Tag: agriculteurs

  • La reconquête agricole, c’est tout droit Entre vignes et Coudon

    La reconquête agricole, c’est tout droit Entre vignes et Coudon

    C’est au Domaine Kennel, à Pierrefeu, que s’est tenue la semaine passée la conférence de presse de la 9e édition Entre vignes et Coudon, qui va se dérouler le 29 mai sur la place de la Liberté, à La Farlède. Une manifestation conviviale qui permet à la Ville de réaffirmer « son engagement en faveur d’une alimentation de qualité, du soutien aux producteurs locaux et d’un cadre de vie harmonieux, où se conjuguent respect de la nature, vitalité du territoire et convivialité ».

    «Quand on a lancé cette manifestation, on ne s’attendait pas à rencontrer ce succès », reconnaît le maire de La Farlède, Yves Palmiéri. Même si, dès le départ, tous les ingrédients étaient là pour que la mayonnaise prenne. En particulier cette envie de se retrouver et de passer un bon moment autour d’un verre, d’une belle assiette en savourant les produits du terroir.

    Pour des produits frais

    et locaux

    Un rendez-vous gourmand qui offre aussi à la commune la possibilité de mettre en avant la politique volontariste menée pour favoriser les circuits courts. Notamment en permettant à de jeunes agriculteurs de s’installer. La reconquête des terres en friche par la Ville permet de leur faire en effet profiter de conditions avantageuses. Et l’opération porte déjà ses fruits.

    Dans un département soumis à une énorme pression foncière qui fait disparaître les terres agraires ou les rend inaccessibles, l’initiative mérite d’être saluée. Et prouve que des outils existent pour favoriser des projets vertueux économiquement et environnementalement responsables.

    C’est à ce prix qu’on peut entre vignes et Coudon, par exemple, déguster des produits frais et locaux.

  • Pour les paysans, la nouvelle route grignote trop la terre

    Pour les paysans, la nouvelle route grignote trop la terre

    Ils n’écoutent pas nos propositions. On n’a rien contre la rénovation des routes, au contraire, mais ils font tout tous seuls. » Pour Joël Robert, éleveur bovin, les travaux, certes nécessaires, de réhabilitation de la D942 qui traverse la vallée de l’Avance, manquent de cohérence. Avec une vingtaine d’agriculteurs concernés, ils dénoncent une artificialisation excessive et évitable, de terres agricoles. Vitale pour relier l’A51 à la N94 et à la moitié nord du département, la D942, qui traverse le val d’Avance, fait l’objet d’une remise en état par le Département dans le cadre du plan d’investissements de 180 millions d’euros débloqués pour améliorer les routes avant l’arrivée des JO 2030.

    « Le problème, c’est que c’est très mal géré, il y a beaucoup de gaspillage. Chaque paysan ne perd pas des surfaces énormes, c’est 600 m2 pour ma part, 800 m2 pour le voisin, mais au total on perd près de quinze hectares de terres agricoles », regrette Joël Robert. Les agriculteurs déplorent des élargissements de chaussée qui empiètent sur les terres cultivées.

    Les écologistes s’indignent aussi

    Des revendications soutenues par les Écologistes des Hautes-Alpes, qui fustigent l’absence de concertation tout comme l’impact des travaux. « Écologiquement parlant, on ne peut pas accepter, sous prétexte des Jeux Olympiques décidés en déni de démocratie, de faire avancer des travaux à marche forcée pour privilégier le transport individuel, pose Francine Daerden, porte-parole du groupe. Et cela, en mettant à mal des terres agricoles dont on a besoin pour notre économie locale, au lieu de se tourner uniquement vers le tourisme haut de gamme, d’hiver. » De plus, selon elle, les zones de dépassement qui nécessitent d’élargir la route sur les terres agricoles, « ne serviront de toute façon à rien puisque les bouchons se concentrent toujours en traversant Tallard, à Chorges et au pont de Savines. » Néanmoins, ces élargissements de sols artificialisés ne sont pas dus qu’à la création de zones de dépassement mais aussi à des installations de sécurité routière, comme des îlots en béton de ralentissement au milieu des giratoires, ou encore la création de deux bandes de pistes cyclables de part et d’autre de la route. Face aux critiques exprimées, Marcel Cannat, vice-président en charge des transports, a convié les agriculteurs à une réunion ce mardi. Et d’après ces derniers, les conseillers ont affirmé étudier les propositions pour diminuer la taille des parcelles bétonnées.

  • À Aubagne, une micro-ferme pour sensibiliser à la biodiversité

    À Aubagne, une micro-ferme pour sensibiliser à la biodiversité

    Une micro-ferme agroécologique et pédagogique, c’est le projet qu’a imaginé Florent Bonello, fondateur des Jouals. À travers cette ferme, une cueillette de fruits et de fleurs se réalise afin de sensibiliser et de faire découvrir la biodiversité locale dès le plus jeune âge. « Le but était de faire découvrir et d’enseigner l’agroécologie », explique Florent Bonello.

    Depuis son plus jeune âge, le natif de Marseille vit au contact de la nature. Après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur en agroécologie, il a immédiatement imaginé un projet pédagogique autour de la biodiversité. Les visites auront lieu chaque samedi du mois de mai, de 14h à 16h. Pour le moment, elles se limiteront à la découverte du site, sans cueillette, les fruits et végétaux étant encore en pleine croissance.

    Un autre aspect important du projet concerne le financement. L’acte d’acquisition du terrain est en cours de finalisation et le fondateur des Jouals a lancé une campagne de parrainage, disponible jusqu’au 31 mai.

    Un appui majeur

    Les Agri’Culteurs, plateforme de financement spécialisée dans les projets agroécologiques, soutiennent le projet des Jouals. Pour financer les 657 arbres et arbustes, Florent Bonello a acté un partenariat avec la société qui a ouvert ses portes depuis plus d’un an maintenant. « Nous partons du principe que les agriculteurs ne peuvent pas porter seuls la charge de prendre soin de l’environnement », déclare Jeanne Bonnet, présidente de la plateforme les Agri’Culteurs. Une rencontre décisive pour Florent Bonello, qui a pleinement adhéré à la démarche. « Elle (Jeanne Bonnet) est venue directement sur le terrain et m’a orchestré un panel de médias avec des vidéos, des images et du son pour la communication des Jouals, c’était parfait », ajoute-t-il. Jeanne Bonnet complète : « Son idée de projet correspond totalement à nos valeurs. L’idée est de soutenir des agriculteurs engagés en allant les aider à trouver des financements. »

    À ce jour, 31 donateurs ont déjà contribué, et le projet continue de progresser. Florent Bonello espère voir ses végétaux pleinement développés d’ici septembre, tout en poursuivant son ambition pédagogique : « La sensibilisation par l’émerveillement, c’est la clé de la réussite. C’est même un spectacle pour les enfants », affirme-t-il.

    Campagne de parrainage sur le site lesarbri-culteurs.fr

  • La nappe phréatique de La Crau atteint des niveaux records

    La nappe phréatique de La Crau atteint des niveaux records

    En Crau, la nappe phréatique n’a rien de classique. Son alimentation est majoritairement d’origine artificielle : c’est l’irrigation traditionnelle des prairies de foin de Crau qui assure 70% de la recharge. La pluie complète cet apport principal. Ses fluctuations sont donc à rebours de celles des autres nappes méditerranéennes : les hautes eaux s’étendent sur la saison estivale, les agriculteurs submergeant les prés de mars à septembre, et les basses eaux marquent l’hiver. Mais, cette année, la météo exceptionnelle change la donne.

    Début mai, l’état quantitatif de la nappe est très satisfaisant, de nouvelles précipitations étant venues en mars s’ajouter aux pluies importantes de l’hiver. Les niveaux se situent partout au-dessus de la moyenne avec des records relevés dans le sillon d’Arles. « Ce qui est exceptionnel, c’est de passer d’une année extrêmement basse à une année haute à très haute, souligne Charlotte Alcazar, directrice générale du Symcrau, le syndicat qui assure la gestion de la nappe. Ces derniers mois, la pluie a été telle que le niveau a monté en hiver, alors que c’est habituellement une période où il descend. »

    Réduire la dépendance

    à la Durance

    Désormais, les irrigants doivent prendre le relais. « On a eu des tours d’eau qui ont été sautés au début du printemps, mais la nappe, qui devait être dans des niveaux de basses eaux, est plus haute, donc quelque part, ça se compense largement, poursuit Charlotte Alcazar. Après, en Crau, il faut toujours avoir un œil en Durance et pour le coup, elle a un enneigement plutôt moyen voire déficitaire. Donc ce n’est quand même pas une saison d’irrigation assurée à 100%, même si on n’est pas dans une crainte majeure. »

    La nappe vit sous perfusion de la Durance depuis quatre siècles. Une réflexion est donc engagée pour réduire cette dépendance. « C’est un objectif de long terme qui est nécessaire dans un contexte de changement climatique, il faut travailler au long cours pour avoir une meilleure efficience du transfert d’eau avec des canaux mieux entretenus, régulés, avec de meilleurs rendements, détaille Charlotte Alcazar. Et puis, c’est aussi adopter une politique de sobriété sur nos usages en Crau. »

    La directrice du Symcrau note : « Le schéma départemental d’hydraulique agricole montre qu’à l’échelle des Bouches-du-Rhône, l’effort à consentir sur les travaux représenterait dix fois l’investissement que la puissance publique et les canaux mettent en œuvre, à l’heure actuelle. Dans un contexte de tension budgétaire des collectivités au sens large, même s’il y a une mobilisation politique, les choses devront être échelonnées dans le temps, parce que ce sont des investissements colossaux. »

  • [Cadmium] Les agriculteurs défendent des normes plus strictes

    [Cadmium] Les agriculteurs défendent des normes plus strictes

    Près de la moitié (47,6%) de la population française est contaminée par le cadmium, métal lourd toxique pour la santé. C’est l’une des accablantes conclusions d’un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), publié le 25 mars dernier. En cause, notamment, le taux de cadmium autorisé dans les engrais français, établi à 90mg/kg, contre 60mg/kg dans l’Union européenne. Face à ce constat, Romain Blanchard, président de la FDSEA 13, plaide pour que les normes européennes et françaises s’alignent. « Je ne trouve pas normal qu’on soit les seuls à avoir un seuil supérieur. Ce que je demande depuis longtemps, c’est qu’on nous impose les mêmes règles lorsqu’on est dans le même marché », insiste le viticulteur et céréalier, installé au nord d’Aix-en-Provence. Il ajoute : « Je ne suis pas médecin ni biologiste. Si les gens dont c’est le métier disent qu’il y a de la toxicité en bout de chaîne, il faut faire en sorte qu’il n’y ait plus de toxicité. Mon job c’est de nourrir les gens, pas de les envoyer à l’hôpital. »

    Yannick Becker, porte-parole de la Confédération paysanne pour la région Paca, tient lui une position plus radicale. « C’est une preuve de plus de la non-soutenabilité de l’agriculture française, un symptôme de plus à prendre en compte, s’indigne-il. Il faut sortir du modèle économique dans lequel nous sommes et qui pousse les agriculteurs à utiliser ce genre d’engrais. Nous devons réfléchir à produire en quantité nécessaire pour nourrir les Français, pas pour contrer la concurrence européenne et internationale. »

  • Vaucluse : les cerisiers réunis avec le sénateur Stanzione

    Vaucluse : les cerisiers réunis avec le sénateur Stanzione

    Et ce pour un double objectif, « dresser un état des lieux précis des difficultés rencontrées par les producteurs et recueillir des propositions concrètes d’amendements afin de mieux adapter le futur cadre législatif aux réalités du terrain », explique le sénateur dans un communiqué. Il exprime également des réserves face au projet de loi actuellement discuté à l’assemblée, dont il juge le contenu « faible au regard des besoins. » En ciblant par exemple « l’absence de garanties solides pour assurer un revenu digne aux agriculteurs » ou encore « les limites des mesures contre la concurrence déloyale. »

  • Une campagne pour piéger les frelons

    Une campagne pour piéger les frelons

    Des aides financières pour la destruction des nids à destination des particuliers mais aussi des communes. C’est ce que propose le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône dans le cadre d’un vaste plan de lutte contre le frelon envahissant. Deux espèces sont dans le collimateur : le célèbre frelon asiatique à pattes jaunes, arrivé voilà plus de 20 ans et bien installé mais aussi son homologue, le frelon oriental.

    Des insectes qui présentent une « triple menace » indique le Département. Pour l’apiculture puisqu’ils sont à l’origine d’une surmortalité des abeilles, pour la préservation de la biodiversité car « ce sont des prédateurs des pollinisateurs sauvages locaux » et également pour « la santé et la sécurité des personnes » car leurs piqûres sont dangereuses.

    Autant de raisons d’engager un « piégeage de printemps » pour limiter la formation des nouvelles colonies, quand une seule reine frelon peut « en une année produire environ 13 000 ouvrières et 500 futures reines » précise le Département. La collectivité s’engage à financer les dispositifs pour les communes et regroupement de communes de moins de 200 000 habitants à hauteur de 70%.

    Des résultats

    « encourageants »

    Des pièges qui peuvent aussi être mis à disposition des particuliers, apiculteurs, agriculteurs ou entreprises. Pour les particuliers, une aide de 50%, plafonnée à 100 euros par intervention de neutralisation de nids est aussi mise en place. Depuis le lancement de ce plan en 2025, 69 municipalités et un groupement de 13 communes, Terre de Provence Agglomération, ont signé une charte de bonne pratique. Un référent communal a été nommé pour animer le réseau des piégeurs et alimenter un recensement national. Les premiers résultats sont « extrêmement encourageants » estime Didier Réault, vice-président du Conseil départemental délégué à l’Agenda 2030, affirmant que « les Bouches-du-Rhône sont aujourd’hui le département le plus actif au plan national » en matière de piégeage de printemps.

    Un dispositif qui a permis l’année dernière de capturer plus de 15 000 reines fondatrices de frelon asiatique à pattes jaunes sur un total de 35 865 bestioles attrapées en France. Pas moins de 15 reines fondatrices de frelon oriental ont aussi été prises sur un total de 115 dans le pays.

  • Une casserie d’amandes « bleu blanc rouge »

    Une casserie d’amandes « bleu blanc rouge »

    Dans la zone industrielle de Nicopolis à Brignoles dans le Var le bâtiment flambant neuf de la casserie de la Compagnie des amandes est silencieux. Depuis quelques jours, ce n’est pas les amandes qu’on y prépare, mais l’inauguration qui aura lieu ce lundi, en présence de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard et du président (Ren) de région, Renaud Muselier.

    Derrière de grands murs anthracite, d’où se détache le logo de la Compagnie des amandes, on sèche, on trie, on égousse et on décortique des amandes françaises. Et pour cela la casserie s’est dotée d’une machine de haute technologie italienne, mise au repos forcé pendant les préparatifs de l’inauguration. Une technologie qui permet de décortiquer plusieurs tonnes d’amandes en quelques jours. Une mécanique que Henry Dessigny, opérateur au cassage, connaît mieux que personne.

    Savoir-faire à réapprendre

    Cet ancien artisan s’est reconverti il y a tout juste un an pour aider son fils dans le projet fou d’ouvrir une casserie en Provence. Initiée et soutenue par la Compagnie des amandes, l’usine reçoit la machine en octobre 2025. « J’ai eu une formation d’une journée avec un Italien, car la machine a été fabriquée là-bas, explique le quinquagénaire. C’est un nouveau métier, parce qu’on n’avait plus trop ce savoir-faire en France. »

    Mais après cette première saison dans la casserie et 250 tonnes de fruits à coques décortiqués, Henri Dessigny est rôdé : « Avant de maîtriser parfaitement la machine, il faut casser une centaine de tonnes d’amande, précise-t-il. Mais comme on ne peut pas les perdre, on est très méticuleux et donc plus lents au début. » Car pour chaque espèce d’amandes, il y a un calibrage spécifique. Ce que l’opérateur appelle ses « recettes », c’est-à-dire les réglages qu’il doit effectuer sur la machine suivant leur taille, la façon dont les coques se cassent, pour que les amandes sortent parfaitement décortiquées. « Après il faut affiner les réglages suivant le producteur, et parfois même suivant les versants, car les fruits n’auront pas toujours la même taille », insiste-t-il.

    Une expertise acquise sur la machine qui lui permettra de gérer deux machines pour la saison prochaine, pour passer à 800 tonnes. « L’objectif est d’arriver à 2 000 tonnes d’amandes décortiquées d’ici 2030 », affirme Benjamin Dessigny, directeur de la casserie. Pour l’épauler, deux nouvelles embauches sont prévues, un agréeur pour vérifier les lots et un cariste pour conduire le chariot élévateur.

    Une augmentation de la production qui suit celle de la demande des agriculteurs d’amandes. « Il y a énormément de gens qui veulent travailler avec nous, explique Henri Dessigny, que ce soit des producteurs ou des distributeurs. Et même si on casse de plus en plus d’amandes, on a aucun mal à revendre les stocks », sourit-il.

    S’il existe encore quelques casseries en France, elles sont souvent de petite taille. Car depuis les années 1950, la production d’amandes a baissé, et avec elle le nombre de casseries. L’ambition est donc de redynamiser la filière tout entière, en cassant les amandes de la compagnie, mais pas seulement. « Nous avons des partenariats avec d’autres agriculteurs. Le but c’est d’arrêter de casser à l’étranger, et de vraiment faire des amandes fabriquées en France », insiste le directeur de l’usine. Car en France, l’amande, on l’aime. Que ce soit à croquer, dans des pralinés, pour les calissons ou pour l’orgeat, les Français la consomment. Mais pour répondre à la demande, on l’importe en masse.

    Actuellement, moins d’une amande consommée sur dix est française. L’ouverture de cette casserie semble donc être un petit pas de plus pour une meilleure souveraineté alimentaire du pays.

    « Le but c’est d’arrêter de casser
    à l’étranger, et faire des amandes fabriquées en France »

  • Une casserie d’amandes « bleu blanc rouge »

    Une casserie d’amandes « bleu blanc rouge »

    Dans la zone industrielle de Nicopolis à Brignoles dans le Var le bâtiment flambant neuf de la casserie de la Compagnie des amandes est silencieux. Depuis quelques jours, ce n’est pas les amandes qu’on y prépare, mais l’inauguration qui aura lieu ce lundi, en présence de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard et du président (Ren) de région, Renaud Muselier.

    Derrière de grands murs anthracite, d’où se détache le logo de la Compagnie des amandes, on sèche, on trie, on égousse et on décortique des amandes françaises. Et pour cela la casserie s’est dotée d’une machine de haute technologie italienne, mise au repos forcé pendant les préparatifs de l’inauguration. Une technologie qui permet de décortiquer plusieurs tonnes d’amandes en quelques jours. Une mécanique que Henry Dessigny, opérateur au cassage, connaît mieux que personne.

    Savoir-faire à réapprendre

    Cet ancien artisan s’est reconverti il y a tout juste un an pour aider son fils dans le projet fou d’ouvrir une casserie en Provence. Initiée et soutenue par la Compagnie des amandes, l’usine reçoit la machine en octobre 2025. « J’ai eu une formation d’une journée avec un Italien, car la machine a été fabriquée là-bas, explique le quinquagénaire. C’est un nouveau métier, parce qu’on n’avait plus trop ce savoir-faire en France. »

    Mais après cette première saison dans la casserie et 250 tonnes de fruits à coques décortiqués, Henri Dessigny est rôdé : « Avant de maîtriser parfaitement la machine, il faut casser une centaine de tonnes d’amande, précise-t-il. Mais comme on ne peut pas les perdre, on est très méticuleux et donc plus lents au début. » Car pour chaque espèce d’amandes, il y a un calibrage spécifique. Ce que l’opérateur appelle ses « recettes », c’est-à-dire les réglages qu’il doit effectuer sur la machine suivant leur taille, la façon dont les coques se cassent, pour que les amandes sortent parfaitement décortiquées. « Après il faut affiner les réglages suivant le producteur, et parfois même suivant les versants, car les fruits n’auront pas toujours la même taille », insiste-t-il.

    Une expertise acquise sur la machine qui lui permettra de gérer deux machines pour la saison prochaine, pour passer à 800 tonnes. « L’objectif est d’arriver à 2 000 tonnes d’amandes décortiquées d’ici 2030 », affirme Benjamin Dessigny, directeur de la casserie. Pour l’épauler, deux nouvelles embauches sont prévues, un agréeur pour vérifier les lots et un cariste pour conduire le chariot élévateur.

    Une augmentation de la production qui suit celle de la demande des agriculteurs d’amandes. « Il y a énormément de gens qui veulent travailler avec nous, explique Henri Dessigny, que ce soit des producteurs ou des distributeurs. Et même si on casse de plus en plus d’amandes, on a aucun mal à revendre les stocks », sourit-il.

    S’il existe encore quelques casseries en France, elles sont souvent de petite taille. Car depuis les années 1950, la production d’amandes a baissé, et avec elle le nombre de casseries. L’ambition est donc de redynamiser la filière tout entière, en cassant les amandes de la compagnie, mais pas seulement. « Nous avons des partenariats avec d’autres agriculteurs. Le but c’est d’arrêter de casser à l’étranger, et de vraiment faire des amandes fabriquées en France », insiste le directeur de l’usine. Car en France, l’amande, on l’aime. Que ce soit à croquer, dans des pralinés, pour les calissons ou pour l’orgeat, les Français la consomment. Mais pour répondre à la demande, on l’importe en masse.

    Actuellement, moins d’une amande consommée sur dix est française. L’ouverture de cette casserie semble donc être un petit pas de plus pour une meilleure souveraineté alimentaire du pays.

    « Le but c’est d’arrêter de casser
    à l’étranger, et faire des amandes fabriquées en France »

  • Atypique met en avant les fruits et légumes mal-aimés

    Atypique met en avant les fruits et légumes mal-aimés

    Les fruits et légumes qui ne correspondent pas aux standards de beauté, chez Atypique, c’est leur rayon. En compagnie de pommes, carottes et courges biscornus, le distributeur spécialisé dans les produits déclassés de saison et labellisés, est présent à la première édition de Sirha Méditerranée, du 15 au 17 mars au parc Chanot, le nouveau rendez-vous des professionnels de la restauration.

    Collaborant depuis 2024 avec plus de 50 producteurs locaux et 150 clients professionnels dans la région, Atypique souhaite s’implanter davantage et rencontrer les restaurateurs.

    L’histoire de ce grossiste commence par un constat. « Mes parents sont agriculteurs et avaient beaucoup de mal à commercialiser leurs fruits et légumes hors standard, donc ils les gaspillaient », explique Simon Charmette, 33 ans, un des cofondateurs.

    Acheter les invendus chez les producteurs, puis les vendre à des restaurations collectives et commerciales, le circuit est simple. Des produits destinés aux cantines scolaires, cantines d’entreprises, cafés, restaurants…

    45 tonnes de gaspillage évitées par mois

    Les produits sont de qualité même s’ils ne respectent pas les normes des grandes surfaces et sont avantageux par leur prix. « L’enjeu est de les aider à aller vers des produits de meilleure qualité, utilisables en cuisine, tout en respectant leur budget », indique Simon. Sur le territoire régional, ils « sauvent » chaque mois 45 tonnes de fruits et légumes du gaspillage.

    Ils travaillent avec des producteurs locaux de Châteaurenard, Aix-en-Provence et Toulon. « Nous valorisons ces produits pour apporter un complément de revenu aux producteurs qui les avaient gaspillés jusqu’à maintenant. »