Tag: Alpes

  • Le maire de Manosque veut interdire les aides pour les casseurs

    Le maire de Manosque veut interdire les aides pour les casseurs

    Après avoir annulé la soirée rap du festival gratuit Musiks à Manosque pour punir les lycéens suite aux dégradations de jeudi, le maire Camille Galtier a annoncé, mercredi, vouloir interdire les aides de la commune et de la communauté d’agglomération pour les jeunes qui seront condamnés pour dégradations, dans le cadre de la mobilisation lycéenne, et pour leurs parents.

    « Ça m’apparaît compliqué de récompenser ou d’aider des parents quand on n’est pas capable de garder ses gosses à la maison », a-t-il lancé lors d’une conférence de presse. « Ceux qui ont manqué à leurs devoirs n’ont pas le droit à avoir des droits supplémentaires. »

    Les aides concernées sont l’aide à l’acquisition d’un vélo, les 5 000 euros donnés aux moins de 40 ans pour acheter un logement, les bons essence, électricité, les bourses sportives pour les enfants, les aides aux entreprises, aux commerçants et aux agriculteurs. « Je proposerai au conseil communautaire et au conseil municipal qu’en fonction de la gravité de la sanction qui aura été donnée aux jeunes condamnés, on fera un panel d’interdictions de ces aides et on verra la durée. C’est les conseils communautaires et municipaux qui décideront la graduation », a précisé Camille Galtier. Concrètement, l’édile souhaite ajouter au règlement et aux critères de ces aides que « telle personne dont l’enfant a été condamné ne puisse pas bénéficier de cette aide pendant telle durée ».

    Le procureur de Digne-les-Bains, Antoine Pesme, a affirmé à La Marseillaise qu’il ne « transmettra pas de liste de condamnés mineurs ». Aucune poursuite pour dégradation n’est engagée, a-t-il précisé, mais seulement pour des faits de violence.

    « Il veut renforcer les difficultés des familles qui sont déjà en grande difficulté. Si sa réponse est celle-là, c’est lamentable », a réagi Patrick Rousset, conseiller municipal d’opposition (PCF) du Regain Manosquin, liste d’union de la gauche. Il demande « une réponse concrète aux problématiques » plutôt que des sanctions, et accuse le maire d’être « toujours dans la provocation, sans contact avec les lycéens ».

    « Punition par procuration »

    Le secrétaire départemental du PCF, Bertrand Perrin, s’est lui aussi dit « opposé à la punition par procuration visant les fratries qui ne sont pas responsables ». Cet « effet d’annonce » est « la marque d’un maire en difficulté après une séquence des sénatoriales catastrophique pour sa candidate, qui cherche à redorer son blason en confondant autoritarisme et responsabilité », a-t-il estimé, doutant de la légalité de la mesure. Le Conseil d’État avait retoqué en 2022 une décision municipale similaire privant les délinquants d’aides versées par la commune de Caudry (Nord).

    « Si j’étais lui, j’essaierais d’apaiser les choses, l’inverse de ce qu’il fait. Il ajoute du mépris et de la répression à la colère des lycéens », déplore de son côté Jean-Claude Cauvin, de la section de Manosque du PCF, tout en condamnant les dégradations.

    « Le maire de Manosque sombre dans l’extrême-droitisation. Coupé de la jeunesse dont il ne comprend pas les motivations, il foule aux pieds l’État de droit en se livrant à une nouvelle opération de communication concernant des mesures dont il sait parfaitement qu’il ne pourra pas les appliquer, ce qui lui permettra de se victimiser », a réagi la FSU.

    « C’est une nouvelle erreur politique prise dans la précipitation. Les actes délictueux doivent être traités dans le cadre de l’état de droit, par la justice et les magistrats, a avancé Claire Henriroux, élue écologiste du Regain Manosquin. Une collectivité ne peut pas sanctionner des familles. Elle n’a pas vocation à infliger une double peine. M. le maire n’est pas un juge et la mairie n’est pas un tribunal. »

    23 gardes à vue ont eu lieu, la semaine dernière, dans le cadre de la mobilisation lycéenne dans le département, avec « un certain nombre de classements sans suite, deux majeurs déferrés et jugés dans le cadre du plaider coupable et cinq mineurs présentés à un juge des enfants qui seront jugés ultérieurement », a indiqué mercredi à La Marseillaise le procureur. Aucune garde à vue n’a eu lieu cette semaine.

    Le groupe RN-UDR-I à la Région Sud avait déjà annoncé, mardi, déposer une motion visant à priver les lycéens sanctionnés en conseil de discipline « de toutes les aides de la Région ».

  • Le PCF mobilisé sur les stations Total pour partager ses propositions

    Le PCF mobilisé sur les stations Total pour partager ses propositions

    Malgré la pluie battante, un groupe de militants du Parti communiste français de Gap s’est mobilisé sur les deux stations Total de la ville, ce mercredi. « Carburant : stop au racket », peut-on lire sur les tracts distribués aux conducteurs.

    L’opération s’inscrit dans une action nationale lancée par le PCF, qui se déroule du 5 au 11 octobre, dans le but de faire connaître les propositions du parti concernant les carburants : blocage du prix à 1,60 euro le litre, baisse des taxes prélevées par l’État sur les carburants, et surtout nationalisation de l’entreprise Total pour « faire primer l’intérêt général sur la rapacité des actionnaires » et préserver la maîtrise nationale sur cette énergie nécessaire à la population.

    « Il faut arrêter cette escalade capitaliste de distribution des dividendes », alerte Catherine Dufour, secrétaire de section à Gap, alors que les actionnaires du géant pétrolier ont engrangé plus de 10 milliards d’euros de bénéfices au premier semestre 2026. « Certes, ce n’est pas simple, cela coûterait cher et ça nécessiterait un emprunt, explique la militante. Mais on aurait des retombées immédiates qui bénéficieront non pas aux actionnaires, mais au pays ! » Elle dénonce une « prise d’otage », alors que la population fait la queue dans les stations Total, qui affiche contrairement à ses concurrents un prix de 1,99 euro le litre : « Mais cette baisse des prix ne coûte absolument rien à Total. Pour la population qui a déjà un budget serré, ça n’est pas assez ! » D’autant plus que la majorité des personnes reste encore très dépendante de la voiture et donc du carburant, particulièrement dans les Hautes-Alpes, où « les transports publics ne sont pas à la hauteur ».

    La plupart des automobilistes prennent le tract et certains disent soutenir l’idée d’une nationalisation. Plus tôt, un jeune homme a montré son opposition, estimant qu’il fallait moins défendre le carburant que développer les mobilités douces. « Mais on ne dissocie pas la volonté de nationaliser Total de la lutte contre le changement climatique, explique Catherine Dufour. On a conscience que le fait que la population soit obligée de circuler en voiture est un problème. »

    Pour les militants, cette action n’a pas qu’une visée électoraliste : « C’est aussi pour aller à la rencontre des gens ! »

    Agathe Di Lenardo

  • [#DisMoiPourquoi] le sucre donne-t-il des caries ?

    [#DisMoiPourquoi] le sucre donne-t-il des caries ?

    Nolhan, 9ans. CM2 à l’école primaire de Forcalquier (04)

    Nos dents sont faîtes de plusieurs couches. Au cœur de la dent, il y a la pulpe, qui renferme notamment nerfs et des vaisseaux sanguins, qui est entourée par la dentine elle-même recouverte d’émail, qui sont deux couches protectrices à base de calcium. Dans notre bouche vivent de nombreuses bactéries qui comme nous ont besoin de manger pour avoir de l’énergie. En se nourrissant de sucre et de glucide, les bactéries rejettent des éléments acides qui peuvent attaquer d’abord l’émail (apparition de tâches) puis, si l’émail est percé, la dentine (forte sensibilité au chaud et au froid). Pour éviter le dépôt de plaque dentaire qui favorise le développement des bactéries, il est important de se brosser les dents régulièrement, de boire de l’eau régulièrement et d’éviter un régime trop sucré à l’origine de la production des acides qui endommagent les dents.

    Mikaël Akimovicz, Maître de conférences au Laboratoire d’Économie et de Sociologie du Travail (CNRS/AMU)

    Nos dents sont faîtes de plusieurs couches. Au cœur de la dent, il y a la pulpe, qui renferme notamment nerfs et des vaisseaux sanguins, qui est entourée par la dentine elle-même recouverte d’émail, qui sont deux couches protectrices à base de calcium. Dans notre bouche vivent de nombreuses bactéries qui comme nous ont besoin de manger pour avoir de l’énergie. En se nourrissant de sucre et de glucide, les bactéries rejettent des éléments acides qui peuvent attaquer d’abord l’émail (apparition de tâches) puis, si l’émail est percé, la dentine (forte sensibilité au chaud et au froid). Pour éviter le dépôt de plaque dentaire qui favorise le développement des bactéries, il est important de se brosser les dents régulièrement, de boire de l’eau régulièrement et d’éviter un régime trop sucré à l’origine de la production des acides qui endommagent les dents.

  • À Gap, la CGT s’inquiète de l’avenir des agents d’escale ferroviaire

    À Gap, la CGT s’inquiète de l’avenir des agents d’escale ferroviaire

    À compter de décembre 2029, la ligne des Alpes, qui comprend notamment les liaisons entre Marseille et Briançon, sera exploitée par la société SNCF Voyageurs Sud Alpes Méditerranée (SVSAM). Cette évolution prévoit la suppression de postes des six agents d’escales actuels à Gap, ce qui inquiète particulièrement la CGT des cheminots. « Au-delà de l’emploi de six agents, on parle d’un enjeu de service public », alerte Aimerick Ramos, représentant CGT. Les agents d’escale assurent l’information aux voyageurs, l’assistance aux personnes à mobilité réduite, la sécurisation des circulations et des quais ou encore la gestion des ruptures de correspondance. « On contribue au bon fonctionnement d’une ligne de montagne à voie unique », poursuit l’agent. Car contrairement à une ligne à deux voies, ici, la moindre perturbation peut rapidement entraîner des retards et autres difficultés.

    « Cette évolution ne signifie pas un désengagement de SNCF de la gare de Gap, a assuré début septembre la directrice régionale TER Paca, dans une lettre adressée à la députée (PS) Marie-José Allemand, qui l’avait interpellée sur le sujet. Elle continuera de bénéficier d’une présence au guichet pour la distribution de titres de transport. En cas de situation perturbée, les équipes pourront contribuer à l’accompagnement des voyageurs avec des équipes mobiles. »

    Une réponse qui ne rassure en rien Aimerick Ramos : « Les horaires prévus du guichet ne couvriraient pas l’ensemble des circulations ferroviaires, et les équipes mobiles sont un complément, mais ce n’est pas productif. » Pour lui, des milliers d’habitants et usagers de la ligne des Alpes risquent de se retrouver dans une impasse en cas de suppression de cette présence humaine.

    Agathe Di Lenardo

  • Le déplacement de la prison de Digne évoqué en conseil municipal

    Le déplacement de la prison de Digne évoqué en conseil municipal

    Le maire de Digne, Julien Di Benedetto, a évoqué mardi, en conseil municipal, son projet de déplacement de la maison d’arrêt de la commune, questionné à ce sujet par le conseiller d’opposition Pascal Rovere. L’édile souhaite faire construire une nouvelle maison d’arrêt, plus grande, afin de pouvoir récupérer l’ancien château dans lequel l’actuelle prison est installée, en plein centre-ville.

    « Si on passe de 35 à 90 places, derrière, c’est autant de fonctionnaires pénitentiaires qui peuvent venir s’installer sur Digne, avec des familles, des enfants ; on augmente le nombre de juges et de magistrats au tribunal de Digne ; et c’est plus d’actes pour l’hôpital », a défendu Julien Di Benedetto.

    Le maire espère ainsi construire un musée dans l’ancien château, actuellement occupé par la maison d’arrêt, afin que les Dignois « se réapproprient leur ancien château et son histoire », tout en « attirant les touristes » et « redynamisant le centre-ville », déserté.

    La construction d’une nouvelle prison, plus grande, pourrait également permettre de pallier la surpopulation carcérale, alors que la maison d’arrêt de Digne accueillait 55 détenus pour 35 places en septembre. La localisation actuelle de la prison, en plein centre-ville, pose également problème pour les extractions de détenus, ce qui ralentit parfois les audiences, a expliqué, lundi, la nouvelle présidente du tribunal.

    Le syndicat FO s’oppose à ce projet, jugé « inutile et coûteux », avec des craintes « de délinquance accrue ». FO redoute « une dégradation des conditions de travail des personnels, l’augmentation potentielle des nuisances liées à une structure de plus grande capacité » avec « l’arrivée probable de détenus extérieurs au bassin dignois, modifiant profondément la population pénale actuellement accueillie ».

    Une indemnité supplémentaire

    Le conseil municipal a par ailleurs voté une indemnité supplémentaire pour une nouvelle conseillère municipale déléguée au logement et à l’habitat, Cathie Laurent, ce qui augmente l’enveloppe totale.

    Les conseillers ont également approuvé le principe de recours à un bail emphytéotique pour la réhabilitation d’immeubles du centre-ville, qui permettra de créer des logements locatifs sociaux. La conseillère d’opposition Nadia Tsalamlal a fait part de ses inquiétudes à ce sujet : « Le bail emphytéotique me pose question : pourquoi 80 ans et pas plus court ? Quelles sont les garanties prévues pour que les logements soient rendus en bon état à l’issue du bail ? ».

    Les élus ont finalement voté la création de 14 conseils de quartier, dont les premières réunions commenceront en novembre.

  • À Manosque, élèves et profs main dans la main

    À Manosque, élèves et profs main dans la main

    Plus de 400 lycéens ont à nouveau manifesté, mardi, devant trois lycées de Manosque, bloquant les routes en se déplaçant entre les établissements. Ils déploraient notamment leurs emplois du temps chargés qui leur laissent très peu de temps libre, particulièrement dans ce département rural, où ils doivent souvent faire beaucoup de route pour se rendre à l’école, et où l’offre de transports est limitée.

    « Ceux qui habitent loin, on doit se lever à 5h du matin pour prendre le bus, et on n’est pas chez nous avant 20h30, car il n’y a pas beaucoup de bus. Les emplois du temps sont beaucoup trop chargés avec des heures de trou. On a pas de vie, on vit au lycée », regrette Océane, élève en classe de première au lycée Martin Bret. « C’est une catastrophe. On se lève à 6h et on rentre à 19h. On est obligés d’aller dans un autre lycée pour nos spécialités artistiques, donc on arrive toujours en retard et on perd 30 minutes de notre cours. 17 ans de souffrance ! », déplorent Jeanne et Odelya, élèves en terminale au lycée des Iscles. « On ne peut pas rester concentrés de 8h à 18h à 15 ou 18 ans », regrettent Khelya et Shaina, 16 ans, élèves en première au lycée Martin-Bret, déplorant le non-remplacement des professeurs absents. « On n’arrive jamais à être concentrés toute la journée, même si on aimerait », abonde Clémence, élève au lycée Esclangon.

    Les lycéens se réjouissaient de voir cette fois de nombreux adultes, enseignants, parents d’élèves, syndicalistes et représentants politiques à leurs côtés, avec des pancartes « touche pas à mon gosse » ou encore « lycéens en colère, profs solidaires ». « Cela fait plaisir. Cela montre qu’on n’est pas tous seuls dans notre lutte. On est tous solidaires, tous là pour se soutenir les uns les autres », saluait Lucie, élève au lycée Esclangon. « Il y a les profs et tout, c’est trop bien ! », s’exclamaient des jeunes devant le lycée des Iscles.

    Les lycéens déploraient, mardi, la réponse à leur mobilisation, aussi bien au niveau national que local. À Manosque, le maire a annoncé l’annulation d’une soirée rap pour punir les lycéens et les dégradations commises jeudi. « Ils répondent avec encore plus de restrictions ! », a regretté Océane.

    « On veut des classes, pas des boîtes de sardines », « l’argent pour les lycées, pas pour l’armée », « nos rêves ne rentrent pas dans une case Parcoursup », « trop jeunes pour être écoutés, mais assez grands pour être gazés ? », « 35 degrés, 35 par classe, mais le problème, c’est le voile », pouvait-on lire sur les pancartes.

    Après avoir fait le tour des trois lycées, les manifestants se sont assis sur les bancs de l’amphithéâtre du parc de Drouille et ont pris la parole chacun leur tour « pour montrer qu’on a des choses à dire et qu’on n’est pas là pour s’énerver ».

  • À Digne, un tribunal renouvelé mais qui manque de moyens

    À Digne, un tribunal renouvelé mais qui manque de moyens

    Le tribunal judiciaire de Digne a présenté, lundi, une nouvelle promotion 100% féminine d’arrivantes, qui fait suite à une « vague de départs » : six magistrats ont quitté la juridiction cet été, soit plus d’un tiers des effectifs, et certains postes demeurent vacants. Un tiers des magistrats du siège est absent. « C’est un important renouvellement. Il n’est pas fréquent de voir 6 magistrats sur 15 partir », a relevé le procureur de Digne-les-Bains, Antoine Pesme. Une deuxième juge des enfants a été affectée, ce qui permet au tribunal d’augmenter ses effectifs. Une nouvelle directrice du greffe a également été nommée, et a déjà entrepris « des réorganisations », a expliqué le procureur. Il a rappelé l’importance de prendre en compte les « moyens restreints » dont dispose le tribunal.

    La nouvelle présidente du tribunal, Alexandra Mattioli, a évoqué les « nombreuses contraintes avec lesquelles composer ». « Il faut prioriser, s’adapter aux moyens disponibles, on ne peut pas tout faire », a-t-elle constaté. « Le recrutement est plus difficile en milieu rural, et les vacances de postes pèsent sur ceux qui restent », a regretté la présidente. Les locaux du tribunal de Digne sont « devenus bien trop exigus pour accueillir l’ensemble de notre activité », et un chantier achevé fin août a divisé le tribunal en deux sites distincts.

  • Hautes-Alpes : des dispositifs variés pour les jeunes étrangers

    Hautes-Alpes : des dispositifs variés pour les jeunes étrangers

    La semaine de l’intégration a été lancée. L’évènement national, qui se déroule du 3 au 9 octobre, se focalise cette année sur la jeunesse. À Gap, les services de l’état ont commencé ce lundi par une rencontre avec les différents acteurs de l’intégration des personnes étrangères du territoire, pour mettre en avant les dispositifs mis en place notamment dans l’accompagnement des jeunes vers l’autonomie, la formation et l’emploi.

    « Cette année dans les Hautes-Alpes, 168 personnes ont signé un contrat d’intégration républicaine au 31 août, ce qui représente près de 4% des signataires de la direction territoriale de Marseille », a souligné une représentante du dispositif. Il s’agit d’un engagement obligatoire pour les étrangers primo-arrivants non européens, qui dispense des formations linguistiques et civiques. Le programme Agir, piloté localement par France Terre d’Asile, accompagne, lui, les réfugiés vers le logement et l’emploi. En 2026, après six mois d’accompagnement, le « taux de sortie positive » (avec emploi et logement) s’établit à 54%, contre 30% en Paca et 26% au niveau national : « La petite taille de notre département est l’une des raisons pour lesquelles on arrive à de bons résultats, car on peut travailler en réseau ». Certains peuvent bénéficier des foyers habitat jeunes à Gap ou à L‘Argentière : « 30% des jeunes sont titulaires d’un titre de séjour, ce qui favorise l’interculturalité », a indiqué Charlotte Mathieu de l’association Bâtir. Enfin, le Conseil départemental prend en charge les mineurs isolés : « Du fait de la proximité avec l’Italie, on a un flux assez important ». Actuellement, cela concerne 58 mineurs non accompagnés et 33 jeunes majeurs.

  • Un village mobilisé face à la destruction de sa forêt

    Un village mobilisé face à la destruction de sa forêt

    « Notre bois s’est transformé en cimetière, en clairière, toute la forêt a disparu » : les habitants de Revest-Saint-Martin, petit village de 88 habitants situé au nord de Forcalquier, dans les Alpes-de-Haute-Provence, essayent de se mobiliser face aux coupes illégales de centaines d’arbres qui détruisent leur forêt.

    Des coupes qui ont eu lieu sans le consentement des propriétaires des parcelles en question. « Il est en train de créer une catastrophe écologique monstrueuse. C’est du vol manifeste, il se sert chez nous », regrette l’une des propriétaires concernées, qui n’a jamais porté plainte de peur que l’homme coupant illégalement ses arbres s’en prenne à sa mère, selon elle. « Il a tout coupé chez lui, il n’a plus rien à couper chez lui, maintenant, il se sert chez les autres », avance-t-elle, dénonçant « un saccage » avec des « dégâts irréversibles ».

    Du bois de chauffage

    Les habitants du village parlent sous couvert d’anonymat et craignent de confronter l’homme, qu’ils décrivent comme « dangereux » et « menaçant ». « Tout le monde a toujours reculé devant lui et devant ses menaces », explique l’une des propriétaires. Ils essayent tout de même de se mobiliser et de lutter. Ils ont créé un groupe Whatsapp « pour se sentir plus fort » et réfléchir à de potentielles actions. Quatre habitantes se sont rendues en mairie, la semaine dernière, pour protester et signaler la découverte de nombreuses nouvelles coupes.

    Une enquête avait été ouverte suite à une plainte déposée par la maire pour des coupes illégales de 64 arbres sur une parcelle communale, mais elle a été classée sans suite, les habitants n’ayant pas encore réussi à prendre en photo l’homme en flagrant délit.

    Une réunion avait également été organisée en sous-préfecture à ce sujet, avec des membres de l’OFB (Office français de la biodiversité) et de l’ONF (Office national des forêts), à la demande de la sous-préfète. « Cela n’a rien donné, et les coupes d’arbres ont toujours continué », regrette la maire du village, Nadine Curnier.

    Des forêts « décimées »

    L’homme, déjà vu en train de couper des arbres sur une parcelle qui ne lui appartient pas par une habitante du village, revend le bois pour en faire du bois de chauffage. Il embaucherait plusieurs hommes pour l’aider à couper les arbres, selon les habitants, les propriétaires de parcelles et la maire du village.

    De nombreux propriétaires des parcelles où l’homme a coupé des centaines d’arbres n’ont pas porté plainte par peur des représailles, ce que déplore la maire. « C’est aux propriétaires privés de porter plainte, je ne peux pas me substituer à eux », avance-t-elle, regrettant de voir les forêts de son village « décimées ». L’une des propriétaires d’une parcelle, où l’homme a coupé de nombreux arbres, a fait faire un constat d’huissier.

    La coupe d’arbres dans une forêt appartenant à autrui constitue un délit. Le Code forestier vise notamment les arbres présentant au moins 20 centimètres de circonférence et prévoit des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros d’amende.

  • Dans les Hautes-Alpes, le combat d’un maire et de ses habitants pour une déviation

    Dans les Hautes-Alpes, le combat d’un maire et de ses habitants pour une déviation

    « Remollon est un village-rue », déplore Bertrand Baulet, le maire la commune. Difficile de lui donner tort en parcourant l’axe principal du village, le cinquième plus petit des Hautes-Alpes. Les trottoirs y sont minuscules, voire inexistants sur certaines portions : les poussettes ou fauteuils roulants ne peuvent pas envisager d’y circuler. La porte de certaines maisons se trouve à quelques centimètres de la voie, tandis que des impacts de camions sont visibles dans un bloc de béton et sur un balcon.

    En moyenne, 330 poids lourds traversent chaque jour le village via la RD900B, sans compter les centaines de voitures. « Ce n’est pas une simple départementale : c’est l’unique voie qui désenclave la vallée de l’Ubaye, l’axe emprunté quotidiennement par les poids lourds italiens transitant par le col de Larche et par les flux touristiques estivaux et hivernaux vers Barcelonnette », indique le maire. Depuis des décennies, les habitants et les élus successifs attendent une déviation.

    Bertrand Baulet ne compte pas lâcher l’affaire. « La déviation permettrait d’améliorer la santé et la sécurité des habitants, qui sont quotidiennement confrontés au bruit, à la pollution, aux vibrations… Il faut rendre le village aux habitants ! » Cet été, un accident a eu lieu : un poids lourd a percuté une camionnette dans la portion la plus étroite du village. « Cela permettrait aussi de valoriser l’immobilier au bord de l’actuelle voie, assure le maire. Plusieurs bâtiments ne sont pas utilisés, mais pas vendus car avec cette route ils ne valent rien ! » Selon le maire, environ 80% des habitants sont très favorables à la déviation. Parmi les quelques personnes qui s’y opposent, il y a « les 5-6 familles » dont la résidence se trouve aux abords de la future déviation, et quelques commerçants du village, notamment du restaurant, qui craignent de perdre des clients.

    Dès 1998, un financement de 6 millions d’euros avait été validé, « puis tout a été mis en pause ». En 2000, les habitants avaient bloqué la départementale pour se faire entendre. Aujourd’hui, le projet est estimé à 26 millions d’euros. « Le problème, c’est que ce n’est pas une priorité pour le Département, qui est en charge de la déviation. Son attitude, c’est l’esquive ». Le président du Département, Jean-Marie Bernard (LR), assure son soutien au projet : « Le Département est à l’origine du projet de déviation, dont on parle depuis longtemps et dont j’estime qu’il est aujourd’hui plus que jamais nécessaire. En février dernier, l’Assemblée départementale a validé l’avant-projet et m’a autorisé à solliciter le préfet pour l’ouverture d’une enquête conjointe publique et parcellaire afin de procéder aux acquisitions foncières ». Jean-Marie Bernard rencontrera le maire mi-octobre pour « évoquer les prochaines étapes ». « Il y a de grandes chances que ce soit une bonne nouvelle », se réjouit Bertrand Baulet.

    Agathe Di Lenardo