Tag: Aix-en-Provence

  • à Aix, les travailleurs mobilisés pour les salaires

    à Aix, les travailleurs mobilisés pour les salaires

    Ils étaient un peu moins nombreux à défiler, ce jeudi, au départ du rectorat. 350 selon la police, 1 000 selon l’intersyndicale. Mais dans une démarche « tout aussi unitaire », prévient la CGT. Rejoints par des étudiants davantage mobilisés pour la libération de la Palestine, les corps de métiers du privé, du public, mais aussi les indépendants, aux salaires minimums ou plus élevés, ont battu le pavé.

    Certains par « ras-le-bol » de leur précarité, d’autre part solidarité, à l’image de Thierry, contrôleur aérien proche de la retraite. « Je le fais pour mes copains, ma famille, mes enfants. C’est une vision du monde sur l’avenir qui m’inquiète. Si je ne me plains pas de ma situation personnelle, je suis en grève pour le collectif. Je suis inquiet sur tout, notamment la précarité financière. Il y a un problème de partage de richesse », se désole-t-il.

    « Ce qu’il se passe aujourd’hui ne va pas. Les fonctionnaires ne sont plus reconnus ni valorisés, puisqu’on se retrouve avec aucune augmentation du point d’indice des grilles indiciaires. Il faut arriver à trouver une solution pour que ce ne soit pas toujours les mêmes qui trinquent de cette politique qui se met en place », souligne de son côté Alain Capus, responsable FSU des territoriaux pour la mairie d’Aix. La question des salaires, revient régulièrement dans le cortège.

    « Désespérant »

    « Le mien n’a pas augmenté depuis la nuit des temps ! Difficile, de boucler les fins de mois », résume simplement Linda, gestionnaire. « Nos salaires n’ont pas évolué de manière satisfaisante sur les 20 dernières années (…). Le gel d’indice qu’on nous annonce est encore un coup de rabot sur nos salaires, nos conditions de travail qui ne s’améliorent pas… C’est très compliqué », confie Aurélie Zanutto, déléguée CGT pour l’hôpital de Montperrin.

    Même constat pour Linda et Valérie, assistantes sociales, syndiquées CGT et FSU : « On a eu droit, l’an passé, à une réorganisation de notre service : résultat, on a toutes les collègues avec un établissement supplémentaire, une surcharge, des conditions pas satisfaisantes. (…) Plus rien n’a de sens. Notre salaire n’a pas augmenté, on a réussi à avoir, en 2024, des primes. On est démunis, on accueille les élèves, mais on n’a plus de fonds sociaux pour les aider. C’est désespérant. » Des prises de paroles ont conclu la mobilisation.

  • Une nuit d’immersion dans l’univers judiciaire pour en saisir les enjeux

    Une nuit d’immersion dans l’univers judiciaire pour en saisir les enjeux

    La justice est un univers complexe, surtout pour ceux qui ne la pratiquent pas au quotidien. Depuis 2017, sous l’impulsion de Laurent Fabius, président du Conseil Constitutionnel, les tribunaux ouvrent, une fois par an, leurs portes au grand public. L’occasion de rencontrer les professionnels du droit, mais surtout de saisir les enjeux en la matière.

    à Aix, la Nuit du Droit est de retour ce jeudi 2 octobre, dès 18h. La Ville du deuxième barreau de France ouvre les portes de deux de ses structures, aux côtés de ses partenaires. à commencer par le Palais Verdun, Cour d’appel. Le public pourra, dès 18h30, découvrir les coulisses de la justice à travers divers ateliers et rencontres. La soirée s’ouvrira avec une simulation de procès à destination des lycéens aixois, pendant qu’à l’extérieur, des stands présenteront les métiers du droit avec une sensibilisation au traitement d’une scène de crime par la police technique et scientifique. Un concours d’éloquence opposant étudiants et élèves avocats animera le Palais, tandis que de mini-conférences permettront d’échanger avec magistrats et avocats. Une expérience de réalité virtuelle sensibilisera au consentement et aux violences sexistes et sexuelles. Enfin, le documentaire Mineurs en peine, des procureurs en première ligne, grand prix du 32e Festival international du grand reportage et du documentaire de société (FIGRA) de Douai, sera projeté, suivi d’un débat avec Franck Rastoul, procureur général.

    Le tribunal judiciaire, boulevard Carnot, organise de son côté un quiz géant en quatre manches, en salle d’audience une. Certains ateliers nécessitent des inscriptions. Les liens sont sur le site de la Ville.

    Détails sur lanuitdudroit.fr.

  • Plongée dans la danse des rêves à Aix-en-Provence

    Plongée dans la danse des rêves à Aix-en-Provence

    Au son de synthétiseurs lancinants et de percussions quasi martiales qui battent la chamade en direct, les corps se déploient dans une transe toute chorale. Un ton libérateur scandé tout au long de Theatre of dreams, pièce conçue par Hofesh Schechter qui prend ses quartiers vendredi 3 et samedi 4 octobre au Grand Théâtre de Provence (GTP).

    « Cette pièce est portée par nos imaginaires collectifs qui concernent nos vies et nos sociétés avec leurs règles, les attentes auxquelles nous faisons face et ce qu’on nous permet de réaliser », résumait au moment de sa création le compositeur et chorégraphe, auprès du Théâtre de la Ville à Paris.

    « Accepter de perdre »

    Dans ce spectacle, 13 danseurs engagent leur corps pour embarquer le public dans ce qui se cache au plus profond des rêves. Une traversée de l’envers du décor physique et psychique des songes qui nous remuent. « C’est comme une plongée effrénée dans l’inconscient collectif pour mettre au monde une œuvre. Mais une déconstruction du récit collectif, ce théâtre des rêves dans lequel nous vivons et où se créent les structures de nos imaginaires », décortique Hofesh Schechter à propos d’une heure et demi lors de laquelle les artistes s’abandonnent sur scène. « L’idée était d’amplifier tout état dans lequel on se trouvait, de se laisser emporter et d’accepter de perdre ».

    Les 3 et 4 octobre à 20h. Entre 10 et 47 euros

  • La Nuit du bien commun dénoncée par plusieurs organisations de gauche

    La Nuit du bien commun dénoncée par plusieurs organisations de gauche

    L’événement se veut philanthropique. Lundi 6 octobre, la Nuit du bien commun doit lever des fonds pour une dizaine d’associations du territoire, au cours d’une soirée au 6Mic, salle de spectacle gérée par la Ville d’Aix et sous délégation de service public, qui devrait être bondée de mécènes. Fondée en 2017 par Pierre-Édouard Stérin, milliardaire exilé fiscal en Belgique, connu pour ses positions réactionnaires et proches de l’extrême droite, la Nuit du bien commun suscite l’inquiétude. Plusieurs associations, syndicats et responsables politiques alertent sur les liens entre cet événement caritatif et une stratégie de blanchiment idéologique, dissimulée sous des intentions charitables.

    En marge de la soirée, une mobilisation est prévue pour dénoncer le caractère controversé de l’événement. Depuis plusieurs semaines, collectifs, syndicats et associations sensibilisent sur la tenue de la Nuit du bien commun et appellent à rejoindre le mouvement. Le collectif Solidaires13 appelle à « bloquer » l’événement, qu’il décrit comme « un moment de réseautage et d’organisation pour l’extrême droite locale ». Le collectif aixois contre l’extrême droite dénonce également une opération de façade pour promouvoir le projet Périclès. « C’est au travers de ce type d’initiatives que Stérin et ses alliés poursuivent leur projet : gagner les esprits des Français aux idées de l’extrême droite », pointe le collectif.

    « mensonge éhonté »

    Si le milliardaire d’extrême droite s’est officiellement retiré de l’organisation, la polémique demeure. En cause, le fait que l’événement est organisé par l’entreprise Obole, plateforme de collecte de dons créée en 2017 et financée par Pierre-Édouard Stérin, également à la tête d’Otium Capital, Smartbox et du Fonds du Bien Commun. Les organisations de gauche craignent notamment que la Nuit du bien commun ne soit organisée au profit du projet Périclès (Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens, souverainistes) du milliardaire, dont les ambitions ont été révélées par le journal L’Humanité, en 2024.

    Marc Pena, député PS de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône, a exprimé « sa vive opposition au projet (…) initialement prévue à Marseille, mais refusée par la municipalité de la cité phocéenne ». L’élu appelle la Municipalité et le 6MIC à « prendre leurs responsabilités ».

    « Il est impossible pour nous de céder les espaces d’expression pour des idées telles que celles de Stérin, qui propagent une haine des uns, des autres, martèle Catherine Lecoq, comédienne et déléguée syndicale de la CGT Spectacles. On est sur du mensonge éhonté pour récupérer des fonds et cracher du venin par rapport aux prochaines élections. C’est impensable. » « Ce qui se passe à Aix est un cas d’école sur la façon dont l’extrême droite mène une bataille culturelle auprès d’associations, du public », ajoute de son côté Anne-Marie Alary, animatrice du collectif aixois contre l’extrême droite.

    « C’est un moyen de lever des fonds à l’heure ou il y a un gros serrage de ceinture des deniers publics et que beaucoup d’associations se rabattent sur les fondations de grandes entreprises, qui sont embouteillées, estime de son côté Grégory Vignier, directeur général de l’école de XV, qui lutte contre le décrochage scolaire des plus précaires, en lien étroit avec l’éducation nationale et participe à sa troisième Nuit du bien commun. 100% des dons nous sont reversés, pas un centime n’est reversé à Obole. Les mécènes n’ont aucun droit de regard sur l’utilisation que nous faisons des crédits attribués et nous avons l’obligation de signer une charte qui nous oblige à éviter tout prosélytisme religieux ou politique dans nos actions. Si l’organisation était d’extrême droite, elle ne financerait que des initiatives qui ont un rapport politisé à l’extrême droite. Je ne pense pas que l’insertion de détenus, le soutien aux femmes battues ou la scolarité soient des politiques prioritaires de l’extrême droite. »

    Sollicitée, la Ville n’a pas pu répondre avant le bouclage de notre édition.

    « C’est un cas d’école sur
    la façon dont l’extrême droite mène une bataille culturelle »

  • À Aix-en-Provence, l’intersyndicale va revendiquer « la dignité » des travailleurs

    À Aix-en-Provence, l’intersyndicale va revendiquer « la dignité » des travailleurs

    Les syndicats battront aussi le pavé de la capitale de Provence : l’intersyndicale locale a annoncé répondre à l’appel national à la grève, ce jeudi. À Aix, le rendez-vous est donné à 10h30, devant le rectorat, lieu de départ « symbolique » pour les syndicats. Puis le cortège s’élancera vers la sous-préfecture. « On continue à mettre la pression sur le gouvernement, rappelle Fabienne Allard, représentante syndicale CFDT. Arrivé à un moment, il ne suffit pas de nous écouter ou de nous regarder, mais de nous entendre ».

    Parmi les revendications listées par l’intersyndicale, l’abrogation de la réforme des retraites, une justice fiscale, et la répartition des richesses. « Preuve terrible : visiblement, Lecornu part sur le même budget. Il est clair qu’ils n’ont rien compris », insiste Céline Peccini, co-secrétaire FSU-Snuipp 13. « La mobilisation est de plus en plus forte. On a réussi à faire abandonner la suppression de deux jours fériés, comme le décret des doubles bandes franchises médicales, pointe de son côté François Canu, secrétaire de l’union locale CGT. La CGT pense qu’il y a moyen que le 2 soit un tournant dans la mobilisation. C’est dans les boîtes que ça va se jouer. »

    Entre les appels nationaux à la mobilisation, les syndicats continuent de mener les actions locales. Ils seront par exemple ce mardi, aux Milles, pour tracter et encourager les salariés de la zone commerciale à rejoindre le mouvement.

  • Victoire juridique pour les ex-intérimaires de la Sad

    Victoire juridique pour les ex-intérimaires de la Sad

    Marseille

    C’est le terme d’un combat de longue haleine pour les droits des travailleurs précaires. La cour d’appel d’Aix-en-Provence a rendu justice, le 26 septembre dernier, à 18 intérimaires qui travaillaient à la Sad, filiale régionale de Presstalis, la messagerie de presse française, après plus de cinq années de procédure.

    Rappelons que la filiale avait été liquidée judiciairement, en 2020, privant la région de distribution de la presse pendant de longues semaines et mettant sur le carreau plus de 130 salariés, dont une partie d’intérimaires. « On était sur des CDI déguisés, il y avait une vraie exploitation de la précarité. On l’avait combattu à l’époque, avec un travail syndical pour l’embauche de 35 intérimaires en plusieurs vagues. Mais on n’avait pas pu finir ce qu’on avait commencé à cause de la liquidation, d’où la poursuite du combat via la justice », campe Nicolas Guglielmacci, ancien délégué syndical de la Sad, aujourd’hui secrétaire général de l’Union Locale CGT Vitrolles et figure de la CPMM, Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne. Cette dernière a repris l’activité de la Sad suite au combat des ex-salariés de la filiale pour le maintien de l’emploi après la liquidation.

    Les intérimaires « étaient indispensables, certains étaient à temps complet, sur des postes fixes ». Pire, « ils étaient en intérim depuis des années, le plus ancien depuis décembre 2013, le moins ancien depuis 2017 », selon Me Léa Talrich, avocate en charge du dossier, qui pointe des recours « abusifs ». D’où la victoire jugée « plus que symbolique » par la CGT et les ex-salariés de la Sad grâce à la décision de la cour d’appel d’Aix. « Elle reconnaît le besoin permanent de main-d’œuvre et requalifie les contrats à l’encontre de PSI, entreprise d’intérim, et de la Sad. Ils obtiennent donc des rappels de salaires sur la base du CDI qu’ils auraient dû avoir », développe Léa Talrich.

    « Certains travaillent actuellement chez nous »

    En clair, « la décision vient reconnaître qu’ils auraient dû être en CDI et qu’ils ont fait l’objet d’un licenciement abusif au moment de la liquidation judiciaire ». Et ils bénéficient « d’une reconstitution de carrière sur les trois dernières années avec les rappels de salaires, les cotisations… ». Comme le résume Nicolas Guglielmacci : « Ils ont enfin été rétablis dans leurs droits après des années de bataille. » De quoi boucler la boucle avec la reprise de l’activité de la Sad par la CPMM : « On a oublié personne ! Symboliquement, c’est peut-être le dernier combat sur la partie Sad Marseille. On a récupéré l’ensemble des travailleurs qui voulaient venir avec nous, de même que l’ensemble des prestataires, certains intérimaires travaillent actuellement chez nous. » Reste que Léa Talrich dénonce « des délais excessifs » pour le jugement et prévoit « un recours en responsabilité de l’État » sur le sujet.

  • Le cinéma n’ouvrira pas cet automne

    Le cinéma n’ouvrira pas cet automne

    Le cinéma des 3 Casinos ne rouvrira finalement pas ses portes à temps pour le Festival cinématographique d’automne, inscrit à l’agenda culturel pour octobre. Dossier culturel épineux depuis près de dix ans, totalement fermé depuis novembre 2022, l’actuelle majorité avait assuré, lors de sa campagne en 2020, prendre à bras-le-corps les rénovations du lieu.

    En conseil municipal, jeudi 25 septembre, le dossier a de nouveau été mis sur la table après une question posée par Jean-Marc La Piana (SE), chef de file d’un des deux groupes d’opposition de gauche : « Est-ce qu’on pourrait avoir un état des lieux sur le cinéma ? ». Dossier d’huissier à l’appui, projeté face à la salle de conseil, le premier adjoint, Antonio Mujica, s’est appliqué à détailler les raisons de ce retard, sur cet « ouvrage ancien » pour lequel il existe une « part d’aléas conséquents, d’un autre type de nature », selon l’élu.

    Première surprise, la présence d’amiante a été découverte lors des premiers travaux de diagnostic. Après désamiantage des zones, l’entreprise chargée d’une dépose découvre « des dizaines et dizaines de mètres cubes de gravats dissimulés sous la scène [fermée en 2013, Ndlr], visiblement issus du chantier de 2011. Le plus grave étant que la majeure partie des déchets étaient constitutifs de déchets amiantés », poursuit Antonio Mujica. Devant la gravité de la situation, nous avons rapidement fait réaliser un constat d’huissier. Ces aléas ne révèlent pas d’un aléa technique classique, mais d’un aléa d’un autre registre que nous vous laissons apprécier. Tant sur le suivi de cette opération que sur la gestion du domaine public », assène le premier adjoint, sans pointer explicitement l’ancienne municipalité. Des défaillances dans la structure ont également été soulignées dans la présentation.

    Ouverture fin décembre

    « Quand vous voyez comment étaient montés les murs, on se demande comment ça a pu tenir autant de temps sans qu’il n’y ait un drame (…) la mise en danger d’autrui se fait à double titre », conclut le premier adjoint. « On ne va pas commencer à faire le procès de l’ancienne mairie, intervient Hervé Granier, maire (LR) de la commune. Les entreprises mandatées par l’ancienne mairie sont, elles, les responsables. Soyons factuels et honnêtes (…), on se retrouve aujourd’hui avec une structure fragilisée. » «  On a l’habitude qu’on dise que c’est de notre faute », intervient de son côté, Jean-Marc La Piana, élu d’opposition de gauche et ancien adjoint à la culture sous Roger Meï (PCF). Ce n’est pas la question, pour Hervé Granier. « On peut juste se dire : tant mieux qu’il n’y ait pas eu d’accident. Je veux juste que les gens comprennent pourquoi on est en retard (…) Par contre, (ces surprises) auraient pu impliquer la responsabilité pénale de M. Meï s’il y avait eu un accident », conclut le maire. La volonté de la municipalité est que ce cinéma sorte rapidement. (…) On a des délais fin décembre, début janvier. Honnêtement, que ce soit ouvert avant ou après les élections, on s’en fiche. »

    En attendant, une salle provisoire reste ouverte en face du chantier toujours en cours.

  • Le Mouvement associatif veut agir contre les idées du RN

    Le Mouvement associatif veut agir contre les idées du RN

    Comment « se ressaisir, par les têtes de réseau de notre capacité à rediffuser les valeurs de l’éducation populaire ? » Cette question, le Mouvement Associatif, organisation nationale qui fédère et représente les familles d’associations du territoire, l’a mise au centre d’une lutte contre la démocratisation des idées d’extrême droite.

    Jeudi, au Camp des Milles, les structures associatives se sont réunies pour une journée d’action : « Agir contre l’exclusion prônée par les choix électoraux ». Au centre des objectifs, comprendre les mécanismes qui mènent aux électeurs « ordinaires » à déposer un bulletin de vote pour le Rassemblement national ou d’adhérer aux idées de l’extrême droite, en général. Une conférence animée par Félicien Faury, sociologue et chercheur au CNRS, auteur de Des électeurs ordinaires. Enquête sur la normalisation de l’extrême droite, a permis d’apporter de première clef d’analyse issues de son enquête de terrain menée dans le Sud-Est. « L’idée est d’intégrer les résultats de sa recherche (…) pour essaimer dans nos pratiques ces résultats de compréhension des votes, explique Sandra Castebrunet, déléguée régionale pour le Mouvement Associatif. Nos fédérations pourront ensuite les transmettre dans leurs réseaux, les doter d’arguments pour aborder la question avec des populations qui ne sont plus habituées au débat ». À quelques mois des élections municipales et un glissement vers les votes RN sur le territoire, le Mouvement Associatif met un point d’honneur à s’ouvrir aux personnes « hors de ses réseaux » et rouvrir le débat, « faire de la pédagogie ».

    « Ce qui compte est de ne pas stigmatiser les électeurs, insiste Sandra Castebrunet. On ne va pas contre eux, on veut comprendre ce qui les amène à aller vers un vote comme ça ».

    Appel à la mobilisation

    le 11 octobre

    Travail d’autant plus important au sein des associations, porteuses de « respiration démocratique » pour la société, selon Yannick Gallien, président du Mouvement Associatif Sud-Paca. « Nous attendons que la vision commune, partagée, permette d’agir là ou chacun peut être. Non pas pour rendre des pensées uniques mais pour ouvrir des esprits et rappeler que vivre en société c’est vivre en harmonie », souligne Yannick Gallien, qui ajoutera : « Nous refusons d’être bâillonnés ».

    La journée s’est d’ailleurs déroulée à quelques jours d’un appel à mobilisation le 11 octobre, lancé par le Mouvement associatif. Dans les Bouches-du-Rhône, l’action se déroulera à Marseille, les informations sur le lieu restent à définir. L’axe de la mobilisation ? Le financement, dont la réduction fragilise la liberté d’action des associations.

  • L’œuvre de Claude Chabrol sonde l’âme humaine à Aix

    L’œuvre de Claude Chabrol sonde l’âme humaine à Aix

    « Moraliste gourmand et lucide sur les humains que nous sommes, Claude Chabrol a construit une œuvre qui, avec humour et cruauté, fait tomber les masques et tire à vue sur les puissants, les arrogants, les bien-pensants… et les cons », écrit Cécile Maistre-Chabrol. La fille et assistante pendant 25 ans de ce maestro des films noirs et des comédies de mœurs disparu il y a 15 ans, auquel l’Institut de l’image d’Aix-en-Provence consacre un cycle pendant le mois d’octobre.

    Avec 58 bobines réalisées en un demi-siècle, qui comportent « des chefs-d’œuvre, des films de commandes et même des navets », retrace-t-elle avec lucidité, Claude Chabrol a entre autres marqué cinéphiles et grand public avec sa capacité à gratter le vernis du charme, a priori si discret, de la bourgeoisie. Illustration éloquente en 1969 La femme infidèle, triangle amoureux incarné par Stéphane Audran, Michel Bouquet et Maurice Ronet, révélateur de sa fascination pour Alfred Hitchcock, autour de l’histoire d’un mari cocu qui engage un détective privé sur les traces de l’amant. Il faut dire que le cinéaste aime percer les dehors flatteurs de l’âme humaine, pour en extraire à l’écran toute la substantifique dramaturgie.

    « Auteur populaire »

    « Chabrolien ». Le mot s’est immiscé dans les pages de certaines encyclopédies pour évoquer « une exploration critique de la société et des comportements humains ». C’est dire son influence dans le monde du cinéma et parfois au-delà. Un credo notamment arpenté dans Le boucher (1970), chronique de « la vie quotidienne d’un village du Périgord, bouleversée le jour où une fille d’un bourg voisin voisin est retrouvée assassinée, la directrice de l’école suspectant le boucher, avec qui elle est encore amie », indique le programme de l’Institut de l’image d’Aix. Ou encore dans Les bonnes femmes, réalisé 10 ans plus tôt, qui s’inscrit dans les pas de quatre travailleuses parisiennes dans un magasin ménager, filmées avec une sociologie froide et un cœur chaud.

    « Parce qu’il n’a jamais brandi la carte du génie, il est devenu un auteur populaire », affirme Cécile Maistre-Chabrol, présente à Aix les 4 et 5 octobre pour présenter certaines pièces maîtresses de Claude Chabrol comme Que la bête meure, Juste avant la nuit et Les noces rouges.

    Le cycle initié par l’institution aixoise sera également l’occasion de voir ses deux premiers films : Le beau serge (1958) considéré par certains critiques comme le premier long-métrage de la Nouvelle vague, ainsi que Les cousins (1959), avec les performances de Gérard Blain et Jean-Claude Brialy, pour une cohabitation a priori banale mais qui va se révéler électrique.

    Programme complet sur www.institut-image.org

  • Gaudin, deuxième du nom

    Gaudin, deuxième du nom

    Dans la famille Gaudin, on appelle le fils. En tapant dans l’œil du Paris Saint-Germain, club qui règne sans vergogne dans le championnat français depuis 2013, Noah Gaudin (26 ans), fils du gardien double champion du monde avec les Barjots, en 1995 et en 2001, s’est fait une place au soleil. Mais le jeune arrière, qui a terminé sa formation au Provence Aix université club (Pauc) entre 2017 et 2020, a dû faire un sacrifice majeur pour en arriver là : quitter la France pour rejoindre le Danemark. Un « pari risqué » comme l’avait souligné son cousin Théo Derot, ancien arrière gauche international et fils de Gilles Derot, entraîneur d’Istres Provence Handball entre 2013 et 2025.

    Après avoir disputé trois saisons à Sønderjyske, avant de rejoindre le Skjern Håndbold, le natif de Hameln, ville allemande où sa figure paternelle a évolué l’année de sa naissance, a « appris une nouvelle culture du handball ». « C’est un jeu assez similaire à celui que l’on pratique en France, sauf qu’il est moins physique et qu’il y a plus de jeu de passes », juge Noah Gaudin, persuadé d’avoir notamment progressé sur « les montées de balle » et « le jeu rapide ». Ce qui lui permet aujourd’hui d’affirmer que sa « palette technique est plus large ». « C’est une expérience qui m’a fait beaucoup de bien », ajoute celui qui souhaitait « rejoindre un top club qui joue la Ligue des champions », à l’issue de sa cinquième saison danoise. Il avait honoré sa première sélection avec l’équipe de France senior lors d’un match de l’EuroCup face au Danemark, en mars 2025.

    Stagiaire au Pauc en 2017

    Tombé à pic, le Paris Saint-Germain a directement fait de son vœu une réalité. « C’est un rêve pour moi de jouer pour le PSG », martèle Gaudin, l’un des piliers de la génération 98-99 avec un certain Elohim Prandi, qu’il a rejoint dans le club de la Capitale au mois de juillet. « J’ai été très bien accueilli. On travaille très bien tous ensemble, c’est ce à quoi je m’attendais », révèle-t-il quelques jours avant d’affronter son ancien club. Seuls le capitaine Matthieu Ong et le Marignanais Gabriel Loesch étaient déjà présents dans l’effectif aixois lors de ses trois saisons passées à l’Arena.

    « On va devoir imposer notre jeu face à des joueurs très physiques », analyse l’arrière, qui avait fait de cet aspect du jeu sa priorité d’amélioration lorsqu’il a débarqué dans la cité du Roy René comme stagiaire pro, à l’âge de 18 ans. « J’ai eu la chance de pouvoir compter sur un très bon préparateur physique », souligne Noah Gaudin, en faisant référence à Alexandre Pongérard, toujours présent dans le staff aixois.

    L’arrière tricolore avait d’ailleurs pris 2 kg en trois semaines de préparation après avoir vécu une saison difficile à Cesson-Rennes, club entraîné par son père au moment de son prêt. « Je garde de très bons souvenirs au Pauc, j’y ai passé trois belles années », lance celui qui sera dans la peau de l’adversaire, dimanche (17h).