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  • [Entretien] Audrey Garino : « La lutte contre l’exclusion est le fil rouge de notre politique »

    [Entretien] Audrey Garino : « La lutte contre l’exclusion est le fil rouge de notre politique »

    La Marseillaise : Un homme est mort dans la rue. Comment éviter ces drames ?

    Audrey Garino : Chaque année entre 35 et 50 personnes isolées meurent dans la rue. C’est une réalité dans le pays qui est insupportable. D’où la démarche d’aller vers, dans l’espace public, pour porter des solutions. Les équipes du Samu social maraudent 365 jours par an de 7h à 1h du matin sur les 16 arrondissements. L’idée c’est de rencontrer toutes les personnes dans la rue. C’est pour continuer ce travail que la Ville a financé des travailleurs sociaux et trouvé des solutions d’hébergement variées. Nous avons créé 525 places ces 5 dernières années au sein de 13 lieux municipaux mis à disposition. Une cinquantaine va être créée, sur un site dans le 6e pour les femmes et les nouveaux-nés et un entre le 2e et le 15e pour les publics réfractaires et où les chiens seront acceptés.

    À quoi a servi la Nuit de la Solidarité depuis cinq ans ?

    A.G. : C’est un triple objet. Faire un point à l’instant T sur le nombre de défaut de prise en charge. L’année dernière c’était 411 personnes, une augmentation de 24% depuis 2 ans. Ce sont des chiffres a minima. C’est aussi un socle aux discussions avec l’État, on pose un diagnostic pour que nous agissions sur les mêmes problématiques. Mais c’est encore un recensement des besoins qui sont multiples. L’accès à l’alimentation, à l’eau, aux soins, à des travailleurs sociaux, à un lieu de répit… Mieux on qualifie la problématique, mieux on est en mesure de mettre en place une politique publique qui y répond. Et le troisième point, c’est de changer de regard sur la grande exclusion. Le fait que des bénévoles aillent à la rencontre des plus exclus, ça casse la barrière. On se rend compte qu’après un accident de la vie, celui qui est dehors, ça peut être nous demain.

    Hors le logement, quels sont les besoins identifiés ?

    A.G. : Le plus percutant, c’est l’accès aux droits. Une personne interrogée sur deux n’a plus de revenu. Donc le premier travail engagé par nos équipes c’est de prolonger l’aller vers par de l’accompagnement social. On travaille sur de la domiciliation, le premier acte pour l’accès aux droits. On en a 8 000 dans nos CCAS. Il y avait un gros problème d’accès à l’eau depuis longtemps dénoncé par la Fondation Abbé Pierre. On a fait un gros travail avec un lieu phare que sont les douches municipales et d’autres dans des associations pour mailler le territoire. L’implantation de fontaines. On est passé de 15 à 45 toilettes publiques. L’offre en bagagerie était extrêmement limitée en 2020. On en a 6 aujourd’hui, soit 200 casiers.

    Le bâtiment à l’abandon entre la rue Guibal et la rue Cavaignac héberge depuis juin 38 familles. Le choix d’un travail partenarial est-il une nouvelle approche ?

    A.G. : C’est le symbole de la façon dont on travaille depuis 6 ans. On a fait le choix de s’appuyer sur l’expertise du très riche tissu associatif. Tout en ayant la volonté de remettre le service public à sa place, pas à la place, mais là où il doit être. C’est-à-dire trouver les moyens nécessaires pour qu’il réponde aux besoins des habitants de toute la ville. L’exclusion, la grande pauvreté, abîment la cohésion sociale. Pour nous la politique sociale, c’est la politique du vivre ensemble. C’est le grand fil rouge de notre action. Quand on améliore les conditions de vie des plus vulnérables, automatiquement, ça va mieux pour tous. La Grande Maison en est un symbole. Plutôt que d’avoir un seul opérateur associatif financé pour gérer le lieu, il y a le CCAS et les associations HAS, Just et la Régie de quartier Noailles Belsunce qui le font ensemble, avec leurs compétences propres. Chacun apprend de l’autre.

    Le village d’insertion pour les familles roms était un engagement au début du mandat de la Ville avec l’État. C’est aussi un renoncement ?

    A.G. : C’est effectivement un immense regret d’avoir reculé. L’État nous a lâchés. Et on a lâché. On a 800 à 900 personnes roms sur Marseille et pour résoudre la question de l’intégration des populations, il faut un très haut niveau d’engagement politique. Il faudrait étudier la question des terrains familiaux, par exemple, mais pas seulement.

    La solidarité est le premier sujet sur lequel s’est engagé Benoît Payan dans la campagne pour les municipales. Pourquoi ?

    A.G. : Parce que c’est une priorité de la politique municipale de Benoît Payan depuis 6 ans et que c’est le fil rouge de son engagement pour toutes et tous dans une ville qui compte 26% d’habitants sous le seuil de pauvreté.

  • Marine Tondelier à Marseille pour une nouvelle victoire

    Marine Tondelier à Marseille pour une nouvelle victoire

    C’est la première visite d’envergure depuis l’entrée en campagne de Benoît Payan. Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, était mercredi à Marseille pour soutenir le maire (DVG) sortant et le Printemps marseillais. Arrivée en fin d’après-midi en gare Saint‑Charles, la patronne des Verts a déambulé en centre‑ville avant de rejoindre le QG de campagne sur la Canebière.

    « Les électeurs ne leur pardonneront pas »

    À ses côtés, l’état‑major écologiste local et des figures de la majorité. Au premier rang, Michèle Rubirola qui a conduit la gauche à la victoire en 2020, le sénateur Guy Benarroche, le maire des 4-5, Didier Jau, les adjoints Christine Juste et Hervé Menchon, la maire (Mad Mars) des 6-8, Olivia Fortin, ou l’adjointe (PCF) aux solidarités, Audrey Garino. « Nous sommes là pour la victoire de l’OM et celle du Printemps marseillais les 15 et 22 mars », s’amuse la patronne des Écologistes. Mais avant de filer au Vél’, Marine Tondelier est vite redevenue sérieuse.

    Insistant sur « l’accord historique » noué autour de Benoît Payan et accusant Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole de « régler ses comptes sur le dos des Marseillais », Marine Tondelier souligne la nécessité d’un second mandat « pour concrétiser ». « On a commencé à rendre cette ville vivable, cette transformation écologique et sociale doit continuer », abonde Michèle Rubirola quand le maire défend l’union construite depuis 2020. « On devait se rassembler, c’était notre responsabilité après avoir travaillé six ans ensemble. On nous a dit qu’on ne tiendrait pas six mois… nous voilà, rassemblés pour six ans encore, avec la conscience profonde que l’union des écologistes, des progressistes, des humanistes, est une nécessité absolue ».

    « Les Écologistes ont l’antifascisme au cœur et nous ne tremblons pas sur ce sujet », poursuit sa secrétaire nationale, en écho aux sondages dessinant une poussée de l’extrême droite sur la ville. Une pique surtout adressée à la France insoumise et à son candidat, Sébastien Delogu : « Quand on voit un RN aussi haut, on ne peut pas entendre un candidat de gauche dire : Mon but, c’est que M. Payan ne soit plus maire. Là, on a un problème… Je pense que les électeurs ne leur pardonneront pas ».

    Benoît Payan, lui, prend de la hauteur : « Pour la première fois le destin de cette ville, la plus vieille de France peut basculer vers un parti dont le fonds de commerce est la division, la haine des autres, le repli sur soi, la communautarisation des gens, l’exclusion de celles et ceux qui ne seraient pas dans un standard. Ce serait un déni de son histoire. »

    Sans céder aux promesses irréalistes, il revendique un cap : « Protéger les Marseillaises et les Marseillais, changer le destin de cette ville sur un chemin exigeant mais sain ». Et de conclure : « Le seul risque ici, c’est le RN. Nous ne le permettrons pas. »

  • La solidarité comme fil rouge du Printemps marseillais

    La solidarité comme fil rouge du Printemps marseillais

    La solidarité n’est pas une compétence obligatoire pour une municipalité mais elle traduit « le premier engagement du Printemps marseillais pour une ville plus juste » et constitue un « fil rouge » qui irriguera l’ensemble du programme. Lundi, Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire de Marseille en charge des affaires sociales, inaugurait la séquence programmatique de la campagne de la majorité sortante, en présentant son premier volet consacré à la lutte contre l’exclusion et la pauvreté.

    Un domaine dans lequel la municipalité s’est montrée en première ligne ces six années écoulées avec les signatures avec l’État du premier Plan pauvreté municipal et du contrat territorial d’accueil de France, la création de 525 places d’hébergement d’urgence, la hausse de 50% du budget dédié à la solidarité, la création de douches municipales, ou la mise sur orbite d’un Ehpad municipal.

    Plus étoffé qu’en 2020, l’axe solidarité du nouveau programme s’articule autour de vingt mesures ciblées pour lutter contre toutes les formes de précarité. « Avec une méthode, la concertation ; un outil, le service public ; et une constante, l’accès aux droits et aux besoins fondamentaux », explique Audrey Garino, accompagnée de Cécile Suffren, directrice générale d’Habitat alternatif social.

    Régie publique de l’eau

    En la matière, le printemps marseillais ambitionne d’étendre le dispositif Territoire zéro non-recours, déjà expérimenté, à l’ensemble de la ville, et de créer un baromètre local du non-recours aux droits, ainsi qu’un « Pass solidarité » pour ramasser l’offre municipale et faciliter l’accès aux équipements et services publics.

    Pour accompagner les seniors, la municipalité de gauche propose la création d’un service public local d’aide au maintien à domicile et une 5e résidence autonomie sur le site de l’Entraide au Roy d’Espagne. Face au sans-abrisme, elle entend créer 1 000 nouvelles places d’hébergement d’urgence, doubler les fontaines d’eau et toilettes publiques, et pousser la mise en place d’un plan national de résorption des squats et bidonvilles.

    Parmi les grands chantiers figure le retour en régie publique de la gestion de l’eau, dont la délégation de service public confiée à la Société des Eaux de Marseille arrive à échéance en 2029. Objectif ? Garantir la gratuité des premiers mètres cubes. Autre gros dossier, la création d’une Mutuelle municipale visant à lever les freins dans l’accès aux soins. Dans le viseur, les étudiants, retraités, chômeurs, travailleurs indépendants et précaires.

    Le pouvoir d’achat fait aussi l’objet de mesures fortes avec des tarifs sociaux renforcés et une cantine gratuite étendue à 15 000 enfants, la hausse du kit de rentrée scolaire à 150 euros et le doublement du nombre de repas gratuits pour les étudiants. Le programme prévoit aussi des actions spécifiques pour les jeunes mineurs non-accompagnés en recours, ainsi « qu’une solidarité inconditionnelle » envers les migrants et « un soutien renforcé à SOS Méditerranée » conclut, offensive, Audrey Garino.

  • Les communistes engagés dans le rassemblement à Marseille

    Les communistes engagés dans le rassemblement à Marseille

    « Dans ce combat, les communistes doivent être en première ligne. » L’opération de tractage a été décidée voilà quelques jours dans toutes les sections communistes marseillaises. Pour Anthony Gonçalves, chef de file PCF aux municipales, le sondage La Marseillaise /Experts et territoires/Ipsos-BVA, publié dans nos colonnes ce 13 janvier, qui met à égalité au premier tour le maire sortant, Benoît Payan (DVG), et le candidat du RN avec 30% d’intentions de vote, a renforcé la nécessité de s’engager dans la bataille. À l’aune de l’histoire des communistes dans la ville, « acteurs majeurs de la Libération, les armes à la main », il s’agit pour lui d’un « coup de tonnerre » : « On est saisi par l’effroi que cette dynamique RN fait peser sur la ville. »

    Faire s’exprimer les quartiers populaires

    Saluant l’entrée en campagne de Benoît Payan, il ajoute que cette opération va permettre de « rappeler que le rassemblement à gauche, des citoyens, des écologistes, du monde du travail autour de [cette] liste doit se faire maintenant, de la façon la plus large possible et dès le premier tour ». Un rassemblement où le PCF a son rôle à jouer.

    « On doit être à l’avant-garde du dialogue avec les quartiers populaires, celles et ceux qui ne veulent pas revenir à cette ville de classes construite pendant 25 ans de gestion de droite », assène Anthony Gonçalves. Pour convaincre là où, souvent, on ne va plus aux urnes, les communistes comptent sur leurs propositions qui ont « infusé » le programme, mais aussi sur leur bilan au sein du Printemps marseillais : « Je pense au combat pour l’accès aux soins, le logement, l’égalité homme-femme. Il y a aussi ce qui a été fait par nos adjoints, Audrey Garino dans le domaine de la solidarité, Jean-Marc Coppola à la culture. »

    Et d’insister aussi sur le développement du port, inquiet de ce que « certains veulent en faire, y compris d’où on ne l’attendrait pas »… En clair, des insoumis. « Nous sommes partisans de lier de façon indissoluble développement économique et exigences écologiques. Ce n’est pas en les opposant qu’on va avancer », estime-t-il.

  • [Sondage La Marseillaise] Le Printemps marseillais s’érige en rempart face à l’extrême droite

    [Sondage La Marseillaise] Le Printemps marseillais s’érige en rempart face à l’extrême droite

    Dès son lancement de campagne ce samedi matin, Benoît Payan avait désigné l’extrême droite comme son principal adversaire. Le sondage La Marseillaise – Experts et territoire – Ipsos-BVA, dévoilé dans nos colonnes ce lundi, qui place le maire sortant (DVG) au coude à coude avec le candidat du RN avec 30% d’intentions de vote au premier tour, ne peut que conforter son discours.

    « C’est la première fois en France qu’une ville comme Marseille peut demain être dirigée par l’extrême droite », alerte ainsi l’adjoint (PCF) aux solidarités, Audrey Garino, à l’occasion d’une conférence de presse organisée dans le local de campagne du Printemps marseillais. « Martine Vassal décroche, Sébastien Delogu qui patine, complète le président (G.s) du groupe au conseil municipal, Pierre Huguet. Nous pouvons le regretter, mais le match qui se joue, c’est nous contre l’extrême droite. »

    Face à ce risque, le message de la liste d’union de la gauche est clair. « Nous appelons les électeurs de gauche et toutes celles et ceux qui refusent que cette ville tombe dans les mains de l’extrême droite à se rassembler dès le premier tour », lance Pierre Huguet. « Au-delà du vote utile que nous appelons de tous nos vœux dès le premier tour, c’est un vote d’honneur pour notre ville », insiste après lui Hanifa Taguelmint, figure des luttes antiracistes à Marseille.

    « Un vote d’honneur »

    « Nous avons travaillé pendant six ans à recoudre cette ville, à redonner de la dignité à ses habitants. Ce n’est pas pour aujourd’hui accepter de voir ce travail balayé au profit d’une candidature qui viendrait, demain, la fracturer et s’en prendre aux plus vulnérables », appuie Audrey Garino. Rappelant que le RN s’est opposé dans l’hémicycle municipal au plan pauvreté, à des logements sociaux, à l’implantation de services publics. « Pour que le RN soit battu, il doit arriver très loin derrière nous au premier tour », argumente l’adjointe.

    Le visuel publié par le directeur de campagne de Franck Allisio ce dimanche, imaginant des adjoints « à la préférence algérienne » ou « des relations avec les islamistes », rappelle ce qu’est le discours du RN. « Ce n’est pas sans rappeler les tracts de l’extrême droite des années 30, c’est extrêmement grave », s’alarme Pierre Huguet. « Ce parti n’a pas changé, son ADN est toujours le même », abonde Hanifa Taguelmint. Et d’interpeller les Insoumis, qu’elle a quittés fin novembre : « On ne joue pas les sénatoriales ou la présidentielle, on joue l’avenir d’une ville. »

    Audrey Garino déplore les prises de position de Martine Vassal : « À se droitiser, elle perd les électeurs du centre et de l’extrême droite, qui préféreront toujours l’original à la copie. ». Et de souhaiter « qu’ils ne restent pas demain le marche-pied de l’extrême droite ».

    « Chaque voix compte »

    « Rien n’est joué et chaque voix compte », a réagi le sénateur (PCF) Jérémy Bacchi, face au sondage. Soulignant que « plus la participation est forte dans les quartiers populaires, dans le monde du travail et parmi l’électorat de gauche, plus le RN recule ». « En construisant le bonheur commun, le progrès social, l’écologie populaire et l’égalité, nous ferons reculer les forces obscures », appuie le chef de file PCF aux municipales Anthony Gonçalves.

  • [Sondage La Marseillaise] Face à la menace du RN, le Printemps marseillais appelle au vote utile

    [Sondage La Marseillaise] Face à la menace du RN, le Printemps marseillais appelle au vote utile

    Après la publication ce lundi d’un sondage Ipsos – La Marseillaise donnant pour la première fois le candidat de l’extrême droite à 30% pour le premier tour des municipales à Marseille, à égalité avec le maire (DVG) sortant Benoît Payan, le Printemps marseillais a organisé dans son local de campagne une conférence de presse pour alerter sur la menace. « L’heure est grave, c’est la première fois en France qu’une ville comme Marseille peut demain être dirigée par l’extrême droite », pose ainsi d’emblée l’adjointe (PCF) aux solidarités, Audrey Garino. Et d’avertir, rappelant que le RN s’est opposé en conseil municipal au plan pauvreté de la Ville, à la construction de logements sociaux comme à l’implantation de services publics : « Ce serait un cataclysme terrible. »

    « Se rassembler dès le premier tour »

    «Le match sera joué entre le RN et nous, appuie le président (G.s) du groupe Printemps marseillais, Pierre Huguet. La bataille de Marseille sera décisive, nous sommes déterminés à la gagner.» Il voit dans le score du maire sortant, sondé avant sa déclaration de candidature, «un bon socle». «C’est le résultat du travail accompli depuis six ans avec le retour du service public dans tous les quartiers de la ville», défend-il. Et d’insister : «Nous appelons les électeurs de gauche à se rassembler dès le premier tour.»

    «Au-delà du vote utile que nous appelons dès le premier tour, ce doit être un vote d’honneur», insiste Hanifa Taguelmint, militante historique des luttes antiracistes à Marseille qui a quitté la France insoumise pour rallier le Printemps marseillais fin novembre. «Le RN n’a pas changé, son ADN est toujours le même», insiste-t-elle. Et de pointer la responsabilité de la droite, prenant pour exemple l’implantation de deux maisons du Bel âge dans le 8e arrondissement tandis qu’il n’y en a aucune dans les quartiers Nord. «Toutes ces politiques font qu’elle a été siphonnée par le RN», déplore la militante.

  • Dix appartements à Marseille pour sortir de l’hébergement en hôtel

    Dix appartements à Marseille pour sortir de l’hébergement en hôtel

    « Je respire depuis que j’ai emménagé dans cet appartement. Enfin, je dors tranquillement. L’hôtel c’est sale, plein de bêtes et impossible d’y cuisiner. » Placée en hébergement d’urgence à l’hôtel depuis début mai, Amina s’est installée dans ce petit T1 le 3 septembre dernier. Elles sont ainsi neuf femmes, dont une maman et ses deux filles, en fin d’hébergement à l’hôtel, à avoir signé une convention de logement avec l’Armée du Salut, qui les accompagne socialement au quotidien.

    Cette infirmière algérienne est arrivée à Marseille en 2023 pour y rejoindre son conjoint français. Mais ce dernier s’est révélé violent et l’a « jetée à la rue ». Leur histoire s’est soldée devant le tribunal. Mais celle d’Amina peut rebondir. « Je vais pouvoir reconstruire ma vie, devenir aide-soignante. Mais d’abord, avec Sinita, on s’occupe de mon titre de séjour. » La travailleuse sociale de l’Armée du Salut qui accompagne chacune de ces nouvelles locataires, adressées par le SIAO, dans leur parcours d’autonomie a déjà son « fauteuil attitré » dans l’appartement, « et avec les autres femmes, on fait des repas partagés », ajoute Amina. En plus d’offrir à ces femmes éprouvées des conditions d’hébergement dignes et de rompre leur isolement, ce dispositif « permet un véritable suivi social, assure Sitina, elles y resteront jusqu’à ce qu’elles retrouvent une stabilité et soient en situation de vivre de manière autonome ».

    Un partenariat salutaire

    « Cet immeuble est une première acquisition, précise Xavier Bosiger, chef de service à l’Armée du Salut, un investissement sur le long terme pour mieux adapter l’offre aux besoins et qui complète les 250 places en unité d’urgence et la quarantaine d’autres en pension de famille » dont dispose l’organisation humanitaire à Marseille. La fondation est depuis peu devenue propriétaire de 60% de ses lieux d’hébergements. Deux autres petits immeubles sont en cours d’acquisition dans le cadre de ce partenariat avec Marseille Habitat. Anciennement sous convention avec le Crous, ces logements avaient été squattés et un incendie avait endommagé la cage d’escalier. La société d’économie mixte y a engagé 200 000 euros dans des travaux, en associant l’Armée du Salut au choix des matériaux et des aménagements. Un partenariat, « ouvert à d’autres acteurs associatifs » précise la présidente et adjointe (PS) au maire, Audrey Gatian. Qui se félicite : « Nous avons accepté l’offre la plus qualitative, pas la plus chère, dans le sens de l’intérêt général. Nous avons besoin de loger et de faire revivre le centre-ville. » De même que pour Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire en charge de la solidarité, l’opération signe « la volonté de la Ville de participer à la création de mille places d’hébergement diversifiées, de renforcer l’offre à destination des femmes ». De quoi faire reculer les coûteuses et inadaptées prises en charge à l’hôtel.

  • Un deuxième gymnase ouvert pour les sans-abri

    Un deuxième gymnase ouvert pour les sans-abri

    Le gymnase Ruffi accueille les SDF depuis ce mardi. Dimanche déjà, un premier gymnase, Vallier, avait été désigné comme centre d’hébergement. Il a pu accueillir jusqu’à 80 personnes lundi soir. Mais il était insuffisant face à la situation d’urgence. « Nous avons estimé dès mardi que les capacités étaient quasiment atteintes et que la baisse des températures se maintenait, il était nécessaire d’ouvrir un deuxième équipement », indique Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire de Marseille déléguée à la solidarité. La capacité d’accueil du gymnase Ruffi sera sensiblement la même que celle de Vallier, soit une centaine de personnes.

    « Le manque de places est structurel », s’offusque l’élue, constatant le fossé phénoménal entre le nombre de places d’hébergement à Marseille et le nombre de sans-abri. Le bilan fait froid dans le dos : près de 7 000 places pérennes contre un flux de 16 000 personnes ayant déclaré avoir été au moins une fois en situation de sans-abrisme. Aussi, pour contrer le froid, la fraternité Belle de Mai donne des vêtements chauds toute la semaine à partir de mardi dans ses locaux.

    Le Samu social œuvre toujours

    « Dès que le froid commence à arriver dans la ville, nous renforçons les moyens propres de la Ville de Marseille dans nos maraudes, dans les distributions de couvertures, etc. », précise Audrey Garino. En partenariat avec les structures et associations œuvrant sur le terrain. À Marseille, le Samu social est municipal et donc financé par la Ville, une spécificité. Les équipes interviennent 365 jours par an en maraude et en gestion d’équipements (douches municipales). « Un engagement du quotidien », souligne Audrey Garino.

  • L’avenir du centre-ville agite la dernière séance du mandat

    L’avenir du centre-ville agite la dernière séance du mandat

    Pour le dernier conseil municipal du mandat ce jeudi, à l’heure des bilans, c’est l’avenir du centre-ville de Marseille qui a occupé l’essentiel des débats. C’est que la transformation du Centre Bourse, après le départ des Galeries Lafayette, avait déjà agité le début de campagne des municipales, et la municipalité n’a pas manqué d’inscrire une délibération de principe pour promettre de racheter le foncier, afin d’accueillir une philharmonie des enfants et une cité de la mer et des sciences.

    « Aujourd’hui, vous sortez 50 millions d’euros dans la précipitation pour racheter un bâtiment comme si cela allait racheter l’insécurité et le chaos dans l’espace public », proteste à droite l’ex-maire (LR) du secteur, Sabine Bernasconi, quand le RN pointait la paupérisation du centre-ville. Le maire (DVG) Benoît Payan la reprend à la volée. « D’où sortez-vous des chiffres aussi farfelus ? » L’estimation des domaines, en effet, n’est pas encore réalisée. Ce qui ne l’empêche pas de promettre que « ce sera bien moins que 50 millions d’euros ». Mais beaucoup plus, assurément, que les 3,2 millions d’euros pour lesquels la municipalité avait vendu le foncier sous Jean-Claude Gaudin.

    L’ex-maire (Ren.) des 9-10 Lionel Royer-Perreaut de son côté plaide pour que le lieu ne profite pas qu’aux Marseillais. Et pose son propre diagnostic sur le centre-ville : « Il faut maîtriser la politique de peuplement. Aujourd’hui, on réhabilite le centre ancien en reproduisant quasi exclusivement du logement social ! » En face, la maire (GRS) des 1-7 Sophie Camard réplique : « Le logement social, c’est le logement de tout le monde. » Et quand l’adjoint (PS) Jean-Pierre Cochet à l’économie indique que depuis 2021 la fréquentation du Vieux-Port a doublé et que la vacance commerciale a diminué, l’adjointe (DVG) au commerce, Rebecca Bernardi, énumère les préemptions qui ont fait revivre des enseignes sur la Canebière. En rappelant qu’il s’agit avant tout d’une compétence régionale et métropolitaine : « Ces gens-là font de la politique sur le dos des commerçants : ce sont eux qui ont les manettes et ils n’ont rien fait. »

    Les expulsés de l’État

    Au fil des rapports, le débat remonte de quelques rues pour s’arrêter porte d’Aix (2e), où un local doit être confié à une association œuvrant pour la biodiversité. « De quelle biodiversité parlons-nous ? La réalité, porte d’Aix, ce ne sont pas les espèces végétales ou animales, ce sont les trafics », ose à droite le général David Galtier, parlant de « colline du crack ». À l’extrême droite, Jean-Baptiste Rivoallan (UDR) proteste : « Il parle d’un sujet sur lequel je revendique la paternité ! » « La biodiversité ? » moque Ahmed Heddadi (DVG). « Il y en a qui vous courent derrière, renchérit Benoît Payan. Mais vous savez quoi, vous courez plus vite qu’eux. » Surtout, il explique que ces personnes en errance ont été envoyées par l’État par bus entier, sans le prévenir, pour vider Paris au moment des Jeux olympiques, renvoyées vers un dispositif de « SAS » à la Capelette (10e). « Il est très bien géré par Adoma, sans aucune plainte enregistrée », proteste à l’issue du conseil la préfecture, promettant qu’aucune sortie du dispositif ne relève de l’hébergement d’urgence.

    « Ce fameux “SAS” existe toujours, et gère toujours des expulsions de Paris vers la province », dénonce quant à elle l’adjointe (PCF) aux solidarités Audrey Garino. Et d’interpeller les bancs de l’extrême droite : « Les opérations de police, le maire en a expliqué les limites, les opérations sociales vous n’en voulez pas, les opérations sanitaires vous n’en voulez pas non plus. Vous voulez quoi ? Éradiquer les gens ? Il n’y a rien dans vos propos à part propager la haine. »

    De quoi donner le ton, avant l’examen des 160 rapports restant à l’ordre du jour, avec cette fois l’opposition de droite qui monte seule au créneau, régulièrement, jusqu’au bout. Comme un air de revue générale de tous les reproches égrenés sur les 5 000 délibérations votées sous le mandat. Et le maire de conclure en remerciant les élus, les agents de la Ville, avant de souhaiter de bonnes fêtes. « Nous distribuerons les chocolats de Pâques en conseil municipal, je vous le promets », lance-t-il.

  • Une nuit au plus près des démunis et sans-abri

    Une nuit au plus près des démunis et sans-abri

    C’est tout sauf une opération de communication ! » Au sein de La Grande Maison dans le 3e arrondissement de Marseille, un centre d’hébergement d’urgence géré par le CCAS (centre communal d’action social) et plusieurs associations, la Ville et l’État ont présenté les grandes lignes de la prochaine nuit de la solidarité. Cet événement, qui rassemble 1 000 bénévoles, a pour objectif de « mesurer les besoins des personnes sans-abri à un instant T » et se tiendra le 22 janvier prochain, de 17h à 23h. « À travers un questionnaire anonyme, on essaie d’identifier les urgences auxquelles ils et elles sont confrontés », rappelle Audrey Garino (PCF), adjointe au maire de Marseille, en charge des affaires sociales et de la solidarité. « Ces données permettent de qualifier les urgences sur notre territoire. Et de pouvoir déployer des dispositifs pour y répondre », développe l’adjointe communiste. L’opération est d’ampleur : « Elle agrège un très large réseau d’acteurs de la solidarité », avec une dizaine d’associations parties prenantes. Le tout, dans un cadre national puisque se déroulant sur plusieurs communes simultanément.

    Une dimension scientifique et humaine

    Mais forcément, elle a une résonance particulière dans la cité phocéenne. « Notre ville souffre d’un taux de pauvreté conséquent, plus que la moyenne nationale. Ce taux ne fait qu’augmenter et tous les chiffres locaux en attestent », déplore Audrey Garino. « On n’a jamais eu autant de places d’hébergement mais il n’y a jamais eu autant de personnes dans la rue », abonde Léopold Carbonnel, directeur adjoint de la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS).

    Ce dernier pointe l’importance d’un tel événement : « Il y a aussi une dimension scientifique car nous sommes sur des phénomènes qui ne sont pas simples à mesurer. La grande précarité est souvent invisible et il y a un vrai enjeu à mieux l’appréhender. » Pour cette 5e édition, l’opération a évolué : Elle prendra la forme de maraudes dans certains arrondissements. La Ville prévoit aussi la distribution de produits pour lutter contre le froid grâce à une grande collecte menée depuis plusieurs semaines. Et des formations sont prévues pour les bénévoles qui participeront à l’opération, délivrées par l’association La Cloche. « Plus de 700 et 800 Marseillais ont été formés sur les premières éditions à l’aller vers, c’est-à-dire la déconstruction des clichés », explique Pauline Deluca, responsable de l’association. Elle insiste sur ce volet humain « pour mieux comprendre la grande exclusion ». D’où un site internet* pour les inscriptions des volontaires. « Il y a besoin de bénévoles, sans eux cette opération n’est pas réalisable », martèle Audrey Garino. Avant de rappeler que cette nuit est « un point d’appui indispensable pour engager des politiques publiques ».

    *nuit-solidarite.marseille.fr

    « Un point d’appui indispensable pour engager des politiques »