Tag: agents territoriaux

  • Les agents des cimetières de Marseille au tribunal

    Les agents des cimetières de Marseille au tribunal

    Un boucan à réveiller les morts. Ce mercredi matin, devant le tribunal administratif de Marseille, la CGT n’a pas lésiné sur la sono et les fumigènes pour défendre les agents des cimetières de Marseille. Ces derniers contestent les sanctions reçues suite à une série de scandales sur fond de différents manquements, allant de la présence d’alcool sur le lieu de travail à des corps perdus ou entassés dans des sacs-poubelle, en passant par des soupçons de trafic de dents en or et de ferraille. Quatre ont été révoqués et mis à la retraite d’office, le dernier ayant été suspendu pendant deux ans, en avril 2024.

    In fine, l’audience posait la question de la responsabilité des « dysfonctionnements » dans le service funéraire de la Ville de Marseille. La CGT jugeant qu’ils sont « les boucs émissaires » d’un service acculé par les « carences et manques de moyens ». Quand la Ville de Marseille défend des sanctions justifiées et proportionnées au regard des fautes constatées. Notons qu’une enquête administrative a été rendue, en juillet 2024, et détaille la situation plus que tendue dans le service, entre manquements déontologiques et manque global de formation au droit funéraire. Si la CGT a fait entendre ses arguments avec force devant le tribunal, une décision sera rendue le 3 décembre prochain.

    Le rapporteur public a analysé les situations au cas par cas, mais il arrive globalement à des conclusions similaires pour les cinq agents : il préconise le rejet de toutes les demandes d’annulation de sanctions et de réintégration dans le service. Il juge, comme la Ville, que les sanctions sont « proportionnées ». Il rappelle que « certains faits constatés étaient susceptibles de qualification pénale », mais note également que le « trafic de dents en or ne semble pas établi ». Même principe pour le supposé trafic de ferraille, où il n’y a « pas d’éléments suffisants » pour l’établir. Reste qu’il précise également que d’autres « manquements sont établis ». Et notamment les diverses négligences et le manque de respect pour les défunts.

    Des « défaillances structurelles » ?

    Par exemple, pour le coordinateur des fossoyeurs, le rapporteur estime qu’il « ne pouvait ignorer les dysfonctionnements et qu’il n’a pas averti sa hiérarchie ». Le tout aboutissant à « des manquements répétés dans la considération pour les défunts ». Pour un autre agent, il relève « des négligences dans ses fonctions » et juge que les « arguments du manque d’organisation ne sont pas convaincants ». L’absence de tenue d’un registre de consignation des corps revient comme grief.

    Autant dire que Me Shirley Leturcq, avocate qui défendait trois agents via la CGT, n’était pas vraiment de son avis. Elle a rappelé « une situation effective d’encombrement » dans les concessions marseillaises et que « les agents ne savaient plus où déposer les corps ». Et de questionner : « Pourquoi l’on cristallise sur ce service ? (…) La division fossoyage n’agit jamais de sa propre initiative. » Sur l’absence de tenue de registre comme la supposée l’absence d’alerte de la part des agents, elle répond que « les problématiques étaient connues publiquement dès 2018 », en renvoyant à divers articles de presse et alertes lancées en interne. Et pointe un paradoxe : « La situation était parfaitement publique, mais ça serait des agents de catégorie C qui devait la faire remonter ? » Avant de développer : « Ce sont les agents eux-mêmes qui ont dit qu’il n’y avait pas de registres. » Elle pointe surtout « des dysfonctionnements beaucoup plus larges », en citant l’enquête administrative sur les « défaillances structurelles du service ». Reste à savoir si cela a convaincu la justice administrative.

  • Le droit syndical bafoué à la mairie d’Uzès ?

    Le droit syndical bafoué à la mairie d’Uzès ?

    Après une réunion prévue de longue date à Uzès, les territoriaux ont occupé le parvis de la mairie pour soutenir les trois élus syndicaux CGT qui dénoncent des atteintes à leur droit syndical. « Aux élections professionnelles de 2022, la CGT a remporté trois des quatre sièges de la mairie d’Uzès. Mais depuis plusieurs mois, on nous empêche d’aller aux réunions départementales des territoriaux pour motif de nécessité de service. Des journées de formation syndicale nous ont aussi été refusées », s’agace Jacques Martin, le délégué syndical CGT. « La nécessité de service n’est pas justifiée. Comme je suis resté, j’ai travaillé comme d’habitude, il n’y avait pas plus d’événements. Si ça avait été en juillet ou en août, où il y a beaucoup de festivités à Uzès, je ne serais pas allé aux réunions départementales parce que je sais que nous avons beaucoup de travail. Nous sommes responsables », précise l’électricien de la collectivité. La CGT a aussi interpellé le préfet sur ce sujet.

    Un local pour la CGT

    La CGT fustige également l’absence de local syndical au sein de la mairie pour recevoir les agents qui le souhaitent. « Ça fait plusieurs années qu’on le réclame mais on ne voit rien venir alors qu’ils sont tenus de nous donner un bureau. Parfois, ils nous laissent une salle quand on en fait la demande, mais ce n’est pas suffisant pour informer sur les droits des salariés. Je ne peux pas travailler dans ces conditions, j’ai besoin d’une pièce pour ranger nos papiers et accueillir les salariés », prévient Jacques Martin.

    Face à ces critiques, le maire Jean-Luc Chapon (DVC) n’a pas reçu les élus CGT de la mairie mais s’est entretenu avec Philippe Alby, secrétaire de l’Union locale CGT Pays d’Uzès, mercredi 5 novembre. Il lui a notamment promis un local pour l’UL et non pour la CGT de la mairie. « C’est vraiment un pied de nez qui nous est fait. La veille de notre mouvement, il lui a proposé d’aller visiter un local la semaine prochaine », fustige Jacques Martin qui espère être rapidement reçu par le maire.

  • Agression d’une agente territoriale à l’école St-Louis Campagne Lévèque

    Agression d’une agente territoriale à l’école St-Louis Campagne Lévèque

    Elle a été violemment attaquée aux abords de l’école alors qu’elle s’y rendait », relate Patrick Rué, secrétaire général FO Territoriaux de la Ville de Marseille. Son organisation tire la sonnette d’alarme suite à une agression d’une Atsem, ce mardi matin, à l’école Saint-Louis Campagne Lévèque (15e arrondissement). Le syndicaliste affirme qu’elle a «reçu des coups violents» et pointe la gravité de l’agression. Toujours selon Patrick Rué, les agents de l’établissement prépareraient un droit de retrait.

    Contacté, le bataillon des marins-pompiers confirme l’intervention de ses services aux alentours de 8h50 et explique que l’agent d’une quarantaine d’année a été transportée aux urgences « pour des douleurs au visage et au dos ».

    « La police municipale a été prévenue immédiatement quelques minutes après l’agression. Une fois sur place, nous constatons la hauteur de l’agression subie par cette personnelle de la Ville. Nous lui apportons notre soutien total, plein et entier», réagit Yannick Ohanessian (PS), adjoint au maire de Marseille en charge de la sécurité et de la police municipale. Il précise qu’un dépôt de plainte «au nom de la Ville» va être fait prochainement. « Nous avons demandé à cette agente de faire de même. Pour l’heure, les services de police sont à la recherche de l’individu. Nous avons dépêché un équipage de police municipale qui restera autant que nécessaire pour assurer la sécurité devant l’école », développe l’adjoint qui met en avant «la réaction rapide du bataillon des Marins-Pompiers et de la police municipale». « L’agente a été prise en charge, elle a été très choquée, nous prévoyons un accompagnement psychologique en sa direction et une cellule psychologique pour les autres agents de l’établissement », conclut-il.

    Le maire de la ville, Benoît Payan, a également réagi sur les réseaux sociaux : « Cette agression est révoltante et je veux dire toute ma solidarité à cette victime qui ne faisait qu’exercer son métier. Je suis à ses côtés et aux côtés de toute l’équipe ». Avant de développer : « Nos agents municipaux sont en première ligne pour offrir aux Marseillais un service public de qualité. Toute violence envers eux est intolérable et doit faire l’objet de sanctions exemplaires par la justice ».

    Plus d’informations dans La Marseillaise de demain.

  • Les territoriaux FO de Marseille dans la bataille

    Les territoriaux FO de Marseille dans la bataille

    Écoles, crèches, propreté, musées, police municipale… le 18 septembre, les agents territoriaux FO de Marseille seront en grève. À l’aune de cette mobilisation, dans son bureau du boulevard d’Athènes, Patrick Rué, leur secrétaire général, affiche sa détermination. Calme et ferme : « Le 18 va aller dans ce sens : ou vous nous entendez ou la mobilisation va se durcir. Ce doit être un vrai avertissement », glisse l’homme de 70 ans, dont la figure reste encore incontournable dans le paysage syndical marseillais.

    Cette mobilisation du 18 septembre s’inscrit logiquement selon lui dans une colère sociale plus large, nourrie par les inégalités et le sentiment de décisions politiques injustes. « Tout le monde a l’impression d’une forte iniquité. Les 2% les plus fortunés ont une fortune équivalente au reste de la France, et qu’à eux, on ne demande rien », souffle-t-il. Et d’appeler les responsables politiques à « donner l’exemple », notamment en réduisant les privilèges des anciens présidents et ministres : « Ce n’est pas ça qui va changer le budget mais par contre c’est quand même très ancré dans l’esprit des gens. »

    La réforme des retraites pourrait être « le déclencheur » d’un signe d’inflexion de ces politiques, poursuit Patrick Rué. Malgré quatorze mobilisations en 2023, « les Français ont été ignorés ». Pour lui, ce mépris alimente la radicalisation : « À partir du moment où vous ne tenez pas compte des mouvements ordonnés, vous laissez la place au désordre. » Revenir sur cette réforme serait « le vrai signe d’ouverture à une négociation réaliste ». Et ce n’est pas le renoncement aux deux jours fériés qui change grand-chose à l’affaire : « C’est la pratique de négociation avec les syndicats : on met la barre très haut puis on redescend… Quand on ne recule pas, je ne sais pas si c’est une avancée, du surplace peut-être, mais c’est un signe… attendu. »

    Pour Patrick Rué, la stratégie syndicale aussi doit évoluer. Lui défend une mobilisation plus structurée, capable de peser réellement en s’inspirant du mouvement du 10 septembre : « Il faut arriver à des blocages organisés, qui ne partent dans tous les sens. Le jour où il n’y a plus de négociation, c’est la révolution. » Il insiste sur la nécessité d’une « révolte réfléchie » : « Le but, ce n’est pas de mettre le pays à l’asphyxie, mais de bloquer pour débloquer. »