Tag: Association

  • La gauche seynoise travaille ses dossiers

    La gauche seynoise travaille ses dossiers

    C’est cette fois au Café des Arts que Stéphane Sacco (GRS) et toute son équipe de La Seyne à Venir ont convié ceux qui partagent les valeurs de progrès social, de solidarité et de développement durable. L’objectif : présenter une partie des travaux réalisés en ateliers par 157 personnes sur 17 chantiers thématiques différents. L’idée est de continuer à coconstruire, avec les habitants, un programme alternatif porteur des valeurs de la gauche et de l’écologie.

    Après notamment l’éducation et la démocratie locale, place cette fois-ci aux dossiers tourisme et transports. Pour le premier, il s’agissait de mettre en évidence autant les enjeux liés au développement économique que les écueils à éviter pour ne pas qu’il s’opère au détriment des habitants. C’est ce qu’a souligné d’emblée Valérie Romboni, rapporteuse du groupe de travail sur ce thème.

    Sans perdre de vue, donc, que le tourisme peut « générer également des effets pervers » avec, par exemple, un fort impact sur les prix de l’immobilier et l’aggravation de la pénurie d’offres locatives. Le marché se concentrant sur les locations saisonnières, plus lucratives. Le défi est donc de réguler les dérives liées à la forte attractivité touristique du territoire. « La municipalité en a les moyens », insiste la militante en rappelant que « le logement est un sujet essentiel de nos politiques publiques ».

    Un sujet qui interroge également la gestion des déchets, dont la quantité s’accroît significativement en période estivale. Mais aussi la préservation du patrimoine naturel et la politique culturelle.

    « Les touristes ont soif de culture et, à La Seyne, on a ce qu’il faut, mais il est nécessaire de la mettre en valeur », ajoute Valérie Romboni. Une des pistes évoquées est la création d’un comité consultatif composé des représentants des professions concernées, mais aussi de citoyens et de membres de comités d’intérêts locaux, de conseils de quartier…

    La gratuité des transports

    Stéphane Sacco, candidat soutenu par plusieurs partis de gauche, dont le PCF, s’est ensuite attaqué au très lourd dossier concernant les mobilités. Il a rappelé que « La Seyne est en proie, depuis des décennies, à de graves problèmes de déplacements et d’aménagements de ses axes de circulation ».

    Concernant la traversée par l’axe longeant les quais, constamment congestionné aux heures de pointe, La Seyne à Venir propose le recouvrement d’une partie du port par une dalle, afin de créer de nouvelles voies de circulation, mais aussi une zone apaisée côté centre-ville. « Cela permettra aussi le passage du tramway ou du BHNS », précise Stéphane Sacco. Avec, donc, des fonds débloqués par la Métropole pour ce faire.

    « Pour nous, La Seyne à Venir, seul le tramway répondra aux défis du XXIe siècle », martèle-t-il à l’occasion. Il poursuit : « Nous mettrons tout en œuvre pour que soit mise en place la gratuité des transports en commun, comme cela a été fait avec succès dans d’autres grandes communes ou métropoles gérées par la gauche. »

    Le candidat de la gauche évoque également, parmi les pistes à l’étude, « un omnibus maritime électrique de cabotage qui desservirait la côte seynoise ».

    La Seyne à Venir propose également la création de 900 places de parking en centre-ville, avec un certain nombre réservé aux résidents, afin de rendre le commerce local plus accessible et de libérer les trottoirs trop souvent encombrés faute de places disponibles.

    Tout cela est, bien sûr, loin d’être exhaustif.

  • Une soirée en soutien à la Coopérative agricole Retaj, située en Cisjordanie

    Une soirée en soutien à la Coopérative agricole Retaj, située en Cisjordanie

    La soirée était prévue avant même que le Hamas et Israël ne signent une première phase d’accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza. Ce jeudi soir, dès 18h30, dans ses locaux du Cours Forbin, le PCF co-organise une soirée en solidarité avec le peuple palestinien. Plus particulièrement, en soutien à la Coopérative agricole féminine Retaj, originaire de Cisjordanie. L’association Stop Arming Israël, qui entretient des relations étroites avec la coopérative, est à l’origine de la tenue de cet événement. « Si l’on se réjouit des avancées qui se font pour une possible paix, on veut tout de même alerter sur la situation de la population palestinienne et encourager la population à participer localement pour soutenir cette cause (…) surtout, à participer au désarmement d’Israël », souligne Claude Jorda (PCF), élu d’opposition au Collectif Citoyen Gardanne Biver (CCGB). Au programme de cette rencontre ouverte à tous donc, une visioconférence entre le public et les fondatrices de la Coopérative agricole Retaj, ainsi qu’une diffusion de « photos récentes rendant compte du nettoyage ethnique ». Puis une sensibilisation aux différentes « formes de résistances populaires » palestiniennes sera présentée au cours de la soirée. La rencontre se conclura par une lecture de poèmes palestiniens, traduits en français. Un buffet au prix libre sera ensuite servi. Les bénéfices seront reversés en solidarité à la Coopérative agricole Retaj.

  • Ces femmes que l’on aide à reprendre la barre de leur vie

    Ces femmes que l’on aide à reprendre la barre de leur vie

    « C’est quelqu’un qui m’a laissée comme un chien écrasé au bord de la route », témoigne Dominique, 61 ans. Assise salle Marceaux, hier, où l’association Fifrelin- Femmes à la Barre en collaboration avec Cloud 9 a organisé le forum, Dominique fait référence à son divorce « très catastrophique » d’avec son ex-mari, avocat de métier. « Alors que je suis coach en développement personnel, je me suis retrouvée avec une perte d’estime de moi. Je n’avais plus de jus », image-t-elle.

    C’est à ce moment-là qu’on l’oriente vers « Femmes à la Barre ». C’était au printemps dernier. « Grâce à cette association, j’ai trouvé un repère, une bulle. Un environnement extrêmement bienveillant. Cécile Poujol, la présidente de l’asso, est profondément humaine. Elle aime profondément transmettre ce qu’elle a pu apprendre pendant ses courses au large », explique Dominique. Arrivée en 2004 à La Ciotat, Cécile Poujol, originaire de l’arrière-pays, y vit toujours. La navigatrice a réalisé sa 1ère course en solitaire La Rochelle-Salvador de Bahia à l’âge de 23 ans… Et en a fait bien d’autres. En 2018, elle crée « Femmes à la Barre ». « L’idée, c’est d’ouvrir les possibles. Rompre l’isolement. Retrouver la confiance en soi en faisant. C’est reprendre la barre de sa vie. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de tempêtes, mais au moins c’est toi qui décides de devenir actrice de ta vie », déclare-t-elle. L’association est soutenue par la Ville, la Métropole, et travaille avec nombre de partenaires sociaux.

  • Avignon : le réseau du Ponzo, où les femmes mènent le jeu

    Avignon : le réseau du Ponzo, où les femmes mènent le jeu

    Le procès de 16 membres du réseau du point de deal du Ponzo, dans le quartier de Monclar à Avignon, dont notamment trois femmes et une identifiée comme la gérante, Anaïs E., s’est ouvert ce lundi 13 octobre, au tribunal judiciaire d’Avignon.

    Tous sont poursuivis pour des faits d’acquisition, détention, transport, offre ou cession non autorisée de stupéfiants, et pour la plupart, participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime ou encore possession d’une arme de catégorie D.

    Anaïs E., Avignonnaise de 27 ans, se serait occupée du point de deal pendant environ quatre ans, jusqu’au coup de filet des forces de police en juin 2023. Un réseau qui était l’un des plus importants du Vaucluse et qui pouvait rapporter jusqu’à 20 000 euros par jour. Le président, Johan Dennis, évoque également une « guerre des clans » contre le réseau de la Reine Jeanne, avec plusieurs personnes tuées et de nombreux blessés. Des soupçons se portent également sur un règlement de comptes au sein même du réseau du Ponzo.

    Des arrestations qui font suite à des années d’enquêtes et d’écoutes. Ce qui a permis d’identifier la jeune femme comme la gérante, devant tout de même rendre des comptes à un supérieur, identifié comme Faycal J., absent car en fuite, dont le frère, Badr, est lui également sur le banc des accusés. Le procès devrait se tenir jusqu’à ce vendredi 17 octobre. Tous risquent jusqu’à 10 années de prison pour ces faits.

    « Tirer dans les pieds »

    L’après-midi a commencé avec le premier interrogatoire, celui de Camila C., qui est identifiée comme l’ex-compagne d’Anaïs E. pendant plus de huit ans. Elle concède avoir connaissance des activités de sa compagne, sans pour autant y participer activement, assurant qu’elle n’a jamais « touché aux armes ou à la drogue ». Des messages cités par le président, Denis Johan, laissent pourtant penser à une participation plus poussée, en qualifiant ces SMS de « discours qui n’est pas celui d’une figurante », en évoquant un échange autour d’un vol de plusieurs dizaines de milliers d’euros par une troisième femme, Myriam S., qui fut également une membre active haut placée du réseau. Elle évoquera une « euphorie de la situation » à propos de messages où elle dit vouloir « tirer dans les pieds » de celle qui est partie avec la grosse somme d’argent. Elle a elle-même été touchée par des tirs en compagnie d’Anaïs E. Touchée à un bras, elle est aujourd’hui déclarée en incapacité à 80 %. Myriam S., qui s’est présentée en visio, sera entendue ce mardi 14 octobre au matin. L’interrogatoire d’Anaïs E. est prévu le mercredi 15 octobre en matinée.

    Ce fut ensuite au tour de Hamid M., ou « le vieux », notamment soupçonné de servir de nourrice pour le réseau. Plusieurs kilos de résine de cannabis et des sachets de cocaïne ont été retrouvés à son domicile. Diagnostiqué schizophrène, il n’avait pas été interpellé lors de la première vague d’arrestations en juin 2023, car il était hospitalisé. Il assure ne pas avoir stocké de produits chez lui, tout en expliquant avoir « voulu rendre service ».

  • Un repas partagé pour soutenir le monde associatif

    Un repas partagé pour soutenir le monde associatif

    Depuis quelques années, les associations sont malmenées et subissent une baisse régulière des subventions, alors qu’elles sont appelées à pallier toujours plus les défaillances de l’État », lance Roland Biache, le président de la section Toulon-La Seyne de la Ligue des droits de l’homme, adhérente du Mouvement associatif qui est à l’appel de cette journée d’action nationale. à Toulon, c’est sur la place d’Armes, dès midi, que le rassemblement revendicatif prendra forme avec au programme un pique-nique partagé.

    « Le statut du bénévolat avance vraiment pas à pas et n’est vraiment pas à la mesure de l’engagement demandé aux gens », reprend le défenseur des droits humains. Pourtant, rappelle-t-il, les associations occupent une place centrale dans la société. Et de poursuivre : « Elles facilitent l’accès aux soins, à l’éducation, au sport, à la culture et aux droits, soutiennent la lutte contre la précarité et l’isolement, encouragent le départ en vacances pour le plus grand nombre et défendent l’environnement. »

    Autant dire qu’elles se retrouvent au premier plan pour faire face à l’urgence sociale. Le sous-investissement chronique dont elles pâtissent et qui risque de conduire certaines à la disparition n’est donc pas sans conséquence pour la cohésion sociale. Et va affecter encore plus durement les publics précaires.

    Sans compter, s’indigne Roland Biache, les entraves à la liberté associative introduites par une lecture parfois un peu trop zélée, par l’administration ou les politiques, de la loi Darmanin sur les principes et valeurs de la laïcité. Ou encore les retours de bâton d’élus vindicatifs ayant été épinglées par l’une d’elles. « Ça peut se traduire par des suppressions de subventions, ou par des refus d’accès à des salles municipales », insiste le président de la LDH de Toulon-La Seyne. Autant de raisons de rejoindre et soutenir les bénévoles, ce samedi, sur la place d’Armes.

  • Le préfet ordonne la fermeture du centre aéré associatif de la Rouvière

    Le préfet ordonne la fermeture du centre aéré associatif de la Rouvière

    En raison de « manquements récurrents » dans l’organisation de son centre aéré les mercredis, l’association Union sportive et culturelle de la Rouvière Marseille (USCRM) se voit interdite, par le préfet des Bouches-du-Rhône, d’exercer ses activités de loisirs au sein des écoles maternelle et élémentaire de la Rouvière (9e).

    C’est une mesure rare, exceptionnelle. L’arrêté préfectoral du 7 octobre sonne comme un coup de tonnerre. Les services de l’État justifient cette fermeture « au regard de la gravité et de la récurrence des manquements constatés » et après deux courriers d’injonction non suivis d’effet pour se mettre en conformité avec la réglementation sur l’accueil collectif de mineurs (ACM). Les constats procèdent de cinq contrôles du service départemental de la jeunesse et des sports entre le 22 octobre 2024 et le 1er octobre 2025.

    Sont pointés « le non-respect du taux d’encadrement, l’absence d’une partie des diplômes de l’équipe pédagogique, l’absence de diplôme de la directrice ou de son adjointe, le non-respect des règles de sécurité des locaux, la présence d’individus extérieurs non déclarés au contact des mineurs, l’absence de projet pédagogique ». Parmi les récriminations, le signalement reçu le 14 mai 2025 d’un parent dénonçant « l’unique présence de la directrice pour encadrer une soixantaine d’enfants sans animateur ».

    Interrogée, la Ville de Marseille rappelle qu’elle avait émis « plusieurs alertes et recommandations » à l’égard du centre aéré. Elle indique avoir d’ores et déjà entamé des démarches pour que les enfants soient pris en charge dans des centres aérés alentours, dès mercredi prochain, mais également pour « qu’une autre association puisse assurer la continuité de ce centre aéré à compter de la première semaine des vacances scolaires, en lien avec les services de la CAF 13 et de la Jeunesse et des Sports ». La mairie dit se rapprocher des parents pour les informer de l’évolution de la situation et des mesures mises en place.

    « Les enfants ne sont pas en danger »

    Contacté via son secrétaire général, le président de l’USCRM, Daniel Amar, n’avait pas réagi à l’heure où nous bouclons. Au siège de l’association, 83, boulevard du Redon (9e), c’est un sentiment d’injustice et de colère que nous recueillons auprès d’une bénévole qui veut garder l’anonymat. « Le recrutement des animateurs est un problème que connaissent tous les centres aérés de Marseille. En juin-juillet, On avait tout restructuré et les inspecteurs de la Jeunesse et des Sports nous avaient dit qu’ils nous aideraient et nous soutiendraient. Niveau mairie, nous n’avons eu aucun reproche. Au contraire, la responsable nous a énormément aidés. On avait regardé avec elle les effectifs, les papiers à jour, les dossiers enfants, les fiches d’urgence, le projet pédagogique avec les animations et les emplois du temps, les locaux, l’encadrement, les diplômes des animateurs, le récépissé de la préfecture, les menus du jour, etc. S’il y avait eu le moindre problème, on aurait eu un retour écrit. Là, on sanctionne à tort une nouvelle équipe pour des manquements imputables à l’ancienne en nous fermant du jour au lendemain. »

    La goutte d’eau, c’est le constat du 1er octobre au matin, pourtant moins grave que le signalement parental de mai dernier. Deux inspecteurs de la Jeunesse et des Sports reviennent au centre aéré et constatent qu’il manque deux animateurs. La réglementation exige, pour les maternelles, un animateur pour 8 enfants de 3 à 6 ans et, pour les primaires, un animateur pour 12 enfants de 6 à 11 ans. « Ce mercredi-là, il y avait 4 animateurs, la directrice et son adjointe pour une cinquantaine d’enfants. Il nous manquait deux animateurs. La directrice en remplaçait un, mais les inspecteurs ont estimé que ce n’était pas son rôle. »

    C’est très compliqué, nous assure-t-on, d’avoir le nombre d’animateurs requis disponibles chaque mercredi. « On sait exactement le nombre d’enfants qu’on aura d’un mercredi sur l’autre, mais parfois, un animateur fait défaut au dernier moment. Le 1er octobre, nous n’étions pas arrivés à trouver un animateur au pied levé. Il n’y a eu aucune situation de danger. En aucun cas, nous mettrons des enfants en danger. Nous sommes nous-mêmes des parents. »

  • Les associations, exsangues, dans la rue

    Les associations, exsangues, dans la rue

    « Vous êtes tous concernés ! » C’est à une véritable prise de conscience que Yannick Gallien, président du mouvement associatif régional, appelle. Pour la première fois, les associations vont manifester, ce samedi 11 octobre*. Parce que « ça ne tient plus ».

    « Nous savons que la situation politique et financière est compliquée, que l’actualité va occulter un peu notre mouvement, mais cela fait plusieurs années maintenant que nous ne sommes pas reconnus », déplore-t-il, « si on abandonne, c’est une sorte de capitulation ». Avec
    – 41% de subventions publiques, 186 000 emplois menacés, 31% d’associations qui ont une trésorerie à moins de trois mois, 70% des associations employeuses déclarant que le montant de leurs fonds propres reste fragile, égrène-t-il, l’heure est grave. Alors que les besoins en matière de solidarité, d’accompagnement, de culture ou de pratique sportive, autant de domaines où intervient le mouvement associatif, sont prégnants.

    « On nous dit que le modèle de la subvention, c’est fini, qu’il faut se tourner vers le mécénat, mais ce dernier a ses limites », estime Yannick Gallien. Or, de l’argent, il y en a « pour faire des ronds-points ou des ombrières », ironise-t-il, demandant à ce que les financements soient « fléchés ». Plus politiquement, il rappelle qu’il s’agit d’un choix de société. Les associations, en permettant une « rencontre entre des gens, des sensibilités, des cultures différentes » apportent une « respiration, un apaisement », considère-t-il.

    Et de demander au moins le maintien des subventions, la création de nouveaux emplois aidés ou encore de transformer la déductibilité des dons en crédits d’impôt.

    « Un manque de vision »

    À ses côtés, Denis Philippe, président de la Chambre régionale des entreprises de l’économie sociale et solidaire (Cress), est venu en soutien.

    « L’économie sociale et solidaire est une économie à part entière, à laquelle les associations participent » pose-t-il, déplorant un « manque de vision » de l’État. Il s’appuie sur un rapport de la Cour des comptes, publié en mai 2021, qui dresse un état des lieux du soutien des pouvoirs publics au monde associatif. Où les magistrats soulignent « en particulier l’absence de stratégie et une coordination fragile » recommandant « un soutien modernisé du secteur ». Et de réaffirmer que le modèle associatif, établit en 1901, reste aussi le dépositaire de valeurs. « En tant qu’élu, on ne peut pas [se contenter de] poser pour la photo à côté d’une association parce qu’on est en campagne », mais « de se poser la question : dans quelle société voulons-nous vivre ? », assène Denis Philippe. Il prend l’exemple du Conseil national de la Résistance, où des choix sociétaux ont été faits. « On ne peut pas considérer que l’ESS et les associations sont quantités négligeables », tance-t-il. Dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, on dénombre 140 000 associations pour 1,3 million de bénévoles et 150 000 salariés, soit 10% de l’emploi régional.

    * À 10h sous l’Ombrière du Vieux-Port

  • [Entretien] Jacques Pradel : « Le racisme anti-Arabe est de plus en plus décomplexé aujourd’hui »

    [Entretien] Jacques Pradel : « Le racisme anti-Arabe est de plus en plus décomplexé aujourd’hui »

    La Marseillaise : Vous allez rendre hommage, vendredi, à l’ancien président de la section varoise de la LDH François Nadiras, qui a toute sa vie refusé l’injustice et s’est battu contre les idées d’extrême droite…

    Jacques Pradel : Oui, cela nous a semblé tellement évident ! François Nadiras a adhéré immédiatement à l’association dès sa création en 2008, en tant qu’ami non pied-noir. On a été en contact très souvent. C’est quelqu’un pour qui personnellement j’avais beaucoup d’admiration. C’était un homme magnifique. On a donc proposé à la Ligue des droits de l’homme de Toulon et aux historiens qui ont poursuivi le travail qu’il avait entrepris à travers le site histoirecoloniale.net de se joindre à nous. Gilles Manceron sera d’ailleurs présent, vendredi soir, à La Garde.

    Vous partagiez les mêmes valeurs et la même volonté de ne pas laisser l’extrême droite réécrire l’histoire…

    J. P. : C’est certain. Nous avons créé l’association en 2008, mais nous aurions pu le faire bien avant parce qu’en vérité, toutes les raisons existaient avant. Nous en avions assez d’entendre les associations de pieds-noirs d’extrême droite qui occupaient le haut du pavé, reconnues par les médias, par les politiques, comme étant porteurs d’une parole pied-noire. Alors que les pieds-noirs, dans la diversité de ce qu’ils sont, ne peuvent pas être résumés à ce qu’en disaient ceux qui sont restés figés dans la haine et le ressentiment. Dans tous les cas, on leur déniait le droit de parler à notre place. Et, surtout, le droit de dire que l’ensemble des pieds-noirs avaient une vision politique du passé colonial qui était le leur.

    Une mémoire qui, on le voit, ne cesse d’être manipulée par l’extrême droite et même une partie de la droite…

    J. P. : C’est pour cela que nous tenions à faire entendre une autre voix et affirmer, en tant qu’association, que la lutte du peuple algérien pour se libérer du colonialisme était une lutte justifiée.

    Aujourd’hui, conjointement à la progression des idéologies d’extrême droite, le passé colonial est remis en scène de manière positive. Il résonne fortement dans notre société gangrenée par la diffusion de thèses dangereuses, avec en corollaire et sous couvert d’islamophobie, la légitimation d’un racisme anti-maghrébin, anti-algérien, restauré et assumé dans l’espace et le débat publics.

    Comment lutter contre cette haine ?

    J. P. : On se bat pour rapprocher nos deux peuples des deux côtés de la Méditerranée. Et nous affirmons que nous sommes, qu’on le veuille ou non, des enfants d’Algérie. Et en tant que tel, on veut dire notre solidarité, notre fraternité avec les autres enfants d’Algérie. Mais en vérité, aujourd’hui, lutter contre les idées de l’extrême droite sur la colonisation et lutter contre le racisme, c’est la même chose. C’est la philosophie dans laquelle on se situe aujourd’hui.

    Un travail d’information et de pédagogie gigantesque…

    J. P. : Oui, mais notre association est active dans un certain nombre de régions et relativement forte dans certaines villes comme Marseille, Toulouse, Grenoble, Lyon, etc. Ce qui nous permet de créer des initiatives et de participer activement à différents aspects de la vie démocratique et sociale.

    Nous privilégions également les activités culturelles qui permettent de parler de tout ce qui est commun, de tout ce qui rapproche nos deux pays. On fait également des interventions en milieu scolaire et participe à différents types de manifestations, de commémorations autour des dates importantes de la guerre d’indépendance algérienne.

    Samedi après-midi, après votre assemblée générale, vous organisez une rencontre-débat ouverte au public, au domaine de Masacan…

    J. P. : Oui, cela commence à 14h avec le politologue Nedjib Sidi Moussa, qui va expliquer « comment la décolonisation de l’Algérie façonne les passions françaises ». Et de 16h à 19h, le débat se poursuit « de l’Algérie à la Kanaky », avec l’historienne de la colonisation Isabelle Merle. Et la projection du film documentaire Kanaky-Nouvelle-Calédonie, la trajectoire interrompue du Caillou, en présence du réalisateur Mehdi Lallaoui.

  • [Entretien] Jacques Pradel : « Le racisme anti-Arabe est de plus en plus décomplexé aujourd’hui »

    La Marseillaise : Vous allez rendre hommage, vendredi, à l’ancien président de la section varoise de la LDH François Nadiras, qui a toute sa vie refusé l’injustice et s’est battu contre les idées d’extrême droite…

    Jacques Pradel : Oui, cela nous a semblé tellement évident ! François Nadiras a adhéré immédiatement à l’association dès sa création en 2008, en tant qu’ami non pied-noir. On a été en contact très souvent. C’est quelqu’un pour qui personnellement j’avais beaucoup d’admiration. C’était un homme magnifique. On a donc proposé à la Ligue des droits de l’homme de Toulon et aux historiens qui ont poursuivi le travail qu’il avait entrepris à travers le site histoirecoloniale.net de se joindre à nous. Gilles Manceron sera d’ailleurs présent, vendredi soir, à La Garde.

    Vous partagiez les mêmes valeurs et la même volonté de ne pas laisser l’extrême droite réécrire l’histoire…

    J. P. : C’est certain. Nous avons créé l’association en 2008, mais nous aurions pu le faire bien avant parce qu’en vérité, toutes les raisons existaient avant. Nous en avions assez d’entendre les associations de pieds-noirs d’extrême droite qui occupaient le haut du pavé, reconnues par les médias, par les politiques, comme étant porteurs d’une parole pied-noire. Alors que les pieds-noirs, dans la diversité de ce qu’ils sont, ne peuvent pas être résumés à ce qu’en disaient ceux qui sont restés figés dans la haine et le ressentiment. Dans tous les cas, on leur déniait le droit de parler à notre place. Et, surtout, le droit de dire que l’ensemble des pieds-noirs avaient une vision politique du passé colonial qui était le leur.

    Une mémoire qui, on le voit, ne cesse d’être manipulée par l’extrême droite et même une partie de la droite…

    J. P. : C’est pour cela que nous tenions à faire entendre une autre voix et affirmer, en tant qu’association, que la lutte du peuple algérien pour se libérer du colonialisme était une lutte justifiée.

    Aujourd’hui, conjointement à la progression des idéologies d’extrême droite, le passé colonial est remis en scène de manière positive. Il résonne fortement dans notre société gangrenée par la diffusion de thèses dangereuses, avec en corollaire et sous couvert d’islamophobie, la légitimation d’un racisme anti-maghrébin, anti-algérien, restauré et assumé dans l’espace et le débat publics.

    Comment lutter contre cette haine ?

    J. P. : On se bat pour rapprocher nos deux peuples des deux côtés de la Méditerranée. Et nous affirmons que nous sommes, qu’on le veuille ou non, des enfants d’Algérie. Et en tant que tel, on veut dire notre solidarité, notre fraternité avec les autres enfants d’Algérie. Mais en vérité, aujourd’hui, lutter contre les idées de l’extrême droite sur la colonisation et lutter contre le racisme, c’est la même chose. C’est la philosophie dans laquelle on se situe aujourd’hui.

    Un travail d’information et de pédagogie gigantesque…

    J. P. : Oui, mais notre association est active dans un certain nombre de régions et relativement forte dans certaines villes comme Marseille, Toulouse, Grenoble, Lyon, etc. Ce qui nous permet de créer des initiatives et de participer activement à différents aspects de la vie démocratique et sociale.

    Nous privilégions également les activités culturelles qui permettent de parler de tout ce qui est commun, de tout ce qui rapproche nos deux pays. On fait également des interventions en milieu scolaire et participe à différents types de manifestations, de commémorations autour des dates importantes de la guerre d’indépendance algérienne.

    Samedi après-midi, après votre assemblée générale, vous organisez une rencontre-débat ouverte au public, au domaine de Masacan…

    J. P. : Oui, cela commence à 14h avec le politologue Nedjib Sidi Moussa, qui va expliquer « comment la décolonisation de l’Algérie façonne les passions françaises ». Et de 16h à 19h, le débat se poursuit « de l’Algérie à la Kanaky », avec l’historienne de la colonisation Isabelle Merle. Et la projection du film documentaire Kanaky-Nouvelle-Calédonie, la trajectoire interrompue du Caillou, en présence du réalisateur Mehdi Lallaoui.

  • Visiteur de prisons, une « porte vers l’extérieur »

    Visiteur de prisons, une « porte vers l’extérieur »

    Ils s’apprêtent, pour certains, à franchir pour la première fois les portes du milieu carcéral, encore inconnu pour la majorité des futurs bénévoles réunis autour de la table. En salle Albini, à l’entrée du centre pénitentiaire de Luynes, l’Association des visiteurs de prisons (ANVP) a organisé une réunion d’information destinée à ses membres. Discrète et peu connue du grand public, l’association était récemment présente au forum des associations, où elle a invité les volontaires à venir découvrir son action.

    Créée en 1932 et aujourd’hui présente sur l’ensemble du territoire national, l’ANVP compte environ 1 100 bénévoles qui rendent régulièrement visite aux personnes détenues, en milieu fermé comme ouvert. Au cours de la réunion de présentation, où se sont rendus une dizaine d’intéressés, le milieu carcéral a longuement été décrit. À Aix, la section locale est l’une des plus importantes de France. « Il faut dire que nous sommes classés deuxième ou troisième prison de France en fonction des effectifs », contextualise Marc Bouvart, président de la section ANVP d’Aix-Luynes.

    Ce jeudi soir, il anime la réunion aux côtés de Jean-Louis Rougeron, en charge de l’affection visiteur, détenu et du suivi des candidatures. Ils présentent cette activité qui engage les bénévoles à consacrer une partie de leur temps à rencontrer et échanger avec des détenus – à leur demande – dont ils ne connaissent que le nom, le prénom et le numéro d’écrou. « On saura seulement si c’est une personne radicalisée », précise Marc Bouvart.

    Le « lien » avec l’extérieur

    La réunion entre dans le détail : à quoi ressemble une prison ? Quel est le taux d’occupation ? Dans quelles conditions vivent les détenus ? Autant de questions auxquelles il faut être préparé. « Comme on a des prévenus, on a des gens qui vont paraître aux assises. On retrouve tout type de population », poursuit Marc Bouvart.

    Dépendants du SPIP (Service pénitentiaire d’insertion et de probation), en lien avec les conseillers d’insertion des détenus rencontrés, les bénévoles de l’ANVP ne sont ni avocats, ni psychologues. Ils ne connaissent pas, non plus, les dossiers qui amènent leurs interlocuteurs jusqu’à l’incarcération. Leur rôle est centré sur l’écoute, un art enseigné lors des nombreuses formations dispensées avant qu’un nouveau bénévole ne prenne ses fonctions. « Selon la relation que vous allez établir avec le détenu, il vous dira peut-être ce qu’il a fait. Je vois un détenu depuis un peu plus de deux ans, il a honte. j’imagine ce qu’il a fait, mais même en essayant, il n’arrive pas à me le dire. Ce n’est pas grave, on n’est pas là pour questionner son passé, détaille Jean-Louis. On est la porte ouverte sur l’extérieur, la porte ouverte qui va permettre au détenu de poser ses angoisses, ses frustrations, tout ce qu’il a envie de dire. On est là pour rendre à la personne sa qualité de citoyen. »

    Dans un contexte où il n’y a « qu’un psychologue pour 2 000 personnes », où les détenus restent enfermés 22 heures par jour et où beaucoup n’ont plus de contact familial, ce lien devient essentiel. « Ils ont besoin aussi de se poser avec une personne qui ne va pas les juger, ni leur faire de remontrances. On est leur lien avec l’extérieur quand ils sont incarcérés. Notre rôle s’arrête à leur sortie », ajoute Marc Bouvart, avant de prévenir : « L’essentiel est de donner le moins d’informations possibles sur nous-mêmes. Ne pas donner son adresse ni son numéro de téléphone. Nous ne sommes pas amis, il faut garder certaines distances. »

    Il faut être majeur et avoir un casier vierge pour candidater à l’ANVP. Sur le plan personnel, être « blindé ». « Je n’ai jamais été déçu. Ils nous apportent bien plus que ce que j’aurais imaginé, quoiqu’ils aient pu faire, conclut Marc Bouvart. Il faut le mettre de côté, ça fausserai toutes les relations. Même s’ils nous en parlent, on ne rentre pas dans le détail, ça reste un être humain à part entière. »