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  • Les arts de la rue s’assoient à Port-de-Bouc

    Les arts de la rue s’assoient à Port-de-Bouc

    Tourbillon » artistique en ligne de mire, samedi 13 septembre, pour les badauds du centre-ville de Port-de-Bouc. Une tempête portée par le souffle vibrant des arts de la rue, dès 15h, dans le parc de la Presqu’île, à l’angle de la rue Marceau et de l’avenue du Golfe, où le collectif BIM déploiera sa création Place assise, autour d’un banc. « Un théâtre gestuel » lors duquel ses cinq interprètes burlesques et poétiques « racontent la ville à travers ce qu’il peut se passer sur un banc. Cela peut être des amoureux, une personne âgée qui s’y assoit, quelqu’un qui se fait chourer son sac… », illustre Laurence Cabrol, à propos de ce spectacle de 40 minutes, premier jalon de la 6e édition de Sem’art rue !, petit festival aux grandes idées. Selon la directrice du théâtre du Sémaphore qui porte la manifestation, « avec son bord de mer, ses espaces dégagées et ses belles places, Port-de-Bouc se prête bien à ce type de format. C’est aussi un moyen de voir la ville sous un autre jour ».

    En suspension

    Pour les promeneurs, direction ensuite l’avenue du général de Gaulle et place au cirque avec la compagnie La Fauve. Le fildefériste Arthur Sidoroff et le guitariste Thomas Caillou mettront leurs talents respectifs en commun pour « donner à voir ce qu’est la prise de risques pour un circassien », résume Laurence Cabrol. Tissée autour de sa relation avec le musicien, une mise à nu « tout en mouvement, fragile et en suspension ».

    À 17h, la place Lazzarino sera quant à elle le théâtre d’Immobiles. Mené par la compagnie aixoise Les hommes de main, un duo de danse et de cirque à l’œuvre sur un tapis roulant. « Une histoire d’amour, physiquement engagée, métaphore du temps qui passe », souligne élégamment celle qui est à la tête du Sémaphore. Une heure plus tard, c’est au Port Renaissance que Les filles du renard pâle égaieront les rétines des spectateurs avec Roue giratoire. Avec, au centre, une « double roue cyr » – ce cerceau dans lequel on se love pour l’animer – « lancée à toute vitesse » par les performeurs.

    Clap de fin de la 6e édition en musique sur le parvis du Sémaphore, assuré par le groupe Les rustines de l’ange qui, au rythme de leurs six accordéons, revisitent les styles et les genres, « de Led Zeppelin à Marc Perrone, en passant par Madness et Bourvil ».

    www.theatre-semaphore-portdebouc.com

  • Un festival d’initiatives salées

    Un festival d’initiatives salées

    Une zone humide littorale d’environ 550 ha constituée de mosaïque de plans d’eau de profondeur, de surface et de salinité variables, qui abritent une biodiversité exceptionnelle : le salin des Pesquiers. Ce week-end, le site prodigieux accueille une nouvelle édition de la Fête des Salins organisée par la Métropole Toulon Provence Méditerranée. Une manifestation poétique et festive qui met à l’honneur la nature, le sel et la culture. De 10h à 18h, expositions, spectacles, ateliers, marché de producteurs, visites guidées, animations et concerts sont proposés en entrée libre. Ainsi, « Les ailes du désir » au Hangar de la Mouture, une exposition où une quinzaine d’artistes interrogent le rêve insistant de l’humanité de s’arracher à la pesanteur, d’imiter l’oiseau dans son envol. Des installations, peintures, sculptures ou dispositifs in situ convoquent Icare et ses ailes brûlées, le souffle poétique du film de Wim Wenders… Dans la même veine, est également présentée la série photographique de River Dillon intitulée Birdmen, les hommes oiseaux.

    La parade du sel emballera tous les volontaires dans son sillage, samedi 13 à 17h30 avec les ânes d’Hippothera, la Cie de Danse Lyken (Camille Vergnaud, Mae. Forte, Benoit Le Bars et Chloé Henneman), la musique de la Guinguette à roulettes et le Saint-Antoine (bateau traditionnel) de Sylvain Renard, port de la Capte où la fête se prolongera dans la soirée.

    Entre temps, chacun aura pu goûter aux nombreuses animations proposées comme une distribution de fleur de sel à la Cabane du saunier, un escape game, du cirque, des manèges… Sans oublier des stands artistiques, scientifiques et ludiques proposés par la LPO Paca, le Parc national de Port-Cros, Conservatoire du littoral, CPIE Côte provençale…

    Car l’événement est aussi l’occasion de célébrer les 10 ans de la marque Esprit Parc avec le parc national de Port-Cros. Pour l’occasion, l’équipe a concocté animations et visites particulières pour découvrir les salins, être sensibilisé sur la tortue Caouanne avec les écoguides du Parc national, ou rencontrer les bénéficiaires Esprit Parc national autour de produits locaux.

    Infos au 04.94.01.36.33

  • [Entretien] « L’enjeu est maintenant de connecter les populations de loutres en Europe »

    [Entretien] « L’enjeu est maintenant de connecter les populations de loutres en Europe »

    La Marseillaise : La loutre est donc bien revenue sur le pourtour méditerranéen ?

    Simon Lacombe : Oui, tout à fait, en région Paca et en Occitanie. Ce qu’il s’est passé reste hypothétique, mais nous pouvons supposer qu’elle est revenue en Paca depuis le Massif Central via le Rhône et jusqu’à la Camargue et aux rivières de l’Est de la région par la partie italienne de la vallée de la Roya. Quant à l’Occitanie, c’est un carrefour entre plusieurs populations : certaines venues de la Camargue, d’autres du Massif Central et des Pyrénées.

    La loutre peut-elle s’installer partout ?

    S.L. : Il lui faut des milieux humides mais oui, cela semble être le cas. Elle a montré une capacité à s’installer dans des habitats variés. Elle s’adapte et explore. Nous l’avons vue dans des eaux qui n’étaient pas de très bonne qualité et dans des lits de ruisseaux à sec où il y avait peu de poissons. De quoi espérer une installation durable de l’espèce sur le territoire, même s’il y a peu de chance qu’elle s’établisse de manière pérenne dans des milieux dégradés.

    Qu’en est-il ailleurs en Europe ?

    S.L. : La dynamique a été la même : un déclin quasi généralisé au XXe siècle et une recolonisation. Aujourd’hui, il y a une population à l’Ouest de l’Europe (France et Espagne), une autre plutôt à l’Est (de la Finlande à la Grèce) et une au Sud de l’Italie – et une dernière au Royaume-Uni. Au milieu une large bande de l’Allemagne au Nord de l’Italie est vide de loutres. Tout l’enjeu est maintenant de connecter les populations continentales. Cela semble bien parti.

  • [Mouvement Social] À Aubagne, des citoyens prêts à agir « chaque jour »

    [Mouvement Social] À Aubagne, des citoyens prêts à agir « chaque jour »

    Pinceau à la main, accroupie au-dessus d’une banderole déployée au sol, Bahia, 62 ans, en retraite anticipée, qui était « prof spécialisée pour des ados en difficulté », trace des lettres en noir et rouge.

    On peut lire : « Du fric pour nos services publics/éducation, santé, transports, justice. » Une trentaine de personnes, militants, mais pas que, sont venues au rendez-vous lancé sur la page Facebook de quelques-uns. « Hier [le 10 septembre, Ndlr] on était là, 20 à 30 personnes. Pour maintenir le mouvement, on a décidé de faire cet atelier pancartes, à proximité de l’Espace des Libertés où a lieu la réunion publique sur le futur hôpital », explique Maurice Marsiglia (CGT).

    « Mangeons les riches »

    « Essayons d’entretenir la flamme, surtout avec l’échéance du 18 septembre qui arrive », appuie-t-il. « On envisage de mettre ces pancartes on ne sait pas encore où, en ville, pour montrer que des gens se mobilisent, pour éveiller les consciences. On veut fédérer un maximum d’habitants d’Aubagne. Chaque jour, on veut agir », lance Maïté, 34 ans, éducatrice spécialisée. Romain, 28 ans, charpentier au chômage, explique : « Si je suis venu, c’est qu’on constate que, quoi qu’on fasse, ça ne change rien. On veut qu’une vraie démocratie soit mise en place. On veut plus de pouvoir, car ceux qui l’ont, aujourd’hui, s’en servent contre nous. Je pense à la réforme des retraites, aux impôts… »

    Une autre banderole est prête : « Inflation. Précarité. On a faim. Mangeons les riches ». éric, 59 ans, chef de chantier en invalidité, dit éprouver « un gros sentiment d’être méprisé. On est censé être en démocratie, on fait son devoir de citoyen et on se rend compte qu’on est allé voter pour rien ». Il poursuit : « Il y a d’autres choses qui me heurtent. Quand des gens qui bossent chaque jour n’arrivent plus à bouffer à leur faim… Il y a quelque chose qui ne va plus. »

  • [Mouvement social] À Marseille, ça gaze sur le piquet de grève

    [Mouvement social] À Marseille, ça gaze sur le piquet de grève

    Soirée DJ, concert des Baydon’s, projections ciné, parties de contrée… et un débat au programme de la semaine prochaine, « où les usagers sont invités à participer, leurs factures d’énergie à l’appui », indique le secrétaire général CGT de l’énergie de Marseille. Sur le site des IEG, au bout du boulevard Guidon dans le 13e arrondissement, une logistique impeccable est à l’œuvre pour tenir jusqu’au 18 septembre.

    Fer de lance du mouvement social, c’est à se demander à quoi carburent les énergéticiens. « à la motivation ! », répond sans enjambe Renaud Henry. Le leader CGT a pris la main en cuisine, sous la pergola, pour préparer une sauce tomate maison. Il manque « une louche et du sel ». Un militant du secteur pétrochimie part faire la course. Une bonne dose de solidarité vient s’ajouter à la recette de ce remarquable piquet de grève.

    Sur les canapés, les travailleurs en lutte se repassent la vidéo de la manifestation du 10 en boucle. « Énorme ! C’est génial tout ce soutien », commente Max, le sourire jusqu’aux oreilles. Certains énergéticiens posent une, deux ou trois heures pour tourner sur la grève. Le jeune gazier n’a pas quitté le piquet depuis le 2 septembre. Si Max se languit de revoir sa fille, sa détermination est intacte : « Quand on commence, on va jusqu’au bout. Avec ce gouvernement, on sait qu’on a encore beaucoup à perdre. Avec la lutte, on sait qu’on a tout à gagner ». Ce vendredi, il avait troqué le tablier de cuistot contre la serviette-éponge : son coiffeur est venu sur le site pour une coupe. Le matin, il nettoyait le frigo, attirant la curiosité des employés de bureau des entreprises du site, attroupés au balcon. Quant au manque à gagner sur les prochaines fiches de paie ? « on fera les comptes plus tard. On se débrouillera entre nous. C’est notre force cette solidarité », tranche Clément.

    Exemplaires

    Après plusieurs nuits passées sur un des lits de camp, Géraldine, se sent aussi revigorée par « l’effet du 10. C’était fou de voir des jeunes qui dansent devant les CRS. Marseille a fait la démonstration que la lutte peut être festive. On a un super service d’ordre, capable d’éviter que ça dégénère ». La militante se sent d’attaque pour continuer la lutte. D’autant plus que « la caisse de grève a bien fonctionné. Comme la cagnotte Leetchi lancée en ligne. Au-delà de l’aide matérielle, ça fait chaud au cœur ». Une palette qui a échappé au feu sert de porte-revues et les unes des journaux du 11 attestent de la réussite marseillaise.

    Dans la même veine, Charlotte, cheminote, enchaîne les tours de garde sur le piquet de ses camarades énergéticiens. « C’est fou ce qu’ils font », reconnaît la jeune femme, qui passe ici ses congés. « L’avantage, c’est que je ne partais pas en vacances. Du coup, je passe de très bons moments sur ce camping de lutte. C’est important de savoir revendiquer dans la joie. Sans quoi, ça plombe tout le mouvement », estime-t-elle.

    La météo s’invite au débat du jour : un électricien installe des gouttières pour renforcer la pergola. Mais peu importe la pluie. « on tiendra jusqu’au 18 et autant qu’il le faudra », assure Martine Durand, de l’UD CGT 13.

    Parmi les visiteurs, une délégation des communistes du 15e, aussi venue apporter « un soutien physique, moral et matériel aux camarades qui se battent, une fois encore, pour défendre notre pouvoir d’achat, les salaires », précise Ibrahim Mzé. Chef de file de la section, il est également convaincu « qu’il n’y a rien à attendre de bon de ce gouvernement. Le budget étrangle encore les hôpitaux et tous les services publics. C’est dans la rue que l’avenir doit se construire ».

    Roland, retraité des IEG, arrive en demandant : « Vous avez un congélateur ? J’ai des barquettes de viande… » La veille, un agriculteur du Var s’est déplacé pour leur proposer des cagettes pleines de grappes de raisins, qui n’ont pas fait un pli. « On a déjà fait du poisson en papillote, du sanglier, une fondue savoyarde… Parce que les grillades et les merguez, on saturait », explique Géraldine, en se posant dans le hamac. Quitte à inscrire le menu social dans la durée, autant soigner la recette.

    « On va au bout. On sait ce qu’on a encore à perdre avec ce gouvernement. Avec la lutte, on a tout à gagner »

  • [Rue de la République] Robin Renucci : « Le désordre social est le témoin de mal-être et de malaises individuels et collectifs »

    [Rue de la République] Robin Renucci : « Le désordre social est le témoin de mal-être et de malaises individuels et collectifs »

    Programmation

    Didier Gesualdi : Donnez-nous envie de venir à La Criée cette saison. Il y a des créations, des résidences, des spectacles hors les murs ?

    C’est une maison du peuple et de la langue. Le Centre dramatique national est une maison de création théâtrale où on construit des spectacles, et on s’attelle à la rencontre de ces œuvres avec le public, en les appelant à venir à La Criée, ce beau théâtre au 30 quai de Rive Neuve à Marseille, mais aussi en allant à la rencontre des publics dans les quartiers plus lointains, à l’Astronef (15e), dans les maisons de quartier, dans les centres culturels, les centres sociaux…

    Christophe Casanova : Qu’est-ce qu’on va y trouver ?

    Beaucoup de rencontres, avec des spectacles, des créations. La première ce sera La Leçon que je mets en scène. C’est une œuvre d’Eugène Ionesco, une pièce qui a beaucoup de drôlerie et qui est très riche politiquement puisqu’elle parle de la domination, de la toute-puissance, notamment masculine. Le thème de la saison est autour des dérives autoritaires, de la jeunesse, de la transmission.

    Didier Gesualdi : Comment travaille-t-on pour répondre aux attentes d’une ville que vous commencez à connaître ?

    Marseille est riche dans son nombre d’habitants et sa diversité, et ça nécessite que ces publics soient représentés sur les plateaux. Donc, de parler de notre quotidien. Par exemple, 65 rue d’Aubagne est une création qui racontera une partie de l’histoire d’un point de vue très singulier des personnages mais portera aussi l’attention de toutes celles et ceux qui ont travaillé à la reconnaissance de ce drame et au devoir de mémoire.

    Christophe Casanova : Que signifie « communes paroles », le thème de la saison ?

    C’est mettre en commun les langages, le langage théâtral, et notre parole. Il y a beaucoup de débats comme le 6 octobre sur la question des services publics et la nécessité du soutien à ce service public de la culture, mais pas seulement. On parlera beaucoup de l’hôpital. On entrecroise à la fois cette expérience esthétique, voir des spectacles et aller à la rencontre des publics, et cet aspect discursif où on vient parler, raconter ce que l’on vit autour de sujets comme la rue d’Aubagne qui nécessitera des échanges après le spectacle.

    Publics
    Didier Gesualdi : Tout est bon pour ouvrir les portes, rencontrer les publics, être dans Marseille ?
    Notre première mission est de créer des œuvres et de faire en sorte qu’elles soient vues par toutes et tous, d’élargir la base sociale. Ce sont très souvent les mêmes personnes qui ont le désir de venir, c’est ce qu’il faut travailler dans une éducation artistique et culturelle depuis l’enfance, en allant là où ils vivent, dans leurs difficultés de vie, apporter cet élément de respiration à des publics qui pensent qu’ils n’en ont pas le besoin, ni le désir.
    Didier Gesualdi : Comment vous réduisez cette difficulté et faites venir ces publics à La Criée ?
    Par le choix des sujets : parler de la rue d’Aubagne par exemple, c’est parler de nos vies. Par un grand travail de tout un service de relations avec les publics, et puis par la tarification. Les places sont l’objet d’un service public, un peu comme l’hôpital, au fond. C’est ce qu’il faut maintenir, ce coût le plus bas possible, aux alentours d’une dizaine d’euros et parfois des places gratuites.
    Christophe Casanova : Et ça marche ?
    Avec 95% de fréquentations, c’est un des théâtres les plus fréquentés dans les centres dramatiques nationaux. Nous avons cette attitude attentive et généreuse pour que les publics se sentent chez eux. Le hall va devenir un lieu de vie, par exemple, où on va pouvoir se rencontrer, se parler. Toute la journée, c’est 1 000m2 qui sont offerts pour qu’on puisse échanger, venir faire ses devoirs, jouer aux cartes. C’est une autre façon de raconter le théâtre.
    Moyens

    Didier Gesualdi : On parle d’austérité et en général, c’est la culture qui est en première ligne ? Avez-vous des craintes ?

    C’est souvent la variable d’ajustement. Des régions ont supprimé la culture parfois pour des raisons budgétaires mais aussi idéologiques. On sait que la culture est émancipatrice. Voir un spectacle, change quelque chose dans votre vie, surtout si l’angle proposé est un angle de réflexion, de distance avec les choses. Donc ça fait peur aussi de ce point de vue. Quand on rentre dans des périodes autoritaires, où l’on sait qu’il vaut mieux manipuler les masses que de créer de l’échange individuel qui offre à chacun un plus grand discernement, dans un monde où on rabaisse beaucoup le cerveau, notamment de la jeunesse, on peut dire qu’idéologiquement, la culture est en danger.

    Christophe Casanova : Cette idéologie autoritaire qui traverse La Leçon d’Eugène Ionesco est aujourd’hui, la question principale ?

    Oui. Les dérives autoritaristes, on le voit aux États-Unis, dans cette toute-puissance d’un pouvoir écrasant, le masculinisme, revendiqué pleinement par certains chefs d’État, dans cette capacité à réduire par le pouvoir la personne et à la mobiliser de manière moutonnière… C’est parti aussi de toutes les industries de programme, de la publicité, les réseaux sociaux. Donc il y a à lutter pour avoir plus d’esprit critique, notamment chez la jeunesse.

    Social

    Didier Gesualdi : Avec le mouvement Bloquons tout où des gens qui n’ont pas souvent la parole l’ont prise. Quel regard l’artiste porte sur ça ?

    Le désordre social est le témoin de mal-être et de malaises individuels et collectifs. Parfois certains ne peuvent pas mettre de mots dessus, c’est pourquoi le théâtre est très utile. Quand on vient au théâtre et qu’on discute autour d’une pièce, ça fait parler de justice, d’autorité… Ce travail de soin, un peu comme le champ de l’hôpital, est essentiel. Même si on est parfois des ambulances qui arrivent un peu tardivement parce que les corps et les cerveaux sont abîmés.

    Christophe Casanova : Si c’est un peu trop tard, en quoi est-ce utile, alors ?

    C’est plus qu’utile, c’est nécessaire. On ne sait plus vivre bien ensemble, on cherche les raisons de nos mal-être, on pense que le mal-être c’est l’autre, celui qui est différent. Alors que la différence est une possibilité de se transformer soi-même. Les communautarismes sont néfastes avec derrière cette confusion du pouvoir et d’une autorité qu’on ne sait même plus reconnaître, fait qu’on n’a plus confiance en nos leaders politiques. Il faut retrouver ce sens par tous les outils.

    Marseille

    Didier Gesuadi : Vous êtes à la tête de La Criée depuis 2022, vous êtes un vrai Marseillais maintenant. En quoi cette ville vous marque ? Est-ce qu’elle vous agace quelquefois ?

    Elle me marque beaucoup par sa clarté, sa lumière. J’ai la possibilité d’habiter pas trop loin du Vieux-Port, de voir cette beauté lumineuse, tous les matins, autour de moi, et des gens que je trouve extrêmement épanouis, au fond. Je ne vis pas dans des endroits qui sont sans doute extrêmement complexes et difficiles, et où le droit est difficile pour soi et pour les autres à mettre en place. Mais c’est une ville qui est enthousiasmante par sa richesse d’histoire, ses capacités justement ethniques, par le millefeuille qu’elle représente. Et aujourd’hui, dans le cadre politique dans lequel on est, elle représente beaucoup, parce qu’on y vit bien, à Marseille, globalement. Je déplore les médias de sensation qui vont chercher toujours l’endroit où, le drame, et il y en a absolument dans toutes les villes de France. Mais dans la ville de Marseille, il y a aussi beaucoup de gaieté, de vie, nous sommes enviés, en fait.

    Didier Gesualdi : Vous n’êtes pas agacé quelques fois quand même ?

    Parfois, ce n’est pas lié ni à la propreté jamais, ni à l’éducation des gens. Moi, je trouve que je n’ai jamais eu de soucis, ni sensation de gens qui étaient mal éduqués… Ce qui m’agace sur Marseille, c’est la vision qu’on en a. Je suis Corse en partie, et j’ai vécu pendant des années le fait que la Corse était stigmatisée comme étant problématique, comme étant toujours un mouton noir de la République, et Marseille a un peu cette coloration de temps en temps. ça, ça m’agace beaucoup sur ce qu’on dit de Marseille.

    Christophe Casanova : Pourquoi de l’extérieur porte-t-on ce regard sur cette ville ?

    Parce qu’elle cristallise toutes les tensions aujourd’hui qui sont celles de l’immigration, par exemple. Puisque certains font leur miel de cette question du « problème » de l’immigration. Alors que l’immigration c’est une solution à trouver à chaque fois, comment on vit ensemble bien. Et Marseille, sur ces millénaires nous raconte comment l’immigration s’est toujours très bien résolue, puisqu’à chaque fois la mixité, la créolisation et le métissage ont fait que cette ville a vécu des transformations dans laquelle, puisque je parle de beauté, elle est aujourd’hui. On le voit dans les regards des enfants qui sont liés à ce métissage culturel, ethnique. Donc, voilà, c’est là qu’elle est stigmatisée, principalement, parce qu’elle fait peur, aux portes de l’Europe, la ville la plus basse d’Europe, la plus haute pour l’Afrique… et ceux qui ont peur, qui théorisent sur la peur en général, ont un bel objet autour de Marseille, alors que pour moi c’est une grande liberté.

    Jeunesse

    Didier Gesuladi : Vous allez à la rencontre des scolaires, vous allez même dans les crèches… ça paraît incroyable ?

    Le spectacle Oka, par exemple, va à la rencontre des tout jeunes publics. De même qu’à La Criée, il y a des garderies pendant les spectacles où l’enfant, même en très bas âge, a un moment de partage autour du spectacle qui permettra de discuter ensuite de la soirée. Il est très important d’aborder tous les publics, dans les crèches, les centres sociaux, à l’hôpital, ou les centres pénitentiaires… Dans le Hall de La Criée, à tout moment, vous verrez la diversité des publics. Il y a quand même 175 levers de rideaux, c’est une offre très importante qui crée une demande, ça fait 49 œuvres qui sont travaillées, près de 70 000 spectateurs, notre travail se porte sur cette question : élargir cette base sociale et pouvoir voir que la couleur des publics change.

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Jeanne Franchi :

    Est-ce que la programmation de votre théâtre n’est pas un peu trop politique ?

    Ce qui me touche et que je trouve important dans cette question, merci de l’avoir posée Jeanne, c’est le mot « trop ». La programmation de notre théâtre est politique, oui, parce que le théâtre en soi est politique. C’est un art qui consiste à rassembler, à unir autant qu’on le peut, et surtout à éclairer, à émanciper, à donner de l’esprit critique, du discernement. Cette programmation est cependant aussi joyeuse car c’est un théâtre qui donne de la joie, on y voit des spectacles qui permettent de réfléchir collectivement mais toujours positivement. En revanche, elle n’est jamais politicienne, c’est-à-dire qu’elle n’est pas conçue pour créer des scissions ou apporter des choses qui favoriseraient certains partis ou une certaine pensée qu’elle soit de droite, de gauche ou autre… Non, cette programmation est politique en étant humaniste, en parlant de notre commune humanité, de notre commune socialité, de notre commune naturalité. C’est donc parler d’écologie, parler de l’humain, car il n’y a qu’une seule humanité ou bien du fait qu’on ne peut vivre bien qu’ensemble parce qu’on fait des choses ensemble. Donc, tous ces spectacles racontent le droit de chacun à mieux vivre ensemble. Elle est politique dans la chose commune, c’est-à-dire tout ce qu’on met en commun pour cela. Je dirais qu’elle est très ouverte et qu’elle est plutôt grecque en ce sens…

  • Les Bosses de Provence s’offrent un nouveau défi

    Les Bosses de Provence s’offrent un nouveau défi

    Dans les hauteurs de Luminy, Laurent Filly, le successeur de Jean-Pierre Carminati comme « Boss des Bosses », et ses équipes fignolent les derniers détails avant d’accueillir, ce week-end, un peu plus de 2 000 participants à l’occasion du 30e anniversaire de l’événement phare du Vélo Club La Pomme.

    « On est en place », assure le directeur de course, qui croise les doigts pour que la météo, prévue capricieuse durant les deux jours de compétition, soit de leur côté. « On espère que ça va être un week-end de fête », ajoute-t-il, conscient de l’engouement grandissant autour des Bosses de Provence.

    « On affiche complet depuis le début de la semaine », souligne Filly. Il estime que 400 personnes supplémentaires ont voulu participer, mais que les inscriptions étaient déjà closes. « C’est bon signe pour l’avenir », martèle-t-il, persuadé que la nouvelle formule plaît particulièrement aux adeptes de cyclo-sportives.

    Le parcours de 50km, considéré comme le classique des Bosses, garde sa place au programme. Celui de 93km, le plus apprécié des habitués, reste aussi inchangé. Tandis que les tracés de 130km et 164km fusionnent pour laisser place à un nouvel itinéraire de 151,5km précisément. « La route est moins périlleuse que l’année passée, avec une seule ascension de la Sainte-Baume au lieu de deux, mais ça reste quand même difficile », prévient l’organisateur.

    Samedi : retrait des dossards et courses des enfants.

    Dimanche : départ des randonnées et des cyclo-sportives (entre 8h10 et 9h).

  • Le Marathon Jules Bianchi bien parti

    Le Marathon Jules Bianchi bien parti

    Les premiers moteurs ont démarré, ce vendredi, sur les coups de 19h41. C’est à cet horaire précis que le Marathon Jules Bianchi s’est lancé sur le circuit Paul-Ricard.

    Près de deux jours de courses sont au programme pour récolter des fonds en faveur de l’association au nom du pilote décédé tragiquement, il y a maintenant dix ans. Après la conférence de presse, des essais libres ont été organisés. Le moment est venu, ensuite, de réaliser les qualifications et déterminer la grille de départ.

    Parmi les participants, plusieurs personnalités ont confirmé leur participation. L’acteur-chanteur Benjamin Biolay a amené toute une équipe avec lui, pour soutenir l’association. Le nageur Camille Lacourt est également présent, l’humoriste Arnaud Tsamère aussi.

    Dimanche, lors de l’arrivée, à 14h, le directeur du circuit du Castellet, Jean Alesi, brandira le drapeau à damier. Il sera accompagné de Louis Ducruet, membre de la famille princière et fils de Stéphanie de Monaco.

    Tous les fonds récoltés lors du week-end seront reversés au service neurologique de l’hôpital L’Archet, à Nice. C’est à cet endroit que Jules Bianchi a été soigné plusieurs mois, avant son décès, en juillet 2015. Cette compétition a été lancée peu après par Philippe Bianchi ainsi que Frank Lagorce, ancien pilote.

    Cet événement karting est donc bien lancé et se poursuit jusqu’à dimanche, à l’endroit qui abritait le Grand Prix de France de Formule 1 jusqu’en 2022.

  • La Ciotat lance son Défi de Monte-Cristo

    La Ciotat lance son Défi de Monte-Cristo

    Un grand départ pris sous un grand soleil. Ce vendredi, l’étape ciotadenne du Défi de Monte-Cristo débutait avec les premières courses du week-end. Ciel bleu au rendez-vous, mais aussi vent et vagues en mer pour les courageux du jour.

    Au programme de l’après-midi, 3,5km pour les participants. Une armée de personnes en combinaison noire, bonnet de bain vert pomme et bracelet rouge (servant de dossard) ont pris un bus, puis un bateau, pour rejoindre la ligne de départ. Un transfert effectué dans le stress pour certains, beaucoup moins pour d’autres, dont ce monsieur pied en éventail, en attendant de prendre la mer. Sébastien, venu des Alpilles, était parmi cet essaim de 320 personnes. Il a annoncé vouloir nager pour le plaisir. « Il faut être humble sur ce genre de course, car il y a toujours plus fort que nous. » Cette distance ne lui fait pas tellement peur. « 3,5km, ce n’est pas si costaud, mais ça dépend aussi du courant », poursuit-il.

    Le courant en a finalement piégé plus d’un. Malgré le décor paradisiaque entre l’Île verte et le Bec de l’Aigle, les nageurs ont été baladés à certains moments. Plus que lors du 5km, le matin. Les bateaux suiveurs ont fait le travail pour diriger les compétiteurs vers les bouées autonomes et garder un cap clair. 43 minutes plus tard, le vainqueur, Alain Amar, était déjà en train de passer la ligne d’arrivée, située devant l’esplanade Langlois. Personne n’a été épargné par ce courant. Alain Amar confie : « L’eau était plus chaude que ce matin. Le courant était plutôt avec nous, mais quand il était contre, il était vraiment contre. Je conserve mon titre de l’an dernier, je suis content de ma performance ! »

    L’étape de La Ciotat du Défi de Monte-Cristo est l’une des 13 de l’EDF Aqua Challenge, qui se dispute majoritairement en Méditerranée. Cette ligue en eau libre s’arrête donc jusqu’à dimanche, dans les Bouches-du-Rhône, avec plusieurs courses encore au menu. Les bonnets verts répondant massivement à l’appel.

  • Une nouvelle formation sportive pour rebondir

    Une nouvelle formation sportive pour rebondir

    Plage du Verdon, un petit vent court sur le sable et crée des clapots sur la mer.

    Sous le regard curieux de quelques vacanciers de la dernière heure et de locaux qui profitent de l’espace retrouvé, un groupe d’une trentaine de personnes s’active autour d’exercices aux airs de Koh-Lanta. écoutant les conseils de l’équipe dirigée par Olivier Bals, ce sont les premiers membres de Noitulos-solutioN, centre de formation par l’apprentissage qui a ouvert ses portes à Martigues.

    « Ce groupe entame une formation sur le thème du sport. Ils sont 17, âgés de 18 à 40 ans, et vont participer à dix mois d’apprentissage, en alternance », explique Olivier Bals. Formateur depuis 2016, il est le président de la structure qui a été portée sur les fonts baptismaux, ce jeudi. « Les plus jeunes sont issus des filières de détection des missions locales. Les plus anciens sont en reconversion professionnelle », détaille-t-il.

    C’est le cas de Lamia, 40 ans, qui a quitté le giron de la SNCF « parce que j’avais envie de travailler dans les centres sociaux. J’ai eu la chance d’avoir un contrat d’alternance avec le centre-social Jacques-Méli et je suis heureuse de pouvoir débuter autre chose ». De son côté, Jules est en quête de confiance : « J’ai tenté Staps, mais je ne m’en sors pas. Cette formation est l’occasion de tester autre chose. J’aimerais bien devenir animateur sportif. »

    Les 17 vont bénéficier de dix mois de formation intense. « Il y aura de la théorie, avec 650 heures de cours, mais aussi beaucoup de pratique, avec 600 heures de présence en structures sportives », détaille Olivier Bals. Ils alterneront trois jours en CFA, au centre Mikado de Martigues, et deux jours sur le terrain, auxquels s’ajouteront des vacations lors des vacances scolaires. « Au final, il y aura un examen avec délivrance d’un diplôme par la Drajes » poursuit-il.

    « La Ville de Martigues nous a apporté un formidable coup depouce en mettant à notre disposition ses installations. Cela nous offre un confort de travail et nous permet de bien préparer les apprentis, sous la houlette de France Travail », indique Olivier Bals.

    www.noitulos-solution.com

    Tél : 04. 42. 45. 70. 31