Tag: animaux

  • Dans les Alpilles, les éleveurs s’organisent face à la menace du loup

    Dans les Alpilles, les éleveurs s’organisent face à la menace du loup

    Le ronronnement de la machine à café couvre un instant les bruits de mastication. Tandis que les agneaux, déjà bien dodus bien que nés cet automne, engloutissent du foin, Lionel Escoffier et l’un de ses deux bergers, Aurélien, démarrent la journée autour d’un gobelet d’où s’échappent des volutes de fumée. Chacun son petit-déjeuner.

    Au Mas de la Tapie, le travail est exigeant mais le cadre est paradisiaque : les 430 hectares de prairies sont plantés au pied du massif des Alpilles. Le maire d’Aureille et ses deux associés, ses cousins, ont repris l’exploitation de leur grand-père il y a une trentaine d’années. Ils y produisent du foin de Crau et élèvent 1 600 brebis et près de 1 300 agneaux chaque année, « sans compter les béliers », précise Lionel Escoffier. Une affaire qui roule.

    Mais depuis 2020, une nouvelle problématique vient perturber cette paisibilité : le loup. Longtemps cantonné aux Apennins, en Italie, il a fini par franchir la frontière au début des années 1990. En 1992, un premier couple est observé dans le Mercantour. Ce n’est que deux ans après qu’un troupeau de l’éleveur subit un premier assaut à Colmars-les-Alpes, dans le Haut Verdon, lors de la transhumance. Mais « en montagne, à part une grosse attaque survenue il y a une dizaine d’années qui nous a coûté une quarantaine de brebis à cause de mauvaises conditions météorologiques, on a toujours eu de la chance », assure l’éleveur.

    Une meute identifiée

    Depuis, le loup a avancé vers l’Ouest. « Une meute a été identifiée sur Roquemartine et Eyguières grâce à des pièges photo posés par le Parc naturel régional des Alpilles, mais il y a aussi des loups solitaires qui cherchent de nouveaux territoires », analyse-t-il. Finalement, c’est à Aureille que les dégâts sont les plus nombreux. Depuis le début de l’année 2025, le Mas de la Tapie a connu trois attaques. Une au printemps, qui a coûté la vie à 17 brebis, et « deux, deux jours de suite au mois de décembre ». À chaque fois, la procédure est la même : « On fait un signalement à l’Office français de la biodiversité, qui envoie un agent. Il vient sur place faire des prélèvements, des mesures des crocs, des photos, puis le dossier remonte à la Direction départementale des territoires et de la mer, qui confirme ou non si l’attaque est causée par un loup. »

    Si la prédation lui est imputée, les animaux tués et blessés sont indemnisés par l’État « en fonction de leur âge et de leur race ». Malgré ça, les attaques peuvent avoir des effets pervers, selon Lionel Escoffier : « Si ça devenait régulier, il y a quelques éleveurs qui pourraient arrêter, ce qui pourrait entraîner une déprise de terres agricoles ici quand on sait la pression foncière qu’il peut y avoir sur certains terrains. »

    Pour épauler les éleveurs qui font face à ce nouveau phénomène, le Parc naturel régional des Alpilles a relancé sa commission pastoralisme, jusque-là « en sommeil ». « Il y a eu une première réunion en décembre. » L’objectif : assurer une meilleure circulation de l’information concernant les attaques de loups.

    D’autres précautions sont utiles, affirme Laurent Escoffier : « Si vous avez un berger et des patous qui font leur boulot et un parc de nuit, vous arrivez à limiter les dégâts. » S’agissant du décret autorisant les tirs de défense, l’Aureillois assure : « Même s’il est publié, ça ne va pas être simple. Pour tuer du loup il faut être très bon. C’est surtout une manière de dire aux éleveurs : “On vous entend, on vous écoute”. C’est une mesure diplomatique. »

  • Un concours de bergers pour assurer la relève agricole

    Un concours de bergers pour assurer la relève agricole

    En remontant le chemin de terre du Domaine du Merle, les bêlements se font entendre de loin. À 400 mètres de l’entrée, un hangar en bois accueille la finale régionale des Ovinpiades des jeunes bergers, un concours qui s’adresse aux étudiants de 16 à 24 ans des formations agricoles.

    À l’intérieur, des dizaines de bêtes sont parquées dans des enclos, sur un épais tapis de paille. Juste derrière la grande porte coulissante, des agneaux se collent les uns aux autres. « Les jeunes doivent analyser leur état corporel de santé », détaille Rémi Lecomte. Au fond, installés autour d’une table, des candidats bûchent sur leur copie. « C’est de la génétique, ils doivent répondre à une problématique d’un éleveur et lui proposer le bélier le plus approprié », poursuit l’animateur ovin de la Maison régionale de l’élevage. À côté, une jeune fille saisit une brebis et la place sur une cage de retournement pour lui parer les sabots. Dans un champ à proximité, les jeunes s’affrontent sur de la pose de clôture électrique.

    Au total, sept épreuves servent à départager les 52 participants venus de dix centres de formation, répartis aux quatre coins de la région. « Ils sont notés sur les gestes quotidiens de tout éleveur de brebis », résume Rémi Lecomte. À la fin de la journée, les deux meilleurs se qualifient pour la finale nationale des Ovinpiades, qui se déroulera au Salon de l’agriculture, le 21 février prochain.

    De l’expérience

    et des contacts

    L’année dernière, c’est Basile qui a obtenu les meilleures notes et qui est monté à Paris. « Je suis arrivé avec beaucoup moins d’entraînement que les autres et je n’avais pas l’ambition de gagner, mais je me suis régalé et ça m’a apporté beaucoup d’expérience », raconte le jeune homme de 19 ans. De l’expérience, mais aussi des contacts. Après l’événement, il parvient à se faire embaucher chez Gaël Eyssautier, un éleveur du Mercantour qui avait décroché le titre de vice-champion du monde des jeunes bergers en 2014. « J’ai la chance de pouvoir apprendre auprès de lui, je me forme pour pouvoir m’installer ensuite », confie Basile. Son projet : reprendre l’exploitation familiale, laissée en « stand-by » depuis le décès de son grand-père, qui était agriculteur, en 2015. « Je voudrais faire de la viande et du lait », précise-t-il.

    Le renouvellement

    de la filière élevage

    C’est tout l’enjeu des Ovinpiades : faire de la formation de berger une porte d’entrée vers l’élevage ovin, qui se heurte à une problématique de renouvellement alors qu’il se trouve à un moment charnière de transmission, puisque chaque année 500 exploitants quittent la profession et 500 nouvelles recrues la rejoignent.

    La filière souhaite réduire sa dépendance aux importations alors que plus de la moitié de la viande ovine consommée en France vient de l’étranger et vise désormais un objectif d’un million d’agneaux supplémentaires produits par an pour assurer la souveraineté alimentaire et répondre à la demande des consommateurs.

    « Les métiers de l’agriculture n’attirent pas beaucoup, notamment à cause de l’astreinte et des craintes des difficultés économiques, concède Rémi Lecomte. Nous, on est là pour leur faire voir que c’est accessible techniquement, puisque ce sont des animaux assez petits donc tout le monde peut les gérer sans avoir besoin de force physique particulière et financièrement. »

    Au Domaine du Merle, centre de formation de bergers salariés, « on s’aperçoit que 30% d’entre eux deviennent éleveurs à long terme », affirme Frédéric Laurent, enseignant. « L’avantage c’est que cela permet une installation assez progressive puisqu’ils bossent pour des exploitants, petit à petit quand ça se pérennise, les éleveurs peuvent leur acheter quelques brebis, s’ils ont suffisamment de terres à pâturer ils leur laissent quelques hectares, donc ça limite de gros investissements au départ. »

  • Un refuge dédié aux écureuils à Lambesc

    Un refuge dédié aux écureuils à Lambesc

    Au détour des terrains boisés de la ville, il n’est pas rare de tomber sur de petits refuges en bois, des mangeoires ou encore des zones de « quiétude », ces espaces végétalisés laissés intacts. Sur neuf hectares, répartis entre le terrain de tennis et la piscine municipale, un parc aux écureuils, dans lequel déambulent habitants et visiteurs, a été minutieusement imaginé et créé par Laurent Cattanéo. Le septuagénaire, fraîchement arrivé sur Lambesc, avait remarqué l’absence d’animaux dans les environs – d’écureuils roux, surtout.

    Il se lance donc dans la création de l’association SOS Écureuils, saisit la municipalité sur la question et obtient l’autorisation de monter un vaste projet de reconstitution d’un habitat pour ces rongeurs appartenant à la famille des sciuridés. Labellisé par la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), le projet a également reçu le soutien de la Région et du Département, permettant notamment, l’année dernière, la création d’un grand bassin d’eau et l’achat d’une vingtaine d’abreuvoirs de dix litres.

    Jusque dans les jardins…

    « Les écureuils se font régulièrement tuer par des chats domestiques, mais il y a d’autres facteurs qui expliquent qu’ils soient de moins en moins nombreux. Notamment la mortalité routière, l’urbanisation ou encore le débroussaillage, qui les empêche de trouver à manger… Au départ, c’était une forêt avec seulement des écureuils. Petit à petit, cela détruit son environnement », retrace Laurent Cattanéo.

    À l’entrée du parc, une immense fresque peinte par l’artiste Knop introduit la zone refuge, tandis qu’une sculpture monumentale, taillée dans une ancienne souche de pin, accueille les visiteurs dès le début du parcours. Esthétiques, peut être, mais pensées avant tout pour sensibiliser. Au long du parcours, régulièrement entretenu par les bénévoles de l’association, des panneaux informatifs guident le public. Pour les plus jeunes, notamment pour les classes de Lambesc, des ateliers sont régulièrement organisés au milieu de cet espace biodiversité, là où les écureuils circulent librement : plantations, fabrications de niches et abris, distribution de nourriture pour écureuils…

    L’initiative dépasse aujourd’hui les frontières du parc aux écureuils. Sur les devantures des habitations du lotissement, plusieurs grilles affichent l’image imprimée d’un de ces rongeurs roux : signe qu’ici, ils sont les bienvenus et nourris. Le plan « propriétaires engagés » est lancé. Le sujet s’invite dans les conversations entre les habitants du quartier et Laurent, surnommé aujourd’hui « Monsieur Écureuil ». « Ils participent à l’association, à la cause. Ils s’engagent chacun à s’occuper des écureuils, résume Laurent Cattanéo. Le premier à s’engager à même reçu un sac de noix. » Régulièrement, cet amoureux de la nature installe des caméras au sommet des abris qu’il a lui-même installés. Les images sont ensuite diffusées dans les maisons de retraites, comme dans les écoles, à des fins pédagogiques.

    S’il reste difficile pour l’association de mesurer précisément les bienfaits du parc, Laurent Cattanéo l’assure : « On les voit revenir. Ils s’approchent d’autant plus de nous depuis qu’on les nourrit. Même s’ils restent assez sauvages. »

  • Les taureaux camarguais menacés par l’épizootie

    Les taureaux camarguais menacés par l’épizootie

    À bord de son quatre-quatre rempli d’outils en tout genre, Michel Gallon est fier de traverser sa manade pour présenter quelques-unes de ses bêtes, dont il connaît, toujours ou presque, toute l’histoire. « Celle-là, on a emmené un de ses fils en Espagne cette année. Elle s’appelle Mosquera, raconte-t-il, enthousiaste. Et celle-là s’appelle Odalisca, un de ses demi-frères a été gracié en Espagne. Et elle, elle est belle non ? C’est Mora. »

    Deuxième génération à exploiter cette manade arlésienne de 600 hectares, Michel Gallon travaille aujourd’hui avec deux de ses fils à l’élevage de 350 bêtes. Il s’agit en majorité de bovins de combats espagnols, destinés à la Corrida pour les mâles et à la reproduction pour les femelles, et dont les « caractères » sont méticuleusement choisis au fil des ans, pour faire naître les bêtes les plus performantes possibles. Au sujet de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), maladie bovine responsable du très contesté abattage de 207 bovins en Ariège, Michel défend une position modérée. « Tuer toutes ces bêtes, bien sûr que c’est horrible, c’est un crève-cœur, s’émeut-il. Mais je ne suis pas vétérinaire, je me dis que si les scientifiques ont pris cette décision, c’est peut-être que c’était la seule solution. » En France, la réglementation actuelle veut qu’en cas de découverte d’un foyer, la totalité du troupeau soit abattue, y compris les animaux sains. C’est contre cet « abattage systématique », qu’éleveurs et agriculteurs, pour la plupart issus de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne, se sont levés en Ariège, dans le Sud-Ouest puis dans le reste de la France. La journée du 11 décembre, marquée par des manifestations en soutien au propriétaire des 207 bovins menacés par l’abattage – et abattus depuis – vivement réprimées par les forces de l’ordre, a également marqué les esprits. Thomas, fils de Michel et lui aussi exploitant sur la manade, voit ces récents événements d’un œil bien plus sévère que son père. « Tout ça me choque. Le soir des manifestations en Ariège, je bondissais sur mon canapé. Autant de violence contre des mecs qui essaient de défendre le travail de toute une vie, s’indigne-t-il. Et puis tuer des bêtes qui ne sont pas malades, on ne peut pas faire ça, c’est pas normal. »

    Les manadiers plaident pour la vaccination

    À quelques kilomètres, dans la manade Albert-Chapelle à Saint-Martin-de-Crau, Florent Chapelle, qui élève sur place 170 bêtes sur 185 hectares, est lui aussi fermement opposé à l’abattage systématique. À bord de son tracteur, arrêté au milieu de ses taureaux di Biou, race emblématique de la Camargue, il qualifie la répression policière du 11 décembre de « scandale d’État ». « Il serait bon qu’enfin on écoute les gens du terrain. L’abattage total ne peut pas être une solution, assène-t-il. Ici en Camargue par exemple, la race di Biou fait partie intégrante de notre patrimoine, c’est l’âme de la culture camarguaise. La perdre serait une grave atteinte à la biodiversité locale. » L’éleveur, qui souligne le temps nécessaire pour reconstituer un cheptel, construit année après année à partir d’une précise sélection des bovins en fonction de leur tempérament, plaide pour la vaccination préventive. « La saison des courses camarguaises commence en mars et le vaccin met 28 jours à agir. Le compte à rebours est donc lancé », s’inquiète-t-il.

    Emmanuel Lescot, président de la Fédération des manadiers, défend lui aussi la solution vaccinale, bien que demeurant plus nuancé. « Je comprends que ça soit compliqué pour les collègues qui font de la viande, car la vaccination met en cause l’exportation. Le combat reste collectif. Nous nous tenons à la disposition de l’État pour réfléchir à des solutions. »

  • Être parrain d’un flamant rose en Camargue

    Être parrain d’un flamant rose en Camargue

    Adopte un flamant ». C’est l’opération à la fois très ludique et ô combien pédagogique lancée par cet institut de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes afin de sensibiliser le public à cet enjeu tout en les familiarisant avec cette espèce emblématique.

    Pour une somme assez modique, allant de 25 à 100 euros par an, selon la formule, le curieux ou passionné peut devenir « le parrain » d’un flamant rose. La tour du Valat donne quelques exemples, lors du choix, de la variété des flamants roses peuplant la Camargue, entre les « sédentaires », qui n’ont jamais mis une patte en dehors de ce territoire, et d’autres, très « aventuriers », habitués aux grands voyages « aux quatre coins de la Méditerranée ». Et de donner l’exemple d’Indiana, né en 1990 et qui, d’après sa bague, a parcouru plus de 13 500 kilomètres… Le site dédié permet de « parrainer » un flamant ou d’offrir un parrainage.

    « En parrainant un flamant rose, c’est l’espèce tout entière que vous aidez, mais aussi ces milieux humides qu’ils affectionnent tant », expliquent les protagonistes de l’opération. « La Tour du Valat et tout un réseau d’observateurs s’étendant à l’échelle de la Méditerranée pourront ainsi poursuivre leurs efforts pour la sauvegarde de l’espèce », poursuivent-ils.

    Suivre à la trace

    « Le parrainage se traduit par une participation directe à l’étude et à la protection des flamants roses en finançant entre autres les activités de suivi des populations ainsi que l’achat du matériel nécessaire pour les observateurs d’Afrique du Nord, d’Afrique de l’Ouest et du Moyen-Orient », poursuit la structure. Et de préciser que « la lecture des bagues, posées sur les pattes des flamants est difficile et elle est parfois faussée par la mauvaise qualité du matériel ». La paire de jumelles donne des résultats très mitigés à comparer à ceux d’un télescope, « avec lequel l’observation et la lecture peuvent se faire jusqu’à une distance de 300 mètres ».

    Pour donner une échelle des observations, « plus de 800 000 lectures de bagues ont été effectuées depuis 1977 », renseigne le centre de recherche, le tout réalisé par quelque 5 900 personnes différentes. Près de 70 000 flamants roses ont été bagués depuis 1977, dont plus de 27 000 en Camargue.

    La tour du Valat est devenue au fil des décennies une véritable institution en Camargue.

    Luc Hoffmann, docteur en biologie, cofondateur du WWF, a fait l’acquisition du vaste domaine de la Tour du Valat en 1948 « avant de créer en 1954 une station biologique éponyme », rappelle la structure dans une note biographique sur son fondateur. Le domaine s’étend sur plus de 2 500 hectares, dont 1 845 hectares classés en Réserve naturelle régionale.

    Pour tout renseignement : tourduvalat.com

    Pour parrainer un flamant : mon flamant.com

  • Mieux connaître les chiens de protection

    Mieux connaître les chiens de protection

    Si vous êtes un amateur de sport nature, vous êtes peut-être tombé nez à nez avec un patou, un chien de protection de troupeaux. Ces chiens imposants (jusqu’à 80 cm au garrot et 75 kg) ont de quoi effrayer, se montrant agressifs avec les individus étrangers et très protecteurs à l’égard des troupeaux. Un randonneur a ainsi été gravement blessé par quatre patous dans les Hautes-Alpes en octobre.

    Depuis le retour des loups en France en 1992, ils constituent le meilleur moyen pour garder les troupeaux face à ces animaux « inoffensifs pour l’homme », dont certains « n’ont jamais attaqué un troupeau. Ils s’entretuent s’ils ne sont pas de la même meute. Une meute peut donc être un moyen de protection si elle est inoffensive », affirme Manon Rolet, de Terre de Vie et Nature.

    Pour éviter tout problème avec ces chiens « d’instinct, qui ne connaissent que la bergerie » et qui « sont perdus s’ils ne sont pas entourés d’animaux », comme l’explique Céline Troin, éleveuse bergère à Solliès-Toucas, des réflexes simples s’imposent. Au contact des troupeaux, il faut rester calme, éviter les gestes brusques (mains ou bâtons en l’air par exemple), signaler sa présence au chien, contourner le troupeau, en faisant face au chien sans le regarder dans les yeux, lui parler pour l’apaiser et mettre un objet entre vous et lui. Il est conseillé de se renseigner sur sa présence et de ne pas se balader seul. Si vous êtes à vélo, descendez et positionnez-vous derrière.

    Si vous êtes avec un chien domestique, le tenir en laisse mais le lâcher si conflit « car sa posture, sans aller jusqu’au combat, va vous protéger », appuie Manon Rolet. De même, si votre enfant entre en contact avec le chien, essayez d’attirer l’attention de l’animal et évitez de lui tourner le dos car vous devenez vulnérable. Il ne faut surtout pas l’agresser car il va se montrer plus agressif avec les prochains humains croisés, et ne pas lui donner à manger, ou le caresser, « car il peut prendre ça comme signe de domination, ou au contraire aller demander des caresses ou à manger à tous les promeneurs », prévient Manon Rolet.

  • Les chats des rues stérilisés ont un nouveau refuge à Martigues

    Les chats des rues stérilisés ont un nouveau refuge à Martigues

    C’est un sacerdoce. Depuis près de trente ans, Josette Masson prend soin des chats errants de Martigues et tente d’endiguer le phénomène. « On va leur donner à manger tous les jours », raconte la présidente de l’association l’École du chat libre, créée officiellement en 2001. Chaque mois, les bénévoles qui se comptent sur les doigts de la main dépensent entre 400 et 1 000 euros de nourriture. Quelques dons et adhésions graissent les rouages de la structure, mais globalement « ce sont nos sous, notre essence, et notre temps », affirme la retraitée. Ce nourrissage permet aux bénévoles « d’apprivoiser les chats pour pouvoir les attraper plus facilement et les emmener chez le vétérinaire pour les stériliser », poursuit-elle.

    C’est bien là, le nerf de la guerre, puisqu’un couple de chats peut engendrer jusqu’à 20 000 descendants en seulement quatre ans. À Martigues, certains quartiers sont particulièrement touchés par cette prolifération, à l’instar de Notre-Dame-des-Marins ou Saint-Pierre. Josette Masson estime qu’environ 300 chats errants vivent actuellement sur le territoire.

    Chaque année, l’École du chat libre stérilise donc entre 180 et 190 animaux. Une subvention de 9 000 euros de la part de la Ville a permis de financer l’opération de 84 femelles cette année. Après la stérilisation, les chattes trouvent refuge chez une bénévole, qui accueille également les femelles en gestation, les chatons et les chats malades, faute de locaux propres à l’association. « Elle n’a plus de place », confie la présidente de l’École du chat libre.

    Un abri pour les chats

    en convalescence

    Depuis quelques années, l’association est accompagnée par la Ville de Martigues. « Nous avons réalisé mon souhait, nous avons construit un petit refuge que nous avons appelé le Chabanon », se réjouit Josette Masson. Les chats en convalescence y trouveront un peu de répit, ce qui allégera au passage la charge de travail des bénévoles. « Nous sommes aussi à la recherche d’un local pour que l’association puisse entreposer son matériel et avoir un bureau, pour à terme tenir une permanence », précise Charlette Benard, adjointe au maire déléguée aux seniors, qui s’est saisie de la problématique.

    Le service Environnement de la Ville et les jeunes des centres sociaux ont également bâti quelques petites cabanes disposées dans les quatre coins de la commune pour que les chats puissent y trouver refuge.

  • Le cerf élaphe peuple le Parc naturel régional du Mont Ventoux

    Le cerf élaphe peuple le Parc naturel régional du Mont Ventoux

    Aujourd’hui, plusieurs centaines peuplent le massif. Il est le plus grand cervidé européen et peut dépasser les 150 cm au garrot. Son pelage est brun-roux en été et gris-brun en hiver, avec une ligne noire sur l’échine et une toute petite queue. C’est en automne que son brame, période à laquelle il se reproduit, résonne dans
    la forêt du Ventoux.

  • Sept communes distinguées pour leur ciel étoilé

    Sept communes distinguées pour leur ciel étoilé

    Elles n’ont pas décroché la lune, mais bien une ou deux étoiles. Ce qui, confirme Stéphanie Singh, chargée de mission « Forêt et transition écologique » au PNR Sainte-Baume, est tout à fait possible. « Créé par l’association nationale pour la préservation du ciel et de l’environnement nocturne, ce label vise à pousser les communes à avoir une meilleure gestion de leur éclairage nocturne », explique-t-elle. Les résultats du dernier concours ont été dévoilés le 30 septembre.

    Qualité du ciel nocturne

    Dans le Var et les Bouches-du-Rhône, Evenos, Méounes-lès-Montrieux, Néoules, Signes et Roquefort-la-Bédoule ont obtenu une étoile. Plan-d’Aups et La Roquebrussanne en ont décroché deux. Riboux et Auriol avaient été récompensés par une étoile en 2019. Ce qui porte à neuf communes sur 28 à avoir, dans le PNR Sainte-Baume, cette reconnaissance.

    Stéphanie Singh détaille : « à l’occasion de chaque concours, la commune répond à un questionnaire et doit par exemple renseigner le nombre de luminaires sur son territoire, leur puissance… » Le label récompense, avec une à cinq étoiles, les actions menées pour assurer une meilleure qualité de la nuit et de l’environnement nocturne. L’évaluation prend en compte le confort, la sécurité, la santé, la maîtrise économique et énergétique, la biodiversité et les citoyens.

    Opter pour un éclairage plus responsable est bénéfique, appuie Stéphanie Singh, « pour préserver la biodiversité ». Des espèces comme les chouettes ou les hiboux « ont besoin d’une nuit profonde pour mener leur stratégie de chasse ». Elle ajoute : « La santé humaine est concernée, car trop de lumière la nuit perturbe certaines fonctions métaboliques. » La plupart du temps, le cœur de village reste éclairé et sa périphérie éteinte quelques heures la nuit, « avec à la clé 30 à 40% d’économie sur la facture d’électricité des communes ». « Une meilleure qualité du ciel nocturne permet de rétablir les continuités écologiques, pour que les espèces se déplacent librement. »

    Même si la commune n’obtient pas d’étoile, la seule participation au concours lui est profitable : elle bénéficie d’un bilan indicatif gratuit de son éclairage public, de conseils faciles pour l’améliorer… La technologie de l’éclairage a fait d’énormes progrès (programmation de durée et de puissance d’éclairage…). La qualité du ciel, la nuit, attire aussi des amateurs de ciels étoilés. « Il y a une vraie demande dans le PNR Sainte-Baume », reconnaît Stéphanie Singh.

  • Débat autour du centre de primatologie de Rousset

    Débat autour du centre de primatologie de Rousset

    La concertation publique sur le projet d’extension du centre national de primatologie (CNP) se poursuit. Une table ronde s’est tenue ce samedi après-midi au sein du site marseillais du CNRS (9e). Les chercheurs ont ainsi tenté de répondre aux questions de ceux qui s’y opposent.

    C’est la station déjà existante de Rousset, implantée en 1978, qui a été choisie pour ce projet. Quelque 300 primates y sont déjà accueillis, le but est d’étendre la capacité jusqu’à 1 800 animaux. « On a une équipe sur place d’animaliers qui sont spécialisés dans le soin aux primates et de vétérinaires qui travaillent à plein temps pour le suivi médical de ces animaux », explique Alexia Cermolacce, vétérinaire et directrice de la station de primatologie de Rousset. Selon les graphiques présentés au public, les critères et exigences au sein du CNP seront même supérieurs au cadre réglementaire européen. Les primates ne souffriront pas de « stress lié au transport aérien », étant donné que l’élevage sera local et pourront bénéficier de socialisation.

    Alors, pourquoi les primates ? Les exemples sont nombreux, Emmanuel Procyk, directeur de recherches au CNRS détaille leurs spécificités s’agissant du système nerveux. « Les primates ont évolué et ont un cortex frontal qui est spécifique et qu’on ne retrouve pas chez d’autres espèces. C’est une structure qui participe à la prise de décision et au comportement de résolutions de problèmes », indique-t-il avant de préciser : « C’est une structure très fragile qui est impliquée dans quasiment toutes les maladies psychiatriques et peut nous aider à comprendre comment y remédier. » Puis, il rappelle le rôle de ces primates dans la production des vaccins pour la polio, la fièvre jaune et pour le Covid-19.

    « Où ça va s’arrêter ? »

    Lors des sessions de questions / réponses, de nombreux défenseurs de la cause animale ont exprimé leurs inquiétudes. « C’est frappant de voir que le Royaume-Uni et l’Allemagne ont commencé leur baisse il y a trois ans et la France est restée au même niveau », proteste Roland Cash, médecin vice-président de l’association Transcience. « Où ça va s’arrêter ? », questionne un participant dans l’audience. « Pourquoi ne pas utiliser de l’intelligence artificielle ? », demande une internaute. À plusieurs reprises, les chercheurs ont rappelé que lorsqu’il est possible, d’autres alternatives sont privilégiées.*

    Le coût total du projet est estimé à 31 millions d’euros. La concertation, initiée par le CNRS, est prévue pour durer un mois, jusqu’au 16 novembre. Deux réunions publiques sont organisées les 5 et 13 novembre, après une visite de la station de primatologie fixée au 4.

    * La totalité des échanges et du projet est disponible sur www.cnrs-concertation-cnp.fr

    CHIFFRES

    1 800

    C’est le nombre de primates qui devraient être élevés et hébergés au sein de ce centre – en majorité des macaques cynomolgus – dont la superficie est estimée à quelque 6 033 m2 en surface de plancher. Actuellement peut accueillir 600 primates.

    80

    C’est le nombre de professionnels qui exerceront au sein du site de Rousset, dédiés exclusivement à ces animaux et à leur bien-être.

    31

    En millions, c’est le montant de ce site au total. En détail, 30 millions d’euros proviennent de l’Agence nationale de la recherche (ANR) à travers le plan France 2030 et le million d’euros restant émane des fonds propres du CNRS.