Tag: alimentation

  • À Montpellier, une maison de l’alimentation solidaire

    À Montpellier, une maison de l’alimentation solidaire

    En 2024, 16% des Français restreignaient leur alimentation, faute de moyens financiers, selon une enquête du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie). Une précarité encore plus prégnante à Montpellier, où 28% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Face à ce constat, la Ville de Montpellier s’est lancée dans une politique alimentaire ambitieuse. Avec notamment la constitution d’un réseau de « maisons de l’alimentation solidaires » (MAS) dont la première devrait ouvrir le 7 février prochain, dans le quartier de Celleneuve.

    Cuisiner ensemble

    Un nouveau lieu de vie, cogéré par trois associations membres du réseau Territoires à VivreS, à savoir l’Esperlutette, Vrac & Cocinas et la Caisse alimentaire commune (CAC), qui permettra aux personnes précaires d’avoir accès à une alimentation de qualité et locale. D’une surface de 350m² – à laquelle il faut ajouter 80m² de terrasse – cette MAS comportera notamment une épicerie solidaire et un café-restaurant à un tarif accessible. Aussi, est prévu une cuisine partagée. « Il y aura un aspect cuisine assez fort, avec des ateliers, des cours. Mais c’est aussi un lieu pour cuisiner ensemble, qui permet à ceux n’ayant pas de matériel de venir cuisiner et ils pourront repartir avec des plats, etc. Il y a une volonté de créer du lien, d’avoir une mixité sociale et du lien intergénérationnel », soutient Maire Massart, adjointe au maire de Montpellier déléguée à la politique alimentaire. Une aubaine également pour les agriculteurs locaux qui fourniront la MAS.

    La maison de Celleneuve sera la première d’un vaste réseau. « Cinq autres sont dans les tuyaux. Nous avons également deux autres projets en cours, afin d’expérimenter d’autres modèles pour savoir lequel fonctionne le mieux », précise Marie Massart.

  • [Comment préparez-vous les fêtes ?] À Fos-sur-Mer, le coup de pouce d’un chèque municipal

    [Comment préparez-vous les fêtes ?] À Fos-sur-Mer, le coup de pouce d’un chèque municipal

    La mairie n’est pas encore ouverte qu’une file se forme devant ses baies vitrées. À 8h20, le 1er décembre, une trentaine de Fosséennes et de Fosséens patientent déjà dans le vent glacial pour obtenir leurs bons d’achat d’une valeur de 100 euros.

    Lancée en 2014, l’opération « Je défends ma commune, je soutiens mes commerces » est devenue une tradition de fin d’année. Le principe est simple : « Juste avant les fêtes de Noël, on offre un chéquier à chaque foyer de la commune à dépenser en proximité », explique Pascale Brémond, conseillère municipale (SE) déléguée à la dynamisation du commerce et de l’artisanat, soit un budget de près de 650 000 euros pour la Ville. « À ce jour, on a 87 commerces partenaires, ça va de la grande surface à l’offre de service », précise Magali Laurent, cheffe de service en charge du dispositif.

    Bénéfique pour l’économie locale, ce dispositif est aussi, et avant tout, pensé comme un coup de pouce aux habitants, alors que le pouvoir d’achat des Français est en berne. « C’est une priorité pour nous, affirme Pascale Brémond. Tout le monde n’a pas de 13e mois ni de prime de fin d’année, or on sait que c’est une période où on dépense beaucoup. »

    Une aide pour la vie quotidienne

    Assise sur un siège en attendant son tour, une main sur la poussette de son enfant qu’elle est en train de bercer, Malvina, 26 ans, ne se servira pas de ces 100 euros pour acheter des cadeaux. Elle a anticipé tout au long de l’année pour ne pas avoir de trou dans la trésorerie. En revanche, « ces sous m’aident pour le repas de Noël, ça me permet d’aller en boucherie acheter des produits de bonne qualité pour faire plaisir à ma famille que je reçois. Ça fait vraiment la différence par les temps qui courent, où la viande est devenue chère ». Une tendance qui n’est pas isolée. En lien avec les commerces partenaires, Magali Laurent confirme : « Les bénéficiaires se servent de ces sous plus pour la vie quotidienne que pour acheter des cadeaux. »

    Stéphanie, arrivée à Fos-sur-Mer des Alpes-de-Haute-Provence en 2023, compte aussi utiliser ces bons d’achat « pour les courses de Noël » ce mois-ci, en sachant très bien qu’elle peut les dépenser dans les commerces jusqu’au 31 mai 2026. Décembre a beau être synonyme de chaleur humaine et de retrouvailles en famille, c’est bien souvent un mois compliqué. « Pour les personnes qui ont un budget serré, comme moi, c’est un bon coup de pouce », confie cette célibataire maman de trois enfants. « Toutes les villes ne mettent pas en place ce dispositif, loin de là, et franchement on a de la chance », salue-t-elle.

    Jusqu’en 2022, Joëlle n’allait pas chercher son chèque. « Je n’en avais pas forcément besoin, je n’y pensais pas », explique-t-elle sans rentrer dans les détails. Désormais, « les choses ont changé » et cette aide est « vraiment la bienvenue » pour limiter les dépenses.

  • Cité de l’alimentation : top départ d’un projet innovant

    Cité de l’alimentation : top départ d’un projet innovant

    La spécificité de cette cuisine centrale, c’est qu’elle est conçue pour valoriser et favoriser la cuisine à partir de produits locaux, bio, de saison. On n’est pas dans une cuisine centrale d’assemblage », explique Marie Massart, adjointe au maire de Montpellier déléguée à la politique alimentaire et à l’agriculture urbaine, au lendemain de la pose symbolique, le 3 décembre, de la première pierre de la future Cité de l’alimentation.

    Impulsé il y a cinq ans, le projet est passé en phase de réalisation (les travaux ont débuté en novembre). Implantée dans le quartier Montpellier sud, la Cité de l’alimentation sera adossée au Marché gare (MIN) : « Ce n’est pas un hasard, c’est pour faciliter les interactions avec les producteurs. » Elle accueillera donc le nouveau pôle de production alimentaire de la Ville, en remplacement de l’actuelle cuisine centrale construite en 1982, dont le seuil maximum de production est dépassé depuis presque 10 ans. Dès la rentrée 2028, elle fournira plus de 16 000 repas quotidiens aux cantines des écoles de Montpellier. « La capacité pourra monter jusqu’à 20 000 repas par jour. À terme, il sera aussi sûrement possible de fournir d’autres communes de la métropole », indique l’élue.

    Des cours de cuisine

    pour les enfants

    « Pour respecter l’esprit du “fait maison, frais et de saison” », on y trouvera un pôle de transformation des produits bruts constitué d’une légumerie, d’une mûrisserie pour les fruits et d’un atelier de production des desserts. Par ailleurs, les 80 agents de la cuisine centrale, dont certains, aujourd’hui « n’ont pas accès à la lumière du jour », bénéficieront d’une qualité de travail nettement améliorée.

    Mais la dimension la plus innovante du projet réside dans son ambition pédagogique. « Cette cité de l’alimentation est conçue pour accueillir des classes. Elle a été aménagée avec un amphithéâtre, il y aura un jardin pédagogique, un espace pour proposer des ateliers cuisine et des visites seront prévues sur les coursives, permettant de voir la cuisine se faire », énumère Marie Massart. Le lieu disposera également d’un « véhicule pédagogique itinérant » qui se rendra dans les écoles. Objectif : « Donner aux enfants le goût de la cuisine », les sensibiliser à une alimentation saine.

    D’un montant de 60 millions d’euros, ce projet qui représente un des plus gros investissements du mandat, sera en partie financé par la vente du site de l’actuelle cuisine centrale.

  • Marseille : l’épicerie sociale et solidaire de Saint-Charles est ouverte

    Marseille : l’épicerie sociale et solidaire de Saint-Charles est ouverte

    Cet espace de 120 m2 conçu à partir de quatre conteneurs aménagés par le groupe CMA CGM, est dédiée à l’accueil d’étudiants et la vente de produits alimentaires et d’hygiène. Des produits 70% à 90% moins cher que les prix du marché afin de soutenir les étudiants en difficulté. Le site comprend une zone de vente, une réserve et un espace d’accueil pour l’accompagnement social. Il sera géré par la Fédération Aix-Marseille Interasso. « Une université doit être un lieu d’excellence académique mais aussi un espace de solidarité et d’entraide » a réagi Éric Berton, le président d’Aix Marseille Université.

  • La santé des habitants au menu de l’Après M

    La santé des habitants au menu de l’Après M

    « Quand José Bové démolissait les fast foods, j’étais contente. » Si Michèle Rubirola, première adjointe au maire de Marseille et en charge de la santé, rappelle son combat contre les chaînes de restauration rapide, elle ne cache pas non plus son attachement à l’Après M.

    « Un lieu emblématique de lutte, de résistance et de solidarité », comme elle le qualifie, et qui a accueilli toute une journée sur les thèmes de la « santé et de l’alimentation » avec une série d’animations et d’ateliers. Paradoxal pour un fast food, ancien McDonald du quartier de Sainte-Marthe (14e arrondissement), repris par ses anciens salariés au terme d’une longue et âpre lutte ? « Justement, avec la volonté de l’Après M de prendre soin de la population, on travaille avec son équipe pour proposer aux habitants du quartier une réflexion sur ce qu’est une bonne alimentation pour la santé, et la santé globale », développe l’adjointe et médecin de profession. Par « santé globale » entendez par-là qu’elle développe une « approche transversale ». « On parle d’équilibre alimentaire, mais si on mange des fruits et légumes bourrés de pesticides… Il faut donc travailler sur quels aliments on peut prendre : l’assiette dépend du champ ! », poursuit Michèle Rubirola. Elle prend des exemples concrets du travail de la Ville sur le sujet : « Tout autour de l’Après M, il y a des expériences pour des produits sains : on a installé des agriculteurs, il y a des jardins partagés. » Et le lien est tout trouvé avec l’événement du jour au fast food solidaire : on y retrouve la compagnie de théâtre-forum Force Nez pour des animations qui mettent à contribution les clients. Plusieurs professionnels du centre de santé Mareposa et de la Maison de l’infirmière sont également présents pour aiguiller le public.

    Combat pour

    la « fastronomie »

    « C’est essentiel pour notre territoire d’avoir des initiatives comme ça. On a la volonté de transformer la normalité des fast-foods en ce qu’on appelle la fastronomie, avec des produits de qualité », se félicite Abderrahmane Mesbahi, responsable de l’ingénierie sociale à l’Après M.

    Il rappelle le burger étendard de cette politique, « L’ovni » élaboré avec le restaurateur étoilé Gérald Passedat. Et de développer : « Pour la viande, on va voir le boucher d’à côté et on compresse les prix. Sur le bio, il faut qu’on sorte de la périphérie de notre restaurant pour aller chercher des produits frais. Et pour sortir du fast-food classique, on a lancé une gamme de pâtes et de riz et de crêpes maison. » En bref, de la parole aux actes pour les équipes du fast food.

  • Patrick Chini mènera une liste d’union de la gauche à Salon-de-Provence

    Patrick Chini mènera une liste d’union de la gauche à Salon-de-Provence

    Il y avait du monde dans le local de campagne de la gauche salonaise rassemblée autour de Patrick Chini (PS), à l’occasion de l’inauguration de leur QG pour les élections municipales de 2026. Le PCF, PS, Génération.s, les Écologistes, Place publique et Génération écologie sont parties prenantes de cette alliance.

    Patrick Chini, ingénieur retraité depuis avril dernier, est la tête de liste de ce rassemblement « pour un autre avenir » en « mettant de côté nos divergences sur des sujets nationaux pour travailler au local » avec « bon nombre de citoyens » au-delà des militants politiques, d’après le candidat qui insiste sur sa volonté d’« intégrer systématiquement la participation citoyenne » dans les réflexions et les décisions pour construire une ville « plus transparente et inclusive ».

    L’écologie en pilier

    Le collectif met en avant plusieurs orientations avant de présenter son programme fin janvier. « Notre premier souci est de faire face à la transformation écologique et économique au regard du changement climatique et tout ce qu’il implique en termes de santé et d’alimentation » détaille Patrick Chini, qui lie cet enjeu à celui de « rendre la ville autonome en énergie et en eau dans la mesure du possible ». « Nous voulons aussi favoriser une alimentation saine et locale car nous avons la chance d’avoir des agriculteurs et des producteurs bio qui nous accompagnent », complète le candidat.

    La campagne sera jalonnée de rencontres dans les quartiers. La liste au complet sera dévoilée le 11 février tandis que le meeting de fin de campagne est déjà programmé au 9 mars à la Maison de la vie associative.

    Local au 21 avenue
    du Maréchal Joffre.

  • Faire mieux manger est un enjeu éminemment politique

    Faire mieux manger est un enjeu éminemment politique

    Réfléchir à ce que les municipalités peuvent faire en matière d’alimentation est un enjeu central, tant sur le plan sanitaire que social et environnemental.

    C’est ce que propose de faire Toulon en Commun, ce jeudi soir, en invitant comme à chaque fois des élus des villes où des alternatives ont été mises en place pour permettre à la population de mieux se nourrir. Parmi elles, Mouans-Sartoux, dans les Alpes-Maritimes. L’adjoint Gilles Perole sera présent pour mettre en avant cette aventure qui a déjà fait ses preuves et qui a inspiré d’autres communes. L’objectif est de montrer que sur un sujet comme celui-là aussi, il existe des marges de manœuvre pour impulser un projet politique.

    Baisse du gaspillage alimentaire

    Ce modèle repose d’abord sur la création d’une régie agricole municipale. Depuis 2011, Mouans-Sartoux a en effet mis en place une ferme municipale de six hectares, qui produit des légumes destinés à la restauration collective de la commune, désormais 100% bio et locale.

    Mieux encore, grâce à un travail sur les portions, le tri des restes et la sensibilisation des enfants, le gaspillage a fortement baissé avec une réduction d’environ 80% des déchets alimentaires dans les cantines. Ce qui a permis de maintenir le coût des repas stable tout en passant au bio.

  • « Manger comme on sème » dans l’Hérault : nouvelle saison

    « Manger comme on sème » dans l’Hérault : nouvelle saison

    Ciné-débats, ateliers, visites de fermes, balades, marchés, dégustations… Du 22 novembre au 7 décembre, l’édition automne-hiver 2025 de « Manger comme on sème, le festival des 4 saisons » propose près de 90 événements destinés à promouvoir l’agroécologie paysanne et les circuits courts, sensibiliser aux enjeux de sécurité alimentaire, valoriser les agriculteurs du territoire ainsi que tous les acteurs engagés dans une alimentation durable.

    Initialement impulsée par la Métropole de Montpellier, « cette dynamique a gagné les communautés de communes voisines » (Pays de l’Or Agglomération, Pays Cœur d’Hérault et la Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup), aujourd’hui partenaires. À raison de deux éditions par an, au printemps/été et à l’automne/hiver, les agriculteurs du territoire et les acteurs engagés pour une alimentation durable proposent, durant deux semaines, de nombreux rendez-vous. Objectif : « Sensibiliser, pour que ça diffuse et que ça devienne une évidence », explique Isabelle Touzard, vice-présidente de la Métropole en charge de l’agroécologie et de l’alimentation. « Les citoyens sont demandeurs de ces rencontres avec des maraîchers, des personnes qui élèvent des animaux, qui font du pain… Sans oublier la notion de convivialité, à laquelle l’alimentation est très associée », poursuit l’élue.

    « On s’ouvre à la pêche »

    Parmi la multitude de propositions recensées en ligne sur le site de la plateforme Bocal*, qui offre une vision globale de l’offre alimentaire durable sur les quatre territoires partenaires du festival ainsi que le Syndicat mixte du Bassin de Thau, on retient une nouveauté cette saison : « On s’ouvre à la pêche », explique l’élue.

    Le vendredi 28 novembre, une rencontre est ainsi organisée de 18h30 à 20h à la médiathèque de Palavas-les-Flots autour des « petits métiers », du poisson de saison en circuit court et de la ressource halieutique (gratuit, sans inscription). Un atelier ludique et pédagogique à destination des enfants de 7 à 12 ans sera également proposé, toujours à la médiathèque, les 28 et 29 novembre pour découvrir les différentes techniques de pêche et évoquer l’intérêt nutritionnel des aliments de la mer (gratuit, sur inscription au 04.67.50.42.49). Autre temps fort, autre suggestion : la Maison pour tous Jean-Pierre Caillens, future Maison de l’alimentation solidaire de Tournezy, à Montpellier, organise le 5 décembre, de 9h à 14h, des ateliers de cuisine d’ici et d’ailleurs suivis d’un repas partagé !

  • Occitanie : une ordonnance verte pour le Printemps montpelliérain

    Occitanie : une ordonnance verte pour le Printemps montpelliérain

    À cinq mois des municipales, ça bouge du côté de Montpellier. Le Printemps montpelliérain, liste regroupant plusieurs partis de gauche, vient de dévoiler dix propositions afin de changer de politique alimentaire. « Avec les évolutions de la société, la perte du pouvoir d’achat, l’alimentation devient un sujet politique important. 13% des Français sont en insécurité alimentaire  », souligne Jean-Louis Roumégas, tête de liste et député les Écologistes de l’Hérault.

    Des propositions issues d’un forum sur l’alimentation et l’agriculture conduit par le mouvement, le 18 octobre. Tout d’abord, une « ordonnance verte  ». « Dès que le bébé est en route, nous distribuerons des paniers bio hebdomadaires et gratuits à toutes les femmes enceintes, sans condition de revenus », détaille Julia Mignacca, membre du Printemps. L’objectif à terme serait que cette ordonnance bénéficie à 1 600 Montpelliéraines. Également présenté par le Printemps afin de mieux se nourrir, la création d’un réseau d’épiceries municipales. « Nous proposerons des produits à prix coûtant grâce à une centrale d’achat. Cela coûtera peu car nous vendrons sans marge, ce qui permettrait aux agriculteurs d’avoir un prix décent », reprend Jean-Louis Roumégas. À cela s’ajoute le soutien à des caisses alimentaires et aux circuits courts.

    Un office métropolitain

    Si ces mesures concernent uniquement la ville de Montpellier, d’autres ont une visée plus large en s’adressant à toute la métropole, comme la création d’un office agricole. « À Montpellier, nous devons lutter contre les lobbies de l’immobilier et sanctuariser les terres agricoles. Cet office nous permettra de les acquérir puis d’installer des paysans », précise Boris Chenaud. Pour les agriculteurs en herbe, le Printemps propose la mise en place de jardins partagés. « Cela permettra de créer du lien social entre les gens dans les quartiers et de redécouvrir la saisonnalité », insiste Coralie Mantion. Dans le même genre, le Printemps espère créer une ferme pédagogique à Malbosc.

    Une sensibilisation au bien manger qui passera également par l’école puisqu’il est prévu de mettre fin aux plastiques à la cantine et de tendre vers le 100% bio et local – contre 30% actuellement. Enfin, pour lutter contre la malbouffe, l’équipe ambitionne de mettre en place des ateliers autour du goût sur le temps périscolaire. Les enfants ne sont pas les seuls visés puisque le grand public est aussi invité à travers l’organisation d’une journée sans sodas. « Nous voulons répondre aux besoins du quotidien en apportant des réponses concrètes », soutient Jean-Louis Roumégas.

  • [EQDD Corse Matin] Le portage de repas, un service essentiel pour les seniors à Ajaccio

    [EQDD Corse Matin] Le portage de repas, un service essentiel pour les seniors à Ajaccio

    « Heureusement qu’il y a ce portage de repas. On a 92 ans, on ne peut pas courir au supermarché et moi, j’ai une DMLA [maladie dégénérative de la vision, Ndlr], je ne peux plus cuisiner », explique Madame Vargioni qui vit à Ajaccio avec son mari dans un appartement au deuxième étage d’un immeuble, route des Sanguinaires. « Ça nous permet de rester chez nous, ajoute-t-elle. Sinon ça serait l’Ehpad, mais nous n’avons pas les moyens ».

    Il est tout juste 10 heures, elle récupère les deux sacs contenant leurs repas journaliers des mains de Romain Evrard, agent social au centre intercommunal d’action sociale (CIAS), qui fait sa tournée quotidienne de distribution. La Communauté d’agglomération du Pays ajaccien (Capa) mobilise quatre agents pour ce service de portage de repas quotidien dont ont bénéficié 221 personnes en 2024, soit plus de 41 600 repas livrés.

    Ce matin-là, le jeune homme doit se rendre chez une trentaine de bénéficiaires, uniquement des personnes retraitées, handicapées ou à mobilité réduite. La moyenne d’âge oscille entre 85 et 95 ans et le tarif de la prestation varie en fonction des revenus du foyer. « S’il n’y avait pas d’embouteillage, je pourrais livrer au moins dix personnes de plus ». Dans son véhicule réfrigéré, il arpente chaque matin, dès 8 heures, un secteur allant de l’hyper centre-ville jusqu’à la route des Sanguinaires, en périphérie. Sa tournée doit être terminée avant 12h30 mais, entre les embouteillages et le manque de places de stationnement dans les résidences, c’est une véritable gymnastique, dans laquelle chaque seconde compte.

    Un rôle de veilleur social indispensable

    « Je prépare les repas la veille chaque jour, détaille-t-il. Le jeudi, on fait double livraison en comptant aussi les repas du vendredi et, le vendredi, on livre les repas du week-end. S’il n’y avait pas d’embouteillage, je pourrais livrer au moins dix personnes de plus ». À chaque arrêt, Romain doit saisir le bon sac et l’apporter jusqu’au palier des bénéficiaires. Certains repas sont pour des diabétiques, d’autres sont sans sel ou moulinés, etc. Il suffit au livreur de sonner ou de frapper à la porte une seule fois pour entendre la bobinette choir, comme s’il était attendu expressément. « Ça m’aide beaucoup, confie Monsieur Bonelli, 93 ans. Je prends ces repas quatre jours par semaine. Avant, je me faisais à manger seul, mais j’ai mal au dos et aux jambes ».

    Près de 75% des personnes livrées sont en situation de veuvage et dans l’impossibilité de se débrouiller seule. C’est le cas de Monsieur Werner, 83 ans. « Ça me simplifie le quotidien, témoigne-t-il. J’ai perdu mon épouse l’année dernière et je suis obligé de me réorganiser ». Au-delà de ce bref échange, Romain est aussi un visage familier et quotidien dont le rôle va bien plus loin que la distribution de plats. Au milieu de sa tournée, à la résidence des Crêtes, il toque à la porte, un sachet à la main, mais cette fois, personne n’ouvre.

    « Ce n’est pas normal, elle est toujours là et sa porte est souvent ouverte », s’inquiète-t-il. En reprenant la route en direction de son prochain arrêt, il appelle le bureau pour signaler le problème. « Parfois, ce sont des gens qui tombent ou qui ont été hospitalisés. On doit alors pouvoir joindre le référent familial. » L’imprévu n’était finalement qu’une sortie en famille chez le coiffeur. Mais l’agent a été confronté à des situations moins heureuses qui modifient, « assez souvent hélas », ses tournées. « Au début, ça a été très dur, confie Romain derrière son volant. Il y avait des gens à qui je me suis vraiment attaché. Je buvais le café, on discutait. Et puis ils sont décédés. Aujourd’hui, je tente de prendre plus de recul ».

    Un service qui va au-delà de la distribution de repas

    Car l’après-midi, une fois la tournée terminée, les agents changent de casquette et rendent visite aux bénéficiaires pour un temps d’échange ou répondre à un besoin, tels de menus travaux ou aller récupérer des courses dans un magasin. Pour Romain, c’est un moment qui permet surtout « de prendre des nouvelles et de discuter. Cela peut être rapide ou durer quelques heures. Ça leur permet de rester à domicile. Malgré les repas livrés le matin, certains, par exemple, veulent quand même aller chercher leur pain à la boulangerie ».

    Selon un guide du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, la qualité de la relation humaine est à l’origine de 30% des variations d’apport alimentaire chez les seniors et permet de lutter efficacement contre la dénutrition et la perte d’autonomie. « Améliorer l’alimentation des personnes âgées, peut-on lire, c’est s’intéresser non seulement au contenu de l’assiette mais aussi à tout ce qui est autour du repas et qui en fait un moment agréable ».

    Par Nicolas Wallon- Corse Matin