Tag: Arles

  • Les forces de gauche concluent un accord pour les municipales

    Les forces de gauche concluent un accord pour les municipales

    De l’aveu de Bruno Leclerc, chef de file du NPA d’Arles, la gauche avait « regretté » d’être partie en ordre dispersé aux élections de 2020, consacrant la victoire de Patrick de Carolis (Horizons), qui avait remporté au second tour 57,2% des suffrages exprimés contre 42,8% pour Nicolas Koukas, le successeur désigné du maire communiste sortant Hervé Schiavetti. Pour les prochaines municipales, les forces progressistes ne referont pas la même erreur. Après des mois de travail de processus unitaire initié par l’Appel d’Arles, elles officialisent un accord électoral et présenteront publiquement leur candidat le 27 novembre.

    La future liste « l’Union pour Arles » intégrera des personnalités issues de toutes les formations politiques (PCF,
    PS, Génération écologie, Génération.s, Place publique, NPA, l’Après, Debout !, Gauche républicaine et socialiste) et de la société civile. La France insoumise a quant à elle quitté le navire, suite à des dissensions locales sur fond de politique nationale.

    Le programme dévoilé

    en février

    L’objectif est clair : « Proposer un programme de rupture avec la politique portée par Patrick de Carolis » et « faire tout ce qu’il faut pour que le Rassemblement national ne passe pas », expliquent Bruno Leclerc et Françoise Rouzies, la cheffe de file de Place publique. Pour le moment, l’extrême droite n’a désigné aucun candidat à Arles. Mais « les idées nauséabondes » du parti de Marine Le Pen « seront de la partie », assure le représentant du NPA, « que ce soit dans une liste à part entière ou en en intégrant une ».

    Depuis mars, des propositions ont déjà émané du travail de concertation mené par les forces de l’Appel d’Arles. Le programme sera dévoilé au début du mois de février 2026, mais certaines priorités sont déjà connues. « Les priorités sont le retour de la gestion des quartiers, l’aide à la culture populaire et associative qui a beaucoup fléchi pendant le mandat de Patrick de Carolis », détaille Françoise Rouzies.

    « Dans le cadre de la campagne qui va s’ouvrir, on va continuer à élaborer le projet à partir des rencontres qu’on va mettre en place dans les quartiers et les villages, précise Bruno Leclerc. Nos thématiques sont la culture, la jeunesse, les quartiers, la participation citoyenne, l’écologie et les services publics. On veut recoudre la ville qui a été fracturée socialement. Et il y a du travail. Le mandat en cours est à l’image de la politique macroniste actuelle : tout pour le pognon, rien pour le social. » Une dynamique à laquelle la gauche unie compte bien mettre un terme.

  • Les femmes ont de belles voix au chapitre à Arles

    Les femmes ont de belles voix au chapitre à Arles

    Le Cargo de nuit s’apprête à embarquer ses passagers, vendredi 14 et samedi 15 novembre, direction la note bleue. Avec de sûres capitaines à la barre pour donner respectivement le la de ces deux soirées, en la personne de Robyn Bennett, puis Sandra Nkaké.

    Tout droit venue de Pennsylvanie, mais établie en France depuis une vingtaine d’années, Robyn Bennett a su développer son swing à partir des différentes comédies musicales dans lesquelles elle a officié. C’est d’ailleurs à Paris qu’elle fait partie, en 2007, du casting de Cabaret, canon du genre qui a fait florès aux Folies Bergères, mis en scène par le réalisateur hollywoodien Sam Mendes. Un goût pour la lumière et autant de préceptes scéniques qu’elle a fait siens jusqu’à aujourd’hui, poussant sa voix puissamment suave sur des albums amorcés en 2013. Après The wait, The song is you, puis Glow, la voilà de retour avec un triptyque musical intitulé Move, feel, love. Enivré par des cordes grassement funky, un opus dans lequel la soulwoman « affirme sa force d’avancer quoiqu’il arrive », l’importance de « garder le sourire et de partager les bonnes vibrations et l’amour », stipule la production.

    « Célébrer la force des créations féminines »

    Porté par la célébration de ses 30 ans d’existence, la salle de concert du Cargo de nuit, fondée à Arles en 1995 par l’association Andromède, met les petits plats dans les grands pour sa présente saison. C’est ainsi que, le lendemain de la prestation de Robyn Bennett, au tour de Sandra Nkaké de prendre son relais mélodieux.

    Native de Yaoundé, cette soulwoman franco-camerounaise, qui a démarré sa carrière musicale en 2008 avec l’album solo Mansaadi, viendra se produire au sein d’un trio acoustique, aux côtés de Paul Colomb au violoncelle et de Jî Drû à la flûte traversière. Un ensemble qui prend le nom de « Elles » dans le but de « célébrer la force des créations féminines ».

    Couronnée « Voix de l’année » lors des Victoires du jazz en 2024, après son dernier album en date, Scars, dans laquelle sa voix se prêtait à la thématique du déracinement, Sandra Nkaké s’est lancée dans ce projet où elle convoque cette fois la liberté. Une ambition matérialisée par « un hommage aux femmes qu’elle a croisées ou qui l’ont nourrie dans son parcours artistique », précisait le programme de la Philharmonie de Paris, où elle s’est produite à la rentrée 2025. Parmi ces figures féminines inspirantes, « Jeanne Added, avec qui elle a collaboré pour les Protest songs, Kate Bush ou Laura Cahen ».

    Robyn Bennett en concert au Cargo vendredi 14 novembre à 21h30. Et Sandra Nkaké, samedi 15 novembre à 21h30. Places entre 22 et 26 euros. www.cargodenuit.com

  • [Théâtre] Pierre Richard se joue des clichés à Aix et Arles

    [Théâtre] Pierre Richard se joue des clichés à Aix et Arles

    Comme le rappelle Pierre Richard, la question à laquelle il a dû le plus souvent faire face dans la vie, hormis « Bonjour, ça va ? », est la suivante : « Êtes-vous aussi distrait dans la vie que dans vos films ? ». Mais voilà que dans Je suis là mais je ne suis pas là, seul en scène qui se joue du 6 au 8 novembre sur la scène aixoise du Jeu de Paume, puis le jeudi 13 novembre au Théâtre d’Arles, le Grand blond avec une chaussure noire s’amuse à tordre les clichés qui lui collent à la peau en dépit d’une carrière longue de 60 ans.

    « Souvenirs d’un distrait »

    Son spectacle puise dans son ouvrage Souvenirs d’un distrait. Pierre Richard se confie au public, se remémorant entre autres les rencontres qui ont forgé son art comme sa personne. Notamment certains chanteurs comme Claude Nougaro, « dont j’ai été le voisin » ou Bruce Springsteen que « j’ai longtemps fréquenté », expliquait-il à La Marseillaise l’an passé. « Peut-être que j’aurais aimé être chanteur, même si je n’en aurais pas eu le talent », souligne Pierre Richard. Ses premières parties de Brassens au Théâtre Bobino, son amitié avec Louis, puis Matthieu Chedid, ses partitions de pipeau avec Moustaki… Avec son drôle et tendre Je suis là mais je suis pas là, Pierre Richard se raconte finalement à travers le regard de ses célèbres contemporains, illustrant des facettes à laquelle on a bien voulu le cantonner, sûrement pas fausses, mais dont il s’est joué avec malice.

  • L’art de la photographie naturaliste se dévoile

    L’art de la photographie naturaliste se dévoile

    L’automne est de retour et avec elle ses lumières dorées et paysages incroyables. Pensé comme un temps de contemplation et de partage, les Rendez-vous d’automne du Festival de la Camargue reviennent, ces samedi et dimanche en plein air, au cœur des espaces naturels de Camargue avec des expositions, mais aussi des temps forts à ne pas manquer.

    Les expositions à voir au parc ornithologique de Pont de Gau aux Saintes-Maries-de-la-Mer, au Domaine de Méjanes à Arles ou encore aux jardins de la Tour à Port-Saint-Louis-du-Rhône regroupent les œuvres de trois photographes qui, à travers leurs objectifs et leur regard singulier, expriment un rapport au vivant à la fois intime, esthétique et respectueux de la nature et de l’environnement.

    La beauté d’une nature captivante

    Cette nouvelle édition met donc à l’honneur la photographie de nature qui s’offre aux petits comme aux grands curieux, promeneurs ou passionnés. Sont donc à découvrir des clichés inspirés par la vie sauvage et la beauté des grands espaces naturels.

    Parmi les expositions proposées, vous trouverez Petite faune du Sud de Laurent Fiol, une invitation à sortir des premières idées qui nous viennent à l’esprit quand on pense à la Camargue. Le travail de Laurent Fiol est une invitation à ralentir, à se pencher un peu plus près du sol pour y voir toute la richesse que ce territoire peut nous offrir, à travers un petit monde délicat et poétique. La nature dans tous ses états, d’Annabelle Chabert, qui souhaite à travers ses photos faire une ode aux petits et grands changements qui s’opèrent dans la nature, qu’ils soient climatiques ou saisonniers, donnent une saveur particulière aux paysages si on prend le temps de s’y attarder.

    Pour ces deux expositions, le vernissage a lieu ce samedi à partir de 11h30, au parc ornithologique, en présence des photographes.

    Sont également à contempler l’exposition Zénitude crépusculaire de Franck Follet, au Domaine de Méjanes. L’artiste donne à voir la Camargue qu’il aime. Une nature sauvage et pure, mystérieuse et envoûtante, où l’inspiration zen japonaise se mêle à la beauté des flamants roses évoluant dans leur milieu naturel.

    Enfin, le collectif Regard du Vivant se penche sur l’aigle de Bonelli, avec l’exposition Aigle de Bonelli, Prince des garrigues à laquelle a participé Maxime Briola, un photographe naturaliste notamment reconnu pour ses clichés sur les serpents et co-auteur de l’exposition. Vous pourrez en apprendre davantage sur cet oiseau emblématique et menacé des garrigues méditerranéennes avec une approche à la fois esthétique et scientifique au sein des jardins de La Tour cette fois-ci.

    Dimanche, un déjeuner gipsy au son des guitares avec les Gitano Family vous attend à la Bergerie de Méjanes, pour clôturer le week-end et les festivités.

    Infos sur le site
    festival- camargue.fr

  • Brooklyn Funk Essentials embarque le groove au Cargo

    Brooklyn Funk Essentials embarque le groove au Cargo

    Brooklyn Funk Essentials est au funk ce que les Harlem Globetrotters sont au basket-ball. Pas forcément sous les projecteurs de la compétition, mais tout de même aguerri, un collectif de musiciens aux influences mondiales qui font valdinguer et vrombir les cordes de leurs guitares et basses de manière jubilatoire depuis plus de 30 ans.

    Fondé par le bassiste Lati Kronlud et le producteur Arthur Baker, ce groupe qui est en concert samedi 25 octobre au Cargo de nuit d’Arles, avait alors explosé à la face du globe avec l’album Cool and Steady and Easy, sur lequel figure le tube The Creator has a Masterplan, reprise vigoureuse du titre éponyme imaginé une vingtaine d’années plus tôt par le saxophoniste de jazz hallucinant, Pharoah Sanders. Sept opus depuis au compteur d’une carrière discontinue, les voilà de retour avec un nouveau morceau, avec la même recette du sample, cet art d’échantillonner une boucle sonore déjà existante : cette fois, à partir de Life During Wartime, que les rockers du groupe Talking Heads avaient sorti en 1979. Dopé à l’afrobeat injecté par les cuivres de Loïc Gayot, Ebba Asman et Jessica Pina, un son réarrangé qui démontre que Brooklyn Funk Essentials garde son amour du mélange des genres, en dépit d’une formation changeante au fil du temps, la chanteuse Alison Limerick ayant rempli avec succès la mission périlleuse de succéder à Shä-Kay. Comme le précisait le collectif en 2016, lors de ce changement, « une fonction qu’elle partage avec Desmond Foster, membre de longue date et guitariste du groupe ».

    « Funk cosmopolite »

    Mêlant soul, hip-hop, jazz et même musique house à leur cœur de métier, c’est-à-dire le funk, Brooklyn Funk Essentials garde la réputation de bête de scène. Une assurance parfaite depuis leurs débuts, le groupe ayant accompagné en tournée des légendes comme James Brown, Kool & the gang ou encore The Meters et Parliament-Funkadelic. « Une légende du funk cosmopolite », comme on veut bien aguicher du côté du Cargo de nuit, qui avait fait un retour remarqué en 2023 avec l’album Intuition, signe que le groove, c’est comme le vélo, on ne l’oublie jamais.

    Samedi 25 octobre à 21h30.
    22-25 euros. www.cargodenuit.com

  • À Arles, l’accueil de jour excentré pour mener le projet Mistral

    À Arles, l’accueil de jour excentré pour mener le projet Mistral

    La cession a été votée lors du dernier conseil municipal. Le 2 octobre, la majorité de Patrick de Carolis (Horizons) a acté le déclassement de l’ancien collège Frédéric-Mistral en vue de vendre l’ensemble de 6 431 m2 au groupe François Ier, pour 3,9 millions d’euros. Après les travaux de réhabilitation, la Ville restituera 700 000 euros. Un volume « qui concerne notamment une salle polyvalente qui sera rétrocédée à la Ville », précise le premier adjoint au maire Jean-Michel Jalabert.

    En bref, l’opérateur immobilier a pour projet de construire un parking souterrain de 45 places, 85 logements multigénérationnels (un chiffre encore modulable), mais aussi un cabinet médical, une maison des associations et un restaurant.

    Mais, avant de pouvoir entamer le chantier, l’accueil de jour du centre communal d’action sociale (CCAS) doit déménager. Il devait « être déplacé avant le 30 juin et être installé rue Gaspard-Monge », à Barriol, détaillait Jean-Michel Jalabert lors du conseil municipal, mais « les travaux ont pris du retard, donc le déclassement de l’ancien collège Mistral sera effectif en juillet 2026 ».

    Plus de 30 minutes

    du centre-ville

    Si ce déménagement n’est qu’un point d’organisation pour la Ville, il inquiète l’opposition. « Depuis 2013, l’accueil de jour du CCAS est installé dans une partie des locaux de l’ancien collège Mistral, explique le conseiller municipal Nicolas Koukas (PCF). On l’avait volontairement installé là parce que c’est en centre-ville, pas loin de la gare, donc accessible aux gens dans la précarité. Chaque jour, 80 à 120 personnes y trouvent un soutien vital : douches, bagagerie, domiciliation, accompagnement social et un accès aux soins en lien avec l’hôpital d’Arles. (…) Aujourd’hui, la Ville prévoit de déménager cet accueil en zone industrielle, au Plan du Bourg, dans une zone industrielle à plus de 30 minutes du centre-ville. » L’élu dénonce une volonté de « cacher les plus démunis et les sans-abri, alors que d’autres solutions
    existaient ».

    Sur la trentaine d’associations qui étaient logées dans l’ancien collège Mistral, une dizaine devrait rester dans un espace rénové de plus de 500 m2. « Quelques associations de traditions, mais pas l’accueil de jour », constate Nicolas Koukas. Le conseiller d’opposition affirme qu’une autre solution avait été mise sur la table, à proximité du stade Fournier, avant d’être abandonnée.

    Contactée, la Ville n’a pas souhaité communiquer à ce sujet.

  • Le port prend le virage du rail et devient quadrimodal

    Le port prend le virage du rail et devient quadrimodal

    La Chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Pays d’Arles n’a pas traîné. Après avoir été reconduite à la tête de l’exploitation du port pour 25 ans, en décembre 2024, elle s’est immédiatement consacrée à la modernisation des infrastructures et à l’acquisition de nouveaux équipements, avec un investissement de 10 millions d’euros. Son ambition : renforcer le report modal vers le fleuve et le rail en atteignant 450 000 tonnes de marchandises transportées par voie fluviale par an d’ici 2028, soit une hausse de 25%, et 20 000 tonnes de marchandises transportées par voie ferroviaire d’ici 2032.

    « On est bien partis », affirme Stéphane Paglia, président de la CCI du Pays d’Arles. Laurence Borie-Bancel, présidente du directoire de la Compagnie nationale du Rhône (CNR), salue : « En un peu moins d’un an, quelle dynamique ! 30% de hausse des trafics sur les neuf premiers mois de l’année 2025. » Selon Stéphane Puglia, cette progression s’explique par une « prise de conscience générale sur la nécessité de décarboner et massifier le transport » et la mise en place de nouveaux outils.

    Une navette entre Fos

    et Arles

    À commencer par le terminal multimodal Mistral, porté par le groupe Combronde et la CCI. Lauréat de l’appel à projets logistiques de la CNR, cet outil de report rail-combiné a été inauguré ce mardi 21 octobre, après le passage du premier train début septembre. À terme, l’objectif est d’atteindre sept allers-retours hebdomadaires d’ici à la fin 2025.

    « Les premiers échanges sur ce projet ont eu lieu en juillet 2024, et ce mois-ci, on compte déjà deux liaisons ferroviaires vers Lille et vers Bordeaux, souligne Laurence Borie-Bancel. C’est un projet qui a été mené en un temps record, avec, à la clé, une alternative concrète permettant d’éviter chaque année 32 000 camions sur les routes. »

    La présidente du directoire de la CNR souhaiterait aller plus loin pour « être le catalyseur de la dynamique de l’axe Méditerranée-Rhône-Saône en partenariat avec le Grand port maritime de Marseille-Fos (GPMM) et les accords de territoires sous l’égide de l’État ». « Le projet de navette fluviale entre Fos et Arles permettrait de connecter directement le GPMM à Bordeaux, Lille et au nord de l’Europe », glisse-t-elle. Réponse du concerné, Hervé Martel : « Évidemment, on est très motivés avec les acteurs économiques pour que ça puisse fonctionner. » À suivre !

  • « Le château des Carpathes » swingue à Arles

    « Le château des Carpathes » swingue à Arles

    « Ce projet laisse une place importante à la musique et la composition afin que les deux dramaturgies, théâtrale et musicale, se répondent et se complètent. On sait que Jules Verne était un mélomane et qu’il a travaillé à développer le théâtre musical en son temps », rappelle à juste titre Emilie Capliez, qui adapte et modernise le roman gothique publié en 1892, Le château des Carpathes. Visible mardi 14 et mercredi 15 octobre au Théâtre d’Arles, un spectacle qui fait dialoguer la comédie à une partition jazz composée par la trompettiste Airelle Besson, autour de l’histoire originelle et fantastique d’une cantatrice nommée Stilla, « dont on cherche à immortaliser et emprisonner l’image et la voix ».

    Émancipations

    « Avec ce roman », estime Emilie Capliez, « Jules Verne s’attaque à un genre littéraire qui me fascine : le roman gothique, la littérature fantastique. Il nous plonge dans l’ambiance inquiétante d’une forêt au fin fond de la Transylvanie, avec ce mystérieux château d’où s’évapore de la fumée et autour duquel va se déployer la fable ». Une toile de fond dont la metteur en scène s’empare pour un conte musical au rythme effréné, porté par huit interprètes dont « trois instrumentistes, une actrice-chanteuse et quatre comédiens », situe Emilie Capliez qui réactualise l’œuvre de Jules Verne en émancipant ses figures féminines et en questionnant leur indépendance.

    P.A.
  • Les épaves romaines du Rhône livrent leurs secrets

    Les épaves romaines du Rhône livrent leurs secrets

    C’est une phase de chasse aux trésors du Rhône un peu particulière qui se termine, ce week-end. Les rives arlésiennes du fleuve sont passées au peigne fin des plongeurs de l’opération Fouilles du Rhône 2025, depuis le 25 août et jusqu’à ce 3 octobre. Cette mission archéologique est conduite par le Musée départemental Arles antique et un consortium scientifique comptant l’Université d’Aix-Marseille et le CNRS, avec une équipe d’une quinzaine de spécialistes en plongée, en céramique ou encore en topographie.

    La cible principale des chercheurs est l’épave « Arles Rhône 15 », une chaloupe du Ier siècle de 4,70 m de longueur, découverte en 2009. Lors d’un point presse, le 30 septembre, le responsable de l’archéologie subaquatique du musée, David Djaoui, détaille l’opération : « une prospection de 900 m2 autour de l’épave pour inventorier des trouvailles, parmi lesquelles des amphores datant de 100 après JC, à l’âge d’or d’Arles. » Et plus encore, avec la découverte d’un « madrier de 15 m », un morceau de bois qui « signe l’assemblage d’un bateau », selon l’archéologue.

    Des conditions difficiles

    La mission revêt quelques difficultés, particulièrement pour les plongeurs, comme l’explique Sabrina Marlier, du Musée Arles antique. « Les conditions de travail sont dures. Le courant est fort, la visibilité faible et on fait des otites à répétition », indique l’archéologue, pour qui « le dérèglement climatique ne facilite pas la prévision des sorties en raison du temps ». S’il pleut en amont du Rhône, les alluvions viennent logiquement troubler l’eau plus qu’elle ne l’est déjà.

    Les objets présents dans l’eau aussi posent question, relève Louise Contant, du Musée national de la marine. « Les strates historiques se mélangent et il est surprenant d’observer des objets historiques à côté de canettes de boisson », ironise la cheffe des collections, quand il n’y a pas de verre brisé pouvant blesser les plongeurs. Entre 7 et 14 m de fond au maximum, les poubelles côtoient les trésors, ironiquement.

  • À Arles, les manifestants exigent l’égalité fiscale

    À Arles, les manifestants exigent l’égalité fiscale

    Dans les rues pavées étroites d’Arles, les drapeaux créent un ruban coloré. Après la rencontre de l’intersyndicale avec le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu, le 24 septembre, les organisations, qui attendaient « des pistes sur une copie initiale » du budget 2026, une « rupture avec les mesures présentées en juillet » et un « engagement sur ce qui pourrait être des mesures sociales et fiscales » ont appelé à battre une nouvelle fois le pavé, ce 2 octobre, rappellent les représentants des syndicats.

    Les exigences sont connues : « La mise en place de dispositifs qui taxent les gros patrimoines et les très hauts revenus et contraignent le versement des dividendes pour une meilleure répartition des richesses, la conditionnalité sociale et environnementale des 211 milliards d’euros d’aides publiques versées aux entreprises privées, des moyens budgétaires à la hauteur pour les services publics, des investissements dans une transition écologique juste et la réindustrialisation de notre pays avec des mesures pour lutter contre les licenciements. »

    Dans le cortège, fort de 500 manifestants selon les organisateurs, 350 selon la Préfecture de police, Laurie porte un carton sur lequel elle a résumé une proposition de budget : « Taxer les riches pour financer les services publics. » La Salonaise, enseignante en maternelle à Miramas, déplore une inégalité sociale « monstrueuse ». « On est dans une forme d’autisme gouvernemental où les Français approuvent la taxe Zucman de la même manière que l’Assemblée nationale l’a votée [avant d’être rejetée par le Sénat, Ndlr.], et on n’est pas entendus, dénonce-t-elle. Je ne comprends pas comment on peut encore parler de légitimité et de démocratie. On braque le projecteur toujours du même côté, on court après la fraude à la CAF, ce genre de choses qui représentent des sommes infimes, alors que les aides publiques de l’État au privé, sans contrepartie, coûtent et nuisent beaucoup plus au bien commun. »