Tag: alimentation

  • L’Unicef berce Avignon sur sa politique de l’enfance

    L’Unicef berce Avignon sur sa politique de l’enfance

    Avignon fait partie des quelque 300 collectivités du réseau des villes et intercommunalités estampillées Ville amie des enfants par l’Unicef. Un plan d’actions avait été engagé en 2020 valable sur la durée du mandat. « Je tiens ainsi à vous féliciter chaleureusement pour les résultats positifs obtenus par votre collectivité… », écrit Nicolas Marandon, président de la commission collectivités territoriales à l’Unicef, dans un courrier du 6 octobre à l’adresse de la maire, Cécile Helle. Un cabinet indépendant a ainsi été mandaté pour analyser le suivi du plan d’actions. « Les résultats de l’évaluation des actions conduites par votre collectivité font apparaître qu’Avignon a atteint les objectifs qu’elle s’était fixés en lien avec l’Unicef », approuve l’organisation des Nations unies pour l’enfance.

    Une nouvelle dont se fait l’écho la municipalité dans un communiqué, reprenant les exemples de satisfaction : « Les divers programmes initiés autour de la question alimentaire, avec par exemple, les initiatives de prise en compte de l’avis des enfants, (jeu de sensibilisation au gaspillage alimentaire, la participation du CME à la composition des menus ou encore la mise en place de potagers dans les écoles) ». Sans oublier la triple baisse des tarifs de cantines, permettant à un enfant sur deux de déjeuner pour moins d’un euro. L’Unicef salue « l’engagement en faveur de l’accès aux services publics pour tous les enfants et notamment les plus défavorisés, grâce à la mise en place de tarifs adaptés ».Vacances pour tous avec l’opération Un été à Avignon, bibliothèques dans les parcs et jardins, mais aussi la végétalisation des cours d’école, « les aménagements dans les parcs et jardins imaginés par les enfants, pour les enfants, la participation active des écoles au programme contre le harcèlement scolaire » sont aussi cités.

    L’Unicef prépare déjà la suite et propose, « grâce à ses résultats un parcours simplifié » à la Ville pour la prochaine mandature. « Le mandat 2026-2032 représente une opportunité décisive pour inscrire durablement les droits de l’enfant au cœur des politiques publiques locales », estime l’Unicef. À voir si le prochain locataire de l’Hôtel de ville s’en emparera.

  • Jeunes en péril

    Jeunes en péril

    Selon le haut conseil de la santé publique, « au cours des 30 dernières années, la santé physique et mentale des adolescents n’a cessé de se dégrader, reflétant une moins bonne condition physique, un sommeil réduit, une sédentarité accrue. » La révolution numérique est pointée du doigt avec une utilisation inconsidérée des écrans mais aussi une alimentation « de plus en plus dominée par les aliments ultra-transformés et la restauration rapide ». Ce qui provoque des cancers à l’âge adulte plus précoces alertent les oncologues. C’est en fait tout un modèle de société, basé sur l’ultra-consommation, le capitalisme boosté par les algorithmes pilotés par les Gafam, qu’il convient de remettre en cause.

    L’affaire de tous

    Les jeunes de 11 à 24 ans, sont les cibles privilégiées des géants de la tech et de la malbouffe. L’épidémie de Covid, les crises climatiques et sociales sont aussi invoquées par le haut conseil pour expliquer le mal-être des enfants, adolescents et jeunes adultes. C’est donc l’affaire de tous et « un défi collectif » selon le Haut-commissariat à l’enfance.

    Si les études progressent pour prendre la mesure de cette épidémie de mal-être, la santé mentale demeure encore le parent très pauvre de notre système de santé. Les délais pour les consultations, les places en hôpitaux psychiatriques dédiées aux plus jeunes et les professionnels sont en deçà des besoins et des demandes des familles et des jeunes. Les préconisations de la commission parlementaire sur le handicap et la santé mentale seront dévoilées à la fin de l’année. Le budget devra y répondre.

  • Le Secours populaire expose 80 ans d’actions

    Le Secours populaire expose 80 ans d’actions

    Dans l’une des deux salles consacrées à l’exposition des 80 ans du Secours populaire français (SPF), Olivier Masini, membre de la direction de la fédération varoise et bénévole depuis plus de 20 ans, rappelle avec passion le parcours de cette association nationale d’utilité publique.

    Il rappelle sa création officielle le 15 novembre 1945, mais aussi les événements qui ont précédé cette date : « Il faut revenir à 1936, l’année du Front populaire et des congés payés. L’ancêtre du SPF s’appelait alors le Secours populaire de France et des colonies. » Et de préciser : « Il œuvrait déjà pour la solidarité, notamment en 1937 à la frontière espagnole, pour venir en aide aux Républicains fuyant le régime fasciste de Franco. » Dissoute en 1939, l’organisation voit ses responsables entrer en résistance. « Ça a été aussi le cas de notre président du secours populaire, Julien Loprêtre, qui s’était retrouvé – et il ne le savait pas au départ car il ne connaissait pas cette personne-là – dans la même cellule que Missak Manoukian, qui a été panthéonisé l’année dernière. »

    Une riche histoire sur laquelle le SPF continue de s’appuyer « pour faire tomber les barrières de l’enfermement social, de l’indifférence aussi, et lutter contre le rejet de l’autre ». « Avec les actes de racisme et de xénophobie auxquels on assiste aujourd’hui, il est important pour nous de rappeler les valeurs que nous véhiculons », tient à réaffirmer Olivier Masini.

    Parmi les dates importantes mises en avant dans cette exposition, parce qu’elle est fédératrice pour le Secours populaire, 1959 avec la rupture dramatique du barrage de Malpasset, à Fréjus. C’est en effet la première action du Secours populaire français sur le terrain pour porter assistance à des victimes d’une catastrophe naturelle, alors même que la fédération varoise n’était pas encore constituée. Elle le sera en 1968.

    Aujourd’hui, l’association continue de se battre sur tous les fronts et à faire face à l’urgence sociale. Le nombre de personnes accueillies dans ses permanences a presque doublé en quinze ans.

    Une structure engagée sur tous les fronts

    Présent à ce vernissage, l’adjoint à la culture, Yann Tanguy, a évoqué « un acteur incontournable de toute l’aide apportée aux gens qui sont dans le besoin, quelles que soient leurs difficultés. Ça fait partie de l’histoire française et de l’histoire du Var ! ».

    Et de poursuivre : « Par ces temps où les associations sont parfois un peu menacées par les problèmes budgétaires globaux, il est important de les soutenir. Et puis 80 ans, c’est un bel anniversaire ! »

    Plus loin, Magali Brunel, conseillère municipale et tête de liste pour 2026 de Toulon en Commun, souligne l’importance de ce moment de reconnaissance des problématiques sociales qui, loin de se résoudre, s’aggravent. « Nous avons de plus en plus besoin d’avoir des associations comme ça, engagées au service des plus fragiles et impliquées sur des problématiques qui nous touchent aussi territorialement : logement, alimentation et droit de vivre dignement. » Elle déplore toutefois leur mise en péril croissante, liée au désengagement de l’État.

    En somme, une exposition qui revisite dans le temps et dans l’espace les 80 ans mouvementés d’une solidarité plus que jamais essentielle et inspirante.

  • Le restaurant Le République doit déposer le bilan

    Le restaurant Le République doit déposer le bilan

    « C’est avec le cœur gros et une énorme émotion que j’ai pris la décision de déposer le bilan de l’association La petite Lili, qui porte le restaurant à Marseille. Je suis chef d’entreprise, j’ai des obligations », lâche Sébastien Richard, chef cuisinier et président de l’association La petite Lili. Il poursuit : « Je dois payer les salariés et honorer mes engagements. » Le restaurant emploie 18 personnes, dont 7 en parcours d’insertion.

    Solidaire et social

    Il y a cinq ans, Sébastien Richard lançait l’association La petite Lili avec un défi : réunir dans un lieu au même moment des clients traditionnels et des bénéficiaires d’aide alimentaire, attablés côte à côte. « Aller au restaurant, c’est une démarche, il ne s’agit pas uniquement de se nourrir », expliquait-il. Car, manger au restaurant Le République, c’est alors aider à créer des emplois et permettre à tout le monde de profiter d’un vrai moment à table, avec une alimentation saine et sourcée.

    Ce restaurant unique en France, grâce à son association, permet de faire manger des bénéficiaires de minima sociaux pour 1 euro. Il finance aussi des formations via l’École marseillaise de l’alimentation et l’hôtellerie par inclusion (Emahi). Actuellement, les formations continuent et sont dispensées ici, au restaurant. « Mais d’autres solutions sont possibles, toutes les histoires ne s’arrêtent pas, et heureusement », rassure Sébastien Richard. Avant de rappeler : « Le restaurant reste ouvert. Et si le tribunal demain me dit “on continue”, alors je continuerai. »

  • Le République doit déposer le bilan

    Le République doit déposer le bilan

    « C’est avec le cœur gros et une énorme émotion que j’ai pris la décision de déposer le bilan de l’association La petite Lili, qui porte le restaurant à Marseille. Je suis chef d’entreprise, j’ai des obligations », lâche Sébastien Richard, chef cuisinier et président de l’association La petite Lili. Il poursuit : « Je dois payer les salariés et honorer mes engagements. » Le restaurant emploie 18 personnes, dont 7 en parcours d’insertion.

    Solidaire et social

    Il y a cinq ans, Sébastien Richard lançait l’association La petite Lili avec un défi : réunir dans un lieu au même moment des clients traditionnels et des bénéficiaires d’aide alimentaire, attablés côte à côte. « Aller au restaurant, c’est une démarche, il ne s’agit pas uniquement de se nourrir », expliquait-il. Car, manger au restaurant Le République, c’est alors aider à créer des emplois et permettre à tout le monde de profiter d’un vrai moment à table, avec une alimentation saine et sourcée.

    Ce restaurant unique en France, grâce à son association, permet de faire manger des bénéficiaires de minima sociaux pour 1 euro. Il finance aussi des formations via l’École marseillaise de l’alimentation et l’hôtellerie par inclusion (Emahi). Actuellement, les formations continuent et sont dispensées ici, au restaurant. « Mais d’autres solutions sont possibles, toutes les histoires ne s’arrêtent pas, et heureusement », rassure Sébastien Richard. Avant de rappeler : « Le restaurant reste ouvert. Et si le tribunal demain me dit “on continue”, alors je continuerai. »

  • La cuisine centrale de La Ciotat à la pointe de la sécurité alimentaire

    La cuisine centrale de La Ciotat à la pointe de la sécurité alimentaire

    « Ici, on cuisine comme à la maison », lance, mercredi, le maire (DVD) Alexandre Doriol.

    Devant la nouvelle cuisine centrale, située sur la voie Roumagoua Sud, plus de 150 personnes assistent à l’inauguration. Les enfants de trois centres de loisirs, ceux de l’Abeille, de Louis-Pécout et Paul-Bert, ont planté juste avant un olivier, un citronnier, et un laurier-sauce aux abords du bâtiment.

    Hormis le fait que cette « cuisine familiale » est destinée à 2 400 petits Ciotadens chaque jour, la société Garig, à qui la Ville a confié la gestion du service de restauration scolaire ; prépare les repas sur place, à partir de produits frais, locaux et de saison. Elle s’est notamment engagée à favoriser les producteurs du terroir, en circuit court, le bio, avec deux repas entièrement issus de l’agriculture biologique par semaine, et à garantir une alimentation équilibrée, adaptée aux besoins nutritionnels des enfants.

    « Si nous apprenons à chacun à bien se nourrir, je crois que nous aurons fait le meilleur cadeau que l’on puisse faire aux enfants », souligne pour sa part Jean-Louis Tixier, adjoint à l’éducation. Conçu par l’architecte Clément Croce, le bâtiment de la cuisine centrale, qui s’étend sur 3 200 mètres carrés sur un terrain de 6 180m2, intègre en effet, à l’étage, une cuisine pédagogique. Par le biais d’ateliers, les minots seront initiés au goût, aux saisons et à l’origine des produits. Ils apprendront à réaliser des recettes, parfois avec les aînés qui partageront leur savoir-faire.

    Purée de pommes du chef

    Entreprise familiale régionale fondée en 2006, a rappelé Martin Dubar, son président, la société Garig s’est vue confier par la Ville de La Ciotat la délégation de service public (DSP) sur la restauration scolaire pendant douze ans. Sur un terrain propriété de la commune, Garig a pré-financé la cuisine centrale, pour 3,9 millions d’euros. Au bout de douze ans, la Ville, au travers du prix des repas payés à la société, aura remboursé cette somme et le bâtiment lui reviendra. Référent chef de production chez Garig, Christophe Brocci guide maintenant un groupe dans le bâtiment de la cuisine centrale. Chacun doit porter des surchaussures par mesure d’hygiène. Sous un éclairage blanc, les chambres froides se succèdent, pour les fruits, les fromages, la viande, les légumes… Dans la salle de préparation froide, il fait moins de 10 degrés. Puis on pénètre dans la zone de préparation chaude, équipée de fours, sauteuses… dernier cri, choisis pour leur faible consommation énergétique. Tout est fait pour veiller à une sécurité alimentaire optimale. En fin de circuit, l’allotisseur répartit, école par école, les repas que les petits Ciotadens retrouveront à la cantine. Par exemple cette « purée de pommes du chef » cuisinée le jour même.

  • Le marché solidaire s’installe au cœur du quartier de la Croix des Oiseaux

    Le marché solidaire s’installe au cœur du quartier de la Croix des Oiseaux

    La place du Tambour d’Arcole, dans le quartier de la Croix des Oiseaux d’Avignon, était particulièrement animée, ce lundi 6 octobre au matin, entre étalages de légumes, de produits et même d’un stand de vêtements et un autre de prévention contre le cancer. Et ce, à l’occasion du marché solidaire et bio qui vient de s’y installer pour la première fois.

    En effet, ce marché mensuel existait déjà depuis plus d’un an, mais se tenait dans la cour du centre social du quartier, « ce qui pouvait donner l’impression que c’était réservé à nos adhérents, alors que pas du tout », précise Jean-Michel Pelissier, directeur de l’établissement.

    Les produits frais sont proposés par l’association Semailles, qui les cultive à moins d’un kilomètre de là, dans la ceinture verte d’Avignon. Tandis que les produits secs sont vendus par le projet Gemvrac. Ceux-ci sont notamment proposés à des prix qui varient selon les moyens du foyer. Si les revenus sont de moins de 800 euros par mois, les fruits et légumes sont à moitié prix, moyennant une adhésion d’un euro par an aux structures.

    Lieu convivial

    « C’est vraiment un grand plaisir de voir ça. C’est top d’avoir la possibilité de manger bio. On sent la différence au niveau du goût, c’est très bon pour la santé, et je vais en parler autour de moi », se réjouit ainsi Souheila, habitante du quartier. « L’idée était de rendre cela plus visible pour les habitants et d’en accueillir le plus possible. Car c’est aussi un lieu de convivialité », poursuit de son côté Sophie Santana, chargée de mission en accessibilité alimentaire chez Semailles.

    Car, en parallèle du marché, Sylvie, bénévole de la structure, cuisine un plat à base de produits disponibles sur le marché, devant les habitants du quartier. « On promeut ainsi une alimentation durable dans un quartier politique de la ville. Souvent, l’aide alimentaire peut paraître de mauvaise qualité et on est là pour montrer que ce n’est pas le cas », poursuit la responsable de l’association. « Cela montre qu’il est possible de manger sainement, à bas prix, local. Il faut simplement bien choisir ses circuits de distribution », complète Marielle Martinez, cheffe de projet à Gemvrac.

    Détail des lieux et dates sur esscroixdesoiseaux.org

  • Une cuisine centrale pour des plats d’écoliers vertueux

    Une cuisine centrale pour des plats d’écoliers vertueux

    À son arrivée, son emplacement a été baptisé « Impasse de la Cantine ». Dès cette rentrée 2025, première cuisine centrale de la commune a mis en route ses premiers fourneaux et distribué, dans chaque école de la commune, les premières assiettes préparées au sein de ce bâtiment de près de 600m². Promis pendant la campagne de 2020 par l’actuelle majorité, co-construit en partenariat avec le Département et le Fond Vert, les premiers travaux ont débuté en septembre 2024, pour une livraison de la cuisine en juillet 2025. Depuis, dans cet espace capable de produire jusqu’à 1 200 repas par jour, les produits dits de « circuit court » sont livrés quotidiennement, stockés dans les chambres froides dédiées, surveillées. Interviennent ensuite les cuisiniers, en charge de confectionner les menus du jour. « Pour l’instant, seulement 50% de cette capacité est utilisée », rappelle Sébastien Bacquet, directeur du service de l’éducation et de la petite enfance. La cuisine pourrait à l’avenir être utilisée pour des événements locaux ou structures sociales. « Les menus sont travaillés par une diététicienne et par rapport aux appétences des enfants. À partir de là, on produit les repas à partir de ces menus établis. On est tenus de proposer, au titre de la loi EGAlim, 50% a minima de produits durables [relative à l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole] », explique Julien Goussot, responsable de secteur pour Elior.

    Produits frais et locaux

    La société a été retenue par la municipalité, après appel d’offres, pour assurer prestation alimentaire de la cuisine. Ce lundi, pour les écoliers et personnels pédagogiques, le menu indique une salade en entrée, un sauté de bœuf label rouge, avec un duo de haricots, un camembert bio ou un fromage blanc frais aux fruits. Pas d’aménagements en revanche, sur les plats contenants de la viande, qui sera remplacée par un rajout d’accompagnement pour compenser, si l’élève, pour des raisons diverses, ne peut la consommer. Ici, selon les chiffres de la Ville, 100% des produits réceptionnés sont d’origine française, 20% des produits sont bio, 35% des produits sont bios et 57% des produits sont frais. « Les courgettes de la semaine dernière venaient des Milles, les pêches de Saint-Martin-de-Crau, on ne sait pas qui va nous livrer mais on sait que le rayon de livraison entre 50 et 100 kilomètres maximum », explique Sébastien Rubio, responsable d’exploitation de la cuisine centrale. En cuisine, le plat est conçu à partir de règles strictes, collées sur les vitres, incluant le grammage idéal de viande par enfant. « Il y a quatre personnes au quotidien : le livreur, notre employé de restauration qui s’occupe du ménage et de la cuisine froide, le cuisinier, et moi-même », pointe Dominique Dezagrodzkisyrokolmla, responsable du site de Meyreuil. Les postes ont été créées spécifiquement pour la mise en route de la cuisine. Finalement, il faut compter 3,55 euros pour un repas au tarif plein. Eva Bonnet-Gonnet

  • Le cadmium, cette « bombe sanitaire » qui empoisonne les Français

    Le cadmium, cette « bombe sanitaire » qui empoisonne les Français

    Dans les Cévennes, au pied des anciennes mines, l’extraction a laissé des traces invisibles : de nombreux polluants toxiques ont été abandonnés à ciel ouvert par l’exploitant. Des déchets chargés en métaux lourds, essentiellement arsenic et cadmium, qui polluent sols et rivières et pèsent sur la santé des habitants. Cinquante ans après la fermeture de ces sites miniers, l’obligation de dépolluer s’est enfin imposée à l’exploitant. « Suite à une bagarre juridique qui a duré plusieurs années, Umicore s’est retrouvé contraint – et ça va faire jurisprudence – de faire un certain nombre de travaux de confinement », explique François Simon, médecin retraité membre de l’AdamVM, association pour la dépollution des anciennes mines de la vieille montagne, dont le siège se situe dans le village cévenol de Saint-Felix-de-Pallières. « Le cadmium et l’arsenic, entre autres, se trouvent dans des déchets laissés sur place une fois les roches broyées pour extraire le zinc et le plomb. Ils peuvent se diffuser soit par l’air, soit par l’eau, charriés dans les cours d’eau puis les rivières. Et peuvent donc se retrouver dans des nappes phréatiques ou dans l’eau pour arroser votre jardin », décrit François Simon. Or ces polluants, notamment le cadmium, restent dans les sols et les eaux durant des décennies…

    C’est pour alerter sur le danger que représente ce métal lourd que la Conférence nationale des unions régionales des professionnels de santé-médecins libéraux (URPS-ML) a décidé, dans un courrier adressé lundi 2 juin au Premier ministre et aux ministres de la santé, de l’agriculture et de la transition écologique, de tirer la sonnette d’alarme, n’hésitant pas à parler de « bombe sanitaire ».

    « La santé publique passe toujours après »

    Car au-delà des déchets issus des sites miniers, qui concernent des zones spécifiques, le cadmium, classé cancérogène certain pour l’Homme, se retrouve dans de nombreux produits alimentaires du quotidien, comme les céréales du petit-déjeuner, le pain, les pâtes, les pommes de terre ou encore le chocolat. Les médecins pointent notamment une « explosion de la contamination des jeunes enfants ». Présent dans les engrais phosphatés utilisés en agriculture, le cadmium s’accumule dans les sols et a contaminé les aliments les plus consommés. Une fois dans le corps humain, il se fixe sur les os et s’accumule dans les reins et le foie. Il est associé à des maladies osseuses comme l’ostéoporose, des néphropathies, des troubles de la reproduction, des problèmes cardio-vasculaires et à un risque accru de cancer (reins, poumon, prostate, sein et notamment pancréas). Santé publique France alerte en effet depuis 2021 sur le lien avec l’explosion des cancers du pancréas en France, dont le nombre de cas a plus que quadruplé en 30 ans.

    « Si on voulait continuer à utiliser des engrais phosphatés, on pourrait en extraire le cadmium, mais ça coûterait très cher. On pourrait aussi avoir des accords économiques avec d’autres pays que le Maroc, car ces engrais viennent surtout de ce pays, dont les roches ont des teneurs en cadmium très élevées. Mais c’est avant tout une question économique et on retombe sur des problèmes liés au capitalisme et au poids des lobbies. On est sur le même registre que ce qu’il s’est passé avec la loi Duplomb, à savoir que la santé publique passe toujours après des problèmes de rentabilité », dénonce François Simon. Pour le médecin cévenol, « il faut encourager l’agriculture biologique, mais qu’elle soit subventionnée, accompagnée, afin que ce soit moins cher pour les gens ». Reste que les habitants des anciens sites miniers comme ceux des Cévennes, exposés à la fois à la pollution générée par l’extraction et à celle qui existe dans l’alimentation courante, sont soumis « à la double peine ».

    Convaincue qu’il présente « un risque inacceptable pour l’Homme et l’environnement », la Commission européenne a décidé de durcir sa réglementation en introduisant une limite pour la teneur en cadmium des engrais phosphatés. Fixée à 60 mg/kg depuis juillet 2022, la limite doit être abaissée à 20 mg/kg d’ici à 2034. Un seuil également proposé par l’Anses* en 2021, « mais le gouvernement ne l’a pas suivi, probablement sous la pression des lobbies agricoles », estime François Simon. Grand prince, le gouvernement a toutefois décidé, suite à la récente alerte lancée par les médecins libéraux, que les tests de dépistage du cadmium prescrits par les généralistes, jusqu’ici non pris en charge par la Sécurité sociale, seraient remboursés à partir de l’automne… Trop aimable.

    * Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.