Tag: alimentation

  • À Montpellier, la caisse alimentaire commune recrute !

    À Montpellier, la caisse alimentaire commune recrute !

    Un projet solidaire qui promeut une alimentation saine pour tous. C’est l’esprit de la Caisse alimentaire commune, lancée à Montpellier en 2022 par un collectif d’associations et d’organismes de recherche, rejoint par la Ville et la Métropole. Une expérimentation inspirée du projet politique de la Sécurité sociale alimentaire, dont les initiateurs tirent un premier bilan positif.

    D’une cinquantaine de personnes au départ, le dispositif s’est élargi à 500 foyers participants et ambitionne de franchir, d’ici la fin de l’année, le cap de 800 à 900 cotisants grâce à un appel à participation au long cours. Les volontaires peuvent d’ores et déjà candidater*. Des tirages au sort, établis à partir de critères destinés à maintenir la diversité des publics et les financements, auront lieu chaque mois (prochain tirage au sort le 20 avril, il faut avoir candidaté avant le 14) pour sélectionner les nouvelles recrues.

    Le système est le suivant : chacun cotise mensuellement en fonction de ses moyens et reçoit un budget alimentaire en fonction de la composition de son foyer. Le montant des cotisations n’est pas imposé, mais suggéré par un guide élaboré par le comité citoyen, instance démocratique qui gère la caisse. À titre d’exemple, pour une famille monoparentale avec deux enfants disposant de 1 800 euros de revenus – « une situation assez classique », selon la sociologue Pauline Scherer, cheville ouvrière du projet – la cotisation mensuelle suggérée est de 55 euros pour toucher 180 MonA (équivalent de 180 euros). Créée en partenariat avec la monnaie locale La Graine, cette monnaie alimentaire (MonA) est utilisable dans un réseau d’une soixantaine de points de vente conventionnés selon une diversité de critères, notamment la qualité des produits.

    50% des participants sous le seuil de pauvreté

    « J’étais dans une situation financière difficile. Non seulement ce soutien économique m’a aidée à dépasser la galère dans laquelle je vivais, mais désormais j’achète des produits qui sont bons pour ma santé et celle de mes enfants. Avant ce n’était pas possible », témoigne Samira, 53 ans, membre du comité citoyen et expérimentatrice de la première heure. « Pour les gens qui ont peu de moyens, la caisse peut vraiment changer la donne sur la vie quotidienne », confirme Pauline Scherer à partir des premiers résultats issus de l’étude qu’elle conduit sur le projet. La caisse alimentaire commune a d’ailleurs fait le choix de surreprésenter, parmi les participants, les personnes en situation de précarité. « 50% vivent sous le seuil de pauvreté, ce qui n’est pas représentatif de la population de Montpellier, autour de 19% », indique la sociologue. En revanche, 25% des foyers cotisent plus qu’ils ne reçoivent. Une proportion que les animateurs du projet aimeraient voir grandir, la caisse restant, aujourd’hui, financée à 50% par des subventions publiques (État, Ville, Métropole, Département, Région).

    * contact@caisse-alimentaire-commune.fr

  • Des espèces exotiques sous haute surveillance

    Des espèces exotiques sous haute surveillance

    Frelon asiatique à pattes jaunes, fourmi électrique, crabe bleu et cochenille tortue du pin. Réuni pour une deuxième session la semaine dernière, le comité départemental consacré à la lutte contre les espèces exotiques envahissantes a fait le point sur le suivi de développement de ces quatre bestioles qui prolifèrent dans le Var et font donc l’objet d’une attention particulière.

    Après une première réunion en février pour évaluer l’étendue des dégâts pour élaborer un premier diagnostic et présenter les dispositifs mis en place, il s’agit cette fois-ci de voir leur efficacité, d’identifier de nouvelles actions à mener dans les prochaines semaines mais surtout d’informer le public sur les gestes réflexes à adopter si jamais il était confronté à ces espèces. De véritables fléaux quand elles sont identifiées parmi les cinq causes majeures de l’érosion de la biodiversité sur un territoire qui concentre 50% des espèces de métropole dont 61% végétales et 83% des oiseaux nicheurs.

    Concrètement, une série de fiches a été établie à l’attention des habitants, des professionnels et des touristes dans le cadre d’une action de communication qui a démarré dès le début de ce printemps. Où l’on apprend que les stratégies de lutte sont très diverses, entre éradication et contention quand l’espèce est déjà trop installée.

    Un frelon bien installé

    Sur la fourmi électrique, arrivée d’Amérique du Sud et repérée pour la première fois dans le Var en 2022 à Toulon, des foyers se sont développés sur un peu plus de 7 hectares. Sa piqûre très douloureuse peut entraîner des inflammations sévères voire la cécité chez les animaux domestiques. Seule solution trouvée, l’insecticide même si des produits alternatifs sont à l’étude.

    La cochenille tortue du pin, originaire d’Amérique et introduite par l’homme en Italie, a elle infesté les pins parasols et maritimes du golfe de Saint-Tropez après être passée par Naples et Rome. Tel un vampire, elle suce la sève des arbres jusqu’à les tuer. Pour éviter sa propagation, les pépiniéristes, paysagistes et jardineries ont été sensibilisés, les arbres contaminés dans la nature sont élagués dans un périmètre contraint. Aucun traitement efficace n’a encore été trouvé.

    Plus connu, le frelon asiatique à pattes jaunes, qui a déboulé en France voilà plus de 25 ans est largement installé. Il faut donc vivre avec. Près de 85% de son alimentation étant composée de guêpes, de mouches et d’abeilles dont environ 40% domestiques, « il exerce une pression directe » sur les ruches note le comité départemental, en capturant les ouvrières à l’entrée. Il attaque aussi pour défendre son nid si un humain est à proximité, provoquant des piqûres multiples et des envenimations graves. Pas question de tenter de le détruire par ses propres moyens, prévient le comité, la chose devant être confiée à un professionnel.

    Dans l’eau saumâtre ou salée, on trouve enfin le crabe bleu, omnivore, dont la femelle est capable de pondre jusqu’à 2 millions d’œufs d’un coup. Tout ce petit monde pouvant parcourir jusqu’à 15 km, les équilibres écologiques locaux sont perturbés, le crabe entrant en concurrence avec les espèces autochtones. Outre sa surveillance étroite avec l’implication des pêcheurs et des scientifiques, le comité constate également que le crustacé est savoureux…

    Infos sur fredon.fr/paca

  • Bientôt un nouveau supermarché coopératif à Montpellier

    Bientôt un nouveau supermarché coopératif à Montpellier

    « J’habite dans les quartiers du nord de Montpellier. Si tu as envie d’avoir un supermarché avec des produits de qualités, à des prix accessibles, qui s’engage pour les agriculteurs sans rémunérer des actionnaires, ça n’existe pas. » C’est à partir de ce constat que Mathieu Boucon, riverain à Boutonnet et coopérateur du supermarché la Cagette dans le quartier Clémenceau, a eu l’idée, avec Pauline Fournis, également coopératrice et habitante des Beaux-Arts, de lancer le projet d’un supermarché coopératif, Le Cabas.

    C’est ainsi que les deux Montpelliérains commencent à plancher sur les bases de leur projet. « Nous nous sommes rapprochés de la Cagette, qui nous a aidé à monter notre site web*, créer un formulaire en novembre dernier. Puis nous avons commencé à contacter les gens. Grâce au bouche à oreille, nous sommes 175 personnes », poursuit Mathieu Boucon. Le principe est simple et veut reprendre le même système mis en place à la Cagette. Chaque coopérateur donne trois heures de son mois pour travailler au magasin. En échange, les coûts sont réduits et les coopérateurs sont les seuls décisionnaires et propriétaires.

    Étape par étape

    Une seconde réunion a été organisée début février où les statuts de l’association ont été déposés. Mais les porteurs du projet ne veulent pas mettre la charrue avant les bœufs. Première étape, « nous allons lancer un groupement d’achat afin de faire une seule commande par mois auprès d’un grossiste. Ce qui nous permettra de voir comment on travaille ensemble, tester les logiciels, constituer une trésorerie », énumère Mathieu Boucon.

    Ensuite, une fois le nombre de coopérateurs suffisants, est prévu de trouver un local de petite taille proposant une offre limitée. Une phase de test avant de se lancer dans le grand bain. « A terme, l’objectif est de trouver un local de 800m² dont 400m² de vente de manière à avoir une gamme complète et faire toutes ses courses », souligne Mathieu Boucon. Le Cabas s’adresserait à tous les riverains, sans condition de ressources.

    Un projet qui a de beaux jours devant lui à condition d’avoir suffisament de bras. Pour attirer les curieux, est prévue au cinéma l’Utopia la projection du documentaire Food Coop de Tom Boothe, suivant le modèle d’un supermarché coopératif, le 29 avril.

  • Un nouveau magasin alimenté par les producteurs locaux à Digne-les-Bains

    Un nouveau magasin alimenté par les producteurs locaux à Digne-les-Bains

    Vin de Pierrevert, compotes de Volonne, œufs de Mirabeau, miel d’Entrevennes… Le nouveau magasin de producteurs, ouvert depuis vendredi sur la zone industrielle Saint-Christophe de Digne-les-Bains, propose les produits locaux d’une soixantaine de producteurs du département. Quatorze d’entre eux se sont associés et ont investi dans la société (une SAS) pour faire naître ce projet.

    « Il est difficile de se faire une place et de trouver des endroits où vendre nos produits dans le département. J’étais obligée d’aller jusqu’à Aix, tous les marchés sont déjà pris », témoigne Alessia Anciaux Bach, éleveuse de chèvres à La Robine-sur-Galabre et présidente de la SAS Producteurs du Pays dignois, à l’origine du projet du magasin, appelé La Chèvre et le Chou. L’idée est d’ailleurs venue d’un producteur qui avait sollicité la Chambre d’agriculture, car il avait besoin d’un point de vente.

    Ici, chacun à tour de rôle, une trentaine de producteurs tiennent des permanences et travaillent dans le magasin, conseillent les clients et alimentent les rayons, deux demi-journées par mois. D’autres déposent juste leurs produits sans donner de leur temps et ont alors un taux de commission légèrement plus élevé (30% au lieu de 23%).

    Pratique et accessible

    « On a mis beaucoup de temps à trouver un local. Beaucoup étaient hors de prix, ou pas libres tout de suite. On a même fait une pause d’un mois et demi tellement on était démoralisés », se rappelle la présidente de la SAS. « On voulait que ce soit dans la zone industrielle Saint-Christophe, car on est très nombreux à être sur le marché, mais certains habitants ne peuvent pas y aller », explique-t-elle.

    « On a pas mal de producteurs dans les marchés, mais encore faut-il être disponible ! Ici, c’est plus proche de chez nous », abondent Eliane et Jean-Jacques, couple de retraités venus pour l’ouverture du magasin, contents de découvrir de nouveaux producteurs. Le magasin est facilement accessible et ouvert de 9h à 19h tous les jours, sauf le dimanche. Les travailleurs des alentours peuvent ainsi facilement y faire leurs courses sur leur pause déjeuner.

    Seuls quelques produits viennent d’autres départements voisins : des agrumes, du riz de Camargue ou encore des noix d’Isère. Dans les étalages, on trouve des fromages fourrés aux marrons, des produits de cosmétique à la lavande, des infusions de plantes locales, du safran de Provence, des fruits et légumes, des yaourts, et, à chaque fois, une photo et une présentation de l’agriculteur qui a produit les aliments proposés.

    2 avenue Gutenberg, Digne.

  • Une sécurité sociale alimentaire pour le Buëch

    Une sécurité sociale alimentaire pour le Buëch

    Aujourd’hui, en France, dans les Hautes-Alpes et dans le Buëch, une part de plus en plus importante de la population est en précarité alimentaire. » C’est le constat de départ que pose Gérard Hanus, président de l’association les Chemins solidaires qui gère l’épicerie de Laragne-Montéglin, un lieu d’entraide et d’accès à une alimentation de qualité. Avec plusieurs partenaires, il est à la baguette d’un projet de création d’une sécurité sociale alimentaire sur le territoire.

    « D’un côté, nous avons toujours plus de gens qui se restreignent en quantité et en qualité de repas, et de l’autre, des producteurs engagés dans la production alimentaire de qualité et locale, qui peinent à avoir un revenu correct face à la concurrence de l’agroalimentaire », explique Gérard Hanus. Le but de son projet est donc de soutenir un système alimentaire qui va vers plus de qualité, de bio, de local et qui soit moins difficile d’accès pour la population.

    La sécurité sociale alimentaire, déjà expérimentée depuis plusieurs années dans certains territoires, repose sur les mêmes piliers que la Sécurité sociale. « Chacun cotise selon ses moyens et reçoit la même allocation, explique Gérard Hanus. Ensuite, on dépense cette allocation dans les lieux conventionnés par la caisse, choisis démocratiquement. Le support peut différer selon les expérimentations, de cartes papiers, des applis numériques, une carte de crédit… » Tout le monde a ainsi accès à une alimentation de qualité, même les plus précaires, et l’initiative crée par là même un marché pour les producteurs locaux, souvent inaccessibles par le prix ou le manque de circuit de consommation.

    L’aide alimentaire débordée

    D’après les données publiques, 16% des Français vivent aujourd’hui en situation de précarité alimentaire et plus de cinq millions ont recours à l’aide alimentaire. « Les circuits d’aide alimentaire étaient à l’origine prévus pour répondre à situation exceptionnelle et marginale. Ils doivent désormais répondre à un problème généralisé », rappelle le président de l’épicerie solidaire. « La précarité est structurelle désormais, avec des mères de famille monoparentale qui cumulent des emplois à temps partiel, des retraités aux petites retraites, des étudiants précaires… » L’objectif à terme est de créer une septième branche de la Sécu, au même titre que la santé, la famille, la retraite, etc.

    Au total, quatre projets sont à l’étude dans les Hautes-Alpes : dans le Buëch, sur la zone d’Embrun et Serre-Ponçon, dans le Champsaur-Valgaudemar, et enfin le Briançonnais, avec différents partenaires locaux. L’Union départementale de l’économie sociale et solidaire des Hautes-Alpes (Udess), fait le lien entre ces différents projets locaux. Du côté du Buëch, l’initiative repose sur la coopération des Chemins solidaires, du parc régional des Baronnies provençales, de la MJC de Laragne-Montéglin, de la Croix Rouge locale et de l’Adear, l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural. Les réunions s’enchaînent depuis plus d’un an et se poursuivront sur l’année. Avec l’objectif, selon Gérard Hanus : « Qu’en 2027, on passe à la mise en pratique concrète. »

  • [Week-end] Pourquoi manger n’est pas un acte anodin

    [Week-end] Pourquoi manger n’est pas un acte anodin

    Classé parmi les besoins physiologiques, cet acte essentiel est effectué plusieurs fois par jour. Mais lequel d’entre nous s’est-il demandé la différence entre s’alimenter ou se nourrir ? Joëlle Zask nous propose d’en discuter ensemble samedi à 17h30. « La question du partage de la nourriture, de l’hospitalité, de la gastronomie est devenue très présente dans le débat sociétal, mais qui y a vraiment accès ? », se demande l’autrice.

    Dépendance alimentaire

    Pour Joëlle Zask « l’alimentation crée de la dépendance au sucre, au gras, aux traitements… En transformant la nourriture en alimentation, on découvre toutes sortes de mécanismes d’asservissement, via l’empoisonnement, le développement d’addiction ou encore la difficulté d’accès aux circuits courts. » Pourtant le développement de l’agro-industrie depuis la révolution verte des années 1960 prétendait être « la seule solution pour nourrir 9 milliards d’êtres humains ». En 2026, le constat est tout autre. Depuis 6 ans, la population mondiale souffre à nouveau d’insécurité alimentaire. « L’obésité tue 3 fois plus que la faim », souligne l’autrice dans ses recherches.

    Sur le simple constat que l’autosuffisance alimentaire n’est pas innée mais acquise, la question du comment donner à manger sans plonger l’enfant dans la vulnérabilité devient essentielle. La grande distribution et ses propositions ultratransformées persuadent d’être la seule alternative. « Ce n’est pas faux, c’est très compliqué de revitaliser les circuits courts, de les reconstruire à partir du moment où on a supprimé toute l’ancienne infrastructure », déplore-t-elle.

    Des plus jeunes aux plus âgés en Ehpad, à travers l’Histoire, les civilisations, les courants économiques, ou simplement les traditions, Joëlle Zask brosse un portrait très réaliste d’une société malade. Et questionne : « Si une société dite démocratique doit permettre à chacun de manger à sa faim, comment sortir de cette spirale ? »

    Conférence samedi à partir
    de 17h30 à la librairie de la Friche (3
    e). Gratuit sans réservation.

    « Donner à manger », éditions Premier parallèle, 201 pages, 17 euros,

  • La première cantine solidaire à prix libre ouvre ses portes à Digne-les-Bains

    La première cantine solidaire à prix libre ouvre ses portes à Digne-les-Bains

    Créer du lien et permettre à tous d’accéder à une alimentation saine à prix abordable, en fonction de ses moyens : tels sont les objectifs de l’association Chiche, qui a organisé mercredi sa première cantine solidaire à Digne. « Pour l’instant, on a essentiellement des personnes qui ne sont pas en précarité », regrettent les organisatrices. La cantine est ouverte à ceux qui ont les moyens, essentiels pour l’équilibre économique. « Pour que le modèle économique fonctionne, il faut toujours un tiers des repas réservé pour les personnes en précarité », explique Gitanjali Picovschi, l’une des trois fondatrices de Chiche. Les sommes plus importantes données par les personnes qui ont les moyens permettent de financer les repas de celles qui sont dans le besoin, les ingrédients et les locaux. « Si une personne ne paye pas, il faut derrière qu’une personne paye », précise Gitanjali Picovschi. « Si on a que des personnes qui ont les moyens, ça devient un entre-soi, un restaurant, ce n’est pas l’intérêt », ajoute-t-elle.

    L’association Chiche a été créée en juillet 2024 avec l’objectif d’ouvrir la première cantine solidaire de Digne. « Pendant un an et demi, en attendant d’avoir nos locaux, on a participé à des actions culturelles, fait des buffets et structuré un réseau de bénévoles », explique Fanny Lorgeron, une autre des trois femmes à l’initiative du projet. « Depuis des mois, on travaille et rencontre les services sociaux du département, les associations locales », pour faire connaître la cantine et ramener un public précaire.

    À la recherche d’un local

    Six travailleurs du CADA sont d’ailleurs venus tester la première cantine mercredi midi, pour ensuite la faire découvrir aux demandeurs d’asile bénéficiaires. Chiche loue un local partagé à l’association étudiante Pan’IUT et cherche à en acquérir un nouveau, toujours dans le quartier prioritaire de la ville du centre ancien. Au menu pour ce premier jour : au choix, boulettes de viande ou steak de butternut, houmous, salade composée et moelleux au citron avec sa sauce à la lavande. Ce jeudi, pour le deuxième, ce sera tarte aux poireaux, avec une version aux lardons, velouté de courge et crème au chocolat. En cuisine, plusieurs bénévoles, parmi lesquels « un monsieur qu’on a croisé tout à l’heure dans la rue », lance Gitanjali Picovschi. « N’importe qui peut venir cuisiner » et bénéficier d’un repas gratuit pour le remercier de son aide. « On a même des personnes précaires qui viennent cuisiner, voir du monde, mais ne mangent pas car elles ont besoin de collectif plus que de repas », explique Fanny Lorgeron. L’idée est aussi de « permettre à tout le monde d’apprendre de nouvelles choses et partager des nouvelles recettes ». Des demandeurs d’asile maliens ont déjà réalisé des recettes de leur pays lors de l’inauguration de l’ancien local de Chiche, que l’association n’a finalement pas pu garder. « Au début, on avait peur de pas avoir suffisamment de monde, mais en fait on a été complet en trois jours ! », se réjouit Fanny Lorgeron.

  • Un salon de l’Agriculture sous tension

    Un salon de l’Agriculture sous tension

    C’est malheureusement devenu une constante. Le Salon international de l’agriculture, dont le coup d’envoi est donné ce samedi à Paris, Porte de Versailles, va se tenir dans un contexte de tension exacerbée, dans la lignée des précédentes éditions et de la colère du monde agricole.

    En toile de fond, les politiques libérales, historiquement pointées du doigt par une large part du milieu. Et dans le rôle de l’ennemi public numéro 1, l’Union européenne, vectrice de dumping social, de concurrence entre ses membres et d’accords de libre-échange nocifs pour les agriculteurs. C’est justement sur ce dernier point que le courroux a atteint un niveau particulièrement important ces derniers mois, avec la signature, crainte depuis des années et désormais entérinée, d’un accord de libre-échange entre Bruxelles et le Mercosur.

    De ce fait, la Confédération paysanne a annoncé qu’elle boycottait l’ouverture du salon et le traditionnel petit-déjeuner entre le président de la République et les syndicats. « Nous ne voulons pas être la caution de ce spectacle désolant lors duquel Emmanuel Macron a pour habitude de mentir », dénonce Thomas Gibert, porte-parole national du syndicat.

    « Sortir du dogme

    de la compétitivité »

    Ce dernier pointe du doigt l’absence de « la mise en place des prix planchers, qu’il avait promise il y a deux ans. L’année d’après, il nous avait promis, la main sur le cœur, de tout faire pour empêcher le traité de libre-échange avec le Mercosur. Encore une fois, la promesse n’a pas été tenue. Il n’a pas été assez proactif pour construire la minorité de blocage nécessaire ». Mais il indique que la Confédération paysanne sera bien présente pour le reste du salon, afin de porter « la question de la régulation du marché qui est selon nous indispensable pour avoir un revenu paysan et changer de modèle agricole. Les lois récentes, comme la loi Duplomb, ont pour objectif de rester compétitifs sur le marché international. Le problème est qu’on va aller vers toujours plus d’industrialisation, d’abaissement des normes environnementales et sociales. On a besoin de réguler le marché pour sortir de ce dogme de la compétitivité, de produire d’une manière moins intensive, pour utiliser moins de pesticides, avoir un meilleur revenu, pour protéger notre agriculture et de fait notre alimentation ».

    Le syndicat compte également dénoncer la loi d’urgence agricole annoncée en janvier par le Premier ministre Sébastien Lecornu : « C’est une réponse aux revendications de la FNSEA. On s’oppose à cette vision de l’agriculture, qui défend les intérêts d’une poignée au détriment de l’ensemble du monde paysan, toujours à destination de l’agro-industrie. On veut crier haut et fort cette différence, et pointer cette cogestion entre la FNSEA et le gouvernement, qui a poussé les politiques agricoles depuis des décennies dans l’impasse dans laquelle on se trouve », clame Thomas Gibert.

    Autre problématique : la dermatose nodulaire contagieuse, et la critique de l’action gouvernementale en la matière. Pour la première fois de son histoire, aucun bovin ne sera présent au salon, ce qui constitue, pour le syndicaliste, « la vitrine de l’échec de cette politique sanitaire inhumaine. L’abattage n’est pas justifié, c’est une décision prise uniquement sous le prisme d’une visée exportatrice, alors que des solutions scientifiques existent ». Une maladie dont ce maraîcher de Haute-Vienne « craint la résurgence au printemps, car les vecteurs risquent de se réveiller avec la hausse des températures. Il est hors de question qu’on revive le même drame que cet hiver, mais on n’a pas de réponse, et il n’y a toujours pas de volonté politique de sortir de l’abattage total », martèle-t-il, annonçant une conférence de presse à ce sujet lundi.

    « La régulation du marché
    est indispensable »

  • Alimentation solidaire : le pari de la « Superluette » à Montpellier

    Alimentation solidaire : le pari de la « Superluette » à Montpellier

    Fruit d’une collaboration étroite entre quatre associations et la Ville de Montpellier, qui a acquis et rénové les locaux (350 m²) pour y accueillir ce projet collectif, la Maison de l’alimentation solidaire (MAS) de Celleneuve, située allée Antonin Chauliac, a été inaugurée le 7 février.

    L’enjeu de la mixité

    Baptisé « Superluette », le lieu regroupe une épicerie solidaire (produits alimentaires locaux, pour la plupart bio, à des tarifs réduits pour les foyers modestes), un café et une cantine participative avec des ateliers de cuisine pour préparer des repas. Y seront également proposés des temps de débat sur les questions d’alimentation, une programmation culturelle et d’autres activités comme des ateliers de théâtre.

    « Ce n’est pas une simple épicerie ou un endroit où on va juste acheter et consommer, c’est un lieu qui se veut expérimental et démonstrateur. Un lieu de lien social, ouvert à toutes et à tous quel que soit leur milieu social, leurs origines, leur culture, leur âge  », insiste Marie Massart, adjointe au maire à l’alimentation et à l’agriculture urbaine. « C’est un enjeu compliqué à relever : la mixité sociale, culturelle et générationnelle. On ne veut pas que ce soit identifié comme un lieu dédié aux personnes en situation de précarité, ni, à l’inverse, comme un lieu pour les bobos. On veut que tout le monde s’y sente bien. »

    Autre originalité du projet : La Superluette est aussi un lieu de recherche-action. La sociologue Pauline Scherer, fondatrice de LaBoca (Laboratoire des communs de l’alimentation), l’une des quatre associations qui co-gèrent le lieu (avec Vrac & Cocinas, l’Esperluette et la Caisse alimentaire commune), va en effet mener un travail de « recherche participative avec les premiers concernés, les habitants. La question de l’accès à l’alimentation et des conditions de production nous concerne tous ».

    Entre février et avril, « des chantiers participatifs se dérouleront avec les habitants, pour aménager progressivement le lieu », avant une ouverture au grand public prévue le 13 avril, au lendemain d’une grande journée festive le 11.

  • Pour manger sain et local à Alès

    Pour manger sain et local à Alès

    Les équipes d’Alès c’est vous ont effectué un constat implacable : entre 2014 et 2024, « une surface comparable à 10 terrains de foot de terres agricoles et naturelles a été artificialisée ». Devant ce bilan mais aussi face aux conséquences du dérèglement climatique de plus en plus visibles dans la cité cévenole et face à des crises agricoles qui se succèdent, la liste de gauche veut présenter un programme ambitieux pour « bien manger, sain et local ». « L’autonomie alimentaire d’Alès Agglomération est de seulement trois jours. À Alès, c’est d’une demi-journée car il n’y a pas d’agriculture et pas de production », ajoute Béatrice Ladrange, élue d’opposition.

    Pour y remédier, l’élue souhaite la création d’une ferme pédagogique dont le coût d’achat du terrain a été estimé à 250 000 euros. « Il faut à la fois favoriser l’installation d’agriculteurs et créer une ferme municipale pour que la ville fournisse une alimentation saine aux publics prioritaires que sont les enfants des écoles, les Ehpad et les hôpitaux. Plein de villes le font en France donc c’est possible. À Barjac, Édouard Chaulet vient de créer une ferme municipale par exemple », précise Béatrice Ladrange qui veut aussi transformer cette ferme en outil pédagogique pour les scolaires. L’élue souhaite aussi « créer une ZAP qui est une Zone agricole protégée qui limiterait l’artificialisation des sols et aiderait l’installation d’agriculteurs ». Alès c’est vous, souhaite aussi la création d’un marché de producteurs pour mettre en lumière les agriculteurs locaux.