Tag: AMU

  • L’engagement social de l’Université d’Aix-Marseille pour 2026

    L’engagement social de l’Université d’Aix-Marseille pour 2026

    Faire de la citoyenneté un grand enjeu de l’année 2026, voilà l’une des ambitions d’Éric Berton pour Aix-Marseille Université, faculté qu’il dirige depuis 2020. « Ma conviction est que l’université est là aussi pour accompagner nos étudiants dans la vie d’adulte et de citoyens, à travers le vote et l’apprentissage du vivre ensemble », a-t-il assuré, mardi, dans l’amphithéâtre du Pharo (7e), à l’occasion de ses vœux pour 2026. C’est dans le cadre de cet objectif que les résultats de l’enquête « C’est carré, une enquête étudiante qui va t’écouter », lancée par l’AMU et menée par l’IFOP en collaboration avec la Fondation Jean Jaurès, seront en février diffusés dans les rues des villes où l’université est présente. « Tout le monde pourra scanner le QR code pour accéder aux résultats de l’enquête, détaille le président. L’idée est d’inciter les politiques, notamment dans le cadre des municipales, à entendre les besoins des jeunes. Les étudiants sont les premiers à éprouver la ville : transport en commun, accès à la culture, accès au logement… » Car, selon le président physicien, la citoyenneté est bonne camarade de la démocratie, système qu’il faut s’appliquer à préserver, notamment en luttant pour la liberté de la recherche. C’est en s’appuyant sur cette conviction qu’il lance, en mars dernier, le programme « Safe place for science », imaginé pour accueillir des chercheurs américains menacés par la politique de censure de Donald Trump.

    Bataille pour un budget

    Pas de budget voté mais peu de suspense pour les financements dont jouira l’enseignement supérieur en 2026. Éric Berton dit avancer en conscience, mais promet de faire en sorte que ces changements n’aient pas d’impact sur les conditions de travail et de rémunérations des personnels, « cette baisse de dotation, je ne souhaite pas qu’elle affecte notre fonctionnement », assure-t-il. Les primes annuelles destinées aux agents, mises en place en 2021, ne seront donc pas impactées par la potentielle baisse des dotations gouvernementales. Soucieux de respecter sa ligne « socialement engagée », le président de l’AMU a rappelé les actions menées pour lutter contre la précarité étudiante en 2025. Cinq épiceries solidaires, dont une en décembre sur le campus Saint-Charles, ont été ouvertes sur les différents sites de l’université. Pour l’avenir, Éric Berton envisage aussi d’exploiter le foncier de l’université pour proposer des logements aux étudiants en difficulté, mais aussi au personnel. « On veut faire en sorte de passer un contrat avec un promoteur immobilier pour qu’il construise, notamment sur Marseille, des logements. Parce qu’il y a besoin de logements sur Marseille et que nous, nous avons des terrains, explique-t-il. En échange de ces contrats, nous aimerions obtenir quelques logements réservés à nos étudiants et nos personnels. » Sur le plan académique, plusieurs formations doivent émerger en 2026, comme une école de la transition, imaginée pour former des ingénieurs spécialisés dans l’environnement.

  • Aix-Marseille Université et l’OM lancent une formation

    Aix-Marseille Université et l’OM lancent une formation

    La convention, signée samedi en amont du match OM-Toulouse, se décline autour de trois axes.

    Premier axe de l’accord, l’amélioration de la performance sportive mobilise l’excellence scientifique d’AMU au service des exigences du haut niveau, notamment en matière de sciences du sport, data et analyse de la performance. « Une cellule spécifique va être mise en place avec un partage des compétences de l’université et du club en matière de réathlétisation », détaille Éric Berton, président de l’AMU.

    Devenir scout diplômé

    Deuxième axe de la collaboration, la création d’un diplôme universitaire (DU) en scouting. « L’université est une source de talents et j’étais surpris, à mon arrivée, que l’OM n’ait pas de lien privilégié avec son université. En proposant cette formation, nous allons faire vivre une synergie, comme cela se fait dans d’autres pays », souligne Pablo Longoria.

    Le DU va proposer, sur une formation courte, à sa première promotion de 15 étudiants dont le recrutement est en cours, de se former aux méthodes de repérage des jeunes talents. Elle portera le nom du président de l’OM.

    Enfin, l’accord donnera vie à des projets à impact sociétal, portés avec Treizième Homme, pour encourager l’éducation, la pratique sportive et la cohésion sur le territoire. Ces actions seront conçues avec des acteurs locaux, évaluées avec méthode et pensées pour durer, afin que l’engagement de l’Olympique de Marseille et d’Aix-Marseille Université bénéficie au plus grand nombre.

    « Nos deux institutions étaient faites pour travailler ensemble au rayonnement du territoire et de sa jeunesse », insiste Pablo Longoria.

  • L’AMU en campagne contre le racisme et l’antisémitisme

    L’AMU en campagne contre le racisme et l’antisémitisme

    Des affiches dans tous les campus, des messages diffusés sur les supports numériques de l’université, des événements et des ateliers dédiés, et la mise à disposition de ressources pédagogiques. Aix-Marseille Université (AMU) déploie une campagne ambitieuse de lutte contre le racisme et l’antisémitisme sur l’ensemble de ses sites. Cette initiative vise à interpeller et sensibiliser la communauté universitaire à l’existence et aux conséquences du racisme et de l’antisémitisme, à travers des messages forts et une identité visuelle dédiée.

    Elle a également pour objectif de libérer la parole en incitant les témoins comme les victimes à s’exprimer, notamment grâce à la valorisation des dispositifs de signalement et d’accompagnement existants. L’université affirme par ailleurs son principe de tolérance zéro face à tout acte discriminant : chaque situation signalée fait l’objet d’une prise en charge, et tout acte avéré est susceptible d’entraîner des sanctions conformément au règlement intérieur et à la législation en vigueur.

  • Les soutiens de Pinar Selek réunis à l’Imera d’AMU

    Les soutiens de Pinar Selek réunis à l’Imera d’AMU

    « Transformer ce malheur en une action politique », déclarait, lundi, Pinar Selek dans nos colonnes, à propos de l’acharnement judiciaire que lui fait subir l’État turc depuis 27 ans. C’était l’ambition de la journée organisée, mardi, à l’institut d’études avancées d’Aix-Marseille, où la sociologue franco-turc et ses soutiens ont été reçus entre 9h et 16h, en parallèle de la 6e audience du 5e procès de la militante féministe. « Comme Pinar Selek n’assiste pas aux audiences à Istanbul, le comité de soutien organise des journées de sensibilisation et de mobilisation sur les journées d’audience, détaille Valérie Manteau, membre du comité de soutien à Pinar Selek de Marseille. Aujourd’hui, on a la chance d’être reçus par l’IMERA, un lieu qui accueille des chercheurs en exil. On a choisi de centrer la journée sur la question des libertés académiques parce que Pinar Selek est aussi poursuivie pour ses recherches universitaires ».

    Quatre chercheurs, dont Brian Sandberg, arrivée en France dans le cadre du programme Safe Place for science, imaginé pour accueillir les universitaires étasuniens qui ne pouvaient plus exercer librement avec l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, se sont donc exprimés sur le sujet. L’après-midi a également été l’occasion d’une visio conférence avec la délégation internationale présente à Istanbul pour le procès. Pour la 6e fois consécutive, le procès de Pinar Selek a mardi été reporté à avril.

    M.M.
  • [Entretien] Pinar Selek : « Transformer ce malheur en une action politique »

    [Entretien] Pinar Selek : « Transformer ce malheur en une action politique »

    Pinar Selek sera ce mardi, à Marseille, où deux rendez-vous sont organisés en parallèle de son procès à Istanbul : l’un à l’Institut d’études avancées de l’Université d’Aix-Marseille, l’autre à l’Alcazar, où l’actrice Ariane Ascaride proposera une lecture de textes de la militante.

    La Marseillaise : Quel est votre état d’esprit à la veille de l’ouverture de ce énième procès ?

    Pinar Selek : Ce procès est symbolique en Turquie. Autour de lui s’articulent une lutte de justice, mais aussi de nombreuses luttes sociales. Il est question de mes investissements militants en Turquie, en France, en Italie, mais aussi en Belgique d’où je reviens tout juste. Il y a une convergence des luttes. Il faut aussi savoir que mon procès a lieu dans la foulée de celui d’Ekrem Imamoglu, maire d’Istanbul [Parti républicain du peuple, CHP] et principal opposant du président Recep Tayyip Erdogan [Parti de la justice et du développement, AKP] et à la veille de ceux d’avocats, journalistes ou responsables politiques qui défendent les droits démocratiques fondamentaux. En Turquie, les manifestations ne sont pas que dans les rues, la lutte se poursuit aussi dans les tribunaux. Plusieurs actions sont organisées en parallèle de mon procès, à Marseille, mais aussi sur place à Istanbul, où une délégation internationale sera présente. Nous transformons ce malheur en une action politique.

    Pensez-vous que le processus de paix qui s’initie entre Ankara et le PKK (Parti travailliste du Kurdistan) peut avoir une influence positive sur votre procès ?

    P.S. : Une bonne décision pourrait être le signe d’un espoir. Plus globalement sur le processus de paix, je pense que la Turquie est forcée d’y entrer au vu du contexte international. Les Kurdes veulent construire la politique avec des moyens démocratiques. C’est eux qui sont en train de construire la paix par le bas. Ils organisent des réunions, des congrès et des conférences, ils essaient de rendre possible une transformation. Il n’y a pas de paix pour l’instant, car elle se construit avec beaucoup de difficulté. Mais les Kurdes essaient de dépasser le conflit armé. Ils tentent de construire la paix avec beaucoup de force. Bien sûr, ce processus peut être utile à mon procès.

    Quel regard portez-vous sur les actions menées par les comités créés pour vous soutenir ?

    P.S. : Ces comités réunissent beaucoup de personnes différentes, toutes d’un milieu de gauche, progressiste, mais assez diversifié. J’ai connu des gens extraordinaires, très différents, que je n’aurais jamais pu connaître autrement. Ce sont généralement des gens engagés pour d’autres causes, féministes, anarchistes, antimilitaristes, communistes, écologistes… Ils deviennent amis, ce qui crée, je pense, un renforcement de l’espace des luttes sociales. Ils n’arrivent pas à nous épuiser. On leur répond avec nos créations. Nous ne sommes pas puissants comme eux, nous n’avons pas les mêmes pouvoirs, le même argent, les mêmes armes. Nous sommes non violents, mais nous sommes très très forts. J’attends tous les Marseillaises et Marseillais à mes côtés. Et surtout, je suis très contente qu’Ariane Ascaride lise un de mes textes, mardi soir, c’est une grande amie.

    * À L’Imera, de 9h à 16h, sur inscription. À l’Alcazar à 18h avec entrée libre dans la limite des places disponibles.

  • Les cours de licence de psychologie suspendus

    Les cours de licence de psychologie suspendus

    « À ce jour, la rentrée de la licence de psychologie est suspendue jusqu’à ce que des garanties claires soient apportées concernant des moyens attribués à notre formation », peut-on lire sur le mail qu’ont reçu les étudiants en psychologie du site ALLSH (arts, lettres, langues et sciences humaines), situé sur le campus Schuman d’Aix-Marseille Université (AMU).

    Face à « plusieurs années de dégradation chronique », des conditions de travail enseignant et d’accueil des étudiants, le conseil de licence en psychologie n’a eu « d’autre choix » que de retarder le lancement des cours.

    Sur le parvis du bâtiment Egger ce lundi midi, plusieurs professeurs ont tenu à faire un point sur la situation pour leurs étudiants, micro en main. « La notion de point de rupture est très parlante. On est 54 enseignants chercheurs titulaires, pour 3 000 étudiants. On est obligés de dédoubler nos cours, les TD (…) on les fait à 60, contextualise Bouchra Zouhri, maître de conférences et directrice du département de psychologie. À court terme, pour reprendre les cours, il faudrait une vraie réflexion et position autour du recrutement. » Bouchra Zouhri assure que les élèves ne seront pas impactés sur leurs cursus et « qu’en aucun cas ils ne seront mis en difficulté, loin de là ». Les revendications enseignantes ont été remontées auprès de l’Unité de formation et de recherche (UFR) et de la direction d’AMU et la mobilisation continue. Une réunion a eu lieu entre la direction et les enseignants le 9 septembre, après de premiers signalements : infructueuse pour les enseignants. Côté élèves, « je voudrais juste avoir des cours pour avoir mon année », rapporte Louane, en LAS (licence accès santé). « On est un peu désorienté », rapportent Coralie et Luna, en L2, qui soutiennent tout de même le mouvement. Sollicitée, l’Université n’a pas pu répondre à nos questions.

  • Les croyances à l’épreuve de la science et des arts

    Les croyances à l’épreuve de la science et des arts

    Alors que la chape de plomb des fanatismes religieux et politiques tente d’étouffer chaque jour un peu plus le ciel mondial de la raison, Aix-Marseille Université (AMU) apporte son écot à la recherche et à sa démocratisation avec le Festival des sciences et des arts. Avec une 6e édition gratuite et ouverte à tous placée sous le signe de « Science et croyances », qui s’élance mardi 16 septembre à la Maison méditerranéenne des sciences de l’Homme d’Aix, théâtre notamment d’une table ronde à 15h15 réunissant historiens, anthropologues et sociologues autour « des manières dont les humains interrogent l’invisible et questionnent les conditions de possibilité d’une science des religions », indique le programme.

    La science et les croyances : des « manières de comprendre le monde qui, loin d’être opposées, ont souvent interagi », mentionne l’éditorial de cette manifestation qui entend propager la raison à la croisée des arts et des sciences, avec l’aide de 100 intervenants et 60 propositions qui mettent en jeu 27 disciplines. C’est ainsi que la journée d’ouverture aixoise s’aventurera, entre autres, hors des sentiers battus de la connaissance avec la performance d’un violoniste et d’un anthropologue autour « des récits des êtres fantastiques des Alpes, où lutins, croque-mitaines, loups-garous et revenants peuplent l’imaginaire des montagnards et donnent sens et cohérence à l’expérience humaine ». Si les profanes trouveront des propositions plus conventionnelles mais non moins dénuées d’intérêt, traitant du principe de laïcité à l’ère des réseaux sociaux ou encore des « idées reçues sur les migrations », le festival terminera sa soirée d’ouverture en fanfare dans la salle de concert du 6mic, avec les artistes pop, rap et électro Camille Yembé, Chilla et du collectif Twerkistan.

    Chercher à désenvoûter

    Comme le rappelait Marilyne Crivello, vice-présidence d’AMU et à l’origine du festival, lors de sa présentation à la presse, « pour être chercheur, il faut être inventif ». Rien d’anodin donc, à ce que ce « temps de circulation des savoirs » diversifie les formes et les lieux jusqu’au 20 septembre : de Bunker, spectacle documentaire sur l’histoire d’un « naturopathe autoproclamé dont le discours pseudo-médical puise ses sources dans le complotisme et l’extrémisme politique » au Théâtre Antoine Vittez, à la projection-débat de Kongo dans l’école aubagnaise de la Satis, film sur un guérisseur de Brazzaville dont « la vie bascule lorsqu’on l’accuse publiquement de pratiquer de la magie noire ». À Marseille, le Mucem abritera quant à lui, notamment, la lecture performée d’Ensorcelé par la comédienne Clara Lama Schmit, autour de « la magie et des croyances dans les campagnes » ainsi que de « la littérature inspirée des actes de sorcellerie ». Du côté de la bibliothèque de l’Alcazar, l’un des temps forts coïncidera avec la table ronde « Science en danger » qui, « à la suite de l’initiative d’AMU d’accueillir une vingtaine de chercheurs américains en exil », permettra de débattre sur « la liberté académique les entraves faites à la recherche scientifique aux États-Unis et ailleurs dans le monde ».

  • Le Gyotaku pour mieux connaître les poissons

    Le Gyotaku pour mieux connaître les poissons

    On va utiliser des daurades royales car c’est un poisson local. La philosophie de cet art est de célébrer la vie du poisson, remercier l’animal. On utilise l’encre Sumi-e et du papier artisanal Washi et des pinceaux. », détaille Mauro De Giorgi, l’artiste peintre qui anime l’atelier. Et de poursuivre « L’art du Gyotaku en français ichtyogramme, est une technique ancestrale qui permet de prendre l’empreinte d’un poisson sur un support léger. En faisant ça, on donne une seconde vie à l’animal. »

    À l’initiative de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), cet atelier intitulé « Imprime moi un poisson : traces de mer » est une première. Il s’inscrit dans le cadre du projet Biodiversité aquatique dans l’art (BiodivAquArt), une étude en écologie historique, destinée à mieux comprendre les écosystèmes aquatiques du passé. Jusque-là spécialisé dans le décryptage et l’explication des tableaux anciens (XVIe-XVIIIe siècles), l’idée de cet atelier est née d’une rencontre informelle avec l’artiste Mauro De Giorgi. Une approche originale et respectueuse du vivant, qui permet d’explorer autrement la biodiversité marine méditerranéenne. L’encre utilisée samedi est alimentaire et biodégradable, permettant ainsi de consommer le poisson après l’expérience artistique.

    Changer les mentalités

    « Depuis 2017, on développe un travail autour de l’art et la biodiversité aquatique, on monte des opérations qui associent le public et permettent de faire des comptes rendus scientifiques » explique Thomas Changeux, hydrobiologiste (IRD-MIO). La biodiversité aquatique est bien moins connue que celle terrestre. Pour exemple « on n’entretient pas la même relation avec les goélands, les lapins ou les poules qu’avec les méduses ou les poissons », illustre le scientifique. L’objectif des scientifiques étant de mieux cerner ce qui peut faire peur ou dégoûter. Et de poursuivre, « répugnant, sale ou cruel… sont des adjectifs que j’entends encore trop souvent quand on parle des poissons… »

    Plus d’infos sur ird.fr/imprime-moi-un-poisson-traces-de-mer
    L’atelier sera encadré par l’artiste Mauro De Giorgi et des experts AMU et des chercheurs. ce samedi, quai de la Fraternité, Vieux port de Marseille.