Tag: Alpes

  • [Grève dans l’éducation nationale] À Gap, la colère monte face aux options sacrifiées

    [Grève dans l’éducation nationale] À Gap, la colère monte face aux options sacrifiées

    « Les jeunes dans la galère, l’école publique dans la misère, cette société-là, on n’en veut pas ! » L’intersyndicale de l’éducation s’est réunie devant l’entrée de la Direction départementale de l’Éducation nationale, ce mardi matin, à Gap (Hautes-Alpes). Le message était clair : la baisse de la dotation horaire globale (DHG), inscrite dans le budget adopté par le gouvernement, constitue une injustice. Au lycée d’Altitude de Briançon, cette diminution entraîne la suppression de 80 heures de cours pour l’année 2026-2027, et 95 heures au lycée Aristide-Briand, à Gap. « L’option qui permettait aux élèves de pratiquer des sports adaptés à leurs difficultés médicales va être supprimée, regrette Andrée Marques, co-secrétaire de direction du lycée de Veynes. Les classes de Sciences économiques et sociales (SES), qui avaient été doublées pour mieux accompagner et qui avait permis au lycée d’avoir les meilleurs résultats régionaux en la matière, les classes en langue divisées en petits groupes… Ces dispositifs vont être supprimés, ainsi que des cours d’option. »

    Dans les Hautes-Alpes, la situation géographique complique l’adaptation à ces suppressions d’heures. « Certains lycées peuvent essayer de répartir les cours en option à cheval avec d’autres établissements, mais nous, à Briançon, nous sommes dans un lycée de montagne, très éloigné des autres, le premier est à Embrun, à plus de 50 km », s’attriste Patrick Charlier, enseignant en filière professionnelle au lycée d’Altitude. Quant à l’argument du gouvernement, qui justifie ces baisses d’heures par le déclin démographique, il convainc peu. « Les effectifs sont stables dans le département. à Briançon, on perd 20 élèves à la rentrée, cela ne va pas bouleverser les classes », rétorque Patrick Charlier.

    Le privé encore et toujours épargné

    La colère gronde aussi contre des coups de rabot qui concernent systématiquement l’enseignement public, et pas le privé. « à Manosque, le lycée public va devoir supprimer des options alors que le lycée privé va avoir deux classes de plus à la rentrée, avec des professeurs rémunérés par le rectorat, donc par l’argent public ! Sans compter qu’il reçoit plus de 1 000 euros de dotation rectorale par élève scolarisé », rapporte Andrée Marques.

  • Prix des carburants : ces travailleurs témoignent

    Prix des carburants : ces travailleurs témoignent

    « Ça me coûte déjà 20 euros de plus par semaine », Jessica Torres, Aide-soignante à l’hôpital, Martigues.

    J’habite Saint-Chamas et je vais travailler au centre hospitalier de Martigues, donc je mets entre 35 et 40 minutes. J’ai la chance de faire des journées de 12 heures, donc j’ai moins de trajets à faire que quand j’étais en 7 heures, mais je pars de chez moi à 5h45, donc c’est inenvisageable de prendre un bus. Avec la hausse du prix de l’essence, si ça vient à perdurer, ça va être compliqué. Ça me coûte déjà 20 euros de plus par semaine qu’habituellement. Ça devient une pression financière. À côté de ça, ma paie n’augmente pas. On se bat déjà pour revaloriser nos salaires et avoir de meilleures conditions de travail, si on a cette contrainte-là en plus à gérer c’est compliqué. On finit par perdre de l’argent pour aller travailler. On se demande jusque quand ça va durer et si des mesures vont être prises du côté du gouvernement ou de la direction. » Propos recueillis par Alice Magar

    « Ça va devenir catastrophique », Laurent Gigay, Infirmier libéral, Gap.

    Personnellement, je parcours 150 km tous les jours, alors avec une augmentation du carburant de 1,60 euro le litre à 2,20 euros, je passe d’environ 14 euros à 20 euros par jour. On continue à assurer nos soins comme avant, on adapte nos parcours pour faire des économies, en essayant de faire le moins de kilomètres possibles… Là c’est encore jouable, mais si le prix continue de monter ça va devenir catastrophique. Notre indemnisation, les actes médicaux-infirmiers et l’indemnité forfaitaire de déplacement, n’ont pas été revalorisés depuis 2009. On n’est pas entendus, déjà que les marins et agriculteurs, encore plus impactés, n’ont eu que des miettes, nous on n’a rien. On se sent un peu abandonnés. Ça devient inquiétant pour l’avenir, j’ai les reins solides, j’ai un cabinet et une patientèle constituée depuis plusieurs années mais pour les jeunes qui s’installent, ça peut être catastrophique. » Propos recueillis par Ange Fabre

    « On va devoir revoir nos tournées », Julia Peironet-Bremond, Infirmière libérale, La Garde (Var).

    En tant qu’infirmière libérale, je suis conventionnée. On a un forfait de 2.75€ par déplacement, qui n’est jamais revalorisé. Ça a un impact direct sur nos charges. Après le matériel, nos frais, c’est l’essence. On ne peut pas arrêter de traiter des patients du jour au lendemain. Mais d’habitude, on peut arranger quelqu’un en allant le voir selon ses contraintes horaires. Là, on va devoir revoir nos tournées, regrouper selon les zones, pour faire le même nombre de patients mais avec moins de kilomètres. Je n’allais déjà plus à certains endroits, car je ne m’y retrouvais pas. Il peut arriver qu’on se bascule des patients entre infirmiers, en fonction des zones géographiques. On va peut-être le faire encore davantage. J’ai commencé en 2010, j’avais 42% de charge. Maintenant, je suis entre 52 et 55%, sans compter la hausse du prix de l’essence. » Propos recueillis par Adam Benhammouda.

    « Là, au point où on en est, on sort de l’argent », Achraf Stifine, Marin pêcheur, Marseille.

    Étant donné le prix du gasoil, et la pêche pas assez abondante en cette saison, on est obligé de calculer. De plus la météo est mauvaise ces derniers jours. Quand le poisson est moindre, on doit aller le chercher, ça veut dire qu’on va au large, on le piste, et cela peut prendre plusieurs jours avant qu’on lui tombe dessus. Je dois caler le bateau à différents endroits, me déplacer donc consommer davantage de gasoil. Et du coup… ben on n’y va pas ! Là, au point où on en est, on sort de l’argent de notre poche. J’ai un bateau de 9 mètres avec un plein de 260 litres, il faut compter le carburant, qui est passé de 0,80 cts HT à plus d’1,30 euro, mais il y a aussi l’usure des filets, du bateau… beaucoup de choses rentrent en compte. Seule une pêche miraculeuse pourrait changer la note, sinon le client paye plus cher le poisson. J’ai pas une patientèle, alors je peux me permettre de rester chez moi. Mais pas indéfiniment… » Propos recueillis par Marie-Laure Thomas

    « Nous refusons de payer pour travailler »

    Face à l’insuffisance des mesures proposées par le gouvernement, la CGT a apporté son soutien à la pétition lancée sur change.org par une syndiquée CGT, aide à domicile, Manuela Cabot Salar qui « refuse de payer pour travailler ». Mardi soir, celle-ci avait recueilli 44 687 signatures.

    Monsieur le Premier ministre, Je suis aide à domicile. Et aujourd’hui, je n’arrive plus à m’en sortir.

    Chaque jour, je parcours des kilomètres pour aller aider des personnes qui en ont besoin. Ma voiture est indispensable à mon travail.

    Pourtant, les prix du carburant explosent… et mes indemnités kilométriques, elles, n’ont pas bougé !

    Avec un salaire en dessous du Smic chaque mois, comment faire face ?

    Et comme si cela ne suffisait pas, les factures d’électricité et de chauffage ne cessent d’augmenter. Aujourd’hui, travailler ne suffit plus à vivre dignement.

    Ça ne peut plus durer

    Je ne suis pas un cas isolé. Nous sommes des millions de travailleuses et de travailleurs à dépendre de notre véhicule pour exercer notre métier. Pendant que nous comptons chaque euro pour finir le mois, les profits des grandes entreprises pétrolières explosent !

    Cette situation est injuste. Et elle doit changer.

    Pour ça, nous demandons :

    le blocage des prix du carburant et de l’énergie

    la revalorisation des salaires

    l’augmentation immédiate des indemnités kilométriques

    Travailler ne doit pas coûter de l’argent.

  • Le maire de Manosque réélu président de l’agglomération

    Le maire de Manosque réélu président de l’agglomération

    Seul candidat à sa réélection à la tête de la communauté d’agglomération, le maire (DVD) de Manosque, Camille Galtier, a été largement réélu avec 55 voix sur 59 au conseil communautaire d’installation, mardi soir. « Merci de la confiance que vous placez en moi, aujourd’hui, pour mener les intérêts de cette agglomération au service de ses 25 communes », a-t-il réagi, au micro, à l’annonce des résultats.

    Le maire de Manosque a avancé le souhait « d’aider les communes dans leurs projets de restructuration urbaine, de travaux d’éclairage public, de voirie ou encore de gestion des eaux fluviales », ainsi que de fournir « l’assistance administrative dont les plus petites communes ont besoin pour mener à bien leurs projets, dans le cadre de l’avancée de leurs dossiers de subventions auprès de nos partenaires institutionnels, l’État et les fonds européens ».

    Camille Galtier a également insisté sur la volonté de « faire en sorte que notre territoire puisse avancer à l’échelle environnementale », notamment sur la question des ressources en eau, des déchets, de la gestion des risques d’inondation et de la préservation des parcs et des forêts. « On s’est engagé auprès de la Société du canal de Provence à faire en sorte que tous nos agriculteurs soient branchés au plateau d’irrigation de Valensole à un coût de 600 000 euros par an sur les dix prochaines années », a-t-il rappelé.

    Le « grand débat » à venir sera la formation et l’emploi des jeunes, ainsi que le logement « avec la reconquête de nos centres historiques », selon le président réélu de la communauté d’agglomération. « L’enjeu de ce prochain mandat » sera aussi le développement des transports en commun, a affirmé Camille Galtier.

    Les quinze vice-présidents et les quatre conseillers communautaires délégués ont ensuite été élus, pour la première fois au vote électronique, avec des boîtiers nominatifs « pour gagner du temps et assurer la confidentialité des votes à bulletin secret ».

    Une équipe masculine et très peu renouvelée

    Le premier adjoint au maire d’Oraison (Renaissance), Vincent Allevard, a été réélu premier vice-président délégué aux politiques contractuelles, aux fonds européens, à la gestion des déchets et au centre aqualudique. Jean-Claude Castel, maire de Corbières-en-Provence, qui avait soutenu Éric Zemmour en 2022 et Marine Le Pen en 2017, a lui aussi été réélu deuxième vice-président délégué aux relations avec les communes et à l’éclairage public.

    Pascal Antiq, conseiller municipal manosquin délégué au budget, reste également troisième vice-président délégué au pacte fiscal et financier, au projet de territoire et aux marchés publics. Les quatrième et cinquième vice-présidents demeurent aussi les mêmes : Paul Audan, maire de Gréoux-les-Bains, et Gérard Aurric, maire de Valensole.

    L’équipe des vice-présidents de la communauté d’agglomération reste très majoritairement masculine (4 femmes sur 15) et connaît peu de changements.

  • À Manosque, l’un des plus grands stockages pétroliers d’Europe

    À Manosque, l’un des plus grands stockages pétroliers d’Europe

    L’une des principales installations françaises de stockage pétrolier, conçue pour servir de filet de sécurité en cas de crise d’approvisionnement liée à des tensions géopolitiques, est située à Manosque, en plein cœur du parc naturel régional du Luberon. Le site peut couvrir « jusqu’à deux mois de consommation française en produits pétroliers », selon Géosel, son propriétaire. Des oléoducs le relient aux ports pétroliers de Fos et Lavéra.

    « Depuis 1967, Géosel est l’un des garants de la souveraineté et de la sécurité énergétique française », se félicite la société française, spécialisée dans le stockage souterrain d’hydrocarbures, sur son site. Elle a été créée dans les années 1960 « pour répondre à un impératif stratégique : assurer la sécurité énergétique du pays », explique-t-elle. Avec sa capacité souterraine de 9 millions de m3, ce site manosquin est l’un des plus grands complexes de stockage d’hydrocarbures en Europe.

    Géosel propose des services de stockage et de transport par canalisation d’hydrocarbures liquides. La construction des pipelines et des installations de surface a démarré en 1967, avec des postes de livraison d’hydrocarbures à Lavéra, à La Mède et à Fos-sur-Mer. 19 cavités sont alors creusées et commencent à être remplies de produits pétroliers, à partir de 1969.

    Un nouveau pipeline entre la station de Passaire et l’étang de Berre est posé en novembre 1973. Les travaux s’achèvent en 1974 avec le raccordement de la station Géopipe de Rognac à la raffinerie de Shell à Berre.

    « Avec le 1er choc pétrolier de 1973, le stockage de Manosque, initialement conçu pour un nombre d’opérations limitées, voit ses besoins en entrées et sorties de produits augmenter », relate Géosel. Deux nouvelles stations de pompage sont alors construites, en 1975, et l’utilisation de la saumure pour déplacer les hydrocarbures stockés permet les entrées et sorties régulières de produits pétroliers et « devient un atout majeur pour Géosel ».

    Incidents et pollution des sols

    « Le 1er mai 2010, une rupture de canalisation entraîne une fuite de naphta qui cause une pollution des sols. L’incident conduit à intensifier le plan de rénovation des installations », précise la société sur son site. 300 personnes doivent alors être évacuées après le déversement d’environ 200 m³ de naphta (un mélange d’hydrocarbures issu de la distillation du pétrole) du site de Géosel dans l’atmosphère et les cours d’eau. En 2021, un rapport a également révélé un rejet massif de gaz sur le site de stockage, un accident majeur dû à un défaut de maintenance des logiciels des automates de sécurité. L’incident n’avait pas eu de conséquences humaines, mais il n’avait été révélé que tardivement et succinctement aux autorités.

    Parmi les actionnaires de Géosel, on retrouve EDF (15%) et TotalEnergies (3,4%). En 2015, Total avait cédé la majorité du site de stockage à la société d’investissement française Ardian et à EDF Invest.

    Seul le gouvernement peut choisir d’entamer les réserves, en coopération avec l’AIE (l’Agence internationale de l’énergie) et l’UE, pour faire face à des ruptures graves des approvisionnements, comme une crise pétrolière ou le boycott d’un pays producteur.

    Le complexe souterrain manosquin abrite près de la moitié des stocks de la Sagess (Société anonyme de gestion des stocks stratégiques, créée par les opérateurs pétroliers, sous l’égide de l’état).

    En France, le gouvernement a martelé qu’il n’y avait pas de risque de pénurie, à ce stade. Le pays détient au total l’équivalent de 108 jours d’importations nettes, selon Bercy.

  • Une sécurité sociale alimentaire pour le Buëch

    Une sécurité sociale alimentaire pour le Buëch

    Aujourd’hui, en France, dans les Hautes-Alpes et dans le Buëch, une part de plus en plus importante de la population est en précarité alimentaire. » C’est le constat de départ que pose Gérard Hanus, président de l’association les Chemins solidaires qui gère l’épicerie de Laragne-Montéglin, un lieu d’entraide et d’accès à une alimentation de qualité. Avec plusieurs partenaires, il est à la baguette d’un projet de création d’une sécurité sociale alimentaire sur le territoire.

    « D’un côté, nous avons toujours plus de gens qui se restreignent en quantité et en qualité de repas, et de l’autre, des producteurs engagés dans la production alimentaire de qualité et locale, qui peinent à avoir un revenu correct face à la concurrence de l’agroalimentaire », explique Gérard Hanus. Le but de son projet est donc de soutenir un système alimentaire qui va vers plus de qualité, de bio, de local et qui soit moins difficile d’accès pour la population.

    La sécurité sociale alimentaire, déjà expérimentée depuis plusieurs années dans certains territoires, repose sur les mêmes piliers que la Sécurité sociale. « Chacun cotise selon ses moyens et reçoit la même allocation, explique Gérard Hanus. Ensuite, on dépense cette allocation dans les lieux conventionnés par la caisse, choisis démocratiquement. Le support peut différer selon les expérimentations, de cartes papiers, des applis numériques, une carte de crédit… » Tout le monde a ainsi accès à une alimentation de qualité, même les plus précaires, et l’initiative crée par là même un marché pour les producteurs locaux, souvent inaccessibles par le prix ou le manque de circuit de consommation.

    L’aide alimentaire débordée

    D’après les données publiques, 16% des Français vivent aujourd’hui en situation de précarité alimentaire et plus de cinq millions ont recours à l’aide alimentaire. « Les circuits d’aide alimentaire étaient à l’origine prévus pour répondre à situation exceptionnelle et marginale. Ils doivent désormais répondre à un problème généralisé », rappelle le président de l’épicerie solidaire. « La précarité est structurelle désormais, avec des mères de famille monoparentale qui cumulent des emplois à temps partiel, des retraités aux petites retraites, des étudiants précaires… » L’objectif à terme est de créer une septième branche de la Sécu, au même titre que la santé, la famille, la retraite, etc.

    Au total, quatre projets sont à l’étude dans les Hautes-Alpes : dans le Buëch, sur la zone d’Embrun et Serre-Ponçon, dans le Champsaur-Valgaudemar, et enfin le Briançonnais, avec différents partenaires locaux. L’Union départementale de l’économie sociale et solidaire des Hautes-Alpes (Udess), fait le lien entre ces différents projets locaux. Du côté du Buëch, l’initiative repose sur la coopération des Chemins solidaires, du parc régional des Baronnies provençales, de la MJC de Laragne-Montéglin, de la Croix Rouge locale et de l’Adear, l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural. Les réunions s’enchaînent depuis plus d’un an et se poursuivront sur l’année. Avec l’objectif, selon Gérard Hanus : « Qu’en 2027, on passe à la mise en pratique concrète. »

  • À Saint-Auban, la CGT veut préserver le site

    À Saint-Auban, la CGT veut préserver le site

    Les élus CGT du site de Saint-Auban, réunissant Kem One et Arkema, s’inquiètent de l’avenir de la plateforme et de ses travailleurs au vu des difficultés économiques importantes rencontrées par Kem One. Les deux entreprises, qui forment un bassin industriel primordial dans le département, sont interdépendantes et partagent de nombreuses ressources en commun. « Si on venait à tomber, toute notre plateforme à Saint-Auban tomberait », avance la CGT du site de Kem One.

    « On est dans une situation critique depuis plusieurs mois. Kem One perd de l’argent chaque mois et la trésorerie est fortement impactée », alerte Fabrice Daumas, délégué syndical CGT à Saint-Auban et élu au CSE. Avec la grève organisée ce mardi 31 mars, ils espèrent « alerter le gouvernement, la préfecture, le ministère de l’Industrie et les médias ».

    « Apollo nous a plongés dans la difficulté depuis qu’ils nous ont endettés pour racheter l’entreprise en 2021. Ce système financier n’est pas adapté à l’industrie chimique », déplore le délégué syndical. C’est pour cela que la CGT exige un investisseur industriel pour la reprise de Kem One. « Les emplois ne sont pas remplacés, les projets sont en standby, on n’a pas l’argent pour aller voir nos clients. C’est une spirale négative qui se met en place. »

    « Kem One a toute sa place dans l’industrie française et mondiale, on vend du PVC dans le monde entier », rappelle le syndicaliste. La CGT est particulièrement inquiète de la somme d’argent importante, « plusieurs millions d’euros », qui sera nécessaire pour mettre le site aux normes environnementales européennes d’ici la fin de l’année. « On n’a pas l’argent pour », s’inquiète Fabrice Daumas. « L’idée est de contraindre Apollo à mettre cet argent avant de s’en aller, ou alors qu’il y ait des engagements forts du futur repreneur », résume Sylvain Moretti, secrétaire général de l’union départementale CGT.

    Le maire de Château-Arnoux-Saint-Auban, Philippe Bertrand, ancien syndicaliste à Kem One, a apporté son soutien aux travailleurs mobilisés et compte rencontrer la direction « pour faire en sorte que Kem One redevienne Kem One ».

    Rencontre en préfecture vendredi 3 avril à 14h30.

  • À Sanofi, des salaires erronés depuis trois mois

    À Sanofi, des salaires erronés depuis trois mois

    Des salaires de seulement quelques centaines d’euros, pas de salaire ou même des salaires négatifs. Depuis le 1er janvier, de nombreux salariés du groupe Sanofi subissent des erreurs et d’importantes coupes dans leur paie. Sur le site de Sisteron, la CGT constate « jusqu’à 25 ou 30% d’écart de salaire ». Certains salariés ont dû abandonner leur projet immobilier, leur crédit, ou ont fini à l’hôpital ou en arrêt maladie à cause du stress généré par ces dysfonctionnements.

    Ces erreurs importantes sont dues à l’externalisation pratiquée par le groupe Sanofi, qui a mandaté le prestataire américain ADP (Automatic Data Processing) pour gérer les salaires de ses travailleurs. « C’est la catastrophe, depuis trois mois, les erreurs s’accumulent et il n’y a pas de régularisation derrière », déplore Ludovic Veyret, délégué syndical CGT sur le site de Sisteron. Tous les mois, les salariés doivent passer des heures à éplucher et tenter de déchiffrer leur fiche de paie en quête des erreurs de salaire, de plus en plus complexes à comprendre. « On n’a pas les compétences pour vérifier nos fiches de paie, on demande des mesures, un cabinet de comptable sur site et une régularisation des salaires manquants dans les plus brefs délais », insiste le délégué syndical.

    Un droit d’alerte

    Parfois, des heures de travail ou des périodes de congé ne sont pas prises en compte dans le calcul des salaires. La CGT du site a déclenché un droit d’alerte « pour atteinte aux droits des salariés ». « Normalement, l’employeur est obligé de mener une enquête dans les plus brefs délais pour savoir quelle mesure il peut mettre en place pour faire cesser cette atteinte aux droits des salariés », explique Ludovic Veyret. Mais dans ce cas-là, « Sanofi nous a répondu qu’ils ne souhaitaient pas poursuivre la procédure. On leur a écrit que c’était un manquement au Code du travail et à leurs obligations », selon la CGT. Le syndicat compte saisir les prud’hommes, réclamer des dommages et intérêts pour compenser le préjudice subi et déposer un référé au tribunal, ainsi qu’un « droit d’alerte collectif ».

    « Aujourd’hui, on est coincés. C’est aberrant d’en être à ce point-là. On se demande comment on va trouver des nouvelles molécules si on n’arrive même pas à payer les salariés », lance Ludovic Veyret. « Il y a une perte de confiance totale », résume le syndicaliste. La CGT du site de Sisteron est plutôt réticente à appeler à la grève, qui causerait une perte de salaire supplémentaire, mais reste déterminée à faire entendre la voix des travailleurs de Sanofi et pense organiser une manifestation dans la semaine à venir. « Se mettre en grève, c’est perdre de l’argent pour réclamer son dû », regrette Ludovic Veyret.

    « Je ne comprends pas que l’entreprise, le directeur du site, ne puissent pas prendre de mesures. On fait quand même un bénéfice de 9 milliards d’euros à l’année. Sanofi a les moyens de prendre un cabinet de comptable s’ils n’ont pas les ressources en interne pour vérifier et régulariser les salaires », lance le délégué. 2 400 salariés pourraient être concernés. Mais la CGT estime qu’ils sont plus nombreux à être touchés.

    Contactée par La Marseillaise, la direction n’a pu être jointe. « Dès l’identification de ces situations, un dispositif de suivi renforcé a été activé avec ADP » et « les cas individuels font l’objet d’un traitement prioritaire », assure cependant à l’AFP Sanofi, qui précise qu’« une phase de stabilisation d’environ quatre mois est en cours afin de garantir la fiabilité durable du processus de paie ».

    Selon le syndicat, des salariés en arrêt maladie ou en préretraite n’ont touché aucun salaire pendant deux mois, sur le site de Sisteron. Lorsque les travailleurs rencontrent ces problèmes de salaires, les représentants du personnel tentent de se tourner vers le service RH, mais « il n’y a plus personne sur site, seulement la DRH et un CDD ».

    « Une perte
    de confiance totale »

    Ludovic Veyret, syndicaliste

  • Lila Desjardins, première femme maire de Peyruis

    Lila Desjardins, première femme maire de Peyruis

    Être la première femme à occuper ces fonctions, qui plus est une femme issue de l’immigration, me remplit de fierté et montre avec force à quel point Peyruis est une commune tolérante, juste et accueillante, qui rassemble plutôt qu’elle ne divise, comme certains voudraient le faire croire », a déclaré Lila Desjardins en regardant en direction des deux nouveaux élus RN du conseil municipal. La nouvelle maire a également tenu à s’adresser à sa petite-fille, présente lors du conseil d’installation : « Je veux lui dire que, si naître fille est plus simple aujourd’hui, le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas terminé. Le chemin est encore long. Je lui souhaite de devenir elle aussi cheffe de son village, mais elle a beaucoup plus d’ambition que moi, puisque son village, c’est Lyon ».

    Seule candidate au poste de maire, Lila Desjardins a été élue par 18 voix contre cinq bulletins blancs, équivalents aux cinq sièges de l’opposition.

    « Opposition constructive »

    L’ancien maire, Patrick Vivos, qu’elle a largement battu dimanche dernier, a pris la parole pour lui souhaiter « beaucoup de courage » et promettre une « opposition constructive ». Les deux nouveaux élus RN n’ont eux pas demandé la parole.

    L D.

    Les adjoints

    Premier adjoint, Joël Mercadier, directeur d’ASA. 2e adjointe, Chantal Michel, cadre de la fonction territoriale. 3e adjoint, Frédéric Julien, agent territorial. 4e adjointe, Françoise Crest, professeure de français. 5e adjoint, Hafid Essaidi, retraité. 6e adjointe, Floriane Idini, agent immobilier.Les délégations seront attribuées lors du prochain conseil municipal qui se tiendra le 14 avril.

  • Julien Di Benedetto élu maire de Digne à l’unanimité

    Julien Di Benedetto élu maire de Digne à l’unanimité

    Patricia Granet-Brunello, maire sortante (DVG) de Digne-les-Bains, a remis avec émotion son écharpe de maire à son successeur, Julien Di Benedetto, samedi matin. « Cette victoire est belle, c’est celle de la jeunesse », a-t-elle lancé avant d’évoquer « le défi » de l’hôpital. Elle a aussi rendu « hommage » à son ex-premier adjoint, Francis Kuhn, qui s’était désisté au second tour de l’élection municipale après le soutien de la maire sortante à Julien Di Benedetto plutôt qu’à lui au soir du premier tour. « Cher Julien, je sais que tu sauras porter cette responsabilité avec sérieux et dignité », a-t-elle dit à son jeune successeur.

    Seul candidat en lice pour le fauteuil de maire, Julien Di Benedetto a été élu à l’unanimité par les 33 votants du conseil municipal. « C’est un honneur », « cette confiance m’honore et m’oblige », a réagi le nouveau maire. Il a affirmé vouloir « répondre rapidement aux besoins de la ville », insistant notamment sur la sécurité, la tranquillité, le renforcement de la police municipale, le centre ancien, le conservatoire en piteux état et l’hôpital.

    Des liens avec la Région

    « Désormais, nous pourrons compter sur l’aide de la Région qui regarde avec attention ce qui se passe à Digne. Comptez sur moi pour rattraper la dette due à notre ville », a-t-il assuré. Le candidat s’était montré proche de figures locales de la majorité régionale, notamment du maire DVD de Forcalquier David Gehant qui l’avait soutenu pendant sa campagne. « La tache est immense et le défi colossal, mais les Dignois ont clairement indiqué ce qu’ils voulaient au cours de cette élection municipale qui était la plus importante depuis plus de 30 ans ». Le nouveau maire a salué sa famille, présente dans la salle, et plus particulièrement son grand-père, « arrivé en France il y a 74 ans » depuis l’Italie, qui avait du mal à essuyer toutes ses larmes au premier rang dans l’assistance.

    Le conseil municipal d’installation s’est tenu sans Gilles Chalvet et sept de ses colistiers qui ont annoncé leur démission et ont été remplacés par d’autres élus de leur liste. Leur nouveau chef de file, Pascal Rovere, a brièvement pris la parole pour féliciter la liste élue et promettre d’être une force d’opposition « du centre, responsable, constructive et vigilante ». Les neuf adjoints ont ensuite été élus, parmi lesquels le benjamin du conseil municipal, Mathys Legay, 20 ans, et le communiste Gérard Esmiol. Ils ont été élus à 32 voix, le 33e bulletin ayant été déclaré nul.

    Les adjoints

    1 – Alexis Audiffred (finances)

    2 – Marie-Pierre Rinaldi (culture)

    3 – Emmanuel Couronnel (jeunesse, action sociale)

    4 – Patricia Sarracanie (éducation et bien-être animal)

    5 – Jacques Dayan (urbanisme, cadre de vie et travaux)

    6 – Myriam Sereno (centre-ville, attractivité, commerces et événementiel)

    7 – Mathys Legay (sport)

    8 – Valérie Dompnier (santé, égalité femmes/hommes, handicap, accessibilité)

    9 – Gérard Esmiol (vie des quartiers et devoir de mémoire)

  • Soirée de soutien à SOS Méditerranée, « un acte de résistance »

    Soirée de soutien à SOS Méditerranée, « un acte de résistance »

    Un acte de résistance face à la banalisation de la violence. » Samedi soir, Pierre Micheletti, médecin et
    administrateur de SOS Méditerranée, et Jean-Luc Pesle, médecin responsable de la mission frontière transalpine pour Médecins du Monde, sont intervenus aux côtés d’artistes et de militants pour une soirée de soutien à l’association de sauvetage en mer au tiers lieu la Maison commune, à Château-Arnoux-Saint-Auban. La soirée a commencé par la lecture musicale de textes d’un roman de Pierre Micheletti. Chantal Lemarchand, l’une des trois fondatrices de la maison d’édition Langage Pluriel, organisatrice de la soirée, a lu l’histoire de Younis Ibrahim Jama, inspirée du fiasco humanitaire de l’Arche de Zoé. Un enfant rescapé du Darfour, dont la mère a été tuée par des soldats, est arraché à son père et adopté par un couple français. La lecture était accompagnée par le musicien Olivier Vauquelin à la contrebasse.

    « Inflation du besoin d’assistance »

    Le médecin administrateur de SOS Méditerranée a ensuite déploré la « multiplication par cinq du nombre de personnes en besoin d’aide humanitaire ces dix dernières années, et par deux des personnes déplacées de force ». Il a insisté sur le besoin de « faire en sorte qu’elles n’aient pas à fuir leur pays », et rappelé une citation de la poétesse Warsan Shire : « Personne ne pousse ses enfants sur un bateau, à moins que l’eau ne soit plus sûre que la terre ferme. » Selon lui, « l’UE développe des stratégies d’épuisement », « tolère des blocages des humanitaires et pénalise les secours ». Il a notamment rappelé que des garde-côtes libyens avaient tiré sur l’Ocean Viking en 2025, engendrant une immobilisation de trois mois.

    Jean-Luc Pesle a lui aussi déploré la « militarisation », « les pressions, intimidations, obstacles aux soins, le harcèlement » et la « criminalisation des actions de solidarité ». Le refuge solidaire que son équipe a ouvert à Briançon a largement dépassé sa capacité d’accueil. Les deux humanitaires ont par ailleurs constaté une évolution du public secouru et accueilli : il y a plus de femmes, enceintes ou encore victimes de violences sexuelles, de familles et d’enfants.

    La soirée de soutien s’est terminée par un repas solidaire et par un concert a cappella de Lison David et Juliette Delhommeau.