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  • Grève à la cimenterie Imerys pour l’obtention d’une prime de pénibilité

    Grève à la cimenterie Imerys pour l’obtention d’une prime de pénibilité

    C’est leur quatrième jour de grève. Ce mardi matin, les salariés d’Imerys, cimenterie à l’entrée de Fos-sur-Mer, sont sur le piquet de grève devant le portail de l’entreprise depuis lundi, après avoir reconduit à l’unanimité leur mouvement, suspendu le week-end pour négocier.

    « Nous discutons depuis un an avec la direction pour obtenir la même prime que tout le reste de l’entreprise au service fabrication », explique Ludovic Olive, délégué syndical CGT de l’usine, pour une somme équivalente à six euros par personne et par jour. « Aujourd’hui, les contremaîtres ont la possibilité de pointer les primes, et ce depuis le mois d’octobre. Mais ils ne le font pas », déplore-t-il. Une revendication pourtant « modérée » selon le syndicaliste, qui affirme que « sur 28 postes en fabrication, 26 sont grévistes, comme 80% des collègues à l’expédition » pour une « large participation » au global pour les ouvriers, dans une usine où l’encadrement et la maîtrise sont nombreux.

    Climat social dégradé

    Contactée, la direction d’Imerys ne « commente pas le mouvement social en cours », mais affirme pourtant en réponse à notre sollicitation « rester ouverte au dialogue social avec nos parties prenantes syndicales comme c’est le cas depuis le début du mouvement ».

    Mais après le dernier rendez-vous de vendredi, le dialogue social est au point mort depuis la reprise de la grève lundi, « la direction ne s’est même pas présentée », commente un élu CGT au Comité social et économique (CSE). La prime de pénibilité n’est pas le seul sujet de discorde. En cause, un climat social dégradé qui avait déjà fait l’objet d’un mouvement de grève à la mi-octobre. « Il y a une mauvaise ambiance, un management toxique », tance le secrétaire du CSE Gautier Moreno (CGT). « Il n’y a plus de lien entre les managers et les collègues sur le terrain. Sans parler des pressions sur les élus alors qu’on demande des réponses sur la présence de Chrome-6 dans les ateliers », un agent cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction (CMR).

    La période tient d’un prélude à l’approche des négociations annuelles obligatoires (NAO), qui doivent avoir lieu « d’ici deux-trois semaines » d’après Ludovic Olive, pour lesquelles il « n’y a pas encore de calendrier », mais qui doivent déboucher sur un accord « avant Noël ».

  • Le programme Syrius cherche des synergies pour décarboner

    Le programme Syrius cherche des synergies pour décarboner

    « Les industriels ont mis l’aspect concurrence de côté pour privilégier la croissance à travers la décarbonation », résume Isabelle Campagnola-Savon, conseillère régionale déléguée à l’économie, lors du 3e forum Syrius.

    Syrius, pour synergies régénératives industrielles du Sud. C’est bien ce que cherche à faire ce programme, lauréat de l’appel à projets « Zone industrielle bas carbone » (ZIBaC) opéré par l’Ademe (Agence pour la transition écologique) dans le cadre de France 2030 : amener la cinquantaine d’acteurs industriels qui y prennent part, répartis entre Fos-sur-Mer, Berre-l’Étang, Gardanne et Manosque, à se fédérer autour de la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, avec un objectif de -80% d’ici 2050. Pour Nicolas Mat, coordinateur de la démarche lancée en 2023, ce projet illustre la capacité du monde économique à « coopérer, partager et construire une trajectoire collective (…) en mutualisant les ressources et les infrastructures ».

    Un outil stratégique

    Après une première phase de deux ans lors de laquelle 28 études ont été financées à parts égales par l’État et les industriels pour un budget global de 8 millions d’euros, Syrius entre désormais dans une étape plus concrète qui débutera en 2026 et qui visera à approfondir les pistes soulevées. « Les premières conclusions montrent qu’il faut pouvoir disposer de plusieurs leviers pour décarboner, qu’on a le devoir de les actionner tous simultanément et qu’une approche non pas par filière mais territoriale et intersectorielle peut être un game changer pour accélérer et atteindre encore plus vite nos objectifs », énumère Nicolas Mat. Les principaux vecteurs mis en avant sont le déploiement d’un hub hydrogène bas carbone régional (le coût estimé peut aller jusqu’à 5 milliards d’euros) et la structuration d’un hub de CO2 (entre 2 et 6 milliards d’euros).

    Ces enseignements ne sont pas que de la théorie. « Le programme Syrius permet de faire un état des lieux, de savoir quelles filières structurer demain pour réussir la décarbonation », affirme Isabelle Campagnola-Savon. Rémi Costantino, directeur général adjoint du Grand port maritime de Marseille-Fos, abonde : « Dans le milliard d’euros prévu dans notre plan stratégique pour les cinq prochaines années, on flèche un certain nombre d’investissements en fonction des résultats de ces études pour être la bonne plateforme, le bon substrat dans lequel les industriels vont s’implanter. »

    Le dossier de candidature pour la deuxième phase de l’appel à projets a été déposé en juillet 2025 « avec un lot d’une trentaine d’études pour un peu plus de 30 millions d’euros de budget », détaille Nicolas Mat. « Les services de l’État sont en train d’instruire le dossier (…) et devraient pouvoir nous indiquer dans les prochaines semaines les études qui ont été sélectionnées pour un co-financement public. » Simon Deltombe, coordinateur national ZIBaC à l’Ademe, rassure : « Indépendamment de toutes les discussions budgétaires du gouvernement, le budget de l’appel à projet est sécurisé, l’enveloppe dédiée est là et ne sera pas remise en cause. »

  • La non-réalisation d’aires pour gens du voyage coûte cher à la Métropole

    La non-réalisation d’aires pour gens du voyage coûte cher à la Métropole

    Par son arrêt du 4 novembre, la cour administrative d’appel de Marseille a condamné la Métropole Aix-Marseille-Provence à verser une somme de 295 000 euros en raison de la violation de ses obligations en matière de mise à disposition d’aires d’accueil pour les gens du voyage.

    La loi du 5 juillet 2000 prévoit la mise à disposition des gens du voyage d’aires d’accueil par les collectivités locales, avec des délais de réalisation assez éloignés. Les deux aires prévues sur les territoires de Marseille et de Gémenos ainsi que l’aire de grand passage prévue sur le territoire de Marseille par le schéma départemental d’accueil (2012) n’ont pas été réalisées. L’association la Vie du voyage a donc saisi la juridiction administrative. Par un arrêt du 30 septembre 2019, la cour administrative d’appel de Marseille a ordonné à la Métropole Aix-Marseille-Provence de mettre ces aires à la disposition des gens du voyage, dans un délai de deux ans, ce qui n’a pas été fait.

    Par un nouvel arrêt du 17 décembre 2024, la cour a constaté la non-exécution de son arrêt de 2019, lequel avait constaté la non-exécution des obligations légales de la Métropole dès le mois de janvier 2014. En conséquence, la cour a prononcé une astreinte à l’encontre de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Par l’arrêt du 4 novembre 2025, la cour constate la non-réalisation persistante des obligations de la Métropole. La cour a jugé que les arguments avancés par l’institution ne justifiaient pas d’une impossibilité de se conformer à ses obligations. En conséquence, la cour liquide l’astreinte prononcée au mois de décembre 2024. Elle condamne la Métropole Aix-Marseille-Provence à verser d’une part, une somme de 29 500 euros à l’association la Vie du voyage et, d’autre part, une somme de 265 500 euros à l’État.

  • Villa Valmer : un permis modificatif encore en suspens

    Villa Valmer : un permis modificatif encore en suspens

    Un an après la médiation réussie entre la Ville de Marseille et les promoteurs hôteliers de la Villa Valmer qui a relancé le projet enlisé de transformation de la bastide balnéaire en un ensemble hôtelier de luxe de 35 chambres, un 5e permis modificatif reste en suspens. Son « rejet tacite » purement technique qui vient d’intervenir, ne compromet pas l’avenir du projet, nous dit-on en mairie. Les pétitionnaires ont devant eux 4 mois pour le décrocher.

    Ce permis « M5 » est nécessaire pour valider les retouches convenues en juin 2024 au terme de la médiation des parties. Le projet reste basé sur le permis initial d’août 2019. Le modificatif en discussion redéfinit l’accès au futur hôtel qui ne se fera plus par le grand portail de la corniche Kennedy que la ville doit d’ailleurs refaire dans les règles, mais par la rue des Flots bleus.

    Pour rappel, la médiation initiée par le tribunal administratif de Marseille pour épargner un long contentieux risqué pour les finances des deux parties, s’est conclue en juin 2024 par un accord qui sauve le bail emphytéotique de 60 ans. Le loyer annuel reste de 330 000 euros pour la Ville de Marseille toujours propriétaire de ce bien immobilier. La Ville a par ailleurs récupéré dans cet accord 1 600 m² de surface d’espaces verts à usage du public. La SAS Valmer a aussi accepté de financer 75 000 euros de travaux sur le parc en souffrance.

    Repositionner la piscine

    Le nouvel accès exige de repositionner et réduire la piscine sur les plans. Le pétitionnaire doit encore offrir des garanties de respect du patrimoine légitimement exigées par l’architecte des bâtiments de France (ABF) dont l’accord express est requis non seulement aux abords du Marégraphe classé au titre des monuments historiques, mais pour les décors intérieurs inscrits aux monuments historiques. Pour rappel, les promoteurs sont tenus de s’entourer des conseils d’un architecte du patrimoine. « On est arrivé en fin d’instruction le 3 novembre 2025, mais on n’est pas en mesure de délivrer le permis modificatif d’où ce refus tacite qui peut encore être levé dans un délai de 4 mois. Le but, c’est bien d’arriver à un accord express de l’ABF », insiste-t-on en mairie. Aucune difficulté n’aurait par ailleurs été relevée dans les travaux en cours.

    Pour rappel, à l’issue de la médiation, un modificatif n°4 a été délivré en août 2024 à la SAS Villa Valmer (Pierre Mozziconacci et Didier Germain) pour permettre la régularisation des infractions commises qui passe par la reconstruction des annexes irrégulièrement démolies en avril 2021, fait majeur qui avait justifié un arrêté interruptif du chantier pendant 4 ans. La route est encore longue avant l’arrivée des premiers clients en 2027 dans l’hôtel-restaurant SPA.

  • Les arrêts maladie passibles de licenciements à La Poste

    Les arrêts maladie passibles de licenciements à La Poste

    Ils étaient une quinzaine à se mobiliser devant le siège de leur direction à l’appel de la CGT, mais à « 82% en grève sur le secteur 05 », précise Éric Chesnais, responsable CGT Activités postales 13 pour exiger la réintégration de Gaëtan, facteur depuis 20 ans, visé par une mesure de licenciement. Un arrêt maladie de 15 jours en 2025 lui est reproché.

    « On est facteur, tous soumis aux aléas des intempéries, à tirer des charges de plus de 30 kg sur des tournées de 13 km en moyenne. On a tous des problèmes au dos », lâche un des collègues de travail aux côtés de Gaëtan. L’argumentaire de l’organisation syndicale, reçue en audience par les directeurs d’établissement le jeudi 30 octobre, est resté sans effet. « On est dans une colère terrible », réagit Stella Estaque, secrétaire générale CGT APT 13, qui estime que la raison est ailleurs. « Quand le groupe décide de fermer les bureaux de proximité, de fusionner les agences, forcément, il faut réduire la masse salariale. »

    Une dizaine d’exceptions

    Sollicitée, la direction assure tranquillement qu’elle « ne remet pas en cause la légitimité des absences pour raison de santé », et précise que cette démarche « ne constitue en aucun cas une sanction disciplinaire ». C’est la nécessité « d’assurer la continuité et la bonne organisation de l’activité de l’entreprise, dans l’intérêt collectif » qui a motivé sa décision.

    Le groupe aurait ainsi trouvé une faille dans le droit du travail qui permet « le licenciement pour désorganisation de l’entreprise. Une procédure exceptionnelle et strictement encadrée. Il est motivé par les absences répétées du salarié qui perturbent durablement le fonctionnement du service et rend nécessaire son remplacement définitif par l’embauche d’un salarié en contrat à durée indéterminée ». Il est surprenant que l’ensemble du service d’un groupe comme La Poste puisse être déstabilisé à ce point par 15 jours d’absence d’un facteur. « La preuve que non, puisqu’aujourd’hui, les agents ont tous été remplacés », souligne Stella Estaque.

    Par ailleurs, le caractère exceptionnel de la mesure ne le serait pas autant que cela. « Dans la région, en un an, on a déjà eu affaire à plus d’une dizaine de licenciements sur ce mobile », indique Éric Chesnais. Il est d’ailleurs notable que dans les Alpes-de-Haute-Provence, à la même heure, les agents de Digne ont démarré une grève sur le même motif. Le syndicat CGT des postiers n’entend pas en rester là et s’est armé d’un avocat pour constituer un dossier solide.

    Depuis des années, les organisations syndicales de La Poste se mobilisent contre d’incessantes réorganisations, « dont le seul objectif est de tirer plus de profit aux dépens de l’emploi, dénonce la CGT, c’est le groupe qui désorganise ce qui était un service public ».

  • Les travailleurs sociaux des Flamants en action

    Les travailleurs sociaux des Flamants en action

    Une solution durable… C’est ce que réclament les travailleurs sociaux de la Maison départementale de la solidarité (MDS) des Flamants (14e). Sous pression d’un réseau de narcotrafiquants, ils avaient obtenu le 21 octobre, après 15 jours de grève, d’exercer à Arenc (2e) l’après-midi.

    « Mais cela n’a jamais été le cas » assure Valérie Marque, secrétaire générale de la CGT au conseil départemental. Elle raconte une équipe qui fonctionne en mode « très dégradé », alors que les besoins du public sont immenses. Et de pointer l’attitude d’une collectivité « qui joue l’usure ».

    Des « coupes franches »

    Elle déplore aussi tout un contexte où l’aide sociale à l’enfance (ASE) « s’effondre » avec des « coupes franches » dans les effectifs. Alors que les associations en charge de l’accueil des enfants et du suivi des familles se sont organisées en collectif, « Alerte protection enfance 13 », pour dénoncer la situation, Valérie Marque réclame un rendez-vous en urgence avec la présidente du Département et promet des mobilisations les 13, 14 et 15 décembre, voire avant, pour la journée anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant.

    De son côté, le Département assure avoir engagé le dialogue avec la MDS et les organisations syndicales « dès la prise de connaissance de faits inacceptables ». La collectivité précise que l’accueil des agents se fait l’après-midi sur l’hôtel du Département, le public des Flamants étant accueilli à la MDS de Malpassé (13e). Elle rappelle que « des moyens de police et départementaux ont été mobilisés », indique qu’un nouveau parking géré par 13 Habitat sera mis à disposition des agents dès le 20 novembre, de la vidéosurveillance installée.

    Concernant les difficultés de l’ASE, l’élue déléguée à la Protection de l’enfance, Agnès Amiel (LR) devrait recevoir chaque association puis le collectif nous précise-t-on.

  • La CGT des marins de Marseille demande audience à l’État

    La CGT des marins de Marseille demande audience à l’État

    Le 2 septembre des sénateurs et députés avaient publié une tribune transpartisane afin d’alerter sur l’ouverture d’une ligne passagers par la compagnie GNV entre les ports français et le Maghreb. Ils dénonçaient une menace sur l’emploi marin en France.

    Propriété de l’armateur MSC, NGV opère sous pavillon italien international, de quoi mettre en péril les missions des compagnies nationale naviguant sous pavillon français premier registre, Corsica Linea et La Méridionale. « Si nous nous félicitions de cette tribune, écrivent les responsables CGT des deux compagnies dans une lettre adressée aux parlementaires, elle ne saurait rester lettre morte. » Ils craignent que le sort des marins en Méditerranée suive celui de ceux qui opèrent sur le Transmanche « avec l’adoption d’une loi nationale -Le Gac- de libéralisation de tous les pavillons dans nos ports entre le Royaume-Uni et la France ».

    Soulignant que les ports sont sous la propriété des régions en Corse et en Occitanie, et le « poids de la région Paca sur le port de Marseille, Toulon et Nice », la CGT déplore que les compagnies low cost Corsica Ferries et GNV « ont toujours plus d’autorisations d’escales » accentuant une concurrence déloyale avec les compagnies françaises. Contre cette « catastrophe annoncée », le syndicat des marins en appelle au « courage et à la volonté politique » des signataires pour aller plus loin dans leur démarche et porter leurs propositions au niveau de l’État.

  • Le déblocage des licences de taxi passe enfin à l’étude

    Le déblocage des licences de taxi passe enfin à l’étude

    Mieux vaut tard que jamais ? Évoquée au printemps 2024, l’étude sur les taxis de la ville de Marseille doit enfin démarrer début 2026. Le processus a été enclenché en septembre sur la base d’un cahier des charges « élaboré cet été », auquel les syndicats de taxis ont été conviés. Si les locataires (LUTM) ont joué le jeu, les propriétaires ont décliné l’invitation, regrette-t-on en mairie où l’on évoque deux réunions en signe de bonne volonté.

    Complexe et insatisfaisant

    Le sujet est brûlant. Dans une ville où aucune autorisation de stationnement (ADS) n’a été délivrée depuis 1963, seuls 1 115 taxis circulent. C’est 1,3 taxi pour 1 000 habitants, deux fois moins qu’à Lyon. Ils étaient 1 380 en 1995, lorsque ces licences sont devenues cessibles et rentables, certaines valant jusqu’à 250 000 euros. Il y a un an, lorsque Sami Benfers adjoint (Ambition citoyenne / GRS) chargé des taxis, a annoncé vouloir créer 80 ADS, tout s’est tendu sur fond de conflit ouvert entre chauffeurs locataires et propriétaires.

    « La situation est complexe et de mauvaises habitudes ont été prises mais Marseille s’est développée depuis soixante ans et personne ne peut dire qu’aujourd’hui l’offre en taxi est satisfaisante », tempère-t-on dans les couloirs de l’hôtel de ville où l’on estime que 100 à 400 nouvelles ADS sont nécessaires. 220 à 230 taxis sont sur une liste publique en attente du précieux sésame qui comme l’impose la loi ne sera plus cessible.

    Le nombre de nouvelles ADS doit être affiné par l’étude qui reposera sur la comparaison avec d’autres collectivités et une analyse des spécificités locales en termes de superficie, de liaison avec l’aéroport, de transports médicaux, d’offres touristiques. Elle portera aussi sur les nouvelles demandes des clients ou les stations d’accueil. « Le but est de créer un outil performant pour combattre les plateformes VTC », précise Sami Benfers. Une efficacité d’autant plus nécessaire que la faiblesse des transports collectifs est patente. La Ville espère aboutir après les élections municipales sans en faire « un enjeu électoral ».

    « La mise en route est tardive, c’est dommage », regrette toutefois l’élu marseillais quand le responsable du LUTM se montre plus incisif. « Cette étude est une victoire car c’est le fruit d’un combat dans lequel nous perdons beaucoup mais on a bien compris qu’elle a été retardée pour ne pas se retrouver pas dans l’embarras d’une décision à prendre avant les élections. Or c’est un enjeu de justice sociale », note son président Saïd Djefaflia. Lui surtout regrette qu’un « accord obtenu cet été pour la création de 65 ADS » n’ait pas été validé.

    En mairie, on explique ce retard par le conflit entre syndicats, l’héritage du passé et des équipes municipales sous-dimensionnées au service taxi. En attendant, la municipalité a prolongé la suppression des décades, ce système de rotation des taxis avec quatre jours de repos pour douze jours travaillés, qui réduit leur circulation…

  • [Entretien] Nicolas Da Silva : « La Sécurité sociale est une extraordinaire réussite »

    [Entretien] Nicolas Da Silva : « La Sécurité sociale est une extraordinaire réussite »

    La Marseillaise : Dans quel contexte est créée la Sécurité sociale en 1945 ?

    Nicolas Da Silva : Il y a souvent cette idée que la Sécurité sociale viendrait d’un grand consensus national. Il n’en est rien. Si elle a été créée en 1945 et pas 1938, ce n’est pas parce qu’en 1945 on est plus riche – c’est le contraire – ni parce qu’on est plus intelligent. Ce qui change, c’est le rapport des forces politiques, parce qu’il y a un conflit militaire qui bouleverse l’ordre social. Deuxième élément de contexte important  : dans ce bouleversement de l’ordre social, tout le monde n’est pas d’accord. Il y a déjà une très grande conflictualité sur la Sécurité sociale. De nombreux acteurs sont contre : le patronat – le problème c’est qu’il a beaucoup collaboré, donc forcément sa légitimité est remise en cause -, la CFTC, qui va boycotter la mise en place de la Sécurité sociale ou encore les médecins. On a donc, dès le début, une matrice critique extrêmement contemporaine.

    Quel est l’esprit de la Sociale, cette sécurité sociale originelle ?

    N.D.S. : La Sécu crée deux choses. D’abord le régime unique, c’est-à-dire qu’on va rassembler tous ces risques dans une caisse unique qu’on va appeler le régime général. Et ensuite l’idée que plutôt qu’une gestion paternaliste (les caisses sont gérées à l’époque par des patrons, des religieux…), cette fois-ci elles seront gérées en majorité par ceux qui cotisent. Les comités d’administration qui ont le pouvoir de gestion sont ainsi composés aux trois quarts de représentants des salariés. Ce qui change beaucoup de choses, car forcément vous allez pouvoir influencer la politique.

    La position majoritaire des salariés va pourtant être remise en cause…

    N.D.S. : En 1967, les ordonnances Jeanneney imposent la séparation des caisses. C’est la réforme qui donne la Sécu qu’on connaît aujourd’hui, avec les caisses d’allocations familiales d’un côté et de l’autre les caisses de l’assurance maladie et de la vieillesse. Les ordonnances de 1967, c’est aussi l’introduction du paritarisme. Alors que les représentants des salariés, essentiellement ouvriers, étaient majoritaires (75%), on passe à du 50-50 avec le patronat. La parité paraît être de l’égalité, sauf que les patrons ne représentent qu’une partie infime de la population. Pourquoi ils auraient 50% du pouvoir de décision ? C’est très anti-démocratique. Alors qu’on attribue souvent la paternité de la sécurité sociale à Charles de Gaulle, cette réforme de 1967 menée sous son gouvernement, remet précisément en cause les originalités de 1945, à savoir le régime général et la démocratie sociale.

    Cela explique-t-il la contestation de plus en plus importante de l’objectif d’universalité de la Sécu ?

    N.D.S. : L’objectif de la sécurité sociale en 1945, c’est : « Chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins », avec l’idée de tendre vers un remboursement intégral. Sauf que progressivement, des forces sociales vont dire : ça coûte trop cher, on ne peut pas. Cela va prendre la forme d’une politique de ciblage, avec des personnes qui seront mieux remboursées (les affections longue durée par exemple) Du point de vue de la production, l’un des enjeux de la sécurité sociale est de financer des formes de productions publiques ou para-publiques. Par exemple des médecins sans dépassement d’honoraires, l’hôpital public plutôt que les cliniques privées. Avec le développement de l’étatisation, il y a l’idée que tout ça est un peu indifférent. La sécu va financer les plus performants, indépendamment du fait de savoir s’ils sont publics ou privés.

    Que penser des déclarations sur l’insoutenabilité financière de la Sécurité sociale ?

    N.D.S. : La Sécurité sociale est une extraordinaire réussite. La Sécu d’aujourd’hui est beaucoup plus développée que celle de 1945. On est beaucoup mieux couverts, on a accès à beaucoup plus de soins. Ça fonctionne beaucoup mieux que le passage vers le privé. S’agissant de la soutenabilité financière, je trouve que la question est posée de manière très biaisée, déloyale. Depuis sa création, la question du déficit de la Sécurité sociale est posée. Or ces déficits sont toujours instrumentalisés pour culpabiliser les patients. Ce qu’il se passe en réalité, c’est que les besoins augmentent, c’est donc normal que les dépenses en fassent autant. Plus la population vieillit, plus elle est malade. Par ailleurs on soigne mieux les gens, et l’innovation a un coût. Or face à cette augmentation des besoins, il y a une politique délibérée de limitation des ressources via les exonérations de cotisations sociales. L’évitement des recettes représente quelque chose de l’ordre de 100 milliards d’euros. C’est un choix de politique publique : on fait exprès de se passer de certaines ressources dans le but, nous dit-on, d’améliorer le niveau de l’emploi, en se disant que si les entreprises ont moins à payer pour embaucher, elles embaucheront davantage. Or les nombreuses études sur le sujet montrent que cet effet n’existe pas. Ou de façon infime.

    Peut-on légitimement s’inquiéter pour l’avenir de la Sécurité sociale ?

    N.D.S. : Oui mais pas parce que le système serait à bout de souffle, pas pour des raisons financières ou démographiques qu’on nous serine. La sécurité sociale est une institution très moderne, très efficace. L’archaïsme, c’est le marché. S’il y a du souci à se faire pour la Sécurité sociale, c’est pour des raisons d’économie politique : globalement, les classes dirigeantes n’ont pas les mêmes intérêts que le reste de la population et ne feraient pas les réformes qui sont faites si la Sécurité sociale était plus démocratique.

  • Sécu et retraites, le commun combat

    Sécu et retraites, le commun combat

    À l’Assemblée nationale, le marathon budgétaire se poursuit. Les députés ont jusqu’à dimanche soir pour examiner les 2 500 amendements déposés au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Au menu : doublement des franchises médicales, réduction de la durée maximale des arrêts de travail, cotisation sur les tickets-restaurants et bien évidemment la suspension de la réforme des retraites. Le gouvernement envisage des coupes massives pour ramener le déficit de la Sécu à 17,5 milliards d’euros en 2026, contre 23 milliards actuellement.

    « Le système est menacé, il est déséquilibré dans ses fondements même », justifie en ouverture des débats le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou. « Si rien n’est fait, il [le déficit] sera de 29 milliards d’euros l’année prochaine », pousse-t-il. Pour la Cour des comptes, la situation financière de la Sécurité sociale « demeure préoccupante », estime-t-elle dans un rapport publié lundi. Et pour cause : son déficit devrait atteindre 23 milliards d’euros en 2025, soit une augmentation de 7,7 milliards d’euros en un an. « Le projet que nous vous proposons n’est pas une purge. (…) Ce projet, c’est plus 11 milliards d’euros pour les Français et leur protection sociale », fait valoir la ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin. « Bien sûr le texte initial n’est pas parfait », concède la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, « c’est une copie de départ qu’il vous appartient de faire évoluer. Mais rien ne serait pire que le refus du dialogue, la politique du véto, les lignes rouges tout le temps et sur tous les sujets », renchérit-elle. Le Premier ministre a assuré la semaine dernière être prêt à renoncer au gel des pensions de retraite et des minima sociaux.

    L’article de suspension de la réforme des retraites a été adopté en commission des Affaires sociales, mais la droite et les macronistes persistent dans leur volonté de le supprimer. C’était la première condition des socialistes pour assurer la non-censure du gouvernement, d’autres ont été formulées depuis. « Une loi de financement de la Sécurité sociale peut être rigoureuse sans être punitive, elle peut être responsable sans être injuste », tempère la députée socialiste Sandrine Runel, plaidant en faveur d’« un partage plus équilibré des efforts et une solidarité mieux répartie ».

    Pour être adopté, le PLFSS devra a minima compter sur les abstentions des députés écologistes et communistes. Rien n’est moins sûr : « À l’unanimité, ce PLFSS ne nous convient pas. Il manque 10 milliards pour qu’il réponde aux besoins. Sur les retraites, nous sommes également très loin du compte », attestait le député communiste Yannick Monnet plus tôt dans la journée. Les insoumis ont, quant à eux, déposé une motion de rejet préalable au texte, qui n’a pas été adoptée avec 326 voix contre et seulement 61 pour. « Nous fêtons les 80 ans de la Sécurité sociale (…) une institution populaire dont la macronie veut la mort réforme après réforme », conspue le député LFI Hadrien Clouet. « La réalité de ce texte, c’est gaver les plus riches et prendre à celles et ceux qui sont les plus précaires », tranche celui qui est également rapporteur thématique de la commission des Affaires sociales.

    Un conclave 2.0 sans

    la CGT ni le Medef

    En annonçant la suspension de la réforme des retraites lors de sa déclaration de politique générale, Sébastien Lecornu a également esquissé la mise en place d’une conférence sociale Travail et Retraites. Un énième espace de discussions réunissant le gouvernement, les syndicats et le patronat, ressemblant peu ou prou au conclave convoqué par François Bayrou qui s’est soldé par un échec, il y a quatre mois seulement. Pour le ministre du Travail, c’« est un lieu de débat et pas de négociation », insiste-t-il. Une première réunion s’est tenue mardi en présence de la cheffe de la CFDT et celui de la CFTC, tandis que FO et la CFE-CGC ont dépêché leurs numéros 2. La CGT avait déjà annoncé qu’elle ne s’y rendrait pas, sa secrétaire générale refusant de « tenir les chandelles entre celles et ceux qui veulent un système à points [prôné par la CFDT] et ceux qui veulent la capitalisation », tacle Sophie Binet.

    Dans une déclaration transmise à l’AFP, le Medef a expliqué son refus d’y siéger : « Il y a déjà un agenda social autonome défini par les partenaires sociaux » et celui-ci « n’est pas indexé sur des échéances politiques », a estimé l’organisation. Les rendez-vous devraient ainsi se tenir au Conseil économique, social et environnemental (Cese) et s’étaler jusqu’à la fin de l’été 2026 : « Les écuries présidentielles, si elles le souhaitent, auront un matériau sur un sujet central pour le pays dont elles pourront s’emparer », indique Jean-Pierre Farandou, visiblement ambitieux sur la durée de vie de ce gouvernement.

    Les retraités en action le jeudi 6

    À l’appel du Groupe des 8 (CGT, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR-FP, Ensemble &Solidaires et LSR), une journée nationale de mobilisation est organisée ce jeudi 6 novembre afin de s’opposer aux projets de budgets 2026 marqués par l’austérité, le gel des pensions, l’alourdissement de la fiscalité et la remise en cause des droits sociaux.

    Dans nos départements, le rendez-vous est fixé à 10h30 sur le Vieux-Port à Marseille pour les Bouches-du-Rhône, avec un appel relayé par l’Union nationale interprofessionnelle des retraités solidaires (Unirs). À Avignon, l’intersyndicale appelle au rassemblement à 10h30 devant la préfecture. Dans le Var, le cortège se rassemblera à partir de 10h30 sur le parvis de la gare à Toulon, également à l’appel du groupe des 8.