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  • Ils réclament justice pour toutes les Lyhanna

    Ils réclament justice pour toutes les Lyhanna

    Marseille

    Lundi soir, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le palais de Justice pour rendre hommage à Lyhanna et dénoncer ce que beaucoup perçoivent comme une « impunité » face aux violences « à répétition ». Banderoles et panneaux : plusieurs structures telles que le Collectif enfantiste, Femmes solidaires ou Sud Éducation manifestent à l’unisson. Sur la place, les cris de « Justice pour Lyhanna ! » ont rythmé le rassemblement.

    « J’ai peur pour mes enfants », confie Rosanna pour qui ces actes ne sont « ni une erreur, ni un manque de moyens, c’est juste un manque de considération de la part des politiques actuels ». Élodie Boussarie, enseignante à Marseille et militante au syndicat Sud Éducation, partage, elle aussi, ce sentiment d’écœurement : « Je suis présente pour témoigner de ma colère envers le gouvernement qui détruit les services publics et qui aujourd’hui a l’air de s’offusquer qu’il y ait des dysfonctionnements au sein de l’Éducation nationale et de la Justice. » Cette enseignante souhaite que les financements de ces services soient optimisés afin de former tous les professionnels à ces sujets. Pascaline Lécorché, adjointe au maire de Marseille et déléguée à l’Éducation, rappelle que « nous sommes là pour Lyhanna, mais aussi pour toutes les Lyhanna. Car le sujet des violences sexistes et sexuelles est fondamental ». C’est pourquoi, « la Justice devrait se saisir rapidement des faits et instaurer une relation avec les autres corps de métiers, afin qu’une liste noire existe et que les personnes suspectées ne soient pas réembauchées dans d’autres établissements, au contact des enfants », avance l’adjointe au maire. « Ce n’est pas l’histoire d’un homme mais bien celle d’une société qui peine à écouter ses enfants », rappelle la représentante de Sud éducation lors de sa prise de parole.

    Aix-en-Provence

    Colère dans la foule. « Il aura fallu quoi, qu’une petite meure, dans des conditions que j’imagine atroces, pour qu’on réalise que ce gars-là était dangereux. Il faut que nos enfants meurent ? » s’indigne Laura. Cette mère de deux enfants, belle-mère de deux autres, vient faire entendre sa colère, comme les centaines d’autres personnes rassemblées sur le parvis du palais de Justice. L’appel a été lancé par l’association Mouv’Enfants. Ils sont pères, mères, sœurs, grands-parents. « Je suis contente de voir qu’il y a des hommes ce soir. J’avais peur que le combat ne soit que féminin. Ça manquait cruellement. » Pendant près d’une heure, la foule compacte s’est rassemblée pour rendre hommage à Lyhanna, 11 ans, dont le corps a été retrouvé à Fleurance, dans le Gers. Son assassin présumé, est désormais visé par neuf affaires. De quoi cristalliser l’indignation de la foule. « C’est à se demander pourquoi il faut autant de cas de plaintes. Pourquoi la justice ne met rien en action ? Ce n’est pas possible de ne pas protéger les enfants, qui sont l’avenir. On veut briser l’avenir ? » demande Julien. Pour Amandine, c’est une première manifestation, motivée par le « on n’en peut plus. Ma fille a 11 ans. Je n’ai pas besoin d’en dire plus ». À côté d’elle, Nelly regrette que la mobilisation ne soit pas plus forte. « Notre société n’a pas conscience de l’enjeu de protéger nos enfants. » La mobilisation, silencieuse, jusqu’à une minute de silence, a rapidement laissé place à l’indignation générale. « Darmanin, dehors ! », se lance la foule. Et entonne, en huant : « Victime, on te croit. Violeur, on te voit ! »

    Martigues

    « Pour celles qui prennent la plus lourde des peines, pour les victimes de ton système, je t’accuse et j’assume. » Les paroles de Suzanne entonnées par la chorale du collectif féministe l’Émeute rieuse prend tout son sens à Martigues ce lundi soir, où un féminicide a eu lieu quelques jours plus tôt.

    Plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées devant le tribunal. Plusieurs pancartes ont été réalisées pour l’occasion. Des politiques, comme « Lyhanna ne serait pas morte si la protection de l’enfance avait de vrais moyens », « protégez les enfants et les femmes, écoutez, subventionnez, formez, abritez… » ou plus confus, comme « l’inaction judiciaire tue », ou encore « justice complice ».

    « Ces horribles féminicides de Lyhanna nous ramènent toujours à la réalité de cette société patriarcale qui excuse les violences sexistes et sexuelles et ne protège pas ses enfants » recentre le conseiller départemental (PCF) Gérard Frau, arrivé en avance. « Je ne supporte pas que Macron et Darmanin disent que ce n’est pas une question de moyens. Mais forcément qu’il y a des erreurs quand les services publics sont pressurisés ! » tance l’élu, assurant que « la solution est de faire voter la loi-cadre portée par les associations féministes, réclamant 2,6 milliards d’euros pour des tribunaux dédiés et la formation des agents au contact ».

    Le maire (PCF) Gaby Charroux, venu avec son équipe municipale, demande cette « loi qui protège ». Mais aussi de « démarrer l’éducation des petits garçons dès la maternelle, le plus tôt possible, pour arrêter cette domination de l’homme sur la femme ».

    Avignon

    Un peu plus de 200 personnes étaient mobilisées ce lundi 8 juin devant le tribunal d’Avignon pour rendre hommage à Lyhanna.

    À l’ombre des remparts de la cité des Papes, les pancartes avec des messages de « ras-le-bol » ou « un enfant n’est jamais consentant » se mêlaient à d’autres plus provocatrices telles que « la justice est du côté des violeurs » ou « moins de Darmanin, plus de moyens ». C’est avec émotion que Sara et Darla, responsables du Collectif Enfantiste de Vaucluse, ont pris la parole conjointement pour dénoncer les « défaillances de la société » tout en pointant du doigt l’enceinte du tribunal. « L’enfant devrait représenter l’avenir. Nous refusons que l’émotion et l’action s’arrêtent là. Chaque enfant mérite protection et que son intégrité soit reconnue », poursuivent-elles. Ce, juste après que Muriel Trichet, du collectif féministe Nous Toutes 84, a tenu à préciser que les organisations présentes « sont contre la peine de mort » et que « les appels à tuer les gens ne seront pas acceptés ».

    Dans la foulée de ces prises de parole, les participants se sont empressés de traverser la route afin de se rassembler devant les portes du tribunal dans la fumée de quelques fumigènes. « Comment accepter un tel bide, un tel abandon. Il n’y a aucun mot pour décrire un tel deuil » pointe les responsables associatives. « Il faut vraiment que le gouvernement prenne compte l’ampleur de ce qu’il faut faire. Plus de 100 000 cas de violences sexuelles par an. Il faut qu’il s’en empare comme cela a été fait avec le terrorisme » pointe Julien Gélas, venu manifester avec ses enfants.

    Toulon

    « Lyhanna, où que tu sois on t’aime ! Tu n’es pas morte pour rien ! » Le cri du cœur de cette maman, saisie d’un admirable courage pour témoigner des violences subies par sa fille et qui attendent encore une réponse pénale trop longue à venir, embue les yeux des quelque 500 Toulonnais et Toulonnaises venus dire leur colère devant le tribunal judiciaire lundi soir. Ce sont aussi eux qui ont donné la force, dans un élan de solidarité trop rare en cette période de désunion, à celles et ceux qui ont, comme elle, dans un mégaphone, osé se libérer d’un fardeau si lourd à porter. « Car comme l’a dit le maire de Fleurance, ce n’est pas la goutte d’eau qui fait déborder le vase, mais celle qui le renverse ! », clame Marie Giudicelli, du collectif féministe toulonnais la Raje.

    Chacun avait une bonne raison d’être là. Sur le t-shirt de Maéva, il est écrit « 1 enfant sur 5 ». Comme l’effroyable proportion de victimes d’inceste, un crime qu’elle a elle-même subi. « Je me mobilise pour mes enfants comme pour les autres. » Flore, elle, n’est pas une habituée des rassemblements populaires. « Mais la vie se charge de savoir nous abandonner. Ma conscience m’a portée jusqu’ici », affirme-t-elle.

    Les couleurs politiques, elles, n’existaient plus. Pendant 1h30, le consensus les a effacées. Celui qui appelle à « exiger une justice qui a les moyens de faire son travail et une loi qui nous protège », s’époumone Marie Guidicelli. Car « ce que les responsables politiques appellent dysfonctionnement, c’est un système de domination patriarcale ! » Un système qui a laissé périr une victime de trop.

    Digne-les-Bains

    Près de 200 personnes se sont rassemblées lundi soir devant le tribunal de Digne pour exprimer leur soutien à la famille de Lyhanna et demander que le gouvernement prenne ses responsabilités et promulgue une loi intégrale sur les violences.

    La présidente de l’association des élues des Alpes-de-Haute-Provence s’est interrogée sur « comment détecter et venir au secours de ce système qui s’essouffle par manque de moyens financiers ». « Les dossiers sont mis dans des armoires, classés sans suite pendant que des enfants meurent et sont violés », a déploré Audrey, professeure.

    « Nous n’acceptons plus que les noms de ces enfants deviennent de simples faits divers et que l’on oublie jusqu’au prénom suivant. Nous refusons le cycle de larmes, de déclarations et d’inaction », a lancé Philippe Bekalarek, militant venu de Château-Arnoux-Saint-Auban. « Combien d’enfants ont souffert pendant que les adultes détournaient le regard ? », s’est-il interrogé, exigeant « des peines réellement exécutées » et « un suivi strict des délinquants sexuels ». « L’État doit agir avant le drame et pas après les obsèques », a-t-il conclu.

    Plusieurs élus de Digne et de Sisteron étaient présents. Interrogé par une manifestante à ce sujet, le maire de Digne a répondu que la ville avait conventionné avec l’association les Papillons pour prévenir les violences sur les enfants.

  • À Sisteron, un site spécialisé dans le réemploi des bouteilles en verre

    À Sisteron, un site spécialisé dans le réemploi des bouteilles en verre

    La coopérative de réemploi du verre Revera a inauguré, mardi, son site de tri de Sisteron, où toutes les bouteilles en verre récupérées dans les points de collecte des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes transitent avant d’être envoyées au lavage, puis aux producteurs, pour être réutilisées. Une session de tri y est organisée toutes les trois semaines avec des bénévoles volontaires.

    « Il faut avoir l’œil : la bouteille doit être porteuse du pictogramme qui garantit qu’elle respecte le cahier des charges. Rien ne doit être imprimé sur la bouteille et l’étiquette doit pouvoir partir au lavage », explique Nicole, l’une des bénévoles. Les bouteilles sont triées par catégorie, par format et par boisson, avant de partir au lavage dans l’un des deux sites près de Valence ou de Montpellier. Elles sont ensuite distribuées aux producteurs du réseau les plus proches.

    Les utilisateurs récupèrent une consigne de 20 centimes pour les petits formats et de 50 centimes pour les grands, lorsqu’ils ramèrent leurs bouteilles usagées dans l’un des points de collecte. Les bouteilles en verre triées et lavées sont ensuite revendues aux producteurs du réseau. La mise en place de cette consigne a été « un accélérateur flagrant du taux de retour », des bouteilles en verre : il est passé de 15% à 60% avec cette incitation monétaire.

    Jusqu’à 50 lavages

    « Ces bouteilles ne sont pas des déchets, mais des ressources, a avancé Lisa Tichané, directrice régionale Paca de la coopérative Revera. Pourtant, la quasi-totalité sont jetées après une seule utilisation ou laissées dans la nature ou l’espace public. Mais, si on lave ces bouteilles, on utilise deux fois moins d’eau, quatre fois moins d’énergie et on émet cinq fois moins de CO2. »

    Revera est le fruit d’une fusion entre plusieurs structures de réemploi du verre. « On ne pouvait pas piloter bénévolement une filière industrielle », explique Lisa Tichané. Les volumes de bouteilles collectées dans les Alpes du Sud avaient augmenté de plus de 100% suite à cette fusion, se réjouit-elle.

    Une trentaine de points de collecte sont disponibles dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes, et 140 dans la Région Sud. Les magasins Biocoop, La Vie Claire et Bio c’ Bon y participent. La coopérative espère les développer et aide les producteurs à obtenir des financements pour compenser les coûts de changement des étiquettes de leurs bouteilles. Une bouteille peut être réemployée jusqu’à 50 fois grâce à ce système vertueux.

    La coopérative couvre 13 départements et emploie 17 salariés, dont cinq dans la Région Sud. Elle espère se développer dans la moyenne et grande distribution.

  • Le géosite dédié à la découverte géologique inauguré à Tartonne

    Le géosite dédié à la découverte géologique inauguré à Tartonne

    C’est en 2015 que Myette Guiomar, géologue désormais retraitée, a fait l’incroyable découverte d’ossements fossilisés qui se sont avérés être un squelette de plésiosaure, un grand reptile marin prédateur du Mésozoïque. Vieux de 100 millions d’années, le squelette était conservé sur plus de 4 mètres, représentant le spécimen le plus complet connu en France pour cette période du Crétacé inférieur. « Ce plésiosaure a choisi nos montagnes pour refaire surface », s’est réjoui la présidente (LR) du Département des Alpes-de-Haute-Provence, vendredi, lors de l’inauguration des aménagements du site, qui ont pour but de le rendre accessible au public et de le faire connaître des touristes.

    Le chantier de fouilles a pris plusieurs mois, le squelette ayant été découvert « dans un ravin escarpé, isolé et menacé par l’érosion ». « Derrière chaque ossement, il y a la sueur, la passion d’hommes et femmes qui aiment notre terre », a rappelé Eliane Barreille. Des chercheurs viennent « du monde entier » pour découvrir ce plésiosaure « parmi les plus complets jamais découverts en Europe », a affirmé la préfète, Isabelle Tomatis.

    « La plus grande réserve géologique de France »

    « Créée par l’État en 1984, la Réserve naturelle nationale géologique de Haute-Provence est la plus vaste réserve géologique d’Europe, couvrant près de 230 000 hectares sur les Alpes-de-Haute-Provence et le Var », explique le Département. « Des étudiants viennent des États-Unis pour étudier ici, dans la vallée », se réjouit Pierre-Olivier Antoine, président du conseil scientifique de la réserve. Un projet d’extension est actuellement en cours.

  • Une crèche menacée de fermeture, les parents inquiets

    Une crèche menacée de fermeture, les parents inquiets

    La guerre est déclarée entre la communauté de communes et la crèche Hakuna Matata, ouverte en janvier à Saint-Maime : la direction et les parents craignent une fermeture, faute de subventions. Ce sont 37 familles qui risquent de se retrouver sans mode de garde et neuf salariés sans emploi. Cette crèche est « la plus remplie de l’intercommunalité », selon ses gérants. « Elle n’est pas en concurrence avec les autres, mais complémentaire : on ouvre plus tard le soir, si besoin le samedi », avance son président, Guillaume Santacreu. Selon lui, « un groupe de personnes a tout fait pour faire exploser le projet ». « Les personnes concernées font un blocage et nous mettent des bâtons dans les roues », affirme-t-il. Si la situation ne s’arrange pas, lui et sa sœur Victoria, directrice de la crèche, redoutent de devoir fermer à la fin du mois.

    « Comme j’avais peur que la crèche ferme, je me suis renseignée à celle de Saint-Michel-l’Observatoire, et la directrice m’a dit que la communauté de communes leur avait demandé de garder des places au cas où notre crèche fermait », affirme Léa, mère d’un des enfants gardés à la crèche Hakuna Matata. La majorité des enfants qui y sont gardés ont été refusés dans les autres crèches du territoire. Les listes d’attente sont longues pour réussir à décrocher une place. « Son père a dû arrêter de travailler pendant un an parce que la nounou a arrêté de le garder », témoigne Sarah Didierlaurent, mère du petit Sorën gardé à Hakuna Matata. « J’espère ne pas avoir à enlever mes enfants de cette crèche. J’en suis très contente : les horaires sont formidables pour ceux qui travaillent tard à Manosque. C’est pour ça que j’ai mis mes enfants ici », avance Léa.

    Un élan de solidarité

    Un véritable élan de solidarité a été initié par les parents d’enfants gardés à Hakuna Matata. L’une des mamans, qui a réussi à obtenir un rendez-vous avec le président de la communauté de communes, propose « une opération escargot dans son bureau », ou encore « une pétition en ligne à pousser sur tous les canaux possibles et imaginables ».

    Jeudi, les gérants de la crèche ont réussi à obtenir un rendez-vous le 30 juin avec la CAF, le Département et la communauté de communes. Les gérants de la crèche demandent 180 000 euros, puis 150 000 euros par an à l’intercommunalité.

    Contacté, le président de la communauté de communes explique que l’intercommunalité « compte déjà quatre crèches publiques ». « On savait qu’une telle activité était vouée à l’échec. Je refuse toute participation », explique-t-il. Selon lui, il y a assez de places pour accueillir les enfants dans les autres crèches. Le sujet est inscrit à l’ordre du jour du prochain conseil communautaire, qui aura lieu mardi à 14h30.

  • Chiens intoxiqués au lac : la cyanobactérie hautement suspectée

    Chiens intoxiqués au lac : la cyanobactérie hautement suspectée

    Une cyanobactérie, voilà le très probable responsable de l’intoxication de cinq chiens, dont trois en sont décédés, en mars et avril, après s’être baignés dans le lac de Pelleautier. C’est ce qu’indique l’ASA du Canal de Gap, qui gère le plan d’eau et qui y a interdit l’accès à la baignade. Pour Philippe Combrouze, hydrologue spécialiste de ces micro-organismes, leur présence anormalement élevée vient d’un apport excessif de phosphore et d’azote. « Cela provient soit de nos eaux usées, insuffisamment traitées, soit d’une certaine forme d’agricultrice, que je n’appelle plus agriculture mais agro-industrie, qui conduit à déverser dans les milieux beaucoup de nutriments, sous forme de lisier ou d’engrais. »

    Chaque année, avec le retour des beaux jours et des baignades, des dizaines de cas d’intoxications ont lieu dans l’hexagone.

    Or, les concentrations de cyanobactéries ne sont pas près de s’arrêter selon Philippe Combrouze : « Le réchauffement climatique favorise leur développement. On a de plus en plus de périodes de sécheresse. En agriculture par exemple, on va avoir un épandage de lisier sec, qui ne circule pas sur le bassin-versant. Ces périodes de sécheresse se terminent souvent par des orages et inondations. D’un coup, vous avez un lessivage du bassin-versant qui amène ces nutriments vers un milieu aquatique récepteur. Cet apport brutal va y créer ces concentrations de cyanobactéries. » Sans solution connue pour les éliminer, la prévention reste le seul remède selon l’hydrologue.

  • Une association de producteurs en difficulté

    Une association de producteurs en difficulté

    Après deux ans et demi d’existence, l’Amap de Forcalquier peine à trouver sa place dans le paysage local, riche en offres bio et locales. « On peine à décoller et à dépasser les 20 paniers, ce qui est insuffisant », regrette Helory Blot, maraîcher avec sa compagne LizAnjela Kermarrec. « On voudrait toucher davantage de gens, et notamment les classes populaires. Pour l’instant, nos clients sont plutôt issus des classes moyennes ou aisées », explique-t-il. « Ils ont tout à y gagner, c’est moins cher et en circuit court », affirme-t-il.

    « Un engagement militant »

    « Faire partie d’une Amap, c’est aussi un engagement militant et politique sur son territoire, puisque cela nous soutient, nous agriculteurs », avance le maraîcher. « Cela nous assure d’avoir de la trésorerie pour les mois de février, mars, avril, mai et juin, qui sont les plus difficiles. C’est là où on a le plus de dépenses et où le moins d’argent rentre », explique-t-il. Avec l’Amap, « on sait que, ce qu’on produit, on va le vendre », se réjouit le couple de maraîchers. « Les Amapiens viennent même parfois nous aider lorsqu’il y a des aléas climatiques ou des insectes ravageurs », souligne LizAnjela.

    Tous les lundis, de 18h à 19h, les Forcalquiérens peuvent venir chercher leur panier de légumes, mais aussi du pain, du fromage et des œufs frais, devant la biscuiterie. Les clients, surnommés les Amapiens, signent un contrat de six mois ou d’un an avec leur producteur pour pouvoir récupérer leur panier toutes les semaines. Chaque panier a une valeur de 20 euros.

    Anciens travailleurs sociaux, LizAnjela et Helory reçoivent aussi des prisonniers et des jeunes de la protection judiciaire de la jeunesse sur leur ferme.

  • La ministre Aurore Bergé s’est rendue à Briançon pour échanger

    La ministre Aurore Bergé s’est rendue à Briançon pour échanger

    « C’est vrai que ce banc interpelle, mais c’est justement sa vocation, car je crois que le fléau principal dans notre société, c’est le risque de l’indifférence, c’est de se dire que finalement, tout cela n’est pas notre affaire. » La levée du vent et de la pluie, en cette fin de journée de jeudi, n’a pas empêché la ministre Aurore Bergé de venir inaugurer un banc dédié aux violences faites aux femmes, au parc Jean-Rousson de Briançon, ce jeudi soir.

    Une visite pour combattre l’indifférence face à ces violences, dont les femmes continuent de souffrir et de mourir : déjà 63 d’entre elles ont été victimes d’un féminicide depuis le début de l’année, selon le collectif NousToutes. « Le véritable sujet est là, toute la société doit s’en emparer et se sentir concernée, tant que l’on pensera que c’est une affaire de couple, de famille, privée, la société ne sera pas au rendez-vous », a souligné Aurore Bergé, tout en rappelant le travail essentiel et quotidien déjà effectué par les forces de l’ordre, les magistrats, les soignants et les travailleurs sociaux dans ce domaine.

    Visite à la Maison des Femmes

    Pour mettre en lumière le travail de celles et ceux qui s’engagent contre ces violences, la ministre s’est rendue auparavant à la Maison régionale, un lieu d’accueil, d’écoute et d’accompagnement destiné aux femmes rencontrant des difficultés personnelles, sociales ou familiales, notamment celles victimes de violences. Une structure mise en place en décembre 2025. Sur place, elle a échangé avec l’équipe du CIDFF, le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles, qui gère le lieu. Depuis décembre, plus de 300 femmes ont été accompagnées par les équipes du CIDFF.

    Le déplacement d’Aurore Bergé se poursuit ce vendredi matin avec la signature, à l’hôpital de Briançon, d’une charte permettant de recueillir les preuves en cas de violences sexistes au sein des établissements hospitaliers du département.

  • Un véhicule tout-terrain pour protéger l’environnement

    Un véhicule tout-terrain pour protéger l’environnement

    Incendies, déchets, cueillettes de champignons illégales… Un nouveau véhicule SSV tout-terrain permet aux gendarmes d’Annot d’arpenter les pistes forestières sinueuses et accidentées des communes alentour et de prévenir les infractions environnementales.

    « Cela facilite le contact avec les gens. Ils ont une approche différente qu’avec le véhicule de gendarmerie bleu, symbole d’autorité. Celui-ci éveille la curiosité », se réjouit le major Gérald Vergnes, au volant du véhicule acquis il y a deux mois. « Dès qu’on croise des gens, on s’arrête. Ils sont contents de voir qu’on vient jusqu’ici et qu’on assure la sécurité dans les endroits éloignés de la civilisation. Cela les rassure », explique-t-il. Ce mercredi, il arpente les pistes forestières accidentées pendant plusieurs heures, à travers rochers et flaques d’eau, en direction de hameaux isolés où ruines, patous et vaches en liberté peuvent être aperçus. Quand il tombe sur une voiture stationnée au milieu de la piste, il part à la recherche de ses propriétaires et scanne leur plaque d’immatriculation pour voir s’ils sont du coin. Cet après-midi, un couple de retraités italiens a bien du mal à se faire comprendre, et finit par lui tendre une carte d’autorisation de cueillette de champignons. « Ceux-là, j’ai vraiment cru qu’on allait les verbaliser ! », lance-t-il en redémarrant.

    « Ici, c’est très réputé pour les champignons. Des camions viennent et ratissent la forêt sans ménagement, faisant de gros dégâts pour cueillir des champignons et les revendre sur les marchés en Europe de l’Est ou en Italie », regrette le major de gendarmerie, installé à Annot depuis un an, après avoir exercé dans les Hautes-Alpes ou encore à Barcelonnette.

    Le seul département équipé

    « Nous sommes le seul département de France à avoir ces véhicules », financés par la Région, affirme-t-il. Quatre autres véhicules similaires sont à disposition des gendarmes de Colmars-les-Alpes, de Riez, de Banon et de Seyne. « Cela nous permet d’aller au contact de gens qu’on n’a pas l’habitude de voir. Ici, il y a beaucoup de hameaux très isolés », qu’on ne peut rejoindre que par une piste forestière caillouteuse et cabossée, explique le major de gendarmerie. « Ce ne sont pas des endroits où on avait l’habitude d’aller », souligne celui qui se rend pour la première fois dans certains hameaux à proximité d’Annot.

    Le véhicule tout-terrain sert aussi pour la recherche de personnes disparues. Il a d’ailleurs été utilisé ces derniers jours pour partir à la recherche d’un randonneur blessé porté disparu. « Ce n’est pas une compétence obligatoire. Cela montre bien que la Région est proche des citoyens et des forces de sécurité », avance Jean-Charles Borghini, conseiller régional siégeant dans la majorité de Renaud Muselier (Renaissance).

  • À Briançon, Arnaud Murgia met en avant le désendettement de la Ville

    À Briançon, Arnaud Murgia met en avant le désendettement de la Ville

    Au moment d’entamer le deuxième conseil municipal de la mandature, les groupes d’opposition et de la majorité se sont officiellement formés. La liste citoyenne « Briançon territoire Vivant » a fondé son groupe d’opposition, composé de six membres, avec Luc Marchello à sa tête. L’autre liste d’opposition, « Bien vivre à Briançon », a également constitué son groupe de deux élus, dirigé par Aurore Marchand. La majorité, elle, est composée de 25 élus, dont neuf adjoints.

    Au cours des débats préliminaires, Maxime Brousse, de l’opposition citoyenne de gauche, s’est satisfait de l’intention affirmée par Arnaud Murgia, dans son discours préliminaire, d’organiser des concertations concernant l’arrivée des JO 2030 dans les prochains mois. Le conseiller d’opposition s’est néanmoins inquiété de ce qu’il serait réellement possible de discuter au vu de l’état d’avancement déjà très engagé des décisions et des travaux. « La campagne a montré qu’il y avait des craintes et des inquiétudes et c’est normal, mais nous nous pensons qu’ils sont une échéance extraordinaire pour ce territoire et nous le défendrons. Nous devons et nous serons au rendez-vous de la concertation et de l’explication », a assuré Arnaud Murgia.

    Un endettement réduit

    Au moment de voter le compte administratif 2025, document qui retrace l’évolution du budget communal de l’année écoulée, le maire a mis en avant les chiffres du désendettement de la ville. Selon la municipalité, les comptes de la ville présentent 6,32 millions d’excédents et 5,2 millions euros affectés vers la section d’investissements. « Notre capacité de désendettement est passée de 16 années il y a 12 ans, à moins de 6 ans à l’heure actuelle, ce qui nous place sous tous les seuils d’alerte du ministère des finances, alors qu’on a été pendant des années au-dessus », a précisé Arnaud Murgia.

    Aurore Marchand, élue d’opposition, a alors rappelé que sous la mandature de Gérard Fromm (2014-2020), la dette avait été baissée de 16 millions contre 8 millions sous le mandat d’Arnaud Murgia (2020-2026). Une différence que ce dernier a expliquée par la volonté d’étaler le désendettement la ville tout en continuant d’investir et ne pas reproduire « le choix qui consistait à rembourser les banques et ne rien faire ».

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la majorité départementale se félicite de son bilan

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la majorité départementale se félicite de son bilan

    La présidente (DVD) du département a affirmé mercredi avoir largement augmenté les investissements et baissé l’endettement, tout en déplorant les dépenses imposées par l’État. Le département a investi 324 millions d’euros depuis 2021, « un niveau jamais atteint », et a réduit son endettement de 137 millions à 74 millions d’euros, s’est félicité Eliane Barreille.

    La présidente a cité les grandes priorités du département, parmi lesquelles la lutte contre la désertification médicale. « Nous avons souhaité être présents, même si ce n’est pas notre compétence », a-t-elle affirmé. Elle a également insisté sur l’insertion et l’emploi. « Nous avons un seul leitmotiv : accompagner le retour à l’emploi », a-t-elle lancé, se réjouissant de la baisse du nombre de bénéficiaires du RSA.

    Eliane Barreille a finalement évoqué les routes, le « deuxième budget » du département, avec 40 millions d’euros d’investissements sur les 47 millions prévus pour l’année 2026. Le chantier du Pas de la Rochaille est le projet le plus important pour le département. « Il n’est clairement pas normal que nous n’ayons pas de fonds européens alors que cette route est utilisée à 60% par des camions italiens », a-t-elle lancé. La présidente a menacé de réduire les tonnages de camions autorisés sur la route départementale « si nous continuons à être tenus à l’écart des fonds européens ».

    Des dépenses imposées par l’État

    La présidente et les conseillers départementaux de sa majorité ont également insisté sur la rénovation de deux collèges à Manosque et à Digne. La présidente a aussi évoqué les Ehpad, que le département finance « cinq fois plus que la mandature précédente », à hauteur de 15 000 euros par chambre. Eliane Barreille a par ailleurs mentionné les projets prévus concernant les centres médico-sociaux de Manosque, d’Oraison et de Saint-Auban.

    La présidente n’a pas manqué de se plaindre des dépenses imposées par l’État, qui « impose en permanence des augmentations de salaires et de charges qu’il ne compense pas, sans aucune concertation avec les départements », citant notamment l’augmentation des salaires des aides à domicile. « C’est une charge très importante que vont supporter les départements, trop c’est trop », a-t-elle lancé, se disant « fâchée » et « agacée ». La présidente a d’ailleurs dénoncé ces décisions de l’État dans une publication sur son compte Facebook mardi soir. « L’État décide et les départements paient une nouvelle fois ! », a-t-elle déploré, refusant que « de nouvelles dépenses nous soient imposées sans aucune compensation ».

    « Il n’y a jamais eu autant d’argent investi dans le sport et la culture. Les communes n’ont jamais eu autant que sous cette mandature », a avancé Camille Galtier, maire de Manosque et président du groupe départemental majoritaire. « La droite n’a jamais été dans cet état d’esprit », a-t-il affirmé. « Cela n’a jamais été fait avant, les collèges et les routes départementales étaient laissés totalement à l’abandon parce que ce n’était pas la bonne couleur politique avant », a-t-il lancé, taclant la majorité précédente socialiste, « la plus à droite de l’échiquier politique », les appelant à « se regarder dans le miroir ».

    La conseillère départementale ubayenne Elisabeth Jacques a par ailleurs exprimé la volonté de « revendiquer notre culture montagnarde » et d’accompagner les stations de ski dans le « changement majeur de leurs modèles économiques ». « Jamais autant d’argent n’a été investi dans la montagne », a-t-elle affirmé.