Tag: Alpes-de-Haute-Provence

  • Une journée d’hommages à la Résistance

    Une journée d’hommages à la Résistance

    Cette journée a été instaurée en souvenir de la réunion du Conseil national de la Résistance (CNR) du 27 mai 1943 à Paris, réunissant Jean Moulin, représentant du Général de Gaulle, les représentants des huit grands mouvements de résistance français et les représentants de six principaux partis politiques de la troisième République. Une rencontre fondatrice, qui avait pour but d’unifier et de coordonner toutes les forces et les tendances politiques de la Résistance au sein d’un seul et même mouvement.

    Bouches-du-Rhône

    À Salon-de-Provence, à 9h30, au Mémorial Jean-Moulin, sur la route nationale 583.

    À Aix-en-Provence, à 11h30, au Wagon du Souvenir au camp des Milles, chemin des déportés.

    À Martigues, à 18h, au monument aux Morts sur la place du 8 mai 1945.

    À Aubagne, à 17h, au Parc Jean-Moulin.

    À La Ciotat, à 11h, au cimetière Sainte-Croix.

    Var

    À Toulon, à 10h, sur la place Gabriel-Péri.

    À Draguignan, à 18h30, au Monument de la Résistance, sur la place de la Paix.

    À Six-Fours, le collectif Six-Fours à gauche, écologiste, régionaliste et citoyenne organise à 10h, au rond-point Jean-Moulin, une cérémonie en réponse à la « cérémonie patriotique » programmée par la mairie d’extrême droite de Frédéric Boccaletti, afin de rappeler que les racines de son parti n’étaient pas du côté de la Résistance. Et de dénoncer : « Une entreprise de récupération et de falsification de l’Histoire, salissant la mémoire des résistantes », selon le collectif.

    Vaucluse

    À Avignon, à 10h, à l’angle du boulevard de la première DB et de l’avenue Pierre-Semard, une cérémonie commémorative se tiendra à l’occasion du 82e anniversaire des bombardements de la ville d’Avignon, et à 10h45, au Monument aux Morts, place
    1ère armée d’Afrique, se tiendra la cérémonie commémorative de la Journée nationale de la Résistance.

    À Carpentras, à 11h, au Monument aux Morts du cimetière.

    À Cavaillon, à 17h, sous le péristyle de l’hôtel de ville.

    Alpes-de-Haute-Provence

    À Manosque, à 18h, au Monument aux Morts, bd Élimir-Bourges, organisée par l’association Anacr.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, deux candidats en lice pour les sénatoriales

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, deux candidats en lice pour les sénatoriales

    « C’est le prolongement de mon engagement en tant qu’élue municipale et en tant que vice-présidente du conseil départemental » : Stéphanie Colombero (LR) a annoncé sa candidature aux élections sénatoriales, espérant prendre le siège du sénateur actuel, Jean-Yves Roux (PRG), lui aussi candidat à sa réélection. La professionnelle de santé, encartée LR, compte aller à la rencontre des maires du département pour les convaincre de voter pour elle. « Le but, c’est que j’aille rencontrer le maximum d’élus. Si j’arrive à voir toutes les mairies, ce serait parfait », lance-t-elle. « Je vois au quotidien des communes qui ont du mal à faire sortir de beaux projets, qui ont envie de faire avancer leur village, mais qui se retrouvent confrontés à de la complexité des règles qui ne sont pas forcément applicables sur nos territoires, et la complexité de monter des dossiers d’aide. Donc, dans mon projet, j’ai la volonté d’avoir une équipe qui soit formée pour la recherche de subventions, et qui puisse venir en aide aux communes », explique-t-elle.

    Selon elle, le fait de siéger « dans la majorité sénatoriale permettra certainement d’avoir plus de poids ». Si elle était élue, elle compte « proposer des permanences mobiles pour venir à la rencontre des élus, pas attendre qu’ils me sollicitent, mais aller les voir et porter leurs sujets ». Contacté, Jean-Yves Roux, sénateur depuis 2014, n’a pu être joint dans l’immédiat.

  • À Digne, le double sens cyclable supprimé sur Gassendi

    À Digne, le double sens cyclable supprimé sur Gassendi

    À compter du 1er juin, le double sens cyclable sera supprimé sur le boulevard Gassendi à Digne-les-Bains. Cette décision -très attendue et discutée pendant la campagne des municipales- fait suite « à une évaluation des conditions de circulation dans cet axe très fréquenté, où la cohabitation entre usagers s’est révélée insuffisamment sécurisée en raison de la configuration des voiries et des flux importants », précise la mairie. « L’objectif est de renforcer la sécurité et la lisibilité des déplacements pour l’ensemble des usagers, tout en poursuivant une réflexion globale sur des itinéraires cyclables mieux adaptés en centre-ville. »

    « Partager l’espace public »

    La municipalité « a fait le choix de la responsabilité afin de prévenir tout accident plus grave et garantir un partage plus serein de l’espace public. La protection des piétons, notamment des personnes âgées et des familles, demeure une priorité. » Julien Di Benedetto précise que « le rôle d’un maire est d’adapter les principes nationaux aux réalités locales de terrain. Lorsqu’une configuration urbaine devient dangereuse, la collectivité a le devoir d’agir, même si cela suppose d’adapter certains dispositifs. Nous refusons d’attendre qu’un accident dramatique se produise avant d’intervenir. »

    Pour autant, cette décision « ne remet aucunement en cause l’action en faveur des mobilités actives et douces », assure le maire.

    « Il ne s’agit pas d’opposer sécurité et vélo : il s’agit de construire des aménagements réellement adaptés et durables. Pour cela le déploiement progressif du schéma directeur cyclable se poursuivra avec des aménagements sécurisés, cohérents et adaptés aux réalités urbaines de Digne-les-Bains », insiste Julien Di Benedetto.

  • Viols et tortures sur Laëtitia :Guillaume Bucci condamné à 25 ans

    Viols et tortures sur Laëtitia :Guillaume Bucci condamné à 25 ans

    Guillaume Bucci, 51 ans, ancien directeur d’une agence bancaire, était jugé depuis le lundi 18 mai à Digne-les-Bains pour avoir infligé d’innombrables sévices à Laëtitia, sa compagne durant sept ans, affirmant qu’ils entretenaient une relation sadomasochiste et qu’elle était consentante. Après plus de quatre heures de délibération des jurés, Laëtitia, mère de famille de 42 ans, a fondu en larmes à l’énoncé du verdict tandis que l’accusé est resté impassible.

    Pendant une semaine de débats publics devant les assises des Alpes-de-Haute-Provence à Digne-les-Bains, la plupart des actes -des coups, un tatouage dégradant, de la zoophilie, des brûlures, des étranglements ou de la scatophilie- ont été reconnus par Guillaume Bucci. Tout comme les relations sexuelles tarifées qu’il a imposées à son ex-compagne avec d’autres hommes, près de 500 selon la plaignante. « Les faits ne sont pas contestés, la question c’est le consentement », avait plaidé l’un des deux avocats de la défense, Me Arnaud Lucien. « Il est difficile de comprendre que certaines personnes puissent s’adonner à ces pratiques », a concédé sa consœur Me Charlotte Barriol, mais les nombreux messages du couple « démontrent que Laëtitia a été consentante », selon elle. Une version que Laëtitia a contestée durant une semaine de débats éprouvants auxquels ses quatre enfants ont partiellement assisté.

    « Je ne pensais

    pas faire mal »

    Dans sa dernière prise de parole avant le verdict, l’ex-directeur de banque aux cheveux grisonnants et à la fine moustache a assuré « regretter certaines choses », tout en niant, en pleurs, « être le monstre qu’on décrit ». « Je ne pensais pas faire mal », a-t-il dit encore alors que de nombreux documents attestent de la souffrance manifestée par son ex-compagne lors des pratiques qu’il lui imposait. L’avocat de Laëtitia R., reconnue handicapée entre 50 et 80%, avait expliqué que sa cliente avait souhaité des débats publics, inspirée par le courage de Gisèle Pelicot, devenue une figure mondiale de la lutte contre les violences sexuelles pour avoir publiquement témoigné des viols commis par son ex-mari et des dizaines d’hommes. Devant le tribunal, des représentantes d’un collectif féministe ont été présentes tout au long de la semaine pour soutenir Laëtitia, aujourd’hui lourdement handicapée. « Libres et fortes », énonçaient leurs pancartes samedi. « Votre décision déterminera ce que la société accepte qu’un être peut faire à un autre demain », avait lancé vendredi aux jurés l’avocate générale Malinka Eymond en requérant la perpétuité pour prévenir un « risque de récidive sur une autre femme ». Guillaume Bucci a « voulu nier la dignité humaine », a-t-elle dit, assurant que « la relation sadomasochiste n’en avait que le nom, ces pratiques sont censées être encadrées, or la plaignante ne pouvait jamais dire stop ». Les enquêteurs ont relevé qu’aucun « safe word », pour arrêter un rapport, n’avait été établi. « Qu’il arrête de se cacher derrière le sadomasochisme », avait lancé Laëtitia à la barre assurant qu’il s’agissait de « violences pures et dures ».

    Elle affirme qu’elle « vivait dans la peur permanente » pour elle et ses enfants, redoutant les représailles de son compagnon et la diffusion d’enregistrements intimes si elle le quittait. Après leur rencontre en 2015, la relation de couple a, sous prétexte au départ de jeux sexuels sadomasochistes, évolué en relation d’emprise psychologique et de contrôle total du mis en cause sur sa compagne, selon l’enquête.

  • Digne-les-Bains : 25 ans de réclusion criminelle pour Guillaume Bucci

    Digne-les-Bains : 25 ans de réclusion criminelle pour Guillaume Bucci

    Laëtitia R. pourra-t-elle se reconstruire? Le verdict prononcé samedi 23 mai à l’encontre de son tortionnaire et ex-« compagnon », Guillaume Bucci, participera sans doute à cela. Les jurés de la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence ont condamné celui qui était accusé de viols, actes de torture et proxénétisme envers Laëtitia R. entre 2015 et 2022 à la peine de 25 ans de réclusion criminelle. Une peine assortie d’une période de sûreté de deux-tiers. C’est-à-dire que le condamné pourra formuler une première demande de liberté conditionnelle en 2042 au plus tôt, sans garantie de l’obtenir.

    La veille, l’avocate générale avait requis la réclusion criminelle à perpétuité à l’encontre de cet homme ordinaire, transformé en tyran et tortionnaire dans l’intimité de son « foyer » et de sa relation. Sept ans d’enfer. Un procès exemplaire où la victime a tenu à témoigner de son calvaire et celui de ses enfants.

  • Perpétuité requise contre l’ex-compagnon de Laëtitia

    Perpétuité requise contre l’ex-compagnon de Laëtitia

    « On parle des infractions les plus graves qui existent dans le Code pénal » : l’avocate générale a requis une peine de réclusion criminelle à perpétuité, vendredi, contre l’accusé poursuivi pour viols, torture, barbarie et proxénétisme, alors que le verdict est reporté à ce samedi. Elle a insisté sur le risque de récidive, la personnalité « perverse » de l’accusé, son « manque d’empathie » et sa volonté de nier la dignité humaine, de nier que Madame R. était un être humain ». « Ce qu’a vécu Madame R., c’est une détention. On ne s’évade pas si facilement d’une prison », a-t-elle relevé. « à chaque fois que Madame R. exprime des limites, elle se fait frapper. Elle n’a le droit que de dire encore », a-t-elle encore rappelé. Selon elle, Guillaume B. a « le fantasme du viol ».

    Pendant son récit, Laëtitia R. a parlé de « plus de 500 hommes » qui ont eu recours aux services de prostitution ordonnés par Guillaume B. « Petit à petit, j’avais l’impression de mourir à l’intérieur. à chaque pratique imposée, une partie de moi se brisait complètement. J’étais dans l’incapacité de me défendre face à lui, j’avais l’impression d’être une enfant de 8 ans. Il me terrorisait, j’avais peur pour mes enfants, j’avais très honte », a-t-elle témoigné. « Il disait que, le jour où je ne lui servirai plus à rien, c’est-à-dire faire ce qu’il attend de moi sexuellement, il me tuerait. » « De toute façon, tu mourras pas de mort naturelle, c’est moi qui te tuerai », ou encore « la prochaine fois, tu te réveilleras peut-être pas et c’est moi qui déciderai ».

    Concernant sa cadette, fille de Guillaume B., elle a affirmé qu’il disait « que plus tard, il en ferait une chienne comme sa mère ». Face aux réactions de la défense, elle a lancé : « Vous rigolez, vous n’étiez pas là. » Laëtitia a évoqué de nouveaux éléments, comme le fait que l’accusé lui « faisait lécher les toilettes des aires d’autoroute ». « Il parle de BDSM, mais les séances de BDSM étaient anecdotiques. J’ai plus de souvenirs d’être frappée parce que j’ai fait quelque chose de mal plutôt qu’une séance de sexe avec des coups », a-t-elle précisé. Aujourd’hui, « mes enfants subissent ma souffrance au quotidien ».

    Questionnée par son avocat, Laëtitia a expliqué que, depuis l’incarcération de Guillaume B., elle s’était fait tatouer à plusieurs endroits « parce que ce corps, il faut que je me le réapproprie. Je ne veux plus qu’il ressemble à ce qu’il a pu être pendant cette période ». Elle a également expliqué s’être teint, pendant un temps, les cheveux en rose : « Pour moi, c’est très symbolique parce que, pendant la relation, je voulais faire du rose et il m’avait dit : tu feras du rose sur tes cheveux quand je serai mort. » La plaignante voulait ainsi montrer que, maintenant, c’était elle qui décidait.

    « Les hommes acceptent, c’est ça qui est grave »

    Interrogée par la présidente, étonnée que n’importe quel homme accepte ses services de prostitution, Laëtitia a répondu : « Bizarrement, oui, les hommes acceptent. Seuls 10 à 20% des hommes disent non et c’est ça qui est grave. » Très éprouvée par les questions de la défense, elle a fini par refuser d’y répondre. « J’ai l’impression de revivre ce que j’ai vécu pendant sept ans. J’en ai marre. Le procès peut se passer sans moi, vous n’avez pas besoin de moi en réalité », a-t-elle lancé, à bout et en pleurs.

    La fille aînée de Laëtitia R., âgée de 23 ans, a ensuite témoigné. Elle s’est souvenue des menaces de Guillaume B. : « Si tu étais ma fille, je t’aurais déjà fracassée. » Sa mère « nous demandait de pas faire de bêtises, parce que sinon, elle allait se faire frapper ». La deuxième fille de Laëtitia, 19 ans, s’est ensuite rappelé avoir développé « une phobie scolaire, en 2023, parce que j’avais peur que maman se suicide ». Le fils, âgé de 16 ans, a déclaré : « On savait que maman faisait la pute. »

    Dans sa plaidoirie, l’avocat de Laëtitia a souligné « le courage de cette femme qui m’a fait l’honneur de me laisser la défendre, la force de cette famille venue tous les jours pour affronter cette audience ». Il a insisté sur les conséquences durables sur toute sa famille : la cadette « cache de la nourriture parce qu’elle a été privée dans son enfance. À 8 ans et demi, elle est handicapée entre 50 et 79% ». « Comment une seule personne peut être la source de tant de souffrances et détruire la vie de tant d’autres ? », s’est-il interrogé. « Laëtitia et ses enfants sont des survivants, ils ont survécu à l’enfer », a-t-il conclu.

    En raison du retard pris, le reste de l’audience a été reporté à samedi. Les avocats de la défense plaideront, l’accusé prendra la parole, puis le verdict sera rendu.

  • « La Marseillaise » gravit les sommets des Alpes

    « La Marseillaise » gravit les sommets des Alpes

    C’est probablement une histoire unique en France. Des habitants des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes, en mal de pluralisme de la presse, ont décidé de se mobiliser pour que notre journal parte à la conquête de leurs départements. Constitués en comité des Amis de La Marseillaise, présidée par l’énergique Frédérique Lainé, plusieurs dizaines d’entre eux se sont mobilisées durant presque un an pour créer les conditions de l’extension de notre zone de diffusion vers les Alpes.

    Dynamique intéressante

    Le 7 février, c’était chose faite avec une mobilisation simultanée sur une dizaine de marchés et une vente de 600 exemplaires.

    « Nous sommes désormais présents dans 150 points de vente supplémentaires, avec une moyenne des ventes dans les départements alpins au-dessus de la moyenne », se félicite Jean-Jacques Schneider, directeur général, qui annonce la « construction d’événements en cours dans les stations avant les JO ».

    Le 27 juin, une Fête de La Marseillaise sera organisée à La Bâtie-Neuve, pour prolonger la dynamique. Entre attrait de la nouveauté et soif de pluralisme, les départements alpins accueillent bien l’arrivée La Marseillaise.

  • Affaire Laëtitia : l’accusé se dit « guéri à vie », mais nie toujours

    Affaire Laëtitia : l’accusé se dit « guéri à vie », mais nie toujours

    L’accusé, entendu jeudi, s’est excusé pour ses messages très dénigrants adressés à Laëtitia, mais a maintenu que, selon lui, elle était « consentante » et qu’il ne l’avait « jamais forcé à rien ».

    « J’ai trouvé les expertises psychologiques et psychiatriques très intéressantes, j’étais subjugué, surtout le compte rendu des experts, qui m’a permis d’avoir un regard plus accru sur l’autoritarisme, la perception que les autres ont de moi », a déclaré Guillaume B.. Il a par ailleurs affirmé que l’avocat de Laëtitia lui avait « permis d’ouvrir les yeux ».

    Il s’est dit « pleinement et parfaitement coupable » de proxénétisme, mais a de nouveau nié avoir forcé Laëtitia à quoi que ce soit. « Je me sens coresponsable de beaucoup de choses. On s’est entraînés tous les deux dans un chemin qui n’était pas le bon. J’ai largement participé, mais je n’étais pas tout seul », a-t-il revendiqué. « Si on en est arrivés là, c’est parce qu’il y avait deux personnes perverses, pas une », a-t-il ajouté.

    Concernant les risques liés au fait qu’il demandait à Laëtitia d’avoir des rapports sexuels avec des clients sans préservatif, il a avancé : « Les risques nous excitaient tous les deux et je prenais des risques autant qu’elle. »

    « Oui, avec le recul, elle a pu être sous mon emprise », a-t-il tout de même reconnu. Guillaume B. a dit « ne plus avoir de mots » à la lecture de ses échanges avec Laëtitia, « idiots, stupides, immatures ». « Je ne pratiquerai plus jamais ce genre de choses, c’est clair et net, je suis guéri à vie », a-t-il conclu.

    « Je veux plus être une esclave »

    La présidente a interrogé l’accusé au sujet de plusieurs messages qu’il avait envoyés à la plaignante : « Je te rappelle que tu es à mon service, que tu n’es qu’une grosse merde. C’est plus des claques que je vais te mettre, c’est des coups de poing. » Surtout, elle a lu de nombreux messages envoyés par Laëtitia à son ex-conjoint prouvant qu’elle voulait sortir de cet engrenage et l’en avait informé : « Je veux tout arrêter, je suis fatiguée de tout ça », « je veux juste être bien traitée, c’est tout », « je suis psychologiquement et physiquement épuisée, j’ai souffert, j’en peux plus », « je veux plus être une esclave, c’est que source de peine », « je mérite le respect comme chaque être humain ». Ce à quoi l’accusé lui répondait : « Alors sérieusement trouve toi un autre mec. » Par ailleurs, quand Laëtitia lui dit vouloir « du calme et du classique », il lui répond « je te le donnerai jamais ».

    À la lecture de ces échanges, Guillaume B. a pour la première fois tenu à s’excuser auprès de Laëtitia, mais seulement « d’avoir écrit tout ça ». « Quand j’ai relu les messages, je me suis maudit moi-même, je me déteste quand je les vois, a-t-il lancé. J’y vois l’entêtement d’un homme face à une personne qui explique avec amour et gentillesse quelque chose que quelqu’un n’entend pas. »

    La présidente a aussi lu les messages de l’accusé avec une autre personne : « Mon esclave s’est déjà fait violer quatre fois dans sa vie et j’adore ça. » En début d’après-midi, elle a diffusé des enregistrements audios et des vidéos, notamment de rapports sexuels et de scatophilie, pendant lesquels la salle était fermée au public et à la presse. Au moment de la réouverture de la salle au public, l’accusé a reconnu que Laëtitia ne prenait aucun plaisir sur ces images, où elle poussait des hurlements. Il maintient cependant que, selon lui, « elle était consentante, sinon elle me l’aurait dit », malgré les nombreux messages prouvant qu’elle voulait arrêter.

    Dans une autre vidéo, la seule diffusée devant le public, Laëtitia filme une altercation pendant laquelle elle dit à Guillaume B. : « J’ai juste besoin d’être, de respirer, juste d’être vivante, pas d’aller me faire sauter, pas me prendre cinq mecs. Tu peux pas considérer que je sois malade et que j’aie besoin de me ressourcer ». « Moi, je te dis, le cul en toutes circonstances, c’est justement ce qui fait du bien », « tu aimes ça obéir », lui répond son ex-conjoint dans la vidéo.

    « Cela confirme qu’on a deux visions différentes. Cela illustre mon entêtement de l’époque, de pas ouvrir mon cœur et de m’entêter dans cette stupidité-là », a réagi l’accusé.

    « Qu’est-ce qui fait que, dans votre tête, vous vous dites que c’est possible de demander à votre compagne d’avoir un rapport sexuel avec le chien de votre frère ? », l’a par ailleurs questionné l’avocat de Laëtitia. Alors qu’une amie du couple témoignait, elle s’est souvenu que Laëtitia lui avait confié : « Si demain je meurs, il ne faut pas penser que c’est normal, il faudra faire des recherches. »

  • Voilà, elles l’ont fait !

    Voilà, elles l’ont fait !

    Elles rejoignent le trio des Boulomanes Ciotadens, championnes départementales Mégane Cacciatore, Cassandra Dumas et Sandra Herrero et celui des vice-championnes de la Boule des Canourgues Ghislaine Faralli, Valérie Fornelli et Véronique Randrianarizafy sacrées en avril à Eyguières… Avec ces solides représentantes, pourquoi ne pas envisager le meilleur…

  • Laëtitia « traumatisée » et l’accusé « sadique », selon les experts psy

    Laëtitia « traumatisée » et l’accusé « sadique », selon les experts psy

    Les experts ont décrit, mercredi, pour le troisième jour du procès, une plaignante « anxieuse », « traumatisée », et un accusé « sadique » et « narcissique ». Le fait d’apprendre tardivement ne pas être le fils biologique de son père aurait provoqué chez lui une peur de l’abandon et un besoin de reconnaissance. « C’est un homme très amoureux dans le sens possessif du terme, du fait de son manque affectif », a déclaré son frère à l’enquêtrice de personnalité.

    L’accusé aurait par ailleurs connu un « désenchantement » dans son poste de directeur d’agence bancaire, souhaitant « se réorienter dans l’associatif, l’écologie et l’économie durable pour redonner un sens à sa vie ». à la grande surprise de la cour, il a même exprimé la volonté de créer une association contre les violences faites aux femmes « pour lutter contre les fondements de cette société patriarcale », mais a reconnu dire ce que l’on attendait de lui, questionné par l’avocat de Laëtitia. « C’était maladroit. Évidemment que je n’ai aucune crédibilité à dire ça », a admis Guillaume B. L’enquête a également démontré une « normalisation de la violence » chez l’accusé, qui a grandi à Toulon, fils d’un ancien militaire affecté à la marine nationale.

    Une docteure en psychologie a décrit une « intolérance à la frustration », une « sexualité pour s’imposer et pallier son sentiment d’infériorité » et une « vision très sexualisée et objectale » de la femme. « Si on devait retenir les faits qui lui sont reprochés, est-ce que le fait d’avoir réduit sa compagne à un statut d’objet au service de ses pulsions, un être à sa disposition qui répond à ses ordres, pourrait être une façon de se valoriser de façon inavouable ? », a questionné la présidente, ce que l’experte a confirmé. Cela lui « permet de se renarcissiser, de réparer son soi par ce sentiment de toute-puissance », a-t-elle expliqué.

    Le psychiatre qui a examiné Laëtitia a évoqué une enfance traumatisante, bercée par les violences sexuelles subies par toutes les femmes de la famille : la mère, la grand-mère et la plaignante, qui dit avoir été violée par son beau-père dans son enfance. Elle a fait plusieurs tentatives de suicide, dès ses 17 ans. Il est ressorti qu’elle avait peur de subir le même sort que sa grand-mère, brûlée au visage par son grand-père lorsqu’elle voulait le quitter, et restée « un an aux grands brûlés, les yeux cousus ».

    L’expert a dit qu’il n’était pas sûr que la plaignante finisse par aller mieux et que c’était parfois même « pire avec les souvenirs qui reviennent ». « Les soins seront longs, le pronostic incertain et les séquelles irréversibles », a-t-il conclu. « Si je n’avais pas d’enfants, j’aurais mis fin à mes jours », lui a-t-elle déclaré. Laëtitia est « rongée par la culpabilité d’avoir incarcéré le père de sa cadette », a souligné une autre experte psychologue. Elle « présente le tableau clinique d’un état de stress post-traumatique chronique », a-t-elle ajouté.

    « Du sadisme pur »

    « Je disais que j’aimais ça parce que, quand il savait que j’aimais, il ne le faisait plus puisqu’il préférait m’imposer des choses que je n’aimais pas », a expliqué Laëtitia à l’expert. « Je pense qu’il tire du plaisir de la souffrance de l’autre et que c’est du sadisme pur », a avancé le psychiatre, qui a également examiné l’accusé. Laëtitia s’est rappelée avoir eu parfois « 14 clients en 24h ». « Je ne veux pas qu’une fille vive le quart de ce que j’ai vécu. J’étais son punching-ball, sa poupée gonflable, sa femme de ménage », a-t-elle déclaré. « Il m’a fait un lavage de crâne, tous les jours, il me disait que j’étais qu’une merde, une allumeuse, une nympho. Je me remettais en question sur tout, il mettait même mon rôle de mère en cause », a expliqué Laëtitia à la barre. Elle a également détaillé les privations de sommeil : « Il me laissait une nuit tous les dix jours ». « Moi qui travaille aux Baumettes, c’est une détention ce qu’elle a vécu », a réagi l’experte psychologue.

    Interrogée par la défense concernant un message dans lequel elle dit aimer se prostituer, Laëtitia a répondu : « Si je n’étais pas allée dans son sens, aujourd’hui, vous auriez un procès sans victime. Il fallait que je reste en vie, que je survive. »

    De vives tensions sont apparues entre les avocats de la défense et la présidente, à la fin de l’audience. Le public a réagi bruyamment à certaines questions de la défense et Laëtitia a éclaté en sanglots. « C’est contre-productif, cela n’apporte rien au débat, les jurés n’en peuvent plus. Cela prend des proportions qui ne sont pas normales », a estimé la présidente.

    Le public était encore plus nombreux que les deux journées précédentes, avec certains élus, notamment de la liste de gauche Demain Sisteron, sur les bancs de la salle d’audience. Laëtitia est apparue encore plus affaiblie que les jours précédents, semblant souffrir de douleurs importantes et ayant du mal à marcher. Elle doit régulièrement sortir de la salle et est accompagnée par ses enfants, présents pour la soutenir.

    Le père et le frère de l’accusé ont également été entendus, mercredi, et ont vanté les mérites d’un homme « extraordinaire », surnommé « le couillon du village ».