Tag: Alpes-de-Haute-Provence

  • À Manosque, des surveillants « remerciés » à cause de leur engagement

    À Manosque, des surveillants « remerciés » à cause de leur engagement

    « Pour nous, il est clair qu’on est sur une sanction, une répression syndicale », avance Florence Tibouville, co-secrétaire départementale du syndicat Sud Education. Trois surveillants du lycée Martin Bret à Manosque ont été informés lundi du non-renouvellement de leurs contrats, qui prennent fin le 31 août. « On a attendu que le non-renouvellement soit réellement posé pour actionner le préavis de grève, et cela a été le cas lundi. Les AED ont été convoqués par le proviseur et on leur a notifié leur non-renouvellement », explique Florence Tibouville. « Les arguments avancés lors de ces entretiens laissent penser qu’ils n’ont pas grand-chose à leur reprocher », selon elle.

    Un danger « grave et imminent » signalé

    Pour les deux syndicats Sud et FSU et les surveillants concernés, cela ne fait donc aucun doute : la fin de leur contrat est liée à leur rôle de « lanceurs d’alerte » et leur engagement syndical. Ils avaient notamment alerté les syndicats sur des odeurs nauséabondes causant d’importants problèmes de santé au sein de l’établissement. Cette alerte a donné lieu à un signalement de danger grave et imminent, selon Florence Tibouville. Des investigations sont en cours et n’ont pas encore pu déterminer l’origine de cette odeur et de ces désagréments. « Ce qui est inacceptable, c’est que ces lanceurs d’alerte ont permis de dévoiler de nombreux problèmes au sein de l’établissement, et au lieu de les protéger, on les remercie », estime la syndicaliste.

    Florence Tibouville explique qu’il a notamment été reproché à l’un des surveillants d’utiliser son téléphone pendant des réunions, alors qu’il l’utilisait pour prendre des notes.

    Une trentaine de personnes se sont rassemblées mardi pour soutenir les trois surveillants dont les postes sont menacés. « La moitié des personnes venues nous soutenir à la manifestation étaient des élèves », se réjouit Anthony Diaz, l’un des trois surveillants concernés. Les syndicats FSU et Sud avaient appelé à la grève et à la mobilisation.

    Contactée, la direction de l’établissement n’était pas joignable dans l’immédiat.

  • Le théâtre Durance promet une année inclusive et solidaire

    Le théâtre Durance promet une année inclusive et solidaire

    Elodie Presles a dévoilé mercredi une programmation pluridisciplinaire et inclusive pour le théâtre Durance, scène nationale dont elle est la directrice. L’institution culturelle prend cette année des « risques artistiques », avec des pièces qui y seront jouées pour la première fois, a-t-elle expliqué.

    La directrice a commencé par déplorer la « guerre idéologique décomplexée qui met très à mal le secteur de la culture et en particulier le spectacle vivant », notamment « dans les villes RN », et la liberté d’expression, de créer et de programmer « attaquées partout ». « Notre rôle est donc absolument indispensable, nécessaire et urgent d’être aux côtés des artistes », a-t-elle estimé en préambule.

    « On va continuer à travailler sur les freins qui s’imposent à nous, comme l’éloignement géographique et financier », en continuant notamment à proposer des tarifs solidaires de trois euros par personne, à se déplacer dans de nombreux villages reculés et à proposer des bus pour emmener les habitants éloignés au théâtre. L’idée est ainsi de faire en sorte que « les gens arrêtent de se dire que le théâtre n’est pas pour eux ». La scène maintient ainsi sa devise : « si vous ne pouvez pas venir au théâtre, le théâtre va tout faire pour venir à vous ».

    Le théâtre Durance continuera par ailleurs son partenariat avec le théâtre La Passerelle à Gap, qui lui permet de proposer de plus grands formats dans une plus grande salle. En retour, La Passerelle peut profiter d’un espace plus intime à Château-Arnoux, nécessaire pour certains spectacles. « Le public circule naturellement entre les deux théâtres », s’est réjoui Elodie Presles.

    « Mise en commun »

    En plus de ce partenariat, la directrice en a annoncé un nouveau, qui inclut également le théâtre de Briançon, dans une démarche écologique. « La mutualisation entre nos trois théâtres permettra de réduire notre empreinte carbone. Nos équipes vont mettre en commun leur matériel », a expliqué Elodie Presles. Avec ce partenariat, elle espère également « positionner les départements alpins dans le milieu de la culture et du spectacle vivant, qui est quand même très concentré sur Marseille ».

    Le théâtre compte aussi renforcer ses dispositifs d’inclusion, en proposant notamment son premier spectacle disponible en audiodescription. La scène nationale continue par ailleurs à proposer des gilets vibrants permettant aux personnes souffrant de déficience auditive ou d’autisme de profiter de la musique d’une autre manière, avec des vibrations. Les équipes ont aussi été formées à la langue des signes.

    Le théâtre va également désormais proposer un bar dans la salle, qui permettra de discuter avec les spectateurs. « On n’a pas le temps de parler avec eux, c’est une frustration », a expliqué la directrice.

    « Plan social à bas bruit »

    Une quarantaine de spectacles sont prévus pour l’année à venir. Pour cette nouvelle programmation, le théâtre va notamment proposer une rencontre avec le journaliste Mathieu Palain sur les mécanismes de la violence, le vendredi 6 novembre à 18h30. Ce dernier a mené une enquête en assistant à des groupes de parole de personnes condamnées. Une autre rencontre avec la philosophe Joëlle Sask sera proposée le 1er avril sur le thème de « ce que participer implique », dans le cadre de l’élection présidentielle. Le théâtre jarlandin espère ainsi montrer qu’il n’est « pas hors sol ». Elodie Presles veut prouver que les beaux-arts peuvent rimer avec l’éducation populaire.

    La directrice et le président de l’association qui gère le théâtre ont finalement tenu à rappeler que seuls les adhérents de l’association siégeaient dans ses instances de gouvernance. « C’est un choix collectif unique au niveau des scènes nationales », a avancé Elodie Presles. Elle a également déploré le « plan social à bas bruit, la casse sociale très forte, les artistes qui arrêtent, les compagnies qui disparaissent et les lieux qui licencient ».

    Présentation de la programmation au public ce jeudi à 19h au théâtre, gratuite et sans réservation.

  • Un militant bas-alpin jugé pour violences

    Un militant bas-alpin jugé pour violences

    Légitime défense ou passage à tabac ? Pour l’avocat général, cela ne fait aucun doute : Guillaume D. « a été passé à tabac » et Merlin Longuet « ne peut évidemment pas justifier d’une quelconque légitime défense et doit être condamné. Il est évident qu’il a porté nombre de coups de poing et de matraque à la victime ». Le public était venu en nombre mardi pour soutenir ce prévenu bien connu dans la région de Forcalquier, puisqu’il avait fondé le Café des Libertés et était très actif dans le milieu militant et l’organisation d’événements.

    Le récit de Guillaume D., confirmé par plusieurs témoins, relate que Merlin l’a frappé au sol dès son arrivée sur Forcalquier, son fief, car il considérait qu’il n’y était pas le bienvenu. Selon lui, ces tensions entre eux venaient du fait qu’il avait refusé de mettre le feu à Radio Zinzine, média de la communauté autonome Longo Maï, mission que Merlin « lui demandait pour l’accepter dans son groupe ». Guillaume D. a affirmé avoir reçu « quatre ou cinq » coups de matraques derrière la nuque, avoir été ceinturé et frappé au visage alors qu’il était au sol. Plusieurs hommes s’en seraient pris à lui.

    Merlin plaide lui la « légitime défense » et accuse notamment Guillaume d’avoir porté le premier coup et d’avoir simulé un malaise . « C’est la seule manière que j’ai trouvée pour arrêter de me faire agresser », affirme-t-il. Il évoque un « coup de tête sans aucune sommation » et une « attitude provocatrice pour chercher le conflit ». Selon lui, Guillaume D. aurait prémédité son acte et aurait prévu de le violenter depuis plusieurs jours. « Il a morflé, je peux pas le nier », a-t-il tout de même reconnu, avouant avoir commis des violences et détaillant les techniques de boxe anglaise qu’il avait alors utilisées contre Guillaume D.

    Un lourd casier judiciaire

    Même si Guillaume D. « était venu alors qu’il n’était pas le bienvenu, cela ne justifie pas que l’on exerce sur lui des violences graves », a avancé l’avocat général. « Vous vous présentez sous un bon jour, mais vous avez un casier judiciaire à onze mentions », a rappelé la présidente. Merlin Longuet a notamment déjà été condamné pour violences conjugales.

    L’avocat général a tout de même proposé de transformer la peine de huit mois d’emprisonnement de Merlin Longuet en peine avec sursis. Les deux hommes avaient été condamnés en première instance en 2024, Guillaume D. à 1 000 euros d’amende et Merlin Longuet à une peine de huit mois d’emprisonnement sous bracelet électronique, dont il a fait appel.

    L’avocat de Merlin Longuet, Me Louis Ramuz, a plaidé la relaxe, avançant qu’il ne pouvait être prouvé que la blessure de Guillaume D. avait été provoquée par Merlin Longuet. Interdit de département, le militant a expliqué être désormais en train de monter une boutique de produits locaux et « vivre d’amour et d’eau fraîche », s’étant occupé des ânes et des poules de ses amis.

    L’audience a été perturbée à plusieurs reprises par la présence de nombreux soutiens de Merlin Longuet qui avaient omis d’éteindre leurs téléphones portables. La décision a été mise en délibéré au 2 septembre.

  • Ubaye : le chantier du siècle

    Ubaye : le chantier du siècle

    « Nous sommes à près de 1 300m sur la route du Col de Larche, pas loin de la frontière italienne, pour visiter le Chantier du siècle. » Le président de la Région Sud Renaud Muselier a confirmé son soutien au chantier de sécurisation du Pas de la Rochaille porté par la présidente du Département Eliane Barreille qui est à la recherche de financements supplémentaires. Constatant « l’avancement des travaux », il a rappelé que son institution avait déjà engagé 8,5 millions en 2025 et voté 3 millions supplémentaires en 2026.

  • En colère contre la baisse des subventions des associations

    En colère contre la baisse des subventions des associations

    Cette mesure risque à terme de faire disparaître certaines associations et va porter un coup fatal à l’âme de notre village » : l’argument du collectif d’associations qui appelait dimanche à se rassembler sur le marché pour dénoncer la baisse des subventions attribuées aux associations décidées lors du dernier conseil municipal.

    Quelque 250 personnes ont répondu à l’appel, sachant que la pétition qui demande au maire de revoir sa copie a déjà rassemblé près de 900 signatures dans un village qui compte 1 700 habitants. « Rien ne justifie une coupe de 35%, soit 15 000 euros dans un budget de 2 millions d’euros. La commune à un endettement très faible, une situation financière saine », dénonce un participant. Un autre souligne que les associations culturelles sont prioritairement touchées. Et de demander une table ronde rassemblant élus, associations et population pour une réflexion collective. Les élus de l’opposition Simonne Chagniard, Marion Andlauer, Kamal Lorenzo, Florent Mongin participaient à la manifestation.

  • [Entretien] Éliane Barreille : « Je me bats pour avoir des subventions pour la Rochaille »

    [Entretien] Éliane Barreille : « Je me bats pour avoir des subventions pour la Rochaille »

    La Marseillaise : Pourquoi ce projet concernant le Pas de la Rochaille, que vous surnommez « le chantier du siècle », est-il si important pour le département ?

    Éliane Barreille : C’est un projet qui mûrit depuis longtemps, parce que c’est un secteur qui est un couloir d’éboulement. Il a été répertorié six couloirs d’éboulement et la nécessité absolue de conforter et la paroi et le soutien de la route. Nous avons décidé de passer à la réalisation, parce que c’est une route extrêmement importante, qui relie l’Italie à la France avec un trafic élevé, en moyenne 832 véhicules par jour et un pic estival à 2 000 véhicules par jour avec les touristes. Le trafic venant de l’Italie est plus important que celui français.

    En 1992, il y a eu des éboulements importants et des accidents mortels. Ce secteur a été classé à un niveau de risque très élevé. Depuis, on étudie ce risque, on met en place des capteurs, des filets. Il y avait une urgence. Il a été proposé de faire des galeries par bloc, qui vont protéger des éboulements. Il faut aussi renforcer la route, puisqu’avec le passage des camions, elle est très affaiblie. Donc il s’agit là de faire sur six endroits des murs de soutènement et de sécuriser la montagne. C’est un projet lourd.

    Quelles seront les conséquences du chantier sur les habitants
    et les usagers ?

    E.B. : Les nuisances et les contraintes portent sur la longueur du chantier avec des alternatives très contraignantes pour les usagers. Je pense que pendant cinq ans, on va gérer le mécontentement des utilisateurs de la chaussée.

    Un itinéraire alternatif sera-t-il disponible pour les travailleurs qui empruntent cette route
    au quotidien
     ?

    E.B. : Les services ont beaucoup planché sur une possibilité d’utilisation d’une chaussée existante en fond de vallon, qui aujourd’hui est une voie communale qui ressemble plus à un sentier qu’à une route, puisqu’elle n’est même pas goudronnée, et sur laquelle il y a un pont très fragile et nécessitant beaucoup de travaux.

    Ceci étant, je ne veux pas fermer la porte, et donc lundi après-midi, nous irons sur place avec les services des routes et le maire de la commune pour voir s’il est possible quand même d’utiliser quelque chose. La difficulté est que là, on est sur du communal, plus sur du départemental. Donc c’est compliqué, et si on faisait passer par cette route, ça veut dire que le maire prendrait quand même une grosse responsabilité, puisqu’elle n’est pas prévue pour accueillir du passage.

    Comment s’est passée votre rencontre avec des élus italiens
    il y a deux semaines ?

    E.B. : Je me bats déjà depuis un moment pour avoir des subventions complémentaires. Je suis allée en Italie pour ça, j’ai fait un aller-retour à Aoste, onze heures de route. J’étais déjà allée l’année dernière à Nice au moment du comité du Quirinal, mais je n’avais pas été entendue, donc j’y suis retournée. Là, je crois que j’ai été entendue, je l’espère. J’ai tapé à toutes les portes, je n’arrête pas de saisir un coup le président de la République, un coup le Premier ministre, un coup le ministre des Transports. Là c’était le ministre des Affaires étrangères et de l’Europe français, et son homologue italien. Je leur ai dit que si je n’étais toujours pas entendue, j’envisageais très sérieusement d’interdire le passage des camions sur cette route. Quand je leur ai dit que les camions venaient essentiellement d’Italie, ils ont réagi en me disant qu’on n’allait pas en arriver là.

  • Un nouvel épisode de canicule démarre

    Un nouvel épisode de canicule démarre

    Des jours chauds et des nuits tropicales… Un peu épargnée jusque-là, notre région rentre à son tour dans la séquence canicule qui sévit déjà dans une bonne partie de la France. Alors que 49 départements sont placés « en vigilance rouge canicule » lundi, un record, à partir de midi, les départements des Bouches-du-Rhône, du Var et du Vaucluse sont placés en vigilance orange.

    Une période de chaleur « longue, intense » avec « en début de semaine, les températures les plus chaudes jamais observées », a prévenu dès ce vendredi Sophie Voirin, permanencière à la direction de Météo France lors d’un point de situation. Dès le dimanche, « des pointes à 40 degrés dans l’intérieur de la Provence » seront atteintes précise-t-elle. Un épisode similaire à celui de juillet 2019 et août 2003 ajoute-t-elle en termes d’intensité pour les températures, aussi bien la nuit que le jour.

    Plus précisément ce sera chaud dans le Var, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence ou les Bouches-du-Rhône, indique Paul Marquis, météorologue indépendant, qui assure des prévisions locales avec son application « La météo du 13 ». Un épisode dont la fin reste pour le moment incertaine, mais pourrait durer au moins toute la semaine. « Des modélisations voient la canicule perdurer jusqu’au 28 juin, d’autres jusqu’au 3 juillet », précise-t-il.

    « étant donné la masse d’air chaud, le dôme de chaleur qui va s’inviter à partir de ce week-end sur le pays, est un élément météorologique qui, une fois qu’il est en place, met du temps à bouger, à évoluer », confirme François Gourand, prévisionniste à Météo-France.

    Un impact sanitaire

    Cette chaleur va peser lourd sur les organismes. « La santé de la population dans son ensemble peut être affectée », alerte Sophie Voirin, rappelant qu’un numéro vert a été mis en place* par le ministère de la Santé. C’est d’ailleurs quand on prend en compte l’impact sanitaire qu’on utilise le mot canicule détaille François Gourand.

    Pour ce qui est des alertes météo, des départements classés orange pouvant passer au rouge cette semaine, « les critères se basent sur les seuils de température par département qui tiennent compte des canicules passées et leurs impacts sur la mortalité et le niveau d’acclimatation du territoire » poursuit Sophie Voirin. Provence-Alpes-Côte d’Azur a été la région la plus touchée en 2025, avec la mortalité attribuable à la chaleur la plus importante de l’hexagone, note dans son bilan publié en février 2026, Santé publique France. Soit plus de 710 décès attribuables à la hausse des températures. Concernée par 3 des 4 épisodes de canicule cette année-là, la région a vu grimper le recours aux soins d’urgence. Près de 2 800 pour canicule enregistrés pendant l’été, dont 27% pendant les épisodes météo, deux-tiers de ces passages étant suivis d’une hospitalisation poursuit l’agence nationale. Toutes les classes d’âges étaient concernées mais les personnes de 75 ans ou plus ont été les plus touchées précise-t-elle.

    Parmi les populations fragiles, on retrouve aussi les personnes à la rue. « Elles meurent de chaud, l’accès à l’eau est vital en période de canicule, plus encore pour les personnes sans abri, particulièrement exposées », alerte Médecins du Monde ce jeudi 18 juin, qui « demande une mise à l’abri immédiate » et « l’accès à un accueil et à un logement dignes ».

    Avec cette fournaise, le risque incendie sera également élevé prévient Sophie Voirin, la « météo des forêts » passant à l’orange pour la semaine, et même rouge dans le Vaucluse depuis vendredi dernier. Le taux d’humidité de 20% rendant ce département et le nord des Bouches-du-Rhône particulièrement exposés.

    Après celle déjà vécue fin mai, cette nouvelle vague de chaleur ne surprend pas. « On l’a vu venir il y a une semaine » commente Paul Marquis. « Nous nous attendons à observer des canicules de plus en plus précoces, intenses, fréquentes et tardives », analyse Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France. De là à dire que l’été sera brûlant, il n’y a qu’un pas que ce dernier se refuse à franchir. « Il n’y a pas de lien entre la canicule que nous connaissons et la suite de l’été. Les événements sont indépendants. La canicule que nous connaissons, aussi intense soit-elle, ne présage en rien de l’été qui arrive », assure le scientifique.

    Mireille Roubaud

    * Canicule info service
    au 0800.06.66.66

  • Le Département acte sa sortie de la gestion du Seignus d’Allos

    Le Département acte sa sortie de la gestion du Seignus d’Allos

    « La commune d’Allos et le Département ne partagent pas les choix stratégiques afférents à la gestion de la station de ski du Seignus d’Allos et de son devenir », a résumé Jean-Michel Tron, vice-président délégué à l’agriculture et à la forêt, lors de l’assemblée départementale de vendredi. C’est la raison pour laquelle la commune et le Département ont acté leur retrait respectif du syndicat mixte du Seignus d’Allos au 1er octobre 2026, afin de permettre la reprise de sa compétence et de l’exploitation de la station du Seignus par la seule commune d’Allos. Le syndicat sera donc dissous.

    Le Département et la commune espèrent « que la future dissolution intervienne dans des conditions permettant d’assurer la continuité de l’exploitation sans compromettre l’ouverture de la prochaine saison hivernale », a expliqué Jean-Michel Tron. Le conseil municipal d’Allos avait voté à l’unanimité la sortie du syndicat en avril. « Depuis la création du syndicat mixte, le Département en est le partenaire majoritaire. Il a accompagné cette station avec engagement, responsabilité et conviction malgré les critiques et les attaques dont il a souvent été l’objet », selon Magali Surle-Girieud, vice-présidente déléguée à la montagne, intervenue lors de l’assemblée. « Depuis le dernier scrutin municipal, force est de constater que nous ne partageons plus la même vision que la nouvelle municipalité quant à l’avenir, à la stratégie et au mode de gestion de la station », a-t-elle regretté. « Les effets du réchauffement climatique réduisent la durée et modifient les conditions d’exploitation. La vétusté de certains équipements impose des investissements considérables. La nécessité d’atteindre des seuils de rentabilité suffisants est devenue une condition indispensable à la pérennité même des stations », a-t-elle expliqué.

    « Nous n’abandonnons pas Allos »

    La présidente du Département, Eliane Barreille (DVD) l’a martelé en assemblée, puis en conférence de presse : « Nous n’abandonnons pas Allos, ni le Seignus », écartant toute « volonté de nuire » et évoquant une décision qui a été « très compliquée » à prendre, mais nécessaire au vu du déficit important de la station. « Je ne connais pas d’entreprise qui assume tous les ans 1,3 million de déficit et qui perdure », a-t-elle avancé. « Dans le cadre de la nouvelle majorité, nous n’étions pas d’accord avec leur position et notamment l’ouverture plus grande de la station avec une baisse de forfait qu’ils avaient annoncé, parce que nous estimions que le déficit allait en être aggravé », a-t-elle expliqué. « Nos collectivités ne peuvent pas dépenser autant d’argent alors que ça n’est pas justifié. »

    « En reprenant sa compétence neige, la commune d’Allos s’est mise en très grande difficulté financière », a estimé Magali Surle-Girieud. Le Département représente 55% du syndicat mixte, tandis que la commune en représente 45%. Contacté, le maire d’Allos n’a pu être joint dans l’immédiat.

  • Deux coureurs à l’assaut de La Routo, jusqu’en Italie

    Deux coureurs à l’assaut de La Routo, jusqu’en Italie

    Après un voyage à vélo et en course à pied en Amérique du Sud, trois accompagnateurs en montagne ont décidé de jouer à domicile en parcourant la Routo, d’Arles vers le Piemont en Italie, puisque deux d’entre eux sont originaires de l’Ubaye, et le troisième de Nice. Jason Costa et Loïc Preghenella se sont donné le défi de battre le record de temps de parcours en course à pied, tandis que leur ami Bruno Maximim les suit en camion pour les ravitailler. « On nous a prêté un camion dans lequel on dort. On ne sait pas si c’est un bon cadeau ou un cadeau empoisonné vu toutes les galères qu’on a avec ! », lance ce dernier. « Les pratiques d’antan, la transhumance sont aussi importantes pour nous », explique-t-il.

    Les sportifs parcourent environ 62 kilomètres par jour, et se lèvent à cinq heures tous les matins. « Demain, on attaque les montagnes et les gros dénivelés », expliquent les coureurs de passage à Digne mardi. « Dès qu’il y en a un qui va moins bien, on se fait des blagues pour se remotiver », confie Jason. « Quand on repart après manger avec un ressenti de 39 degrés, en courant sur du bitume, on se demande pourquoi on fait ça », avoue-t-il.

    Sur leur route, ils rencontrent de nombreux personnages. « Avant-hier, on a dormi chez des gens qui sortaient d’une mise en bouteille de leur vigne. On leur a promis de boire la bouteille qu’ils nous ont offerte à notre arrivée à Cuneo », racontent-ils. « À Aix, un petit jeune de 13 ans est venu courir avec nous toute la journée ! », se rappelle Bruno. « Ce matin, on s’est arrêtés 30 minutes pour discuter avec un berger », se réjouit Jason.

    Les deux amis visent une arrivée à Cuneo en Italie ce dimanche au plus tard. Ils espèrent faire un film et écrire un livre sur leur aventure.

  • [Entretien] Mélissa Laveaux : « Si j’avais envie de faire beaucoup d’argent, je me tairais politiquement »

    [Entretien] Mélissa Laveaux : « Si j’avais envie de faire beaucoup d’argent, je me tairais politiquement »

    La Marseillaise : Comment vous êtes-vous lancée dans la musique ? Est-ce que ça a toujours été une passion pour vous ?

    Mélissa Laveaux : Non. Je voulais être médecin, puis peintre et ballerine. Je me suis mise à faire de la musique pour soutenir des associations pour lesquelles j’étais bénévole, comme des associations féministes d’Ottawa, la ville où j’ai grandi, qui soutiennent les femmes qui sont victimes de violences sexuelles, des associations punk. C’était mes communautés et c’est pour ça que je me suis lancée dans la musique. Tout le monde m’a dit qu’il fallait que je mette ma musique sur Myspace. Cela fait plus de 20 ans que je fais de la musique, donc Spotify n’existait pas encore. Pas mal de gens m’ont découverte sur Myspace, et c’est là où mon ancien label m’a repérée. Maintenant, je suis devenue une artiste indépendante et autoproduite.

    La Marseillaise : Vous chantez en plusieurs langues, mais plus en français. Pour quelle raison ?

    Mélissa Laveaux : Je chantais en français, mais on m’a dit que mon français n’était pas correct, alors que je suis francophone, c’est ma langue maternelle. Du coup, j’ai arrêté de chanter en français en France. Je l’ai vraiment pris comme une insulte personnelle. Je refuse de chanter en français en France. J’ai perdu l’envie. Par contre, je chante en français au Québec. Et je chante en créole parce que physiquement, sensoriellement, c’est hyper délicieux. C’est comme manger un bon dessert. Je compose par rapport au goût.

    La Marseillaise : Quelles sont vos inspirations musicales ?

    Mélissa Laveaux : J’aime beaucoup le groupe écossais Young Fathers. J’ai toujours aimé Nina Simone. Après, il y a une énorme panoplie de chansons qu’on m’a fait écouter quand j’étais plus jeune. J’étais beaucoup inspirée par la Tropicalia brésilienne, par des artistes cubains, des femmes à la guitare. C’est ce qui m’intéresse beaucoup.

    La Marseillaise : Vous vous considérez comme un ovni ?

    Mélissa Laveaux : Oui. J’aimerais beaucoup qu’il y ait d’autres personnes qui fassent de la musique bizarre. Je trouve que je fais de la musique bizarre parce que j’écris pas de chansons d’amour. J’écris des chansons sur la mort, sur la maladie, sur la destruction de la planète. Si j’avais envie de faire beaucoup d’argent, je chanterais des chansons d’amour et je me tairais politiquement.