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  • La Sécu, ce combat fondamental

    La Sécu, ce combat fondamental

    La santé est la priorité des priorités des Français avec le pouvoir d’achat. Les députés en train de débattre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale doivent mesurer combien laisser en l’état le texte horrifique du gouvernement serait une déclaration de guerre à l’ensemble des travailleurs et à leurs familles. Dans ce débat de société, la « suspension » de la retraite à 64 ans (arrêt provisoire à 62 ans et 9 mois jusqu’en janvier 2028), -qui devrait être examinée au plus tard le 12 novembre à l’Assemblée- ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt des sévères coupes prévues dans les financements de notre système de santé. L’hôpital public notamment, pourtant applaudi pendant la crise Covid, pourrait être encore affaibli par des coups de tronçonneuse sans précédent.

    Éviter le pire

    Pour les fédérations hospitalières, c’est du jamais vu depuis 15 ans. Pas moins de 1,1 milliard en moins, soit l’équivalent de 20 000 postes d’infirmiers. Pour les patients, cela se traduirait par un accès aux soins encore plus difficile alors qu’ils vivent déjà une pénurie de médecins généralistes qui transforme de très nombreuses communes en désert médical. Des patients devront aussi payer de leur poche des franchises médicales augmentées, sans parler des personnes atteintes d’affections de longue durée qui verraient leurs droits reculer. Or, la Sécu n’est pas malade de déficit mais d’une politique qui la prive de recettes, en particulier les exonérations de cotisations qui se chiffrent en dizaines de milliards. Tel est l’enjeu de ce combat fondamental dans lequel le mouvement social doit prendre toute sa place pour éviter le pire.

  • La Ville de Montpellier invite à parrainer une personne migrante

    La Ville de Montpellier invite à parrainer une personne migrante

    Le parrainage républicain est une tradition qui remonte à la Révolution française. À l’époque, deux citoyens en parrainaient un troisième, l’accueillant ainsi au sein de la République française. Aujourd’hui, ce trinôme, composé d’une personne migrante (ou d’une famille), d’un citoyen et d’un élu, « contribue à sensibiliser l’opinion publique sur le droit à la citoyenneté des sans-papiers, des exilés et réfugiés et s’inscrit dans une volonté commune de mettre en place une autre politique d’immigration et d’accueil. Cet événement a une dimension chaleureuse, festive, mais aussi politique et médiatique : il s’agit de montrer que les citoyens de notre pays tiennent à ce que l’on reste une terre d’asile », détaille dans un communiqué la Ville de Montpellier. Jusqu’au 21 novembre, la collectivité lance un appel à volontaires auprès de la population montpelliéraine souhaitant rejoindre cette démarche coordonnée par l’Association nationale des villes et territoires accueillants (Anvita) à l’occasion de la journée internationale des migrants, en décembre. Une initiative à laquelle s’associent également les élus de la collectivité volontaires et les bénévoles des associations mobilisées, qui orientent les personnes à parrainer.

    « Il y a des parrains citoyens qui proposent de recevoir la personne à manger, de faire des courses ensemble, d’aller au cinéma, voir des matchs de foot, des spectacles… Chaque parrainage dépend de ce que chacun y met, c’est très ouvert », décrit Michel Calvo, délégué à la ville fraternelle et solidaire. « Les personnes migrantes, durant les premières années sur le territoire, ne voient bien souvent que des gens spécialisés dans l’obtention d’un titre de séjour. L’idée du parrainage, c’est d’offrir un accompagnement d’humanité plus que de spécialiste », résume l’élu.

    Une première rencontre se tiendra le jeudi 27 novembre à 18h à la Maison des relations internationales de Montpellier pour que les trinômes se forment en vue de la cérémonie de parrainage républicain, qui aura lieu mercredi 17 décembre à l’hôtel de ville à l’occasion de la Journée internationale des personnes migrantes.

    * Pour candidater,
    une adresse mail a été créée
     : parrainagesrepublicains@montpellier.fr Via ce mail, il s’agit simplement d’exprimer
    son souhait de parrainer et d’indiquer son nom, prénom, adresse et numéro de téléphone.

  • [Opéra] Un chef-d’œuvre de Verdi pour une ouverture de saison

    [Opéra] Un chef-d’œuvre de Verdi pour une ouverture de saison

    L’Opéra de Marseille ouvre dimanche en beauté sa nouvelle saison avec Falstaff de Giuseppe Verdi. Cette production, disons-le, quelque peu « revisitée », présentée à Lille en 2023 est une mise en scène (réalisée sur place par Jean-Christophe Mast) du comédien Denis Podalydès, de la Comédie Française dans une scénographie d’Éric Ruf, administrateur de la maison susnommée. Les costumes sont signés de Christian Lacroix. Tout cela, n’est-il pas déjà, en soi, gage de qualité ?

    La distribution alignera quelques-unes de nos bonnes voix françaises et le plateau, tous habitués de notre scène lyrique municipale, ira d’une prise de rôle. À commencer par le Pancione (le ventru) Giulio Mastrototaro qui sera un énorme (sens figuré) Sir John Falstaff. Autour de ce barycentre graviteront côtes dames (et pas des moindres) l’Alice Ford de Salome Jicia, la Nanette d’Hélène Carpentier, qui sera Blanche de la Force dans Dialogues des Carmélites cette saison. Marseille connaît bien Héloïse Mas, elle sera Mrs Page et appréciera la première invitation in loco de Teresa Iervolino pour la rouée Mrs Quickly. Elle sera de retour dans Ermione de Rossini en février. Passons côté messieurs. Si les rôles ne sont guère reluisants les voix cependant ont de quoi séduire avec le baryton Florian Sempey (Ford), les ténors Alberto Robert (Fenton) et Carl Ghazarossian (Bardolfo). Pour mener prestissimo tout ce petit monde en folie rien de tel que la baguette énergique de Michele Spotti, le fringant directeur musical de la maison.

    Quand Verdi compose Falstaff, son ultime chef-d’œuvre, il a 81 ans et 27 opéras au compteur. Rarement musique n’aura d’autant d’élan juvénile que ce génial pied de nez, opéra-bouffe sorti du sac à malice de ce vieillard prodigieux. L’œuvre est créée à la Scala de Milan le 9 février 1893. Après le triomphe d’Othello, Verdi compose pour son propre plaisir une partition qui lorgne déjà vers le siècle suivant. Shakespeare a toujours hanté Verdi. Il a toute sa vie rêvé d’un Roi Lear. Il s’est essayé à Macbeth dans sa jeunesse. Aidé par son librettiste Arrigo Boito, il retravaille la créature de Shakespeare, le compagnon de beuverie du jeune roi Henri V et l’éternel amateur de femmes des Joyeuses Commères de Windsor. Pour Alberto Savinio « Verdi écrit l’opéra le plus subtilement rythmique de toute l’histoire de la musique. Falstaff est de la première à la dernière note un énorme mouvement perpétuel ».

    Jamais crépuscule d’un génie n’aura été aussi lumineux. Suivant les préceptes de Wagner, Falstaff, fait exploser les formes traditionnelles de l’opéra italien. On a ici un discours vocal continu, un parlando vertigineux de science, de drôlerie, un tourbillon musical d’une verve effrénée et d’un raffinement plastique inouï. Pour Catherine Clément l’opéra illustre « la défaite des femmes ». La femme lyrique n’a jamais eu un sort très enviable. Pourtant Verdi, au crépuscule de sa vie, les venge toutes avec ce dernier opus. Falstaff, chef-d’œuvre absolu, est l’opéra qui célèbre la victoire des femmes. Falstaff est un ouvrage passionnant, drôle, exaltant de la première à la dernière note. À ne pas rater.

    Opéra de Marseille. dimanche 9 novembre 14h30. 14 euros, moins de 28 ans : 11 euros

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Sébastien Barles

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Sébastien Barles

    Marseille, municipales, écologie, rassemblement de la gauche, actualité locale et nationale…

    À vous la parole ⤵️

  • Occitanie : bientôt un nouveau complexe funéraire à Juvignac

    Occitanie : bientôt un nouveau complexe funéraire à Juvignac

    Le secteur du funéraire est soumis à de fortes pressions concurrentielles, si bien que les familles endeuillées voient grimper le prix des obsèques de leurs proches », explique Éliane Lloret, maire de Sussargues et présidente des services funéraires de la Métropole.

    Face à ce constat et désireuse d’avoir les mains libres pour mener la politique qui lui paraît la bonne en matière de funéraire, la collectivité a décidé de procéder à un changement de statut juridique des Services funéraires de Montpellier Méditerranée Métropole (SFMA), adopté en conseil métropolitain le 14 octobre. D’une Société d’économie mixte (depuis 2015) qui comptait des actionnaires privés – la Métropole étant toutefois déjà largement majoritaire (82%) – la SFMA est devenue une Société publique locale (SPL). Un choix politique fort qui « découle d’une volonté de maîtrise d’un service public du funéraire de qualité, avec le maintien d’une juste tarification », insiste Éliane Lloret.

    Confrontée à une « démographie galopante, qui fait qu’on a vraiment une demande de plus en plus forte en termes de funéraire », la Métropole a déjà entrepris une extension du complexe de Grammont, dont les travaux ont débuté. De manière générale, la mortalité en France s’accélère et les prévisions démographiques démontrent un accroissement fort du nombre de décès à compter de 2030 et 2040.

    Un début des travaux prévu en janvier 2026

    Aussi, afin de « rééquilibrer le territoire en matière de service funéraire pour les familles de l’ouest de la métropole », la collectivité a décidé de créer un nouveau complexe funéraire à Juvignac, « dont la réalisation, la gestion et l’exploitation seront confiées à une structure dont la Métropole restera actionnaire principal, dans le cadre d’une future procédure de délégation de service public, sans mise en concurrence ».

    Pour ce faire, la Métropole va acquérir un terrain de 4 000m², adjacent à l’actuel cimetière communal de Juvignac. « Les travaux devraient débuter à partir de janvier 2026 et il faut compter environ 3 ans pour que le nouveau complexe funéraire soit opérationnel », indique Gilbert Saintemarie, directeur général des services funéraires de la Métropole.

    Le site de Juvignac « proposera les mêmes services que le complexe funéraire de Grammont, mais à une échelle moindre », développe Gilbert Saintemarie. « A priori, il y aura des salons de présentation où les défunts pourront être présentés à leur famille et veillés jusqu’au jour des obsèques ; deux salles de cérémonie ; un espace de crémation et la possibilité d’en créer un second ou bien de le consacrer à un nouveau mode de sépulture ; un espace de convivialité où les familles pourront se retrouver après la cérémonie ; enfin il y aura également un service funéraire dédié à l’accueil des familles pour organiser les obsèques », énumère le directeur général des services funéraires de la Métropole.

    « On a été confrontés, pendant le Covid ou plus récemment en janvier dernier, à des pics de décès. C’est dans ces moments-là qu’on mesure combien apporter ce service à l’ouest de la métropole sera utile pour réduire les délais entre le moment du décès et celui de la crémation ou de l’inhumation, afin d’éviter aux familles d’attendre 9,10, 14 jours pour rendre hommage à leur défunt. »

  • « La stupéfaction » au Théâtre Joliette

    « La stupéfaction » au Théâtre Joliette

    Trois humains tentant d’aller au-delà de leurs traumatismes respectifs : Peter, rescapé d’un AVC en convalescence, Fred, qui fait tout pour surmonter un burn-out, ainsi que celle de Mathilde qui « tente de comprendre une relation » toxique qui a fini par la « briser ». Pour autant, La stupéfaction, fable écrite et mise en scène par Marie Provence, « n’est pas un manuel de reconstruction, ni une ode à la résilience », indique le Théâtre Joliette. Mais plutôt la trajectoire et les blessures d’(anti)héros qui, « malgré leurs maladresses, veillent les uns sur les autres ». Avec « la nature, la musique, la poésie, comme autant de refuges ». Trois individus sur le fil du rasoir, mais surtout, une célébration de « la capacité de chacun à renaître ».

    Places encore disponibles jeudi 6  et samedi 8 novembre à 19h. www.theatrejoliette.fr

  • De Béziers à Paris pour arracher leur classement en REP +

    De Béziers à Paris pour arracher leur classement en REP +

    Le rectorat se dit impuissant ? Le ministère fait la sourde oreille ? Qu’à cela ne tienne ! Les enseignants de La Dullague et Lucie-Aubrac iront directement frapper, le 5 novembre, à la porte du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. Aux côtés de représentants de deux autres établissements dans la même situation (Montesquieu à Evry-Courcouronnes et Julia Nicolas, à Fort-de-France), avec lesquels ils ont formé un collectif, quatre enseignants de ces deux collèges biterrois porteront en haut lieu, chiffres à l’appui, leur demande d’un classement urgent en réseau d’éducation prioritaire renforcé (REP+).

    « Ce collectif correspond aux établissements qui ont un IPS (indice de position sociale) extrêmement bas. La moyenne nationale des IPS est de 106 et nos établissements, eux, sont à moins de 76, chiffre qui correspond à la moyenne des REP + », explique une enseignante biterroise qui a souhaité rester anonyme. « Plus de la moitié des élèves de La Dullague sont issus du quartier prioritaire de la ville Iranget/Granget, qui est le 5e le plus pauvre de France, avec un taux de pauvreté de 71% », poursuit-elle. « Quant aux boursiers, ils étaient 71,5% en 2024-2025. Et on m’a dit que c’était encore pire cette année… »

    La situation est telle que malgré l’engagement constant des équipes pédagogiques, « c’est l’effondrement ». « Quand on est confronté à une population scolaire aussi marquée par la précarité, ça se traduit par de gros problèmes au niveau des résultats – moins de 60% de réussite au brevet, ce qui est catastrophique – mais aussi des problématiques sociales, avec des choses très lourdes et beaucoup de violence. La corrélation est très nette », assure l’enseignante biterroise.

    « Seul le classement en REP+ permettrait de garantir une réponse structurelle efficace, en cohérence avec les principes de justice sociale et d’égalité des chances portés par l’École de la République », estiment les établissements mobilisés dans un courrier en date du 7 octobre adressé, à l’époque, à l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne.

    « Tous les ans on nous dit : ce sera pour l’an prochain »

    Cela permettrait notamment « de pérenniser des moyens, alors qu’aujourd’hui à chaque année, il faut se battre. Je pense notamment à des effectifs réduits, qui font toute la différence. Ça créerait aussi une stabilisation des équipes dont on aurait bien besoin », détaille l’enseignante biterroise.

    « La carte de l’éducation prioritaire, établie en 2014, devait être revue tous les quatre ans à compter de cette date afin de tenir compte des évolutions des contextes sociaux. Or nous voilà en 2025 et il ne s’est toujours rien passé… Depuis 2018, on nous explique que ce sera pour la rentrée prochaine, si bien qu’on a déjà deux générations de collégiens qui sont passées entre nos murs, soit plus de 1 000 élèves qui n’ont pas eu droit à l’égalité des chances. Ce n’est plus possible, on parle de l’avenir des enfants ! », s’indigne-t-elle.

    L’enseignante souligne toutefois la bonne volonté du rectorat. « Depuis trois ans que nous nous mobilisons activement, il porte un regard bienveillant sur nos établissements. On est suivi, des moyens ont été octroyés. Ils font le maximum dans leur domaine de compétence. Mais la révision de la carte de l’éducation prioritaire, donc notre classement en REP+, n’est pas de leur ressort  ». Aussi, les représentants des établissements du collectif ont-ils décidé d’aller directement interpeller le ministre de l’Éducation, pour lui faire part de l’urgence de leurs situations respectives et l’enjoindre de prendre un arrêté pour modifier la carte de l’éducation prioritaire. Le 5 novembre, une délégation se présentera donc au ministère, dans l’espoir d’être reçue. De leur côté, pour « soutenir les professeurs qui vont à Paris défendre notre collège », les parents d’élèves de La Dullague organisent un rassemblement devant l’établissement le même jour à 9h30.

  • La CGT de l’hôpital de Martigues inquiète d’une possible suppression d’acquis sociaux

    La CGT de l’hôpital de Martigues inquiète d’une possible suppression d’acquis sociaux

    « Ils veulent faire des économies de bouts de chandelle sur le peu d’acquis qu’on a », se désole Laure Privat, secrétaire du syndicat CGT du centre hospitalier de Martigues. Dans un tract aux personnels publié ce lundi, le syndicat alerte sur une possible remise en cause par la direction de plusieurs jours de congés ainsi que la prise en compte de la pause de mi-journée dans le temps de travail, fruit d’un accord signé en 2002.

    En substance, Laure Privat indique qu’il s’agit « de trois jours de congés lorsque l’on reçoit une médaille d’ancienneté à 20 ou 30 ans et de cinq jours avant le départ en retraite ».

    Du reste, « nous avons 20 minutes de pause pour 6 heures travaillées. Aujourd’hui la majorité des services sont en 12 heures et on arrive souvent avant la prise de poste pour aider les collègues à la relève. Pour un quart d’heure volontaire par jour, on ne demande qu’un jour de repos par an. Mais aucune négociation n’est possible », regrette la syndicaliste.

    Des « irrégularités » ?

    Ces dispositions seraient des « irrégularités » parmi d’autres citées dans le rapport de la Chambre régionale des comptes portant sur la période 2019-2023 (notre édition du 31/10). Pour la CGT, « l’État doit mettre la main à la poche pour ne pas faire d’économies sur nos acquis. Le service public est une priorité », affirme Laure Privat.

    Contactée, la direction du centre hospitalier de Martigues n’a pas donné suite à nos sollicitations dans nos délais.

  • [Exclusif] Les contrats d’Eurolinks avec Israël jugés à Marseille

    [Exclusif] Les contrats d’Eurolinks avec Israël jugés à Marseille

    Le fabricant marseillais de maillons pour munition, Eurolinks, est assigné depuis la semaine dernière en justice à Marseille par l’association des Juristes pour le respect du droit international (Jurdi). Cette équipe de juristes chevronnés soulève la nullité du contrat de livraison passé avec deux entreprises israéliennes d’armement, IMI Systems, filiale du groupe de défense israélienne Elbit systems, prestataire du ministère de la Défense de l’État hébreu, en raison des violations du droit international et du risque génocidaire dans sa réponse aux attaques terroristes du Hamas du 7 octobre 2023.

    « Au regard de l’ampleur et le schéma des attaques menées par les forces israéliennes en violation du droit international pénal et du droit international humanitaire, il existe un risque extrêmement élevé que des composants, et au surplus des armes, livrés à des sociétés liées par une relation commerciale avec l’État d’Israël, soient utilisés en violation du droit international », dénonce l’assignation consultée par La Marseillaise qui cible la société Eurolinks installée dans la ZAC de Château-Gombert (13e).

    Jurdi plaidera directement au fond à l’audience fixée au 23 mars 2026 devant le tribunal judiciaire de Marseille. Ces juristes considèrent que les contrats passés par Eurolinks avec ces sociétés israéliennes sont « contraires à l’ordre public français » et demanderont au juge de constater la faute civile de la société et de prononcer l’annulation des contrats, sous astreinte de 50 000 euros par infraction constatée. « On ne peut fournir des armes à un État alors qu’il est en train de commettre des crimes internationaux. C’est évidemment contraire à l’ordre public français. Nous rappelons qu’il y a eu plus de 68 000 morts et 172 000 blessés dans la bande de Gaza » explique à La Marseillaise le magistrat Ghislain Poissonnier, vice-président chargé du contentieux stratégique à Jurdi.

    « L’ordre public français n’accepte pas des contrats qui portent atteinte à la dignité et à la vie humaine, à la santé publique, à la sécurité des êtres humains. On veut transposer cette idée reconnue en général par la jurisprudence aux fournitures d’armes d’un pays qui commet des crimes internationaux », ajoute le juriste interrogé lundi. « Nous irons si besoin en appel et éventuellement devant la Cour de cassation et la Cour européenne des Droits de l’homme, car on ne peut pas à la fois signer des traités internationaux disant qu’on va lutter contre le génocide et livrer des armes à un État qui est soupçonné de commettre des crimes internationaux. »

    La Ligue des Droits de l’homme a été la première à porter plainte en juin mais au pénal avec constitution de partie civile devant le tribunal de Paris contre ses sociétés qu’elle accuse de complicité de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de crime de génocide dans ce qui serait une « politique intentionnelle de destruction de la société palestinienne » selon les mots de deux ONG israéliennes et alors que la Cour internationale de justice estime depuis janvier 2024 qu’il existe un « risque plausible de génocide ».

    Ces assignations font suite aux enquêtes des médias Disclose et Marsactu qui ont révélé l’expédition le 23 octobre 2023 par la société Eurolinks d’au moins 800 kg de maillons pour armes automatiques à destination d’Israël, puis l’escale d’un cargo israélien le 5 juin dernier à Fos-sur-Mer. Les dockers de Fos avaient alors bloqué les opérations destinées à embarquer en secret 14 tonnes des composants essentiels aux fusils-mitrailleurs de l’armée israélienne et fabriqués dans l’usine de Château Gombert.

    Contactée pour réagir, Eurolinks n’a pas donné suite.

  • Handball : Plan-de-Cuques se place dans la cour des grandes

    Handball : Plan-de-Cuques se place dans la cour des grandes

    Il était presque impossible de faire mieux. Si l’OGC Nice n’existait pas, les handballeuses de Plan-de-Cuques seraient même invaincues cette saison. Mais le club azuréen est bel et bien réel et installé en première division depuis maintenant plus d’une décennie. Le HBPC réalise donc un début d’année fantastique avec seulement un revers en championnat sur le parquet des Niçoises puis une autre défaite en coupe de France face à cette même formation. Hormis ces deux résultats, les performances des joueuses d’Angélique Spincer sont dans le vert. C’est simple, l’équipe est en train d’effectuer la meilleure saison de l’histoire du club en se plaçant à la 3e place provisoire. Seuls les mastodontes Metz et Brest, intouchables en championnat, devancent à l’heure actuelle Plan-de-Cuques.

    La gardienne de but Andrea Novellan voit une amélioration globale des prestations, par rapport aux saisons précédentes : « finalement, il est pas mal ce début de saison. On a un petit loupé à Nice, mais ce qu’il faut prendre en considération, c’est que, pour une fois, il y avait vraiment des choses intéressantes dans le contenu. Avant, on faisait parfois des non-matches. Il y a une frayeur à l’ATH [victoire 25-24 à Strasbourg, Ndlr], mais le match on l’a géré. S’il était arrivé plus tôt, ça se trouve on aurait eu plus de difficultés. » Le but à terme est bien sûr d’être européen et participer à l’EHF European League, la deuxième coupe d’Europe. Pas plus tard que la semaine dernière, la fédération européenne a validé cinq billets continentaux pour la France, dont trois en European League. Mais Angélique Spincer est sereine et protège son groupe à ce sujet : « On ne se met pas de pression. Nous avons cette année et la saison prochaine pour atteindre l’objectif. Si on peut y être dès cette année, c’est sûr que ce sera bien. »

    Un groupe complet et bien construit

    Alors comment expliquer cette réussite depuis début septembre ? Déjà, la densité de l’effectif. Le recrutement semble bon avec les apports intéressants, entre autres, de Lola Berrais, Nina Perret et Manon Loquay. Trois joueuses qui se sont fondues dans un collectif déjà bien huilé par le coaching d’Angélique Spincer, présente depuis cinq ans au HBPC. Les postes sont doublés et les joueuses dites du banc apportent dès qu’elles posent un pied sur le rectangle. Peu de temps faibles sont à signaler, ce qui aide forcément à obtenir un résultat après 60 minutes. L’agressivité défensive et la variation des combinaisons offensives donnent à cette équipe une imprévisibilité plus grande. Avant de recevoir Saint-Amand, ce mercredi soir, et à deux semaines de la trêve de fin d’année, Plan-de-Cuques est sur les bons rails et peut réellement rêver de coupe d’Europe.