Tag: animaux

  • Le Frioul éteint les lumières pour observer les étoiles

    Le Frioul éteint les lumières pour observer les étoiles

    Une journée pour sensibiliser à la pollution lumineuse et la biodiversité nocturne. C’est l’objectif du « jour de la nuit », organisée au niveau national, depuis 17 ans, par l’association Agir pour l’environnement.

    La ville de Marseille s’en fait le relais et, pour la première fois, toutes les lumières de l’île du Frioul seront éteintes de 18h à 22h, pour permettre aux visiteurs de mieux observer le ciel et ses milliards d’étoiles. « Pour ne pas oublier que la pollution lumineuse impacte aussi la biodiversité marine », explique Christine Juste, élue (EELV) des 6-8 et organisatrice de l’événement.

    C’est cependant en plein jour que les animations débuteront ce samedi. à partir de 14h, de nombreux ateliers auront lieu au muséum d’histoire naturelle pour sensibiliser des petits aux plus grands sur la biodiversité nocturne et les dangers de la pollution lumineuse. Une fois la nuit tombée, différentes balades nocturnes sont prévues pour découvrir chauve souris ou rapaces nocturnes au parc Pastré (8e), Athéna (13e), au col de Sugiton (9e) et autour du muséum (4e). Animée par la Ligue de la protection des oiseaux ou du groupe chiroptères de Provence, ces balades sont gratuites sur réservation.

    Au planétarium du muséum, le documentaire de 20 minutes Le côté obscur de la lumière sera projeté entre 18h30 et 22h30, toutes les demi-heures. Un moyen de découvrir comment les lumières artificielles peuvent perturber les cycles de beaucoup d’organismes vivants : insectes, animaux, plantes et humains. Une façon de rappeler, aussi, les richesses de l’obscurité.

  • [Sciences] Taille des animaux : il y a mille ans, la main humaine a tout changé

    [Sciences] Taille des animaux : il y a mille ans, la main humaine a tout changé

    Il y a 8 000 ans au Nord-Ouest de la Méditerranée débute le Néolithique : les humains commencent à pratiquer l’agriculture et à élever bœufs, chèvres, moutons et autres cochons. Parallèlement, renards, cerfs et lapins continuent de vivre à l’état sauvage. Pendant des millénaires, la taille des animaux domestiques et sauvages évolue de manière synchrone avec des périodes de diminution et d’augmentation. Il y a 1 000 ans, tout change : la taille des animaux sauvages plonge quand celle des animaux domestiques augmente. « L’impact humain s’intensifie et devient plus important que l’effet de l’environnement, justifie Allowen Evin, bio-archéologue à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier et dernière autrice d’un article publié dans PNAS. C’est la première fois qu’une comparaison entre sauvage et domestique est menée, et en plus sur une période aussi longue ».

    Ces résultats sont le fruit de l’analyse minutieuse de milliers d’os découverts sur 311 sites archéologiques du Sud de la France. « La région s’y prête, insiste la chercheuse. Les sites y sont nombreux et bien étudiés ». Le tout a été comparé à ce qui est connu de l’environnement dans la région à la même période, notamment via les pollens retrouvés qui donnent des indications sur la végétation, qui donne elle-même une idée du climat. Des indices sur l’évolution des températures et de l’hydrométrie se cachent aussi dans les grottes. La température de l’eau en Méditerranée aux mêmes périodes est aussi connue.

    Quatre phases

    Les scientifiques distinguent quatre phases. Entre -8 000 et -4 000 ans, animaux domestiques et sauvages rétrécissent tous, puis grossissent jusqu’à -1 700 ans avant de rétrécir à nouveau. « Ces évolutions synchrones indiquent que l’environnement était le moteur principal des changements de taille des animaux », souligne Allowen Evin. Par exemple avec un climat impactant la végétation, et donc les ressources et l’habitat des animaux – domestiques comme sauvages. Puis une divergence forte s’opère il y a 1 000 ans.

    Pour l’expliquer, l’hypothèse avancée est celle d’une intensification de la sélection humaine vers des animaux domestiques plus gros, plus productifs. Quant aux animaux sauvages, la baisse de la taille s’expliquerait par une fragmentation de l’habitat et une intensification de la chasse. « Elle induit un stress et un accès plus difficile aux ressources, ce qui peut impacter la taille des animaux, précise Allowen Evin. Et chasser les plus gros finit par impacter leur taille moyenne ».

    La question est maintenant de savoir si cette évolution est généralisée, dans des endroits où le climat et l’environnement sont différents. « L’idéal serait que notre étude soit copiée par d’autres », estime Allowen Evin. Par exemple dans le Nord de la France. Voire plus à l’Est, au Proche-Orient, là où a débuté l’élevage il y a environ 10 000 ans.

    REPÈRES

    Néolithique

    C’est la période qui voit apparaître l’agriculture et l’élevage, les humains délaissant leur vie de chasseur-cueilleur. Au Nord-Ouest de la Méditerranée, le Néolithique débute il y a environ 8 000 ans. Mais il est né il y a environ 10 000 ans au Proche-Orient.

    Demeter

    Financé entre 2020 et 2025 par le Conseil européen de la recherche, ce projet étudie les changements dans l’agro-biodiversité des plantes et des animaux au Nord-Ouest de la Méditerranée sous l’effet de facteurs environnementaux et socio-économiques sur les 8 000 dernières années.

    225 780

    C’est le nombre d’os identifiés sur 311 sites archéologiques du Sud de la France ces 30 dernières années et qui correspondent à des animaux ayant vécu sur les 8 000 dernières années. Plus de 81 000 mesures ont permis d’évaluer l’évolution de la taille des animaux sauvages et domestiques.

  • [Entretien] Allowen Evin : « Le Sud de la France est peut-être là où a été domestiqué le lapin »

    [Entretien] Allowen Evin : « Le Sud de la France est peut-être là où a été domestiqué le lapin »

    La Marseillaise : Vous montrez que, depuis 1 000 ans dans le Sud de la France, les animaux sauvages rétrécissent. À une exception : le lapin…

    Allowen Evin : Effectivement, c’est un cas à part car il a potentiellement été domestiqué dans la région. L’aire naturelle de distribution du lapin sauvage – ancêtre du lapin domestique – est la péninsule ibérique et le Sud de la France.

    Il est donc sauvage au début de notre période d’étude – il y a 8 000 ans -, puis domestique à la fin. Même si nous ne savons pas encore exactement quand et où il a été domestiqué.

    Même chose du côté des animaux domestiques : depuis 1 000 ans, les bœufs, les moutons, les cochons et les poules grossissent, mais c’est moins clair pour la chèvre…

    A.E. : C’est vrai, mais cela peut être dû à un manque de données pour les derniers siècles. Il nous en faudrait plus pour confirmer cette diminution.

    L’augmentation de la taille des animaux domestiques depuis 1 000 ans peut-elle s’expliquer par l’introduction de nouvelles lignées ?

    A.E. : Ce n’est pas exclu, mais cela entre dans l’intensification de la sélection pour l’amélioration de la productivité. L’introduction de nouvelles lignées en archéologie dans le Sud de la France est méconnue. Et pour cause : c’est difficile à détecter avec des données morphométriques. Nous savons que de nouvelles lignées ont été importées à l’Âge du Bronze. Il est possible que cela se soit produit à nouveau par la suite. Si nous voulions l’observer, il faudrait faire de la paléo-génétique ou étudier les régimes alimentaires des animaux.

  • Une convention pour les animaux en justice

    Une convention pour les animaux en justice

    « Il y a des délinquants de la route et il y a des délinquants de la maltraitance animale », statue Franck Rastoul, procureur général de la Cour d’Appel. Ce mercredi, une convention inédite a été signée entre la présidence de la Confédération nationale de défense de l’animal (CNDA) et la Cellule de lutte contre la maltraitance animale (Cluma) du parquet général de la cour d’appel, créée il y a près d’un an et composée de 17 magistrats, renforçant ainsi le traitement des signalements et de plaintes liées aux maltraitances animales mais aussi le placement de ces êtres. Un volet d’abord pratique, permettant aux huit parquets du ressort (Aix-en-Provence, Marseille, Nice, Toulon, Grasse, Tarascon et Digne-les-Bains) d’être dotés d’un numéro unique pour trouver une solution de placements pour les animaux mal traités – désormais qualifiés d’être « dotés d’une sensibilité » – à proximité de leur juridiction. Un maillage territorial, assuré par la CNDA, qui assurera une permanence téléphonique sept jours sur sept, permettra notamment aux parquets de trouver des solutions de placements « rapides » par le biais d’un interlocuteur privilégié. Entre autres. « C’est un contentieux complexe qui recouvre une centaine de qualifications pénales, qui pose des problèmes juridiques et pratiques. Aujourd’hui, la prise de conscience de la gravité de ce phénomène est réelle, ajoute Franck Rastoul. Cela implique d’avoir des formations spécifiques. C’est la responsabilité des procureurs que de mobiliser des enquêteurs spécialisés (…) au niveau de chaque parquet, on a un référent totalement identifié maltraitance animale. La réponse judiciaire s’améliorera si on arrive à mettre en place des structures pérennisantes. » « On vient par cette action structure une action publique (…) Il est temps que la sphère pénale prenne toutes ses mesures en matière de malveillance animale (…) Je crois que cette convention est un soutien formidable l’action d’élus civils », pointe Jean-Luc Blachon, Procureur de la République. De façon plus large, la convention intègre l’idée du concept d’une « seule violence », celle selon laquelle seule ses « expressions sont protéiformes », selon le procureur général.

    « Une seule violence »

    Désormais, lorsqu’un signalement pour maltraitance animale sera enregistré au sein de la sphère familiale, il sera vérifié que les conjoints et enfants n’en soient pas victimes, eux aussi. « Lutter contre la maltraitance animale c’est lutter contre le risque de violence qui peut se réaliser contre les personnes et inversement », rappelle Franck Rastoul. La notion de « contrôle coercitif » autour de l’animal de compagnie sera également intégrée, souvent devenu moyen de pression ou d’instrumentalisation dans le cas de séparations. Solution pourra aussi être trouvée pour placer les animaux le temps d’une séparation. « C’est une avancée », se félicite Sabine Fghoul, présidente de la CNDA, qui pointe notamment une « saturation » des refuges et associations. « Je suis allée voir des enfants, des adolescents démolis par la situation. Ils étaient effectivement mis en sécurité, mais l’animal disparaît de la circulation et ça, c’est dramatique. (…) De pouvoir mettre en sécurité ces femmes et enfants avec l’animal à ses côtés, et la parole se libère (…)», ajoute Sabine Fghoul, également issue d’une profession sociale.

  • Ferme aux Crocodiles : des varans à queue bleue rejoignent le parc de Pierrelatte

    Ferme aux Crocodiles : des varans à queue bleue rejoignent le parc de Pierrelatte

    Une nouvelle espèce a fait son entrée à la Ferme aux Crocodiles, un grand parc zoologique à Pierrelatte (Drôme), localité proche du Vaucluse. Un couple de varans à queue bleue, lézards originaires de Nouvelle-Guinée, est arrivé jeudi 7 août dans son nouveau domicile. « Cette espèce est absente des parcs zoologiques et elle revêt un certain mystère parce qu’on ne sait pas trop encore comment la faire reproduire en captivité », s’enthousiasme le directeur de la ferme, Samuel Martin.

    Les animaux ont été placés dans un vivarium au sein de la réserve tropicale. « Pour l’instant, ils sont encore trop timides pour sortir, donc ils sont visibles quand ils se laissent voir, assure le propriétaire du parc. C’est plutôt en début ou en fin de journée ». Un des objectifs du parc est, qu’à terme, les deux varans se reproduisent. Pour l’instant, le couple vit ensemble, mais ne semble pas encore être tombé sous le charme l’un et de l’autre. Si une vie commune finit par apparaître impossible aux yeux des responsables animaliers, les reptiles devront faire chambre à part. « Ça demande pas mal d’observations et d’expériences pour pouvoir déceler en journée ce qui a pu se passer la nuit, explique Samuel Martin. Quand ils se croisent, on ne sait pas trop comment ça se passe. Ce qu’on a observé pour l’instant, c’est qu’il n’y a pas d’animosité ».

    Plus de 600 espèces végétales et animales

    Si ces varans ne se dévoilent pas facilement aux yeux du public, il reste néanmoins plus de 600 espèces et variétés de plantes à admirer dans la serre d’un hectare. Plusieurs animations présentées par un guide, comme le nourrissage quotidien des oiseaux ou des tortues, sont également comprises dans le ticket d’entrée. « On fait un vrai travail de transmission pour que cette visite en famille soit aussi ludique et divertissante qu’intéressante et formatrice », se félicite Samuel Martin. Près de 300 000 visiteurs par an viennent à la rencontre des reptiles.

    Ouvert tous les jours de 9h30 à 18h. Sur place, 3-12 ans : 13 euros. Adulte : 20 euros.