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  • [Théâtre] « Phèdre », aux racines de la scansion à Toulon

    [Théâtre] « Phèdre », aux racines de la scansion à Toulon

    « Cette pièce raconte un empêchement. Le personnage, Phèdre, souffre de ne pouvoir dire, de ne pouvoir jouir de son désir. Oenone souffre de ne pouvoir garder Phèdre. Hyppolite souffre de ne pouvoir être libre et Thésée souffrira d’avoir perdu son fils par sa faute. Chacun est en prison de lui-même », résume Muriel Mayette-Holtz au sujet de Phèdre. Jusqu’ici, rien de nouveau pour ce classique écrit en 1677 par Racine. Sauf que cette metteur en scène mêle les alexandrins du grand tragédien au slam pour cette pièce qui se joue au Théâtre Liberté du jeudi 4 au samedi 6 décembre.

    « Un chant du cœur »

    Après Andromaque, puis plus récemment Bérénice, Muriel Mayette-Holtz aime décidément se frotter au répertoire racinien. Dans Phèdre, elle dote son spectacle d’une distribution reluisante : Eve Pereur dans le rôle-titre, Nicolas Maury qui prête ses traits à Oenone et Charles Berling incarne le sanguin Thésée. « Rouge sang », comme le thème des décors et costumes de la pièce, symbole de « l’étouffement » qui enserre tous les personnages, animés tour à tour par le désir, la folie et la perfidie. Sans oublier le rôle pivot de Théramène, interprété par le slameur Jacky Ido, qui « casse d’emblée le quatrième mur en s’adressant directement au public », pose la metteur en scène. « L’alexandrin est un chant tout comme le slam, un chant du cœur. »

    Les 4 et 5 décembre à 10h.
    Le 6
     décembre à 18h. Entre 5 et 30 euros. www.chateauvallon-liberte.fr

  • Vers le retour du train à Villeneuve et Roquemaure

    Vers le retour du train à Villeneuve et Roquemaure

    L’heure du retour du train à voyageurs approche à grands pas dans les communes gardoises du Grand Avignon, Villeneuve-lès-Avignon et Roquemaure. Depuis le lundi 24 novembre, une consultation publique sur le volet environnemental du projet de réouverture de la ligne de la « rive droite du Rhône » Nîmes-Le Teil (Ardèche), passant par les deux communes, a été lancée par l’État.

    À ce propos, une réunion publique s’est tenue ce lundi 1er décembre à Villeneuve afin d’expliquer aux habitants du territoire les enjeux de ce projet, mais aussi les raisons de cette consultation. Car les voies de train existent déjà, mais les locomotives qui relient Nîmes à Pont-Saint-Esprit ne s’y arrêtent pas. La gare est également toujours debout malgré sa fermeture aux voyageurs en 1973. Une ouverture était initialement prévue en 2026, mais l’État a imposé une étude environnementale, ce qui a retardé l’échéance. « Tout ce projet a été figé lorsque nous avons appris que cette étude allait avoir lieu. Nous avions eu de nombreuses réunions depuis des années. Nous aurions sinon entrepris les travaux dès cette année 2025 », confie ainsi Pascale Bories, maire (LR) de la commune gardoise en fin d’assemblée. Comme d’autres gares sur le trajet, une transformation en pôle multimodal est programmée à l’issue de la consultation. « La rive droite du Rhône est la porte d’entrée de l’Occitanie. Cela a donc un attrait particulier avec un territoire industrialisé. Ce projet est un générateur de travail et de tourisme », plaide de son côté Pascal Rousson, président de l’Association des Usagers de la ligne TER SNCF Rive Droite du Rhône.

    Sur place, tout semble presque prêt à accueillir les voyageurs qui souhaiteront se rendre en capitale gardoise ou en Ardèche. Derrière les portes du bâtiment aux stores à demi baissés, une lumière invite à entrer. Et à l’intérieur, aussi surprenant que cela puisse paraître, il y a un accueil physique par une employée, avec la possibilité d’acheter billets et abonnements, malgré l’absence pour l’heure d’arrêts. D’autant plus surprenant quand la CGT des cheminots dénonce la disparition de guichets dans des gares qui, elles, accueillent bien des usagers. L’ouverture de l’ensemble de la ligne est prévue pour 2030.

    Espèces protégées

    Une demande de consultation publique et d’étude environnementale qui a surpris au sein des différentes collectivités. Outre le passage de fret, les voies servent déjà aux voyageurs utilisant la ligne Pont-Saint-Esprit-Nîmes, rouverte en août 2022. Plusieurs points ont en réalité été à nouveau étudiés, car les normes diffèrent selon le nombre de voyageurs qui circulent chaque jour sur les rames. Au niveau environnemental, plusieurs ajustements sont prévus, comme par exemple à Roquemaure, où une espèce protégée de fleur, qui sert de lieu de reproduction aux papillons, se trouve sur la zone de travaux prévue. Les services de l’État recommandent donc de déplacer ces végétaux à l’abri. Des contrôles sur les nuisances sonores ou de risques d’inondations ont aussi été effectués, sans blocage particulier.

    Détail de la consultation du public et des documents sur https://www.registre-numerique.fr/reouverture-rive-droite-du-rhone

  • À gauche, Annick Dubois veut refermer la parenthèse RN à Morières

    À gauche, Annick Dubois veut refermer la parenthèse RN à Morières

    Il y presque 6 ans, Morières était la seconde commune du Grand Avignon à basculer à l’extrême droite. Grégoire Souque (RN) devenait maire avec 55,41% des voix face à Annick Dubois (PS). « Il est arrivé par défaut », rappelle la cheffe de file de l’opposition, qui a officialisé sa candidature, ce mercredi, pour les municipales de mars. En 2020, le maire Joël Granier (DVG) s’était finalement porté candidat, se retirant au second tour sans donner de consigne de vote alors que la gauche était théoriquement majoritaire en voix.

    A priori, dans un peu plus de trois mois, l’élection devrait se jouer au premier tour avec le maire sortant Grégoire Souque et donc Annick Dubois, à la tête de « Engagés et solidaires pour Morières », une liste d’union à gauche (PS et PCF principalement) avec 18 colistiers sur 31 non encartés. Mais celle qui est aussi conseillère départementale est loin d’être animée par un esprit de revanche. « On ne part pas en croisade contre Grégoire Souque », glisse un des soutiens. « On veut redonner une âme à Morières, aux habitants qui se sentent tristes et déconsidérés », expose Annick Dubois, qui sent « un élan, les gens viennent d’eux mêmes nous parler ».

    Une gestion autarcique critiquée

    Outre des décisions fortes (fin des repas de substitution à la cantine, départ contraint de la compagnie de théâtre Okkio qui s’était positionnée contre l’extrême droite lors des législatives), marqueurs d’une politique d’extrême droite « qui fracture », Annick Dubois insiste aussi sur « l’absence de concertation, aucune réunion publique n’a eu lieu avec la population ». Une liste de griefs est aussi listée par une anaphore « si nous avions été élus en 2020, nous aurions… ». Parmi les points soulevés, les atermoiements autour de la construction du groupe scolaire (livré pour la rentrée prochaine) qui a changé de lieu et a vu sa facture flamber à 12 millions d’euros, ou la mise à l’écart de l’association gérant la bibliothèque municipale. « Notre première décision sera de lancer un audit sur les finances », annonce la candidate, investie dans la vie locale depuis 40 ans.

    Si le programme sera dévoilé en janvier, car « en 2020 nous l’avions sorti trop tôt et Grégoire Souque s’en était inspiré », Annick Dubois entend « redonner de l’élan culturel, associatif et économique et développer la solidarité ». Une thématique qu’elle connaît pour avoir été durant deux précédents mandats adjointe aux affaires sociales. De quoi mettre en avant son expérience et bilan passé, comme « la structuration du CCAS, la mise en place de la maison de la petite enfance ou d’une mutuelle communale », appuie Annick Dubois, par ailleurs « seule femme vice-présidente du Grand Avignon ».

  • Une autre liste est-elle en train d’émerger à gauche à Avignon ?

    Une autre liste est-elle en train d’émerger à gauche à Avignon ?

    Désigné dès début avril premier des socialistes en vue des municipales, David Fournier agrège depuis plusieurs soutiens de partis (Génération écologie, les Écologistes, l’Après ou le Parti animaliste qui sera officialisé ce jeudi) ou personnalités comme l’ex-insoumis Farid Faryssy. Lors du vote interne au sein du PS pour mener le parti aux municipales, David Fournier avait devancé Zinèbe Haddaoui, adjointe aux sports. « Tout de suite tu as apporté ton soutien à David, l’objectif est de sortir plus fort de ce vote », assurait, devant les intéressés, à l’époque Maryline Croyet secrétaire de section du PS. La donne a bien changé. Toujours encartée au PS, Zinèbe Haddaoui s’en est beaucoup éloignée, étant coupée de la campagne de son collègue adjoint de la majorité.

    Mais elle est loin de se désintéresser des municipales. Début novembre, aux côtés du PCF, Génération.s et de l’Après (qui a depuis rallié David Fournier), Zinèbe Haddaoui participait activement à une réunion publique sur la jeunesse. Avec l’objectif pour les organisateurs de poursuivre « le rassemblement des forces de gauche, écologistes et citoyennes par toutes les initiatives possibles dans la construction d’un projet ». Une seconde réunion est organisée jeudi prochain, 11 décembre (mairie annexe Saint-Jean), sur le thème des sécurités. « L’idée est de faire monter la parole des citoyens car beaucoup nous ont alerté pour nous dire que ce qui est proposé ne convient pas », expose Zinèbe Haddaoui, qui apparaît comme la figure de proue de ce mouvement dont le nom et le logo devraient être connus très rapidement.

    Pour l’heure, le PCF et Génération.s s’inscrivent toujours dans cette démarche, en dehors de la liste LFI portée par Mathilde Louvain. Si la possibilité d’un ralliement à David Fournier n’est pas exclue, elle est encore hypothétique. Ce dernier n’a d’ailleurs pas souhaité commenter ce mouvement en cours, qui lui reproche de ne pas assez partir du fond mais aussi des ralliements précoces d’opposants actuels (Les Écologistes, Farid Faryssy). « On construit les fondations, c’est un temps long qui ne se voit pas », souligne Zinèbe Haddaoui qui mesure aussi « le risque de désunion ». La réunion du 11 marquera une étape. Ce sera « le point de lancement d’un appel », brosse l’adjointe aux sports, passée par le Front de gauche.

  • Stéphane Sacco s’engage à bâtir rapidement un groupe scolaire à La Seyne

    Stéphane Sacco s’engage à bâtir rapidement un groupe scolaire à La Seyne

    Samedi dernier dans nos colonnes, le collectif « Élémentaire Verne et Maternelle Mabily » interpellait les candidats à la mairie de La Seyne pour leur demander de se positionner sur la construction d’un groupe scolaire pour remplacer des établissements vétustes voire dangereux, en tout cas inadaptés à recevoir les élèves en sécurité et dans de bonnes conditions d’apprentissage. Le premier à dégainer est le chef de file des progressistes Stéphane Sacco (GRS).

    « Sans hésitation, je ferai en sorte que ce projet voit enfin le jour », répond-il, en reconnaissant que « la situation actuelle des écoles Verne et Mabily n’est plus tenable ». L’occasion de rappeler pour le candidat de la gauche que « l’éducation est un droit fondamental et que donc la responsabilité d’un élu doit être de garantir à chaque enfant des conditions de travail et d’accueil dignes et sécurisées ».

    Pas question pour lui, une fois aux manettes, d’accepter de faire perdurer plus longtemps cette situation qui fait recevoir des enfants dans des locaux délabrés dans lesquels la présence d’amiante est avérée, les salles de classe et les cours sont trop petites, sans compter le manque d’isolation, d’espaces partagés et de sanitaires.

    Une priorité absolue

    « Ce ne sont pas de simples défauts mais des obstacles au bien-être des enfants et au travail des personnels de l’Éducation nationale et des agents communaux », insiste-t-il. Un manque d’investissement public qui n’a que trop duré, dénonce la tête de liste de « Uni.e.s à gauche pour La Seyne ». Et de poursuivre : « Pour nous, l’école publique doit être une priorité absolue du budget municipal, au même titre que la santé, le logement ou les services de proximité. » Cela fait partie des valeurs avec lesquelles les progressistes ne transigent pas. Étant bien entendu qu’« investir dans un groupe scolaire moderne, fonctionnel et écologique, ce n’est pas une dépense mais bien un choix politique en faveur de l’avenir et de l’égalité ».

    C’est pourquoi, dit-il, il s’engage clairement à lancer la construction, sur un même site, d’un nouveau groupe scolaire équipée d’une restauration scolaire permettant de réduire les déplacements, les pertes de temps et la fatigue des enfants. Des bâtiments conçus avec des matériaux durables, dans une logique écologique pourvus bien entendu d’espaces pédagogiques, spacieux, lumineux et bien isolés mais aussi d’une salle d’éducation sportive et physique et de sanitaires t en nombre suffisant.

    Bref, des écoles répondant tout simplement aux besoins des enfants et des personnels. Un projet qui, assure Stéphane Sacco, sera réfléchi avec les enseignants dans « une approche fondée sur la concertation, réunions publiques et ateliers », pour « un véritable service public de proximité, digne des familles du quartier et de la ville ». Sur le délai pour donner corps à cette promesse électorale, le candidat s’engage à mettre en branle le chantier dès le début du mandat dans la transparence.

  • « Solliès-Pont cœur à gauche » bat campagne

    « Solliès-Pont cœur à gauche » bat campagne

    « Notre collectif regroupe des militants associatifs, politiques, des acteurs de la vie sociale et économique et des citoyens guidés par l’intérêt général », annonce l’équipe de Solliès-Pont cœur à gauche. Un large rassemblement qui s’est opéré sur la base des valeurs de justice sociale, de solidarité, d’engagement écologiste et humaniste, qui se réclame de gauche. « Nous voulons mettre en place des politiques locales pour planifier en vue d’atténuer le changement climatique, de le combattre efficacement et de s’y adapter », explique Jean-Pierre Luquand (Les Écologistes).

    L’élan citoyen

    Mais également, précise Alain Bolla (PCF), « protéger la qualité de vie, garantir un logement décent, l’accès aux soins et une politique de la jeunesse ». Sans compter la transformation des mobilités et l’accélération de la transition écologique et la préservation de la biodiversité. Avec en ligne de mire, entre autres, la protection des ressources en eau et de permettre aux habitants de mieux manger. Bref de travailler de concert, l’écologie, la justice sociale et la solidarité, en s’appuyant sur un bien commun qu’est le service public.

    Tout cela en faisant fonctionner une réelle démocratie de proximité fondée sur la concertation et la participation active des citoyens, avec des budgets participatifs et des conseils de quartiers.

    Des propositions susceptibles de créer « un nouvel élan pour une ville plus citoyenne, plus juste, plus verte et plus solidaire ». L’invitation est lancée pour les rejoindre et coconstruire un avenir en commun.

    Contact : contact@sollies-pont-coeur-a-gauche.fr

  • À Aubagne, Jean-Pierre Squillari veut « stopper le bétonnage sauvage »

    À Aubagne, Jean-Pierre Squillari veut « stopper le bétonnage sauvage »

    « Construire oui, mais pas n’importe où et pas n’importe quoi », tranche Jean-Pierre Squillari.

    Si lui et son équipe sont élus en mars prochain, « on stoppera le bétonnage sauvage. Les logements construits ces douze dernières années durant le mandat du maire sortant (LR) Gérard Gazay ne sont pas accessibles à la majorité des Aubagnais. On part du principe que les logements doivent correspondre aux besoins des habitants, et non aux envies des promoteurs ». En accord avec le programme de la liste*, « nous ferons un moratoire sur les constructions. Il y aura un statu quo sur celles qui sont programmées. Pour les autres, on regardera si la réglementation est respectée, si le réchauffement climatique est pris en compte. Si tout est dans l’ordre, il n’y aura pas de problème. Dans le cas contraire, on arrêtera les projets de construction ».

    Il martèle : « Finies les opérations clinquantes pour investisseurs. On remet les familles au centre : loyers accessibles, tailles adaptées, vraie mixité pour garder 25% de logements sociaux. »

    Non à l’étalement urbain

    Selon l’Agence départementale d’information sur le logement des Bouches-du-Rhône (Adil 13), citée dans un article de la Ville d’Aubagne daté du 13 mai dernier, il y aurait, dans cette ville de 47 342 habitants, 22 656 logements, dont 27,43% de logements sociaux, et 3 043 demandeurs de ces logements. Si la Ville est dans les clous quant à la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU), « c’est grâce aux municipalités précédentes, car le maire sortant n’a pratiquement rien construit », pose-t-il. Pour autant, « le parc social se dégrade, les loyers s’envolent, les jeunes ne trouvent rien, les anciens ne peuvent plus rester chez eux, les familles monoparentales serrent les dents… Et pour acheter, n’en parlons même pas : des prix qui donnent le tournis », constate-t-il. Et d’embrayer : « Et ça, ce n’est pas arrivé par hasard. C’est le résultat d’une politique municipale qui a laissé filer la spéculation, qui a couvert l’extension urbaine. »

    Un autre axe fort de ses propositions entend « réviser les plans d’urbanisme pour reconstruire sur l’existant. Densifier un peu, intelligemment, là où il y a déjà des bâtis, des transports publics, des services et des commerces. Revitaliser plutôt qu’étaler. Et surtout : stop au grignotage des terres naturelles et agricoles. »

    Dans le même état d’esprit, l’idée est de « mobiliser les 1 500 logements vacants » situés dans le vieil Aubagne. « Ils ne seront pas tous disponibles, car certains font l’objet de procédures en cours par exemple en cas de problèmes sur un héritage, ou sont en procédure de péril, mais une partie pourrait être disponible. On va travailler avec les propriétaires, utiliser tous les outils existants, et remettre ces logements sur le marché. À titre d’exemple, la réhabilitation du centre ancien de Salon-de-Provence est une réussite », argumente-t-il.

    * Depuis le 30 novembre dernier, son site de campagne a été ouvert : www.aubagne-en-commun.fr

  • Un planeur sous-marin pour explorer les grands fonds

    Un planeur sous-marin pour explorer les grands fonds

    Le plan d’investissement France 2030, doté de 54 milliards d’euros sur 5 ans et dévoilé en 2021, « doit permettre de rattraper le retard industriel français, d’investir massivement dans les technologies innovantes ou encore de soutenir la transition écologique », indique le ministère de l’Économie. Il se base sur dix objectifs, parmi lesquels la relance du nucléaire, devenir le leader de l’hydrogène vert et des énergies renouvelables, réduire de 35% les émissions carbone industrielles, ou encore investir dans le champ des grands fonds marins.

    C’est à ce titre qu’Ifremer, centre de recherche océanographique basé à la Seyne-sur-Mer (Var), a confié à Alseamar, entreprise roussetaine leader mondial dans la production de matériaux de flottabilité pour véhicules sous-marin, reconnue pour ses planeurs autonomes et véhicules sous-marins pour les forces spéciales, la conception d’un planeur sous-marin grands fonds, capable d’explorer l’océan jusqu’à 3 500m de profondeur. Un projet financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR), et auxquels s’associent le Centre national de recherche scientifique (CNRS) et le Service national d’hydrographie et d’océanographie (SHOM). Objectif : collecter des données au large de Mayotte pour renforcer la connaissance des aléas et risques géologiques et sismiques liés au volcan sous-marin Fani Maoré, découvert en 2019.

    Déploiement en 2031

    La conception d’un tel engin constitue un défi de taille pour Alseamar, qui n’a jusqu’ici jamais dépassé 1 250m de profondeur sur ses planeurs Seaexplorer, utilisés dans la même optique depuis septembre 2021. Les données acquises lors du déploiement de ces prototypes pourront compléter celles déjà recueillies, à la demande d’Ifremer, dans le cadre du Réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA). « Il y a déjà eu 1 400 jours et plus de 200 millions de points de mesure dans la zone », précise Laurent Beguery, directeur du Département des services et études scientifiques d’Alseamar. « Il y a un besoin de rassurer la population », détaille Christian Tamburini, délégué scientifique CNRS-INSU. « Le programme REVOSIMA émet des bulletins quotidiens et mensuels. Le flanc de Mayotte présente de nombreuses structures volcaniques, ainsi qu’une caldera volcanique appelée “Fer à Cheval”. Le planeur permet l’identification d’émanations de gaz (CO2, méthane), qui peuvent être un indicateur d’activité volcanique, et d’analyser des paramètres physiques et chimiques de la colonne d’eau afin d’identifier des anomalies et anticiper un changement dans le système pour évaluer les risques potentiels. »

    La conception du planeur devrait être achevée en mars 2028, et la production de trois prototypes, ainsi qu’une phase de tests en Méditerranée d’ici décembre 2029. À l’issue de celle-ci, deux nouveaux prototypes seront conçus et déployés à Mayotte en novembre 2031, pour une année de mission.

  • Au conseil municipal d’Istres, les dernières passes d’armes avant les élections

    Au conseil municipal d’Istres, les dernières passes d’armes avant les élections

    Les affaires courantes sont passées au second plan du conseil municipal, qui s’est transformé en tribune politique ce mercredi 3 décembre. À quelques mois des échéances électorales, la dernière séance de l’année aura mis plus d’une heure à démarrer.

    En cause, notamment, la rave party qui a tenté de s’installer sur le parking de l’Usine samedi soir avant d’être délogée par les forces de l’ordre. « Face à eux environ 1000 personnes ayant pénétré par effraction sur le site en ruine (…) au mépris de tous les dangers », relate le maire (DVG) François Bernardini, qui a tenu à remercier les agents de police qui ont subi quelques dégâts matériels et de légères blessures pour neuf d’entre eux suite à des jets de projectiles.

    D’habitude très discret, le conseiller municipal d’opposition Grégory Gabanou en a profité pour sortir du bois, lui qui a rallié la liste RN du Vauclusien parachuté Damien Broc, et attaquer la municipalité sur la prétendue explosion de l’insécurité à Istres. Les chiffres présentés par la compagnie de gendarmerie départementale locale pour 2024 ne vont pourtant pas dans ce sens : ils pointent une hausse de la délinquance concernant les atteintes aux biens à Sausset-les-Pins, Saint-Chamas et Rognac, mais une baisse des violences aux personnes dans la circonscription (-13,4%), des troubles à l’ordre public et de l’insécurité routière.

    Un accord préalable signé avec Hynaéro

    Entre le maire et son principal opposant Robin Prétot, candidat (LR) aux municipales, la passe d’armes s’est faite, sans surprise, autour du développement de la Ville. François Bernardini a annoncé signer dans l’après midi l’accord préalable à la conclusion des baux avec Hynaero qui s’installera sur le pôle aéronautique Jean Sarrail, une étape préalable pour obtenir le permis de construire de cette usine d’assemblage du dernier bombardier d’eau qui devrait créer 700 emplois. « Cela me permet de rappeler le besoin de logements exigés par cette société, a lancé l’édile. Les constructions qui vont remplacer la Bayanne de l’autre côté de la voie rapide répondront à cette exigence. Nous ne construisons pas par plaisir ni par copinage mais par nécessité. »

    Robin Prétot de répondre : « Ça fait 15 ans que vous dites la même chose. À l’époque c’était pour Stratobus qui allait arriver, on n’a pas arrêté de construire des logements, les usines n’ont pas suivies. Je réitère mon regard (…) : il va falloir que l’offre de logements suive l’arrivée des salariés. (…) Il faut aussi penser les industries par le biais de la mobilité, c’est un enjeu d’attractivité pour notre territoire. »

    Olivier Mayor tire sa révérence

    Au-delà des débats politiques, que les candidats aux municipales avaient pourtant refusés dans une forme officielle suite à la proposition de Robin Prétot, cette dernière séance a aussi été l’occasion pour Olivier Mayor de tirer sa révérence. Le conseiller municipal (DVC), ancien adjoint aux finances de la majorité, a annoncé qu’il ne serait « pas candidat ni présent sur une liste ». Le juriste de profession a « servi la ville pendant trois mandats », mais a expliqué ne pas être fait pour « être subordonné ou adjoint ou derrière un politique, c’est presque contre-nature », avant de citer Ayrton Senna : « Je ne suis pas conçu pour être deuxième ou troisième, je suis conçu pour driver, pour gagner. »

    Avant de claquer la porte du conseil municipal, l’élu a affirmé toujours estimer que François Bernardini reste « largement au-dessus du lot », et lui a apporté son soutien, non sans une pointe d’amertume : « S’il n’était pas reparti, j’aurais brigué les suffrages pour devenir maire de notre ville. »

  • Trafic de drogue : à Marseille, les assos quittent le terrain faute de budget

    Trafic de drogue : à Marseille, les assos quittent le terrain faute de budget

    « Au-delà du ramassage de seringues, nous participons de fait à la lutte contre le trafic de drogues », assure Pierre Alboui, président de la Régie de quartier Belsunce Noailles. C’est en effet dans un contexte de troubles graves liés à l’installation d’un point de deal que la structure a ouvert ses portes en février 2024, sur l’impulsion des élus communistes de la Ville.

    Dans ce quartier paupérisé du centre-ville, la proximité du commissariat de Noailles n’a pas empêché l’installation d’un point de deal sur la place de la Providence. Sous la pression du réseau, le Centre médico-psychologique et la Maison départementale de la Solidarité avaient mis la clé sous la porte. Les rondes policières plus fréquentes n’ont pas eu l’heur de mettre fin aux tirs de mortier, coups de feu et intrusions dans les immeubles. Dans « ce peu d’espace social qui subsiste, nous offrons une alternative à la désertification et contribuons a offrir des perspectives avec des activités d’insertion, du lien social, précise l’associatif, en déplorant, une baisse de 15% de financements d’État, par décision budgétaire ».

    L’aide sociale déraille

    À la Busserine, c’est Shebba, association historique du 14e arrondissement qui a vu son budget fondre de 70% en dix ans. Et ses effectifs salariés dégringoler de 50 à 3 postes. « Ce sont autant de retours à l’emploi, d’actions sociales et de personnes en moins pour occuper le terrain, déplore sa vice-présidente Danielle Sautet Vitiello, et on sait que le deal a horreur du vide. » Pas mieux du côté de l’insertion. Dans le 3e arrondissement le chantier école Appel d’aire qui accueille des jeunes orientés par la PJJ pour les remobiliser vers la formation et l’emploi n’a plus aucune subvention de la Région. Karine Pomar, des chantiers d’insertion Améli Provence, également agréés PJJ, déplore « en 15 ans on a perdu 50% de notre pouvoir d’agir, alors qu’on maintient la paix sociale dans un contexte plus qu’alarmant ».

    Les économies de l’État mettent en danger tous les pans du social. C’est jusqu’à la protection de l’enfance qui devient famélique. Le collectif Alerte 13 réunit une dizaine des plus grosses associations des Bouches-du-Rhône pour dénoncer la baisse des crédits alloués par le Département. Leur mission de protection et d’accompagnement est mise en péril. « J’étais perdue, j’avais fugué. Et dehors, c’est la jungle pour survivre. Les proxénètes d’une copine m’avaient donné deux options, la mule ou la pute », témoigne Alice, qui a été placée en foyer à l’âge de 13 ans. L’aide-soignante de 21 ans, reconnaît : « Si les éducs ne m’avaient pas récupérée, je glissais. Mais dans les foyers ils sont débordés, ça déraille. »

    Dans le Vaucluse, les épiceries dans le viseur

    Très régulièrement, le préfet évoque la lutte contre le blanchiment de drogue, en ciblant des commerces. En particulier les épiceries. Il y a trois semaines, lors du salon des maires, Thierry Suquet a indiqué que deux épiceries avaient fermé depuis juin pour des liens avérés avec le narcotrafic. Depuis début 2025, 71 épiceries ont fait l’objet de fermetures administratives contre 51 l’an passé. « Pour troubles à l’ordre public et vente de produits interdits et qui servent probablement à faire du blanchiment », souligne le préfet. Et d’inviter les maires à fournir « des renseignements exploités par les services en toute confidentialité ». F.C.