Tag: Audrey Garino

  • Martine Vassal concède des Assises de la protection de l’enfance

    Martine Vassal concède des Assises de la protection de l’enfance

    La demande est réitérée depuis près de cinq ans, lors de chaque séance publique, par le groupe communiste. Vendredi, Martine Vassal, la présidente (DVD) du Conseil départemental, y a enfin répondu favorablement. Des Assises de la protection de l’enfance seront organisées en 2026 dans les Bouches-du-Rhône.

    Le matin même dans nos colonnes, Gérard Frau, le président du groupe PCF, expliquait son intention de saisir le préfet si la nouvelle demande qui allait être formulée restait encore sans réponse. « Nous les demandons pour mettre autour de la table l’ensemble des acteurs : État, familles, structures associatives, syndicats, professionnels, ARS, justice… Martine Vassal ne peut pas y échapper. Ce n’est pas une posture politique », martelait l’élu de Martigues.

    En séance, c’est sa camarade Audrey Garino qui a pris la parole sur le sujet et exigé la tenue de ce rendez-vous, en se saisissant du rapport n°9. Il portait sur les actions en justice du Département, dont un grand nombre concernait des mineurs non accompagnés. Ces MNA face auxquels la collectivité a été plusieurs fois condamnée pour défaut de prise en charge.

    Il y a quelques jours, Audrey Garino avait reçu, avec son groupe, le collectif Alerte protection enfance 13, regroupant la plupart des associations du département travaillant dans ce secteur. Elles représentent 4 000 salariés et plus de 80% des enfants confiés.

    Ligne claire, méthode

    et stratégie à long terme

    « Des structures, pour certaines centenaires, qui se regroupent pour la première fois et prennent la parole pour alerter et dénoncer, et c’est leurs mots, une maltraitance institutionnelle systémique qui touchent les enfants, les familles et les professionnels », martèle l’élue marseillaise. Changements de tarification unilatéraux et rétroactifs fragilisant les structures, évolutions réglementaires, comme la fin du dispositif de placement à domicile, sans discussion ni concertation : « Ce constat, lourd, terrible, pèse évidemment sur la qualité de prise en charge que nous devons à ces enfants et conduit à des dérives inacceptables régulièrement dénoncées dans la presse. »

    « Trois ans après le rapport de l’IGAS, aucun redressement structurel n’a été engagé, aucune inflexion réelle… la situation s’est même détériorée », abonde Azad Kazadjian (PS). Pour le groupe communiste, l’objectif des Assises « est d’établir une ligne claire, une méthode et une stratégie à long terme au bénéfice des enfants suivis », rappelle un communiqué saluant la décision de Martine Vassal et assurant leur plein engagement dans l’organisation de cet événement. Le rendez-vous aura lieu en juin prochain.

    Un calendrier pensé pour enjamber les municipales et « ne pas faire du dossier un sujet de la campagne municipale », glisse l’entourage de la présidente. Son organisation sera confiée à Agnès Amiel, conseillère déléguée à l’enfance et la famille, Audrey Garino et Denis Rossi.

    « Il faut prendre le problème à bras le corps, nous avons créé la maison des discriminations, nous avons travaillé sur l’observatoire de l’enfance avec un petit livret qui va sortir, le 17 décembre a lieu l’observatoire de l’enfance, et nous aurons ces Assises en juin, conclut Martine Vassal. On en a besoin parce que nos enfants en valent la peine, parce qu’il faut qu’on soit exemplaires sur les Bouches-du-Rhône et parce que je veux qu’on le soit ensemble pour l’avenir de ces petits. » Mieux vaut tard que jamais.

  • Au Département, l’opposition de gauche dénonce la gestion des aides

    Au Département, l’opposition de gauche dénonce la gestion des aides

    Budget après budget, l’addition ne passe pas pour l’opposition de gauche au conseil départemental. La révélation ce mardi dans nos colonnes d’un rapport de la chambre régionale des comptes épinglant les subventions de la collectivité aux communes a donc logiquement vivement fait réagir parmi les élus du Printemps marseillais. D’autant plus dans l’atmosphère de campagne des municipales qui s’installe rapidement. « Le rapport met en exergue des points qui ne nous surprennent pas, appuie ainsi l’adjointe marseillaise aux solidarités, Audrey Garino (PCF). Les finances du Département sont excessivement mal gérées, l’augmentation de la dette est incroyable, et nous avons souvent dénoncé l’opacité des aides aux communes. » Rappelant que la Ville de Marseille ne touche que 2,3% de ce pactole, elle réclame : « Nous demandons des critères, une mise à plat, et que Marseille soit traitée de façon égalitaire avec les autres villes du département. »

    La tonalité est la même pour le président du groupe socialiste Anthony Krehmeier. « C’est ce qu’on raconte de séance en séance, de budget en budget, insiste-t-il. On a des subventions aux communes qui représentent 55% de la dette, c’est de la folie ! » Si le poids de la ville de Marseille était respecté, calcule-t-il, elle toucherait 80 millions d’euros, au lieu des 4 millions reçus en 2024. Déplorant aussi une mise sous perfusion de la Métropole « quasiment en faillite ». « Et pour quel résultat, si ce n’est maintenir la présidente à son poste ? » tacle le maire des 2-3. Le reste de la gauche marseillaise n’est pas en reste, à l’image de la maire (GRS) des 1-7 Sophie Camard qui dénonce un « mélange d’intérêts pour se maintenir au pouvoir », tandis que l’adjoint (PM) aux écoles Pierre-Marie Ganozzi s’interroge : « Serait-ce la définition du clientélisme ? »

  • La grande famille lève un dernier verre avec Pierre Guille

    La grande famille lève un dernier verre avec Pierre Guille

    Beaucoup d’émotions ce lundi soir dans les Rotatives de La Marseillaise, où Pierre Guille, directeur des événements et des partenariats du journal et président délégué du Mondial à pétanque, a fait ses adieux à « la grande maison » dans laquelle il est entré le 1er juillet 1995. « Je le dis souvent et ne cesserai de le dire. La Marseillaise est une famille. Elle est composée par ses salariés, ses retraités, ses bénévoles et ses soutiens. Cette famille est précieuse, il faut en prendre grande soin », a lancé très ému, dans un discours d’adieu chaleureusement applaudi, celui qui part vers de nouvelles aventures avec le groupe Suez.

    Une grande partie de cette famille était réunie autour de lui pour ce dernier au revoir. Ses proches en premier lieu, Marie, sa compagne, Yousra, son ex-femme, et leurs deux enfants, Yanis et Sofia. Les dirigeants actuels du journal aussi, Léo Purguette, le président et directeur éditorial, Jean-Jacques Schneider, le directeur général, mais aussi Rafaël Jacquelain et Sophie Girard, les directeurs commerciaux qui prendront sa relève avec Maryan Barthelemy, le nouveau venu.

    Les bénévoles étaient là aussi, chevilles ouvrières de l’organisation des grands évènements du journal pour lesquels Pierre Guille a fait office de chef d’orchestre ces dernières années. Il n’a évidemment pas manqué de les remercier. à leurs côtés, Les Amis de La Marseillaise, les représentants des quatre associations soutenues dans le cadre de l’opération les Carreaux du cœur 2025, ainsi que de nombreuses personnalités.

    « Pierre est un homme de relation pour qui rien n’est plus important que d’être entouré », a souligné Léo Purguette au moment de prendre le micro : « Tu dois savoir qu’ici restera toujours ta maison. Paul Eluard, poète que j’affectionne tout particulièrement, écrivait : un cœur n’est juste que s’il bat au rythme des autres cœurs. Le tien et le nôtre sont à l’unisson, ce soir. »

    D’anciens ministres, dont Sabrina Agresti-Roubache, mais aussi Audrey Garino, Ludovic Perney, Thierry Santelli et David Galtier, représentant les collectivités territoriales, et de nombreux élus de tous bords, étaient présents. Jean-Marc Villanueva, le vice-président du CDOS 13, était là également, pour lui remettre la Médaille de bronze de la jeunesse et des sports, lui qui est déjà décoré de la médaille militaire d’officier de réserve, de la médaille d’honneur de la Fédération française de pétanque et de jeu provençal, et parrain de plusieurs associations…

  • Vassal clarifie son refus d’une alliance avec le RN

    Vassal clarifie son refus d’une alliance avec le RN

    Cette fois, la candidate de la droite et du centre pour les municipales à Marseille, Martine Vassal, a été contrainte de clarifier, noir sur blanc, sa position. « Aucune alliance n’est envisageable avec les extrêmes », énonce son équipe de campagne à travers un communiqué transmis à la presse ce lundi, en début d’après-midi. Et d’insister : « Au second tour, il y aura bien Martine Vassal, face à Benoît Payan. »

    C’est que son refus en début de matinée, sur les ondes de Sud Radio, de répondre sur la question d’une potentielle alliance avec le RN au second tour, avait suscité un tollé. « On verra à ce moment-là », évacuait-elle, préférant jeter l’opprobre sur une très hypothétique alliance du maire sortant avec les insoumis. Et de renvoyer dos à dos les candidats lepénistes « qui n’en ont rien à faire des problématiques locales » avec la majorité municipale de gauche : « On a d’un côté l’amateurisme et d’un autre côté l’incompétence. »

    Indignation jusqu’au centre

    « J’espère vraiment que ses mots ont dépassé sa pensée », s’inquiétait à chaud le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan. Avant de hausser le ton sur les réseaux sociaux. « J’ai honte pour Marseille et les Marseillais, écrivait-il. La candidate de la droite et de Renaissance est prête à s’allier au Rassemblement national pour espérer exister et garder sa place. »

    Une indignation abondamment relayée à gauche. « Prête à sacrifier l’avenir de notre ville et de ses habitants à l’extrême droite pour conserver leurs postes, la droite marseillaise est à la dérive », dénonçait l’adjointe (PCF) aux Solidarités, Audrey Garino, quand le Parti radical de gauche, par la voix de son président Hugo Roche Poggi, assurait que « le camp des modérés marseillais ne peut pas l’accepter ». « Ils font la même campagne bas de plafond, ils finiront ensemble sous le même plafond », taclait de son côté la maire (GRS) des 1-7, Sophie Camard.

    Mais jusqu’aux macronistes la sortie a fait des vagues. « Une fois de plus… une fois de trop », déplorait ainsi l’ex-maire (Ren.) des 9-10, Lionel Royer-Perreaut. « J’avais demandé le non-franchissement des lignes écarlates, le parti présidentiel doit prendre ses responsabilités », explosait de son côté l’ex-secrétaire d’État Sabrina Agresti-Roubache. Avant de lâcher : « Pour le plan B, les regards vont se tourner mécaniquement vers moi, je vais choisir mon moment. »

    Face à l’ampleur des réactions, la présidente de la Métropole a dû corriger le tir. « En aucun cas il n’a été question d’une alliance avec les extrêmes, que j’ai combattus pendant toute ma vie politique », écrivait-elle sur le réseau social X, soutenue par le président (Ren.) du conseil régional, Renaud Muselier, pour qui « on veut se débarrasser » d’elle. Et le parti de Gabriel Attal de rappeler que le refus d’une alliance avec le RN « est une condition absolue du soutien de Renaissance à tous nos candidats ».

    Le RN applaudit

    « La première clarification qu’il y a eu, c’est quand elle a signé notre charte », rappelle le porte-parole de Renaissance à Marseille, Maxime Boudet. Le texte, qu’elle avait approuvé le 1er octobre dernier, écartait déjà toute alliance avec le RN (notre édition du 02/10). « Là, ça permet de remettre une couche, au moins c’est clair », relativise le militant. « Tout le monde veut parler du second tour avant le premier, certains par calcul politique », déplore pour sa part le porte-parole de la candidate, Romain Simmarano, ciblant « les beuglements de certains qui ont fait du cynisme leur seule boussole » et sommant le maire de prendre position vis-à-vis des insoumis.

    Depuis sa rentrée politique, la candidate n’en avait pas moins joué sur le flou, moins pour se rapprocher des dirigeants du RN que pour espérer rallier le tiers de Marseillais votant pour l’extrême droite. Allant jusqu’aux outrances lorsqu’elle qualifie le centre-ville de « crackopolis ». Quant au RN lui-même, il reste le seul à applaudir cette séquence.

    « J’espère
    que ses mots ont dépassé
    sa pensée »

  • Vague de froid : le gymnase Vallier devient un refuge

    Vague de froid : le gymnase Vallier devient un refuge

    Alignés les uns aux autres, des lits de camp kaki recouvrent le lino du gymnase Vallier. Samedi, en fin d’après-midi, environ la moitié de la literie est déjà occupée par des hommes isolés vivant à la rue. Face à l’épisode de froid qui sévit actuellement, « la Ville de Marseille a proposé aux services de l’État d’ouvrir un équipement municipal pour les accueillir », explique Audrey Garino, adjointe au maire de Marseille déléguée aux affaires sociales, à la solidarité, et à la lutte contre la pauvreté (PCF).

    « On a un accord avec la préfecture : on met à l’abri les hommes, avec des associations qui assurent la gestion du gymnase notamment le Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO), l’Accueil de jour et nuit (ADJ) et la Croix Rouge, et l’État ouvre des places d’hôtel pour les femmes et les familles. » Après une première nuit, du 21 au 22, quasiment complète avec 46 personnes accueillies sur les 50 places disponibles, la Ville a ajouté 40 lits pour les prochains jours, puisque le dispositif s’étendra au moins jusqu’au mardi 25 novembre.

    Pas de sortie sèche

    Pour Thiago, sans domicile depuis 15 jours, cette mesure est un soulagement. Lui a choisi de quitter son appartement par peur de s’endetter auprès de son propriétaire après avoir été arnaqué par son employeur qui lui doit deux mois de salaire. « Quand les températures ont baissé, on a essayé de s’abriter dans un parking du Vieux-Port mais il faisait tellement froid qu’on n’a pas réussi à dormir, même avec des couvertures », raconte-t-il. La faute, aussi, à une hypervigilance qu’il a développée depuis qu’on lui a volé ses papiers alors qu’il s’était assoupi.

    Au gymnase, il est « rassuré » et se sent entouré de « personnes accueillantes et bienveillantes ». « Venir ici m’a aussi permis d’avoir accès au SIAO, qui va essayer de me trouver un logement, poursuit Thiago. Ils doivent me donner la réponse lundi ! »

    Sabine Fabiani, directrice adjointe en charge du pôle « aller vers » de l’ADJ, explique : « Le but, c’est qu’à la sortie, on leur propose quelque chose. En janvier dernier, sur 90 personnes, au moins 70 ont été orientées vers des foyers d’urgence, des Maisons relais, des pensions de famille ou des Centres d’hébergement et de réinsertion sociale. »

    Environ 7 000 places d’hébergement d’urgence sont ouvertes à Marseille, dont 500 créées par la Ville depuis le début du mandat de Benoît Payan. « On a capté 13 bâtiments municipaux pour le faire et on a un objectif de 500 places supplémentaires », précise Audrey Garino, qui détaille : « Une halte de nuit devrait sortir dans les premières semaines en prévision de l’hiver pour les personnes les plus exclues. »

  • La gauche dénonce « une saignée » budgétaire volontaire

    La gauche dénonce « une saignée » budgétaire volontaire

    Martine Vassal et son exécutif ont voulu se montrer rassurants. Malgré 2,2 milliards de dette attendus lors du vote du compte administratif 2025, et une capacité de désendettement de 18 ans, « le bateau est piloté et bien piloté », martèle la présidente (DVD), « Oui le département est solide, oui il agit, oui il regarde l’avenir avec confiance ». Un discours de la méthode (coué) approfondi par Yves Moraine (LR), son rapporteur des finances, en abordant la décision modificative (DM 2) du budget 2025. Saluant un « exercice exceptionnel » pour un budget voté à l’aveugle « sur la base d’un projet de loi de finance qui n’a jamais vu le jour », lui aspire « aux encouragements ».

    Enchaînant les parallèles avantageux avec « la situation dramatique des 100 départements de France », l’avocat s’attribue les bons points, expliquant que depuis 2022, la baisse des Droits de mutation à titre onéreux, a fait perdre à la collectivité 500 millions, l’équivalent de plus d’une année d’investissement.

    L’élu de droite y ajoute « la contrainte des dépenses sociales et de la solidarité » qui « contenu de la situation de sa ville centre », représentent 63 % des dépenses contre 54% en moyenne en France. Insistant sur le fait que le choix a été fait de recourir à l’emprunt pour maintenir l’investissement, ce dernier juge enfin bon de rappeler que le Conseil départemental « dépense moins pour son personnel que la moyenne des départements ».

    « Variables d’ajustement »

    « Finalement tout va bien, pourquoi sommes-nous inquiets ? », ironise Audrey Garino pour le groupe communiste estimant que « cette DM s’inscrit malheureusement dans la continuité du budget d’austérité et de renoncement » voté l’an dernier.

    Évoquant des coupes de 400 000 euros dans la culture, 600 000 dans le sport, 600 000 euros dans la jeunesse, elle, dénonce « une saignée volontaire à défaut d’être assumée » : « Les habitants de nos territoires ne sont pas des variables d’ajustement permettant d’équilibrer vos comptes publics que vos défaillances et vos choix politiques ont grandement fragilisés », glisse-t-elle.

    Plus qu’une « gestion rigoureuse », Azad Kazandjian (PS) pointe un « essoufflement financier inquiétant qui trahit des années d’arbitrages politiques hasardeux centrés davantage sur la communication que sur une véritable stratégie d’investissement au service des habitants ».

    Nouriati Djambae, l’élue écologiste, en remet une couche faisant le lien entre la mobilisation, au même moment devant le Département (lire encadré), d’associations travaillant dans l’aide sociale à l’enfance, « des associations qui protègent nos enfants, étranglés par des coupes budgétaires insensées, des éducateurs épuisés, des jeunes en détresse », et un rapport de la commission permanente actant l’achat d’une villa pour loger le sous-préfet d’Aix, « dans le confort le plus parfait ». « Voilà donc le sens des priorités », tance cette dernière.

  • La Marseillaise: un nouveau siège signe d’un élan retrouvé

    La Marseillaise: un nouveau siège signe d’un élan retrouvé

    Ils étaient des centaines réunis lundi place de La Marseillaise, cours d’Estienne d’Orves, à avoir répondu l’invitation pour l’inauguration du nouveau siège du journal. Tous les amis du journal, de Nicolas le cuisinier du Mondial à Robert Voisard, un des anciens directeurs, en passant par d’anciens salariés, soutiens, représentants syndicaux et corps consulaires, venus fêter l’installation dans ces nouveaux locaux. Parmi eux, aussi de nombreux élus de divers horizons. Le signe d’une profonde reconnaissance. Tout au long de l’après-midi, les visites dans ces 1000 mètres carrés complètement remis à neuf se sont enchaînées.

    Une fierté, cinq ans après la reprise du journal à la barre du tribunal de commerce emporté par la crise Covid alors que les banques avaient refusé au journal un prêt garanti par l’État. Signe de temps, son premier représentant sur le territoire, le préfet Georges-François Leclerc est sorti de sa réserve pour venir prendre part à cette joyeuse cérémonie.

    « Liberté, nous avons écrit ton nom et ce soir nous recommençons. Car nous sommes nés pour te connaître, te nommer Liberté », lancera Léo Purguette, le directeur éditorial et président du journal, paraphrasant Paul Éluard avant d’adresser un message de devant les jeunes du collège Jean de Bernardy. La chorale et de l’orchestre de cet établissement marseillais rebaptisé depuis la rentrée du nom d’un des fondateurs du journal tombé au combat face à l’ennemi Nazi, a interprété un émouvant Chant des partisans, et une non moins émouvante Marseillaise, accompagnant la chanteuse Alicia.

    Et Léo Purguette de rappeler trois lignes rouges tracées il y a cinq ans : le maintien de l’emploi. « Nous étions 49 et nous sommes aujourd’hui plus de 60, 70 avec nos amis de Zébuline », glisse-t-il. Le maintien de la zone de diffusion étendue depuis au Vaucluse. Et le maintien enfin de la ligne éditoriale, une « ligne qui s’est aiguisée, affirmée et nous a permis de progresser. » martèle-t-il encore, évoquant une progression de 10 % des ventes en kiosques en 2024.

    Et de chuter sur la défense de la liberté de la presse et du pluralisme : « Ce n’est pas une préoccupation catégorielle mais un impératif démocratique dans une république qui va si mal. À la suite des états généraux de l’information et des démarches alternatives de nombreuses propositions sont sur la table elle devrait réunir une majorité attachée à l’état de droit et aux principes démocratiques avant que le débat public ne soit asphyxié par un paysage médiatique totalement soumis au pouvoir de l’argent et au projet politique de l’extrême droite ».

    ILS ONT DIT

    Audrey Garino, Adjointe PCF au maire de Marseille

    « Il y a près de 82 ans, des femmes et des hommes ont pris la plume, non pas pour plaire mais pour résister. Depuis La Marseillaise fait entendre la voix de Marseille libre, populaire et courageuse. »

    Isabelle Campagnola-Savon, Conseillère régionale

    « La Marseillaise est le miroir de notre région avec ses forces, ses faiblesses et ses espoirs. Un engagement qui dépasse les époques. C’est un journal né de la Résistance, qui a su traverser les décennies en restant fidèle à son esprit fondateur. »

    Martine Vassal, présidente DVD du Département.

    « C’est important d’avoir un journal qui retransmette ce que nous disons sans mauvaise interprétation avec de la vérité. C’est ce qui vous a transcendé au fil de ces années, dire les choses et les faire avec beaucoup de passion. »

    Jérémy Bacchi, sénateur PCF

    « La Marseillaise s’installe dans un nouveau monde, mais son âme reste la même, celle d’un journal libre, combatif, populaire, l’âme d’une presse qui n’a jamais renoncé à son engagement pour la justice et le progrès social. »

    Georges-François Leclerc, préfet de région

    « Un préfet qui arrive par la magie d’une nomination se doit d’épouser la région qu’il a l’honneur d’administrer. Et lorsque je lis La Marseillaise, j’ai l’impression de toucher une des vérités des Bouches-du-Rhône et de Marseille. »

  • « Je peux quitter le conseil, le raviérisme n’est pas mort »

    « Je peux quitter le conseil, le raviérisme n’est pas mort »

    Benoît Payan pouvait bien se placer au-dessus de la mêlée, en ouverture du conseil municipal de Marseille ce vendredi matin. « Les mots, les actes nous engagent, parce que nous sommes des élus de la République », invitait l’édile depuis la tribune, rappelant aussi bien la période de réserve électorale que les menaces de mort dont il avait fait l’objet, pour avoir simplement mangé un couscous à Noailles.

    Un vœu pieux dans un hémicycle recomposé. À droite, l’ex-maire (Ren.) des 9-10 Lionel Royer-Perreaut est absent, après avoir annoncé son départ de la vie publique et la dissolution de son groupe, dont les élues siègent maintenant avec les troupes de la candidate Martine Vassal. Sans Hayat Atia et Aurélie Falek, qui ont claqué la porte en dénonçant une dérive « vers l’idéologie de l’extrême droite ». Stéphane Ravier (ex-RN) en revanche est bien présent, après avoir annoncé la veille qu’il ne serait pas candidat aux prochaines municipales, ouvrant la voie au RN qui saluait « un geste extrêmement fort ».

    Complotisme antisémite

    Pas de quoi l’inciter au silence. Après les premières escarmouches de la droite sur le coût de l’Été marseillais, le château de la Buzine ou l’état du centre-ville, il n’aura fallu qu’à peine une demi-heure pour que le sénateur vienne mettre les pieds dans le plat. Une de ses diatribes habituelles, au gré d’une attribution de subventions, pour s’attaquer à une supposée « xénophilie suicidaire qui envoie un message aux candidats à l’immigration ». Mais en virant jusqu’au complotisme antisémite cette fois, désignant l’ONG SOS Méditerranée comme « Soros Méditerranée ». Il est rapidement interrompu. « Beaucoup de fake news existent contre Monsieur Soros en raison de sa religion, notamment celle que vous venez dire », le reprend vertement Benoît Payan, après avoir exigé son départ de l’hémicycle. Cette fois, Stéphane Ravier reconnaît son erreur.

    Mais la porte est ouverte. Vingt délibérations plus tard, le RN est fidèle à lui-même en accusant la majorité de « subventionner la submersion migratoire ». Mais dans la foulée, c’est la sénatrice (LR) Valérie Boyer qui accuse la municipalité d’avoir fait de Marseille « la capitale de l’immigration illégale ». Refusant une subvention de 130 000 euros à SOS Méditerranée, « cette organisation par laquelle arrivent dans nos rues la misère et l’errance ». Et s’opposant avec l’extrême droite au contrat territorial d’accueil et d’intégration à 630 000 euros pourtant signé avec l’État. Au fond de la salle, Stéphane Ravier jubile. Et crucifie la droite : « Je peux quitter le conseil municipal, le raviérisme n’est pas mort. »

    En tribune, Benoît Payan proteste. « Est-ce que vous savez combien de personnes ont été débarquées par SOS Méditerranée à Marseille ? Zéro. » « Nous avons entendu les représentants de la droite et de l’extrême droite dire que notre humanisme était mauvais parce qu’il permettait de vivre dans une forme de misère, ajoute l’adjointe (PCF) aux solidarités, Audrey Garino. Mais lorsque nous contractualisons avec l’État pour leur intégration, ils votent contre ! »

    Peu importe : la porte désormais ouverte dans les 9-10, le risque de la dispersion des voix écarté, le RN n’a qu’à dérouler, pendant que la droite surenchérit pour espérer reprendre leur électorat. « Arrêtez de les singer, les gens préféreront toujours l’original à la copie », avertit Benoît Payan. Au fond de la salle, le lepéniste de la première heure Bernard Marendat applaudit des deux mains.

  • Marseille, menaces racistes contre une élue au Conseil départemental

    Marseille, menaces racistes contre une élue au Conseil départemental

    Mort aux Arabes” tagué sur ma porte ce [jeudi] matin, à l’intérieur même du conseil départemental 13 », décrit la conseillère départementale (PCF) Audrey Garino. « Une menace de mort, une de plus. Au-delà de l’attaque personnelle, c’est toute notre ville qui est visée par le racisme et la haine, par les amalgames et ces idées immondes », s’insurge l’élue, également adjointe au maire de Marseille, déléguée à la solidarité. Très choquée et « très inquiète du climat politique actuel », elle devrait porter plainte dans la journée. « Il faut que ça s’arrête ! ».

    De son côté, « c’est avec une profonde indignation que j’ai appris la diffusion de message à caractère raciste, inscrit dans les étages de l’hôtel du Département, stipule Martine Vassal, la présidente (DVD) du Département. Je condamne fermement ces actes. Le racisme n’a pas sa place dans nos murs et nulle part ailleurs », déclare-t-elle. « Je déposerai plainte au nom du Département des Bouches-du-Rhône » et d’assurer les « agents » de sa pleine mobilisation…

    Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille avait essuyé un affront similaire pas plus tard que ce week-end via un message sur les réseaux sociaux illustré d’un pendu, alors qu’il partageait un repas lors du Kouss Kouss festival.

    Celui-ci a vite réagi à cette nouvelle provocation : « Le racisme décomplexé et les menaces de mort arrivent jusqu’à l’intérieur du Département13. Nous n’avons pas peur, nous ne laisserons pas faire. Marseille est unie, fière et plus forte que la haine », lance-t-il dans un message de soutien apporté à son adjointe. « Qu’ils déversent leur haine, nous répondrons par plus de force et de fierté dans nos combats politiques, ajoute la première adjointe écologiste Michèle Rubirola, le racisme ne gagnera jamais ! ».

    « Assez ! », lance l’ancienne sénatrice et élue marseillaise Samia Ghali. « En anonyme sur les réseaux sociaux contre Benoît Payan (…), masqué dans la nuit pour poser une tête de cochon sur une mosquée ou en catimini dans les couloirs d’une collectivité locale, le racisme et la haine des Arabes se répandent. Nous refusons de nous y résigner ! » , assure-t-elle. À l’instar de Jérémy Bacchi, sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel a assuré de son « total soutien » l’élue « menacée et insultée au nom de son engagement en faveur de sa ville et de tous les Marseillais et Marseillaises », écrit-il. Le combat continue.

  • Une quarantaine de familles expulsées d’un camp à La Capelette

    Une quarantaine de familles expulsées d’un camp à La Capelette

    « Ici, on avait un campement, des chambres, on était là depuis dix ans. Maintenant, on va devoir dormir dehors ! ». Devant la dizaine de camions de CRS et l’accès bloqué au camp situé au 28 boulevard des Aciéries à Marseille, dans le quartier de La Capelette, plusieurs habitants des lieux font part de leur désarroi. À 8 heures, ce jeudi, ils ont reçu la visite des forces de l’ordre dans le cadre d’une « évacuation » des lieux, suite à une décision de Georges-François Leclerc, préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

    Une évacuation « avec le concours de la force publique et pour mettre un terme à des conditions de vie indignes », selon la préfecture. Cette dernière explique que « les occupants, dont plus d’une quarantaine d’enfants mineurs, vivaient sur un site infesté de nuisibles et sur lequel était entreposé un volume de 27 000 m³ de déchets de toute nature, dont certains dangereux pour leur santé ». Le tout, sur un « site, propriété de l’État, classé en zone rouge du plan de prévention des risques d’inondation ». Si les ex-habitants des lieux déplorent la décision, la Préfecture assure que le lieu était « squatté depuis 2017 » et le qualifie de « bidonville ». D’où « une ordonnance d’expulsion en date du 25 janvier 2018 confirmée par un arrêt de la cour d’appel d’Aix-en-Provence du 21 mars 2019 ». Concrètement, le terrain abritait 108 personnes, selon les services de l’état. L’association Bamanan, qui les suivait, estime à environ 80 le nombre de familles sur le site, dont de nombreux minots, même si moins d’une quarantaine était présente, ce jeudi matin.

    « Ils n’ont eu que 15 minutes »

    « Ils espéraient avoir un délai avant de partir, là ils n’ont eu que 15 minutes ! Ce n’était pas un squat, le terrain qui appartient à l’Armée avait été mis à disposition », assure Aïcha, l’une des membres de l’association. Elle explique que l’expulsion « s’est bien déroulée », mais dénonce : « Seules les familles avec enfants ont été prises en charge, pas les autres ». De son côté, la Préfecture assure qu’une « solution de mise à l’abri en hôtel a été proposée aux personnes vulnérables. Les autres occupants se sont dispersés par eux-mêmes et dans le calme. Afin de proposer des solutions aux familles ayant quitté les lieux, plusieurs dispositifs subventionnés par l’État seront maintenus pour assurer un suivi social des familles […] ».

    Pas de quoi convaincre la mairie de Marseille. Audrey Garino (PCF), adjointe au maire en charge de l’Action sociale, explique que « la Ville n’était pas partie prenante de cette expulsion et déplore que les mises à l’abri ne soient plus totales lors de ce type d’évacuation ». Plus que ça, elle « condamne le changement de cap des services de l’état » sur le sujet. « Tous les publics à la rue doivent trouver des solutions de mise à l’abri et c’est la mission des services de l’état », conclut-elle.

    Des propos qui font écho à la position de l’avocate des familles, Me Noémie Zerbib. Si elle reconnaît qu’une « ordonnance est intervenue en 2018 et ordonnait une expulsion », elle précise que « la décision n’a jamais été mise en exécution ». « On a saisi le juge d’exécution pour obtenir un délai et avoir un relogement dans des conditions humaines, on a ensuite saisi la cour d’appel avec une demande de suspension d’exécution. Il y a une procédure en cours, on attendait que le premier président de la cour d’appel statue sur notre demande », développe-t-elle. Avant de dénoncer « des conditions déplorables d’expulsion avec des enfants qui doivent rentrer à l’école, des affaires à récupérer et certaines familles pas prises en charge ». En effet, nous avons pu constater qu’a minima, une famille avec un enfant n’avait pas été relogée.