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  • Une micro-crèche privée fermée pour moisissures

    Une micro-crèche privée fermée pour moisissures

    Facture salée et potentielle mise en danger des minots dans la micro-crèche Zola, dans le 9e arrondissement de Marseille, appartenant au groupe privé lucratif bien connu dans la ville, Youbee For Kids.

    L’établissement du quartier de Mazargues, accueillant plus d’une dizaine de bambins, a été fermé, pour une durée de 4 mois, suite à un arrêté pris par le Département des Bouches-du-Rhône, le 10 février. Et les causes de la prise de cet arrêté se passent de commentaires. Il relève « la présence importante de taches d’humidité qui remontent sur les murs dans les pièces de vie des enfants ». Mais aussi « que la peinture s’écaille et les morceaux tombent au sol à portée des enfants » et que « le linoléum au sol est taché de traces de moisissures sur son intégralité ». Cerise sur le gâteau : « La VMC et la climatisation sont encrassées ; la structure manque d’aération. » En bref, pas vraiment un environnement sain pour les minots de cette micro-crèche, puisque l’arrêté conclut qu’il existe une « dégradation importante des conditions d’accueil, depuis le mois de juillet 2025, qui compromettent la santé et la sécurité des enfants ». Et de considérer que « les faits évoqués et l’urgence sont de nature à justifier la fermeture immédiate et provisoire de l’établissement ».

    L’arrêté départemental s’appuie notamment sur deux visites de contrôle. Une première en juillet 2025 à la suite de laquelle « le gestionnaire n’a pas répondu aux demandes de la PMI [Protection maternelle et infantile, service du Département Ndlr]. La seconde visite a été réalisée le 29 janvier, « suite à la transmission d’éléments relevant des événements indésirables graves ».

    Procès avec le propriétaire ?

    Contacté, Pierre Comboroure, co-fondateur de YouBee For Kids, renvoie la responsabilité vers le propriétaire du bâtiment et explique « subir de nombreuses malfaçons » : « Nous sommes en procès avec le propriétaire depuis 2 ans pour qu’il effectue les démarches et les travaux nécessaires pour résoudre ce problème d’humidité constaté peu après l’ouverture. »

    Un problème d’humidité dont il dit ignorer l’origine, mais « vraisemblablement extérieur à notre périmètre ». Pierre Comboroure affirme également avoir joué la transparence avec les familles qui auraient apporté « un soutien unanime » à l’entreprise. « Toutes les familles étaient informées, depuis le début, de cette situation. Notre priorité a été de pouvoir proposer des solutions pour un maximum de familles. Sept d’entre elles ont pu bénéficier d’une place dans d’autres établissements. D’autres nous ont annoncé pouvoir s’organiser grâce à la période de vacances scolaires », développe-t-il. Du reste, l’entreprise assure « utiliser au contraire cette période de fermeture forcée pour réaliser tous les travaux pour leur compte ».

  • [Passerelle interculturelle] L’Année du Cheval célébrée aux Grandes Écuries de Chantilly

    [Passerelle interculturelle] L’Année du Cheval célébrée aux Grandes Écuries de Chantilly

    Plus de 600 invités, issus des milieux politique, culturel, économique et associatif franco-chinois, ont pris part à la célébration de l’année du cheval à Chantilly.

    Étaient notamment présents l’ambassadeur de Chine en France, Deng Li, accompagné de son épouse Mme Zhang Hua, le président de la Région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, ainsi que des responsables politiques français, des représentants des institutions culturelles, des amis français de la Chine, des membres de la communauté chinoise en France et des représentants d’entreprises chinoises implantées localement.

    Pour l’occasion, les Grandes Écuries du château de Chantilly avaient été soigneusement décorées de lanternes rouges, de découpages traditionnels et de symboles du Cheval, créant une atmosphère festive et chaleureuse, empreinte de l’esprit du Nouvel An chinois. Le choix de Chantilly, lieu emblématique de la culture équestre française, conférait à cette célébration une forte portée symbolique.

    Dans son allocution, l’ambassadeur Deng Li a retracé l’évolution des relations sino-françaises depuis l’établissement des relations diplomatiques en 1964, mettant en avant les résultats fructueux de la coopération bilatérale ainsi que la visite d’État du président Emmanuel Macron en Chine en 2025. Il a souligné l’importance du dialogue et de la coopération dans un contexte international marqué par la montée du protectionnisme et des tensions géopolitiques, appelant à œuvrer ensemble en faveur d’un monde multipolaire plus juste, pacifique et stable.

    Force collective

    Prenant la parole, Xavier Bertrand a souhaité en chinois « Bonne année » et « Succès immédiat ». Il a rappelé que, dans la culture chinoise, le cheval symbolise la force collective, l’effort commun et le dynamisme. Il a également évoqué les liens historiques profonds entre la Région Hauts-de-France et la Chine, notamment l’accueil de travailleurs chinois durant la Première Guerre mondiale, soulignant la nécessité de poursuivre et d’approfondir les échanges humains et culturels entre les deux pays.

    La réception a été ponctuée de prestations artistiques de grande qualité. Des artistes du groupe artistique de Nankin ont présenté des danses inspirées de la fleur de jasmin et de la puissance des chevaux au galop. Des créations musicales mêlant opéra de Pékin et chanson contemporaine ont rencontré un vif succès. Une démonstration équestre de l’équipe professionnelle de Chantilly a mis en valeur l’élégance et la force de l’art équestre français, tandis que la danse Yingge, interprétée par une troupe de la communauté chinoise en France, a insufflé une énergie vibrante à la soirée.

    Cette réception a également mis en lumière les liens anciens et dynamiques entre la Région Hauts-de-France et la Chine. Terre d’accueil des travailleurs chinois durant la Première Guerre mondiale, la région entretient aujourd’hui des échanges soutenus avec la Chine dans les domaines économique, culturel, éducatif et universitaire. À travers cette célébration du Nouvel An chinois, les Hauts-de-France réaffirment leur volonté de renforcer le dialogue interculturel et de développer des coopérations durables, au service de l’amitié entre les peuples chinois et français.

  • L’arrivée de médecins cubains se précise dans le Gard

    L’arrivée de médecins cubains se précise dans le Gard

    Après avoir lancé l’idée d’accueillir des médecins cubains pour pallier la pénurie de soignants dans les Cévennes (16 000 personnes sont toujours sans médecin traitant sur Alès agglomération), le comité de défense et de promotion de l’hôpital et de la santé a souhaité effectuer un point d’étape devant la presse vendredi 6 février. Car le dossier pourrait bien s’accélérer dans les prochaines semaines.

    « Nous avons été reçus au ministère de la Santé le 10 décembre puis le 15 décembre nous avons remis 3 500 pétitions au sous-préfet d’Alès. Enfin le 14 janvier, André Chassaigne, ancien parlementaire aujourd’hui en mission dans les Caraïbes et à Cuba pour l’Assemblée nationale, a rencontré le conseiller santé du Président de la République », détaille Roger André, membre du collectif. « Il est ressorti de cette réunion qu’il n’existe aucun obstacle de principe au projet. Le conseiller a même formulé plusieurs propositions comme élargir l’expérimentation à un territoire d’outre-mer, développer des coopérations entre établissements hospitaliers cubains et français et accueillir des stagiaires. »

    Concrètement, le collectif doit encore finaliser un dossier pour définir les derniers détails permettant la venue des médecins cubains comme leur nombre, leurs statuts, la durée de leur mission, etc. Ce dossier doit être remis à l’ambassadeur de Cuba en personne lors de son déplacement à Alès le 23 février, même si l’actualité avec les menaces formulées par Donald Trump sur l’île caribéenne pourrait obliger l’ambassadeur à reporter sa venue à Alès. Au-delà des Cévennes, deux autres territoires ont demandé le renfort de médecins cubains : les Alpes-de-Haute-Provence et les Côtes-d’Armor en Bretagne.

  • Que faire faire pendant les vacances de février

    Que faire faire pendant les vacances de février

    Bouches-du-Rhône

    Marseille : escape game aux Archives municipales

    Les Archives municipales (3e) proposent un escape game consistant à retrouver le Livre rouge, précieux manuscrit contenant les statuts et chartes de la ville de Marseille au XIIIe siècle, caché par l’archiviste communal Joseph Billioud pendant les combats pour la libération de la ville. Les participants sont invités à revivre l’aventure et le défi logistique qu’ont été l’évacuation, le transfert et la mise à l’abri des œuvres d’art et à découvrir les enjeux de la protection des biens culturels en cas de conflit.

    Dates et horaires : mardi 17 et 24 février à 14 heures, mercredi 18 et 25 à 10 heures et jeudi 19 et 26 à 14 heures. Dès 11 ans. Gratuit.

    Aix-en-Provence : ateliers au Muséum d’histoire naturelle

    Le Museum d’histoire naturelle accueille, du 16 au 20 février, des ateliers à destination des enfants de 7 à 12 ans. Trois animations, organisées entre 14 et 16h, n’affichent pas encore complet : découverte du système de reproduction des plantes le mercredi, étude des effets du changement climatique sur la faune et la flore le jeudi et observation des dents des dinosaures de Provence le dimanche.

    Réservation recommandée au 04.88.71.81.81. Prix : 4,60 euros.

    Aix-en-Provence : carnaval Moby Dick

    Avec un départ prévu samedi 28 février de la place des Prêcheurs, le carnaval d’Aix promet un plongeon dans l’univers de Moby Dick. Invités à découvrir l’adaptation de la compagnie CPPP du best-seller d’Herman Melville, les spectateurs suivront le capitaine Achab dans une odyssée urbaine à la poursuite du célèbre cétacé. Le défilé sera composé de trois chars réalisés par le Comité officiel du carnaval d’Aix, un groupe de jeunes danseurs de la compagnie Grenade, un groupe de gymnastes de la Gym du Pays d’Aix et un dernier groupe d’Aixois pyrotechniciens encadrés par la compagnie Karnavires. Dès 15 heures les plus motivés pourront participer aux ateliers maquillage, création de masque et confection de chapeau, installés sur la place des Prêcheurs et la place Jeanne-d’Arc.

    Aubagne: balades et découvertes culturelles

    L’office du tourisme du Pays d’Aubagne propose pour ces vacances une ribambelle d’activités à destination des familles : visites guidées, ateliers créatifs, balade plein air… de quoi profiter pleinement du territoire. Conçue pour toucher tous les publics, la programmation inclut des moments destinés aux petits (contes musicaux, joutes médiévales, combats immersifs, randonnées médiévales) mais aussi aux grands (visite guidée « Aubagne dans les yeux de Marcel », ateliers à la maison Ferroni et activité reliure).

    Plus d’info sur le site de l’office de tourisme : https://www.tourisme-paysdaubagne.fr

    Arles: découverte de l’abbaye de Montmajour

    Le Centre des monuments nationaux organise plusieurs visites thématiques de l’abbaye de Montmajour à l’occasion des vacances d’hiver. Les 18, 20, 24 et 27 février à 15 heures, il sera possible de découvrir le cloître de l’abbaye, qui présente un bestiaire -ensemble d’animaux dans des œuvres d’art- étendu. L’occasion d’observer, dès 6 ans si on est accompagné d’un adulte, créatures réelles et imaginaires. Sur les mêmes dates à 11 heures, un atelier proposera de déconstruire 10 préjugés sur le Moyen Âge, souvent perçu comme une période sombre. L’accès aux ateliers est inclus dans le prix d’entrée : gratuit pour les moins de 18 ans et 7 euros pour les adultes.

    Réservations et info sur le site web : https://www.abbaye-montmajour.fr/agenda/montmajour-fete-le-carnaval

    Var

    Hyères: visite guidée de la villa Noailles

    Du mercredi au jeudi, la villa Noailles, propose des visites accompagnées d’un guide au tarif d’une visite libre (6 euros). L’occasion de découvrir l’intérieur et l’extérieur de la maison et la vie qu’y menaient Charles et Marie-Laure de Noailles. Des ateliers photographie (20 euros) et architecture (5 euros) sont également organisés les jeudi et vendredi 19 et 20 février.

    Infos et réservations : https://villanoailles.com/

    La Valette-du-Var: ateliers jardinage au Jardin de Baudouvin

    Le mercredi 18 février, à l’occasion de la journée « La Violette », le Jardin de Baudouvin ouvre ses portes au public pour une programmation conviviale et familiale. Ateliers de jardinage pour les enfants, cuisine autour de la violette et atelier artistique rythmeront cette journée placée sous le signe de la nature, de la créativité et du partage.

    Gratuit sur réservation au 04.94.23.74.04.

    Toulon: festival Bibliociné

    Du 14 au 28 février, les médiathèques de Toulon accueillent différentes animations dans le cadre du festival Bibliociné. Entrées gratuites pour les résidants toulonnais. Programme des ateliers, projections et rencontres proposées sur le site web des médiathèques de Toulon : https://mediatheques.toulon.fr

    Vaucluse

    Avignon: des vacances aux musées

    Le Bain Pommer, le musée Calvet, le musée Lapidaire, le muséum Requiem, le palais du Roure et le musée du Petit palais Louvre en Avignon organisent pendant les vacances d’hiver plusieurs visites-ateliers, à destination des familles et des jeunes publics.

    Programme et tarifs : https://avignon-tourisme.com/

    Alpes

    Digne : vacances sportives pour les 12-17 ans

    La Maison des jeunes et des étudiants de la Ville proposent du 16 au 27 février nombreux ateliers sportifs et créatifs pour les 12-17 ans. Natation, ski, yooner, escape game, création de tee-shirts personnalisés ou animation cuisine… Il y en a pour tous les goûts.

    Infos et inscription au 04.92.36.10.31. ou sur le site web de la mairie www.dignelesbains.fr

  • Ces villes que le RN veut rafler et utiliser comme marchepied en Occitanie

    Ces villes que le RN veut rafler et utiliser comme marchepied en Occitanie

    Robert Ménard à Béziers, Louis Aliot à Perpignan, Nelson Chaudon à Beaucaire. À ce jour, seules trois Villes d’Occitanie sont dirigées par le Rassemblement national ou ses alliés d’extrême droite. Mais à l’issue des élections municipales (15-22 mars), la tache brune pourrait se répandre davantage.

    Pour l’heure donné favori à la Présidentielle 2027 en dépit de graves affaires judiciaires, le RN n’a pas l’intention d’enjamber ces élections locales où d’ordinaire il apparaît peu crédible. Ce n’est pas un hasard si Jordan Bardella a débuté samedi 7 février son tour de France des villes à conquérir à Agde puis à Carcassonne. Tournée qui va se poursuivre jusqu’à mi-mars pour soutenir les principales têtes d’affiche du parti à la flamme.

    Voilà plusieurs mois que le parti lepéniste a dressé la liste des villes qu’il rêve de voir tomber dans son escarcelle. La plupart sont situées dans le Nord ou à l’instar de Marseille, Toulon, sur la façade méditerranéenne (Sud Paca, Occitanie), socles forts de l’extrême droite qui se renforcent à chaque scrutin.

    Les villes à haut risque RN

    En Occitanie, outre Perpignan, Béziers et Beaucaire qui ont déjà rendu les armes en 2014 ou 2020, deux villes audoises sont particulièrement menacées : Narbonne (par le député RN Frédéric Falcon) et Carcassonne (avec le député RN Christophe Barthès qui ne croit pas au réchauffement climatique). Il faut dire qu’aux législatives provoquées par Emmanuel Macron en 2024, l’Aude n’a élu que des députés d’extrême droite. C’est le cas aussi du Gard où, à quelques exceptions près (Le Vigan, La Grand-Combe…), l’extrême droite étend sa toile.

    Au prix d’un travail minutieux compilant plusieurs statistiques, StreetPress a mis au point un « fachoscore » pour classer les principales communes sur un risque de A (faible) à E (élevé). Outre Beaucaire (E) qui a déjà basculé, Bagnols-sur-Cèze, Pont-Saint-Esprit ou Vauvert sont classés D. Le RN a envoyé l’artillerie lourde avec les députés Nicolas Meizonnet (Vauvert) et Pascale Bordes (Bagnols). Du côté d’Alès, c’est le policier Anthony Bordarier qui s’y colle. Méconnu, ce cadre du RN depuis 2020 est néanmoins soutenu par les députés Yoann Gillet et Pierre Meurin. Enfin à Nîmes, où le risque RN ne semblait pas écarté dans le dernier sondage, le député européen et ancien maire de Beaucaire Julien Sanchez fait figure d’épouvantail.

    Dans l’Hérault, plusieurs villes, particulièrement mal gérées par une droite affairiste, pourraient se tromper de colère. C’est le cas d’Agde où l’ancien maire Gilles d’Ettore (LR) a dû démissionner, embourbé dans l’affaire de la voyante. Le député RN Aurélien Lopez-Liguori est à l’affût. Situation comparable à Sète où Sébastien Pacull, en dépit d’une campagne discrète, pourrait tirer son épingle du jeu après la démission forcée de François Commeinhes (Divers droite). À l’image de Mèze (classée D par StreetPress) ou Frontignan, la menace est forte dans le bassin de Thau. Mais pas seulement. Des terres de bouvine (Mauguio) ou proches du bastion de gauche Montpellier (Lattes, Gignac…) auront des candidats d’extrême droite. Quant à Béziers, si le RN de Julien Gabarron venait à échouer, ce serait sans doute au profit de Robert Ménard (EXD). Quoi qu’il en soit, l’objectif est moins de s’emparer de villes pour lesquelles le RN nourrit rarement un réel intérêt que d’en faire un tremplin pour préparer la suite. Jordan Bardella en convient d’ailleurs lui-même. « Il faut gagner un maximum de communes et prouver dans le cadre de ces municipales que le changement n’attend pas l’élection présidentielle », a confié dans son bain de foule à Agde, celui qui l’an prochain pourrait concourir à l’Élysée à la place de Marine Le Pen.

    Avant l’ultime étape qui terrorise le camp républicain, les Sénatoriales de septembre 2026 seront une autre étape importante, souligne Michel Crespy. « Le RN pense pouvoir gagner quelques villes sur les triangulaires, des quadrangulaires ou bien avoir des élus d’opposition. Mais surtout le RN vise les sénatoriales car il aura besoin du Sénat [où le RN est inexistant, Ndlr] s’il arrive à l’Élysée. » Pour le camp des progressistes, il est plus que jamais temps de se ressaisir dès les élections municipales.

  • A Oraison, une nouvelle liste en lice

    A Oraison, une nouvelle liste en lice

    Conseillère municipale d’opposition depuis 2020, Isabel Gamba a finalement décidé de se relancer dans la bataille à la tête d’une liste sans étiquette intitulée Écrire Oraison ensemble, avec Olivier Laurent et Laurence Leplatre comme colistiers. Le maire sortant, Benoît Gauvan candidat à sa réélection avec la liste Oraison cœur de Durance n’aura donc pas un seul candidat RN – Jean-Michel Angelvin – pour adversaire dans une ville où le parti de Jordan Bardella avait fait ses plus gros scores du département lors des législatives. Photo DR

  • L’enfance, levier d’égalité pour Nîmes

    L’enfance, levier d’égalité pour Nîmes

    Elle n’a pas « choisi » l’enfance comme un thème de campagne : c’est l’enfance qui l’a rattrapée, chaque matin, à hauteur de CP. Géographe-urbaniste de formation, passée par la réhabilitation de quartiers d’habitat social, Agnès Charaix-Py s’est reconvertie dans l’enseignement. Aujourd’hui colistière de Nîmes en commun, elle porte deux dossiers qui se répondent : renaturaliser la ville, « y compris les cours d’école des 83 écoles de Nîmes », et redonner aux enfants une place de citoyens à part entière.

    Dans sa classe, elle dit avoir vu « une paupérisation certaine » en 17 ans : pauvreté matérielle, familles récemment arrivées, barrière de la langue. À cela s’ajoutent, selon elle, « les non-problèmes » devenus massifs : l’emprise des écrans, la concentration en chute, et des signaux sanitaires plus lourds dans les quartiers populaires (caries, obésité, alimentation déséquilibrée). « On est sur une santé défavorable », résume-t-elle, sans fatalisme. Car l’autre visage, elle le décrit avec une énergie contagieuse : des enfants « affamés de culture et d’apprentissage », un enthousiasme brut, une soif de découverte. « Ce sont des gamins pas blasés », dit-elle, évoquant une sortie aux Arènes, « magique », parce que beaucoup n’y avaient « jamais mis les pieds ».

    Ce contraste nourrit sa colère politique : « Il y a des pépites. Je les vois, ils ont six ans. » Et pourtant, faute d’accompagnement, beaucoup glissent, du primaire au collège puis au lycée, jusqu’à l’orientation subie. « Ça me met la rage », insiste-t-elle : « on sacrifie leur avenir ». Pour Agnès Charaix-Py, la mairie a des leviers concrets et immédiats : périscolaire, loisirs, accès à la culture, à la mobilité, à une alimentation saine. Des actions qui, mises bout à bout, « ouvrent des horizons » et desserrent l’étau du déterminisme social.

    « Vous êtes Nîmois »

    L’épisode de juin 2025 a marqué durablement la communauté éducative : « 81 écoles sur 83 ont été fermées pendant la canicule », rappelle-t-elle, décrivant des classes à 30-31°C, des journées perdues où l’on n’enseigne plus vraiment. Pour elle, le sujet n’est pas anecdotique : il dit une politique d’investissement, des priorités assumées. « Le musée de la Romanité ou le Palais des Congrès, c’est bien, mais ça nous a fait perdre du temps », lâche-t-elle, plaidant pour un plan pluriannuel transparent : diagnostic école par école, catégories d’urgence, calendrier lisible pour parents et équipes, travaux d’isolation, protections solaires, solutions de rafraîchissement sobres, et renaturation réelle des cours.

    Car « la ville à hauteur d’enfant » commence derrière le portail : moins de goudron, plus de pleine terre, des arbres, des potagers qui fonctionnent, des composteurs suivis, du vivant. Pas pour faire joli, mais pour transformer l’expérience quotidienne et l’adaptation climatique. Et au-delà de l’école, elle déroule une vision urbaine très concrète : abords d’écoles apaisés, rues temporairement libérées des voitures, cheminements piétons sûrs, pistes cyclables praticables par des enfants, quartiers ralentis. Autrement dit : l’enfance comme test de vérité des politiques publiques.

    Mais l’ambition, insiste-t-elle, est aussi démocratique. Elle regrette l’absence d’un conseil municipal des enfants et veut éviter le gadget : sujets travaillés en amont dans les écoles, élus référents, engagement public de réponses, et retour devant les enfants « dans six ou douze mois » sur ce qui a été fait. « Ce ne sont pas seulement les citoyennes de demain, ce sont les citoyennes d’aujourd’hui », martèle-t-elle.

    Dans sa classe, une phrase revient : « Moi je voudrais qu’ils se sentent Nîmois. » Parce que l’appartenance, dit-elle, peut être un point d’appui, plus accessible que l’identité nationale pour des enfants de familles diverses. « Vous êtes Nîmois », répète-t-elle à des élèves pourtant nés ici. Derrière, une idée simple : faire de la ville un bien commun, et de l’enfance un point de départ. « Un enfant égal un enfant », conclut-elle, « des beaux quartiers comme des classes populaires ». À ses yeux, la justice sociale commence là : dans une cour d’école, un trajet du matin, un repas de cantine, une bibliothèque gratuite, un droit réel à la parole.

  • Alexandre Kantorow en récital à la Criée

    Alexandre Kantorow en récital à la Criée

    Il n’avait que 22 ans en 2019, lorsqu’il fut le premier pianiste français à remporter
    le Concours international Tchaïkovski, l’un des prix les plus prestigieux dans le monde de la musique classique. Depuis, Alexandre Kantorow, de passage en concert à Marseille lundi 16 et mardi 17 janvier ne cesse de gravir les cimes romantiques des touches de son instrument. Collectionnant les prix et tournant à travers le monde, le voilà de retour dans la ville où Robert Fouché, le regretté président de l’association Marseille Concerts, l’avait invité à venir se produire avec son illustre père le violoniste et chef d’orchestre Jean-Jacques Kantorow.

    Intelligence et vision

    En prélude à ses 40 ans d’existence, Marseille Concerts invite Alexandre Kantorow à se produire en récital, pour un concert qui a dû être doublé face à l’engouement du public. Ce pianiste virtuose jouera un programme romantique comprenant notamment Bach revisité par Lizst (la cantate Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen, « les pleurs, les lamentations, les tourments et le découragement »), ou encore Medtner (Sonate opus 5), Scriabine (Vers la flamme), Alkan, mais aussi interprète sensible, Chopin (Prélude op 45) et Beethoven (Sonate n°32, la dernière qu’il a composée). Un programme des plus attirants, donné par une artiste qui interprète vraiment ses partitions en y mettant toute son intelligence et sa vision.

    Gisèle Laval

    Les 16 et 17 février à 20h. Places entre 6 et 38 euros.

  • Grande soirée pour la Team Sorel à la Scène Méditerranée

    Grande soirée pour la Team Sorel à la Scène Méditerranée

    Dans le rôle de coach, promoteur et organisateur, Yvan Sorel, qui manie le multicasquette comme personne, a pu savourer le travail qu’il a accompli avec ses équipes à l’issue de la quatrième édition du Spartan Fighting Championship. « C’est ce que j’appelle une belle soirée », lance le pionnier du MMA dans la cité phocéenne, qui a accueilli 517 spectateurs à la Scène Méditerranée (anciennement théâtre Toursky) dans le troisième arrondissement de Marseille. « On attendait entre 10 et 15% de public en plus, mais ce n’est pas évident de lutter contre l’Olympique de Marseille avec un peuple marseillais qui est religieux dans le domaine du football », ajoute-t-il en étant beau joueur. Quatorze combats sur le papier, dont trois professionnels, se sont succédé dans la cage. En ce jour de Saint-Valentin, l’amour s’est exprimé sous une forme différente : de jeunes combattants, passionnés par les arts martiaux mixtes, ont donné de leur personne pour repousser leurs limites physiques et mentales. Particulièrement ceux issus de la cité phocéenne, qui avaient à cœur de montrer que Marseille peut rivaliser avec la Capitale dans le monde des arts martiaux mixtes (MMA).

    Gharsalli étincelante

    Poussés par leurs supporters, venus en nombre pour électriser ce théâtre mythique, les protégés de la Team Sorel ont assuré le spectacle, à l’image de Chakib Arezzo (6 victoires, 1 défaite), auteur d’un duel à couper le souffle face au Bouilladissien Ismaël Belmehadji (2 victoires, 6 défaites). Après une longue séquence en soumission, le Marseillais a trouvé les ressources pour infliger un KO spectaculaire à son adversaire. Avec la victoire du jeune ukrainien Arthur Yehiizarian plus tôt dans la soirée, la Team Sorel a réalisé un carton plein lors de ce SFC 4. Même si d’autres combats ont été sensationnels, à l’image du duel entre Alice Michalkiewicz et Katie Perez, celui entre Sarah Gharsalli et l’Argentine Camila Curutchet a enflammé la Scène Méditerranée. Au terme d’un affrontement en trois rounds de cinq minutes, la Marseillaise débute sa carrière professionnelle par une victoire de choix.

    « Elle a prouvé à tout le monde qu’elle avait un niveau aussi excellent et qu’elle pouvait affronter des défis bien plus expérimentés », souligne Yvan Sorel, fier de voir le travail de sa petite protégée récompensée. Tout ce bonheur partagé durant plusieurs heures lui donne envie de lancer une cinquième édition prochainement. « Là par contre, je serai dans l’obligation d’être soit pris en otage par des futurs partenaires ou pris en otage par une collectivité territoriale comme le Département, la Métropole, la Région et la Ville de Marseille », lâche celui qui a dépensé plus de 40 000 euros pour cette unique représentation.

    « J’aimerais vraiment être épaulé, mais vraiment. Parce que là, j’ai prouvé que je pouvais ouvrir les frontières. J’ai prouvé que la Ligue commençait vraiment à être soutenue. Au début, le public appréciait le spectacle, maintenant, il adore », poursuit le leader de la Team Sorel, qui souhaiterait voir les arts martiaux mixtes mis sur un même pied d’égalité avec des sports comme le football, le padel ou la boxe anglaise.

  • Art en partage et passage de relais à l’Artothèque Antonin-Artaud

    Art en partage et passage de relais à l’Artothèque Antonin-Artaud

    Le client d’un bistrot et ses univers intensément dessinés sous le fusain de Kamel Khelif, Un Rosier qui fleurit en fil de soie depuis ses tiges en fil de fer et plomb réalisé par Françoise Buadas… On n’est pas au Musée d’art contemporain de Marseille mais au lycée Antonin-Artaud. Quelques-unes des nombreuses œuvres accrochées aux murs de l’Artothèque de cet établissement scolaire marseillais situé à Saint-Mitre (13e), à l’occasion d’une exposition qui scelle la donation de la collection de ce lieu unique en son genre, au rectorat de l’académie d’Aix-Marseille. « Nous ne sommes plus en mesure de nous en occuper. J’ai 81 ans, il y a des choses qu’on ne peut plus faire », explique au cours d’une soirée célébrant cette « histoire commune », jeudi 12 février, Geneviève Couraud, ancienne prof de lettres parmi les figures de cette aventure animée depuis 30 ans par des enseignants bénévoles. Une association qui gérait cet espace hybride situé sur le chemin du CDI, à la fois lieu d’exposition d’art contemporain, permettant aussi l’accueil des artistes, et « embrayeur pédagogique exceptionnel » pour l’équipe enseignante et les élèves du lycée, mais aussi d’autres structures éducatives. « Avec Kamel Khelif, on avait publié une BD en noir et blanc, sans texte. Puis les élèves en ont écrit chacun un petit bout », témoigne avec ferveur Odile Pagano, membre de l’équipe de l’Artothèque entre 2002 et 2015, fidèle à l’esprit de ses fondateurs en 1988, Jacques Terrasa, alors prof d’espagnol, ainsi que Claude Sanchez et Arlette Assante, documentalistes du CDI du lycée.

    « On s’en va même

    si on ne restera pas loin »

    « On contactait les artistes pour qu’ils nous confient des œuvres. Au début, ça n’a pas pris mais un artiste a tout déclenché en le faisant, c’est Jean-Jacques Ceccarelli. Il a dit à tous ses copains : “Il faut leur donner des œuvres, c’est formidable, des jeunes vont voir de la peinture“ », se remémore Geneviève Couraud, tout en soulignant « l’élan donné à l’Artothèque au début des années 1990 par Gérard Fontès qui enseignait la philosophie ».

    Composée de près de 700 œuvres, la collection de l’Artothèque Artaud « va rester ici. Monsieur Leclère, le proviseur, a été formidable. L’association va disparaître mais la collection devient officielle et la raison d’être de l’Artothèque persiste », affirme-t-elle, avant d’indiquer un mur ou sont affichées quelques pages d’une thèse des années 2000 de Sylvia Girel, passée par là : « L’Artothèque fait partie de ces lieux reconnus et médiatisés sur la scène de l’art, notamment parce qu’en éditant des catalogues et en achetant des œuvres, hormis le fait de sensibiliser les lycéens et les enseignants à l’art, elle participe à la médiatisation des artistes, contribue à leur reconnaissance et assure un rôle de mécène. »

    « On s’en va même si on ne restera pas loin », sourit Geneviève Couraud, non loin du jeune documentaliste de 28 ans qui va prendre le relais. « C’est un grand bouleversement. Après 40 ans de travail, c’est leur bébé. Il a fallu que le proviseur négocie avec le rectorat la création d’un poste qui impliquait le transfert des œuvres », rappelle celui qui l’occupe désormais.

    Des hauts et débats

    « Un poste à mi-temps est dédié pour le moment. Cette année et l’année prochaine aussi j’espère. Ma priorité, c’est les élèves. On vit une période particulièrement difficile pour plein de raisons. Il est donc important qu’ils aient la possibilité d’avoir des espaces de décompression, de se confronter à des œuvres auxquelles ils n’auraient pas forcément accès », estime-t-il devant des peintures, dessins, photographies et volumes qui interpellent tous les regards.

    « J’organise des visites avec certains professeurs. Les réactions des élèves étaient encore intéressantes ce matin [jeudi] », apprivoise-t-il en pointant un tableau représentant une femme étreignant la main d’un autre. « Des élèves ont eu une grande discussion pour savoir si c’était une photo ou une peinture. Ils étaient assez subjugués par le côté technique, disaient : “Ça c’est de l’art, ça ce ne l’est pas.” Un débat sur l’art s’instaure mine de rien. »