Tag: austérité

  • Marseille, carrefour des luttes pour la santé

    Marseille, carrefour des luttes pour la santé

    À l’appel de la CGT Santé et Action sociale et de la Fédération CGT des services publics, les salariés des secteurs de la santé, du social et du médico-social se mobilisent ce 15 septembre. Une journée de grève et de manifestation pour dénoncer le manque chronique de moyens, aggravé par les politiques d’austérité et les restrictions budgétaires. à Marseille, une manifestation régionale est prévue à 11 heures, au départ de la porte d’Aix.

    « Les réponses du gouvernement sont cyniques et inacceptables », pose la CGT Santé et Action sociale dans un communiqué, estimant que les besoins explosent tandis que les financements diminuent au détriment des patients, des personnes âgées ou en situation de handicap, des enfants et des familles.

    Alors que les organisations syndicales alertent sur la dégradation des conditions de travail, le manque de personnel et l’insuffisance des financements pour répondre aux besoins croissants, des délégations venues des six départements de la région sont attendues. Une cinquantaine de membres de l’union santé action sociale CGT 83 seront présents à Marseille pour la manifestation, avec un départ à 9h30 en bus depuis la gare routière de Toulon.

    L’UD CGT 04 a affrété un bus. Le convoi partira de Digne, passera par Mallemoisson, Peyruis et Manosque pour prendre la direction de la Porte d’Aix. « Des bus se préparent dans chaque département avec différents appels et des mots d’ordre qui dépassent le cadre de la santé. Le cortège partira de la Porte d’Aix en direction de la préfecture pour rejoindre les électriciens et converger sur les questions communes », explique Cédric Volait, coordinateur régional CGT santé et action sociale.

    L’enjeu du budget

    Parmi les revendications figurent une hausse générale des salaires, la revalorisation des carrières et l’attribution du Complément de traitement indiciaire à tous les agents. « La question des salaires est transversale. De plus en plus de personnels n’arrivent plus à vivre de leur travail. Je parlais avec une infirmière qui travaille douze heures par jour et doit faire des ménages à côté pour faire vivre ses enfants », raconte Cédric Volait.

    « La durée moyenne d’une infirmière dans un hôpital public, c’est trois ans. Alors qu’il y a encore une dizaine d’années, c’était cinq ou sept ans », abonde Greg Fontaine, co-secrétaire général de l’USCGT AP-HM. « Ils transforment nos grands hôpitaux en véritables usines à soins : les patients sont pris comme des numéros et se font soigner à la chaîne, avec des cadences absolument infernales et les collègues rentrent à l’hôpital comme à l’usine, avec le même stress et le même épuisement… »

    La CGT exige la reconnaissance des qualifications et de la pénibilité des métiers avec un retour de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, ainsi que des embauches massives. « On en est là en France en 2026 : il y a de plus en plus de millionnaires, on commande des porte-avions, des rafales, mais il n’y a plus rien pour la santé et l’éducation », reprend Cédric Volait, qui travaille dans le CHI de Manosque où le service des urgences a été contraint de fermer ses portes de manière récurrente, la nuit, faute d’urgentistes.

    La CGT réclame donc davantage de moyens pour la Sécurité sociale et le financement de la santé, l’arrêt des fermetures de lits et de services, leur réouverture, ainsi que le développement d’un grand service public de santé et d’action sociale.

    « L’enjeu du budget de la Sécurité sociale revient évidemment avec le PLFSS qui arrive. Le budget 2026 a été un des pires depuis 1996, et là, on nous annonce encore pire en 2027. Les personnels sont très inquiets et la population l’est aussi vis-à-vis d’une prise en charge qui se dégrade. Ce mode dégradé que de plus en plus d’établissements subissent impacte les personnels, mais aussi la prise en charge des patients : on ne peut plus soigner tout le monde. C’est donc un des gros enjeux de cette manif, obtenir un budget à la hauteur des besoins, arrêter de supprimer des lits et des personnels », conclut Cédric Volait.

    La recherche publique aussi dans la bataille

    Le SNTRS-CGT appelle les personnels de la recherche à se rassembler, mardi 15 septembre à 10 heures, devant la faculté Saint-Charles, à Marseille. Le syndicat dénonce des budgets jugés insuffisants pour les organismes de recherche, le gel des salaires dans la fonction publique, ainsi que le projet de rapprochement entre l’Institut recherche et développement et le CNRS, qu’il considère comme une menace pour l’avenir des établissements publics scientifiques. Cette mobilisation est organisée à l’occasion de la rentrée du Cneser. Ch.C.

  • De l’énergie à la santé, la colère fait front

    De l’énergie à la santé, la colère fait front

    Mobilisation sur plusieurs fronts, ce mardi, à Marseille et dans la région, où de nombreux temps forts vont muscler une journée de rentrée sociale qui s’annonce suivie. Dans le département des Bouches-du-Rhône, cette journée entend confirmer une volonté de convergence des luttes autour d’une exigence appuyée de mettre la question des salaires, de l’emploi et des services publics à l’agenda d’une campagne présidentielle qui s’installe tranquillement dans le paysage médiatique.

    En grève intersyndicale (FNME-CGT, CFE Énergies, FCE-CFDT et FO Énergie et Mines), ce mardi 15 septembre, les énergéticiens se mobilisent à l’appel de la CGT devant la préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille, à partir de 10h30. Le mot d’ordre est national et la mobilisation s’annonce suivie, avec des piquets de grève tenus dans plusieurs sites de production d’électricité et de gaz du territoire. à Avignon, la CGT énergies Grand-Avignon a, elle, fixé un rendez-vous devant la préfecture du Vaucluse.

    Dans la cité phocéenne, les agents des industries électriques et gazières seront rejoints, en fin de matinée, par les travailleurs des secteurs de la santé, du social et du médico-socio. Venus des six départements de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, ils prendront part à une grande manifestation régionale. Le rendez-vous est fixé à 11h à la porte d’Aix, d’où le cortège se mettra en branle en direction de la place Félix-Baret où siège la représentation de l’État. à quelques pas de là, à 10h, la CGT Educ’action se mobilisera devant la Direction des services de l’éducation nationale (DSDEN).

    Au même moment, c’est la SNTRS-CGT qui appelle à se mobiliser aux côtés des salariés des établissements de recherche publique, à l’occasion de la rentrée du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche. Le motif avancé ici est de dénoncer la situation budgétaire, le gel des salaires et la restructuration programmée de l’Institut recherche et développement (IRD) que le gouvernement Lecornu souhaite dissoudre dans le CNRS.

    Partout, le mot d’ordre est le même : dire stop à la casse du service public et aux politiques gouvernementales d’austérité qui impactent, de manière globale et frontale, autant les usagers que les salariés. Un premier round qui s’annonce d’ores et déjà intense avant la journée de grève et de manifestation nationale du 29 septembre, qui verra tous les agents de la fonction publique descendre dans la rue pour leurs salaires, leurs conditions de travail et les moyens alloués aux services publics.

    UN AGENDA SOCIAL CHARGÉ

    20 septembre. Mobilisation contre la loi « permis de tuer »

    Manifestations prévues dans plusieurs villes de la région contre la loi dite du « permis de tuer ».

    21 septembre. Semaine d’action de la CGT Spectacle et marche pour paix

    La CGT Spectacle et plusieurs organisations progressistes du monde de la culture, appellent à « une semaine d’actions à partir du 21 septembre avec comme point fort le 26 septembre ».

    Cela tombe bien, le 21 marque la Journée mondiale pour la paix : plusieurs rassemblements sont organisés par le Mouvement de la paix.

    26 septembre. Marches pour le climat

    Organisation de « marches pour le climat, la paix et les solidarités » dans plus de 50 villes en France.

    28 septembre. Mobilisations pour le droit à l’avortement

    De nombreuses associations féministes appellent à la mobilisation dans le cadre de la Journée mondiale pour le droit à l’avortement.

    29 septembre. Grève et manifestation de la fonction publique

    CGT, FSU, FO et Sud appellent à une journée de grève pour la défense des services publics et contre le budget prévu par le gouvernement.

    ET AUSSI

    Toulon et Fréjus

    Deux assemblées générales de grève sont prévues de 10h à 15h à Toulon (boulevard de la Démocratie) et à Fréjus (site d’Enedis), avec comme mot d’ordre « la défense du statut et du tarif agent ».

    Avignon

    Rassemblement à 10h devant la préfecture d’Avignon, boulevard Limbert, à l’appel de la CGT Énergies Grand Avignon.

    Gap

    L’intersyndicale (CGT, CFE, CFDT et FO) appelle au rassemblement devant le siège d’Enedis, 6, rue du Verger à Gap, dès 10h.

    « verbatim »

  • Leçons espagnoles

    Leçons espagnoles

    Parmi les nombreuses questions que soulèvent le dérèglement climatique figure la question du travail, comme on a encore pu le voir cet été, en France. La raison pour laquelle le ministre du Travail Farandou était en déplacement en Espagne, pour voir comment ce pays, confronté depuis longtemps à des températures élevées, fait pour continuer à produire. Car c’est bien la question centrale qui l’anime comme elle obnubile les décideurs économiques.
    « L’Espagne sait fonctionner en dépit de températures élevées, donc la réponse n’est pas de tout arrêter, mais de s’adapter », a ainsi conclu le ministre du Travail au terme de son « voyage d’étude ». Sans jouer les décroissants ou nier l’importance de la production, la priorité doit pourtant être sur la santé des travailleurs.

    Importance des syndicats

    D’où l’importance des syndicats. Car ce que montre aussi l’exemple espagnol, c’est que sans rapport de force, les entreprises peuvent rechigner à appliquer les lois. Pour triste preuve, les 264 morts au travail encore recensés, lors de l’été 2025, dans la région de Castilla-La Mancha, malgré une législation à la pointe et dont le gouvernement français est venu s’inspirer. Autre leçon hispanique : les syndicats doivent pouvoir s’appuyer sur des contrôles pour faire vérifier que les lois sont appliquées.

    Ce qui rappelle le caractère essentiel des agents publics. Une option sur laquelle les libéraux ne cessent de rogner et que le gouvernement Lecornu entend bien poursuivre avec sa cure d’austérité annoncée. Une option mortifère que les progressistes doivent parvenir à renverser.

  • La Métropole Aix-Marseille face à l’inconnu

    La Métropole Aix-Marseille face à l’inconnu

    Pour la deuxième fois cette année, les élus de la Métropole Aix-Marseille menacent de ne pas voter un budget à l’équilibre. Après plusieurs heures d’échanges ce mercredi après-midi entre les équipes du président (LR) de l’institution Nicolas Isnard et celles du maire (DVG) de Marseille Benoît Payan, chacun campe sur ses positions. Malgré les demandes de report, l’ordre du jour du conseil métropolitain qui se tient ce jeudi après-midi reste donc inchangé, avec en point d’orgue la modification du budget arrêté au mois de juin par le préfet après la mise sous tutelle de l’institution. Et le choix de reporter sur Marseille l’essentiel des coupes dans l’argent reversé aux communes, à hauteur de 36 millions d’euros.

    Quelles communes touchées ?

    Après le refus, le 28 avril dernier, de l’hémicycle métropolitain de voter son budget, le préfet avait imposé 91 millions d’euros de coupes sombres dans les dépenses de l’intercommunalité, et 53 millions dans les attributions de compensations reversées aux municipalités sur la base de l’ancienne taxe professionnelle. Une solution qui touche les communes industrielles en premier lieu. L’ordre du jour du conseil métropolitain reprend, elle, la proposition de la chambre régionale des comptes : la deuxième délibération ponctionne le même montant mais sur la dotation de solidarité créée en 2022 pour compenser les inégalités entre communes. Si Marseille paie l’essentiel, « pour d’autres communes l’incidence est plus forte », pointe le vice-président aux finances David Ytier. Mais l’option du préfet pesait plus encore sur les budgets des municipalités concernées. Cette délibération, sur laquelle repose l’équilibre de la modification budgétaire, nécessite une majorité des deux tiers. 80 voix suffisent donc pour la bloquer, moins s’il y a des abstentions.

    Le fonds de concours questionné

    Pour faire passer la pilule, la conférence des maires le 8 juillet proposait un fond de concours pour les investissements des communes, qui compense « euro par euro » la perte de leur dotation. Si 90 communes ont déposé leur demande, la préfecture a averti, dans une note datée du 2 septembre, que celles-ci « sont sans valeurs » sans vote des conseils, et que ne sont pas concernés les projets déjà achevés. D’autres sont exclus, comme les 2,75 millions d’euros demandés par Marseille pour le verdissement de sa flotte automobile. Si elle sème le trouble chez les maires, la note précise bien que si la demande de subvention respecte le cadre légal rappelé, « elle est recevable ».

    Le retour des magistrats financiers ?

    Lors de la réunion lundi des maires de la gauche métropolitaine, Benoît Payan a proposé de ne toucher à aucune des dotations reversées aux communes. Et donc assumer un trou dans le budget de 53 millions d’euros. « Un nouveau dialogue pourrait s’ouvrir avec la chambre régionale des comptes sur les conditions du retour à l’équilibre », explique le maire de Marseille dans un courrier au président de la Métropole. Reconnaissant que le résultat est incertain. « Si la majorité des maires est prête à se faire hara-kiri et sauter dans les bras des magistrats, on l’entendra », tance l’argentier métropolitain. À gauche, on avance le précédent du Département de Gironde avec un plan de retour à l’équilibre jusqu’en 2029 sous le retour de la chambre régionale des comptes. Et des coupes budgétaires sévères qui entraînent de nombreux licenciements dans le secteur social.

    Aménagements budgétaires

    Pour David Ytier, ce retour par la case des magistrats financiers risque de faire perdre les aménagements budgétaires proposés ce jeudi à la marge des 91 millions d’euros de coupes. « Nous allongeons les crédits [à hauteur de 1,8 million, ndlr] pour ne pas mettre en péril la paie des salaires », témoigne-t-il. En cas de blocage, ce montant sera répercuté sur les communes. La décision modificative sanctuarise aussi 3,5 millions d’euros en plus de subventions aux associations, ainsi que 2 millions pour sécuriser les parkings, 1,6 million pour l’entretien de la voirie.

    Bloc contre bloc

    Après le courrier de Benoît Payan, Nicolas Isnard a réuni ce mercredi matin en visioconférence l’ensemble des maires, hors le groupe de la gauche métropolitaine. De quoi s’assurer de leur soutien. En soirée, les communes de gauche ont acté aussi leur approbation, sauf Aubagne et surtout Marseille. « Si ce jeudi la proposition est de tirer une balle dans le pied de Marseille, je ne tiendrai pas le pistolet », annonce Benoît Payan dans les colonnes de La Provence. « Côté gauche marseillaise, pas une voix ne manquera à l’appel », prévient son entourage. Ce n’est pas le cas à droite : «A un moment, il y a le mur de la réalité », défend Romain Simmarano (Ren.).

    Les impôts questionnés

    « Je ne voterai pas d’augmentation de fiscalité si la ville de Marseille perd au passage près de 40 millions d’euros », lance aussi Benoît Payan. L’ordre du jour prévoit de revenir sur les exonérations accordées depuis le Covid pour les créations d’entreprises, que la Métropole était la dernière à appliquer, ainsi que pour celles qui louent des meublés. Il est proposé de baisser leur cotisation foncière pour les plus petites, l’augmenter pour les autres. Au total 26 millions de recettes sont attendues en 2027, une « ligne rouge » pour l’extrême droite qui annonce donc ne pas soutenir les délibérations budgétaires. De quoi renforcer la minorité de blocage marseillaise.

    Quel exécutif ?

    Avec ce refus, les Marseillais voteraient donc contre l’exécutif métropolitain, où ils ont pourtant cinq sièges. De quoi rebattre les cartes ? « Si le président considère qu’il faut revoir l’exécutif, alors il me trouvera à ses côtés pour revoir l’intégralité de l’exécutif », avance Benoît Payan.

    EN CHIFFRES

    53 millions

    C’est la somme qui doit être ponctionnée sur la dotation de solidarité communautaire (DSC) sur les 66 millions d’euros initialement prévus dans le pacte financier et fiscal de la Métropole, dont 36 millions sur la dotation marseillaise, 1,3 million pour Aix-en-Provence, 1 million pour Salon-de-Provence . Une délibération promet de rétablir les montants initiaux en 2027.

    26 millions

    C’est le montant des hausses d’impôts proposées à l’ordre du jour du conseil, applicables au 1er janvier 2027. L’essentiel, à hauteur de 19 millions d’euros, est assuré par la revalorisation de la cotisation foncière des entreprises, qui n’avait pas évolué depuis 2016 et était plus lourde pour les petites entreprises. 74 600 d’entre elles verront leur taux baisser.

    12 millions

    C’est le montant des crédits supplémentaires inscrits en fonctionnement sur le budget principal de la Métropole dans sa décision budgétaire modificative. Une augmentation de seulement 0,8% par rapport au budget du préfet. 4,4 millions sont inscrits «pour permettre d’assurer le fonctionnement a minima du service public», et 3,5 millions pour les associations.

    240 millions

    C’est le trou budgétaire attendu pour 2027 si la Métropole devait respecter la trajectoire de son pacte financier et fiscal. Une réunion est prévue le 15 septembre à Aix pour redéfinir ces objectifs, avec un besoin estimé entre 100 et 150 millions d’euros. Quant au budget des transports, il devrait être modifié le 15 octobre. Avec en ligne de mire la révision des tarifs et de la gratuité.

  • Intenable

    Intenable

    Les élus métropolitains d’Aix-Marseille-Provence sont amenés à se prononcer sur le budget 2026 de l’institution ce jeudi.

    Ils avaient refusé de l’adopter en mai dernier pour pointer l’incohérence de l’État qui avait contribué à financer un investissement massif dans les infrastructures avant de réduire les moyens de fonctionnement de la Métropole comme des autres collectivités du pays.

    Le bras de fer s’était soldé par une copie du budget revue et corrigée par la chambre régionale des comptes et le préfet, bien loin des espérances des élus.

    Démocratie

    En effet, l’alignement du versement mobilité des entreprises sur le taux pratiqué en région parisienne n’a pas été décidé. Pire, les attributions de compensation, ces versements réalisés en contrepartie de la suppression de la taxe professionnelle par Nicolas Sarkozy ont été attaquées sans que Marseille, la ville centre, ne reçoive l’assurance d’être mieux traitée.

    Dans ces conditions, la Métropole des maires prônée par le nouveau président de l’institution Nicolas Isnard, se mue en Métropole des maires chargés de serrer les budgets.

    Quelle que soit l’issue du vote sur le budget 2026, cette trajectoire est intenable pour la suite.

    La Métropole imposée d’en haut, n’a pas les moyens des ambitions qui lui ont été assignées. L’aménagement libéral du territoire est une impasse. Peu importe l’avenir de cette institution, les aspirations démocratiques exprimées lors des dernières municipales par le peuple doivent trouver une traduction concrète. L’austérité n’est pas la solution, c’est le problème.

  • Aix-Marseille : des élèves fouillés le premier jour du lycée

    Aix-Marseille : des élèves fouillés le premier jour du lycée

    Des chiens, des policiers et des gendarmes devant les grilles du nouveau bahut. C’est ce qu’ont vécu des élèves de seconde des lycées Nelson-Mandela à Marseille (12e) et Fourcade à Gardanne, mardi, le jour de leur rentrée. Au programme : fouille des sacs des élèves sélectionnés et contrôle des chauffeurs de bus. Une pratique possible depuis la circulaire de mars 2025, conjointement signée par Élisabeth Borne et Bruno Retailleau, alors respectivement ministre (Ren.) de l’Éducation nationale et ministre (LR) de l’Intérieur, qui autorise donc aux forces de l’ordre des fouilles aléatoires et inopinées des sacs et cartables aux abords ou à l’entrée des collèges et lycées.

    Des méthodes déjà dénoncées dans le passé par l’intersyndicale des enseignants du secondaire et que le Snes-FSU juge d’autant plus violentes le jour d’une rentrée. « Ce qui nous a particulièrement choqués, c’est que ça se fasse le jour de la rentrée des secondes, s’indigne Salima Ouannaï, secrétaire académique adjointe du Snes-FSU Aix-Marseille. Nous avons été contactés par les personnels des établissements en question, qui ont été particulièrement choqués, de même que les élèves. »

    L’opération a en effet fortement mécontenté plusieurs enseignants du lycée Fourcade, prévenus lundi, lors de la pré-rentrée, de la venue des officiers de gendarmerie. Ils parlaient alors, dans un communiqué de presse, d’un déploiement « inadapté » et susceptible de « créer un stress inutile pour les enfants et leurs parents », cités par La Provence. « Voilà donc le message envoyé à la jeunesse pour son premier jour au lycée : bienvenue, vous êtes d’abord considérés comme une menace. (…) Beaucoup de stress, aucun objet découvert et une rentrée transformée en opération de communication sécuritaire. Nous dénonçons fermement ces pratiques. Elles instaurent un climat de suspicion et stigmatisent les élèves », fronde de son côté le Snes-FSU.

    « Masquer un manque

    de moyens »

    Au-delà des méthodes jugées inadéquates, c’est l’utilité même de ce genre d’opération que le Snes-FSU réfute. « On envoie un mauvais message aux jeunes, en leur faisant comprendre que ce sont des fauteurs de troubles, tout en suggérant que l’école est un lieu dangereux, note Salima Ouannaï. Une vision passéiste d’abord, mais aussi totalement inefficace. » Pour elle, comme pour ses camarades du Snes-FSU, c’est de personnels dont a besoin l’Éducation nationale pour lutter contre les violences scolaires, pour que les élèves puissent être accompagnés. « On veut de la prévention et des solutions qui soient éducatives, poursuit-elle. On manque de CPE, d’AED [surveillants], de psychologues et d’assistantes sociales et, à Marseille comme ailleurs, on refuse la création de postes. Cette circulaire est juste une façon de communiquer pour masquer le manque de moyens. »

  • À Béziers, le PCF lancera la campagne de Roussel

    À Béziers, le PCF lancera la campagne de Roussel

    C’est un heureux hasard du calendrier que les communistes du Biterrois comptent bien mettre à profit pour donner leur coup d’envoi symbolique de la campagne.

    Dimanche 6 septembre (10h-18h) se tiendra, aux jardins
    de la Plantade, la 43e fête* du PCF de l’ouest héraultais. Réunissant chaque année plus d’un millier de militants, sympathisants et curieux (l’entrée au parc est gratuite et ouverte à tous) autour d’un grand débat, d’un repas et d’animations, l’événement, qui constitue « la seule rentrée politique dans le Biterrois », insiste Nicolas Cossange, tombe cette année le jour de l’investiture PCF à la présidentielle.

    « On pourra encore voter le matin même à condition d’être à jour de cotisation depuis au moins 3 mois », précise l’ancien secrétaire du PCF 34, désormais à la tête de la section de Béziers. Autant dire qu’après avoir dégusté la paella, les communistes devraient apprendre pendant les animations musicales l’officialisation de la candidature de Fabien Roussel à l’Élysée, qui semble une formalité.

    Changer de modèle

    À Béziers, l’issue du vote des adhérents PCF ne fait aucun doute. Même si les reproches de 2022 restent dans les esprits (il n’avait manqué que 400 000 voix à Mélenchon pour accéder au 2nd tour alors que Roussel en avait fait le double), une candidature communiste au 1er tour est jugée nécessaire pour porter les idées de rupture. « C’est le moment d’exposer ce que nous voulons : changer le fond des choses : passer de la social-démocratie au socialisme », pose Aimé Couquet.

    Pour ce membre historique de la section, « il faut sortir du piège de la présidentielle ». « On ne divise rien du tout. En 1981, il a fallu un PCF à 15% pour que Mitterrand soit élu. Sans un PCF qui fait des voix au 1er tour, on [la gauche de transformation sociale, Ndlr] ne gagnera pas au second. » Nicolas Cossange va dans son sens. « Bien sûr que les communistes se posent des questions [vu le risque RN, Ndlr] mais on s’est doté d’un processus démocratique. C’est autre chose que de dire : je suis candidat, allez cliquer pour me soutenir », critique-t-il à l’égard de Jean-Luc Mélenchon.

    Pour N. Cossange, le vrai problème c’est le poids de la gauche. « Tant qu’elle pèsera 30% toute mouillée… » Pour y remédier, quoi de mieux que de débattre pour expliquer en quoi « la société capitaliste nous mène dans le mur ». « Oui à la paix, non à l’austérité ! » sera d’ailleurs le thème du débat animé dès 11h par la secrétaire héraultaise, Clara Gimenez. Compte tenu du calendrier, il sera sans doute un peu question de Sénatoriales et de la séquence présidentielle/législatives de 2027. « Un débat, on sait comment ça commence mais jamais où ça finit », sourit N. Cossange.

    Quoi qu’il en soit, les communistes n’ont pas l’intention d’être cantonnés au simple témoignage. « Entre la canicule, les incendies et maintenant la tempête, l’été nous a rappelé combien il est urgent d’agir, de planifier. La 7e puissance mondiale est tout à fait capable de produire ses propres Canadairs. Il y a d’autres choix que le tout militaire », harangue N. Cossange. Cela vaut aussi pour l’économie commandée par les forces de l’argent. « On a besoin de travailler la question des salaires et de réindustrialiser. On voit bien avec les taux de pauvreté d’Agde/Pézenas que même le tourisme de masse ne redistribue pas beaucoup de richesses. » Aimé Couquet abonde : « Un parc d’attractions comme celui de Macron et Mohammed Ben Salmane, ça ne produit rien du tout. Il faut faire revenir de la production dans notre pays et donner les moyens aux travailleurs de pouvoir organiser leurs entreprises ». En somme changer totalement de modèle. Un point sur lequel le PCF va sûrement plus loin que la France insoumise.

    * 10h ouverture des stands
    et du vide-grenier (inscriptions
     : 07.66.28.71.05). 11h débat. 13h paella (réservations 04.67.76.43.78.). 14h30 animations avec Sophie Pascual, conteuse (histoires cubaines) et Les Z’étourdis (chansons engagées). 18h : Tirage tombola et clôture.

  • Une bouffée d’espoir

    Une bouffée d’espoir

    Il y a la dette, le déficit public… tout le monde doit passer à la caisse, c’est comme ça, nous expliquait doctement la semaine dernière, David Amiel, le ministre des Comptes publics, rappelant le cap donné par Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron qui se résume
    en trois mots : « Austérité, austérité
    et austérité.
     » Mais attention, nous disait aussi le ministre, les très riches ont déjà donné les deux dernières années… il ne faudrait surtout pas les accabler de gros mots comme « impôts », « taxes », « prélèvements », « contribution » ou « charges ». Leur représentant syndical, le président du Medef, Patrick Martin, dénonce avec force le « carcan » français et appelle en bon capitaliste à « libérer » l’économie selon un axiome bien connu : moins d’impôts, moins de charges, plus de marges, plus de dividendes.

    Moins de salaires, plus de profits

    Cette course aux profits maximum et court-termiste, poursuivie des décennies durant, tape le mur, de plein fouet. Lorsque des salariés sont obligés d’aller aux Restos du cœur ou au Secours populaire pour manger, lorsque des centaines
    de milliers de familles n’arrivent plus à se loger correctement, lorsque
    les travailleurs qui
    ont pour ambition de vivre dignement et honnêtement de leur labeur, n’arrivent plus à faire un plein d’essence pour se rendre au bureau ou à l’usine, quand les budgets des services publics et des collectivités sont réduits à la portion congrue. Détricotant, fil après fil, notre modèle social français. Cette année d’élection doit nourrir l’espoir d’un changement radical de politique en lien direct avec ce mouvement social en ébullition. Comme
    une bouffée d’espoir.

  • La rentrée frappée par des fermetures de classes

    La rentrée frappée par des fermetures de classes

    « Avez-vous le chiffre des fermetures de classes cette année et à venir, notamment en milieu rural ? À cette question posée, mardi 25 août à Paris, lors d’une rencontre avec des titres de la presse régionale (La Marseillaise n’a pas été conviée), le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a préféré botter en touche. « Pour cette rentrée, nous avions tablé sur 150 000 élèves de moins. En fait, c’est 161 000 élèves de moins dans le système éducatif à la rentrée. Nous sommes à peine à 11,6 millions d’élèves contre 12,3 millions en 2017. Nous sommes sur une baisse démographique majeure. Moi, je ne veux pas qu’un maire découvre en mars ce qu’il fait en septembre. » Pour la précision de la réponse, on repassera. Les chiffres sont pourtant connus, département par département, commune par commune. Et le constat est sec : la baisse de la démographie sert de prétexte au gouvernement pour faire des économies budgétaires.

    Dans les départements du Gard et de l’Hérault, en cette veille de rentrée scolaire, mardi 1er septembre pour les élèves (la veille pour les enseignants), les suppressions de classes dans le premier degré (maternelle et primaire) se comptent par dizaines. Le Gard perd 58 classes pour seulement 15 ouvertures. Le département voisin de l’Hérault paie le prix fort avec 100 classes fermées pour seulement 60 ouvertures. 20 postes d’enseignants sont aussi supprimés.

    Les directeurs académiques des services de l’Éducation nationale, les Dasen, appliquent les directives du ministère et les rencontres avec les syndicats au sein des CSA (comités sociaux d’administration) se sont considérablement tendues au fur et à mesure que les projets de suppressions de classes se confirmaient.

    Pour le SNUipp de l’Hérault, principal syndicat dans le premier degré, « les syndicats font l’amer constat que ce sont des écoles de même profil, dans les mêmes quartiers, qui sont impactées par ces décisions injustes, sans prendre en compte les difficultés du terrain. Ce qui exacerbe le sentiment d’iniquité ressenti par les habitants et les collègues. » Dans le Gard, la quasi-totalité des syndicats a voté fin juin contre les 58 fermetures de classes dont 20 classes en éducation prioritaires, près de la moitié d’entre elles étant situées à Nîmes, détaille le Syndicat des enseignants Unsa. « La parole des parents et des organisations syndicales représentant les personnels n’est pas entendue » renchérit le SUipp34.

    Dans ce contexte, les résultats du dernier baromètre du Syndicat des enseignants Unsa n’ont rien d’étonnant. Ils sont ainsi trois sur quatre à se déclarer inquiets sur leur avenir, et 71% ne se sentent ni respectés ni reconnus dans l’exercice de leur métier, selon cette enquête à laquelle ont répondu plus de 42 000 agents et rendue publique à la veille de la rentrée.

    « Le salaire, fatigue majeure des personnels »

    « Ça dit quelque chose de très important de la défiance qui s’est installée entre les personnels et entre les politiques éducatives qui ont été conduites ces dernières années », souligne la secrétaire générale du syndicat enseignant, Élisabeth Allain-Moreno. « Le salaire est devenu la fatigue majeure des personnels de l’Éducation nationale », ajoute Julie Duhamel, secrétaire nationale du SE-Unsa. Pour 48% des répondants, le mot qui vient spontanément à l’esprit lorsqu’ils pensent à leur travail est celui de « salaire », soit une hausse de 14 points par rapport à 2024. « Pour nombre d’entre eux, le salaire de base n’est plus suffisant pour vivre correctement de son métier », a-t-elle déploré. Le syndicat réclame une revalorisation générale des rémunérations, plutôt qu’un recours accumulé aux primes qui ne rentrent pas dans le calcul de la retraite. Pour Élisabeth Allain-Moreno, le malaise est le résultat de choix politiques accumulés depuis plusieurs années. « Le désengagement du gouvernement dans le service public » depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir en 2017 « à des conséquences dramatiques », a-t-elle jugé.

    Chère cantine à Béziers

    Alors que l’État met fin à l’expérimentation de l’uniforme à l’école, le maire d’extrême droite de Béziers le généralise au frais des Biterrois. En revanche, dénoncent les communistes, Robert Ménard n’a pas vanté la hausse des tarifs de la cantine de 20cts par repas. « C’est un coup dur pour les familles les plus précaires. » Le PCF demande l’annulation de la mesure et la création d’un échelon de gratuité « pour les familles les plus modestes. »

  • Le gouvernement maintient le cap de l’austérité

    Le gouvernement maintient le cap de l’austérité

    Comme si le « tous » était égalitaire… Pour le ministre des Comptes publics, « l’urgence dans le cadre du budget 2027, c’est d’éviter une dérive très grave des finances publiques, de continuer à réduire les déficits », a-t-il expliqué. Une raison nécessaire et suffisante, selon lui, pour poursuivre et amplifier la cure d’austérité qui touche aujourd’hui tous les pans de l’action publique et pèse tous les jours d’avantage sur le quotidien des citoyens. Et pour ceux qui espèrent que Bercy aille regarder du côté des milliardaires, le ministre prévient : « Demander des efforts aux plus fortunés, on l’a déjà fait dans les budgets précédents, ceux de 2024, ceux de 2025, c’était la contribution différentielle sur les hauts revenus, par exemple. Cela fera évidemment partie des débats légitimes », a-t-il insisté.

    Le Premier ministre Sébastien Lecornu a envoyé samedi un courrier aux parlementaires, les mettant en garde contre la tentation d’attendre la présidentielle pour adopter un budget en 2027. Parmi les pistes, figure l’idée d’une moindre revalorisation des pensions de retraite pour les plus aisés : « c’est un débat qui sera évidemment incontournable », a souligné David Amiel.

    Son cabinet précise que « si rien n’est fait, le coût des retraites augmentera d’environ 12 milliards d’euros l’année prochaine, pour moitié en raison de l’indexation, mais aussi à cause du vieillissement de la population ».

    Les retraités dans le viseur

    « Voyons ensemble si on peut demander aux retraités un effort, un effort réel, mais qui consiste à ne pas être augmenté autant que l’inflation », a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure, lundi également, sur BFMTV/RMC.

    « Un retraité qui gagne aujourd’hui 2 000 euros par mois, l’inflation, elle est à 2%, c’est 40 euros en plus. La question, c’est : est-ce qu’on met en place tous ces 40 euros ou moins. Il n’y a pas un salarié en France, à part ceux qui sont au Smic, qui sont automatiquement indexés », a-t-il ajouté.

    La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, a pour sa part souligné sur LCI qu’« aucune contribution supplémentaire des retraités n'[avait] été arbitrée à l’heure où on se parle. Pour autant, c’est un débat qui aura lieu, (…) on ne peut pas demander aux actifs, à ceux qui travaillent, aux salariés de contribuer seuls à l’effort national ».

    « Je promets aux Français que le gouvernement ne proposera aucune hausse d’impôts supplémentaires en 2027 par rapport à 2026. C’est ensuite aux parlementaires, encore une fois, d’en débattre », a-t-elle en outre assuré.

    Par ailleurs, Maud Bregeon a confirmé qu’une prolongation de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises « [faisait] partie des pistes étudiées par le gouvernement », mais « ça n’est pas tranché puisqu’il est trop tôt pour apporter des choix définitifs ». « Si on peut la baisser, on le fera, mais aujourd’hui, ce n’est pas facile », a de son côté concédé Roland Lescure.

    Il a également reconnu que l’objectif d’un déficit public à 5% du PIB l’an prochain, « [n’était] pas gagné » : « on va faire tout ce qu’on peut pour être le plus près possible de 5% ».

    Il a par ailleurs ajouté que la croissance risque d’être pénalisée par « un été difficile. Les canicules, les incendies, ça a un impact sur la production agricole, l’économie ».

    Quant au plafond global des franchises médicales (restes à charge payés par l’assuré) que le gouvernement voulait initialement doubler, il va finalement être porté à 140 euros, soit une hausse de 40%, selon un projet de décret consulté lundi par l’AFP.