Tag: Alpes

  • À Sisteron, une crèche fermée après des arrêts maladie à la chaîne et un licenciement

    À Sisteron, une crèche fermée après des arrêts maladie à la chaîne et un licenciement

    La décision est tombée mardi soir : la crèche Les p’tits Babadins sera fermée pendant au moins trois mois, après que l’ensemble de ses salariés se soit mis en arrêt maladie sur fond de « management toxique ». L’une des salariées a elle été licenciée suite à une grève organisée en avril. 15 familles se retrouvent ainsi du jour au lendemain sans aucun mode de garde pour leurs enfants. « La réponse à la grève a été des sanctions, un licenciement et encore plus de toxicité dans le management », affirment les parents des enfants inscrits. « Les salariées sont encore en dépression, elles ne peuvent plus sortir de leur lit, elles pleurent tous les jours », décrit Audrey Marchal, mère d’un enfant gardé aux p’tits Babadins. Le nouveau directeur, arrivé il y a un mois, est lui aussi en arrêt maladie. « Il ne dort pas la nuit à cause du stress, il travaillait 50 heures par semaine », expliquent les parents. « Même les prestataires de musique ne viennent plus car ils n’étaient plus payés. Les prestations de ménage ont cessé. »

    Interrogée par un parent, la directrice d’exploitation a répondu ne « pas être en mesure de s’engager sur une réouverture à la rentrée ». Les parents ont du mal à trouver une solution pour faire garder leurs enfants, alors que les listes d’attente sont longues et que « les trois crèches municipales sont déjà pleines ». « Je m’arrange avec mon mari qui a pris des congés, mais je crains que l’un de nous perde son travail », témoigne une maman. Certains enfants font des terreurs nocturnes depuis la fermeture de la crèche. « Mon fils m’a dit qu’il pouvait se garder tout seul », rapporte Maëlia Paumard. Contactée, la direction n’a pas répondu à nos sollicitations. Le groupe d’opposition de gauche Demain Sisteron ! alertera de la situation au prochain conseil municipal.

  • Des jeunes venus du monde entier animent un petit village des Hautes-Alpes

    Des jeunes venus du monde entier animent un petit village des Hautes-Alpes

    « Je suis venu apporter des crêpes, je me suis dit que les jeunes qui viennent de tous ces pays ne connaissent peut-être pas ! » Au moment d’installer le repas du soir, Philippe, retraité installé depuis cinq ans au Saix, dévoile les plats qu’il a cuisinés et apporté pour l’occasion, sous les exclamations enthousiastes de la vingtaine de jeunes présents.

    Ce mercredi soir, l’association Le Village des Jeunes organisait un repas dans la cour de l’ancienne école, réunissant les volontaires du chantier du hameau du Faï, sur les hauteurs de la commune, et les habitants du village. L’association, créée en 1963, permet à des jeunes du monde entier comme de la région, en lien avec les missions locales et les établissements scolaires, de participer à des chantiers d’insertion.

    « Ce qu’on fait vraiment ici, c’est donner chacun un peu de ce qu’il y a de beau dans nos cultures. C’est intéressant de voir que l’être humain est l’être humain peu importe l’endroit, explique Santiago, 24 ans, colombien diplômé d’ingénierie civile. Ici je peux apprendre tout ce qui a trait à la construction, et je suis heureux de le faire en aidant les communautés autour. » Il reste pour près d’un an, afin de se former à encadrer à son tour des chantiers. De 150 euros pour un projet de deux semaines à la gratuité selon les moyens, les chantiers se veulent accessibles, dans la philosophie de l’éducation populaire. « La seule chose qu’on demande c’est l’envie de s’engager dans des projets qui ont du sens », explique Hélène Baillet co-déléguée régionale de l’association.

    Créer la rencontre avec les habitants

    Les volontaires résident à la ferme du Faï, autrefois abandonnée et maintenant habitée et cultivée grâce aux chantiers successifs que l’association organise en partenariat avec les communes voisines du Saix (126 habitants) et de Saint-Auban-d’Oze (75 habitants). « Ça fait plusieurs années, quand j’étais enfant puis quand je revenais ici pour les vacances, qu’il y avait des rencontres organisées avec le Village des Jeunes, témoigne Rémy 29 ans, infirmier né à Saint-Auban-d’Oze et revenu s’y installer. Je trouve ça chouette, on est quand même dans un petit microcosme, c’est toujours intéressant de voir des personnes qui ne sont pas d’ici. » L’association tient à rester connectée aux territoires où elle est implantée, comme le rappelle Hélène Baillet : « On souhaite créer de l’animation territoriale sur les villages où l’on a des chantiers, des moments d’échanges avec les habitants comme avec ces repas. Et toute personne qui veut participer à un chantier est la bienvenue ! »

  • À Digne, une exigence de reconnaissance pour les AESH

    À Digne, une exigence de reconnaissance pour les AESH

    « Elles sont payées toute leur vie sous le seuil de pauvreté, sous le Smic. C’est un métier indispensable qui ne leur permet pas de vivre », a déploré Gweltaz Broudic, cosecrétaire de la FSU 04. « On accompagne de plus en plus d’élèves qui sont de plus en plus en souffrance, pour un salaire dérisoire d’environ 1 000 ou 1 300 euros », a expliqué Valérie, AESH à l’école des Sièyes à Digne. « On se fait insulter, taper dessus », regrettent-elles avec sa collègue Marielle. Une AESH peut accompagner jusqu’à huit élèves, ce qui laisse seulement deux à trois heures par semaine pour chaque enfant, ont-elles expliqué. Une délégation a été reçue par la DSDEN.

  • Jean-Marie Bernard visite le futur site scolaire à Serres

    Jean-Marie Bernard visite le futur site scolaire à Serres

    Bâti sur le site de l’actuel collège, le but est de redynamiser celui-ci, confronté à une baisse structurelle d’effectifs. « Le collège ne comptait plus qu’une centaine d’élèves. Avant même que le bâtiment n’ait vu le jour, le collège de Serres a retrouvé son attractivité. Il compte aujourd’hui 150 élèves », a affirmé Jean-Marie Bernard. Une première partie du bâtiment sera mise en service à l’automne avec l’installation des collégiens dans la partie « école » de la structure. La totalité du projet doit être livrée fin 2027 ou début 2028.

  • Une nouvelle caserne pour les sapeurs-pompiers à Sisteron

    Une nouvelle caserne pour les sapeurs-pompiers à Sisteron

    « L’aboutissement d’un projet attendu depuis plus de 30 ans » : la nouvelle caserne de pompiers de Sisteron a été inaugurée mardi soir, en présence de nombreux élus.

    « Quand nous avons obtenu la majorité au Département et qu’on m’a confié la gestion du Sdis, la situation financière était compliquée. Le Sdis 04 était le plus endetté de France », s’est rappelé Jean-Claude Castel, président du Sdis, conseiller départemental et maire de Corbières. « Il y avait 17 casernes à reconstruire alors qu’on était en faillite », a-t-il expliqué. La caserne, « idéalement située, à proximité immédiate d’un axe autoroutier », a coûté près de 4 millions d’euros, dont 2,7 financés par le Département, soit 70%, a détaillé sa présidente Eliane Barreille. Le Département a dépensé 3 millions d’euros pour les équipements des pompiers et 7 millions pour leurs casernes, a-t-elle expliqué. Cinq casernes restent encore à financer.

    « Un dernier rempart contre l’isolement »

    La nouvelle sous-préfète de l’arrondissement de Forcalquier, Véronique Simonin, a elle aussi insisté sur l’importance des pompiers, « dernier rempart contre l’isolement, la solitude et la détresse », et sur l’importance de « faire bénéficier les zones rurales d’une offre de secours proche et de qualité ».

    La nouvelle caserne a été nommée du nom de Joseph Volpe, commandant honoraire des sapeurs-pompiers volontaires qui a exercé pendant 47 ans. La légion d’honneur lui a été remise en 2022. Il a également fondé une entreprise d’ambulances. Il s’est montré très ému, entouré de ses fils et petits-fils, eux aussi pompiers.

    La caserne a également été financée par les huit communes « défendues en premier appel » : Sisteron, mais aussi Mison, Entrepierres ou encore Salignac, dont les maires étaient présents pour l’inauguration.

  • Les écoles de Peyruis en grève face à des violences répétées

    Les écoles de Peyruis en grève face à des violences répétées

    Lapidation, gifle, mutilation… Parents d’élèves et enseignants ont dénoncé mardi une escalade des violences au sein de l’école primaire de Peyruis. « Cela fait deux ans qu’on est confrontés à des violences entre élèves et envers le corps enseignant », explique Cécile Pinatel, parent d’élève. Elle décrit « des violences verbales, des insultes aux équipes pédagogiques, des jets de pierre, des étranglements ». La semaine dernière, un nouvel incident, une enseignante giflée par un élève, a fait « déborder le vase ». « L’école ne peut rien faire en termes de sanction, à part priver l’élève de sortie ou l’exclure quelques jours », regrette Cécile Pinatel. « Nos enfants sont spectateurs de toute cette violence, de ces mots qui sont banalisés. »

    « L’école est en souffrance depuis plusieurs années », explique Sylvie Noailles, conseillère municipale de Peyruis déléguée aux affaires scolaires, présente au rassemblement devant la DSDEN. « Cela s’est considérablement dégradé depuis deux ans », constate-t-elle, évoquant des enseignants « usés, qui pleurent, découragés, qui veulent faire autre chose ». « On doit prendre en compte le mal-être de nos enfants. Les enfants violents sont aussi des enfants qui sont en souffrance », avance-t-elle, regrettant le manque d’accès aux soins, notamment en matière de santé mentale, dans ce département rural en pénurie de médecins.

    « Une intensification

    des violences »

    « Des moyens, pas des poings », « Peyruis en colère, stop à la violence à l’école », pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants. Les deux écoles de Peyruis ainsi que le périscolaire étaient en grève mardi. Dans un communiqué diffusé lundi, les parents d’élèves décrivent « une situation devenue ingérable » et une « intensification des violences ». Conséquence : certains enfants « font des cauchemars, ont peur d’aller à l’école, se plaignent de maux de ventre ou de terreurs nocturnes ». Les parents d’élèves demandent à l’Éducation nationale « des mesures concrètes, rapides et adaptées : accompagnement renforcé, postes supplémentaires, soutien aux enseignants, sanctions à la hauteur des préjudices, protection des élèves et des personnels ».

    Une délégation composée de la maire DVG de Peyruis Lila Desjardins, de parents d’élèves et d’enseignants a été reçue par la Dasen (directrice académique des services de l’Éducation nationale) mardi après-midi. « On a eu les paroles, maintenant il nous faut des actes concrets », ont expliqué les parents d’élèves, réclamant un soutien psychologique pour les élèves qui ont vu l’enseignante se faire gifler. « L’enseignante agressée exprime une vive colère et estime que les sanctions sont inefficaces face à la multiplication des profils difficiles », a rapporté Lila Desjardins. Un rendez-vous a été pris par la Dasen et la mairie pour évoquer la situation.

  • La réhabilitation du Fort des Têtes et l’usine de la Schappe se précise

    La réhabilitation du Fort des Têtes et l’usine de la Schappe se précise

    On connaît désormais les noms des entreprises chargées de l’ambitieux projet de réhabilitation et de transformation en village olympique, puis en quartier résidentiel, du Fort des Têtes. Ce Fort Vauban du XVIIIe siècle inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco sera donc rénové et réaménagé par Linkcity, filiale de Bouygues construction, Edifim, société spécialisée dans la réhabilitation de logements collectifs et Elegia, société de maîtrise d’ouvrages basée à Grenoble. En parallèle, l’ancienne usine textile de la Schappe, édifiée au XIXe siècle et en partie détruite par un incendie en 2014, sera elle aussi rénovée pour servir de lieu d’hébergement pendant les Jeux, puis accueillir des logements. La réhabilitation de cette usine sera menée par Icade promotion, filiale de la Caisse des dépôts avec le concours des architectes Jean-Michel Wilmotte et Nathalie d’Artigues. Fortement attendue sur la question de l’usage de ces ouvrages après les JOP 2030 et leur utilité pour le territoire et ses habitants, la Solideo affirme que l’usine de la Schappe rénovée comprendra « la réalisation de 117 logements en accession libre, conçus selon des standards environnementaux ambitieux, ainsi que des surfaces commerciales destinées à renforcer l’attractivité et la dynamique du quartier ». Quant au Fort des Têtes, il « accueillera une centaine de logements, dont 30 logements sociaux, 42 logements en prêt social location-accession (PSLA) ainsi que 26 logements commercialisés dans le cadre du dispositif Monument historique ».

    Arnaud Murgia veut rassurer sur les coûts

    De son côté, le maire de Briançon Arnaud Murgia a qualifié le projet d’« accélérateur de particules hors-norme », permettant à la ville de gagner « une trentaine d’années » sur ses projets de réhabilitation patrimoniale et de création de logements dans un contexte où les investissements sont de plus en plus difficiles à obtenir selon lui. Quelques jours auparavant, lors du conseil municipal du 3 juin, Arnaud Murgia s’était exprimé sur l’opération, réaffirmant son engagement personnel pour que celui-ci profite à la ville. Il avait alors affirmé que le rachat symbolique à l’État du Fort des Têtes par la Ville de Briançon pour 25 000 euros, (sa valeur estimée par France Domaine) avant de le revendre à la Solideo au même prix serait « une opération neutre pour les finances de la Ville ».

    Questionné par l’élue d’opposition Aurore Marchand (Groupe Bien vivre à Briançon), Arnaud Murgia a également assuré « avoir imposé dans le cahier des charges une part importante de logements en accession sociale dans le futur quartier de ville du Fort des Têtes », sans pouvoir donner de chiffre exact en raison des négociations en cours avec les opérateurs. Interrogé par la même élue sur le fait que les remparts, et par extension le coût de leur entretien, reviendraient à la Ville, le maire avait répondu « que la totalité des autres fortifications sur la commune sont déjà la propriété de la Ville depuis vingt ans sans que ça n’inquiète personne », et que la municipalité ne ferait l’acquisition des remparts qu’à condition « qu’ils soient livrés remis à neuf » par l’État et la Solideo. À terme, l’objectif est donc que le Fort comme l’usine soient transformés en quartier résidentiel afin d’agir sur le manque structurel de logements sur le territoire. Demeurent toutefois plusieurs inconnues majeures : le nombre de logements, la proportion de logements touristiques ou saisonniers, en accession libre ou en accession social, les prix de sortie… Autant d’aspects qui font l’objet de négociations entre la Solideo et les opérateurs privés qui acquerront le foncier par la suite. Un flou que regrettent d’ailleurs certains élus d’opposition et associations, à quatre ans de l’événement.

  • La grève sur les rails contre la maltraitance

    La grève sur les rails contre la maltraitance

    Un cri du cœur pour alerter sur une « urgence sanitaire et sociale ».

    Les cheminots mettent, ce mercredi, les locomotives à l’arrêt à l’occasion d’un mouvement social qui s’annonce massif. Les quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF (CGT, FO, SUD et CFDT) ont accordé leurs klaxons pour réclamer un changement de braquet de leur direction. Du jamais vu depuis fin 2024 et de quoi rappeler les journées unitaires de la grève marathon contre la réforme ferroviaire de 2018. Il faut dire que l’heure est tout aussi grave pour la famille du rail : « rabotage des droits, pressurisation à l’extrême, dumping social à tous les étages », énumère la fédération CGT des cheminots. « Le message qu’on délivre est que le ferroviaire est à un tournant. […] Et l’unité syndicale dit l’importance que nous y accordons », explique Thomas Cavel, secrétaire général CFDT Cheminots en conférence de presse à Paris, ce mardi. Les syndicats pointent un cycle infernal de réorganisations au sein de la SNCF, entre ouverture à la concurrence et processus de filialisation. Et en lame de fond sa place comme service public ferroviaire : « La concurrence est un système qui met en péril les finances publiques. On investit sur le réseau ferroviaire via les bénéfices générés par les cheminots : ils paient donc, pour partie, l’outil de leur concurrent. »

    Des changements drastiques pour l’entreprise ancienne détentrice du monopole du rail en France et avec des conséquences qui le sont tout autant. « Les cheminots sont plus exposés qu’avant aux risques graves », développe François Tejedor, secrétaire général de la CGT Cheminots Paca. Plus que des accidents graves, les syndicats mettent en avant des drames : 13 suicides depuis le début de l’année. D’où l’alerte sociale : « On constate un mal-être en ce qui concerne le sens du travail, un malaise global, notamment dans l’encadrement : les réorganisations broient certains de nos collègues », confie à l’AFP, Fabrice Charrière, de l’Unsa Ferroviaire.

    Fortes perturbations

    sur le réseau

    Preuve de l’étendue de la colère cheminote : le secrétaire général de la CGT Cheminots Paca évoque un mouvement de grève particulièrement suivi : « Dans la région, il y a entre 80 à 90% de grévistes sur le personnel roulant, que ce soit contrôleurs ou mécanos. C’est 80% chez les conducteurs de TGV. »

    Concrètement, 1 TGV sur 3 circule ce mercredi, pour 1 train Intercités sur 2. Même principe pour les Trains express régionaux (TER). « La circulation des trains sera perturbée sur la région Sud » et « très fortement » pour les axes Les Arcs-Draguignan, Grasse-Vintimille et Nice-Breil-Tende, constate la Région Sud. Avec des lignes, comme celle de Marseille-Lyon avec 55% de circulation, ou Marseille-Aix avec seulement 45%. « Ça ne reflète pas le niveau de mobilisation […] la direction met toutes ses ressources pour minimiser la grève », nuance François Tejedor. En effet, nos confrères de l’AFP confirment que la SNCF « mobilise toutes ses ressources » en recourant notamment à des encadrants pour remplacer du personnel gréviste, comme le lui permet la loi.

    Pourtant, les cheminots en ont encore sous le pied. « C’est un coup de semonce, avec une temporalité réfléchie : on a proposé un mercredi pour rassembler tout le monde et ne pas faire de polémique », justifie François Tejedor. L’intersyndicale se rencontre le 11 afin d’ores et déjà évoquer la suite du mouvement. D’autant que Jean Castex joue la montre et ne prévoit de rencontrer les organisations syndicales que le 23 juin. De quoi laisser planer la menace d’une grève à un moment peut-être plus stratégique, comme les vacances d’été… « Les attaques se font plus pressantes, il faudra peut-être aborder les choses d’une manière un peu plus punchy », conclut François Tejedor.

    PAROLES DE CHEMINOTS

    Nathalie Marin, secrétaire générale de la CGT Cheminots, Toulon

    « On a un signal très alarmant avec treize suicides d’agents en 2026. Mais aussi des accidents mortels qui ont beaucoup impacté le moral des cheminots. Nous sommes également très inquiets de l’avenir de notre entreprise en tant que service public, qui n’est plus du tout d’ailleurs reconnu comme tel par nos directions, qui se voient très bien en entreprise commerciale, concurrentes même les unes des autres. La colère monte en réaction à cette perte de sens des missions du service public ferroviaire qu’on avait initialement et qui faisait avancer et vivre l’esprit cheminot. On réclame donc aujourd’hui l’arrêt des restructurations et des filialisations, ainsi que la hausse des salaires et la création d’un vrai 13e mois. »

    Propos recueillis par T.T.

    Loïc Guigou, secrétaire CGT Cheminots, Vaucluse

    « On s’inscrit pleinement dans les revendications. Si heureusement ici nous n’avons pas été touchés par un suicide ou accident de travail, il y a beaucoup d’arrêts de travail liés aux risques psychosociaux. Par exemple, sur les conditions de travail et d’accueil des usagers, cela fait deux semaines qu’il n’y a plus de climatisation dans la gare TGV d’Avignon, ni aux guichets à Avignon centre. Plus largement, face à l’urgence climatique, les cheminots CGT ont élaboré un dossier décarbonation qui s’appuie sur l’étoile ferroviaire d’Avignon et le projet de Serm [service express régional métropolitain]. Le ferroviaire doit être le centre d’une offre multimodale cohérente, avec l’ouverture de gares et des personnels pour assurer un service public efficace et digne de ce nom. »

    Propos recueillis par F.C.

    Frédéric Michel, secrétaire SUD Rail, Marseille

    « Nous ne sommes pas en grève contre l’ouverture à la concurrence, on ne fait pas du patriotisme d’entreprise mais nous luttons contre le dumping social porté par cette ouverture et les conditions dans lesquelles elle se met en place. Si ça pouvait permettre d’améliorer nos conditions de travail et de rémunération, on ne s’y opposerait pas. Mais ce n’est pas le cas. Que ce soit les salariés de la SNCF, de ses filiales, ceux des entreprises privés, dans le trafic voyageurs ou le fret, c’est une grève de toute la branche ferroviaire. Ces entreprises tirent vers le bas pour répondre au marché. On n’est protégé nulle part et la SNCF est la première à mettre des filiales en place. Et on sera nombreux car derrière ce système il y a trop de cheminots qui sont endettés, trop de souffrance au travail. »

    Propos recueillis par M.G.

    Christophe Morard, secrétaire général syndicat CGT Cheminots, Miramas

    « Cela fait des années qu’on dénonce la fin du triage des wagons isolés, où chaque petite entreprise locale pouvait nous confier leurs wagons pour les trier et envoyer partout en France et en Europe. Ce n’est pas le plus rentable, car un train entier nécessite moins de matériel et de personnel. Mais c’est ce qu’on craint pour le Triage de Miramas avec la privatisation d’Hexafret et Technis [ex Fret SNCF, Ndlr] prévue pour 2028. Le wagon isolé faisait vivre notre Triage, on trie près de dix fois moins de wagons par rapport à avant l’ouverture à la concurrence. Pire, ArcelorMittal représente 30% du trafic du Triage, on est donc inquiets au vu de leurs difficultés. Il faut une volonté politique pour trier les wagons isolés et retirer des camions de la route. »

    Recueilli par An.M.

    Magali Sanchez, conductrice de train, secrétaire CGT Secteur de Veynes, Hautes-Alpes

    « On en demande toujours plus aux agents, il y a un mal-être général, avec plusieurs suicides depuis le début de l’année. Ça fait un peu penser à France Télécom et ce n’est pas bon signe. La direction fait la sourde oreille quand on veut mettre à plat tout ce qui dysfonctionne. Localement, on en voit les conséquences avec des manques d’effectifs qui créent des suppressions de train.

    Notre matériel devrait être remisé depuis quatre ou cinq ans. On a vraiment l’impression de jouer à la patate chaude entre la région Sud, et les différents pôles de la SNCF. Tout le monde se renvoie la balle, personne ne prend ses responsabilités, et les usagers le subissent. »

    Propos recueillis par A.F.

  • La forêt de Beynaves la nuit

    La forêt de Beynaves la nuit

    Le 13 juin, une balade sera concoctée par le plasticien Erik Samakh pour découvrir la forêt de Beynaves, classée Espace Naturel Sensible, où les vestiges d’un ancien hameau ont laissé place à une forêt de pins noirs d’Autriche plantés dans les années 1930 pour protéger les villages des crues. Au programme : une balade le long du GRP 946 pour rejoindre le site, suivie d’une présentation des actions de régénération menées en 2025 et d’une initiation à l’écoute des sons de la forêt avec un naturaliste. La soirée s’achèvera par une balade nocturne sur le sentier de la nuit, conçu par Erik Samakh.

  • Des soirées guinguette pour redonner vie à Peyruis

    Des soirées guinguette pour redonner vie à Peyruis

    « Cela manquait aux Peyruisiens de se réunir » : face au manque d’animations, de commerces et de cafés pour faire vivre le village, la mairie de Peyruis espère réunir autour des soirées guinguette, qui seront lancées ce vendredi et continueront toutes les semaines jusqu’à la fin de l’été. L’objectif est aussi « de marquer le début de la nouvelle municipalité », explique Floriane Idini, adjointe déléguée à la communication, alors que Lila Desjardins (DVG) vient d’être élue en mars première femme maire de Peyruis. « C’est la première fois que la mairie met en place des animations récurrentes de la sorte. Avant, c’était les associations qui étaient aux manettes. Cela manquait d’événements réguliers qui pouvaient rassembler tout le monde », avance-t-elle. « Là, la mairie centralise, organise, et les associations viennent se greffer, et pas le contraire », détaille-t-elle. La mairie a spécialement fait l’acquisition d’un grand container, installé sur la place Fauchier, où auront lieu les soirées guinguette, pour stocker les tables, les chaises et les frigos.

    Au programme : concerts, soirées danse, soirée pitchoun, salsa, rock, méchoui, fresque collective, accordéon, kermesse ou encore karaoké. Des élus de la mairie seront présents à chaque soirée pour veiller à leur bon déroulement. Pour la première soirée, la mairie a voulu attirer en programmant la gagnante de l’édition suisse de The Voice Kids et un célèbre saxophoniste de la région. La municipalité a prévu des partenariats avec 14 entreprises locales qui ont accepté d’être les sponsors de ces soirées guinguette. Chacune a donné entre 60 et 300 euros pour ce projet.

    Faire revivre le village

    Pour chaque soirée, cinq food-trucks seront présents et vingt grandes tables seront installées pour permettre à toutes et tous de se rassembler en dégustant le plat de leur choix et en profitant du spectacle. Les programmes détaillés seront distribués dans toutes les boîtes aux lettres des habitants, des commerçants ou encore des écoles du village cette semaine.

    « Si cela fonctionne bien et que les habitants sont en demande, on pourra recommencer l’année prochaine de début juin à septembre », avancent Floriane Idini et Julie Roux, conseillère municipale déléguée aux entreprises. « Il a fallu tout mettre en place très rapidement pour réaliser ce projet en temps et en heure », expliquent les deux nouvelles élues depuis le mois de mars.

    Faire revivre le village, délaissé de ses commerces, était au cœur du programme de Lila Desjardins, conseillère départementale en binôme avec René Villard (PCF) et ancienne élue d’opposition. La candidate divers gauche menant une liste sans étiquette avait remporté l’élection municipale haut la main en mars, avec 50,7% des voix, et était seulement à 26 voix d’être élue maire dès le premier tour. Face à elle, la candidate RN-UDR Aurélie Abeille, qui avait récolté 19% des voix, et le maire sortant DVG Patrick Vivos, qui en avait récolté 29%. Lila Desjardins a également le projet d’ouvrir un café brasserie dans le village et de réunir les commerces sur la place Fauchier. Elle déplorait le manque d’investissement et de demandes de subventions de la municipalité précédente pendant sa campagne. Elle espère aussi déplacer les écoles du village, qui sont « dans un état lamentable ».

    Tous les vendredis jusqu’à fin août, de 18h à 22h, place Fauchier. Méchoui sur réservation.