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  • Un nouvel éclairage sur la vie et l’œuvre de Claude McKay

    Un nouvel éclairage sur la vie et l’œuvre de Claude McKay

    Claude McKay, Back to Marseille ». Ce mercredi commence une semaine de rencontres, conférences, projections et concerts dans la bibliothèque marseillaise. « L’idée de l’événement est venue suite au don de documents consacrés à l’écrivain Claude McKay par Richard Bradbury, professeur de littérature caribéenne », explique la Bibliothèque l’Alcazar. Ce poète et romancier est l’une des figures majeures du mouvement artistique et intellectuel de la Renaissance d’Harlem à New York dans les années 20. Ce mouvement, ayant pour berceau le quartier d’Harlem, a marqué un tournant majeur dans la littérature noire américaine. Elle a, pour la première fois, connu une diffusion en dehors de l’élite noire américaine. Dans une période où le pays qui n’a pas de nom est en pleine « folie raciste », notamment suite au massacre de Tulsa en 1921, l’une des tueries les plus meurtrières de l’histoire américaine. Claude McKay publie le premier ouvrage significatif de la renaissance : Harlem Shadows. C’est dans ce cadre que mercredi à 18 heures, le collectif James Baldwin, qui restaure et transmet l’œuvre et la pensée de James Baldwin, mettra en lumière les réflexions sociales et politiques de l’écrivain américain, proches de celles de Claude McKay.

    Mais alors quel lien avait-il avec la ville de Marseille ? Eh bien, un lien important, redécouvert et popularisé récemment. Après 90 ans d’oubli, Armando Coxe, journaliste admirateur du romancier, a retrouvé, après dix ans de recherches, Romance in Marseille. « Une fiction dans la ville de Marseille à la modernité troublante, traitant de colonialisme, d’identité et d’homosexualité », selon le journal Le Monde. Mardi à 18 heures se tiendra une conférence par le professeur de littérature caribéenne Richard Bradbury, qui a supervisé l’édition de Romance in Marseille.

    Conférences et projection

    Écrite en 1932 à Tanger, Romance in Marseille plonge le lecteur dans la « Fosse », le quartier réservé de Marseille (ancien quartier de la prostitution légale). La Manufacture de livres viendra détailler l’histoire de ce « Far West » marseillais où a vécu le romancier, mercredi à 14 heures.

    « À travers ses romans Banjo et Romance in Marseille, McKay a su capter l’énergie cosmopolite du port, les solidarités de l’exil et la circulation des cultures noires », détaille la bibliothèque l’Alcazar. Dans un contexte politique mondial trouble « films, concerts et rencontres viendront éclairer l’actualité brûlante d’une œuvre qui interroge avec force l’exil, le racisme, l’identité et la fraternité humaine », développe les organisateurs de la manifestation. Un documentaire sera également projeté vendredi à 16 h, retraçant la vie engagée de Claude McKay.

    Salle de conférence – Bibliothèque l’Alcazar.
    Entrée libre

  • Stéphane Ravier et sa nièce Sandrine d’Angio condamnés pour favoritisme

    Stéphane Ravier et sa nièce Sandrine d’Angio condamnés pour favoritisme

    « C’est bien en connaissance de cause que Stéphane Ravier a violé les règles de la commande publique et commis ce favoritisme. C’est une atteinte à la probité qui fragilise la confiance des citoyens dans les institutions », a déclaré la présidente du tribunal correctionnel, ce mardi matin, à Marseille.

    Le dossier concerne une affaire de favoritisme sur des marchés publics lorsqu’ils étaient maires de secteur des 13e et 14e arrondissements de la ville.

    En cause ? Le recours à deux sociétés, « liées car présidées par le même couple » comme le notait la présidente du tribunal lors de l’audience, pour la création d’un nouveau site web pour la municipalité et la gestion de celui-ci entre 2016 et 2018. Le tout « en n’ayant recours à aucune procédure de marché public, aucune mise en concurrence, aucune publicité ».

    Outre leurs condamnations, Stéphane Ravier et Sandrine d’Angio devront verser 1500 euros de frais à la Ville de Marseille.

    Relire notre article du 11 février : Accusations de favoritisme : Stéphane Ravier au tribunal

  • L’extrême violence politique en accusation

    L’extrême violence politique en accusation

    Une conférence de presse expéditive pour une affaire hautement sensible. Le militant nationaliste Quentin Deranque a succombé à des coups portés par au moins six individus masqués et cagoulés, qui ne sont pas encore identifiés, a déclaré lundi le procureur de Lyon. Une enquête criminelle a été ouverte pour « homicide volontaire, violences aggravées et association de malfaiteurs en vue de commettre un délit ». Quand il a été pris en charge par les secours jeudi soir, le jeune homme « présentait essentiellement des lésions à la tête », « au-delà de toutes ressources thérapeutiques et mortelles à brève échéance », a indiqué Thierry Dran. Aucun coup de couteau n’a été porté à cet étudiant de 23 ans, sans casier judiciaire, a précisé le magistrat.

    Militant très actif dans les sphères d’extrême droite

    La police a entendu « plus d’une quinzaine de témoins » et analyse des vidéos de l’agression, mais « au moment où je vous parle, il n’y a pas eu d’interpellation », a appuyé Thierry Dran. « L’enquête cherche à identifier l’ensemble des auteurs directs des faits criminels. » Alors que le gouvernement a accusé le groupe antifasciste la Jeune Garde, le procureur a refusé d’en dire plus sur le profil des agresseurs. « Quand on aura interpellé les gens, on va vous en dire plus sur leur appartenance », a-t-il martelé, disant vouloir se baser « non pas sur des rumeurs, mais sur des éléments » d’investigation.

    Jeudi, vers 17h30, en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, sept femmes militantes du collectif féminin d’extrême droite Némésis ont déployé une banderole pour dénoncer sa présence, selon le récit du magistrat. Elles avaient « demandé à un certain nombre de leurs amis de venir les aider en cas de violence. Néanmoins, ces derniers restaient à l’écart » quand elles ont été agressées par plusieurs individus, a-t-il rapporté. Deux d’entre elles disent avoir été étranglée pour l’une, jetée au sol pour l’autre, et ont des ITT de deux et cinq jours, selon lui. C’est un peu plus tard, vers 18h, que les jeunes hommes chargés d’aider Némésis « ont été pris à partie par un groupe d’une vingtaine d’individus masqués et cagoulés ». La plupart d’entre eux ont réussi à s’enfuir mais trois, dont Quentin Deranque, ont été isolés.

    Ils « étaient alors jetés au sol, puis frappés à de très nombreuses reprises par plusieurs individus, au moins six pour Quentin Deranque », a rapporté Thierry Dran. « Deux des victimes parvenaient tout de même à fuir, tandis que Quentin Deranque restait au sol. » Une fois leurs agresseurs partis, un de ses amis est revenu sur place et l’a trouvé conscient. Il a cherché à le ramener chez lui mais a constaté sur le chemin une dégradation de son état et a appelé les secours. Hospitalisé dans le coma, le jeune homme a été déclaré mort samedi. Il était inscrit depuis cette année en BUT Sciences des données à l’université Lumière Lyon II.

    Ancien membre du mouvement royaliste historiquement antisémite l’Action française à Vienne -qui lui a rendu hommage-, Quentin Deranque était « militant d’un groupe nationaliste-révolutionnaire local », a indiqué à l’AFP un porte-parole d’un autre groupe nationaliste lyonnais Audace. Ce groupuscule néofasciste se nomme Allobroges Bourgoin, fondé début mai 2025 et inauguré lors du défilé d’extrême droite du « Comité du 9 mai », auquel le jeune homme aurait participé selon Libération. Converti au catholicisme depuis peu, il fréquentait d’après les informations du Figaro, l’Academia Christiana, un institut de formation catholique traditionaliste et nationaliste, créé par l’un des cofondateurs de Génération identitaire en 2013.

    REACTIONS

    Fabien Roussel secrétaire national du PCF

    « Un drame. Une famille en deuil, des proches bouleversés… Il faut arrêter avec cette violence en politique qui mènera toujours à des tragédies. Que toute la lumière soit faite et que justice soit rendue. »

    Jean-Luc Mélenchon fondateur de la France insoumise

    « Notre service d’ordre s’est déployé pendant toute la durée de la présence de [Rima Hassan à l’IEP de Lyon]. Durant cette période, il ne s’est strictement rien passé : ni dans la salle, ni devant l’école, ni alentours. Tout a été arrangé pour faire croire à une sorte d’expédition de notre service d’ordre contre le jeune homme. Mensonges ! Nous n’avons rien à voir avec cette histoire. Tous ceux qui affirment le contraire sont des calomniateurs ! »

    Laurent Nunez ministre de l’Intérieur

    « Aucune cause ne pourra jamais justifier ce déchaînement de violence. Dans ce contexte, j’ai [appelé] les préfets au renforcement de la vigilance autour des rassemblements de nature politique, ainsi qu’autour des permanences de campagne. »

    Olivier Faure premier secrétaire du PS

    « Le niveau de violence atteint est inacceptable. Dans une démocratie personne ne devrait mourir pour ses idées. »

    Grégory Doucet maire (EELV)de Lyon

    « Je condamne avec la plus grande fermeté la rixe d’une extrême violence qui s’est déroulée à Lyon. Rien ne peut justifier de tels affrontements (…) La ville de Lyon est à la disposition de la justice pour faire toute la lumière sur ces évènements dramatiques. »

  • Des tonnes de produits locaux en route pour le Salon de l’agriculture

    Des tonnes de produits locaux en route pour le Salon de l’agriculture

    Fromage, vin, jus de fruit, miel, lavande… Quinze tonnes de produits locaux ont été chargées lundi matin à Malijai dans un camion qui prendra ensuite la route pour le Salon international de l’agriculture à Paris. Une centaine de producteurs partenaires ont participé à l’opération, démarrée au mois de septembre, en donnant leurs produits qui seront ensuite dégustés au Salon.

    Les organisateurs sont allés à leur rencontre pour récupérer le fruit de leur production : eau de Montclar, fromage de Banon, de l’Ubaye, bière de la Durance ou encore vin de la distillerie de Forcalquier. « L’objectif est de mettre en avant nos filières d’excellence et nos produits labellisés », détaille Julien Martellini, directeur de l’agence de développement qui organise la présence du département sur le Salon.

    Après la lavande, le miel, l’olive et l’agneau de Sisteron, c’est la pomme Golden et l’arboriculture qui seront à l’honneur cette année, le département étant le troisième producteur national. Les trois arboriculteurs les plus importants sont situés à Manosque, à Sisteron et à Dabisse. Ils doivent faire face à de nombreuses problématiques liées aux pucerons, aux maladies, à l’usage de produits phytosanitaires, au réchauffement climatique, à la sécheresse ou encore à l’accès à l’eau. La pomme est également le fruit le plus consommé en France, avec 16 kilos par foyer et par an.

    Au Salon, une dizaine d’animations auront lieu chaque jour pour faire découvrir les produits du département, explique Julien Martellini. Une centaine de producteurs, de partenaires ou encore d’élus du département seront présents. 150 personnes avaient participé au stand l’année dernière pour fièrement représenter et porter les couleurs du département.

    « Une aventure collective »

    Mercredi, une escale chez un producteur à Curbans permettra de récupérer et charger dans le camion une tonne de pommes. L’arrivée du poids lourd à Paris est prévue vendredi matin. En attendant, les équipes arriveront mercredi et installeront le stand, qui fera 75m². 15m3 de frigo et 15m² de réserve sèche seront également à disposition du département « pour approvisionner l’ensemble de ses besoins pendant les 10 jours du Salon », ajoute Julien Martellini.

    « Il y aura un vélo qui permettra de faire du jus de fruits en pédalant ! », se réjouit Éric Olive, directeur de l’attractivité de l’agence de développement qui organise la présence du département au Salon depuis 5 ans. C’est « une page qui se tourne », pour Éric Olive, tout ému d’organiser son dernier Salon avant son départ à la retraite le 25 février. « C’était une aventure collective, familiale, j’en garderai un bon souvenir », confie-t-il avant de fermer la porte du camion chargé, les larmes aux yeux.

    L’agriculture est très importante pour le département. Les surfaces agricoles couvrent 31% des Alpes-de-Haute-Provence, et la filière emploie 3 770 personnes. Le département est le premier producteur national d’essence de lavandin.

    Le département avait remporté un nombre record de médailles en 2024, au chiffre de 51, dont 17 pour ses vins, 14 pour ses huiles d’olive, 10 pour ses apéritifs, deux pour ses rillettes de canard, ses viandes, ses bières, ses fromages, et une pour son miel et son whisky… Il avait également remporté la seconde place du concours des bovins pour ses blondes d’Aquitaine. En 2025, c’était 40 médailles qui avaient été gagnées. Deux élèves de Carmejane, établissement de formation agricole des Alpes-de-Haute-Provence, ont par ailleurs été sacrés meilleurs jeunes bergers du Sud en 2026.

    Le Salon international de l’agriculture se tient cette année dans un contexte particulier de mobilisation agricole et de dermatose bovine, qui empêche pour la première fois d’exposer vaches et moutons.

    Salon international de l’agriculture, du samedi 21 février au dimanche 1er mars au parc d’exposition de la Porte de Versailles, à Paris.

  • L’art met en scène les cultures méditerranéennes

    L’art met en scène les cultures méditerranéennes

    L’événement « Méditerranée bord à bord », exposé au Polaris d’Istres met à l’honneur la Méditerranée. « Polaris est un centre d’art contemporain qui a toujours cherché l’ancrage dans la question de l’héritage et de la filiation » rappelle la directrice artistique, Catherine Soria. Ce projet valorise l’ancrage antique dans l’art contemporain pour « traiter les questions de flux et d’ouverture multiculturelle du pourtour méditerranéen », développe-t-elle.

    Gianni Dessi donne le ton

    Jusqu’au 4 avril, le premier volet s’ouvre avec l’exposition Terra Terre de Gianni Dessi. Partisan du renouveau de la peinture italienne des années 1970-80, cet « artiste contemporain avec une touche classique », décrit Catherine Soria, « lie la tradition à la modernité de la peinture ». Du sol au plafond, Gianni Dessi joue avec l’optique et l’espace dans une scénographie propre à son art. « Une mise en bouche » du deuxième volet.

    Grecs, marocains, tunisiens… Les vingt artistes méditerranéens seront exposés dès le 16 mai. Cette fois, la scénographie fera ressortir la mixité culturelle du pourtour méditerranéen. « D’un bord à l’autre, ces cultures sont à la fois communes et différentes », explique la directrice artistique, « reliées par un passé commun ». Les matériaux incarnent aussi ce message : « Parler de la culture méditerranéenne, c’est parler des savoir-faire : la terre rouge, la céramique, le marbre, la fresque au henné…», appuie Catherine Soria.

    Entrée gratuite

  • La CGT revendique une gare de Gap accessible à tous

    La CGT revendique une gare de Gap accessible à tous

    Dans un communiqué commun, le syndicat et l’association alertent sur les conditions actuelles d’accompagnement des personnes à mobilité réduite (PMR) en gare de Gap.

    « Par exemple, pour un voyageur en provenance de Paris et à destination de Gap en train de nuit, il est aujourd’hui prévu de poursuivre jusqu’à Embrun, d’être pris en charge par du personnel dépêché sur place puis d’effectuer le trajet retour vers Gap en taxi, tandis que le retour ne peut s’effectuer qu’au départ de Briançon », indiquent les deux organisations avant de compléter : « De même, en TER, une personne malvoyante au départ de Marseille et à destination de Gap est orientée vers un taxi, alors que pour un trajet vers Embrun l’accompagnement est réalisé directement à bord du train. »

    Dans ce contexte, la CGT propose notamment de « privilégier une prise en charge en gare par les agents, du premier au dernier train, plutôt qu’un recours systématique aux taxis » mais aussi de « renforcer le rôle des agents d’escale de Gap dans l’assistance aux personnes à mobilité réduite. Adapter progressivement les organisations afin d’anticiper les besoins liés aux JO 2030. »

    La CGT Ligne des Alpes souhaite poursuivre ce travail « en concertation avec l’APF France handicap, les élus locaux et les directions ferroviaires pour garantir un accès au train plus simple et plus accessible pour toutes et tous », conclut le syndicat.

  • Un nouvel espace de vie commune à la Grange d’Orel

    Un nouvel espace de vie commune à la Grange d’Orel

    Alors que le ciel commence à se couvrir, une bonne quarantaine d’enfants et de jeunes ados sont rassemblés autour d’un terrain de foot tout juste sorti de terre dans le quartier de la Grange d’Orel, à Avignon. Une demi-douzaine d’entre eux s’affrontent dans une partie de ballon rond, parfois réprimandés par un des éducateurs quand ils « tirent trop fort », tandis que la première édile de la Cité des Papes les regarde, tout sourire, à l’occasion de l’inauguration de ce square Diourbel, tout juste réaménagé.

    Avec un nouveau city stade de foot et de basket donc, mais aussi des tables de ping-pong, de nouveaux revêtements sur les routes alentour et différents végétaux.

    « Personne sur le bord

    du chemin »

    « Il suffit de regarder pour voir que les enfants sont super contents », se réjouit Billel Ferhane, directeur du club jeunes du quartier, mais aussi de l’insertion/prévention, collectif d’une quarantaine de jeunes à l’initiative d’une partie du projet à travers le budget participatif il y a un an. « C’est très bien que le quartier s’embellisse. Nos bâtiments sont beaux, mais il fallait le reste aussi. Le terrain était abandonné depuis 30 ans, donc c’est une très belle chose », appuie-t-il.

    Des aménagements et rénovations qui ont coûté au total 205 000 euros, en grande majorité dans le cadre du NPNRU, dont 20 000 euros issus du budget participatif de la ville, avec la demande de poser 25 arbres supplémentaires. « Nous voulions imaginer une action pour améliorer le quartier et lui redonner de la vie. C’est aussi un symbole d’avenir. On avait surtout besoin d’ombre ici parce qu’on n’en avait pas depuis longtemps », glisse Omar, membre de l’insertion/prévention, qui a été désigné comme le porte-parole du projet par ses camarades. « Notre volonté est de ne laisser personne sur le bord du chemin. Quand je vois l’énergie aujourd’hui, j’ai confiance en l’avenir de la ville, car les jeunes vont porter de beaux projets », avance Cécile Helle en fin de cérémonie.

  • La Maison départementale du handicap sous tension

    La Maison départementale du handicap sous tension

    La CGT des personnels du Département de Vaucluse dénonce, dans une lettre ouverte diffusée depuis le mercredi 11 février, une « situation extrêmement préoccupante » pour les équipes de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH).

    Une déclaration qui fait suite aux résultats d’un questionnaire distribué à l’ensemble des agents de la structure. « Malgré la réorganisation engagée et l’audit des risques psychosociaux, la situation ne cesse de se dégrader. Les agents comme les usagers en paient chaque jour le prix. Aujourd’hui, les équipes sont épuisées, démoralisées, et beaucoup ne croient plus être entendues », poursuit le syndicat, qui liste pour les agents une « surcharge chronique de travail », des « injonctions contradictoires », des « pressions chiffrées », des « postes non remplacés » ou encore une « précarité contractuelle ».

    Plusieurs secteurs seraient touchés. Au service d’accueil, la CGT assure qu’« aucun renfort n’est prévu malgré l’augmentation des sollicitations ». À l’évaluation, les recrutements seraient « inexistants alors que les départs s’enchaînent ». Ou encore dans le secteur enfant où il serait désormais, d’après le syndicat, « demandé de traiter des dossiers sans visite ni évaluations complètes, ce qui interroge gravement la légalité, l’équité et l’éthique professionnelle ». Il est également glissé que « des consignes conduiraient à renouveler ou rejeter des demandes sans véritable évaluation pluridisciplinaire ». Contacté par La Marseillaise, le conseil départemental de Vaucluse n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations.

    Demande d’intervention

    Alors que le syndicat assure que « cette situation n’est pas seulement organisationnelle » mais aussi « politique », une « rencontre rapide » est demandée avec la direction pour faire valoir plusieurs demandes « afin d’apporter des réponses claires aux agents et aux usagers ». À commencer par « un plan d’urgence de recrutements et de remplacements des postes vacants », sans chiffrer les besoins. Mais encore des « renforts pérennes à l’accueil et à l’évaluation », la « fin des consignes dégradant la qualité des évaluations », le « respect des missions professionnelles et du cadre légal », mais aussi « le rétablissement du télétravail lorsque les tâches le permettent », une « concertation réelle avec les représentants du personnel » et un calendrier précis de mise en place des mesures correctives. Des réponses qui seront peut-être apportées avec la construction d’une nouvelle MDPH dont la livraison est prévue pour cette année.

  • Longoria seul face au chaos après le départ de Benatia

    Longoria seul face au chaos après le départ de Benatia

    L’avenir à court terme de l’Olympique de Marseille n’a jamais été aussi sombre. Après la démission de Roberto De Zerbi en cours de saison, mercredi dernier, Medhi Benatia, directeur du football depuis un peu plus d’un an, a lui aussi décidé de quitter son poste, cinq jours plus tard. Deux départs qui présagent, encore une fois, une refonte totale du projet olympien. Une grande question persiste à la vue de ce contexte : est-ce Pablo Longoria, dernier rescapé de l’état-major marseillais, va lui aussi jeter l’éponge ?

    Le président espagnol, qui en a pourtant vu de toutes les couleurs depuis son arrivée dans la cité phocéenne, semble plus que jamais sur un siège éjectable. Aujourd’hui, l’OM se retrouve orphelin d’un entraîneur et d’un directeur sportif, alors que la qualification en Ligue des Champions est loin d’être acquise. Sans oublier le périple en Coupe de France toujours d’actualité, avec la future réception des Toulousains, le 4 mars. La perte de Pablo Longoria redémarrerait le système phocéen à zéro, ce qui permettrait à une potentielle future direction d’avoir quelques mois d’avance pour prendre ses marques. Et, ainsi, espérer recommencer un cycle dès l’entame de la saison prochaine.

    « On en a marre de toujours revenir au point de départ », martèle Loïc, supporter marseillais et membre des Dodger’s, dans le virage nord. « On n’arrête pas de dire qu’il faut de la stabilité dans ce club, mais si l’on continue de changer constamment les dirigeants, aucun projet ne pourra marcher », poursuit-il, inquiet à l’idée de voir Pablo Longoria faire ses valises dans les prochaines semaines. Si ce n’est pas dans les prochains jours à ce rythme-là.

    « On joue avec la peur »

    Le match de samedi face à Strasbourg a une nouvelle fois mis en évidence les problèmes psychologiques de cette formation olympienne, qui ont permis aux Alsaciens d’aller chercher le point du match nul alors qu’ils étaient menés par deux buts d’écart jusqu’à la 73e minute au Vélodrome. « Parfois même, pour être honnête, on joue avec la peur, même quand on gagne. C’est pour ça qu’il y a parfois des joueurs qui ne signent pas à Marseille : parce qu’ils ont peur. Il faut avoir un mental d’acier pour assumer ce magnifique club. Et on commence à penser négativement en se disant : “Bon, on gagne 2-0, mais si on en prend un, on est cuit”. C’est grave de penser comme ça », soulignait Adil Rami, ancien défenseur de l’OM et désormais consultant pour Ligue1+.

    Un constat qu’avait également établi dans nos colonnes Alain Soultanian, kinésithérapeute historique de l’institution phocéenne : « Il y a des joueurs qui, dans leur tête, peuvent jouer à Marseille, peuvent jouer à Naples, Liverpool, Manchester, au Bayern Munich… Dans leur tête, ils sont prêts. Il y a des joueurs qui sont faits pour jouer à Toulouse, qui sont faits pour jouer à Nantes, à Bordeaux ou à Lille, mais pas pour Marseille. »

  • Tina Biard Sansonetti mise sur son expérience de terrain

    Tina Biard Sansonetti mise sur son expérience de terrain

    Venus de la Busserine, de Font-Vert ou de Font Obscure, ils sont nombreux à avoir fait le déplacement pour l’inauguration du local de campagne de Tina Biard Sansonetti (DVG), tête de liste du Printemps marseillais dans les 13-14. À l’aise, après avoir fait son entrée sur fond de Jump de Van Halen façon stade Vel’ aux côtés du maire sortant et candidat Benoît Payan (DVG), l’ancienne directrice du centre social de Saint-Joseph met en avant son expérience de terrain.

    « Je pense à Kamel, le premier jour où j’ai pris mes fonctions au centre où quand on parlait des transports, il m’avait qu’il n’y en a pas car “ils ne veulent pas qu’on descende”, je pense à toutes ces femmes qui se battent tous les jours pour simplement vivre dans des logements dignes, je pense à Élodie, Mounira après 20 ans de bataille pour avoir des écoles dignes, je pense à Daniel, Patricia, Gérard pour remettre du beau et avoir un jardin à Shollchaumel », égrène-t-elle.

    « Le RN, ici, on l’a vécu »

    Elle martèle : « Il est temps de transformer ce secteur » qui doit être traité comme « le premier de la ville » car le plus peuplé. Et de promettre de végétaliser la L2, des « grands équipements » avec un centre urbain du Merlan rénové assorti d’une bibliothèque et d’un cinéma, de créer des places de village pour « vivre ensemble », de réhabiliter les co-propriétés dégradées. Mais la mère des batailles reste la lutte contre l’extrême droite dans un secteur tombé aux mains de ce qui était alors le FN en 2014 avec l’élection de Stéphane Ravier. « Le RN ici on l’a vécu, c’est le clientélisme, le recul des services publics de proximité, la discrimination », rappelle-t-elle, estimant qu’il faudra se battre dès le 15 mars.

    Benoît Payan enchaîne, harangue une foule conquise. « De par l’histoire, vous, habitants de ces arrondissements, vous avez été relégués parce que vous ne votiez pas ou vous votiez mal, ou vous n’étiez pas nés dans le bon quartier. Ce n’est rien d’autre qu’une ville qui s’est coupée en deux qui s’est construite ici. C’est face à ces marchands de haine que nous nous dressons », lance-t-il.

    Il prône une politique faite avec « le cœur », sans « promesse d’appartements ou d’emplois », et appelle à agir « ensemble », dénonçant le poison de la division « dans le camp du progrès et de l’écologie. » Une pique claire au candidat LFI, Sébastien Delogu qui a fait des quartiers Nord son terrain favori.