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  • Padel : une discipline au développement singulier

    Padel : une discipline au développement singulier

    C’est le sport en vogue ces dernières années et rien ne semble l’arrêter. Le padel est devenu en un laps de temps très court la discipline à la mode. En France, l’explosion est nette également, avec 700 compétiteurs en 2015 contre 120 000 aujourd’hui, d’après les chiffres dévoilés par la Fédération Française de Tennis (FFT) la semaine dernière. À Saint-Victoret, Vincent Montagnac et ses associés surfent sur cette vague. En septembre 2024, ils ont repris le club local avec ses courts de tennis et de padel. Samedi 20 décembre, ils ouvrent un nouveau complexe de huit terrains en intérieur pour se placer dans le top 3 des lieux de pratique indoor dans la région. Luigi Carraro, président de la Fédération internationale de padel, expliquait récemment que le padel était devenu « un phénomène culturel ». Vincent acquiesce : « Il a raison car maintenant, beaucoup de pays dans le monde parlent padel, mangent padel. »

    Maxence est l’un de ces nouveaux pratiquants. Il a débuté le sport il y a deux ans et demi, avec un groupe de 7 ou 8 amis. Sa compagne a même rejoint l’aventure. « J’ai fait une vingtaine de tournois ces deux dernières années. C’est un sport qui détend, j’aime le rythme, la réflexion, la tactique », observe-t-il. Vincent et Maxence sont raccords sur l’engouement grandissant du padel, avec une certaine universalité. « Le sport explose, racontent-ils. Tout le monde peut jouer que ce soit des amateurs, des personnes jouant au tennis ou des professionnels. »

    Un sport en plein essor, avec de nombreux tournois fleurissant sur la planète et des circuits mondiaux à présent en place.

  • Un grand tournoi de padel débarque à Marseille

    Un grand tournoi de padel débarque à Marseille

    Les sports de raquette restent en rois dans le calendrier sportif marseillais. Le Marseille FIP Platinum, édition inaugurale, se déroulera du 2 au 8 février 2026 au Palais des Sports. Le padel entre en scène pour la première fois au niveau professionnel dans la cité phocéenne, avec un tournoi regroupant 64 paires masculines et féminines. Pour les spécialistes de tennis, l’événement est équivalent à un ATP 250. Ce qui était justement la catégorie de l’Open 13. Ce dernier a désormais disparu des radars et a laissé un trou au mois de février.

    Julien Nazarian, instigateur du projet Marseille FIP Platinum, explique qu’il a pris ses dates car le créneau était disponible. « La Fédération Internationale de Padel m’a demandé des dates autour du mois de février. Le créneau était libre car, au début, l’Open 13 devait se poursuivre en octobre. C’est vraiment une bonne période, je ne peux pas dire le contraire, je ne peux pas dire que ce soit une mauvaise période pour faire des événements sportifs à Marseille. » L’envie n’était donc pas de remplacer l’Open 13, mais d’avancer côte à côte avec le tournoi de tennis marseillais. Mais la disparition annoncée cette année a bouleversé les plans. « Je suis Marseillais, je suis souvent allé à l’Open 13 par le passé. Sincèrement, je trouve ça dommage qu’il se soit arrêté. Quand j’ai commencé mon projet, c’était au mois de février dernier, l’Open 13 était toujours prévu. J’ai débuté mon projet indépendamment de tout ça », décrit Julien Nazarian.

    Trois années de contrat pour le tournoi

    Obtenir le Palais des Sports de Marseille pour débuter cette compétition est également de bon augure pour l’organisation. La salle de 5 000 places accueillera pour la première fois du padel. « C’est la salle idéale, l’emplacement est super, il y a de l’accessibilité, des parkings, de nouvelles tribunes annoncées… C’est top franchement », détaille l’organisateur. Le tournoi est donc classé Platinum, ce qui est la plus haute catégorie possible sur le FIP Tour. Ce n’est pas encore du niveau des Majors (comme ceux de Paris et Bordeaux), qui sont le produit d’un autre tour mondial dans la discipline. La compétition marseillaise n’en sera qu’à son coup d’essai en février prochain et quelques-uns des meilleurs joueurs du monde seront tout de même présents.

    Des balbutiements, mais le but est de s’installer dans le paysage mondial du padel. L’événement se produira plusieurs années de suite, une chose déjà certaine, comme nous le confirme Julien Nazarian : « C’est effectivement un objectif de pérenniser l’événement le plus longtemps possible. C’est parti pour trois ans et j’espère plus. » Ce sport se développe à vitesse grand V partout sur la planète et ses envies de grandir sont encore fortes. « S’il continue de se développer, il devrait être aux JO », juge Nazarian. Ce serait au plus tôt en 2032, pour les Jeux de Brisbane, mais, en attendant, la « padel mania » passe aussi par les bords de la Méditerranée.

    Un tournoi à suivre du 2 au 8 février 2026. Qualifications lundi et mardi, début du tableau principal le mercredi, quarts de finale le vendredi, demies le samedi et finales dimanche.

  • Les Spartiates sortis de la Coupe après un match fou

    Les Spartiates sortis de la Coupe après un match fou

    À match historique, scénario dingue. Les Spartiates jouaient le premier quart de finale de leur histoire, ce mardi, au Pomge. Contre Chamonix, Marseille a manqué sa première partie avant de se réveiller de manière extraordinaire. Quatre buts remontés puis un final sur un fil, où la décision a tourné en faveur des Pionniers (4-6). Ces derniers sont qualifiés pour les demi-finales, pas Fabien Colotti et ses coéquipiers.

    Cette rencontre a rapidement tourné au vinaigre pour les locaux. Dominants sur les premiers instants, les hockeyeurs phocéens ont été punis par un tir lointain du défenseur finlandais Santeri Koponen dès la 5e minute. Les Spartiates ne se sont pas démobilisés en campant dans le camp adverse et en plaçant de nombreux palets devant la cage chamoniarde. Les Finlandais étaient visiblement à la fête au Palais Omnisports, ce mardi soir, puisque Saku Kivinen a inscrit le but du break pour les Pionniers. Une tentative pas assez rapidement repoussée par Marseille et Kivinen pousse le puck au fond des filets. Loin d’être l’entame espérée pour les joueurs de Luc Tardif.

    Le deuxième tiers s’est ensuite complètement emballé. Chamonix a continué son entreprise de destruction avec deux autres buts coup sur coup grâce à Malo Ville. 4-0, affaire pliée ? Non, loin de là.

    De 0-4 à 4-4

    Les Spartiates se sont ressaisis en l’espace de 7 minutes. Lindgren, Bourgeois et Da Costa ont enchaîné les réalisations pour recoller à 4 à 3 avant la dernière période. Pendant ce temps, le groupe de supporters poussait derrière son équipe. Une banderole « On veut la Coupe ! » a été déployée à plusieurs reprises durant la soirée. Les joueurs de la vallée du Mont-Blanc ont pris un coup derrière la tête, mais ils étaient encore devant au score.

    Le scénario de ce quart de finale a été haletant jusqu’au bout. Égalisation marseillaise par Jan Dufek, mais les Chamoniards sont immédiatement repassés devant, abaissant l’euphorie du public phocéen. Les locaux ont tenté le tout pour le tout dans les deux dernières minutes en jouant en double supériorité numérique pour trouver la faille. Il n’y en a pas eue, les Pionniers inscrivent un dernier but en cage vide, à trois secondes de la fin. Une défaite 6-4 lors d’une rencontre folle où les Marseillais ont failli renverser une partie bien mal engagée. La Coupe de France, c’est terminé pour cette saison.

    Marseille 4 Chamonix 6

    Quart de finale de la Coupe de France

    Palais omnisports

    Buts : Lindgren (31e), Bourgeois (33e), Da Costa (38e), Dufek (50e) pour Marseille ; Koponen (5e, 51e, 59e), Kivinen (15e), M.Ville (25e, 29e) pour Chamonix

    MARSEILLE : Kasik – Petersson, Lindgren, Coulaud, Bourgeois, Corvez, Cantagallo – Bouvet, Da Costa, Welsh, Wong, Thompson, Lavoie, Tavernier, Stromberg, Dufek, Joubert, Colotti, Dair

    Entraîneur : Luc Tardif

    CHAMONIX : Aubrun, Garnier – Koponen, Pantzare, Thyni, Penz, Durand, Delmas – Tarabusi, Convert, M.Ville, G.Ville, Tugnutt, Colombin, Fortin, Broutin, Simond, Kivinen

    Entraîneur : Anatoli Bogdanov

  • [Entretien] Stéphane Galais : « Leur vision de l’agriculture finira par tous nous tuer »

    [Entretien] Stéphane Galais : « Leur vision de l’agriculture finira par tous nous tuer »

    Les annonces de la ministre de l’Agriculture vont-elles apaiser la colère agricole qui gronde ? Rien n’est moins sûr. À la sortie d’une réunion de crise à Matignon mardi soir Annie Genevard affirme qu’un total de 750 000 bovins seront vaccinés contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) « dans les semaines qui viennent », de la manière « la plus rapide possible ». La stratégie gouvernementale d’abattage systématique d’un troupeau de bovins dès la détection d’un cas, contestée par la Confédération paysanne et la Coordination rurale ne semble pas pour autant abandonnée…

    La Marseillaise : Qu’attendez-vous du gouvernement sur la dermatose nodulaire contagieuse ?

    Stéphane Galais : De ce que j’ai compris, le gouvernement veut élargir la vaccination mais ne veut pas revenir sur le protocole d’abattage. J’ai très moyennement apprécié l’analyse du Premier ministre de la situation en Ariège, c’est vraiment très déplacé de dire que c’était lié aux black blocs, alors qu’il n’y avait que des paysans. C’est la même chose dans le Doubs, où les forces de l’ordre ont été déployées. Tout ça prouve que le gouvernement n’a pas conscience de la défiance et de la violence qu’il a créées. Ça m’inquiète sur l’analyse qu’il peut avoir de la situation et la capacité à recréer du dialogue. On dira tout ça à Sébastien Lecornu vendredi. Cette crise est révélatrice de la gestion de la politique agricole en général. Si ce n’est pas la maladie qui nous tue, ce sera peut-être la stratégie sanitaire. Sinon, c’est leur vision de l’agriculture qui finira par tous nous tuer.

    Vous dîtes que le commerce doit s’adapter au sanitaire et pas l’inverse. Ce n’est pas le cas ?

    S.G. : Ce cadre administratif est organisé pour protéger en grande partie le libre-échange et l’exportation. On comprend que c’est une nécessité parce qu’on a plein d’adhérents, qui sont, quelque part, très liés au marché. C’est aussi la preuve que notre agriculture est très fragile. Ce constat doit poser la question des relocalisations et sur des façons de rendre notre élevage plus résilient, parce qu’on a spécialisé les régions et les animaux pour le productivisme. Le gouvernement ne semble pas tirer de leçons de cette crise. On a vu Annie Genevard parler de souveraineté alimentaire à Rungis et dire « c’est la guerre, il faut qu’on produise ». Ils vont tous nous emmener dans le mur. On va être de plus en plus fragilisés par cette concurrence déloyale des accords de libre-échange, par le réchauffement climatique et la possibilité de crises sanitaires à répétition. In fine, ceux qui vont disparaître, c’est bien les éleveurs et pas les productions animales industrielles qui, de toute façon, supporteront ces crises sanitaires.

    Sur ce dossier vous semblez être raccord avec la Coordination rurale [proche de l’extrême droite] à laquelle vous êtes généralement opposée. Qu’est-ce qui vous rassemble ?

    S.G. : On n’a pas de convergence idéologique avec la Coordination rurale, loin de là. On est opposés sur plein de sujets comme l’usage des pesticides mais aussi la vision libérale qu’ils peuvent avoir. Pour nous, c’est un peu l’ombre de la FNSEA, mais avec un relent identitaire, agrarien, on n’a rien en commun. Pour autant, on reconnaît leur sincérité à défendre l’élevage. On se retrouve au moins là-dessus.

    Vous fustigez a contrario la FNSEA qui défend, comme le gouvernement, l’abattage systématique ?

    S.G. : Il faut faire un vrai distinguo avec les adhérents de base et les dirigeants de la FNSEA qui siègent au Comité national d’orientation des politiques animales et végétales, où est décidée la stratégie sanitaire. Ceux qui orientent la politique de la FNSEA sont les grands betteraviers qui ont des accointances XXL avec les grands groupes alimentaires. Ses dirigeants défendent les intérêts de la filière et plus particulièrement de l’agro-industrie mais jamais ceux des paysans ou des éleveurs. De nombreux membres de FDSEA locales sont avec nous sur les barrages et font des communiqués de presse pour dire qu’ils ne suivent pas la politique du national. Ce qu’on va dire au Premier ministre, c’est qu’on n’en peut plus de cette cogestion avec la FNSEA. Ça devient vraiment très problématique, ça prend en otage toute l’orientation de l’agriculture française. On a l’impression que tous les ministres qui passent sont des marionnettes de la FNSEA. La crise sanitaire révèle toutes ces failles. On doit avoir la capacité démocratique à porter une vision de l’agriculture qui va dans le sens de l’intérêt général.

    Le gouvernement a demandé le report du vote européen prévu cette semaine sur le Mercosur. Est-ce suffisant ?

    S.G. : La DNC est une maladie du libre-échange. Le Mercosur va nous fragiliser davantage et nous emmener vers plus de compétitivité et de mise en concurrence les uns avec les autres. L’agriculture hyperproductiviste est aussi extractiviste, elle va détruire les systèmes et la biodiversité. C’est ce qu’on voit dans les campagnes, ça fragilise les animaux qui ne peuvent plus lutter contre les maladies émergentes. Cette vision productiviste-exportatrice nous détruit à petit feu. Le gouvernement essaye de gagner du temps et trouver une porte de sortie pour ne pas perdre la face au niveau européen. Il a manqué de fermeté dès le départ.

  • [Le feuilleton] Autobiographie d’un menteur

    [Le feuilleton] Autobiographie d’un menteur

    Pierre Dharréville est journaliste et écrivain, auteur d’essais mais aussi des fictions comme En l’absence de Monsieur J ou L’enlumineur. Il est également connu pour son engagement politique en tant qu’élu communiste sur notre territoire et notamment comme député de la 13e circonscription.

    Pour ces périodes de fêtes, La Marseillaise vous propose Autobiographie d’un menteur, un texte inédit situé dans le milieu journalistique. Une fable romanesque à retrouver chaque jour de la semaine jusqu’à la fin des vacances.

    Ses costumes tirés à quatre épingles ne mentaient pas : il était l’un des éditorialistes à la mode quoiqu’il se passe. Bavard comme un patron de bistrot, il était l’homme de l’éclairage à chaud, il tirait l’épée avec prestance sur tout et n’importe quoi.

    — Alors ? De quoi s’agit-il ?, fit Patrice Quiniond qui s’impatientait.

    François Chotard venait de remercier sans crier gare l’un de ses proches conseillers — et l’une de leurs sources les plus prolixes. Pourtant, la veille encore, les deux hommes avaient passé ensemble le dimanche à la campagne et Chotard lui avait sorti le grand jeu, avec cigares artisanaux et whisky de son année de naissance. Le baiser de Judas. La veille il le faisait prince, le lendemain, il n’était plus qu’un gueux. C’était la fable du pouvoir.

    — Les tensions se multiplient, remarqua Jules Frimat.

    — Et ce n’est pas sans lien avec les bruits de remaniement ministériel à la rentrée, poursuivit Justine Paintendre.

    — Ça ne suffira pas à donner une nouvelle virginité à la majorité.

    La politique du gouvernement commençait à provoquer quelques secousses, mais le Président du Conseil semblait tenir bon.

    — Il a été bon hier, il a marqué des points, pérora Jules Frimat en hochant la tête d’un air satisfait.

    Ils échangèrent quelques impressions à leur façon sur l’état de l’opinion, qui valaient pour ce qu’ils en croyaient savoir depuis les couloirs des rédactions et des institutions. Leur petite organisation clandestine leur permettait de passer des moments privilégiés avec des personnalités qu’ils cuisinaient à l’heure du déjeuner. Mieux valait y être invité et s’y trouver en odeur de sainteté car les mousquetaires du commentaire avaient les moyens à eux seuls de donner le ton. La passion des histoires bien troussées, le sens de la performance et le goût du pronostic, voilà pourquoi les journalistes sportifs terminent souvent à la direction des journaux. En politique aussi, il fallait savoir commenter le match, décortiquer la technique et donner le vainqueur… Ainsi, ce n’était pas le hasard, n’en déplaise à Patrice Quiniond, si Jean-Michel Barnard, avait longtemps traîné dans les tribunes des stades – sans que cela, visiblement, ne lui confère pour autant le sens des réalités populaires…

    Car qu’est-ce que la politique, de toute éternité, si ce n’est l’art de la guerre ?, aurait-il pu écrire dans un éditorial de son genre. Le sport n’en est-il pas à merveille l’allégorie présentable ? Et l’arbitre est un élément du jeu, n’est-ce pas ?

    C’était la belle histoire qu’il fallait raconter, avec ses drames et ses déchéances, ses stars et ses anonymes. Il fallait du grand récit, de belles images, de jolis sons. Il fallait du bon produit, en somme.

    Michel Chanaleilles était le plus prudent et il avait sans doute raison.

    — Il y a eu quelques à-coups un peu trop brutaux, qui ont donné du grain à moudre aux conservatismes sociaux. N’oublions pas que ce sont des réformes dont le commun des mortels ne saisit pas toujours le caractère urgent et indispensable. Les impatiences inutiles du pouvoir auraient pu attenter à la stabilité du pays, qui est si indispensable à la santé des affaires.

    — Il me semble qu’on se trouve désormais en présence d’une stratégie plus intelligente et qui pourtant ne remet pas en cause le rythme des réformes structurelles, tempéra Jules Frimat. Pour le reste, c’est à nous d’éclairer l’opinion et de faire notre travail. Les médias mainstream doivent balayer devant leur porte…

    De l’avis général (celui des quatre protagonistes réunis), il fallait tenir le cap des réformes nécessaires : c’était essentiel à maintenir la compétitivité de l’économie nationale, la productivité et la croissance. Par conséquent, il ne fallait rien céder aux corporatismes de tous poils et aux « archaïsmes frileux d’une poignée d’irréductibles gaulois dépourvus de potion magique », selon la formule de Jules Frimat. Il fallait gagner le découragement définitif de tous ces communistes plus ou moins avoués. Tous avaient conscience du rôle de leurs médias dans le façonnage de l’opinion. Depuis plusieurs, décennies, peu ou prou, le pays était engagé sur les rails du libéralisme, en dépit des changements de majorité, et il fallait toujours convaincre si l’on ne voulait pas voir ce mouvement contrarié. Le G4 se vivait comme l’un des chevaux de trait, quel que soit l’attelage, de ce courant principal qui imprimait sa marque à l’opinion et surtout aux choix politiques. Il fallait avancer au bon rythme, sans précipitation, mais avec une audace raisonnable.

    Patrice Quiniond se retira à l’écart pour répondre au téléphone, gonflant ses poumons d’un air important, l’air de celui qui est un peu indispensable et qu’on appelle en urgence. Sa grand-mère lui avait pourtant répété maintes fois que les cimetières étaient remplis de deux catégories de personnes : les gens pressés et les gens indispensables. Cela lui faisait deux raisons de trop. Mais, ah les montées d’adrénaline !

    Patrice Quiniond s’installa sur une banquette en velours vert, au milieu de la salle des Fresques, ouvrit précautionneusement son calepin décati pour vérifier sa disponibilité et prit rendez-vous pour le déjeuner au Cadran.

    Dans la vieille ville de Siège, le Cadran était l’une des cantines renommées où se croisaient les gens d’importance pour régler quelques affaires agréablement. Il donnait sur la place de l’Horloge, coincé entre une banque et un hôtel à étoiles. Ses lourdes tentures pourpres, à l’entrée, lui conféraient l’apparence d’un lieu qui sait abriter les mystères. C’était une illusion.

    François Chotard était attablé au premier étage. La place s’ouvrait sur la rive droite de la Celline, qui coupait la ville en deux comme un ruban de soie tombé du ciel. Par la fenêtre, de l’autre côté du Pont d’Or, qui devait son nom à la couleur typique mais un peu surcotée de ses pierres, il apercevait les toits enchevêtrés du Parlement et la poussière grise de la ville.

    Le petit blanc des coteaux de La Redonne était agréable.

    Patrice Quiniond rangea son magnéto et son stylo, signifiant ainsi à son interlocuteur que la conversation pouvait changer de ton. Elle pouvait même commencer vraiment.

    — Vous êtes incorrigibles, vous voulez toujours tout savoir avant tout le monde… lança Chotard avec gourmandise.

    — Je suis payé pour ça, fit Quiniond.

    — C’est vrai ! s’exclama-t-il. Vous êtes payés pour me faire parler, et moi pour ne pas trop vous en dire.

    — Je ne suis pas difficile, quelques noms me suffiraient… C’est off !

    — Vous aimez ça, la confidence anonyme…

    — Vous aussi.

    — Je ne peux pas te laisser repartir bredouille, tu aurais des problèmes et tu m’en voudrais…

    — Exactement…

    L’un et l’autre se souriaient en coin dans une sorte de complicité méfiante où l’on avait tôt fait de se découvrir en oubliant que chacun devrait par la force des choses retourner à sa fonction. Quiniond se régalait insatiablement de ces conversations courtoises, à demi-mot, sur terrain instable. Il tutoyait le ciel, et le ciel lui répondait.

    — Ils parlent de Rousson aux affaires étrangères. Quand on sait qu’il se perd dans sa circonscription ça ne rassure pas… hoqueta le ministre.

    — Et toi ?

    — J’attends… fit-il en brandissant son téléphone et en souriant mystérieusement.

    Quiniond l’avait ausculté avec précaution, tandis que l’autre savourait son assiette de Saint-Jacques accompagnées de leur purée de pommes de terre à l’ail et au gingembre. Ils étaient là, tous les deux, avec leurs mimiques complices, dissertant sur l’art de la guerre et pratiquant l’art de la guéguerre. En sortant du Cadran, Quiniond appela l’attachée de presse de Rousson et le sonda sur ses intentions. La première réaction fut un silence, qu’il devina gêné. Question ou réponse, tous deux parlaient la même langue, la langue de bois : pour l’instant, son patron se consacrait à sa tâche, il avait entendu parler d’un remaniement uniquement par la presse et son seul but était d’être utile.

    — Et si on lui proposait les affaires étrangères, il ne dirait pas « non », j’imagine ?

    — Il n’a pas l’habitude de se défiler, lâcha l’attachée de presse avec un brin d’agacement, que voulait-on qu’il réponde…

    Quiniond était satisfait. Il tenait son scoop et l’on entendrait son nom dans les revues de presse du lendemain.

    La comédie du pouvoir l’amusait. Une comédie de boulevard dont il se faisait le metteur en scène goguenard, revendiquant un rôle de salubrité publique.

    Un coup de bigophone à Jean-Michel Barnard pour l’en informer et l’homme d’influence s’enferma à clef – le privilège des chefs – pour se mettre à écrire, la plume légère, le sourire aux lèvres. Et la clope aussi.

    *

    Titre

    Remaniement gagnant pour Rousson ?

    Sous-titre

    Les rumeurs de remaniement ministériel se précisent. François Chotard pourrait aussi bénéficier d’une promotion.

    Texte

    Ils ne quittent plus leur téléphone. Ministres et prétendants attendent l’appel du Président et espèrent tous la meilleure promotion. Parmi les rumeurs, il se dit qu’une personnalité inattendue pourrait venir apporter sa caution à l’opération de rénovation. Les étoiles montantes du gouvernement comme François Chotard, pourraient y gagner quelques galons. En tout état de cause, la campagne est désormais entamée pour ceux qui veulent postuler. À chacun sa méthode…

    Jacques Rousson, par exemple, est déjà dans les starting-blocks. Ses appétits de jeune loup aux dents longues font grimacer au sein de sa propre formation politique. Mais si on lui demandait d’être ministre des affaires étrangères, il ne dirait pas « non », fait-on savoir dans son entourage. Cette éventualité ne convainc cependant pas tout le monde. « Il se perd déjà dans sa circonscription d’origine », ironise un membre du gouvernement circonspect.

    Il est vrai que Jacques Rousson ne s’est jamais distingué sur les questions diplomatiques. Dans son parcours, il a plutôt fait preuve d’un sens aigu de la provocation, dont on peut se demander s’il est bien recommandable pour cette fonction. Mais il a tenté de corriger le tir, avec les conseils la présentatrice de télévision Eva Lombardi, qui ne serait pas pour rien dans ses récents voyages à l’étranger. Mais sera-ce suffisant ? Voire.

    Signature

    Pa.Q.

    *

    Et hop ! Emballer, c’était peser. Patrice Quiniond envoya son papier en cuisine. Puis il s’assura qu’une grande photographie savamment choisie barrerait la page. On y voyait Rousson, seul sur une estrade avant le début d’un meeting, la main en visière pour se protéger des spots.

    Pendant ce temps, Charvin se faisait les griffes sur le marronnier, ressassant le dicton « qui s’y frotte s’y pique ». Après son scoop, son éminence Paq pouvait être bon prince. Il lui rendit une petite visite agrémentée de quelques renseignements glanés au passage sur les vacances de François Chotard, savait-on jamais. À la montagne. Famille, randonnée, polars. On n’était pas obligé de le croire. Mais il avait fini par gagner : il informa Charvin qu’il avait un peu plus de temps pour aller à la pêche aux informations, puisque le sujet était reporté. C’est ça l’info, coco, faut s’adapter…

    La rédaction était vide. À dix heures du matin, il n’y avait pas encore grand monde. Grégoire Charvin posa son sac à dos sur son bureau, alluma l’ordinateur et se plongea dans L’Impertinent du jour. Toujours lire son propre journal pour savoir ce qu’il raconte aux lecteurs. Règle de Saint-Quiniond.

    L’aspirant journaliste fut quand même un peu étonné de découvrir une si longue interview, alors qu’il n’en avait même pas été question lors de la réunion de la veille… « La méthode Chotard » : le titre s’étalait à la une, sous la photographie du ministre, qui posait de trois-quarts, la veste sur l’épaule, la main plongée dans la poche de son pantalon, et un sourire d’animateur de supermarché scotché sur les lèvres. En pages intérieures, on voyait François Chotard, accroupi dans l’allée d’un parc, en train de tailler une bavette avec Jeanne, la super-voisine. Grégoire Charvin s’était relu avec un brin de contentement : il avait réalisé un article en urgence pour servir de faire valoir à celui de Quiniond, de contre-point, de contre-chant, d’illustration, tout ce qu’on voudra… Il n’avait rien laissé paraître ni de son agacement ni de son affolement. Il avait essayé de se passionner. Il avait rappelé la super-voisine.

    — Alors, Jeanne, cette première journée de super-voisine, c’était comment ?

    — Super, s’amusa-t-elle. Je l’ai passée dans les magasins. Ma mère et ma grand-mère voulaient me faire plaisir et elles ne savaient pas quoi m’acheter comme cadeau. J’ai proposé un cadeau utile : une pelisse de mi-saison pour remplacer mon vieil imperméable.

    — Vous avez cassé la tire-lire ?

    Grégoire Charvin se trouvait lui-même fascinant de mièvrerie…

    — Non, je leur ai demandé si ce n’était pas trop cher et elles m’ont répondu que j’étais trop raisonnable…

    — Il semble que la super-voisine n’a pas pris la super-grosse-tête, c’est rassurant. Je fais un petit article sur François Chotard, je crois que vous le connaissez bien…

    — Monsieur Chotard est souvent venu me voir : il est simple et proche des gens. Si moi je suis super voisine, lui, c’est un super ministre, c’est quand même autre chose…

    C’est ainsi que Grégoire Charvin avait pu livrer un article assez irréprochable, à ceci près qu’il avait employé le mot « turpitudes » en lieu et place du mot « turbulences » pour qualifier l’histoire familiale de la « péquélette », comme disait la grand-mère. De prime abord, il avait simplement pensé se livrer à une coquetterie de style en choisissant ce mot moins usité, mais le doute l’assaillait désormais. Il vérifia immédiatement. Les deux termes n’étaient pas synonymes, sinon, il n’y en aurait pas eu deux et en l’employant, il laissait à penser qu’il y avait quelque honte à ressentir de leur passé. Il n’avait plus qu’à se morfondre de cette erreur grossière, sa première. Il pouvait désormais éprouver lui-même le sens de ce mot qu’il avait cru connaître. Pourquoi s’était-il laissé entraîner à choisir ce mot plutôt que l’autre ? Qu’allaient donc penser tous ceux et celles qui mettraient le doigt sur sa méprise, à commencer par les premiers concernés ?

    Il s’en voulait d’autant plus qu’il s’était glissé avec application dans le moule, respectant avec académisme les canons de la profession, depuis l’attaque jusqu’à la chute. Mais là, il fallait reconnaître qu’il avait un peu trop pris la confiance, et il jugea nécessaire de s’en ouvrir au grand Quiniond à son arrivée.

    — Un journaliste doit s’attacher à dire la réalité avec précision. Pas plus, pas moins, lui rappela-t-il dans un haussement d’épaules. Il n’est pas là pour faire de la décoration florale.

    — On ne pourrait pas faire un rectificatif ? s’empourpra-t-il.

    Quiniond éclata de rire, aspira une lippée de café et tira sur sa cigarette avant de répondre.

    — Si on faisait un rectificatif à chaque fois qu’on écrit une connerie, le journal en serait rempli jusqu’aux oreilles… Et le degré de confiance de nos lecteurs baisserait de jour en jour, ajouta-t-il avec cynisme.

    — Ce n’est pas ma conception des choses, laissa filtrer Charvin.

    — Tu as encore beaucoup à apprendre. Il fallait y penser hier.

    C’était cruel.

    Charvin était très énervé contre Jalès, son double, c’était pratique. Il en avait aussi contre Quiniond qui ne voulait pas faire droit à sa demande : qu’est-ce que ça pouvait bien lui coûter ?

    — Ta faute ne vaut pas une demi-ligne dans le journal de demain, tu m’entends, petit ? Le journal, c’est fait pour emballer les poissons !, s’exclama le chef pour clore la discussion.

    Au bout du compte, il ne sût pas dire si ces sentences métalliques étaient faites pour lui donner une leçon empreinte de la plus grande sévérité ou bien pour le réconforter. Sous ses dehors d’ours sauvage, Quiniond n’avait peut-être pas renoncé à être un bon maître…

    Car, faut-il le spécifier, Patrice Quiniond n’avait pas toujours été ce personnage distant et intrigant. Tout un pan de lui s’était précisé, tout un pan de lui s’était estompé. Les circonstances l’avaient conduit à accentuer les traits qui lui étaient utiles et qui le faisaient reconnaître, car c’est le propre des personnages publics que de se caricaturer. Ils finissent par faire ce qu’on attend d’eux, par se laisser aller à ce qui leur a permis de se singulariser. Peu à peu, ils se libèrent des inhibitions, des préventions et de la pudeur qui les retiennent. Manière de se protéger, manière d’exister. Manière de se perdre, aussi. Manière d’évacuer la complexité de soi, la finesse, le doute, l’humilité, la fragilité des relations humaines. Manière de météore.

  • [Comment préparez-vous les fêtes ?] À Martigues, des livres à partager en famille

    [Comment préparez-vous les fêtes ?] À Martigues, des livres à partager en famille

    L’avez-vous vu, ce petit bonhomme au chapeau pointu ? Si ce n’est pas le cas, les enfants de l’école maternelle Font Sarade ont en tout cas reçu sa visite ce mardi matin, pour recevoir sous le sapin quelques cadeaux peu anodins.

    C’est en compagnie de Bidule et Craquotte, deux lutins « du département du livre du père noël » comme elles se présentent, que la classe de petite section découvre Hector le Magichien, de Sophie Ledesma. Un chien qui, « abracadatchoum ! », se change en chat ou en paon lorsqu’il éternue. À l’aide de leur kamishibai, ce théâtre illustré de poche japonais, les deux lutins racontent des histoires à partir d’illustrations, comme le Noël des animaux où l’on trouve les rennes des neiges, un chat-pin de noël félin, et des kangourous qui n’ont pas besoin de hotte pour les cadeaux.

    Des thèmes et des histoires qui pourraient prêter à sourire, mais qui revêtent une grande importance pour le développement des enfants, selon l’adjointe à l’éducation (PCF) Annie Kinas, qui tend les livres aux enfants en leur expliquant que « ce cadeau là, c’est le maire qui l’a mis sur la liste, ce sont de jolis livres avec des belles histoires que vous regarderez avec la maîtresse en classe et avec vos parents ».

    Près de 2 300 livres offerts par la Ville aux enfants

    Hector le magichien est l’un des trois livres offerts aux enfants dans toutes les écoles maternelles et établissements d’accueils de jeunes enfants de la ville. Au total, ce sont près de 2 300 livres qui sont offerts aux enfants martégaux, pour un budget de 30 000 euros. « La tradition se poursuit car il n’est pas question d’enlever ce moment de rêve et de bonheur aux enfants », insiste Annie Kinas, qui parle de « permettre l’accès et encourager la lecture en classe et à la maison », comme de « rêver à travers un livre lu en famille ».

    Mais cela va plus loin. « Ça contribue aussi à faire les petits champions de la lecture de demain », complète l’adjointe, ce concours de lecture à voix haute que la Ville a accueilli l’année dernière et dont un élève martégal avait remporté la finale départementale. L’élue pense aussi que « lire dès le plus jeune âge repousse l’utilisation abusive du téléphone et des écrans », mais aussi « suggère l’idée d’aller feuilleter d’autres livres à la médiathèque ».

    Nul doute que les livres et le théâtre kamishibai stimuleront l’imagination des enfants, captivés par les lutins racontant l’histoire du loup voulant manger le petit chaperon rouge et que « le père noël prend par la peau des fesses », pour le gronder.

  • Pour porter un autre regard sur l’Histoire des migrations et ses richesses

    Pour porter un autre regard sur l’Histoire des migrations et ses richesses

    C’est devant le panneau d’expression libre du boulevard Tessé à Toulon que nous retrouvons les militants du Comptoir des idées pour une nouvelle campagne d’affichage. Il s’agit cette fois d’inviter la population toulonnaise à venir s’informer sur les richesses que recèle le terme d’immigration si empreint de fantasmes et de contre-vérités sur lesquels prospèrent les extrêmes droites. Histoire de faire tomber le voile qui cache une réalité à se réapproprier pour déjouer les manipulations idéologiques et se retrouver mieux armé pour mener la bataille des idées. Pour faire vivre le débat et la réflexion l’historien Yvan Gastaut viendra présenter jeudi à l’Hélice* le livre France terre d’immigration (Documents), qu’il a coécrit sous la direction de Nicolas Bancel avec Pascal Blanchard et Naïma Yahi.

    Un ouvrage ambitieux qui donne à voir les multiples échanges mis en place par la France avec les populations issues du monde maghrébo-oriental, et ce du début du VIIIe siècle jusqu’à nos jours. « Avec des relations parfois conflictuelles, parfois fusionnelles, mais jamais rompues, et encore en tout cas beaucoup trop méconnues », explique le président du comité Toulon- La Seyne de la Ligue des droits de l’Homme Roland Biache.

    Treize siècles de rencontres et d’échanges

    L’occasion de porter un autre regard sur les liens ainsi tissés, mais aussi sur les mouvements migratoires qui vont se densifier à partir du XIXe siècle avec le besoin de main d’œuvre engendré par la révolution industrielle et se développer au siècle suivant, notamment en provenance du Maghreb, d’abord d’Algérie puis de Tunisie et du Maroc. Et de montrer tous les apports engendrés génération après génération, que ce soit au niveau politique, sportif, économique, artistique et littéraire.

    « Ce métissage n’est pas le résultat d’une prétendue brusque vague migratoire, mais bien celui de treize siècles d’histoire commune », insiste le militant des droits humains. Dont la colonisation fait également partie. Tout comme l’orientalisme, ce courant artistique qui a tant fait rêver au XIXe siècle. Une soirée au cours de laquelle il sera également question de la place de ces travailleurs immigrés dans la construction de la France.

    L’occasion de mettre en avant le soutien de la CGT qui leur a permis de se battre pour la reconnaissance de leur dignité, après avoir été très longtemps maltraités, sous-traités et sous-payés. Il sera aussi question de tout ces hommes que l’ont a fait venir pour combattre sur le sol européen lors des deux guerres mondiales, et rapatriés dans leur pays d’origine une fois la paix revenue. Comme les tirailleurs sénégalais du fameux camp tyronne, près de Dakar, sur qui le 1er décembre 1944, l’armée française a ouvert le feu alors qu’ils ne faisaient que réclamer le versement de leur solde, rappelle Roland Biache.

    Une perspective historique salutaire dans une actualité où les opinions se racornissent.

    *Ouverture de la salle à 18h

    68 Av. Victor Agostini,
    83000 Toulon.

  • SRU… encore et toujours la loi et rien que la loi à La Seyne

    SRU… encore et toujours la loi et rien que la loi à La Seyne

    « Quitte à nous répéter, ce ne sont pas des pénalités mais une contribution de solidarité », explique le militant logement Jean-Paul Jambon plus qu’agacé par la bronca déclenchée par le droite, lors du dernier conseil municipal au sujet du prélèvement de 1,2 million d’euros pour le non-respect de la loi relative à la Solidarité et au renouvellement urbains (SRU) qui impose à la commune la construction de logements sociaux à hauteur de 25% des résidences principales. Et de poursuivre : « Cette somme est affectée à l’Établissement public foncier (EPF) qui contribue à l’acquisition de foncier pour le compte des communes. »

    L’occasion aussi de rappeler que ce montant peut être réduit, voire annulé, en compensation d’action de financements d’études, aménagements ou travaux engagés par la commune visant à réaliser des logements sociaux. « Un certain nombre de maires après avoir fait partis des plus critiques l’ont bien compris et se trouvent exonérés de ce prélèvement », fait ainsi remarquer Jean-Paul Jambon. Et même s’il reconnaît que l’ex-Cité des chantiers est plutôt « bien pourvue » avec 19% de logements sociaux, grâce au travail des anciennes municipalités de gauche, « ce pourcentage n’a pas bougé depuis plus de 6 ans, voire même diminué depuis 10 ans, ce qui à l’évidence ne démontre pas une extrême bonne volonté à respecter la loi ».

    Encourager le volontarisme

    Pour le militant logement, l’argument du maire visant à suggérer qu’au niveau de la Métropole il serait bien que chacun fasse sa part, n’est pas totalement faux. Sauf qu’a priori, ajoute-t-il, « les chiffres à fin 2025 et malgré le marasme de la construction devraient faire apparaître une tendance très très légère à la hausse pour certaines de ces communes ». Et de préciser : « Monsieur le maire envisage de saisir le préfet ; en son temps Mme Bicais avait fait un recours devant le tribunal administratif et avait été débouté. La loi c’est la loi. » « Enfin bon, on est en campagne électorale », ajoute-t-il, en précisant que le prochain rendez-vous sera celui de l’examen de la situation par les services de l’État, avec « dans le cadre de la loi 3DS, des aménagements non négligeables apportés aux dispositions de l’article 55 de la loi SRU d’origine ».

  • Joseph Minniti confirme être candidat à sa succession à La Seyne-sur-Mer

    Joseph Minniti confirme être candidat à sa succession à La Seyne-sur-Mer

    Son âge lui avait permis, en mai dernier, de prendre la succession de Nathalie Bicais, dont il était le premier adjoint, au terme d’un scrutin fermé au conseil municipal qui n’avait pas pu le départager de l’autre candidat, Jean-Pierre Colin. Et ses 82 printemps ne l’empêcheront pas de proposer sa candidature pour poursuivre son action en mars prochain. Après avoir pourtant annoncé, lors de son élection, qu’il n’irait pas plus loin que ce mandat d’intérim, Joseph « Jo » Minniti a changé d’avis, poussé par les leaders républicains du département – Jean-Louis Masson, président du conseil départemental, et François de Canson, vice-président de la région Sud, en tête -, et par les maires des communes alentour, qui voient en lui l’homme qui a su « apaiser le débat au conseil municipal, où les séances étaient très agitées. On est pourtant dans une période préélectorale, mais le dernier conseil s’est déroulé dans une ambiance constructive », se félicite-t-il.

    Les volte-face de Pontone et Onteniente

    S’il affirme pourtant ne pas être en campagne et se consacrer à l’action municipale, Jo Minniti s’appuie sur 14 membres de la majorité élue en 2020, modelée au fil du mandat puis scindée en deux suite aux déboires de Nathalie Bicais. En son sein, Lydie Onteniente et Ludovic Pontone, qui avaient fait allégeance à Jean-Pierre Colin – lui aussi candidat – en mai dernier. « Ce choix n’était pas contre M. le Maire, nous voulions sortir d’un système qui ne nous convenait plus, sur les plans humain et politique. Ce temps nous a permis de voir un apaisement, de nouvelles façons de travailler, une vraie rupture », justifie Lydie Onteniente, qui avait elle-même brigué l’investiture LR en juillet.

    Les deux conseillers départementaux veulent définitivement tourner la page Bicais : « Les décisions revenaient à la maire. Là, c’est facile de travailler avec un maire qu’on peut avoir en direct. On a des discussions, il n’y a plus cette façon de faire où on était de côté », soutient Ludovic Pontone. Cela implique aussi une rupture avec certains ex-colistiers, aujourd’hui aux côtés de Jean-Pierre Colin, ou faisant cavalier seul comme Cheikh Mansour, investi par Horizons, soutenu par Basma Bouchkara et Stéphane Lancelotta, élus à gauche en 2020 : « En tant que présidente de la commission départementale d’action sociale, et lui chargé de la politique de sécurité de la ville, ça a été très compliqué de travailler avec lui, avec des personnes fermées, pas à l’écoute des Seynois en situation de précarité. Il a une délégation sur le handicap, je ne l’ai jamais vu sortir une résolution. Il ne connaît pas les valeurs que doit avoir un élu », pointe Lydie Onteniente. Voilà qui promet de prochaines semaines animées, avec pas moins de huit listes candidates à la mairie (trois à gauche, quatre à droite, une à l’extrême droite).

  • À Bouc-Bel-Air, Bruno Aubry conduira un projet « transpartisan » pour les municipales

    À Bouc-Bel-Air, Bruno Aubry conduira un projet « transpartisan » pour les municipales

    « Le politique, je l’ai décortiqué dans ce qu’il a de noble et dans ce qu’il a de plus vil (…) puis j’ai été souffleur de mots en étant dans la relation presse. Il ne me restait plus qu’un troisième rôle dans ce scénario, c’est d’être acteur », résume Bruno Aubry. Longtemps journaliste, enseignant, passé par les relations presse, ce soixantenaire qui a longtemps été « observateur du spectacle » politique décide d’être l’un des personnages de la pièce en se déclarant candidat pour les élections municipales, à la tête de Vivre Mieux, liste écocitoyenne et transpartisane. Mais sa carte de presse garde pour autant un atout : « Pour être journaliste, y compris pour avoir une carte de presse on me demande un casier judiciaire vierge », glisse Aubry. Parmi les 33 colistiers du groupe, huit sont encartés et « représentent cinq partis différents » et compte parmi sa composition les conseillers municipaux d’opposition Geneviève Martin et Saïd Achache, membres du groupe Pour que vive Bouc-Bel-Air. Mais qu’importe la palette de partis, estime le candidat, tant que l’engagement reste. Seules les extrêmes, droite notamment, ne sont pas bienvenues. « On s’est dit transpartisans : c’est un intérêt communal et un projet écocitoyen », précise Bruno Aubry, seul candidat à n’avoir jamais siégé au conseil municipal. A contrario d’Hervé Plisson (Printemps Boucain), Mathieu Piétri, maire sortant (SE) élu en juin après la démission de Richard Mallié (LR) et Mathieu Morateur (Bouc-Bel-Air à de l’Avenir) adjoint de la majorité en 2014.

    Raison pour laquelle le candidat a été l’un des premiers à lancer sa campagne et commencer au plus tôt le travail dans un local de la Gratiane, sur le centre commercial éponyme, qui sera inauguré ce samedi.

    Parmi les projets prioritaires : le retour des agriculteurs dans la commune, la réorganisation des transports et de la mobilité douce, la revitalisation du centre-ville, la valorisation du château, la maîtrise de l’urbanisme, la mise en circuit d’une caisse sociale d’alimentation… Autant de projets qui devront être pensés avec les notions de « transversalité et transition » en caisse de fond. « Les enjeux qui travaillent la commune sont beaucoup plus importants que celle d’une ville de 15 000 habitants. Sa situation géographique au cœur de la Métropole lui donne des responsabilités et des atouts », résume le candidat qui estime qu’« il nous appartient d’ouvrir un nouveau cycle. Mallié est dans le paysage politique depuis 1983. C’est cette page-là qu’on tourne ».