « plan d’efficience » à l’hôpital d’Aubagne

    Forte mobilisation contre le « plan d’efficience » à l’hôpital d’Aubagne

    Ou plutôt un énième plan d’austérité avec « la suppression de 50 équivalents temps pleins », s’insurgent-ils. En un mot : « inacceptable ».

  • Des préconisations diversement appréciées

    Des préconisations diversement appréciées

    Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne

    « Ce ne sont que des préconisations pour le moment, car c’est le préfet qui va décider. Cependant, on est très inquiets pour la gratuité des transports sur le pays d’Aubagne. On ne peut pas d’un coup, d’un seul, supprimer ce qui a été acquis. La gratuité, c’est une institution ici. À ce sujet, d’ailleurs, je réaffirme qu’il faut se mobiliser, samedi, pour les transports de tout le pays aubagnais, à 10h devant la gare d’Aubagne (lire page 15). Il faut montrer que nous sommes mobilisés pour garder cette avancée sociale.

    Pour le reste, on est également inquiets, car on devrait aussi perdre la dotation de solidarité communautaire. Déjà que le budget était difficile à tenir, on se demande comment on va faire, on se pose des questions. ça va être très dur de tenir le budget, parce que là, on va presque perdre un million d’euros. Mais, pour l’instant, nous sommes dans l’incertitude, tant que le préfet n’a rien décidé. »

    Gaby Charroux,

    maire (PCF) de Martigues

    « D’après ce qu’on a pu voir, l’avis de la Chambre régionale des comptes est plutôt satisfaisant. D’abord, parce qu’elle se refuse à toucher aux attributions de compensation. À Martigues, cela représente 96 millions d’euros. Notre masse salariale municipale s’élevant à 92 millions, cela aurait signifié la suppression de centaines de postes municipaux. Il faut rappeler, aussi, que cet argent est une compensation de la suppression de la taxe professionnelle. Car quand les entreprises sont venues s’installer, il a fallu construire des écoles et des infrastructures, mais il faut continuer à les entretenir et les faire fonctionner. La Chambre a également décidé de ne pas proposer d’augmentation d’impôts. Ce qui signifie qu’ils font des économies sur les dotations de solidarité communautaires, en précisant le montant par ville. À Martigues, on perd 413 000 euros. À Marseille par contre, c’est 36 millions en moins, et c’est sûrement là que le bât blesse. On verra ce que le préfet décide. Mais la chambre régionale des comptes propose un axe à suivre, qui semble rigoureux et juste. Il faut rappeler que nous devons faire 140 millions d’euros d’économie sur un budget de 5 milliards d’euros. Selon moi, on aurait dû trouver des solutions au sein de la Métropole, mais je pense que l’on peut le faire. »

    Jérémy Bacchi, secrétaire du PCF

    des Bouches-du-Rhône

    « Nous ne voulons pas de l’austérité comme seul horizon. Les préconisations évoquées par la Chambre régionale des comptes mettent un coup d’arrêt aux projets de développement de notre territoire. Les répercussions sur les communes, déjà durement touchées par les coupes sombres des différents budgets de la nation, se voient à nouveau en première ligne. Elles sont pourtant un maillon essentiel de notre République, elles agissent dans la proximité pour faire vivre nos services publics et notre démocratie. Plutôt que de s’obstiner dans une logique austéritaire, il est urgent de repenser le développement de notre territoire pour créer de la richesse et donc des ressources supplémentaires à terme. Sans cela, notre territoire sera condamné au déclin, et avec lui, nos concitoyens et concitoyennes en paieront un lourd tribut. C’est pourquoi j’appelle M. le préfet, représentant de l’État, à prendre ses responsabilités pour faire prévaloir de solutions d’intérêt général ».

  • [Budget Métropole] Une « confirmation » selon Martine Vassal

    [Budget Métropole] Une « confirmation » selon Martine Vassal

    Elle clame : « rapport de la CRC : la vérité ! ». Pour l’élue, « la Chambre régionale des comptes vient de rendre une analyse rigoureuse de la situation budgétaire de la Métropole. Le rapport confirme qu’il ne s’agit pas d’un “trou” de 123 millions, mais d’un besoin de financement structurel de 140 millions pour développer les transports du XXIe siècle. Il ne s’agit pas d’une question de gestion. Il s’agit d’une question d’ambition pour notre territoire et du financement durable des mobilités de demain. Des infrastructures nouvelles, des services renforcés et une vision assumée pour les habitants. Une bonne gestion au service de la mobilité et de l’avenir métropolitain. » L’ancienne présidente de la Métropole a d’ailleurs réuni, ce jeudi, une soixantaine de maires et conseillers départementaux au domaine de l’étang des Aulnes, au moment où la CRC rendait son avis.