Tag: Associations

  • La Bastide Marin de La Ciotat restaure sa beauté intérieure

    La Bastide Marin de La Ciotat restaure sa beauté intérieure

    Maintenant, la bastide est close et couverte. Elle a rajeuni de deux cents ans », rappelle Mireille Benedetti. Même si, en ce début d’année, « des finitions restent à faire, essentiellement sur les façades », précise-t-elle, la bastide hospitalière, située 1943, avenue Guillaume-Dulac est, depuis l’important chantier à 500 000 euros sur les façades et menuiseries mené de décembre 2024 à octobre dernier, « hors d’eau » comme on dit dans le jargon du bâtiment. « Maintenant, on va lancer les appels d’offres pour la suite de la restauration d’intérieur, notamment les gypseries et les sols », annonce la présidente de l’association « La Ciotat il était une fois », qui s’est lancée dans cette « aventure extraordinaire » de sauver la bastide de la ruine, il y a vingt-deux ans. Son association a signé avec la Ville, propriétaire des lieux depuis 1992, une convention d’occupation.

    Décors de gypserie

    Tous les sondages des sols, carreaux au rez-de-chaussée, plâtre à l’étage, ont déjà été réalisés « pour savoir quelle restauration doit être entreprise », indique Mireille Benedetti. De même « qu’une étude de diagnostic de toutes les gypseries ». Issu de pierre à plâtre, le gypse doit être broyé mécaniquement, puis chauffé de 120 à 400 degrés Celsius. Il est ensuite réduit en poudre fine dans un moulin. La gypserie consiste à exécuter un revêtement décoratif architectural, mouluré, moulé, souvent ciselé. À la Bastide Marin, on peut admirer des médaillons, des statues ou encore des croix en gypserie. Mais l’élément le plus remarquable, souligne Mireille Benedetti, est « l’escalier à double révolution, en gypse ». Ce type d’ouvrage permet à deux personnes de monter ou descendre sans jamais se croiser, chacune empruntant une volée différente.

    Le chantier est estimé à 400 000 euros. L’association a prévu d’attribuer 120 000 euros, issus du Loto du patrimoine de Stéphane Bern, à cette restauration, et a relancé une souscription. « On attend toujours la subvention de 62 000 euros promise par le Département des Bouches-du-Rhône », observe la présidente de l’association.

  • L’emblématique Polygone étoilé à Marseille fête ses 25 ans

    L’emblématique Polygone étoilé à Marseille fête ses 25 ans

    Le Polygone étoilé, salle de projection et lieu de production de cinéma indépendant du 3e arrondissement de Marseille, souffle sa 25e bougie, en 2026. Un quart de siècle que le lieu a décidé d’entamer avec son traditionnel écran ouvert, le 2 janvier. Un moment où des courts-métrages peu projetés peuvent rencontrer un public. Ce rendez-vous mensuel, depuis cinq ans, remplit la salle tous les premiers vendredis de chaque mois.

    Le lieu est né en 2001, grâce à l’association Film Flamme, fondée en 1996 afin de permettre à des projets cinématographiques qui ont peu de moyens de voir le jour. « Ce lieu est un outil de travail et de création cinématographique complet, explique Martine Derain, administratrice du lieu. Il y a des salles de montage pour caméras pellicules ou numériques, une salle de mixage et bien évidemment, cette salle de projection qui est aussi une salle de travail car on peut y faire tous les tests possibles. » Un lieu qui permet également la conservation des films du patrimoine.

    Le Polygone étoilé a été pensé par ces fondateurs comme un espace pour échapper aux logiques commerciales de ce milieu. La mutualisation de ces divers environnements de travail permet d’en réduire les coûts et de les rendre accessibles pour des films à petits budgets. Par ailleurs, sa position au cœur du 3e arrondissement, en fait un espace de médiation culturelle. Ainsi, la salle de projection est régulièrement mise à disposition des associations de quartier et Film Flamme organise des ateliers pour les enfants du quartier avec des cinéastes.

    Pour Martine Derain, la plus belle réussite « est d’avoir affirmé durant 25 ans que c’est possible de produire des films avec peu de moyens, hors du système ».

  • Une consultation publique lancée sur les nuisances de l’aérodrome des Milles

    Une consultation publique lancée sur les nuisances de l’aérodrome des Milles

    Un projet d’arrêté portant sur la « limitation des conditions d’utilisation des tours de piste » de l’aérodrome d’Aix-les Milles est actuellement à l’étude, indique le ministère des Transports. Objectif affiché : réduire les nuisances sonores autour de la plateforme, régulièrement dénoncées par les associations et comités de quartier riverains. Une consultation publique est ouverte sur ce projet jusqu’au 11 janvier. « Les tours de piste des aéronefs constituent la principale source de nuisances pour les riverains proches. L’objectif de cet arrêté est de conditionner, en période estivale, l’exécution des tours de piste à la performance acoustique des avions légers », précise le ministère. Le texte prévoit notamment de limiter les tours de piste toute l’année, entre 8h et 19h. Des restrictions renforcées s’appliqueraient, en plus, entre le 1er juin et le 15 septembre. Les week-ends et jours fériés, seuls les avions électriques et légers basés les moins bruyants seraient autorisés à effectuer des tours de piste. Pour le collectif C2DA, l’arrêté est pourtant limité à la fois géographiquement, sur les activités, et dans le temps. « L’arrêté ne traite pas la totalité des autres nuisances : les paras, l’aviation d’affaire… On avait demandé d’avoir des mesures plus ambitieuses que ce que l’on nous propose, rapporte François Cabenet, président de C2DA. Il portera quelques améliorations mais ne va pas traiter la problématique [sonore] des villages (…) Enfin, l’arrêté porte sur trois mois et demi. Lors de la dernière CCE [comission consultative de l’environnement], les associations ont demandé qu’on porte le consensus sur sept mois au mois d’activité. On peut mieux faire », estime François Cabenet.

  • À Avignon, Mobil’Douche s’arrête au grand dam des plus fragiles

    À Avignon, Mobil’Douche s’arrête au grand dam des plus fragiles

    Sur un parking coincé entre le tribunal et la voie de train, alors que la nuit vient de tomber depuis quelques minutes, un petit attroupement s’est formé autour d’un camping-car dont la peinture écaillée par endroits laisse imaginer son âge. En s’approchant, l’accueil des bénévoles avec un grand sourire ne cache pas l’émotion. Car c’est la dernière maraude de la Mobil’Douche, après dix ans de bons et loyaux services.

    Le dispositif, mis en place en 2016, permettait aux sans-abri et aux personnes en grande précarité, en premier lieu, d’avoir trois fois par semaine un endroit où se laver dans la douche du véhicule, « sans se presser, en prenant son temps », glisse Jasmine Zeroug, représentante de l’association à Avignon.

    Mais depuis quelques mois, le véhicule est trop abîmé pour pouvoir continuer d’assurer les maraudes. Les pièces de remplacement du vieux bungalow sur roues se trouvent difficilement. Et l’achat d’un véhicule neuf est estimé à environ 60 000 euros. Le conseil d’administration de l’association Depaul France a donc pris la décision de stopper les frais. Malgré des aides de la municipalité et de la préfecture de Vaucluse, il n’est plus possible de continuer. « Il ne faut pas renoncer. Nous ferons tout pour revenir. Et même si ce n’est pas demain, ce sera après-demain », lance Jasmine Zeroug dans un appel sur les réseaux sociaux. Avec la dizaine de bénévoles, elle espère qu’un mécène permettra de relancer l’action. Avant les problèmes mécaniques, l’association avait la volonté d’engager un salarié permanent pour pérenniser l’action.

    « Abandonnés par Paris »

    « Je suis dégoûté. À part le côté hygiène, c’était surtout un moment convivial avec un accueil inconditionnel. Ça va beaucoup me manquer », clame Loukas, bénéficiaire depuis quelques mois, avec un peu d’abattement dans la voix. D’autant que « ça tombe au plus mauvais des moments, avec le froid qui arrive », abonde-t-il tout en terminant un verre d’eau fourni par les bénévoles. « On a été abandonnés par Paris », renchérit Alexandra*, bénévole depuis plus de sept ans et qui a elle-même « connu une grande période de précarité » et pour qui Mobil’Douche est une « deuxième famille ». « Les bénéficiaires viennent parler s’ils le veulent. On n’est pas là pour poser des questions. Et ça s’arrête à la période des fêtes, au pire des moments », appuie-t-elle, dépitée. Il est également possible de prendre une douche dans d’autres associations de la Cité des Papes, mais « le fait que ce soit en extérieur attirait beaucoup », ajoute Jasmine Zeroug.

    *le prénom a été modifié

  • Mobilité : du ferroviaire plutôt qu’un projet routier « étriqué »

    Mobilité : du ferroviaire plutôt qu’un projet routier « étriqué »

    Les embouteillages autour du pôle d’activité des Milles (PAAP) fait régulièrement couler de l’encre. Pour pallier les bouchons quotidiens, le Conseil métropolitain, le 15 décembre, a voté un programme de travaux validant la mise en place d’un bus à haut niveau de service dit BHNS (notre édition du 20 décembre). Le tracé de cette ligne à double sens devrait passer donc par le sud de la Constance, les Milles, la Pioline, en longeant le Plan d’Aillane et l’aérodrome. En conseil municipal d’Aix, il a été avancé que le projet devrait permettre de transporter jusqu’à 3 500 personnes parmi les 11 200 voyageurs quotidiens depuis le centre-ville d’Aix. Livraison estimée du projet : 2030. Pour un coût de 183 millions d’euros. Mais pour un collectif d’associations qui compte la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut Paca), France environnement 13, le Collectif citoyen De Venelles, Nos TER-Paca, le collectif Tram-train et le collectif Climat du pays d’Aix il aura « fallu 5 ans pour que soit enfin présenté, sans concertation préalable » un projet « réaliste » mais « étriqué », qui rate surtout le coche d’une possibilité de développer la solution ferroviaire.

    Et la voie Aix-Rognac ?

    « La Métropole et la Région se refusent à tirer partie de la voie ferrée inutilisée Aix-Rognac, en parfait état et à l’abri de toute congestion routière, pour la prolonger jusqu’à l’intérieur du PAAP. La Métropole et le la Ville d’Aix-en-Provence font le choix d’aménager seulement quelques tronçons de voie bus, à simple ou double sens, pour faire le lien entre le PAAP et le centre d’Aix-en-Provence. Quel manque de vision », écrivent les associations, qui demandent « depuis 2022 » la prolongation des trains Marseille-Gardanne-Aix jusqu’à Plan d’Aillane et la réouverture aux voyageurs de « toute la voie ferrée Aix-Rognac avec arrêt à la Duranne, et insérer des trams-trains » au sein même de la zone du PAAP. « Ce n’est pas de l’ambition qu’il faut pour ce pôle d’activité », contextualise Stéphane Coppey, président dela FNE 13. Dans leur communiqué, les associations soulignent un « maximum de 1 000 personnes par heure de pointe vers le PAAP » quand un tram-train « en permettrait 5 000, soit 50 000 déplacements par jour ». « Pourquoi s’obstiner à vouloir faire un projet routier alors que tout est à disposition pour monter un projet ferroviaire ? poursuit Stéphane Coppey. On avait chiffré à 100 millions d’euros les coûts pour un tram-train qui utiliserait la voie existante. Si le projet était prolongé à l’intérieur de la zone des Milles, on en aurait pour 200 millions d’euros. On est dans le même ordre de grandeur de prix que ce qui est annoncé pour un projet routier qui n’aura qu’un cinquième ou un quart de la capacité, performance et qualité de service d’un projet ferroviaire », conclut Stéphane Coppey. Le collectif demande à ce que soit organisé un « véritable débat public » à ce sujet.

  • « Les familles sont de plus en plus en difficulté »

    « Les familles sont de plus en plus en difficulté »

    La Marseillaise : Comment les fêtes de fin d’année sont-elles appréhendées ?

    Muriel Dueñas : La surconsommation est toujours mise en avant lors de la période de Noël. Sauf qu’aujourd’hui, les familles sont de plus en plus en difficulté pour répondre aux besoins des enfants et de la famille. Certains pensent à faire des prêts à la consommation pour pouvoir assumer leurs dépenses de fin d’année, parce qu’ils n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois. Les dossiers de surendettement sont en augmentation à cause notamment des salaires qui stagnent, des fermetures d’entreprises et des pertes d’emplois.

    Qu’est-ce qui a le plus augmenté dans le panier des Français ?

    M.D. : La viande a particulièrement augmenté, mais les fruits et les légumes aussi ou encore les bûches glacés. Il y aura beaucoup de remplacements de produits sur la table du réveillon ou bien des produits de moins bonne qualité. Car quand on est une grande famille, c’est vraiment compliqué de faire un repas à petit budget. Je pense que certains feront les fêtes moins nombreux ou resteront chez eux pour limiter leurs dépenses.

    Quelles solutions existent pour redonner du pouvoir d’achat pour les fêtes ?

    M.D. : La première chose c’est l’augmentation des salaires et des pensions des retraités. Car les revenus des classes populaires n’évoluent pas alors que les prix augmentent. Et puis il y a aussi toujours trop de marge par la grande distribution alors que les agriculteurs ne sont pas assez payés. Il faudrait un prix juste pour les éleveurs et pour les consommateurs. Ce sont toujours les classes populaires qui trinquent. On le voit bien avec les associations d’aide alimentaire comme les restos du cœur ou le Secours populaire. Chaque année, les demandes augmentent. Et les périodes de fêtes sont de plus en plus prenantes sur le budget des ménages. On voit bien que pour pouvoir passer les fêtes bien tranquillement et faire des cadeaux aux enfants, de nombreuses personnes ont échelonné les coûts sur plusieurs mois.

  • Un refuge dédié aux écureuils à Lambesc

    Un refuge dédié aux écureuils à Lambesc

    Au détour des terrains boisés de la ville, il n’est pas rare de tomber sur de petits refuges en bois, des mangeoires ou encore des zones de « quiétude », ces espaces végétalisés laissés intacts. Sur neuf hectares, répartis entre le terrain de tennis et la piscine municipale, un parc aux écureuils, dans lequel déambulent habitants et visiteurs, a été minutieusement imaginé et créé par Laurent Cattanéo. Le septuagénaire, fraîchement arrivé sur Lambesc, avait remarqué l’absence d’animaux dans les environs – d’écureuils roux, surtout.

    Il se lance donc dans la création de l’association SOS Écureuils, saisit la municipalité sur la question et obtient l’autorisation de monter un vaste projet de reconstitution d’un habitat pour ces rongeurs appartenant à la famille des sciuridés. Labellisé par la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), le projet a également reçu le soutien de la Région et du Département, permettant notamment, l’année dernière, la création d’un grand bassin d’eau et l’achat d’une vingtaine d’abreuvoirs de dix litres.

    Jusque dans les jardins…

    « Les écureuils se font régulièrement tuer par des chats domestiques, mais il y a d’autres facteurs qui expliquent qu’ils soient de moins en moins nombreux. Notamment la mortalité routière, l’urbanisation ou encore le débroussaillage, qui les empêche de trouver à manger… Au départ, c’était une forêt avec seulement des écureuils. Petit à petit, cela détruit son environnement », retrace Laurent Cattanéo.

    À l’entrée du parc, une immense fresque peinte par l’artiste Knop introduit la zone refuge, tandis qu’une sculpture monumentale, taillée dans une ancienne souche de pin, accueille les visiteurs dès le début du parcours. Esthétiques, peut être, mais pensées avant tout pour sensibiliser. Au long du parcours, régulièrement entretenu par les bénévoles de l’association, des panneaux informatifs guident le public. Pour les plus jeunes, notamment pour les classes de Lambesc, des ateliers sont régulièrement organisés au milieu de cet espace biodiversité, là où les écureuils circulent librement : plantations, fabrications de niches et abris, distribution de nourriture pour écureuils…

    L’initiative dépasse aujourd’hui les frontières du parc aux écureuils. Sur les devantures des habitations du lotissement, plusieurs grilles affichent l’image imprimée d’un de ces rongeurs roux : signe qu’ici, ils sont les bienvenus et nourris. Le plan « propriétaires engagés » est lancé. Le sujet s’invite dans les conversations entre les habitants du quartier et Laurent, surnommé aujourd’hui « Monsieur Écureuil ». « Ils participent à l’association, à la cause. Ils s’engagent chacun à s’occuper des écureuils, résume Laurent Cattanéo. Le premier à s’engager à même reçu un sac de noix. » Régulièrement, cet amoureux de la nature installe des caméras au sommet des abris qu’il a lui-même installés. Les images sont ensuite diffusées dans les maisons de retraites, comme dans les écoles, à des fins pédagogiques.

    S’il reste difficile pour l’association de mesurer précisément les bienfaits du parc, Laurent Cattanéo l’assure : « On les voit revenir. Ils s’approchent d’autant plus de nous depuis qu’on les nourrit. Même s’ils restent assez sauvages. »

  • A Marseille, Amine Kessaci ouvre le conseil municipal

    A Marseille, Amine Kessaci ouvre le conseil municipal

    Debout face à la barbarie. Toujours marqué, Amine Kessaci, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic, dont le petit frère Mehdi a été abattu par un commando le 13 novembre, suscitant une onde de choc dans la ville et tout le pays, se tient droit et digne sous les applaudissements, ce jeudi 18 décembre face à l’hémicycle, aux côtés du maire de Marseille.

    Le conseil municipal doit voter une subvention en faveur de l’association qu’il a fondée en 2020, « Conscience », pour venir en aide aux familles de victimes de narchomicides, après qu’il ait perdu son frère aîné, Brahim, retrouvé calciné dans une voiture (lire aussi ci-dessous). Les élus le feront à l’unanimité au terme de débats pas toujours reluisants.

    Si Mehdi Kessaci n’est « pas un chiffre mais un fils, un frère, un visage une voix », il se transforme volontiers en argument politique pour Martine Vassal (DVD). La présidente de la Métropole et du Département en profite pour défendre sa vision d’une République qui fasse avant tout « respecter l’ordre, la justice, la sécurité ». Sans vergogne, la candidate à la mairie remet sur la table sa proposition de brigade anticriminalité municipale.

    De quoi agacer la maire adjointe, Samia Ghali (DVG). « Il y a là une phrase que je considère comme un aveu prononcée par la présidente (…) : laisser faire c’est accepter » analyse-t-elle, avant de balancer : « En 2012, ceux qui ont laissé faire, c’est ceux qui ont accepté. » Elle s’indigne : « Arrêtez de jouer ! On laisse des enfants vivre avec la mort », quand elle compte « 350 victimes de narcotrafic en 10 ans à Marseille ».

    La palme de la victimisation en toutes circonstances revient sans conteste à Stéphane Ravier (ex-RN et ex-Reconquête). « J’ai 5 enfants, quoi qu’on en pense j’ai un cœur », ose-t-il. Selon lui, ce n’est pas le retrait des services publics des quartiers qui a laissé le champ libre au trafic de drogue mais l’inverse. « Je ne dis pas qu’à Frais Vallon c’est Saint-Tropez, mais il y a le métro, des commerces et pourtant… » lance-t-il.

    Sortir des « oppositions stériles »

    Une partie de la droite tient-elle, à parler avec ses tripes. Hayat Atia (DVD), émue, se pose en « sœur de combat, de douleur » d’Amine. Pour elle, « la sécurité, s’il en faut, ne réglera pas tout ». « Il faut leur proposer autre chose à ces jeunes » insiste-t-elle, pour qu’ils ne se fassent pas « happer » par le trafic au lieu de « pointer du doigt les parents », ce que « beaucoup font et ont trop fait au sein de cet hémicycle », s’indigne-t-elle. La lutte contre le narcotrafic doit être une « cause nationale » pour l’élue qui appelle à sortir des « oppositions stériles ».

    À l’occasion de son dernier conseil municipal avant de se retirer de la vie politique, Lionel Royer-Perreaut, ex-maire (Ren.) des 9-10, laisse son testament : « Nous avons collectivement le devoir de mener ce combat, je vous demande de la constance. » Trente ans après l’assassinat de la députée Yann Pyat tuée pour avoir défendu ses convictions estime celui qui fut son jeune attaché parlementaire, il fait la boucle avec celui de Mehdi, non sans amertume. « Tout ça pour ça », déplore-t-il, « j’ai vu tomber les quartiers les uns après les autres et en accompagnant la mère de Socayna, nous étions seuls alors ».

    En tribune, Amine Kessaci élève le niveau. Il évoque lui la dignité, la hauteur, seules « réponses politiques face à cette machine qui broie, qui tue » quand « des drames on en compte par centaines ». Le maire de Marseille revient sur le manque de services publics, de policiers, l’action vitale des associations de terrain. Benoît Payan (DVG) insiste sur la notion de République, fondée sur un « contrat social ». Vient une certitude : « La République ne peut pas accepter que ses enfants meurent sous les balles. C’est un combat pour la vie, et la vie n’est ni de droite ni de gauche. »

    « Marseille a été debout et doit continuer à l’être »
    C’est important de rendre la parole aujourd’hui, devant la représentation de la Ville de Marseille dont je suis si fier, parce qu’on s’est tenu debout, parce qu’on a dépassé les clivages politiques, parce que nous nous étions levés pour nous réunir là où mon frère Mehdi, 20 ans, est tombé parce qu’il n’était coupable que d’une seule chose : c’est d’être mon petit frère. Parce qu’il était coupable d’être le petit frère de quelqu’un qui a écrit une lettre à son frère aîné, Brahim, assassiné en décembre 2020, retrouvé calciné dans le coffre d’une voiture. Il était coupable d’avoir été le frère de quelqu’un qui a écrit une lettre d’amour à son frère aîné, pour expliquer que le narcotrafic tue, que la violence tue, que l’abandon des pouvoirs publics, le retrait des politiques sociales dans les quartiers, ont conduit à ces situations où le narcotrafic qui, fut un temps, était [constitué de] petits réseaux de quartier, est devenu [le fait de] cartels internationaux. On a beaucoup voulu comparer Marseille à Palerme, au Mexique ou je ne sais quoi, et à ça je dis stop. Stop parce que Marseille c’est Marseille, parce que la France c’est la France, parce que les situations que nous souhaitons décrire ailleurs sont présentes ici même sur le territoire national, ici même à Marseille et partout. Partout où on a attaqué la liberté d’expression. Car c’est de ça dont il s’agit. Depuis la parution de ce livre, Marseille essuie tes larmes, même si les menaces sont arrivées quelques semaines avant et que depuis je vis sous escorte policière. Aujourd’hui, le fait de vivre, de planifier, de porter quelque chose me fait d’autant plus culpabiliser. Mon petit frère Mehdi n’est plus. Je voulais juste faire passer un message, un seul : expliquer que partout il devra y avoir des liens entre l’action sécuritaire, le retour de la police de proximité, le retour de l’action concrète. Devant le Parlement européen il y a quelques jours, [j’ai expliqué] que la guerre que l’on veut mener contre la drogue est vaine parce qu’on se trompe d’ennemi. Lorsqu’on vient attaquer les jeunes au pied des immeubles, ce n’est pas ça qui va stopper ces trafics internationaux. C’est exiger des [actions] des pays comme l’Arabie saoudite, le Qatar, la Thaïlande où les têtes de réseaux vivent très bien de l’argent de la drogue et font couler le sang ici chez nous, des enfants se retrouvant assassinés chaque jour. Et puis sans l’action concrète, sans la rénovation des écoles, sans l’action des centres sociaux, le développement des transports en commun pour désenclaver les quartiers, de la formation pour apporter une alternative économique au réseau, on ne pourra jamais sortir ces enfants des quartiers. C’est pour ça que c’est important de mener toutes ces actions. Marseille a été debout, doit continuer à l’être face à la guerre de la drogue, à celles et ceux qui veulent faire régner la terreur dans nos rues. Nous sommes là, face à eux, pour dire que partout les Marseillaises et les Marseillais doivent avoir les mêmes chances et vivre en sécurité. »
    Amine Kessaci
  • Journée de mobilisation et de solidarité avec les migrants

    Journée de mobilisation et de solidarité avec les migrants

    Si on arrête, tout s’arrête ! ». C’est le slogan qui va résonner un peu partout en France ce jeudi, à l’occasion de la journée internationale des Migrants. Une journée décrétée par l’ONU après l’adoption de la Convention Internationale pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et de leur famille. Proclamée en 1990, elle est entrée en vigueur en mars 2003, mais n’a été ratifiée par aucun pays européen.

    Manifestation

    aux flambeaux

    Deux appels ont été lancé au national. Le premier, « Une journée sans nous », porté par la Marche des solidarités et plus de 400 organisations et syndicats locaux, appelle à la manifestation et à la grève pour l’égalité des droits, contre le racisme et le fascisme. Le second, « Né.es ici ou venu.es d’ailleurs », comptait parmi ses signataires la confédération CGT, Solidaires, Attac ou encore la Cimade.

    Des dizaines de manifestations sont prévues en France. A Marseille où ce 18 décembre, résonne aussi avec la publication de la Charte mondiale des migrants qui y a été initiée en 2016, plusieurs rendez-vous vont ponctuer la journée.

    En fin de matinée (11h30), le Collectif réquisition ambiancera en fanfare la place Bargemon où se tient le Conseil municipal. Au menu : prises de paroles, point infos, foot réquisition, cartographie collective et marche du vide. Direction ensuite la Porte d’Aix où dès 10h, des permanences d’accès aux droits « hors les murs », des tables d’information, des stands de collectifs et des ateliers pancartes sont prévus.

    Dans l’après-midi (14h30), la CNT-SO organise un rassemblement, place Henri Verneuil devant l’hôtel Golden Tulip Euromed-Joliette. Après une journée de grève le 5 décembre, les femmes de chambre de l’établissement sont en négociation. « L’occasion de les soutenir, d’échanger sur leur condition de travail, de lutter contre le racisme et de se mobiliser, alors que l’industrie hôtelière et du nettoyage exploite beaucoup de travailleurs étrangers », indique le syndicat.

    A partir de 18h enfin, depuis la porte d’Aix, une quarantaine d’organisations syndicales, associations, collectifs et partis appellent à une marche aux flambeaux vers les Réformés.

    Les mots d’ordres sont multiples : abrogation de la loi Darmanin, des circulaires Retailleau et de toutes les lois racistes ; présomption de minorités pour les mineurs isolés ; régularisation de toutes les personnes sans papier ; réquisition des logements vacants ; fermeture des Centres de rétention administratives ; liberté de circulation et d’installation ; justice sociale et la solidarité, contre le racisme et le fascisme…

  • [Entretien] Olivier Masini : Dans le Var, « tout le monde peut être Père Noël vert »

    [Entretien] Olivier Masini : Dans le Var, « tout le monde peut être Père Noël vert »

    La Marseillaise : En novembre, vous avez lancé, comme chaque année, la campagne « Père Noël Vert » : expliquez-nous en quoi cela consiste.

    Olivier Masini : Le Père Noël vert, dont on va bientôt fêter les 50 ans, a été mis en place en 1976. Il a pour objectif de donner la main là où le Père Noël rouge ne peut pas passer. Il est vert, car c’est la couleur de l’espoir. La campagne a débuté mi-novembre et se poursuit jusqu’à fin décembre. C’est un moment important, où on a beaucoup d’initiatives réalisées par des partenaires. Des personnes, notamment des salariés d’entreprises, organisent, en lien avec leur direction, des collectes de jouets. Pour certains, c’est la première fois, d’autres le font depuis des années car en général, quand on l’est une fois, on le reste. Tout le monde peut être Père Noël vert. L’important est de porter la solidarité.

    Comment cela s’inscrit-il dans
    le cadre de l’action globale du Secours populaire
     ?

    O.M. : Nous sommes une association généraliste de la solidarité, qui apporte une aide inconditionnelle. Nous voulons permettre à chaque personne en difficulté de remettre le pied à l’étrier, et parfois de retrouver la dignité. A travers nos campagnes, on fait en sorte que les personnes accueillies deviennent aussi actrices de la solidarité. Quand quelqu’un rentre dans un accueil du Secours populaire, personne ne peut dire si les personnes sont des bénévoles ou des personnes accueillies. On crée aussi les conditions pour faire se rencontrer les personnes. On veut montrer que la solidarité est une richesse, d’autant plus dans le contexte d’aujourd’hui.

    Qui sont les partenaires qui vous épaulent sur cette campagne ?

    O.M. : On a des partenariats historiques avec des CSE d’entreprises. J’y suis attaché car cela signifie que le personnel s’attache à l’action solidaire. A ce titre on a, entre autres, des liens de longue date avec le CASI des cheminots du Var et la CMCAS EDF. Ils ont fait leurs arbres de Noël. Grâce à cela, une vingtaine d’enfants ont participé avec les autres enfants du personnel. Ils nous aident aussi sur les autres campagnes de l’année. Mais on a besoin de davantage de CSE, et il suffit d’en parler aux salariés, qui adhèrent en général. On a aussi le monde du sport, avec un partenariat avec le RC Toulon, qui organise un lancé de peluches pour son dernier match de l’année, comme c’était le cas ce dimanche. On a aussi un partenariat avec le Hyères Toulon Var Basket. Vendredi, des enfants du Secours Populaire vont assister au match et rentrer sur le terrain avec les joueurs. C’est bien, car on a l’image d’un fournisseur d’aide alimentaire et vestimentaire. Mais ce qui compte pour nous, c’est l’accès au droit, au sport, à la culture, au loisir, des choses auxquelles on ne pense pas forcément quand on est en grande difficulté. On est aussi soutenu par des associations comme « les Rockeurs ont du cœur ». Les dons sont par ailleurs tracés, car il est normal de rendre compte des actions.

    Combien de personnes vont-elles pouvoir en profiter et que vont-elles recevoir ?

    O.M. : On fait attention, à travers nos partenariats, à s’approvisionner en circuit court, pour avoir des produits de qualité. Il y aura un peu de tout : des colis alimentaires avec du poisson, des friandises, des desserts… Pour les jouets, c’est selon ce qu’on reçoit, en essayant de classer par sexe et âge. On insiste sur les livres, mais les parents peuvent choisir. On ne sait pas encore exactement le nombre de bénéficiaires, mais cela augmente chaque année. Rien qu’à Toulon, au moment de Noël, 500 familles sont suivies. Dans le département, on sera certainement entre 9 500 et 10 000 personnes accueillies. La semaine dernière, ils ont accueilli plus de 100 personnes sur une journée à Toulon, c’est énorme. C’est une réalité sérieuse, il n’y a plus de profil type, et on reçoit autant de jeunes étudiants, bien plus que les autres années, que de retraités.

    Que peut on vous souhaiter pour 2026 ?

    O.M. : Que cette solidarité ne baisse pas. Quelles que soient les difficultés, quand on organise des initiatives et qu’on le fait très largement avec des bénévoles, des personnes accueillies, on se rend compte de l’efficacité de ces projets-là. Il faut qu’ils perdurent et se multiplient. On veut montrer qu’il y a d’autres choix possibles, qu’il n’y a pas de fatalité dans la vie, et qu’on n’est pas isolé quand on vient faire des actions solidaires. La force du collectif permet de faire de grandes choses. Et cela est essentiel dans un contexte où les personnes se renferment sur elles même face aux difficultés. Particulièrement pour les enfants. Notre rôle à ce sujet est important car nous sommes une association d’éducation populaire. On intervient d’ailleurs dans des écoles pour enseigner la solidarité dans le cadre de l’instruction civique. Si on commence à avoir cette vision dés le plus jeune âge, on ne l’oublie pas adulte. Et cette petite lumière vient se rallumer à certains moments de la vie.