Tag: alimentation

  • Une cuisine centrale pour des plats d’écoliers vertueux

    Une cuisine centrale pour des plats d’écoliers vertueux

    À son arrivée, son emplacement a été baptisé « Impasse de la Cantine ». Dès cette rentrée 2025, première cuisine centrale de la commune a mis en route ses premiers fourneaux et distribué, dans chaque école de la commune, les premières assiettes préparées au sein de ce bâtiment de près de 600m². Promis pendant la campagne de 2020 par l’actuelle majorité, co-construit en partenariat avec le Département et le Fond Vert, les premiers travaux ont débuté en septembre 2024, pour une livraison de la cuisine en juillet 2025. Depuis, dans cet espace capable de produire jusqu’à 1 200 repas par jour, les produits dits de « circuit court » sont livrés quotidiennement, stockés dans les chambres froides dédiées, surveillées. Interviennent ensuite les cuisiniers, en charge de confectionner les menus du jour. « Pour l’instant, seulement 50% de cette capacité est utilisée », rappelle Sébastien Bacquet, directeur du service de l’éducation et de la petite enfance. La cuisine pourrait à l’avenir être utilisée pour des événements locaux ou structures sociales. « Les menus sont travaillés par une diététicienne et par rapport aux appétences des enfants. À partir de là, on produit les repas à partir de ces menus établis. On est tenus de proposer, au titre de la loi EGAlim, 50% a minima de produits durables [relative à l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole] », explique Julien Goussot, responsable de secteur pour Elior.

    Produits frais et locaux

    La société a été retenue par la municipalité, après appel d’offres, pour assurer prestation alimentaire de la cuisine. Ce lundi, pour les écoliers et personnels pédagogiques, le menu indique une salade en entrée, un sauté de bœuf label rouge, avec un duo de haricots, un camembert bio ou un fromage blanc frais aux fruits. Pas d’aménagements en revanche, sur les plats contenants de la viande, qui sera remplacée par un rajout d’accompagnement pour compenser, si l’élève, pour des raisons diverses, ne peut la consommer. Ici, selon les chiffres de la Ville, 100% des produits réceptionnés sont d’origine française, 20% des produits sont bio, 35% des produits sont bios et 57% des produits sont frais. « Les courgettes de la semaine dernière venaient des Milles, les pêches de Saint-Martin-de-Crau, on ne sait pas qui va nous livrer mais on sait que le rayon de livraison entre 50 et 100 kilomètres maximum », explique Sébastien Rubio, responsable d’exploitation de la cuisine centrale. En cuisine, le plat est conçu à partir de règles strictes, collées sur les vitres, incluant le grammage idéal de viande par enfant. « Il y a quatre personnes au quotidien : le livreur, notre employé de restauration qui s’occupe du ménage et de la cuisine froide, le cuisinier, et moi-même », pointe Dominique Dezagrodzkisyrokolmla, responsable du site de Meyreuil. Les postes ont été créées spécifiquement pour la mise en route de la cuisine. Finalement, il faut compter 3,55 euros pour un repas au tarif plein. Eva Bonnet-Gonnet

  • Le cadmium, cette « bombe sanitaire » qui empoisonne les Français

    Le cadmium, cette « bombe sanitaire » qui empoisonne les Français

    Dans les Cévennes, au pied des anciennes mines, l’extraction a laissé des traces invisibles : de nombreux polluants toxiques ont été abandonnés à ciel ouvert par l’exploitant. Des déchets chargés en métaux lourds, essentiellement arsenic et cadmium, qui polluent sols et rivières et pèsent sur la santé des habitants. Cinquante ans après la fermeture de ces sites miniers, l’obligation de dépolluer s’est enfin imposée à l’exploitant. « Suite à une bagarre juridique qui a duré plusieurs années, Umicore s’est retrouvé contraint – et ça va faire jurisprudence – de faire un certain nombre de travaux de confinement », explique François Simon, médecin retraité membre de l’AdamVM, association pour la dépollution des anciennes mines de la vieille montagne, dont le siège se situe dans le village cévenol de Saint-Felix-de-Pallières. « Le cadmium et l’arsenic, entre autres, se trouvent dans des déchets laissés sur place une fois les roches broyées pour extraire le zinc et le plomb. Ils peuvent se diffuser soit par l’air, soit par l’eau, charriés dans les cours d’eau puis les rivières. Et peuvent donc se retrouver dans des nappes phréatiques ou dans l’eau pour arroser votre jardin », décrit François Simon. Or ces polluants, notamment le cadmium, restent dans les sols et les eaux durant des décennies…

    C’est pour alerter sur le danger que représente ce métal lourd que la Conférence nationale des unions régionales des professionnels de santé-médecins libéraux (URPS-ML) a décidé, dans un courrier adressé lundi 2 juin au Premier ministre et aux ministres de la santé, de l’agriculture et de la transition écologique, de tirer la sonnette d’alarme, n’hésitant pas à parler de « bombe sanitaire ».

    « La santé publique passe toujours après »

    Car au-delà des déchets issus des sites miniers, qui concernent des zones spécifiques, le cadmium, classé cancérogène certain pour l’Homme, se retrouve dans de nombreux produits alimentaires du quotidien, comme les céréales du petit-déjeuner, le pain, les pâtes, les pommes de terre ou encore le chocolat. Les médecins pointent notamment une « explosion de la contamination des jeunes enfants ». Présent dans les engrais phosphatés utilisés en agriculture, le cadmium s’accumule dans les sols et a contaminé les aliments les plus consommés. Une fois dans le corps humain, il se fixe sur les os et s’accumule dans les reins et le foie. Il est associé à des maladies osseuses comme l’ostéoporose, des néphropathies, des troubles de la reproduction, des problèmes cardio-vasculaires et à un risque accru de cancer (reins, poumon, prostate, sein et notamment pancréas). Santé publique France alerte en effet depuis 2021 sur le lien avec l’explosion des cancers du pancréas en France, dont le nombre de cas a plus que quadruplé en 30 ans.

    « Si on voulait continuer à utiliser des engrais phosphatés, on pourrait en extraire le cadmium, mais ça coûterait très cher. On pourrait aussi avoir des accords économiques avec d’autres pays que le Maroc, car ces engrais viennent surtout de ce pays, dont les roches ont des teneurs en cadmium très élevées. Mais c’est avant tout une question économique et on retombe sur des problèmes liés au capitalisme et au poids des lobbies. On est sur le même registre que ce qu’il s’est passé avec la loi Duplomb, à savoir que la santé publique passe toujours après des problèmes de rentabilité », dénonce François Simon. Pour le médecin cévenol, « il faut encourager l’agriculture biologique, mais qu’elle soit subventionnée, accompagnée, afin que ce soit moins cher pour les gens ». Reste que les habitants des anciens sites miniers comme ceux des Cévennes, exposés à la fois à la pollution générée par l’extraction et à celle qui existe dans l’alimentation courante, sont soumis « à la double peine ».

    Convaincue qu’il présente « un risque inacceptable pour l’Homme et l’environnement », la Commission européenne a décidé de durcir sa réglementation en introduisant une limite pour la teneur en cadmium des engrais phosphatés. Fixée à 60 mg/kg depuis juillet 2022, la limite doit être abaissée à 20 mg/kg d’ici à 2034. Un seuil également proposé par l’Anses* en 2021, « mais le gouvernement ne l’a pas suivi, probablement sous la pression des lobbies agricoles », estime François Simon. Grand prince, le gouvernement a toutefois décidé, suite à la récente alerte lancée par les médecins libéraux, que les tests de dépistage du cadmium prescrits par les généralistes, jusqu’ici non pris en charge par la Sécurité sociale, seraient remboursés à partir de l’automne… Trop aimable.

    * Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.