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  • Rembrandt et ses héritiers picturaux à Draguignan

    Rembrandt et ses héritiers picturaux à Draguignan

    Depuis des siècles, Rembrandt (1606-1669) a fait l’objet de nombreuses expositions. Celle qui prend ses quartiers au Musée des Beaux-Arts de Draguignan se démarque dans le sens où elle interroge la façon dont ses productions ont été perçues « au XVIIIe siècle en France, où ses œuvres influencent profondément artistes et collectionneurs ». À l’origine de ce parcours, intitulé Le phare Rembrandt, le mythe d’un peintre au siècle de Fragonard, et visible jusqu’au 15 mars, deux tableaux au sein des collections du Musée, « considérés pendant des siècles comme des peintures de Rembrandt », rembobine Yohan Rimaud, conservateur en chef des lieux. Mais « on s’est rendu compte que ces tableaux étaient des pastiches peints après la mort de l’artiste. Pas un phénomène rare, mais cela témoigne de l’importance du goût pour Rembrandt. Il peignait quasi exclusivement pour le marché hollandais et ce n’est qu’après sa mort que ses œuvres ont commencé à être exportées, surtout en France, car Paris est devenue au XVIIIe siècle la capitale européenne du marché de l’art », situe-t-il à propos de cette exposition qui « se concentre sur la perception de Rembrandt après sa mort, plutôt que de l’artiste de son vivant ».

    Inspirations, imitations

    Parmi la soixantaine d’œuvres exposées, certaines de Fragonard, Chardin et Rigaud qui ont été inspirés par le coup de pinceau majeur du peintre hollandais. Ou encore de ses imitateurs les plus zélés, « comme Grimou, qualifié de Rembrandt de la France au XVIIIe siècle car il regardait un tableau de Rembrandt et le transcrivait dans le langage de son époque. Grimou nous apparaît comme un satellite de Rembrandt, toute sa carrière a été une appropriation totale. Il a fait preuve d’une grande finesse et intelligence et a très bien compris le travail de Rembrandt », explique encore Yohan Rimaud.

  • Rembrandt et ses héritiers picturaux à Draguignan

    Rembrandt et ses héritiers picturaux à Draguignan

    Depuis des siècles, Rembrandt (1606-1669) a fait l’objet de nombreuses expositions. Celle qui prend ses quartiers au Musée des Beaux-Arts de Draguignan se démarque dans le sens où elle interroge la façon dont ses productions ont été perçues « au XVIIIe siècle en France, où ses œuvres influencent profondément artistes et collectionneurs ». À l’origine de ce parcours, intitulé Le phare Rembrandt, le mythe d’un peintre au siècle de Fragonard, et visible jusqu’au 15 mars, deux tableaux au sein des collections du Musée, « considérés pendant des siècles comme des peintures de Rembrandt », rembobine Yohan Rimaud, conservateur en chef des lieux. Mais « on s’est rendu compte que ces tableaux étaient des pastiches peints après la mort de l’artiste. Pas un phénomène rare, mais cela témoigne de l’importance du goût pour Rembrandt. Il peignait quasi exclusivement pour le marché hollandais et ce n’est qu’après sa mort que ses œuvres ont commencé à être exportées, surtout en France, car Paris est devenue au XVIIIe siècle la capitale européenne du marché de l’art », situe-t-il à propos de cette exposition qui « se concentre sur la perception de Rembrandt après sa mort, plutôt que de l’artiste de son vivant ».

    Inspirations, imitations

    Parmi la soixantaine d’œuvres exposées, certaines de Fragonard, Chardin et Rigaud qui ont été inspirés par le coup de pinceau majeur du peintre hollandais. Ou encore de ses imitateurs les plus zélés, « comme Grimou, qualifié de Rembrandt de la France au XVIIIe siècle car il regardait un tableau de Rembrandt et le transcrivait dans le langage de son époque. Grimou nous apparaît comme un satellite de Rembrandt, toute sa carrière a été une appropriation totale. Il a fait preuve d’une grande finesse et intelligence et a très bien compris le travail de Rembrandt », explique encore Yohan Rimaud.

  • Un service public réinventé luttant contre l’isolement

    Un service public réinventé luttant contre l’isolement

    À notre dernier atelier, quelqu’un se demandait comment rêver Martigues. » Nathalie Lefebvre a trouvé le mot pour lancer les échanges à l’occasion de l’atelier participatif de construction du programme de Gaby Charroux pour le futur mandat. La question de comment adapter la réponse à l’évolution de la société se pose.

    Parmi ces évolutions, la réponse à l’isolement, à la solitude, et aux aspirations de la jeunesse. Francis Fournier, du comité de vigilance postale, veut « animer nos cités pour qu’elles ne tombent pas dans l’irréparable ». « On s’est battu pour que Notre-Dame des Marins ait accès au même service public postal que tout le monde. Mais il faut aller plus loin, quand les centres sociaux sont fermés au mois d’août alors que c’est le moment où les jeunes en ont le plus besoin », affirme l’ancien postier. Une participante complète : « Il faut réfléchir au mode de concertation des jeunes. Par exemple avec un conseil municipal des jeunes, représenté par tous les quartiers, pour savoir quels sont leurs besoins et ce qu’ils pensent de leur ville » d’une manière complémentaire à l’action du service Jeunesse de la Ville et de son dispositif Parole de jeunes. « Ça permet d’impliquer les jeunes dès leur plus jeune âge. Chaque école devrait participer à ces élections », renchérit Laetitia Sabatier, élue PCF à la petite enfance.

    Un défi sociétal

    Au problème de solitude et d’isolement, Alain Granelli répond « convivialité et lien social ». « Des gens ne peuvent pas se déplacer, il faut réfléchir à comment le service public peut aller vers eux et pas par internet », relance l’enseignant retraité. « C’est un défi ! », souligne Laetitia Sabatier. Anne Jouve a une ébauche d’idée : « L’idée de tiers lieux se développe, un espace duquel les usagers peuvent faire ce qu’ils veulent, sortis du travail. » Et qui n’est pas un bar, comme le relève Gauthier Grégoire : « Il en faut aussi pour les familles et les femmes, car dans les bars, il n’y a que des hommes. »

    Une participante abonde : « En oncologie on développe les soins supports pour les malades, ça se fait notamment dans les centres sociaux. » Nathalie Lefebvre admet qu’« on passe un virage dans notre conception du service public, qui est déjà la singularité de Martigues. Il faut aller chercher les gens pour leur en faire profiter et éviter le repli sur soi ». Un enjeu sociétal.

  • La laïcité comme vecteur de vivre-ensemble au collège

    La laïcité comme vecteur de vivre-ensemble au collège

    Une vraie ruche. Le hall du collège Coutarel d’Istres était rempli d’élèves de toutes les classes jeudi après-midi à l’occasion de la journée de la laïcité organisée par l’établissement. Dès l’entrée, l’exposition du Département sur le sujet se présente avec explications. « Avant l’Église intervenait dans les affaires de l’État », présente un professeur à ses élèves. « Il y a une loi pour séparer l’Église et l’État en 1905. Une loi est une obligation, sinon punition. Mais la laïcité n’est pas une loi, c’est un principe moral qui doit être respecté par tout le monde », nuance-t-il.

    Outre ce principe, on y parle aussi de harcèlement, de culture provençale comme japonaise, de religion aussi. On peut aussi manger un bout de saucisson à la table corse. À cette table, quatre élèves s’activent à distribuer verres d’eau et tranches de lonzo. Mais ce n’est pas seulement de gourmandise dont il s’agit.

    « Ce moment sert surtout à réunir tout le monde, peu importe son origine ou sa religion, pour s’amuser » avance Nikki Jezewski, élève de 3e. « Ça nous oblige à être en groupe, ensemble, à discuter », complète sa sœur Luan. Loredana Rodrigues, amie des deux précédentes, fait remarquer que « certains peuvent envoyer de la haine. Mais nous, on essaie de sympathiser quand même ». Est-ce que c’est ça le vivre-ensemble ? « oui c’est ça en fait », répond directement la jeune fille, « les gens ont leur histoire et la laïcité c’est pas être ami avec tout le monde, c’est respecter les autres et pas les juger ».

    « Réunir les gens »

    Leur réflexion sur la laïcité ne s’arrête pas là. « Ça permet aussi de réunir les gens pour vivre sans problème car il n’y a que ça dans le monde », reprend Nikki Jezewski. « Et sans TikTok » lance Loredana Rodrigues, « y’a des gens ça leur monte à la tête et ils deviennent violents ou harceleurs », estime-t-elle. Luan Jezewski nuance : « Les réseaux peuvent aider certains à s’ouvrir, mais d’autres c’est le contraire et sortent ce qu’il y a de moche en eux.»

    À entendre ces paroles, la principale Isabelle Décoret se dit « touchée que ces élèves dans notre établissement dit violent prouvent qu’il y a des valeurs auxquelles elles croient ». « Cet enseignement quotidien fait partie de leur parcours de futurs citoyens », estime la principale. Son adjointe Nathalie Reiniche parle d’en faire « une expérience tactile, et non un cours frontal ». « La laïcité est souvent abîmée car mal comprise. Avec cette expérience, ils peuvent se l’approprier, et ce dès la sixième », conclut-elle.

    Un travail nécessaire selon Carine Benarous, du stand du centre culturel Edmond-Fleg, présente pour expliquer la fête juive de Hanouka. « Il y a de l’incompréhension et une recrudescence de l’antisémitisme. Mais les enfants sont des éponges, il faut leur en parler », estime l’intervenante, « la laïcité nous permettant d’être ce qu’on est ».

    Et de vivre, échanger, partager ensemble.

  • L’entrepôt solidaire fête sa première année d’activité

    L’entrepôt solidaire fête sa première année d’activité

    Devant l’entrepôt solidaire, les camions vont et viennent sans arrêt ce mercredi matin. Un an après son ouverture officielle en décembre dernier, les associations semblent avoir pris leurs marques entre les racks de la plateforme.

    Ce site de 5 000 m², financé par la fondation CMA CGM est situé au pied de la tour de l’armateur. Il permet d’offrir aux Restos du cœur, la Croix rouge, le Secours populaire, le Secours catholique et Andes un large espace de stockage. « On voulait également leur apporter notre expertise en logistique », explique Marion Dupuy, responsable de la fondation. Un logisticien est en effet, employé à plein temps par l’entreprise afin d’aider les associations à améliorer leur organisation.

    « Tout a changé depuis qu’on est ici, explique Laurent Pappola, directeur de l’action sociale de la Croix rouge Marseille. On est passé de l’amateurisme au professionnalisme. » Depuis un an, le siège de l’association ainsi que tous les dons alimentaires et le matériel de maraude a été regroupé au sein du site. « Avant nos lieux de stockage étaient éclatés sur tout Marseille. Maintenant tout est centralisé ici, ça nous permet d’être plus efficaces. »

    Même constat du côté du Secours populaire. Pour Ange Martinez-Morales, bénévole depuis 2015, « c’est plus facile depuis qu’on est là. Parce que notre ancien entrepôt était plus petit, et pour charger ce n’était pas pratique, raconte-t-il. Et puis on communique avec les autres associations, donc c’est déjà arrivé qu’on se redistribue des dons », explique-t-il.

    La fondation a par ailleurs annoncé son ambition de recréer quatre autres entrepôts solidaires en France. Pour, le moment les lieux pressentis seraient Lyon, la région Nord, Mayotte et la Guadeloupe.

  • Les premiers soutiens de Nora Preziosi et Erwan Davoux

    Les premiers soutiens de Nora Preziosi et Erwan Davoux

    À Marseille, ce sont toujours les mêmes au pouvoir qui décident de tout. » Dans le nouveau QG de campagne de Marseille pour tous sur la rue Colbert, Nora Preziosi, ex-présidente déchue de 13 Habitat, exige du changement dans le champ politique marseillais, dont elle a fait partie depuis de nombreuses années. Ce jeudi, elle présentait avec Erwan Davoux, tête de liste de son nouveau mouvement et ancien directeur des affaires internationales au Département des Bouches-du-Rhône, leur équipe de campagne. Une façon pour les deux candidats de se présenter comme liste dite « citoyenne ».

    Ils étaient donc huit soutiens ce jeudi à affirmer leur engagement dans ce nouveau mouvement en lice pour les municipales de 2026.

    Parmi eux, une mère au foyer, un médecin, une avocate, un conseiller à France travail, un contrôleur SNCF ou encore un commissaire de justice, mais également deux anciennes élues au conseil municipal. Elisabeth Saïd, pressentie pour la liste des 2-3, a été la première femme noire au conseil municipal en 2008, élue avec le PS mais qui a rejoint l’UMP en 2013. Isabelle Laurent a quant à elle été élue au conseil municipal de 2014 à 2020 sur une liste Les Républicains et était colistière en 2020 avec Bruno Gilles du parti d’Horizons.

    Une liste qui se revendique pourtant « sans étiquette », insiste Nora Preziosi. Et d’ajouter : « Nous ne sommes ni de gauche, ni de droite, nous acceptons tout le monde sauf les extrêmes », désignant l’extrême droite et la France insoumise. Un propos plus nuancé pour Akim Mimoun, soutien du mouvement et ancien militant avec Pape Diouf, qui affirme que les « seuls ennemis sont l’extrême droite ». Pour cette nouvelle équipe de campagne l’objectif est de « rassembler tous les Marseillais peu importe leurs origines et leur couleur politique ».

    « On souhaite que chaque Marseillais amène une idée, et que l’on coconstruise notre programme », affirme Erwan Davoux. Un programme a coconstruire mais où la sécurité a toutefois été désignée comme le sujet prioritaire par l’ancien directeur des relations internationales du Département, aujourd’hui en guerre ouverte avec Martine Vassal. Il évoque par ailleurs la volonté de laisser 10, 12% de place sur les listes pour des Marseillais qui répondraient à un appel à candidature, sans préciser la place qu’ils auraient dans les listes.

    Erwan Davoux semble d’ailleurs être pressenti pour mener la liste de la mairie centrale. Dans les secteurs, seules deux têtes de liste ont été annoncées pour le moment : Saïd Ouichou, médecin dans les quartiers Nord pour les 15-16 et Nora Preziosi dans les 13-14.

  • En dépit du bon sens

    En dépit du bon sens

    Les éleveurs et exportateurs de viande bovine ne veulent pas entendre parler de vaccination contre la dermatose nodulaire, car celle-ci ferait perdre à la France son statut de pays « indemne », rendant lesdites exportations plus difficiles voire impossibles. L’abattage de la centaine de têtes de la ferme ariégeoise tient pour eux d’un dommage collatéral. Les professionnels du monde agricole sont sur une ligne diamétralement opposée. De la Confédération paysanne à la Coordination rurale en passant par les militants de la FNSEA – à contre-courant de leur direction – ces syndicalistes mettent la pression sur le gouvernement pour étendre et accélérer la vaccination et sauver les petites exploitations qui peuvent l’être. Ils s’inscrivent dans la réalité quotidienne du travail.

    Les citoyens méritent mieux

    À la menace de l’épizootie s’en ajoute une autre à plus ou moins long terme : la signature de l’accord de libre-échange avec les pays d’Amérique du Sud du Mercosur. Une concurrence jugée déloyale. Une grande porte ouverte à des produits à bas coût qui plongeraient un peu plus dans le marasme des centaines de petits élevages, incapables de rivaliser. Les grandes firmes agro-industrielles, en revanche seraient toujours en capacité de tirer leur épingle de ce jeu aussi libéral que mortifère. Où seuls les bénéfices à grande échelle ont droit de cité. Notre agriculture, nos élevages et les citoyens français et européens méritent mieux que d’être bradé sur l’autel du capitalisme soutenu, encore aujourd’hui, à bout de bras par l’Union européenne. Envers et contre tous et en dépit du bon sens.

  • La CGT du Var mobilisée pour les travailleurs migrants

    La CGT du Var mobilisée pour les travailleurs migrants

    Le 23 janvier, alors ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau établissait une circulaire sur les orientations générales relatives à l’admission exceptionnelle au séjour prévue par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda). Une manœuvre ayant pour but de réduire de 30% (de 30 à 20 000) les titres de séjour accordés, et de « discipliner le corps préfectoral », dénonce la CGT. Cela, en conditionnant drastiquement les conditions d’obtention de titres de séjour (7 ans de présence sur le territoire contre 5 auparavant [hors régularisations par le travail, qui restent à 3 ans], maîtrise de la langue…).

    Une orientation qui ne modifie pas la loi, ni les dispositions prévues par le Ceseda : chacun peut demander une CST (Carte séjour temporaire en salarié, ou travailleur temporaire) ou VPF (Vie privée vie familiale), pour des considérations humanitaires, pour les personnes confiées à l’Aide sociale à l’enfance ou à un tiers de confiance entre 16 et 18 ans suivant depuis six mois une formation professionnelle. L’article L-435 traite quant à lui des métiers en tension. C’est sur celui-ci qu’incite à se baser la circulaire Retailleau, alors que la liste « n’est pas finalisée et ne contiendra que très peu de métiers exercés par les travailleurs migrants car occupés et donc pas en tension », pointe la CGT.

    Les OQTF « assimilés

    à des terroristes »

    Une circulaire que dénonce l’UD CGT 83, mobilisée jeudi devant la préfecture dans le cadre de la Journée internationale sur la protection des droits des migrants. « Ces gens fuient la guerre, travaillent, et sont mis en situation de grande précarité. On veut des titres de séjour pour les travailleurs sans-papiers, un accès rapide pour les renouveler et la continuité des droits sociaux », exige Richard Roméo-Giberti, secrétaire général UD CGT 83.

    « La circulaire ralentissant la délivrance, des travailleurs sont licenciés faute de titres de séjour renouvelés à temps. L’objectif est de faire pression sur la préfecture. Les demandes de renouvellement sont réalisées quatre mois en avance, cela laisse largement le temps de les traiter », soutient Patrice Moulun, secrétaire générale de l’UL CGT Toulon. « Des corps entiers dépendent des travailleurs immigrés, comme la propreté, où 85% des salariés ne sont pas nés en France, la restauration, le bâtiment… C’est hypocrite car on les accepte pour travailler, tout en leur mettant une pression inhumaine. Certains sont même victimes de traite d’êtres humains, sans contrat ni salaire » dénonce Sébastien Bois, secrétaire du syndicat de la propreté du Var.

    Derrière tout cela est pointée la réalité de la majorité des OQTF, « souvent assimilés à des terroristes alors qu’ils ne sont pas des criminels, mais subissent la lenteur administrative. D’où leurs difficultés à aller aux prud’hommes, et les hésitations à faire valoir leurs droits, qui ne disparaissent pourtant pas avec l’OQTF », dénoncent de concert les trois syndicalistes. Ces deniers ont demandé une audience « sur les problèmes concrets, au cas par cas » au préfet, avec qui ils travaillent « depuis quelques semaines pour prendre en compte la réalité locale », et espèrent pouvoir mobiliser, par la grève, « afin de faire bouger les choses, comme ça a été le cas en Île-de-France ».

  • Les salariés d’Arkema reconduisent la grève

    Les salariés d’Arkema reconduisent la grève

    Sur le site marseillais du chimiste Arkema, la CGT et les salariés haussent le ton. Réunis en assemblée générale ce jeudi, l’immense majorité des plusieurs dizaines de travailleurs du 11e arrondissement présents, ont voté en faveur de la reconduction du mouvement de grève jusqu’au mardi 23 décembre.

    « Si on en est là, c’est du fait de la direction générale. Notre porte n’a jamais été fermée : ce qu’on demande depuis le début, c’est justement qu’on se mette autour d’une table et qu’on discute », tempête Rémi Thuaire, délégué syndical du site, devant des salariés remontés. Pour rappel, la CGT se mobilise suite à des négociations annuelles obligatoires (NAO) jugées « méprisantes » (lire notre article du 16/12). « On est sur 1,2% de hausse de salaire, un talon [augmentation plancher, Ndlr] à 35 euros, le plus bas depuis 2002, pas d’enveloppe pour les entretiens individuels, pas d’intéressement au niveau groupe », dénonce le syndicaliste.

    Un CSE extraordinaire « tendu »

    Mais une nouvelle vient percuter de plein fouet la mobilisation : un comité social et économique (CSE) extraordinaire se tient dans l’après-midi. La CGT craint alors que la direction annonce une mise au chômage technique d’une partie des salariés. « La seule réponse que nous fait la direction, c’est cette menace du chômage technique », s’indigne Rémi Thuaire. Stéphane Fornerone, élu CGT du site, va plus loin : « Au bout de quelques jours de grève, ils proposent de tous nous mettre au chômage pendant les fêtes ! Il y en a ras le bol d’avoir ces menaces : à chaque site qui s’arrête, ils nous parlent d’arrêt technique. À un moment donné, il faut dire stop. » En clair, cette menace ne passe pas chez les petites mains du chimiste. D’autant que les syndicalistes de plusieurs autres sites d’Arkema en France, qui s’expriment en direct sur le piquet de grève marseillais via une visioconférence, expliquent qu’ils suivent également le mouvement. Et certains sont aussi concernés par cette potentielle mise à l’arrêt technique, avec des CSE extraordinaires dans le même timing. « Cette menace de chômage technique, c’est pour casser le mouvement, c’est une entrave au droit de grève. Normalement, c’est mis en place après une longue période d’inactivité, dans des situations très contraignantes. Ce n’est pas le cas sur notre usine ! », dénonce Sébastien Jonas, secrétaire du syndicat CGT du site.

    Preuve des tensions entre direction et salariés, le CSE extraordinaire a duré de longues heures et la CGT évoque des échanges « tendus ». « L’information-consultation sur la mise en chômage technique est restée au stade de l’information : le CSE n’a pas pu se conclure et nous n’avons pas pu donner notre avis », explique Rémi Thuaire, à la sortie de la réunion. Concrètement : « Il y a eu un arrêt du CSE sans annonce claire sur sa mise en place » mais la CGT s’attend à ce que la nouvelle tombe sous peu. « On n’a pas donné de réponse franche au CSE », reconnaît Philippe Gomez, directeur du site marseillais. Avant de préciser : « On a refait un point avec la direction générale et elle souhaite toujours sa mise en place. » La justification serait « l’absence de production » sur certains sites, du fait de la grève.

    « Le chômage technique est une entrave au mouvement »

  • « Nos filières sont mises à mal »

    « Nos filières sont mises à mal »

    La Marseillaise : Le vote sur l’accord UE-Mercosur semble aller vers un report. Vous visez l’abandon ?

    Nina Lejeune : On pense encore que c’est possible, c’est pour ça qu’on continue de se mobiliser. On était mercredi à l’aéroport fret de Liège avec d’autres syndicats, notamment belges et allemands. Les intérêts défendus par la FNSEA à Bruxelles sont différents des nôtres. Ils parlent par exemple de la taxe sur les engrais de synthèse, ils sont pro dérégulation sur les OGM et promeuvent les pesticides. Des choses sur lesquelles on n’est pas du tout en accord. On ne demande pas à ce que, par exemple, en France ou en Europe, on puisse, si cet accord de libre-échange se met en place, utiliser les mêmes produits chimiques que dans les pays du Mercosur. On se bat pour que, sur le territoire national, rien ne puisse entrer en dessous de nos coûts de production. C’est à la fois pour protéger nos paysans et paysannes mais aussi pour provoquer un effet boule de neige afin de potentiellement élever les normes sociales et environnementales dans les pays avec lesquels on commerce. Pour nous, les agricultures ne doivent pas se faire concurrence ni à l’intérieur d’un territoire, ni entre territoires, et notamment avec les pays du Mercosur.

    Emmanuel Macron dit « le compte n’y est pas ». L’exécutif reste ambigu ?

    N.L. : Comme dans tous les accords de libre-échange nous sommes les variables d’ajustement. On sacrifie l’agriculture et l’alimentation pour pouvoir vendre des voitures allemandes. Ce qui nous inquiète c’est que les dirigeants de la FNSEA et le gouvernement rejettent une signature de l’accord « en l’état ». On considère qu’elle n’est pas acceptable tout court. Les potentielles clauses miroirs ou clauses de sauvegarde mises en avant sont complètement insuffisantes. Cet accord avec le Mercosur vient encore plus mettre à mal nos filières et tirer vers le bas toutes les normes françaises qui sont protectrices à la fois des citoyens et des paysans.

    Quel peut être son impact en Paca ?

    N.L. : Les principales filières concernées sont l’apiculture, la volaille et le bovin. On risque de voir arriver sur le territoire national des produits qui seront bien en dessous de nos coûts de production. On ne pourra pas rivaliser avec des salaires qui sont à moins d’un euro de l’heure dans les pays du Mercosur. Si l’impact n’est pas direct, il sera au moins indirect, notamment sur le prix des produits. Des patrons de la grande distribution disent qu’ils n’accepteront pas les produits venant de ces pays mais ça ne peut pas être un gage pour nous. L’arrivée de miel des pays du Mercosur viendra fragiliser la filière apicole en Paca. Les premiers menacés ce sont toujours les paysans et les paysannes, qui seront également impactés dans les pays du Mercosur ! Si d’un coup, il y a une porte ouverte pour de l’exportation, notamment de bovins, la déforestation risque d’augmenter dans ces pays-là. Cela viendra aussi saboter des fermes familiales et donc industrialiser une agriculture de l’autre côté du monde.

    Vous rencontrez le Premier ministre à midi, qu’allez-vous lui dire ?

    N.L. : La dermatose nodulaire s’est étendue mais ça fait quand même plus de six mois que le premier cas a été détecté en Savoie. On proposait une stratégie complètement différente, qui reposait sur une étude de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments). Celle-ci démontre qu’à partir du moment où une couverture vaccinale est atteinte, l’abattage partiel est tout aussi efficace pour enrayer la maladie. On demande une vaccination préventive depuis six mois. Là, on nous parle de commande de vaccins, mais à un moment où la maladie s’est déjà propagée. C’est bien trop tard… Malgré ça, on continue de demander une politique plus préventive en matière de crise sanitaire, parce que ce n’est ni la première ni la dernière qu’on risque de voir apparaître. Notre objectif, c’est la fin de l’abattage total pour la dermatose nodulaire contagieuse et une vaccination massive, on ne lâchera pas. La liberté vaccinale, c’est aussi le droit de pouvoir vacciner, pas seulement le droit de ne pas pouvoir le faire.

    La dermatose n’est pas l’unique problématique du monde agricole aujourd’hui, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. On voit bien à quel point les paysans et les paysannes sont parfois un peu méprisés. Notre responsabilité, c’est le soin de nos animaux, c’est le fait de fournir une alimentation de qualité. On est les premiers concernés pour mettre en place des mesures sur nos fermes qui vont dans le sens de la sécurité sanitaire.

    Les actions à venir Avignon.

    La FDSEA Vaucluse appelle à la mobilisation en tracteur au départ de Bonpas et du péage d’Avignon Nord 6h30 ce vendredi. Les deux cortèges devraient ensuite converger vers la préfecture.

    Aubagne. La Confédération paysanne 13 donne rendez-vous samedi à 13h devant le supermarché Auchan des Paluds pour manifester contre la gestion de la dermatose nodulaire.

    La FDSEA Vaucluse à Bruxelles

    Une délégation de la FDSEA Vaucluse a pris part aux manifestations contre le Mercosur ce jeudi à Bruxelles, aux côtés de milliers d’agriculteurs. « Le Vaucluse, du fait de ses productions végétales majoritaires, est concerné par l’ensemble des accords signés (Mercosur, accords franco-marocains, …) et par le mécanisme MACF qui a pour conséquence de doubler le prix des engrais dans un flou total des règles applicables », fait savoir le syndicat agricole dans un communiqué offensif.