Il a annoncé un renforcement de la sécurité avec la police municipale et les maîtres-nageurs « pour permettre à chacun d’en profiter sereinement ». Dès cet été, la navette du centre-ville au restaurant Nomada aux Vannades et à la boîte de nuit Rockstar à Vinon circulera les vendredis et samedis, une promesse de campagne pour les jeunes, pour des soirées plus sécurisées. « Nous sommes ravis de la fréquentation enregistrée. Les objectifs ont été réalisés. Il ne reste plus qu’un aménagement à faire : le bâtiment de l’aviron. Dès la fin de cette saison, nous déterminerons les possibilités d’extension », a expliqué Camille Galtier.
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![[Les espèces qui peuplent nos parcs] Parc National de Port-Cros : l’actinie rouge](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/06/6cc78a58f589c7c4c7d84414fdf7280e.jpg)
[Les espèces qui peuplent nos parcs] Parc National de Port-Cros : l’actinie rouge
On ne voit d’elle généralement qu’une bourse ressemblant à une petite tomate brillante de couleur rouge vif à brunâtre. Ses tentacules de 2 cm de long réunis en couronne sont déployés généralement la nuit, lorsque l’animal est immergé pour capter sa nourriture. Cette anémone de mer vit sur les rochers littoraux dans les zones ombragées.
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![[La recette du Vieux-Port] Saint-Pierre au four](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/06/af5c5b0c87c94fae9ca56cb9de300c30.jpg)
[La recette du Vieux-Port] Saint-Pierre au four
Eliane et Daniel, couple de Marseillais, sont chanceux : il y a un beau Saint-Pierre présenté sur l’étal de Philippe, ce matin-là, sur le Vieux-Port. Poisson star de la bouillabaisse, le Saint-Pierre est aussi excellent en solo. Eliane, toute contente de sa trouvaille, livre sa recette : « C’est le poisson préféré de Daniel, mon mari. Je le fais au four avec des tomates, des oignons frais, du fenouil et une feuille de laurier, avec un filet d’huile d’olive. Je mets le four à 180 degrés, et une demi-heure plus tard, il est prêt ! »
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![[Lecture] Edgar Hilsenrath, ou la voie de l’impertinence](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/06/9ec1582155f66340f0998187406659bb.jpg)
[Lecture] Edgar Hilsenrath, ou la voie de l’impertinence
Succinct portrait dressé par Agathe Pin-Chomette, sa biographe : « Edgar n’est pas l’homme des compromis, ni des angles arrondis. Il est trop entier et solitaire. Il aime à se décrire comme à la marge. Il ne fréquente pas les écrivains médiatisés de son temps. Il ne fait que très peu d’efforts avec les journalistes et les critiques littéraires, souvent découragés par son tutoiement iconoclaste, et son laconisme savamment étudié en interview ».
Vous saurez tout de lui en lisant les deux cents pages consacrées à ce génie qui aurait préféré ne pas naître pour ne pas avoir à mourir, ni à se souvenir de tout ce que la vie et la guerre lui avaient réservé. Heureusement que les fées, penchées sur son berceau, l’ont doté du pouvoir de l’insolence et de l’autodérision.
Elles l’ont doté aussi du bonheur d’être heureux à la vue de celui qui grelotte et trouve une couverture, celui qui a faim et trouve un morceau de pain, celui qui est seul et trouve une lueur d’amour…
Merci à Agathe Pin-Chomette de s’être plongée dans la vie tragiquement tumultueuse d’un écrivain, rescapé de l’Holocauste, et d’avoir convaincu les lecteurs que la légendaire outrecuidance, assaisonnée d’humour noir, glaçant, et ravageur d’Edgar Hilsenrath élevait ce romancier d’exception au-dessus de la médiocrité des censeurs-réviseurs, à l’âme trop timorée, ou à la plume pas assez crâne, pour accepter des vérités qu’une expression passée en proverbe voudrait nous faire accroire comme n’étant pas toujours bonnes à dire. Passionnant.
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![[Chronique des invisibles] Un de mes héros s’en est allé…](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/06/6d616c09c3724322e0857df9e10c41e3.jpg)
[Chronique des invisibles] Un de mes héros s’en est allé…
Il faut que je vous parle de quelqu’un qui a énormément compté pour moi. Pour tous celles et ceux qu’il a aidés au cours de son existence. Il s’appelait Guy Diaz. Ce fut mon camarade, mon ami et mon frère. Tu as lutté avec acharnement et dignité, dans ce dernier combat que nul ne choisit. Toi, l’immense militant, le syndicaliste, le mutualiste, l’homme debout. Toi qui portais le prénom de mon écrivain préféré, comme un signe discret, presque une promesse.
Hier j’écrivais encore sur la lâcheté ordinaire. Aujourd’hui je perds l’un de mes héros. Je regrette aujourd’hui les mots tus, les silences trop lourds, les visites remises à plus tard.
Je nous revois avec Renée, ton épouse, dans ces moments suspendus où la ville de Marseille devenait récit sous ta voix. Ta connaissance de la fascinante cité phocéenne était charnelle, précise, presque amoureuse.
Tu en connaissais l’histoire comme on connaît un visage aimé. Chaque rue, chaque pierre, chaque porte chargée de mémoire, notamment dans ce Vieux Panier où tu avais usé tes fonds de culotte, devenait prétexte à raconter, transmettre, faire vivre.
Je me souviens de mon coup de cœur pour le Vallon des Auffes. C’est à cet endroit où enfant, toi le fils d’immigrés espagnols, tu as appris à nager. C’est sur ce bord de quai où tu as conté fleurette à cette charmante jeune fille qui allait devenir ta femme pour la vie.
Dans tes veines coulait le sang des républicains espagnols, cette noblesse de ceux qui ne baissent les yeux que pour faire leurs lacets, cette fierté de défendre les opprimés. Avec toi, je marchais aussi dans les pas de Pagnol. Et j’aime à croire qu’aujourd’hui, de l’autre côté du miroir, Marcel t’accueille pour une de ces discussions passionnées dont tu avais le secret. Ce monde donne trop souvent des noms indignes à ses places et à ses rues : anciens présidents douteux, esclavagistes, figures troubles que l’histoire n’a pas su juger à la hauteur de leurs fautes.
Toi, Guy, tu méritais mieux que ces pierres sans mémoire. Tu méritais les Vivants. Tu es, et tu resteras, cette étoile au-dessus de nos vies. Celle qui continue de briller, même lorsque nous fermons les yeux.
La maladie aura beau essayer de tout dévorer jusqu’à digérer ton dernier souffle, on ne peut avaler le feu sacré, dissoudre la mémoire de ceux qui t’ont aimé, enlever toutes ces luttes pour lesquelles tu as donné sans compter.
Je t’embrasse fraternellement. Et je te pleure. Adesias mon ami, mon frère.
À Monsieur Guy Diaz, un Grand Homme pour l’éternité.
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![[Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Ingres efface et puis recrée Nicolas Poussin](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/06/abd9bf238d0e6bb39618ae915d3e27d3.png)
[Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Ingres efface et puis recrée Nicolas Poussin
C’est un tableau plein de grâce et de mystère. Intrigant, immédiatement envoûtant. Il est accroché dans une encoignure du second étage du musée, les visiteurs pourraient ne pas l’apercevoir. Voici trois jeunes femmes, des vases et des cruches, la margelle d’un puits. Celle qu’on aperçoit à gauche semble avoir oublié qu’elle verse de l’eau dans un récipient. Sa silhouette est en suspens, son corps est distrait. Ses gestes restent pertinents, ses yeux et sa mémoire sont exclusivement captés par la figure centrale, une autre jeune femme qui voudrait maîtriser son émotion. Sur la droite, une troisième personne affiche une attitude impérieuse et désinvolte, un regard distant. Elle n’ignore rien de ce qui se passe à côté d’elle, mais prétend pourtant ne pas être du tout concernée.
L’auteur de cette toile s’appelle Jean-Dominique Ingres. Sur ce petit format de grande modestie, en dépit de l’harmonie des couleurs des vêtements et de la finesse des traits des visages de ces personnes, on ne trouve quasiment rien qui puisse être aisément rattaché à Madame de Senonnes, à Jupiter et Thétis, à l’Odalisque, ou bien au Bain Turc. Le cartel nous sauve de cette indécision, il s’agit d’un épisode de la Bible. Ce tableau, c’est son titre, retrace la « Rencontre d’Eliezer avec Rébecca ». Le patriarche Abraham décide d’envoyer en Chaldée la caravane d’un homme de confiance pour qu’il puisse trouver une épouse digne de son fils Isaac.
On est à Paris entre 1801 et 1806, Ingres vient d’avoir 20 ans. Le natif de Montauban voudrait partir pour Rome, visite souvent le Louvre, songe énormément aux deux maîtres qu’il vénère, Raphaël et Nicolas Poussin. Il choisit de copier trois silhouettes qui figurent dans une vaste et beaucoup plus solennelle composition de Poussin où l’on découvre dans un décor urbain, au beau milieu de douze jeunes femmes, cette mission qu’Eliezer entreprend afin de convaincre Rébecca.
Jeune apprenti à la fois fidèle et audacieux, Ingres supprime l’argument central et synthétise la composition de Poussin. Point de négociation, ni de demande en mariage. Eliezer, l’agitation des suivantes et les architectures du paysage n’existent pas. Rébecca accepte sobrement son destin de future compagne d’Isaac. À droite, une jeune femme déclare son indifférence en face de cette éventualité. À gauche, une troisième personne accompagne rêveusement le départ de la mariée.
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![[Lecture] Il y a cent cinquante ans, s’éteignait l’incontournable George Sand](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/06/5d79d770576d41614ec40316b007104d.png)
[Lecture] Il y a cent cinquante ans, s’éteignait l’incontournable George Sand
En 1985, nous écrivions une étude romancée sur George Sand, et devenions, suite à sa publication, une intime de la regrettée Christiane Smeets-Sand, son héritière. Autant dire que la Bonne Dame de Nohant, mais aussi de Gargilesse, ne nous est pas inconnue. Aussi chaque livre écrit sur elle nous ramène-t-il à cette femme qui avait préféré son sang plébéien au royal, que l’on accusa de flatter le peuple, et d’avoir osé dire qu’il y avait de plus grandes idées, et de plus grands sentiments, dans l’atelier d’un artisan que dans les salons de la noblesse, ou de la bourgeoisie. Merci à l’historienne Marie-Hélène Baylac de faire renaître celle qui fut saluée par nombre de ses contemporains, mais que Baudelaire, Nietzsche, Edmond de Goncourt, et autres, se plurent à railler.
Passion d’une vie
Dès les premières pages, nous sentons la plume de l’historienne, absorbée par les événements mémorables qui firent du XIXe siècle une époque riche en agitations populaires, mais aussi en joutes littéraires. Sand n’en sera pas seulement le témoin, mais fera entendre sa voix lors des manifestations, quitte à être traitée de « bourgeoise populacière qui aspire aux sentiments généreux ». Elle n’en aura cure et se battra jusqu’à sa mort contre l’injustice. George Sand, ou la passion d’une vie, un livre remarquable, tant par sa richesse iconographique, que par le vif intérêt qu’il suscite. Nous vous invitons également à lire, dans l’excellente collection « Ainsi parlait » des éditions Arfuyen, les quatre cent cinquante-six citations de George Sand, choisies et présentées par Pascale Auraix-Jonchière (14 euros).
ET AUSSI
Le Crépuscule des Dieux
Qu’il nous rappelle l’opéra de Richard Wagner, le roman du Manosquin Élémir Bourges, ou le film de Luchino Visconti, le titre se réfère à un déclin qui fait pressentir une disparition. C’est celui légitimement choisi par l’éditorialiste politique Patrice Duhamel, pour nous révéler les années de combat de De Gaulle, Pompidou, Mitterrand, Chirac contre la maladie – ce qui lui permet de s’interroger sur les mensonges d’État. L’auteur, qui nous a habitués à la plus belle des plumes, n’avait jamais encore atteint un degré aussi éminent de qualité.
L’Observatoire, 22 euros
Agatha à Londres
Vous aurez compris que l’Agatha du titre est l’indémodable Christie. Pourquoi Londres ? Primo, parce que la capitale britannique était chère à la Reine du Crime. Secundo, parce qu’un lieu sert de toile de fond à une intrigue, et fait partie des personnages principaux, notamment lorsqu’un assassinat s’y commet. Que seraient les romans d’Izzo sans Marseille, ceux de Montalbán sans Barcelone, ou ceux de Camilleri sans Porto Empedocle ? Douze enquêtes typically londoniennes languissent de prendre place sur votre table de chevet. Ne les faites pas attendre.
Le Masque, 19,90 euros
Travail
« Ce livre, écrit par Émile Zola, est extraordinaire, par la mise en œuvre, par la construction forte et logique d’un idéal social : le bonheur humain dans le travail réorganisé, dans le travail devenu, enfin, ce qu’il doit être, une joie d’homme libre, au lieu de rester ce qu’il fut toujours, plus ou moins, une souffrance, une abjection d’esclave. »… Ces phrases, qui datent de 1901, sont d’Octave Mirbeau, maître écrivain libertaire, qui aurait salué Jacques Noiray, préfacier de cette première publication au format de poche du dernier roman publié du vivant de Zola.
Folio, 9,50 euros
Marilyn & Ella
Elles étaient amies. L’une avait la beauté, l’autre la voix. À elle deux, elles symbolisaient un temps où la musique et le cinéma étaient élevés à la hauteur d’un art, où les femmes se voulaient indépendantes – ce qui choquait autant les hommes des milieux aisés que ceux des quartiers populaires. Merci à Eliza Knight, à Denny S. Bryce, et à leur traductrice, Carole Delporte, d’avoir réuni « The Blonde Bombshell » et « The First Lady of Song » pour le centenaire de la naissance de la première, et le trentième anniversaire de la disparition de la seconde.
HarperCollins, 21,90 euros
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![[Mémoire ouvrière] Lucien Molino. L’explosion au palais de justice](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/06/7921060d4b8098e6e18549599e97a3a9.jpg)
[Mémoire ouvrière] Lucien Molino. L’explosion au palais de justice
La revendication de l’acompte provisionnel de 25% fut avancée, mais l’essentiel restait la protestation et la libération des emprisonnés.
Une délégation des déportés, conduite par le révérend père Perceval, intervint auprès du préfet et l’association des anciens détenus de la centrale d’Eysses demanda la libération de Dani, secrétaire de la section marseillaise, déporté à Dachau.
Malgré le témoignage des gardes mobiles affirmant honnêtement qu’ils n’avaient été l’objet d’aucune violence, le préfet socialiste exigea que les ouvriers arrêtés soient déférés devant le tribunal. Le procès eut lieu devant la 5e chambre correctionnelle le mercredi 12 novembre 1947.
Nous appelâmes tous les camarades à assister au procès. Effrayé, le commissaire central envoya deux pelotons de gardes mobiles dès 7h30 au palais de justice, répartis dans le cabinet du président du tribunal et dans la salle d’audience.
Pendant ce temps, les manifestants affluaient par milliers devant le palais de justice. Les travailleurs étaient en grève dans la plupart des entreprises métallurgiques.
Les travailleurs de la métallurgie au premier rang
Ceux de la navale, de la SPCN, Terrin, Groignard, Paoli, Durbec, Duclos, des aciéries du Nord, Bolsonni et Jauffret, de la SNCASE de Marignane, étaient présents. Beaucoup s’introduisirent dans la salle d’audience, la police voulut faire évacuer tous les étages du palais.
Mais le barrage policier établi à la rue Fortia céda sous la pression des travailleurs. Le commissaire central fit fermer les portes du palais, mais trop tard. La salle d’audience était pleine à craquer et les travailleurs de la métallurgie au premier rang.
À 10h, après délibération, seul Dani est mis en liberté, les trois autres inculpés furent maintenus sous mandat de dépôt. Le président du tribunal n’eut pas le temps de poursuivre la lecture des décisions prises par les magistrats. Sur l’ordre de Georges Brunero, secrétaire du bureau de l’UD, les travées des témoins et des avocats furent envahies par les travailleurs. Les magistrats se réfugièrent dans le cabinet du président.
Devant une telle manifestation, le magistrat instructeur s’apprêtait à signer l’ordre de mise en liberté provisoire, lorsque le préfet exigea un jugement de maintien sous dépôt, qui s’appliquait aux trois inculpés malgré l’absence de délit. Deux inculpés furent libérés par les travailleurs, malgré les policiers qui reculèrent devant eux. Les deux autres, dont Dani, furent maintenus par les gardes mobiles retranchés dans un bureau du Palais. Les travailleurs avaient leur outil de travail, « le ganchou », qu’ils ne quittaient jamais et qui effrayait les policiers.
Dès midi, la grève s’étendit. Les dockers arrivèrent en masse au palais de justice avec leurs outils de travail ; « le ganchou » qu’ils ne quittaient jamais et qui effrayait les policiers. Les marins, les produits chimiques, l’alimentation, la Sécurité sociale en mouvement, réclamaient la libération et un non-lieu pour les quatre inculpés.
à suivre la semaine prochaine…
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![[Chroniques méditerranéennes ] Là où vivent les mots – Le refuge d’Erri De Luca](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/06/ff53df785860351848cb13a8550ddd4d.png)
[Chroniques méditerranéennes ] Là où vivent les mots – Le refuge d’Erri De Luca
Un trésor de mots au cœur de la ville. C’est une petite librairie, le refuge d’Erri De Luca lorsqu’il revient à Naples. L’odeur du papier, les volumes, dont beaucoup sont introuvables, dressent un rempart silencieux contre le tumulte de notre époque. Raimondo Di Maio est là depuis des décennies. Et il a toujours utilisé les livres comme armes pour défendre la liberté.
Il me montre une vitrine où sont exposés les textes d’Erri. Non seulement ceux que nous connaissons tous, mais aussi des livres qu’il a publiés sous l’égide de « Dante Descartes », le nom de la librairie.
Depuis le 25 mai, De Luca est la cible d’un harcèlement en ligne orchestré par un activiste, suite à la publication d’un article dans un journal qui republiait un de ses textes paru dans le quotidien Israel Hayom. Dans cet article, l’auteur se déclarait sioniste, affirmant que ce qui se passe à Gaza ne peut être qualifié de génocide. Deux mots qui ont déclenché une véritable tempête. Entre ceux qui ont promis de brûler ses livres et ceux qui l’ont traité de traître, De Luca se trouve au cœur d’une tempête cauchemardesque.
Que se passe-t-il ? « Nous sommes amis avec Erri depuis toujours », explique Raimondo. « Nous connaissons tous ses positions, ses idées. C’est un homme qui a toujours pris le parti des plus faibles. Il a même été jugé pour avoir soutenu le mouvement No TAV, qui s’opposait à la ligne ferroviaire à grande vitesse Turin-Lyon. »
Les mots « incriminants » : sionisme et génocide.
« Le sionisme revêt de nombreuses formes, la plus répandue étant l’idée de deux peuples, deux États. Erri s’est donc déclaré sioniste. Le mot génocide exprime un concept complexe. Appelons-le horreur, massacre. Erri, fort de son vocabulaire, a employé un terme qui nécessite une reconnaissance officielle de l’ONU pour être valide. C’était de sa part une tentative de perfectionnisme linguistique inadaptée à une masse qui se forge ses propres vérités pour se ranger du bon côté. »
Ce qui se passe en Italie avec l’affaire De Luca est tout simplement kafkaïen. Un lynchage où une partie du monde culturel s’est ralliée à une vérité indiscutable.
« Un monde incapable de s’attarder sur le particulier. Emprisonné dans une intolérance et un narcissisme qui le coupent de toute discussion, de tout débat et de toute circulation des idées. »
Raimondo me montre quelques textes d’Erri publiés sous son label. Il doit y en avoir une douzaine.
« Ce sont ses hommages à ce lieu », me dit-il en feuilletant Napòlide, un livre qui relate la condition philosophique de ceux qui sont nés à Naples et qui prennent leurs distances avec la ville tout en conservant ses traits au plus profond d’eux-mêmes.
Il existe une Fondation Erri De Luca, créée en 2011. Pouvez-vous m’en parler ?
Erri n’a pas d’enfants ; il a donc créé la fondation pour gérer les archives et son œuvre. Mais ce n’est pas tout. Entièrement financée par lui, cette organisation promeut des initiatives culturelles, des interventions humanitaires et la solidarité sociale, notamment par le biais de bourses d’études pour jeunes migrants. Je me demande maintenant si un homme comme lui devrait subir une telle vague de violence.
Son exclusion d’un festival littéraire à Salerne pour « propos inappropriés » suite à ses commentaires témoigne de la passion qui existe en Italie pour la confrontation et les idées.
Au point d’affirmer, à tort, qu’on n’est pas ce qu’on écrit. Certes, la littérature exige de la créativité narrative ; pourtant, écrire ne se résume pas à des éclairs de génie au service de la fiction. Au cœur de chaque page se trouve l’auteur : une âme faite d’histoire, d’expérience et de sensibilité. Un monde entier vit dans les mots. Un peu comme ici, dans cette petite librairie napolitaine, où le sens profond de la vie se cache parmi des milliers de livres. Où Erri De Luca aime se réfugier.
Journaliste et
romancière,
Stefania Nardini vit
entre Naples et
Rome
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![[Kallisté] Les Poilus du Fium’Orbu : redonner un visageà ceux que l’Histoire ne doit pas oublier](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/06/c029d92775fd0cbb373a68eaea5ac4c9.jpg)
[Kallisté] Les Poilus du Fium’Orbu : redonner un visageà ceux que l’Histoire ne doit pas oublier
Devant un public attentif, les portraits et parcours des 44 combattants de la Première Guerre mondiale recensés à ce jour dans les communes de Chisa, Sari-Solenzara, Solaro et Ventiseri ont été présentés. Une démarche qui permet de redonner un visage, une histoire et une identité à ces hommes emportés dans l’un des conflits les plus meurtriers du XXe siècle.
Parmi les intervenants figuraient notamment Antoine Galloni d’Istria, historien spécialisé dans la recherche sur les combattants corses de la Grande Guerre, ainsi que des représentants de l’association Corsica 1943. Leurs interventions ont permis de rappeler l’ampleur du sacrifice consenti par toute une génération de Corses.
Les monuments aux morts présents dans les 307 communes de l’île témoignent encore aujourd’hui du lourd tribut payé par la Corse. Derrière les noms gravés dans la pierre se cachent des destins souvent méconnus : jeunes hommes, pères de famille, agriculteurs ou bergers arrachés à leur quotidien pour répondre à l’appel de la Nation.
Au-delà du drame humain, la disparition de milliers d’hommes a profondément bouleversé l’équilibre économique et social de l’île. Dans de nombreux villages, leur absence a laissé un vide durable, affectant les exploitations agricoles, l’élevage et la vie communautaire tout entière.
Grâce au travail de recensement mené avec le concours des familles, cette initiative contribue à préserver une mémoire collective précieuse. En redonnant une histoire à chacun de ces soldats, elle permet de mieux comprendre ce que la Corse a vécu durant la Grande Guerre et de transmettre cet héritage aux nouvelles générations.
À l’heure où les conflits continuent d’endeuiller de nombreuses régions du monde, cette démarche rappelle avec force l’importance du devoir de mémoire et le prix de la paix.
Pour ne pas oublier.
