Blog

  • Grand Avignon : le PS étrille la gestion du maire-candidat RN

    Grand Avignon : le PS étrille la gestion du maire-candidat RN

    En 2020, Morières était la seconde ville du Grand Avignon à basculer à l’extrême droite, profitant notamment d’une gauche divisée. Élu avec 55,4% des voix, Grégoire Souque (RN) brigue un second mandat les 15 et 22 mars prochain, et rêve déjà de se faire réélire avec 60 à 65% des voix. Mais la gauche, qui avance cette fois unie, espère reconquérir l’hôtel de ville. En juin, une association « Engagés et solidaires pour Morières » visant à rassembler idées et citoyens, a été créée. Annick Dubois (PS), déjà cheffe de file de l’opposition et conseillère départementale, devrait de nouveau conduire la liste aux côtés notamment du PCF, qui a désigné Emmanuelle Blanc en cheffe de file.

    « Tourner la page pour une gestion plus transparente »

    En attendant, la section PS de Morières, dans un communiqué, s’attelle à déconstruire le bilan de Grégoire Souque. Dans sa lettre de candidature parue il y a 3 jours, le maire de 78 ans vante sa bonne gestion des finances, la construction d’un groupe scolaire et promet « requalification des voiries et végétalisation ». Sans afficher son logo RN, le premier magistrat espère même être classé divers droite… Un « trompe-l’œil » pour le PS, car « sa liste regroupe en réalité des colistiers RN, Reconquête, UDR et RPR, tous ancrés à l’extrême droite, c’est une diversité de façade pour masquer une ligne politique radicale ».

    Globalement, le PS parle d’un bilan « négatif : sécurité plus affichée que réelle, dialogue social affaibli, projets essentiels retardés, inégalités creusées ». Sur la sécurité, la majorité sortante affiche « des chiffres gonflés et des promesses en l’air » avec seulement « deux agents de police municipale » supplémentaires. Quant aux finances, « elles sont en difficulté, le bilan du maire est marqué par une gestion improvisée, une fiscalité opaque ». Enfin, sur la prétendue « proximité, Grégoire Souque n’a organisé aucune réunion publique ni consultation citoyenne en cinq ans », cingle le PS, appelant « les électeurs à tourner la page en 2026 pour une gestion plus transparente, inclusive et ambitieuse ».

  • La maire d’Apt demande deux ans pour le bloc

    La maire d’Apt demande deux ans pour le bloc

    « Nous, les habitants d’Apt, sommes démoralisés et nous espérons que l’ARS va nous écouter, mais tout le monde répète la même chose. Il faut arrêter de nous prendre pour des imbéciles », lâche, visiblement tendue, Véronique Arnaud-Deloy, maire (LR) d’Apt, après un entretien avec l’ARS Vaucluse à Avignon ce jeudi 6 novembre, à propos de la fermeture annoncée du service de chirurgie de l’hôpital de sa ville.

    Et ce, pendant que plusieurs dizaines de personnes manifestaient devant l’entrée de la cité administrative contre cet arrêt annoncé au 31 décembre prochain, notamment pour des raisons financières. « On nous parle de 13 millions d’euros. Mais ce sont eux qui ont laissé l’hôpital s’endetter à ce point-là. Le job n’a pas été fait, car c’est leur job ! C’est la ruralité qui est touchée et cela désertifie notre territoire. Je veux qu’ils nous laissent deux ans », pousse celle qui est également présidente du conseil de surveillance de l’établissement de santé. Un nouveau recours va être déposé par la mairie.

    Postes menacés

    Devant les portes fermées de la cité administrative se trouvaient également nombre d’élus locaux, tels que le sénateur Lucien Stanzione (PS), qui avance que « la santé a un coût, mais pas de prix » et qu’un déficit devrait être compensé. Mais aussi des employés désabusés, tels que Jacques Perez, infirmier depuis deux ans et demi et qui va perdre son poste. « On se sent abandonnés par tout le monde. J’ai 61 ans et je vais devoir finir ma carrière en intérim », regrette-t-il. Une douzaine de postes sont menacés.

  • Municipales : Olivier Galzi espère capter le vent de tribord

    Municipales : Olivier Galzi espère capter le vent de tribord

    Pile un mois après avoir officialisé sa candidature à la mairie d’Avignon pour les municipales (15 et 22 mars), Olivier Galzi tenait, ce jeudi soir au théâtre de l’Oulle, sa première réunion publique. L’ex-présentateur du JT de France 2 est resté fidèle à ce qu’il martèle depuis plusieurs semaines : rendre « l’attractivité » à Avignon par du « bon sens ». Avec le sens de la formule, il verse dans le déclinisme d’une ville « au cœur du triangle d’or de la Provence mais en passe d’être au cœur du triangle des Bermudes », même « s’il ne faut pas tout balayer [du bilan de Cécile Helle] », concède-t-il.

    Se revendiquant « sans étiquette », Olivier Galzi tire tout de même le manche à droite. Dans la salle, des soutiens passés de l’ancienne maire UMP Marie-Josée Roig viennent corroborer le soutien apporté il y a une semaine par l’UDI, en attendant ceux des autres partis du bloc macroniste. « On ne peut pas refuser les gens d’un parti qui pensent qu’on a le meilleur projet », apprécie-t-il tout de même. Interrogé à l’issue de la réunion, il ne ferme la porte à aucun parti « de l’arc républicain ».

    Rassembler au « centre, pas par l’union des droites »

    L’ancien journaliste de 54 ans ne devrait pas avoir l’appui des Républicains, dont le vice-président Julien Aubert est pressenti pour se lancer dans les municipales. Ce dernier louvoie depuis une semaine via une série de publications alambiquées sur ses réseaux sociaux avant de dévoiler sa décision. « Je ne suis brouillé avec personne mais pour rassembler, cela passe par le centre et pas par l’union des droites, pique Olivier Galzi. Si d’autres candidatures veulent venir diviser les forces raisonnables, elles prendront leurs responsabilités. »

    Dans son propos sur scène, le candidat a donc repris son triptyque prioritaire sécurité-propreté-circulation, qui serait le socle de la « pyramide » d’attractivité. Pas encore de mesures phares de campagne, le temps étant encore « à l’écoute d’ici à Noël » avant de présenter un programme en début d’année. Tout juste a-t-il glissé deux volontés de nature différente : créer un boulodrome place Pie mais surtout « être candidat à la présidence du Grand Avignon ». Un cumul essentiel à ses yeux pour « rétablir l’ordre » et « manager » les agents.

    S’il n’est plus journaliste depuis cinq ans, il en garde encore le costume quand il aime à confier toutes « les sources » qui lui remonteraient les dysfonctionnements en mairie ou quand il « écoute ». Ce jeudi, une dizaine de personnes a ainsi pris le micro dans la salle pour parler de problèmes de rue personnels, l’interroger sur la culture ou le financement de son programme. « On est sur un toboggan, dernière station avant la falaise », prévient Olivier Galzi, qui sent que « le vent se lève » derrière lui. À voir où le Mistral le précipitera.

  • Plus de 2 000 jeunes négligés par l’austérité dans le Vaucluse ?

    Plus de 2 000 jeunes négligés par l’austérité dans le Vaucluse ?

    Depuis le début de la semaine, les missions locales (ML) de France sont en alerte. Partout sur le territoire, ces structures d’accompagnement des 16-25 ans (lire ci-dessous) sont vent debout contre le projet de loi de finances du gouvernement qui prévoit une baisse de 13% des dotations des ML. Et ce après une première diminution de 7% en 2025. « 77 millions d’euros en tout, à l’échelle du budget de l’État c’est symbolique, mais absolument pas pour nous », déplore Isabelle Gineste, directrice de la ML du Grand Avignon. Ce jeudi, avec le soutien des trois autres structures de Vaucluse (Comtat Venaissin, Luberon et Haut Vaucluse), un point presse avait lieu. Il faisait suite à l’interpellation, en fin de semaine dernière, des trois sénateurs. « Le budget arrive au Sénat le 23 novembre, on va batailler avec des amendements pour contrecarrer tout ce qui ne va pas dans le bon sens », projette Lucien Stanzione (PS). L’an dernier, la Région avait aussi diminué ses crédits de 300 000 à 200 000 euros pour la ML du Grand Avignon.

    Le financement

    à la performance arrive

    Si le budget était adopté en l’état, « nous perdrions huit postes de conseillers, sachant qu’un conseiller accompagne 130 jeunes de l’année, plus de 1 000 jeunes se retrouveraient en grande difficulté de suivi », calcule Lilou Quennesson, présidente de la ML et conseillère municipale d’Avignon déléguée à l’emploi et l’insertion. En ajoutant les jeunes des trois autres ML, ce chiffre grimpe à 2 300 en Vaucluse sur les 12 000 suivis annuellement. « Nous lançons un appel à la mobilisation et la responsabilité collective, la jeunesse n’est pas une variable d’ajustement, investir dedans c’est investir dans l’avenir du pays », fait valoir la présidente. Dans un département parmi les plus pauvres de France, « on enlève encore un élément de solidarité par des choix budgétaires », déplore David Fournier, adjoint (PS) avignonnais venu en soutien.

    Par ricochets, cette baisse « pénalise aussi les entreprises qui auront moins de contact avec les ML pour embaucher », souligne Régis Phaly, trésorier de la ML et adjoint au maire d’Entraigues. La directrice s’inquiète aussi « du financement à la performance, 10% cette année, 20% en 2028 avec des indicateurs que l’on ne connaît pas et alors que nous ne sommes tributaires des créations d’emplois », expose Isabelle Gineste. Et d’inviter n’importe quel administrateur de la ML « à venir vivre la vie d’un conseiller et prendre conscience de notre réalité ».

    REPÈRES

    13%

    de baisse prévue du financement des missions locales par l’État dans le projet de loi de finances 2026. Dans le Grand Avignon, sur un budget annuel de 3,5 millions d’euros, l’État abonde à hauteur de 2,5M (données 2024). Le reste provenant des communes et de l’agglo (435 000 euros), la Région (293 000) et le Département (45 000).

    Au service des 16-25 ans

    Les missions locales veillent à accueillir, accompagner, orienter, informer les 16-25 ans dans toutes démarches professionnelles et sociales avec comme « ADN, donner aux jeunes un sens à leur avenir ». Cela passe par l’emploi, la formation, l’orientation, l’appui à la création d’activité, le logement, la santé, la mobilité ou la citoyenneté. Dans le Grand Avignon, au sein des 14 lieux du territoire, près de 5 500 jeunes ont été accueillis en 2024, dont 1 759 nouveaux. Quelque 1 411 sont entrés en emploi (dont 315 en alternance) et 566 en formation.

    8

    emplois équivalent temps plein sont menacés à la mission locale du Grand Avignon si la baisse de 13% des dotations se concrétise. Ces 8 postes en moins, sur 65 salariés dont une quarantaine de conseillers, impacteraient directement 1 400 jeunes qui seraient moins ou mal suivis.

  • Mobilisés contre Bardella et Zemmour dans le Var

    Mobilisés contre Bardella et Zemmour dans le Var

    Le Var attise les appétits de l’extrême droite dans toute sa diversité. Jeudi soir, c’était Jordan Bardella, député européen et président du Rassemblement national qui était à Toulon pour dédicacer son livre, séance qui a attiré une foule très nombreuse malgré la pluie dans cette ville que l’extrême droite voudrait reprendre… mais aussi des militants anti-RN venus dire leur refus de l’extrême droite dans une ville qui a déjà connu le FN. Ce sera ensuite Éric Zemmour leader du parti d’extrême droite Reconquête qui vient en terre varoise vendredi à La Seyne puis samedi à Cogolin – où le maire ex- zemmouriste Marc-Etienne Lansade a été déclaré inéligible et remplacé par Christiane Lardat, ancienne première adjointe – afin de dédicacer son livre également publié par les éditions Fayard.

    « Jordan Bardella fait la promo de son deuxième livre et prétend connaître leurs attentes, y compris celles des Français qui ont des difficultés de pouvoir d’achat », remarque la Coordination contre l’extrême droite dans le Var (Codex83) dans un communiqué. « Mais les députés du RN ont voté contre la hausse du Smic (2024), précise-t-il, contre aussi l’indexation des salaires sur l’inflation (2023), contre un salaire minimum européen (2022) tout en proposant que les salariés en CDD soient privés d’assurance chômage en cas de refus d’un CDI ! »

    La coordination se fait également fort de détailler les votes du RN sur le projet de budget 2026 : « Contre la taxe Zucman afin de préserver les plus grandes fortunes ; contre une taxe sur les jets privés jouets polluants des ultras riches ; contre le relèvement de la flat tax sur les placements financiers, mais pour l’abattement d’1 million sur les résidences principales… » Quant à l’ancien candidat à la présidentielle de 2022 qui n’a de cesse de cultiver sa différence avec le RN qu’il accuse d’être « socialiste en économie » et avec lequel il ne se reconnaît « que » être « proches pour arrêter l’immigration », la Codex rappelle que « Zemmour a été condamné définitivement pour provocation à la haine raciale et injures racistes tenues en 2019 ».

  • Le parcours d’art public célèbre cinq fois Pagnol à Aubagne

    Le parcours d’art public célèbre cinq fois Pagnol à Aubagne

    « Chaque fois qu’on va passer devant ces œuvres, on va identifier Aubagne à l’argile, à Marcel Pagnol. Et puis nommer, c’est faire exister. On veut faire exister cette culture et ces œuvres », déclare, jeudi, le maire (LR) Gérard Gazay. Dans le cadre de la célébration des 130 ans de la naissance de Marcel Pagnol (Aubagne 1895), cette année, la Ville, sur une idée de Philippe Amy, adjoint délégué à la culture a lancé il y a quelques mois un appel à projets pour un parcours d’art public urbain. Sur 100 candidatures, cinq projets ont été retenus par un jury. La Ville a proposé des lieux, et chaque artiste a choisi celui qui l’inspirait pour sa création. Sous un ciel chargé de nuages, parfois troué par les rayons du soleil, la visite du parcours d’art s’est faite au pas de charge…

    Manon contemporaine

    Dénommé Réanimation murale, le trompe-l’œil réalisé par Docteur Colors, deux artistes muralistes de Roubaix, a en effet réveillé le mur jusque-là aveugle et gris de la maternelle Antide-Boyer. Les artistes muralistes ont représenté une bibliothèque aux couleurs vives, où les livres de Marcel Pagnol occupent une large place. À quelques pas de là, sur la façade de l’Espace des Libertés, l’artiste plasticien lillois Grégory Valentin a, par son travail, ouvert en quelque sorte un livre de Marcel Pagnol. Il reproduit, en lettres rouge sombre découpées dans une tôle d’inox, un poème inédit de l’écrivain, confié par Nicolas, petit-fils de l’académicien. Il l’a baptisé La cigale. Cette cigale chante la musique des mots de Pagnol, « dans une dentelle de lettres. L’idée est de pousser le spectateur à déchiffrer, faire une pause, et apprécier le texte. À travers mon travail, je veux que l’on voie la littérature autrement, avec une dimension esthétique, graphique et artistique », livre l’artiste. Elle a quitté les pentes odorantes du Garlaban. Elle s’est aventurée en ville. Elle est là. Manon des sources. Le regard droit et fier, la silhouette mince et cambrée, la farouche et libre Manon se dresse, espace Lucien-Grimaud. Elle porte boucles d’oreille, baskets, et une robe simple, comme effilochée. Haute de 3 mètres, réalisée en acier Corten, qui va se patiner avec le temps, du roux au brun, elle a été conçue par Christophe Milcent. « Je trouvais que Manon des sources, par sa force de caractère, sa manière de ne pas être soumise à la parole patriarcale, collait bien avec notre époque », explique l’artiste nantais. Place Pasteur cette fois, Fouch, artiste lyonnais, a créé À nos enfances et leurs collines.

    Une œuvre qui représente, en silhouettes épurées, une famille, main dans la main, qui partirait se balader dans la colline. « Je joue avec ce vide, qui crée la suggestion. L’œuvre vit avec la ville et son environnement », dit l’artiste. Mais l’environnement parasite aussi l’œuvre. Avenue des Goums, Frédérique Fleury, plasticienne (Rhône), a placé Garrigue. Un triptyque totémique en céramique, haut de 3,57 mètres. « Je voulais utiliser des couleurs gris vert subtiles, en accord avec le Garlaban en fond. J’ai souhaité faire une œuvre présente, mais pas envahissante car pour moi l’art doit aussi faire partie du paysage », estime l’artiste.

  • Les chats des rues stérilisés ont un nouveau refuge à Martigues

    Les chats des rues stérilisés ont un nouveau refuge à Martigues

    C’est un sacerdoce. Depuis près de trente ans, Josette Masson prend soin des chats errants de Martigues et tente d’endiguer le phénomène. « On va leur donner à manger tous les jours », raconte la présidente de l’association l’École du chat libre, créée officiellement en 2001. Chaque mois, les bénévoles qui se comptent sur les doigts de la main dépensent entre 400 et 1 000 euros de nourriture. Quelques dons et adhésions graissent les rouages de la structure, mais globalement « ce sont nos sous, notre essence, et notre temps », affirme la retraitée. Ce nourrissage permet aux bénévoles « d’apprivoiser les chats pour pouvoir les attraper plus facilement et les emmener chez le vétérinaire pour les stériliser », poursuit-elle.

    C’est bien là, le nerf de la guerre, puisqu’un couple de chats peut engendrer jusqu’à 20 000 descendants en seulement quatre ans. À Martigues, certains quartiers sont particulièrement touchés par cette prolifération, à l’instar de Notre-Dame-des-Marins ou Saint-Pierre. Josette Masson estime qu’environ 300 chats errants vivent actuellement sur le territoire.

    Chaque année, l’École du chat libre stérilise donc entre 180 et 190 animaux. Une subvention de 9 000 euros de la part de la Ville a permis de financer l’opération de 84 femelles cette année. Après la stérilisation, les chattes trouvent refuge chez une bénévole, qui accueille également les femelles en gestation, les chatons et les chats malades, faute de locaux propres à l’association. « Elle n’a plus de place », confie la présidente de l’École du chat libre.

    Un abri pour les chats

    en convalescence

    Depuis quelques années, l’association est accompagnée par la Ville de Martigues. « Nous avons réalisé mon souhait, nous avons construit un petit refuge que nous avons appelé le Chabanon », se réjouit Josette Masson. Les chats en convalescence y trouveront un peu de répit, ce qui allégera au passage la charge de travail des bénévoles. « Nous sommes aussi à la recherche d’un local pour que l’association puisse entreposer son matériel et avoir un bureau, pour à terme tenir une permanence », précise Charlette Benard, adjointe au maire déléguée aux seniors, qui s’est saisie de la problématique.

    Le service Environnement de la Ville et les jeunes des centres sociaux ont également bâti quelques petites cabanes disposées dans les quatre coins de la commune pour que les chats puissent y trouver refuge.

  • Pour sauver le dispositif Zéro Chômeur

    Pour sauver le dispositif Zéro Chômeur

    Coïncidence. Ce 6 novembre marque la journée « Grève du chômage », terme désigné il y a près de dix lorsqu’est née l’expérimentation du Territoire Zéro Chômeur. En 2016, la commune de Jouques héberge ce dispositif et accueille au sein de son entreprise à but d’emploi (Elan) une cinquantaine de profils dits « éloignés de l’emploi » au sein de son entreprise à but d’emploi. Ce jour, en sous-préfecture, le maire Éric Garcin (SE), aussi président du Comité local emploi (CLE) de Jouques et d’autres acteurs participaient à une réunion du Comité local pour l’emploi (CLPE) de l’arrondissement d’Aix.

    L’occasion, pour l’élu « d’évoquer les enjeux de l’emploi sur le territoire et d’alerter sur les perspectives à venir ». « Le CLPE est un dispositif initié depuis le début de l’année, c’est la deuxième fois que l’on se réunit avec les acteurs de l’emploi et qu’on réunit tous les organismes avec lesquels nous travaillons, détaille Éric Garcin. On s’est mis autour de la table pour établir des lignes de travail et établir des actions qui permettent de coordonner tout ce qui existe pour les recruteurs, mettre en place un travail, aider les territoires à développer ces actions et continuer de trouver des solutions pour les personnes éloignées de l’emploi. » Des indicateurs, définis en réunion, permettront d’évaluer les résultats d’ici six mois. Le contexte, dans lequel se déroule cette rencontre, pèse sur l’avenir du dispositif. Tous les cinq ans, une loi est votée pour poursuivre ou non, l’expérimentation. La seconde, votée en 2021, touche à sa fin. Un projet de loi porté par le député Stéphane Viry est actuellement débattu à l’Assemblée pour pérenniser le projet, mais il « est en péril si une troisième loi n’est pas votée, précise Éric Garcin. Notre cheval de bataille aujourd’hui ? Faire en sorte que la loi à l’étude obtienne un maximum de oui pour que ce qui est aujourd’hui une expérimentation, rentre dans le droit à l’horizon 2026. Il y a des financements qui arrivent de l’État. Mais dans cette période difficile pour les entreprises de l’insertion et d’insertion par l’activité économique, il y a des coupes drastiques qui ont été faites dans les budgets et qui sont annoncées. Il faut convaincre nos députés, nos sénateurs du bien-fondé de la démarche. Aujourd’hui, on permet à des gens de retrouver un CDI, louer un appartement, avoir un crédit pour la voiture… » En mars, Éric Coquerel, président de la Commission des finances, s’était déplacé à l’Elan, suivi de trois sénateurs en juin, venus constater les impacts concrets de l’expérimentation.

  • La justice pénale des mineurs

    La justice pénale des mineurs

    Parce que les mineurs sont des personnes en construction plus vulnérables que les adultes, ils ne sont pas soumis au même traitement judiciaire que les majeurs. Cependant, régulièrement, et souvent en réaction à un fait divers ultra-médiatisé, la question de la justice pénale revient sur le devant de la scène, et enflamme les plateaux.

    Il y est évoqué l’absence de réponse pénale, le laxisme vis à vis des mineurs et le désengagement délibéré des parents. Pourtant, les études révèlent une baisse quantitative des actes de délinquance reprochés aux mineurs (diminution de plus de 31 % du nombre d’affaires poursuivables concernant un mineur – période 2017-2024) : on le sait et c’est tu.

    Une fois encore, Les chiffres de la justice, Edition 2025, dont la publication est intervenue le 28 octobre dernier, mettent en lumière concernant les mineurs un taux de réponse pénale de plus de 86 % et il est noté qu’en 2024, pour 100 garçons âgés de 17 ans (âge au moment des faits), 6 seulement ont été impliqués dans des affaires poursuivables.

    La justice pénale des mineurs, depuis 1945, se déploie en consacrant la primauté du principe d’éducation sur ceux de répression et de sanction. Ce principe fondamental est reconnu par les lois de la République, réaffirmé par le Conseil constitutionnel en 2002, et appliqué de façon constante depuis.

    Les mesures prises à l’encontre des enfants délinquants doivent rechercher en priorité leur relèvement éducatif, être adaptées à leur âge et à leur personnalité, et être prononcées par une juridiction spécialisée (le juge pour enfants), et en partenariat avec une administration spécialisée (la Direction de la protection judiciaire de la jeunesse).

    Protéger et éduquer

    La crise du secteur de la protection de l’enfance, déplorée par tous les professionnels depuis des années, a des conséquences évidentes sur la justice pénale : les retards voire les absences de prise en charge des enfants en danger, la piètre qualité des accueils, le manque de moyens notamment en pédopsychiatrie fragilisent les situations. Non-pris en charge de façon adaptée, ces adolescents peuvent devenir des proies pour des réseaux de délinquance et y plonger, même un temps. De plus, les conditions de détention des mineurs enfermés ne cessent de se dégrader.

    Dans un rapport publié au Journal Officiel le 29 août 2025, la Contrôleure Générale des Lieux de Privation de Liberté a alerté sur la violation grave des droits fondamentaux des mineurs privés de liberté au sein de l’EPM de Marseille « La Valentine », et en a préconisé la fermeture, au moins partielle.

    La justice pénale des mineurs sera véritablement efficace lorsqu’elle s’inscrira dans une politique de protection de l’enfance qui commence par la prévention, mise en œuvre par des professionnels formés, et lorsqu’elle continuera à protéger et éduquer.

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail : avocats@lamarseillaise.fr

  • [Entretien] Judith Krivine : « Il faut réaffirmer les grands principes qui constituent l’État de droit »

    [Entretien] Judith Krivine : « Il faut réaffirmer les grands principes qui constituent l’État de droit »

    La Marseillaise : Quels sont pour le SAF les enjeux de ce congrès ?

    Judith Krivine : L’intérêt de ce congrès, c’est d’avoir une réflexion sur ce que nous voulons comme État de droit. Celui-ci a aussi été construit pour défendre les intérêts des dominants, nous ne savons pas s’il doit rester tel qu’il est aujourd’hui. Mais il faut qu’il y ait une autre parole que celles de CNews, de BFM, qui donnent l’impression qu’il n’y a pas d’autre chemin possible que l’extrême droite. Oui, l’État de droit compte. Ce ne serait pas pareil d’avoir l’extrême droite au pouvoir. Et cela vaut le coup de se battre encore sur tous les fronts.

    Il y a un an, Bruno Retailleau disait que l’État de droit n’est « ni intangible, ni sacré », vous le ressentez dans l’exercice de votre métier ?

    J. K. : Les lois mettent de plus en plus en cause l’État de droit. À chaque fois il faut se battre, aller devant le Conseil constitutionnel, devant le Conseil d’État… Il y a même des cas où les gouvernants disent : « On sait que ça ne passera pas, mais on essaie. » Et puis il y a aussi toutes les attaques à l’encontre du pouvoir judiciaire, dans les lois comme avec la création de dossiers coffres [dans la loi narcotrafic, Ndlr], dans les déclarations qui estiment que les avocats nuiraient à la lutte contre le trafic de stupéfiants, contre la soi-disant submersion d’étrangers… Quand les avocats défendent les libertés et les droits fondamentaux, on commence à avoir cette petite musique qui fait l’amalgame entre l’avocat et son client. Il y a aussi des attaques contre les magistrats : quand ils prennent des décisions, on dit que c’est une décision politique dès lors que ça n’arrange pas les dominants.

    Le sous-titre donné à ce congrès, c’est « robes noires face aux forces brunes ». Comment se concrétise ce danger de l’extrême droite ?

    J. K. : Non seulement les libertés fondamentales sont attaquées sans arrêt, avec une stigmatisation systématique de l’étranger, mais il y a eu des attaques à l’encontre des avocats et des magistrats qui ont été salis, diffusés sur les réseaux sociaux avec des gens qui ont eu peur pour leur vie. C’est dramatique d’en arriver là. Nous avons une consœur qui vient de Turquie nous en parler : en Turquie, en Tunisie, en Belarus des avocats sont mis en prison parce qu’ils défendent des opposants, parce qu’ils font usage de leur liberté d’expression. Nous ne voulons pas en arriver là. Nous voyons bien qu’il y a un glissement quand on a ces attaques, des tentatives de dissolution d’associations…

    Quelles réponses apporter ?

    J. K. : Il faut réaffirmer les grands principes qui constituent l’État de droit, la hiérarchie des normes, l’égalité devant la loi. C‘est le principe essentiel : cela veut dire que les dirigeants peuvent être jugés et doivent être jugés comme n’importe quel citoyen. Et c’est l’égalité entre les justiciables, c’est-à-dire la lutte contre le racisme, contre la priorité nationale. Il faut aussi défendre l’accès à la justice, avoir des moyens pour une justice qui fonctionne. Récemment avec le projet de décret « Rivage », on a failli perdre pour de nombreux cas le double degré de juridiction qui fait partie des principes du droit à un procès équitable !