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  • Plongée au cœur de la bataille de l’Èbre

    Plongée au cœur de la bataille de l’Èbre

    Traduit de l’espagnol par Gabriel Laculli, le roman Ligne de feu nous prouve, si besoin en était, que Arturo Pérez-Reverte, ancien correspondant de guerre, est l’un des plus talentueux écrivains de la littérature européenne contemporaine. Par parenthèse, il s’insurge, lors d’une interview, contre les influenceurs, « souvent ignorants », qui ont remplacé les critiques traditionnels, connaisseurs en classiques, et qui passent leur vie à étudier. La parenthèse fermée, revenons au roman, qui cède la parole à des témoins, à des soldats et soldates des deux camps, que l’on ne peut s’empêcher de regarder comme des pions sur l’échiquier d’une guerre civile qui a fait plus de 20 000 morts. Ainsi comprenons-nous les émotions de chacun, sans parti pris ni motifs d’ordre idéologique. Approche adoptée en 1919 par Dorgelès, dans ses Croix de bois.

    Fiction et rigueur historique

    Alors que les chefs, restés à l’arrière, les envoient en première ligne, nous partageons la peur, le désespoir, les battements du sang aux tympans, les respirations entrecoupées, la faim, la soif, mais aussi le courage (ou la couardise) et les visages livides de ces chairs à canon qui s’attaquent et se défendent, alors qu’ils appartiennent tous au même peuple, parlent tous la même langue, tombent sous les mêmes pistolets-mitrailleurs qui se chargent et rechargent à rythme continu, versent leur propre sang en versant celui de leurs adversaires. Un roman choral qui fera date. Merci à Pérez-Reverte d’avoir mêlé la fiction à la rigueur historique, et de ne pas avoir tout simplement mis ses personnages sous nos yeux, mais de les avoir rendus présents.

    Gallimard, 25 euros

  • Lucien Molino. L’ombre d’une nouvelle guerre

    Lucien Molino. L’ombre d’une nouvelle guerre

    Seule une négociation avec Ho Chi Minh, représentant le gouvernement réel du Vietnam, aurait mis fin au conflit. Le gouvernement français s’y refusait et cherchait en vain une « solution de rechange » avec l’ancien empereur Bao Daï.

    Le 25 juin 1950 débuta la guerre de Corée. Deux États avaient été créés. La Corée du Nord devenait une démocratie populaire tandis que la Corée du Sud était soutenue par les USA et la Chine nationaliste. Dans l’Afrique noire sous domination française, l’agitation grandissait malgré la répression. Il en était de même au Maroc et à Madagascar. En Tunisie, les forces nationales réclamaient la révision des statuts du protectorat imposé par la France en 1881.

    Allions-nous vers un troisième conflit mondial ?

    En 1952, des troubles sérieux éclataient dans toute I’Afrique du Nord, en Algérie notamment, pays qui bientôt entrera dans la guerre de libération. L’Égypte, elle, rompit le traité qui la liait à la Grande-Bretagne et entendit récupérer la zone du Canal de Suez. Quelques mois après, I’ONU dut proclamer |’indépendance de la Libye. Pour la CGT, la lutte pour la paix devenait une question fondamentale. Allions-nous vers un troisième conflit mondial ?

    Les guerres coloniales et notamment la guerre du Vietnam ne pouvaient laisser la classe ouvrière indifférente, elle était directement concernée ainsi que d’autres couches sociales. Dès lors, la lutte pour la paix allait s’amplifier même si elle n’engageait pas spontanément, il faut le reconnaître. Il nous a fallu faire de gros efforts pour convaincre les travailleurs du danger de guerre, démasquer les responsabilités dans les syndicats, surmonter l’apolitisme longtemps entretenu par FO et la CFTC, lier l’action pour la paix aux préoccupations journalières et à la lutte pour les revendications économiques et sociales.

    Les précieux enseignements du 28e congrès confédéral, du 27 mai au 1er juin 1951, font que je garde de ce congrès un souvenir inoubliable. Ce fut d’abord le congrès de mon élection au bureau confédéral qui m’a permis de travailler avec un militant remarquable dont les conseils me furent très utiles pour mes nouvelles tâches, Benoît Frachon. Il me disait souvent : « Premièrement, avoir une confiance absolue en la classe ouvrière, en la possibilité de la conduire à la victoire. Deuxièmement, la clarté dans la formulation des revendications et des mots d’ordre. Troisièmement, la plus importante, l’unité de la classe ouvrière et enfin le renforcement dans tous les domaines de la CGT qui est une condition du développement et du succès des luttes. » Ce qui me marqua dans son discours d’ouverture, ce fut tout ce qui concernait les luttes pour la paix, pour les libertés. Les luttes pour l’indépendance nationale et les luttes pour les revendications se trouvaient de plus en plus mêlées.

    à suivre la semaine prochaine…

  • Marseille en rose : entre sport et solidarité

    Marseille en rose : entre sport et solidarité

    Après une édition 2025 record qui a vu l’Institut Paoli-Calmettes recevoir un chèque de 11 000 euros pour la recherche médicale contre le cancer du sein, l’association Marseille en rose organise en ce mois d’octobre dédié au dépistage des cancers féminins une course et une marche à pied dimanche 4 octobre. Pour rappel, tous les bénéfices de l’événement sont reversés à l’institut. La course enfants ouvrira la journée avec un départ à 9h, ensuite une course qui réunira 1 150 personnes et une marche avec environ 500 personnes pour les adultes démarrera à 10h.

    Symbole d’inclusion

    L’événement, en partenariat avec de nombreux organismes en rapport avec la santé dont l’AP-HM, va compter parmi ses coureurs plusieurs femmes atteintes du cancer du sein. « On a invité une dizaine de femmes actuellement en chimiothérapie à courir gratuitement. L’idée c’est de pouvoir les inclure pour qu’elles fassent du sport et contribuent à la cause », détaille Richard Taillandier, président de l’association Marseille en rose.

    En plus des trois courses proposées, un village animé par des partenaires du domaine médical sera présent avec plusieurs activités comme par exemple des bustes d’autopalpations pour prévenir des risques du cancer du sein. Un engagement bénévole qui pour Richard Tallandier, ne cesse de grandir : « On veut continuer même si ça nous prend beaucoup d’énergie, notre récompense c’est de voir tous ces sourires. Tous les ans on prend du volume au niveau des dons avec l’ambition d’avoir de plus en plus de coureurs. »

  • Lattes : un sommet et une autre vue

    Lattes : un sommet et une autre vue

    Lattes-Bourges, le choc n’a plus le chic des années d’avant Covid. Il a fané sous l’effet du temps, du bouleversement d’un basket féminin français sous influence américaine et aux finances fragiles. La rencontre parle à tous, elle marque la rentrée de Lattes-Basket dans son palais des rencontres samedi 3 octobre (20h), lors de la seconde journée d’une Ligue féminine incertaine.

    Lattes entame sa 27e saison dans une élite rejointe à la bascule du siècle. Le club de la banlieue sud de Montpellier, sous contrôle du maire Cyril Meunier, ne passe pas d’une saison à l’autre, mais d’une ère à l’autre. Le manager Valéry Demory (63 ans), architecte de son ascension au sommet, a quitté son poste au printemps. Après quinze ans, en deux temps à sa tête (2007-17,
    2021-26).

    Appel d’air pour un renouveau ou lourd héritage ? Lattes change tout du sol au plafond. Et confie son équipe à David Gautier (46 ans). L’entraîneur n’a rien d’un novice sur le banc. Cet ancien ailier international (40 sélections) a entamé sa carrière sur un banc féminin. D’abord à Angers, (2016-22), puis à l’Asvel (2022-24), et enfin à la Roche-Vendée, relégué en Ligue 2 en mai dernier.

    Le nouveau technicien, par ailleurs adjoint du sélectionneur national Jean-Aimé Toupane, est accompagné de deux assistants, dont l’ancienne joueuse : Ana Suarez.

    Lattes bouge, réveille aussi l’ambition. Au cours de la conférence de rentrée, le directeur général Olivier Ribotta martèle un discours plus offensif. « On souhaite qu’au coup d’envoi de chaque rencontre, on se dise qu’on va remporter le match. Le club doit avoir cette culture de la gagne cette année et les prochaines à venir » affirme-t-il, désireux de reconquérir un trophée.

    Nouvelle étoile

    Le palmarès de Lattes est en panne sèche depuis 2021. Une saison marquée par sa dernière finale du championnat devant Basket-Landes et une 5e Coupe de France. Au-delà de cette ultime trace, l’équipe de David Gautier peut-elle écrire un nouveau chapitre à ses heures de gloire, vécues dans les années 2010 ? Celles du premier passage de Valéry Demory (2007-2017), avec deux titres face à Bourges et quatre Coupe de France.

    Pour réapprendre à gagner, Lattes a étoffé son staff technique et avant tout son effectif. Un effectif à moitié renouvelé, construit autour de neuf joueuses professionnelles et sa capitaine emblématique : Romane Bernies. L’internationale Garance Rabot, Christelle Diallo, Sam Breen ou Sarah Cissé, porteuse de promesses, sont toujours là.

    Pour compléter ce groupe, le nouvel entraîneur mise beaucoup sur sa nouvelle étoile : Stella Johnson, meilleure marqueuse (17 points) du dernier championnat. Tout comme le nouveau coach, elle évoluait l’an passé à la Roche-sur-Yon. Sara Chevaugeon, Oumou Diarisso ou Laura Zolper ont également été recrutées.

    Romane Bernies (33 ans), égérie des temps modernes, amorce un dernier défi. Gagner un titre avec Lattes au crépuscule de sa carrière. Pour l’heure, la capitaine a besoin de digérer la Coupe du monde et l’amertume d’une médaille d’argent. Et d’une finale perdue devant les États-Unis.

    L’Amérique dérobe le rêve des Françaises. Et lui offre un champ des possibles avec huit Bleues installées outre-Atlantique à l’image de Gaby Williams. Romane Bernies est la seule internationale à jouer sur les parquets hexagonaux d’une Ligue féminine en crise. Les autres évoluent dans les meilleurs clubs européens, à l’image de la meneuse de Basket-Landes Leïla Lacan. À 22 ans, l’internationale a quitté la vie tranquille des Landes pour la fièvre d’Istanbul et Fenerbahçe.

    À la mi-novembre (13-15 novembre), la LFB, et sa présidente Carole Force, organise des assises du basket féminin et veut s’appuyer sur une étude du Centre de droit et d’économie du Sport (Cdes) de Limoges pour éviter la fuite des cerveaux. Et doper l’économie.

    Mont-de-Marsan, fort de son doublé, offre-t-il le meilleur éco-système pour le basket féminin ? Les autres clubs : Villeneuve-d’Ascq, Lyon, Bourges et Lattes, inscrits au palmarès sur la dernière décennie, veulent contester cette suprématie nouvelle. Les partenaires de Romane Bernies en sauront un peu plus sur elles-mêmes après ce premier choc face à Bourges.

  • Le Team Bianchi-Lagorce se dévoile

    Le Team Bianchi-Lagorce se dévoile

    Pour lancer la onzième édition du Marathon Jules-Bianchi, le tandem Philippe Bianchi – Franck Lagorce en a profité pour lever un coin du voile de son projet phare.

    « Nous avons créé le Bianchi-Lagorce Racing Team qui va participer au championnat Funyo, qui est le format idéal pour notre filière », indique Philippe Bianchi. Avec son complice Franck Lagorce, il a dévoilé la voiture qui sera engagée sur les cinq compétitions de l’année 2027. Une voiture conçue par Romain Angebot. « Nous avons conçu la voiture idéale pour permettre à des jeunes de mettre le pied à l’étrier dans les épreuves d’endurance », confie son constructeur. « Elle est une bonne transition après le kart, en permettant de découvrir l’effet aérodynamique avec les sensations d’une boîte séquentielle qui permet de bien apprendre la conduite sportive », poursuit-il.

    Déjà trois pilotes

    Quelques pilotes ont déjà rejoint l’aventure. Tel Elio Saint-Paul, qui après sept saisons sur les circuits, notamment en Formule Ligier, a accepté le défi. Il est accompagné de Louis Schlesser, héritier d’une lignée de champions, qui avoue « avoir hâte de prendre le volant, car j’ai déjà testé la série Funyo, et je la trouve très intéressante ».

    Autre arrivée, celle de Doriane Pin. Actuellement pilote chez Mercedes, où elle teste les Formule 1, elle a réussi la pole position de sa catégorie lors des dernières 24 heures du Mans. Son leitmotiv, « construire son équipe pour se construire soi-même et arriver au plus haut niveau ».

    Celui qui intégrera ce groupe, à l’issue des quatre jours de détection du Volant, du 3 au 6 novembre, dans un lieu encore secret-défense, aura une belle carte à jouer. « Ceux qui vont participer vont apprendre à piloter, mais aussi à gérer une carrière, se préparer mentalement et physiquement. C’est une création en matière de formation qui montre que le sport automobile, ce n’est pas que savoir piloter », souligne Franck Lagorce.

  • Un air de Corse à la Foire de Marseille

    Un air de Corse à la Foire de Marseille

    Gastronomie, musique, voyages, culture et vie associative s’y côtoient, dans un espace où l’on vient aussi bien retrouver des saveurs familières que satisfaire sa curiosité.

    Au fil des stands, la charcuterie corse et la bière Pietra occupent leur place parmi les spécialités à découvrir. Les compagnies maritimes la Méridionale et Corsica Linea sont également présentes : de quoi évoquer une prochaine traversée… La musique accompagne et contribue à faire du village un lieu vivant où l’on prend plaisir à s’arrêter et à échanger.

    C’est dans ce cadre que notre équipe vous accueille sur le stand partagé avec la Maison de la Corse, la Fédération des groupements corses.

    Vous pouvez encore vous y procurer notre dernier magazine Kallisté, découvrir les sujets abordés et discuter avec nous.

    Un village corse
    pour prendre contact

    Ces rencontres sont aussi l’occasion de recueillir vos impressions, de parler d’un article ou de faire connaître une histoire, une personnalité qui mériterait d’être mis en lumière. Une revue se construit avec celles et ceux qui la font mais aussi avec ses lecteurs et leurs idées ! `

    Le stand permet également de découvrir les activités proposées par les associations de la Maison de la Corse. Vous souhaitez apprendre le corse ? Vous pouvez vous renseigner et vous inscrire à des cours auprès de l’association concernée. Vous cherchez à retrouver vos racines ou à entreprendre des recherches généalogiques ? Là aussi, les échanges sur place permettent de prendre contact avec l’association qui se consacre à ces questions.

    Cette présence associative donne au village corse toute sa dimension : aux côtés des produits et des voyages, elle fait une place à la langue, à la mémoire et à la transmission.

  • Une collecte exceptionnelle pour les Restos du cœur

    Une collecte exceptionnelle pour les Restos du cœur

    La situation est de plus en plus compliquée pour les Restos du cœur de l’Hérault : depuis le début de l’année, le nombre de repas distribués a progressé de l’ordre de 20%. Sur la période de mai 2025 à avril 2026, l’association a ainsi distribué plus de 4 millions de repas dans le département. Dans le même temps, plusieurs sources d’approvisionnement sont sous tension. Les subventions des collectivités diminuent depuis environ un an et demi et le Fonds social européen livre lui aussi moins de denrées. « On est inquiet des baisses qu’il y a partout. Et on ne pense pas que l’État va augmenter ses subventions, loin s’en faut… », déplore Philippe Gimenez, président des Restos du cœur 34. « La seule possibilité qu’on a aujourd’hui d’augmenter notre volume de denrées, c’est de faire une collecte supplémentaire ».

    Cette collecte des 2 et 3 octobre, avec une prolongation possible jusqu’au 5 octobre dans certains magasins, constitue une première dans l’Hérault. Une quarantaine de magasins du département se mobiliseront pour recueillir les dons. « Cette collecte d’automne existe déjà dans d’autres départements. Étant donné les tensions qu’on commence à avoir dans l’Hérault, on a décidé de l’étendre à notre département  », indique Philippe Gimenez.

    « La générosité

    n’est pas en berne »

    Les besoins sont particulièrement visibles au Camion du cœur, à Montpellier, qui distribue actuellement environ 300 repas par jour aux personnes vivant dans la rue. « Nous atteignons là la limite de nos capacités, tant pour ce qui concerne la préparation des repas que nos réserves alimentaires. »

    Pour autant, la mobilisation et la générosité restent au rendez-vous. Lors de la collecte nationale de mars, le nombre de donateurs avait augmenté, si bien que malgré une baisse du montant moyen du don, le résultat s’est révélé équivalent à celui de l’année précédente. « La générosité dans les collectes n’est pas en berne », assure le président des Restos du cœur 34.

    Les produits recueillis lors de cette nouvelle opération seront centralisés à Vendargues avant d’être redistribués dans les 28 centres du département, à destination des 37 000 bénéficiaires héraultais de l’association.
    A.G.

    * Liste des magasins sur la page Facebook « les Restos du cœur de l’Hérault ».

  • Les maisons des syndicats, un combat actuel

    Les maisons des syndicats, un combat actuel

    Bagnols-sur-Cèze, Arles, Tarascon, Carcassonne, Béziers… Dans le sud de la France les menaces pèsent sur les Bourses du travail. Sans surprise, la maire RN de la cité gardoise veut chasser les syndicats de leurs locaux. La maison des syndicats de Tarascon est aussi menacée. Là aussi, le maire RN a mis fin à la convention d’occupation des locaux par la CGT et FO notamment.

    Mais comme l’explique à La Marseillaise Myriam Lebkiri, secrétaire confédérale de la CGT, « de plus en plus, dans des mairies qui ne sont pas RN, on retrouve le même genre de décision. On voit que l’intérêt général du syndicalisme est complètement nié un peu partout » . C’est le cas à Arles où la Bourse du travail est ouverte depuis 1900. Le maire Horizons veut expulser la CGT. La secrétaire générale de la Confédération, Sophie Binet, est venue apporter son soutien en septembre. Déjà en 2024, à l’occasion des 27e Rendez-vous de l’histoire, à Blois (Loir-et-Cher), une carte blanche avait été donnée à l’Institut CGT d’histoire sociale (IHS). L’institut avait choisi pour thème « les Bourses du travail d’hier à aujourd’hui » Lors de son intervention, Sophie Binet avait déclaré que les Bourses du travail « sont un enjeu de lutte aujourd’hui car il y a une rupture entre le monde politique et celui du travail. L’histoire ouvrière a largement été invisibilisée en France. Conserver et faire vivre les Bourses du travail c’est se réapproprier son histoire ». C’est ce qu’explique également Sylvie Brunol, présidente de l’IHS de l’Hérault.

    Un message entendu par le maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS) qui entend construire une maison des syndicats. « Le maire veut faire un contre-exemple aux villes d’extrême droite où les Bourses du travail sont attaquées », résume Mathieu Guy de l’Union départementale CGT de l’Hérault. Faire de Montpellier l’antithèse de Carcassonne, Béziers, Bagnols-sur-Cèze ou Arles, voilà un engagement qui plaît aux organisations. « C’est tout à son honneur d’être dans cette démarche », salue Mathieu Guy.

    En février 2026, la CGT avait lancé une campagne pour les libertés syndicales sous le mot d’ordre « Pas de conquêtes sans libertés syndicales ». Parmi les revendications celle de « sanctuariser » les Bourses du travail. « Les Bourses du travail sont inscrites dans une tradition de service à la population ouvrière avec une mission d’utilité publique pour le syndicalisme. Le droit actuel repose sur une simple faculté pour les collectivités (« peuvent mettre »), ce qui a conduit à une multiplication des expulsions ou des suppressions de subventions pour des raisons purement politiques. » Un rapport met en évidence « que l’isolement des militantes est la première étape de la répression ». Les Bourses du travail sont autant de « base arrière » notamment pour les salariés des TPE-PME et les travailleurs isolés, souligne encore la CGT. Sur le plan législatif, LFI avait déposé une proposition de loi, en 2025, pour garantir aux syndicats l’usage de locaux dédiés.

    Les travaux de l’historienne Danielle Tartakowsky éclairement l’importance des Bourses du travail. Dans son ouvrage Les syndicats en leurs murs, Bourses du travail, maisons du peuple et maisons des syndicats (Ed. Champ Vallon), la professeure émérite d’histoire contemporaine évoque ces lieux « qui magnifient la dignité du travail ». Un patrimoine vivant.

    REPÈRES

    1887

    est l’année de création des Bourses du travail avec l’inauguration de celle de Paris le 3 février 1887. Après Paris, la Bourse du travail de Nîmes est rapidement créée.

    1884

    est l’année où sont légalisés les syndicats professionnels qui vont donner naissance aux Bourses du travail, des lieux, dans un premier temps, qui permettent l’embauche.

    1900

    marque l’ouverture de la Bourse du travail à Arles. Un combat est mené par la CGT pour y rester.

  • [Entretien] Myriam Lebkiri, CGT : « Les Bourses du travail sont d’intérêt général »

    [Entretien] Myriam Lebkiri, CGT : « Les Bourses du travail sont d’intérêt général »

    La Marseillaise : Êtes-vous en lien avec l’UL de Bagnols-sur-Cèze depuis l’annonce de la maire RN qui leur demande de quitter les locaux fin novembre ?

    Myriam Lebkiri : Nous avons des échanges bien sûr, nous les rencontrons prochainement. Malheureusement, ce n’est pas un événement isolé. Depuis quelques années, nous avons un département égalité des droits et des affaires juridiques à la CGT qui permet de centraliser et de recenser ces attaques. Nous ne gérons pas les dossiers en direct, mais nous sommes en soutien aux Unions locales. Au niveau confédéral, nous apportons une analyse pour savoir si c’est une attaque politique, comme le font les mairies du RN ou si c’est un problème de discussion ponctuelle avec une mairie, qu’on pourrait solutionner rapidement. À Arles et Tarascon, il s’agit clairement de menaces sur les libertés syndicales ; le maire d’Arles refuse par exemple la médiation du tribunal. On regarde aussi si c’est une expulsion pure ou si c’est une attaque sur la non prise en charge des fluides, la dégradation des locaux, la non prise en charge de la réfection de locaux complètement vétustes ou l’affectation dans des locaux trop petits en pleine périphérie. On est actuellement en train de faire un baromètre. On estime entre 65 et 80 le nombre d’attaques sur les différentes modalités en France, particulièrement depuis cet été par des mairies du RN.

    Est-ce un point commun des mairies RN de s’en prendre au droit syndical ?

    M.L. : Oui, avec le RN, c’est presque systématique. C’est souvent la première chose qu’ils regardent. Cela accompagne leur discours contre les organisations syndicales. Ils s’en prennent au syndicat mais aussi à l’associatif, notamment l’associatif d’entraide, à la LDH et aux associations de protection des femmes et des LGBT. Mais, de plus en plus, dans des mairies qui ne sont pas RN, on retrouve le même genre de décision. On voit que l’intérêt général du syndicalisme est complètement nié un peu partout.

    Pourquoi ces Bourses du travail sont-elles essentielles ?

    M.L. : D’abord parce qu’on reçoit les salariés qui n’ont pas d’organisation syndicale. Plus de 5 millions de salariés de TPE n’ont pas d’organisation syndicale. On n’est présent que dans 40% des entreprises. Donc on reçoit énormément de salariés qui ne connaissent pas leurs droits et qui n’y ont pas accès. On remplace souvent les services publics, que ce soit sur l’accompagnement des travailleurs sans papier ou sur l’information du droit du travail par exemple. On fait aussi des entretiens dans des dossiers extrêmement compliqués de soutien aux victimes de violences sexistes et sexuelles. On y réalise aussi des formations. Les Bourses du travail sont des locaux du monde du travail qui s’ouvre aussi à l’associatif, avec des expositions, des spectacles ou des conférences. Elles sont également des zones de repli lorsque les travailleurs doivent s’organiser et qu’ils ne peuvent pas le faire dans leur entreprise. C’est pour cela qu’elles sont attaquées. Il y en a certains qui sont contre leur subvention mais beaucoup voient aussi que ce sont des lieux où démarrent les luttes, où démarre la conscience collective. Alors que l’extrême droite se fortifie aux portes du pouvoir, qu’on assiste à un affrontement de classes d’une rare violence, les Bourses du travail sont plus que jamais des lieux de résistance et d’intérêt général.

    Ces attaques contre les Bourses du travail sont-elles révélatrices d’une volonté plus large de réduire le droit syndical ?

    M.L. : Oui. De manière globale, les libertés syndicales et le syndicalisme sont attaqués. Nous avons remarqué une montée crescendo de ces attaques depuis les conflits sur la loi travail de 2016. L’apothéose des répressions, c’est quand même le mouvement de 2023 contre la réforme des retraites, où il y a eu de la répression de masse, notamment contre les salariés de l’énergie. Mais ça se propage au plus haut niveau de la CGT, puisque Sophie Binet a subi deux plaintes, moi j’en ai subi une, Gérard Ré aussi. Ce n’est pas rien comme signal envoyé. Pour le coup, la répression, elle, ruisselle. Ce sont des procédures bâillons pour faire peur aux militants, faire peur aux autres salariés et les dissuader de se syndiquer. Ces procédures nous prennent aussi du temps et de l’argent. Mais ça ne dissuade finalement pas parce que nous augmentons chaque année notre nombre d’adhérents.

    Où en est la proposition de la CGT qui réclame une loi pour sanctuariser ces Bourses du travail ?

    M.L. : Il y a une mission ministérielle qui doit rendre son rapport en décembre. Nous demandons que les Bourses du travail soient sanctuarisées pour que ce ne soit pas le fait du prince. Aujourd’hui, tout dépend de qui est à la tête de la collectivité. Et dépendre de la volonté d’une collectivité quelconque, ça ne fonctionne pas parce que c’est extrêmement précaire. Un accueil syndical, ça ne se fait pas au troquet du coin ou chez l’élu syndical. Il nous faut donc des locaux.

  • La quasi-totalité des lycées de Nîmes et de Montpellier bloqués par les jeunes

    La quasi-totalité des lycées de Nîmes et de Montpellier bloqués par les jeunes

    À Nîmes, le mouvement touche quasiment tous les lycées ce jeudi 1er octobre. Il y a eu des blocages ou tentatives de blocage à Camus, Daudet, Mistral, Voltaire, Saint-Vincent, Lamour, Hemingway, Raimu ou encore Gaston-Darboux. La situation a été assez tendue par endroits, avec feux de poubelles et de palettes.

    Face à quelques dégradations la police est intervenue, notamment à Camus et Saint-Vincent où il y a eu usage de gaz lacrymogène. À Mistral, le portail a été dégondé et les cours ont été annulés. Mercredi 30 septembre, le maire de Nîmes Vincent Bouget (PCF) est allé à la rencontre des jeunes. « Les lycéens nîmois, comme dans de nombreuses autres villes du pays ont manifesté un profond mal-être sur leurs conditions d’apprentissage et sur les perspectives d’avenir », a déclaré le maire dans un message sur les réseaux sociaux. « Quelques violences, qui relèvent d’une minorité, ont émaillé la mobilisation et je le regrette. Dans le même temps, il faut garantir la liberté de manifestation et l’expression pacifique des revendications », insiste-t-il.

    Soutien de la CGT

    de l’Hérault

    Dans l’Hérault, selon la préfecture une quinzaine de lycées du département étaient concernés ce jeudi matin par le mouvement. La préfète Chantal Mauchet a fait un point de situation jeudi matin. « Le phénomène est inquiétant et prend de l’ampleur. Il y a plusieurs points de blocages, notamment à Montpellier. Des interventions de la police ont eu lieu. C’est une situation très délicate que je suis attentivement. » Dans un communiqué, l’Observatoire des libertés publiques de Montpellier rapporte que dès le mardi 29 septembre, des actes de violences policières ont été constatés.

    Dans un communiqué, l’Union départementale CGT de l’Hérault, dénonce la répression « Ce 1er octobre, alors qu’ils poursuivent leur mobilisation, la répression monte d’un cran. Des nuages de gaz lacrymogènes toxiques flottent sur Montpellier. Cette situation est inacceptable. La colère d’une jeunesse qui revendique. Cette situation est inacceptable. La colère d’une jeunesse qui revendique des moyens pour étudier, se former et construire son avenir doit être entendue, pas réprimée. » Pour la CGT, « un lycéen qui revendique n’est pas une menace. La réponse doit être claire : des moyens pour l’École, des services publics renforcés et un avenir digne pour toutes et tous, pas l’austérité et la répression. » Le gouvernement a mis en place une cellule de crise.