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  • [Lecture] Cinquante ans de solitude

    [Lecture] Cinquante ans de solitude

    Henri Girard, devenu ensuite Georges Arnaud, dont Le Salaire de la peur n’a rien perdu, 75 ans après sa parution, de sa force ni de son originalité, était bien coupable. Coup de tonnerre dans l’univers des lettres et du fait divers, Catherine Girard, sa fille, livre, dans un récit bouleversant et à l’authenticité incontestable, n’en déplaise à une mise en cause médiatique aussi infâme que dérisoire, une triple histoire : celle de son père, d’une dynastie familiale, la sienne enfin. Si, depuis la tragédie d’Escoire, l’assassinat en 1941 du père d’Henri Girard, de sa tante et de la domestique de la famille, Louise, articles, documents et livres n’ont pas manqué, pour soutenir la thèse de l’innocence ou au contraire faire le procès de l’acquitté, c’est, enfin, une certitude que nous apporte Catherine Girard. Une certitude qu’elle a enfouie en elle pendant plus de cinquante ans, depuis que ce père adoré, adulé même, qui était aussi un ami, a répondu à ses interrogations. « On m’appelle la fille de l’assassin. Est-ce la vérité ? » Suivra un demi-siècle de déni.

    Famille, je vous hais !

    C’est le cri du Gide des Nourritures terrestres que Catherine Girard pourrait placer dans la bouche de son père. « Foyers clos, portes refermées, possessions jalouses du bonheur ! » Grande fortune, égoïsme de classe ébranlés un moment par l’arrivée d’une belle-fille émancipée, anarchisante, socialement inférieure. Valentine. On déshérite Georges Girard pour cette mésalliance. Henri naît. Valentine meurt alors qu’il n’a que neuf ans. Il ne s’en remettra jamais. Ce sont les Autres qui sont responsables, qui n’ont pas fait ce qu’il fallait pour la sauver. Et, avant tout, la grand-mère et la tante. Et Georges et Henri ont beau partager un amour réciproque sincère, leurs relations seront tendues, chaotiques parfois, violentes souvent. Nul ne guérit de son enfance, le ferment de la vengeance ne disparaîtra jamais. L’autrice analyse avec une précision presque clinique les processus qui vont peu à peu entraîner Henri à l’irrémédiable, nous faisant pénétrer les arcanes d’une famille calfeutrée dans sa richesse et ses habitudes, mais aussi dans les cœurs de Georges et d’Henri, ne cherchant jamais à excuser son père, simplement à le comprendre.

    « In violentia veritas »,

    Catherine Girard
    Grasset 352
    pages 22€

  • Un « comité salinité » pour sauver les cultures de la basse plaine de l’Orb

    Un « comité salinité » pour sauver les cultures de la basse plaine de l’Orb

    La nature a créé le meilleur désherbant au monde », s’amuse Paul Thomas, viticulteur et vice-président de la cave de Sérignan, dans le sud de l’Hérault. Mais s’il garde son humour, ce vigneron est en réalité très inquiet et il a de bonnes raisons : depuis plusieurs années, de l’eau salée s’infiltre en permanence sur ses parcelles et détruit une partie de ses vignes.

    Dans la région, il est loin d’être le seul à être touché par le phénomène : « Tous les viticulteurs sont impactés, mais aussi les céréaliers et même quatre éleveurs. Le débit de l’Orb n’est plus aussi important qu’avant et il est en dessous des minimums autorisés. C’est devenu un véritable bras de mer qui se diffuse sur les deux rives par capillarité. » Conséquence : du sel s’infiltre dans les cultures environnantes, rendant les sols complètement stériles en à peine un an.

    C’est ainsi qu’il y a deux ans, Paul Thomas et d’autres agriculteurs de la région ont décidé de créer une association réunissant 250 adhérents pour interpeller les institutions. Une initiative payante puisque depuis le 30 juin, le préfet a ordonné la mise en place d’un comité de pilotage « salinité » pour rassembler autour d’une même table tous les acteurs du dossier. Jérôme Despey est président de la chambre d’agriculture de l’Hérault et co-préside ce comité. Il raconte : « À la demande de l’association, nous avons travaillé par exemple avec l’Agglomération de Béziers, qui finance une étude du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) sur la faisabilité d’un barrage anti-sel. Il devrait rendre ses conclusions en mars 2026. » Selon Jérôme Despey, il y a urgence : 2 800 hectares de terres agricoles sont concernés, dont 500 sont déjà perdus. « Si on prend le seul exemple de la Cave de Sérignan, poursuit-il, celle-ci a perdu 190 hectares en à peine 30 ans. »

    Une menace existentielle

    Sur le terrain, de nombreuses actions sont déjà mises en place pour essayer de remédier au problème. L’Association syndicale autorisée en hydraulique agricole (ASA) a par exemple engagé bénévolement un nettoyage complet de son réseau. Cette initiative aurait déjà permis de faire baisser le taux de salinité de 21 à 12 grammes dans certains ruisseaux. « Sur les deux rives, il y a aussi des pratiques de submersion des terres en hiver, grâce au pompage de l’eau douce dans l’Orb », ajoute le président de la chambre d’agriculture. « Il est assuré sur la rive droite par la Cuma et sur la rive gauche par la BRL. Seulement, la submersion coûte 1 500 euros pour quatre hectares. » Par ailleurs, l’Établissement public territorial de bassin Orb et Libron a élaboré un plan de gestion du delta de l’Orb concernant tous les leviers d’action et d’adaptation au changement climatique. « C’est pour faire dialoguer et mettre en commun toutes ces initiatives que nous avons créé le comité », commente Jérôme Despey. « Nous ferons une nouvelle réunion le 27 octobre pour constater les avancements. »

    De son côté, Paul Thomas assure qu’il garde espoir et a envie de croire en l’initiative de la préfecture. Il en va de la survie de la cave de Sérignan : « Si on perd notre terroir situé dans la basse plaine, la cave fermera. Pourtant, nous sommes le premier caveau de l’Hérault. La salinité est notre seule bête noire. » Il déplore également que deux jeunes viticulteurs aient déjà été contraints d’arrêter leur activité « parce qu’ils étaient écœurés. » Il conclut : « Ça fait deux ans qu’on a pris nos bâtons de pèlerin. Nous nous sommes donné sept ans pour arriver à une solution pérenne. »

  • TER à 1€ : bénéfices et limites du dispositif

    TER à 1€ : bénéfices et limites du dispositif

    Quelles sont les forces et les faiblesses du TER à un euro ? Depuis que feu Christian Bourquin a concrétisé cette promesse de Georges Frêche, par la suite étendue à l’Occitanie par Carole Delga, c’est la première fois qu’un regard indépendant se pose sur cette mesure phare de la Région.

    Dans le cadre d’un audit flash (4 mois seulement), la Chambre régionale des comptes (CRC) a passé au crible ce choix politique fort et unique en France. « Seuls les Hauts-de-France ont une offre restreinte pour les 4-12 ans », renseigne Valérie Renet. Et la présidente de la CRC de préciser aussitôt : « Le but n’était pas d’évaluer la politique ferroviaire de la Région mais de poser des constats. »

    De quoi parle-t-on ? L’offre dite du TER à un euro est composée de 4 dispositifs. D’abord 5 lignes historiques proposent des billets à ce prix. Ensuite un million de billets à l’euro symbolique sont contingentés chaque année. S’ajoutent des promotions tous les premiers week-ends du mois ainsi qu’une remise estivale (14 juillet-15 août) pour les moins de 25 ans.

    Toutes mesures confondues, le TER à 1 euro représente 2,7 millions de billets annuels vendus (dont la moitié sur les dispositifs week-ends et jeunes), soit environ 13% du total des voyages des trains régionaux d’Occitanie. L’impact n’est donc pas négligeable pour un coût chiffré à 9 millions d’euros annuels, ce qui représente 2% montant total dédié à l’exploitation des TER (environ 3,4 euros par billet). « L’usager ne paye jamais la totalité du service. Ici 23% et 77% pour les contribuables », calcule Valérie Renet.

    +68% de fréquentation

    Quoi qu’il en soit, une statistique plaide en faveur du succès des politiques régionales. Entre 2019 et 2024, la fréquentation globale du réseau ferroviaire d’Occitanie a bondi de 68%. Et un quart de cette croissance provient des deux principaux dispositifs du TER à un euro. La Région comptait l’an passé 80 000 voyageurs et en vise 100 000 d’ici 2032. Autre indicateur favorable : le taux de remplissage des TER d’Occitanie, s’il peut paraître faible (39%), est nettement meilleur que la moyenne nationale (32%).

    L’idée de Carole Delga est à la fois de soulager le portefeuille des ménages et de favoriser le report modal vers le ferroviaire. Sur ce point, le bilan est plus contrasté, selon la CRC. Avec un ratio de 248 km voyageurs par habitant, notre région se classe toujours en avant-dernière position. Une étude de 2022 évaluait la part du report modal de l’ensemble des voyageurs vers le train à seulement 12% grâce au TER à 1 euro. Selon Valérie Renet, le prix du billet n’est pas le seul facteur de décision. « Les taux de fiabilité et de ponctualité des TER sont plus faibles en Occitanie (80-85%) », avance la présidente.

    Magistrat à la CRC, Fabrice Ribet précise que « dans les régions du Sud, il y a une habitude à davantage utiliser la voiture ». Il ajoute que « la situation dégradée de certaines infrastructures n’incite pas certains voyageurs à choisir le TER ». Lequel est parfois concurrencé par la route, par exemple sur la ligne de l’Aubrac (Béziers-Neussargues) qui longe l’A75. « Son taux de remplissage (10-12%) est le plus faible et la ligne nécessite 375 millions d’euros d’investissement d’ici 2027  ». Valérie Renet ne va « pas jusqu’à dire que des lignes historiques devraient être fermées » mais souligne que « leur impact environnemental est parfois limité lorsqu’elles ne sont pas électrifiées ». « Il y a besoin d’une étude comparative en fonction des besoins en investissements. » On peut aussi miser sur l’incitation au changement des comportements à long terme et se dire que le service public n’a pas pour vocation première d’être rentable.

    « Une habitude à davantage utiliser la voiture »

  • La Région met la main à la poche pour les associations

    La Région met la main à la poche pour les associations

    Le secteur associatif tire la langue. Premières victimes de la cure d’austérité ayant frappé les collectivités territoriales de plein fouet, les associations doivent maintenant se plier en quatre pour garder la tête hors de l’eau. Avec 160 000 structures en Occitanie, ces dernières représentent un pan non négligeable de l’économie régionale, avec pas moins de 5 milliards d’euros de budget cumulé. Dès lors, il devient nécessaire de sauver le secteur. « Les choix budgétaires 2025
    -que ce soit pour les associations ou les collectivités- ont entraîné l’aggravation des difficultés et posent des problèmes. Nous avons souhaité maintenir nos politiques publiques, bien qu’il y ait eu une baisse budgétaire de 5%. Mais nous avons amplifié nos relations politiques pour être le plus efficace possible avec les associations
     », soutient Pierre Lacaze, vice-président PCF de la Région, chargé de la vie associative. Comprendre, plus les associer sur le processus de décision. « Le réseau associatif a un rôle considérable dans la République, c’est un interlocuteur à part entière pour travailler les politiques publiques », poursuit le vice-président.

    Malgré cette baisse, l’Occitanie contribue à hauteur de 33 millions d’euros pour le secteur associatif. Et lance pour la seconde année un appel à projets « pour une Région Occitanie plus inclusive et solidaire » d’une enveloppe de 700 000 euros, qui bénéficiera à 134 lauréats.

    13 000 emplois menacés

    Parmi eux, l’Association d’entraide et de reclassement social (AERS), qui lutte contre l’exclusion – 40 000 personnes ont été aidées dans l’Hérault. « Nous avons créé un partenariat avec d’autres associations pour la collecte et la distribution des produits de première nécessité hors alimentation. Les petites et moyennes associations sont souvent confrontées à des problèmes de logistique et cette synergie a permis de distribuer 220 000 produits », détaille Charlotte Cedo, directrice générale de l’AERS. Grâce à ce dispositif, pas moins de 700 000 euros auraient été économisés.

    L’appel à projets bénéficie également au mouvement associatif de l’Occitanie, qui œuvre à accompagner les associations sur le territoire et représente près de la moitié des structures régionales. « Nous avons lancé plusieurs dispositifs, dont Prev’asso pour accompagner les associations au bord d’une procédure judiciaire. Dépendant des tribunaux judiciaires, les associations n’ont pas d’interlocuteur quand elles sont en mauvaise santé financière. L’idée était de proposer un espace avec des professionnels pour échanger afin de faciliter la prise de décision en ayant une meilleure visibilité sur leur modèle économique », développe Erwann Favre, délégué régional du mouvement. Une aubaine pour le secteur, car près de 13 000 emplois associatifs seraient menacés en Occitanie. Au vu de leur apport dans la société, il est primordial de les sauver.

  • RCT : Une victoire serrée pour le retour à Mayol

    RCT : Une victoire serrée pour le retour à Mayol

    C’est un sans-faute pour le RCT. Après leur victoire à Montpellier (17-27) la semaine passée, les Rouge et Noir ont de nouveau trouvé le chemin de la victoire (16-12), samedi soir à domicile, à l’occasion de la deuxième journée de Top 14.

    Pour leur première rencontre de la saison à Mayol, les hommes de Pierre Mignoni ont dû s’employer pour prendre les quatre points de la victoire. Mais l’efficacité des buteurs Marius Domon et Melvyn Jaminet, associé à l’essai de Gaël Dréan a fait la différence.

    Les Castrais sont tout de même repartis avec le bonus défensif.

  • Marseille : Martine Vassal annonce sa candidature aux municipales

    Marseille : Martine Vassal annonce sa candidature aux municipales

    «Si on veut gagner la ville de Marseille, il faut une incarnation», lance Renaud Muselier, président de la région Paca et délégué régional du parti macroniste Renaissance aux militants de droite présents ce samedi soir aux Halles de la Major.

    Le lieu d’un meeting d’Une Génération pour Marseille, où sont entre autres présents des caciques de la droite marseillaise comme Valérie Boyer ou encore Bruno Gilles sans oublier Sabrina Agresti-Roubache, l’ex-secrétaire d’Etat à chargée de la Ville d’Emmanuel Macron. Présidente de la métropole et du Département, Martine Vassal prend la parole: « C’est un jour particulier. Il y 6 ans, je me lançais dans la campagne des municipales. Mais les choses étaient bien différentes à l’époque. Car l’ union, nous l’avons aujourd’hui ! » Avant de renchérir peu de temps après: « oui nous allons gagner tous ensemble. Je serai candidate aux élections municipales ! »

  • Water-polo : une rentrée sans forcer pour le CNM

    Water-polo : une rentrée sans forcer pour le CNM

    Ils n’ont pas eu besoin de forcer leur talent pour remporter leur premier match de la saison. Les pensionnaires du Cercle des nageurs de Marseille ont rapidement, et largement, pris le meilleur sur l’Olympic Nice Natation, samedi, devant leurs supporters au bassin Pierre Garsau (22-7). Bien aidés par les cinq buts de Thomas Vernoux, les poloïstes phocéens commencent la saison sur une bonne note. Ils vont enchaîner deux matches de championnat dans les semaines à venir : la réception de Montpellier samedi prochain (18h) et un déplacement à Sète sept jours plus tard (20h).

  • La Mosson ouvre la campagne municipale

    La Mosson ouvre la campagne municipale

    Quel remue-ménage. Le club de Montpellier range-t-il les plans, les rêves de nouveau stade pour rester à la Mosson ? S’apprête-t-il à suspendre, de force plus que de gré, son déménagement, envisagé en 2014 à la suite d’une seconde inondation en dix ans ? C’est tout au moins
    le sens de la promesse du
    maire et président de l’Agglomération Michaël Delafosse ainsi que la colère de Jean-Pierre Rico, maire de Pérols prêt à accueillir le stade Louis-Nicollin du côté de l’Arena.

    Lors de l’inauguration des Cuves gourmandes le 4 septembre, l’élu de Pérols, vice-président de la Métropole, s’est ouvertement agacé des intentions du maire de Montpellier, à sept mois des élections municipales (15 et 22 mars). « Le président de la Métropole [Michaël Delafosse] va officiellement annoncer au mois d’octobre où sera le stade de foot. Comme je ne suis pas associé à la démarche, je vous dis ce qu’il en est : le stade sera à la Mosson », s’est-il emporté dans une vidéo filmée par Laurent Jaoul, maire de Saint-Brès.

    Depuis un an et demi, un projet se faisait jour du côté de la Sud de France Arena, aux mains de la Région Occitanie de la présidente Carole Delga et de son fidèle vice-président en charge des sports Kamel Chibli. Il était question d’associer la rénovation du Parc des Expos, situé sur la commune de Pérols, et la construction d’un nouveau stade.

    Ce dossier avait valeur de dernière chance après l’abandon du projet de Cambacérès. Imaginé par Philippe Saurel, le lieu avait été délocalisé après 2020 par son successeur Michaël Delafosse du côté d’Ode à la mer, aux abords d’un espace commercial sur la commune de Lattes.

    M.Delafosse était associé au projet à la Sud de France Arena sans en être acteur dans la mesure où il s’est engagé lors de son premier mandat pour un stade 100% privé.

    Aujourd’hui, désire-t-il reprendre en main le dossier du stade Louis-Nicollin ? Tout comme Georges Frêche, maire de Montpellier (1977-2004) et ex-mentor, Michaël Delafosse se refuserait à quitter le quartier de la Mosson. Fin août, lors de la conférence de presse de rentrée, il avait promis de révéler début octobre le choix du nouveau site.

    Jean-Pierre Rico a éventé le secret et s’est insurgé sur le montant de l’investissement, de l’ordre de 70ME, pour prévenir toute inondation. « Et je ne voterai pas cela lors de la prochaine mandature. Je ne jetterai pas 70 millions d’euros dans la Mosson », a-t-il promis.

    Pour l’heure, le président du Montpellier Hérault Sport Club Laurent Nicollin se réfugie dans le silence. Et semble spectateur d’un nouveau retournement politique après les choix de Saurel, Delafosse et de la Caisse des dépôts, qui avait abandonné son aide à hauteur de 100ME.

    Le dirigeant du foot montpelliérain et de l’entreprise Nicollin, en charge du traitement des déchets, va attendre le mois d’octobre de connaître les intentions de Michaël Delafosse. Pour la troisième fois, après 2014 et 2020, le futur stade Louis-Nicollin sera un enjeu du scrutin. Il y revient cette fois d’une manière plutôt inattendue.

    Par ailleurs, les services de la Métropole ont pris contact avec les dirigeants du MHB, selon le président Julien Deljarry et fils du président de la CCI, pour envisager une évolution du palais des sports Bougnol, rebaptisé FDI stadium, alors que Christian Assaf avait réduit à néant toute nouvelle construction ou aménagement en février dernier. « La situation économique ne nous permet pas de faire une salle à 100M d’euros telle qu’elle était prévue en lieu et place du Zénith », avait soufflé le vice-président de la Métropole, en charge des sports.

    Enfin, Michaël Delafosse ferraille à l’heure actuelle avec le président du MHR Mohed Altrad, candidat déchu aux dernières élections municipales, au sujet du Complexe du Manoir, et du Septeo stadium. En février dernier, l’équipe dirigée par le manager Joan Caudullo avait été contrainte de jouer à Béziers deux rencontres de Top 14 en raison de l’état déplorable de la pelouse, à la charge de la mairie.

    Désireux de construire la maison du rugby, Altrad multiplie les plaintes sur la dégradation du Complexe Du Manoir, inauguré en 2007 en marge de la Coupe du monde de rugby. Sans nul doute, il va revenir à la charge et menacer de quitter du Manoir. Pour aller à Pérols ? Le Stade, ou les stades, s’invitent une fois encore dans les urnes. Et ouvrent la campagne. Quel remue-méninges.

  • Le grand retour de la loutre en France

    Le grand retour de la loutre en France

    Perte de l’habitat, pollution des cours d’eau, et surtout chasse ont failli faire disparaître la loutre en France à la fin des années 1970. « Difficile de savoir combien il en restait », admet Simon Lacombe, doctorant au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier. Mais probablement très peu. Seuls trois noyaux de population subsistaient : en Bretagne, sur la façade Atlantique et dans le Massif Central. Mais l’interdiction de la chasser en 1972 et son statut d’espèce protégée depuis 1981 ont permis son retour. « Cela s’accélère nettement depuis les années 2000 », poursuit le doctorant, premier auteur d’un article paru dans Biological Conservation. Les trois noyaux se sont rejoints et la colonisation s’est étendue à de nouvelles régions : Bourgogne-Franche-Comté, Normandie et même la façade méditerranéenne.

    « Une preuve que les initiatives de conservation bien menées fonctionnent et une excellente nouvelle pour l’équilibre des écosystèmes », se réjouit Simon Lacombe. Car la loutre, carnivore, est un des prédateurs du haut de la chaîne alimentaire qui exercent un contrôle sur les espèces situées plus bas qui prolifèrent en leur absence. « Un cas d’école est celui des loutres de mer en Californie », indique Simon Lacombe. Leur retour a permis de réguler les populations d’oursins qui proliféraient et mangeaient des algues abritant une grande diversité de poissons. « Nous n’avons pas encore d’étude similaire pour la loutre d’Europe, mais il n’y a pas de raison de penser que cela se passe différemment », poursuit-il.

    Animal furtif

    Établir le retour de la loutre n’a pas été simple. « Cela a été un gros travail de sciences participatives », insiste le chercheur. Car le petit carnivore ne se laisse pas observer facilement, vit essentiellement la nuit et loin des activités humaines. De plus, il ne vit pas en gros groupe et il est difficile de distinguer les individus entre eux. Il aura fallu s’armer de patience pour récolter les plus de 40 000 traces et empreintes – notamment des déjections – via des suivis standardisés et des signalements opportunistes. Ces données ont ensuite été combinées à un modèle statistique permettant de s’affranchir de biais.

    Alors, la loutre en France est sauvée ? Simon Lacombe reste prudent : « Nous n’avons aucune idée de la connectivité génétique. » Rien ne garantit en effet que des contacts ont lieu entre les populations et qu’il y a bien un brassage génétique indispensable à la viabilité de l’espèce. « Une étude en Grande-Bretagne a montré que ce n’était pas si simple », nuance le doctorant. Enfin, la loutre est assez solitaire : lorsqu’elle est présente, il y a en réalité peu d’individus. « Cela la rend vulnérable et sensible à la moindre problématique », ajoute Simon Lacombe qui insiste sur l’importance de maintenir l’effort de conservation. Rien n’est gagné donc. Mais le chemin est le bon.

  • Fabien Roussel : « Le bloqueur en chef, c’est le président de la République, place au peuple ! »

    Fabien Roussel : « Le bloqueur en chef, c’est le président de la République, place au peuple ! »

    Samedi à la mi-journée, le stand national des communistes de la Fête de l’Humanité accueillait un meeting de Fabien Roussel. L’occasion pour lui de célébrer les 90 ans d’un événement à nul autre pareil. « Les communistes peuvent être fiers de tous les combats portés ici. Merci aux milliers de militants communistes sans qui cette fête n’existerait pas, c’est vous qui en êtes les bâtisseurs », lance-t-il à une foule enthousiaste.

    À propos de la situation politique, il considère que « la chute du gouvernement Bayrou ne règle rien. Le fusible a sauté mais le tableau électrique est toujours en place ». Pour lui Bayrou ou Lecornu, c’est « Chou vert et vert chou ».

    « Je voudrais dénoncer les provocations policières sur instruction de M. Retailleau », indique-t-il à propos du 10 septembre tout en considérant que c’est un premier succès. « Le bloqueur en chef , c’est le président de la République. Place au peuple ! Le seul message que nous avons à faire passer : faire appel à l’intervention des salariés et de la jeunesse pour être très très nombreux le jeudi 18 septembre », martèle-t-il.

    « Rendez l’argent ! »

    « Cette colère immense qui monte porte en elle quelques germes d’espoir qu’il faut entretenir. Tous ces gouvernements nous ont fait les poches pour remplir celles des riches, c’est un fait et cette prise de conscience de classe progresse », affirme Fabien Roussel. En la matière, le communiste prévient : « nous serons intransigeants, irréductibles même : les sacrifices c’est terminé, qu’ils prennent aux riches ! » Il rappelle qu’en 2017, à la prise de fonction d’Emmanuel Macron, « les 60 plus grandes fortunes cumulent 600 milliards aujourd’hui c’est 1200 milliards d’euros, le double en 8 ans ! C’est un braquage des finances publiques, de nos poches vers leur poches. Cet argent c’est celui de notre travail, de nos impôts. Rendez l’argent ! »

    Le maire de Saint-Amand-les-Eaux, insiste : « Que les choses soient claires : il y besoin de ruptures claires et franches, sans quoi les mêmes causes produiront les mêmes effets et s’il le faut nous appuierons sur le bouton de la censure. Si le président de la République menace d’une dissolution, et bien dont acte, nous n’avons pas peur d’en revenir au peuple. Avant cela nous communistes, nous voulons l’intervention du monde du travail pour que les travailleurs et la jeunesse prennent la main. Notre priorité c’est de mettre la pression la plus forte, la plus totale ».

    Dans cette période d’instabilité, le PCF porte quatre exigences : « 1, toutes les mesures toxiques et scandaleuses du budget Bayrou, dehors ! Niet, on n’en veut pas. 2, une augmentation générale des salaires. 3, abrogation de la réforme des retraites. 4, de la justice fiscale, que les gros payent gros et que les petits payent petit », énumère Fabien Roussel.

    Déterminé à incarner le « parti-pris du travail et de la paix », il propose « de mettre 500 milliards d’euros sur la table en 5 ans. Ca peut vous paraître fou quand on dit partout qu’il faut faire des économies mais c’est le choix que la France doit faire : investir massivement. Nous devons retrouver la France des bâtisseurs. Une France unie, heureuse de se retrousser les manches pour réparer le présent et construire l’avenir, sans exploitation, sans gaver les actionnaires. Quand ils vous parlent de la dette, parlez-leur de vos enfants, nous avons besoin d’investir ».

    Fabien Roussel souligne l’importance d’agir sur le pouvoir d’achat avec une échelle mobile des salaires, un Smic à 2000 euros bruts, une augmentation des pensions et 10% de plus sur le point d’indice des fonctionnaires.

    Concernant la situation internationale, le secrétaire nationale du PCF affirme : « Le droit international, ils sont nombreux à vouloir le faire respecter en Ukraine, nous nous voulons le faire respecter partout et donc aussi pour les peuples cubain, sahraoui, kurde et, bien sûr, nous sommes au côté du peuple palestinien qui subit un génocide. Comment supporter l’inaction de tous ces gouvernements dont celui de la France quand 18 000 enfants sont morts sous les bombes ou sous les balles de l’armée israélienne ? Ce gouvernement d’extrême droite comme les dirigeants du Hamas devront rendre des comptes devant la justice internationale, à l’Humanité toute entière », estime-t-il. « La France doit agir vite. Il faut briser le blocus à Gaza et apporter l’aide humanitaire en urgence. Je demande solennellement au président de la République de mettre en place une flottille de solidarité officielle, encadrée par les marines nationales des pays volontaires », avance le communiste.

    Alors que la délégation de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) venue assister à son meeting est acclamée par la foule, Fabien Roussel, lance : « Comme Mandela en son temps, nous plaçons dans Marwan Barghouti qui doit être libéré et l’OLP tous nos espoirs pour une Palestine libre, démocratique et laïque, au côté du peuple israélien ».

    Très sévère à l’égard du RN dont les représentants « rendent l’étranger responsable de tous les maux de la terre », Fabien Roussel considère que « Nous avons besoin que la gauche soit au rendez-vous pour retrouver le chemin du peuple. C’est la condition pour construire les victoires de 2026 et 2027. Le rassemblement, nous n’avons que ce mot à la bouche », avance-t-il devant les responsables de toutes les formations de gauche venus l’entendre à l’exception de la France insoumise pourtant présente avec un stand sur la Fête de l’Humanité. Une volonté de rassemblement qui ne l’empêche pas de militer pour un regain d’influence du PCF, bien au contraire. « Nous avons besoin, pour que la gauche gagne, d’un Parti communiste plus fort dans les quartiers, les entreprises et les villages. Je suis fier d’être le secrétaire national du plus beau parti de France à l’initiative des plus belles conquêtes de notre pays. Franchissez le pas, rejoignez la famille, le Parti communiste français ! », conclut-il.