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  • À Manosque, les lycéens demandent des moyens et regrettent les violences

    À Manosque, les lycéens demandent des moyens et regrettent les violences

    « Financez l’école, pas l’armée », « on voit + nos profs que nos parents », « désolé du dérangement, on essaye de sauver notre avenir », « un lycée en ruine et des profs sous payés, mais pour eux le problème c’est le voile »… Plus de 400 lycéens se sont rassemblés devant les lycées de Manosque, munis de pancartes, jeudi matin.

    « Nos emplois du temps sont trop chargés, il n’y a pas de clim dans les classes, il fait trop chaud, on ne peut pas travailler », déplore Eden, en classe de seconde au lycée Esclangon. « Les classes sont en ruines, les profs sont sous-payés. Déjà, en troisième, il y avait un manque de moyens dans notre établissement au collège de Forcalquier. Dès qu’il pleuvait, un escalier entier était condamné », ajoute Lucie, sa camarade.

    « On est trop nombreux par classe, on a très froid l’hiver et très chaud l’été », regrette Zoé, 17 ans, élève au lycée Esclangon. Si plusieurs lycéens faisaient brûler des poubelles, des meubles, des sommiers et lançaient des projectiles, des bouteilles en verre et des explosifs en direction des policiers et de leurs camarades, la plupart d’entre eux condamnaient ces actes et regrettaient l’image que cela donne de leur mobilisation. « On va pas nous prendre au sérieux si on fait tout brûler et exploser des choses, c’est énervant ! », lance Laura, 17 ans, lycéenne à Esclangon. « C’est violent, ça décrédibilise la cause, c’est dommage », abonde Meryl, elle aussi élève de 17 ans à Esclangon. Un manifestant a été blessé à l’œil par le tesson d’une bouteille de gaz lancée dans un feu et a été évacué par les pompiers. Une journaliste de BFM DICI a été prise à partie, menacée, agressée et exfiltrée par les forces de l’ordre. Un artifice lancé dans la mairie a cassé une vitre et enflammé la moquette.

    « Un mouvement qui fait suite à l’austérité »

    « Comme nous, les enseignants, ils souffrent du manque de moyens chronique. On comprend ce mouvement qui fait suite à des années de politique d’austérité dans l’éducation », regrette éric Gauthier du Snes FSU, présent en début de matinée pour assurer la sécurité des lycéens.

    D’autres lycéens des Iscles, comme Assia, dénonçaient « la pression de Parcoursup ». « Il y a beaucoup de suppressions de postes, c’est ingérable pour les profs. Ceux qui arrivent en retard n’ont même pas de table ou de chaise où s’asseoir. On doit faire cours dans le couloir tellement il fait chaud », a déploré Léon, 15 ans, lycéen à Esclangon.

    Sept lycéens ont été placés en garde à vue et trois ont été interpellés et seront convoqués ultérieurement.

    Jeudi soir, la préfète, Isabelle Tomatis, a dénoncé « des exactions » et une « radicalisation du mouvement ». Elle a regretté « le mouvement d’aller vers les forces de l’ordre, qui étaient en retrait, pour jeter des mortiers, des aérosols dans les flammes pour provoquer des explosions et des boules de feu ».

    Au total, 950 lycéens étaient mobilisés sur le département jeudi : 800 à Manosque et Digne, et 150 à Barcelonnette.

    Lisa Défossez

    Des blocus annoncés à Gap

    Aucun lycée de Gap n’était bloqué ce jeudi, mais des appels au blocus sont relayés sur les réseaux sociaux.

    Un blocus au lycée professionnel Sévigné est annoncé ce vendredi 2 octobre. Un autre est prévu le jeudi 8 octobre au lycée Dominique-Villars. Un appel à étendre la mobilisation aux autres établissements a été lancé, même s’il est peu relayé : « Parcoursup, le 8h-18h, notre santé mentale ou une volonté de rébellion : rejoignez-nous. »

    Agathe Di Lenardo

    400 lycéens mobilisés à Digne

    400 lycéens des établissements Beau de Rochas et Alexandra David-Néel se sont mobilisés à Digne, jeudi. Un incendie a été allumé entre les deux lycées et des tirs de projectiles ont visé des policiers. Quatre interpellations ont eu lieu dans la ville préfecture.

    L.D.

    RÉACTIONS

    Fédération PCF des Hautes-Alpes

    « Face à cette mobilisation, le gouvernement choisit une nouvelle fois la répression plutôt que de répondre aux revendications. La jeunesse doit être entendue, pas réprimée. »

    Bertrand Perrin, secrétaire départemental du PCF 04

    « Ce mouvement appartient aux lycéens. Il ne doit devenir ni le marchepied d’une récupération au service d’un agenda politique, ni l’épouvantail agité par d’autres pour instrumentaliser les peurs et transformer quelques incidents en procès de toute une génération. »

    Camille Galtier, maire (DVD) de Manosque

    « Bloquer les lycées, dégrader le mobilier urbain, enflammer les espaces publics : c’est de la bêtise, voire de l’inconscience. Des interpellations ont eu lieu et les identifications sont en cours : ces actes ne resteront pas impunis. »

  • IA et cancérologie : un mariage au cœur du débat

    IA et cancérologie : un mariage au cœur du débat

    « On ne peut pas avancer sur des sujets aussi complexes d’innovation sans mutualiser » défendait le professeur Norbert Vey, directeur général de l’Institut Paoli-Calmettes (IPC), en ouverture de la matinée de débat autour de l’intelligence artificielle (IA) dans la prise en charge des cancers. Ce nouveau rendez-vous, issu de la série de débats publics engagée depuis des années à l’IPC a rassemblé chercheurs, patients, professionnels de santé et curieux dans la salle de conférences de l’institut médical.

    L’objectif de cette matinée n’était pas d’être « pour ou contre » l’IA, dont l’ère a déjà débuté, mais d’en explorer collectivement les bénéfices, les risques et les perspectives d’amélioration. « On vise une prise de conscience sur des sujets qui collent à la réalité, qui puisse porter au-delà du cercle des professionnels » expose Elizabeth Belarbi, chargée des relations presse de l’institut.

    Un gain de temps et

    de performance encadré

    L’IA prend déjà place en cancérologie pour épauler les soignants. « C’est notre copilote » s’amuse Nicolo Mezzina, gastro-entérologue à l’IPC. Au quotidien, l’IA l’aide lors de dépistages du cancer du côlon, en identifiant les zones qui présentent des excroissances et des lésions de quelques millimètres seulement. « C’est une deuxième paire d’yeux pour ne rien louper mais le mot final nous revient », assure-t-il.

    De même du côté de l’imagerie médicale, où les scanners thoraciques s’affichent désormais en couleur grâce à l’intervention de l’IA qui détecte et colorise les nodules à vérifier. « C’est un vrai gain de temps » constate Gilles Piana, responsable de l’Unité de radiologie Interventionnelle. Mais de préciser : « l’utilisation d’IA seule induit une validation de tous les faux positifs : aux mains de radiologues peu expérimentés, elle ne les rend pas meilleurs ».

    La nécessité de garder

    un contact humain

    Un gain de temps vital salué unanimement par les soignants, mais que les patients espèrent dédié à l’amélioration de leur prise en charge. « Est-ce que le temps libéré par l’IA ne va pas pousser à plus de consultations ? », interroge Jacques, membre du comité des patients et des aidants de l’IPC. Il est rejoint par Sofia, inquiète à propos de la perte d’humanisation qu’elle trouve si importante dans son propre parcours de soins. Elle aime parler d’IH pour « intelligence humaine » et s’attache à dire que « l’excellence du soin se caractérise par l’accompagnement, le contact, et rien ne pourra le remplacer ».

    Chez les professionnels de santé, les avis divergent à propos des bénéfices de l’utilisation de l’IA générative par les patients. Infirmière de pratique avancée, Séverine Boulant observe de l’anxiété chez les patients qui consultent Chat GPT pour tenter de comprendre leur diagnostic et « se heurtent à une masse d’information et très peu de réponses à leurs questions ». Alexandre de Nonneville, oncologue, trouve au contraire l’accès à l’IA en amont d’une consultation bénéfique pour un patient : « ses questions sont plus concrètes », observe-t-il.

    Coûts réels et éthiques

    Sandrine De Montgolfier, professeure en éthique de soin et santé publique à la chaire de recherche de l’Institut National du Cancer, ébauche une solution : « il serait intéressant que l’IA soit une passerelle pour mieux communiquer entre patients et soignants, via une traduction plus explicite des données ». En clôturant cette matinée de débat à l’IPC, elle attire l’attention sur le coût réel de l’IA dans le domaine médical, pas encore bien évalué d’après elle. « Maintenance, systèmes de sécurisation des données, dépenses d’énergie, recrutement d’experts… Qui va endosser ce coût à l’échelle de notre système de santé ? Et contre quelle autre action de santé ? » La question reste en suspens.

    DANS LA RÉGION

    Dans les Bouches-du-Rhône, dépistage et sensibilisation

    Le département des Bouches-du-Rhône déploie plusieurs actions de sensibilisation et de dépistage des cancers féminins. Le Gynécobus, un dispositif itinérant offrant des consultations gynécologiques gratuites, fera escale à Arles le 14 octobre sur la place de la République. Tandis que les Centres de planification et d’éducation familiale (CPEF) de chaque ville du département organisent régulièrement des ateliers de sensibilisation jusqu’au 31 octobre.

    Dans le Vaucluse, un documentaire sur le périple à vélo de femmes malades

    Le film documentaire Résilientes, racontant l’épopée à vélo de l’association les Roses du Sud, sera projeté à Cavaillon, Sauveterre, Apt, L’Isle-sur-la-Sorgue, Cucuron et Saint-Rémy-de-Provence pendant le mois d’octobre. Réalisé par Olivier Meissel, il revient sur le dépassement de soi des 19 femmes touchées par le cancer du sein qui ont parcouru 260 km à vélo entre Cavaillon et Sète.

    Dans le Var, activités sportives et stands de sensibilisation

    À Toulon, des stands d’information seront installés les 7, 13 et 15 octobre pour proposer des dépistages gratuits, sensibiliser avec des casques de réalité virtuelle et apprendre les zones à surveiller régulièrement grâce à des bustes d’autopalpation. Du 2 au 14 octobre, plusieurs activités d’aquagym, de music-entretien, d’aqua-zen et de circuit training seront organisées dans des gymnases et piscines de la ville.

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, parcours de marche et bien-être

    Ce samedi 3 octobre, la mairie d’Oraison annonce un programme chargé : parcours de marche de 8 et 11 km, divers ateliers de bien-être, repas dansant, concert… Les bénéfices seront remis à la recherche contre le cancer du sein.

  • L’Italie en cheffe de file des pavillons de la Foire de Marseille

    L’Italie en cheffe de file des pavillons de la Foire de Marseille

    De nombreux élus et représentants d’institutions ont participé, ce jeudi matin au parc Chanot, à l’inauguration de la Journée officielle de l’Italie à la Foire. Valentina Muiesan, consule générale d’Italie, Ilaria Bozzo, conseillère métropolitaine représentant la Ville et la Métropole de Gênes, Martine Vassal, présidente (DVD) du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, ou encore Maxime Tommasini, président de la chambre italienne de commerce pour la France à Marseille, ont fait le déplacement pour l’occasion.

    Ce dernier a tenu à remercier l’organisation de la Foire de Marseille pour ce partenariat avec l’Italie, lors de la conférence de presse organisée au Palais des Arts. Il a poursuivi en souhaitant la « bienvenue à tous les amoureux de l’Italie, autant qu’à ceux qui veulent découvrir la richesse de l’artisanat et de la gastronomie italienne ».

    Les représentants ont ensuite entamé une visite du Pavillon italien, situé dans le hall 3. Accompagnés de Pierre Arvis, directeur de Marseille Events, ils ont pu déguster de nombreuses spécialités italiennes, de la Sicile à la Lombardie, en passant par les Pouilles, au gré de leurs rencontres avec les commerçants. Une quarantaine d’exposants, venus de toute l’Italie, sont présents. Spécialités gastronomiques régionales, créateurs de mode, artisans et même une exposition audiovisuelle occupent cet espace.

    Spécialités des quatre coins du monde

    Mais au-delà des stands italiens, de nombreux exposants proposent également des spécialités venues du monde entier. Cette dimension internationale, emblématique de la Foire, est une nouvelle fois mise à l’honneur. Entre le hall 6 et le parvis du hall 8 du parc Chanot, plus d’une quarantaine de pays sont représentés. Six pavillons sont présents, avec le Maroc, le Canada, le Vietnam, l’Inde, la Tunisie et l’Arménie, mais de nombreux autres stands mettent en avant la culture d’autres pays comme le Japon, l’Éthiopie, le Mexique, la Roumanie ou encore le Népal.

    « Cet endroit est superbe, je ne pensais pas qu’il y aurait autant de pays représentés. Ça m’a permis de découvrir beaucoup de spécialités que je ne connaissais pas. On peut vraiment faire le tour du monde en dix minutes », raconte Hervé, venu pour la première fois à la Foire ce jeudi. Léa et Agathe partagent également le même avis : « Même si nous sommes déjà venues, c’est toujours sympa de redécouvrir des cultures dont on a moins l’habitude. Même si l’on ne vient pas forcément pour acheter quelque chose, il y a toujours de quoi passer un bon moment ici. »

    Toutes sortes de produits sont proposés : de la vanille de Madagascar aux spécialités asiatiques, en passant par les couscous orientaux, les tapis et les objets de décoration venus des quatre coins du monde.

    Ouverture de 9h à 23h. Informations et programme
    sur foiredemarseille.com

    AU PROGRAMME CE VENDREDI

    Nocturne

    Les artistes Amel Bent, Upsilone ou encore Teddy Bear seront présents pour animer la soirée sur la grande scène à partir de 20h. Un feu d’artifice illuminera le ciel marseillais pour clôturer la soirée.

    Fabrication de pesto maison

    De 11h à 11h30, un atelier immersif est proposé au stand 3G22 autour du pesto, suivi d’une dégustation de produits italiens.

    Fête foraine

    Sur l’esplanade 5 et le parvis du hall 6, de nombreuses attractions sont présentes pour toute la famille, que ce soit des manèges vertigineux ou des carrousels.

  • Incidents en marge des blocages : les transports publics paralysés

    Incidents en marge des blocages : les transports publics paralysés

    Dans le sillage de la colère lycéenne, les violences urbaines ont débordé ce jeudi et entraîné en milieu de matinée l’arrêt des transports en commun de la ville de Marseille. L’exploitation du tram à Aubagne et du réseau d’Aix a aussi été stoppée. « En raison des perturbations liées au mouvement lycéen, le réseau est interrompu », alertait la RTM dans un message aux usagers. Il l’est resté toute la journée.

    Plusieurs bus ont été pris à partie aux abords de lycées du nord et de l’est de Marseille. Des conducteurs ont dû quitter précipitamment leur véhicule et l’un d’entre eux a été agressé, expliquait la direction de la régie dans un communiqué, déplorant « ces comportements irresponsables » et appelant « au respect de ses conducteurs et de ses équipements ». Affirmant « son plein soutien à ses personnels », la RTM indique également que la desserte de certains lycées sera temporairement adaptée. Une plainte va être déposée.

    C’est peu après 10h que les conducteurs de bus ont exercé leur droit de retrait et rejoint les dépôts, suivis par ceux du métro et du tram. « De toute manière, il n’y avait plus de service de sécurité puisque les agents du GAP et les vérificateurs étaient rentrés », explique Nicolas Ruiz (FO). « Les élus ont demandé le retour des quatre secteurs, par mesure de sécurité », indiquait de son côté la CGT-RTM, pour qui « la sécurité des agents n’est pas négociable. Nous resterons mobilisés et vigilants pour que les mesures nécessaires soient prises ».

    Ces derniers jours, des tracts avaient été diffusés sur les mobiles appelant au blocage des lignes 70, 25 et 27. Mais ce sont deux autres lignes qui ont été prises à partie. Sur la ligne 38, un chauffeur a été blessé au visage et trois véhicules ont été caillassés. L’un d’eux a fini incendié par des jets de mortiers. Des images qui ont fait le tour des réseaux. « Au lycée Floride, un jeune a pris le volant du 38 et est rentré dans un mur en marche arrière », détaille Nicolas Ruiz, précisant qu’un quatrième bus a été visé sur la ligne 15.

    Le trafic doit reprendre ce vendredi, mais au moindre incident, il sera interrompu, préviennent les syndicats.

  • Sans surprise, le budget, s’il passe, sera austéritaire

    Sans surprise, le budget, s’il passe, sera austéritaire

    « Pyromane », c’est ainsi que le gouvernement est qualifié par la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet et le sénateur communiste Ian Brossat. Et pour cause : le projet de budget présenté ce jeudi en Conseil des ministres puis à la presse, prévoit un « effort » affiché de 54 milliards d’euros pour ramener le déficit public de 5,4% à 5% du PIB. Dans le détail c’est « 43 milliards d’euros de mesures de redressement » des finances publiques auxquelles s’ajoutent « la montée en charge de mesures de redressement prises en 2026 » et « antérieurement », amenant l’ensemble à « 54 milliards d’euros » l’an prochain.

    « C’est un effort important », concède le ministre de l’Économie Roland Lescure. « Il n’y a pas, dans ce budget, de hausse générale d’impôts », promet pour sa part le ministre des Comptes publics David Amiel. Puis, avant d’assurer que « nous avons l’une des Sécurités sociales les plus généreuses du monde, et c’est normal », il annonce deux milliards d’euros d’économie. Les retraités feront partie des plus impactés car l’exécutif propose que les pensions supérieures à 1 260 euros ne soient plus indexées intégralement sur l’inflation. Mais aussi de ramener à 3 000 euros le plafond de l’abattement fiscal de 10% sur l’impôt sur le revenu dont bénéficient nos aînés (contre 4 439 euros actuellement).

    Le baiser de la mort

    Alors que la fonction publique a manifesté ce mardi contre le gel du point d’indice, le gouvernement confirme la mesure. La revalorisation des APL est également gelée. L’aide publique au développement (APD) se voit entaillée de 1,85 milliard d’euros. L’écologie et l’agriculture ont, à ce stade, été épargnées par les coupes. Les crédits alloués à la sécurité augmentent de 600 millions d’euros pour atteindre 25,4 milliards d’euros.

    Le PCF compare le chef de gouvernement au président d’extrême droite argentin Javier Milei, actuellement en France : « 54 milliards d’euros de casse sociale : voilà le budget à la tronçonneuse annoncé par Sébastien Lecornu pour 2027. (…) Il faudrait payer toujours plus pour vivre toujours moins bien. Pendant ce temps, les grandes entreprises bénéficient de 2,5 milliards d’euros de contribution en moins. Les niches fiscales sont protégées et les actionnaires se gavent. Refusons ce massacre social. »

    A contrario, l’extrême droite elle, se félicite du plan dévoilé : « Deux nouvelles victoires ! Depuis que j’ai lancé ces combats contre les gabegies de France Travail et de l’aide publique au développement à vos côtés, nous avons contraint le gouvernement à baisser ces dépenses », glousse l’eurodéputée Reconquête Sarah Knafo. Le baiser de la mort pour la macronie.

    « Ce budget est une provocation, rien ne tend la main aux socialistes alors que le gouvernement et le Premier ministre nous a envoyé une lettre il y a peu de temps nous appelant à un compromis », fait valoir Estelle Mercier, députée PS cheffe de file sur le budget de l’État pour son groupe. Reste à savoir qui de l’opposition acceptera de s’allier à l’exécutif pour faire passer ce budget aux mesures inflammables à seulement quelques mois de l’élection présidentielle. Ou si le gouvernement activera le sempiternel article 49.3.

    Nicolas Isnard monte au créneau

    « L’addition est trop lourde » : le constat unanime des élus rassemblés au Congrès de France Urbaine, l’association regroupant les Métropoles et grandes Villes de France, qui s’est tenu jeudi à Paris en même temps que la présentation du projet de budget par le gouvernement. Parmi eux, Nicolas Isnard, président de la Métropole Aix-Marseille Provence, a clamé : « L’heure est grave pour les Métropoles de France. Nous sommes plusieurs institutions à avoir été placées financièrement dans le rouge par un État ruiné qui redistribue un argent dont il ne dispose pas ! » Et de demander « que les territoires industriels comme le nôtre soient mieux protégés. Participer à l’effort national me paraît normal mais à condition que l’on nous donne les moyens de nous réformer en profondeur ».

  • Les Bleus de Zidane veulent confirmer face à l’Italie

    Les Bleus de Zidane veulent confirmer face à l’Italie

    Après deux victoires en deux matches, Zinédine Zidane espère prolonger le plaisir face à l’Italie, vendredi en Ligue des nations, pour fêter comme il se doit ses retrouvailles en tant que sélectionneur des Bleus avec le Stade de France, là où il s’est hissé sur le toit du monde en 1998. « C’est une grosse émotion. On a envie de continuer à écrire une autre page, une autre histoire », a déclaré jeudi le sélectionneur.

    Le contexte ne peut pas être plus favorable pour Zidane, qui fait pour le moment un sans-faute sur le banc des Bleus. Après un succès en Turquie (1 à 0) avec ses cadres, le 25 septembre, le successeur de Didier Deschamps a frappé fort en ramenant, trois jours plus tard, trois points de Belgique après avoir fortement remanié et rajeuni son onze de départ (1-0). L’effet Zidane fonctionne donc à plein et même l’absence du capitaine Kylian Mbappé, buteur en Turquie, mais qui a dû quitter le rassemblement dans la foulée pour cause de blessure au genou gauche, n’a pas eu le don d’enrayer la belle mécanique française.

    Le Ballon d’Or avec

    le brassard

    Une nouvelle philosophie de jeu basée sur la maîtrise du ballon, des nouveaux qui s’intègrent à merveille et une base solide s’appuyant sur l’ossature d’un groupe tout frais demi-finaliste du Mondial : le sélectionneur, qui s’est dit « bluffé par tout le monde », pouvait difficilement espérer mieux pour son premier rassemblement. Au Stade de France, il s’agira désormais de confirmer l’engouement suscité auprès des supporters, comme en témoignent les excellentes audiences enregistrées à la télévision : 6,8 millions de téléspectateurs pour Turquie-France et 6,3 millions pour Belgique-France, selon Médiamétrie. « Je ne pense pas du tout aux choses négatives, au contraire. J’ai une équipe de fou, donc je vais tout donner », a expliqué Zidane.

    L’Italie, qui tente tant bien que mal de se reconstruire sous la direction de Roberto Mancini après avoir raté sa troisième Coupe du monde d’affilée, est a priori largement à la portée des Français, même si la Nazionale vient tout juste de s’imposer très facilement en Turquie (4-1). Pour cette rencontre, Ousmane Dembélé, Ballon d’Or 2025, devrait hériter du brassard en l’absence de Mbappé et tenter de marquer son territoire alors qu’il est pour l’instant la star bleue la moins en vue sous Zidane. Après sa première phase finale réussie avec l’équipe de France (six buts lors de la Coupe du monde 2026), le Parisien, positionné en numéro 9 ou en faux numéro 9, comme en club, sera attendu au tournant. Mais tous les regards convergeront encore une fois vers Zidane, plus que jamais figure centrale de cette équipe de France.

    FRANCE – ITALIE

    3e journée de la Ligue des Nations

    Stade de France (20h45)

    Arbitre : Manzano (ESP)

    FRANCE : Maignan – Diouf, Upamecano, Jacquet, Koundé – Koné, Rabiot, Cherki – Doué, Olise, Dembélé

    ITALIE : Donnarumma – Ruggeri, Bastoni, Scalvini, Kayode – Barella, Tonali, Frattesi – S.Esposito, P.Esposito, Raspadori

    Le Stade de France, terrain bien connu pour Zidane

    Les liens entre Zinédine Zidane et le Stade de France sont d’une étroitesse rare. L’ancien numéro 10 des Bleus a vécu à Saint-Denis certaines des plus grandes émotions de sa carrière, parfois heureuses, parfois douloureuses. Le 28 janvier 1998, il devient le premier buteur de l’histoire de l’enceinte en inscrivant l’unique but d’un match face à l’Espagne. Quelques mois plus tard, lors de la Coupe du monde, il est expulsé contre l’Arabie saoudite dans ce même stade. Trois semaines après, il entre dans la légende en signant un doublé de la tête face au Brésil en finale. Au total, il a inscrit neuf buts au Stade de France, un total également atteint par Karim Benzema. Ce vendredi, c’est sur le banc de touche que Zidane prendra place, pour la première fois comme sélectionneur des Bleus, au Stade de France.

  • La future mutuelle municipale annoncée pour janvier

    La future mutuelle municipale annoncée pour janvier

    « En début d’année prochaine, nous pourrons proposer une couverture médicale de qualité pour des Marseillais qui, trop souvent encore, n’ont pas les moyens de se soigner correctement », annonce le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan. Ce jeudi a été publié par la municipalité l’appel à manifestation d’intérêt qui doit permettre de sélectionner, d’ici le mois de janvier, l’opérateur qui portera la future mutuelle municipale. Un engagement pris lors de la dernière campagne.

    « L’objectif est de chercher une mutuelle capable de proposer une offre pour permettre aux Marseillais, surtout à ceux qui ont des revenus moyens ou modestes, de souscrire à une complémentaire santé de qualité, avec des tarifs négociés », résume le conseiller municipal (PCF) chargé du dossier, Ibrahim M’ze. En négociant à l’échelle de la ville, la municipalité tente ainsi d’obtenir un tarif plus avantageux, tout en garantissant une couverture de qualité, avec trois niveaux de protection proposés. « Les villes qui ont déjà mis en place des mutuelles communales nous parlent d’économies qui peuvent varier entre 200 et 300 euros sur l’année, évoque l’élu communiste. Nous sommes dans un contexte où le coût de la vie pèse sur les budgets, où les gens sont pris à la gorge avec les tarifs de l’essence, du logement de l’alimentation et où le prix d’une complémentaire santé devient rapidement un frein. »

    C’est particulièrement vrai à Marseille. Alors que plus de 200 000 personnes bénéficient déjà d’une complémentaire santé solidaire, un habitant sur cinq n’a aucune complémentaire santé. Soit quelque 181 530 Marseillais, dont plus de 56 000 dans les quartiers Nord et 60 000 dans les cinq premiers arrondissements. Parmi eux, 6 618 ne sont pas couverts alors qu’ils souffrent d’une affectation longue durée, avec les soins nécessaires.

    Accès aux droits

    « La Sécurité sociale est loin de rembourser toutes les dépenses de santé, et ce reste à charge est un puissant frein à l’accès aux soins, aux dépistages, aux activités qui peuvent prévenir le développement des maladies », explique l’adjoint (PCF) à la santé, Anthony Gonçalves. Ainsi, la mutuelle communale cible particulièrement ceux qui ne bénéficient pas de la couverture de leur employeur : retraités, indépendants, privés d’emplois, étudiants. Qu’ils vivent à Marseille ou y travaillent, et sans questionnaire sur leur état de santé qui ferait augmenter les prix en fonction de leur situation. Au-delà du remboursement des soins, le cahier des charges inclut des démarches de prévention, d’activités physiques, de dépistage, « une vision plus large de la santé », résume l’adjoint. Parmi les obligations figure aussi l’accès au droit, pour permettre à ceux qui y ont droit d’accompagner à la complémentaire santé solidaire, mais aussi l’ouverture de permanences au plus près des territoires. « Que cela fasse partie d’un grand élan solidaire pour améliorer la santé publique », résume Anthony Gonçalves.

  • À Marseille, les lycéens sommés de rester chez eux

    À Marseille, les lycéens sommés de rester chez eux

    Pas de cours en présentiel dans 47 lycées des Bouches-du-Rhône, ce vendredi. À cela s’ajoutent quatre arrêtés préfectoraux interdisant « toute manifestation revendicative non déclarée dans les communes de plus de 10 000 habitants », « la vente de carburant au détail », « le port d’équipements de protection individuelle » ainsi que « la détention et le transport d’objets susceptibles de constituer une arme ». Une série de mesures prises en réaction à l’ampleur qu’a prise, jeudi, le mouvement social des lycéens.

    À Marseille, la mobilisation s’est en effet emparée de toute la ville, avec des blocus organisés notamment, devant les lycées Victor-Hugo (3e), Saint-Exupéry (15e), Thiers (1er), Montgrand (6e), Marseilleveyre (8e), Diderot (13e) ou encore Artaud (13e). Lancé par la mobilisation nationale de mardi centrée sur la défense des services publics, le mouvement a poursuivi sa course toute la journée de jeudi, porté par des élèves qui exigent plus de moyens dans l’éducation.

    Ils étaient, selon la préfecture, plus de 1 000 à camper devant les grilles de leur lycée pour être entendus. « Nos lycées sont en ruines. Les conditions ne sont plus acceptables. Au lycée Marie-Curie, il y a de l’amiante dans les murs, s’est indignée Rose, élève au lycée Montgrand. On a juste envie d’avoir des conditions de travail qui soient stables ».

    Au-delà de l’état des locaux, c’est aussi le manque de personnel qui est pointé du doigt, « avec des classes de 35 élèves » et des spécialités « surchargées depuis que des classes ont été supprimées » déplorent les jeunes. Les lycéens, qui n’ont de cesse de répéter qu’ils « ne veulent pas faire la guerre », dénoncent également l’augmentation du budget alloué à la défense.

    Dégradations et violence

    Les mobilisations ont donné lieu à plusieurs dégradations et débordements, notamment l’incendie d’un bus RTM et d’un véhicule des marins-pompiers devant les lycées La Floride (14e) et Saint-Exupéry (15e). Deux proviseurs, une journaliste violemment agressée, un marin-pompier et dix policiers ont été blessés dans le département, d’après la préfecture. 29 manifestants ont par ailleurs été interpellés à Marseille.

    « Vous savez quelle est la pire violence ? 120 000 lycéens n’ont eu aucune affectation Parcoursup cette année, s’est révolté Eustache, élève au lycée Montgrand et militant au Poing levé. Ça fait 10 ans que ce gouvernement mène une politique contre la jeunesse, contre les enseignants, contre l’ensemble de la population. (…) On se mobilise pour que nos services publics soient en meilleur état, et la seule réponse du gouvernement, c’est d’envoyer la police pour nous taper ».

    Lundi, dans le Val-d’Oise, un lycéen a perdu des dents à la suite d’un tir d’un policier en direction de son visage. Mercredi, à Tours, un élève a été blessé à l’œil, probablement par un tir de LBD. L’IGPN a été saisie.

  • Colère légitime, violences intolérables

    Colère légitime, violences intolérables

    De nombreux lycéens se sont mobilisés hier dans toute notre région, marquant un véritable changement d’échelle du mouvement qui proteste à la fois contre le manque de professeurs, de personnels et de moyens, mais aussi contre l’état de certains lycées ou encore contre Parcoursup, un système de sélection injuste où l’orientation des élèves est confiée à un algorithme opaque.

    Dans ce contexte de colère légitime, des violences graves ont éclaté notamment à Marseille : des personnels de l’Éducation nationale et un marin-pompier blessés, un véhicule des pompiers et un bus incendiés, causant un retrait des agents de la RTM et une paralysie de tout le réseau de transports.

    Ces violences sont intolérables d’autant plus qu’elles touchent des personnes et des biens essentiels aux services publics. Elles sont instrumentalisées pour semer le discrédit et justifier les violences policières.

    Priorité à la jeunesse

    Les provocateurs, les casseurs, les violents, n’ont pas leur place dans un mouvement qui exprime une colère et des revendications légitimes.

    La décision d’imposer des cours en distanciel et de mettre la pression sur les rassemblements spontanés ne règle rien des questions de fond posées par ce mouvement.

    Le gouvernement, minoritaire à l’Assemblée nationale, s’est déjà mis à dos les automobilistes, les fonctionnaires, les retraités, les collectivités territoriales… Le voilà confronté à la jeunesse.

    Aucune des vieilles ficelles libérales, pas plus que la potion amère de l’austérité ne sont en mesure de calmer sa colère et – c’est encore pire – de lui tracer un avenir désirable.

    Ce devrait pourtant être la priorité de notre société.

  • Colère des lycéens : pas de reprise du service à la RTM ce soir

    Colère des lycéens : pas de reprise du service à la RTM ce soir

    Les bus, tramways et métro marseillais resteront fermés ce jeudi soir jusqu’à la fin du service, indique la RTM par communiqué de presse en cette fin d’après-midi. Une décision prise «compte tenu de la gravité des évènements intervenus ce jour ayant affectés le réseau RTM avec des personnels blessés», explique la régie qui «regrette d’être contrainte à cette décision justifiée par le caractère inacceptable et inédit des évènements l’ayant touchée».

    Le service avait été interrompu en fin de matinée après que plusieurs bus ont été pris pour cible en marge des mobilisations des lycéens ce jeudi matin et des agents pris à parti, les organisations syndicales ayant appelé ceux-ci à exercer leur droit de retrait.

    La présidente (DVG) de la RTM Samia Ghali a apporté son soutien aux agents «et tout particulièrement au conducteur agressé». «La jeunesse doit pouvoir s’exprimer, manifester et interpeller. Elle doit pouvoir le faire avec force, mais dans le respect des personnes et des biens publics qui appartiennent à tous», écrit-elle, appelant «au calme et au respect» mais aussi «à entendre ce que notre jeunesse a à dire».