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  • À Marseille, le foyer pour ados Calendal doit fermer ses portes

    À Marseille, le foyer pour ados Calendal doit fermer ses portes

    Par arrêté préfectoral du 4 septembre 2026, la Mecs (Maison d’enfants à caractère spécialisé) de l’association JB Fouque, dans le 5e arrondissement, doit cesser son activité et fermer ses portes, le 7 janvier prochain. Elle dispose de 52 places d’hébergement pour des jeunes de 13 à 21 ans, avec la particularité d’accueillir dix mineurs suivis par la protection judiciaire de la jeunesse.

    à la veille des Assises de la protection de l’enfance, de nouvelles places destinées aux jeunes confiés par l’Aide sociale à l’enfance disparaissent encore, en raison de dysfonctionnements. Soit 25 places en internat pour les garçons, confiés par l’Aide sociale à l’enfance et par la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse). « Les 27 autres en appartements dans le diffus pour garçons, et pour filles depuis 2021, devraient être conservées », espère encore Malik, représentant syndical Sud Solidaires, très inquiet de n’avoir « aucune précision de la direction de JB Fouque sur le suivi des jeunes, ni de proposition pour les personnels ».

    Une gouvernance instable

    Ils ne sont plus que 28 salariés sur une quarantaine, après « des démissions, des départs chez les cadres en rupture conventionnelle, des arrêts de CDD et plus aucun recours à l’intérim », décrit l’éducateur. Depuis 2021, ce ne sont pas moins de « quatre directions différentes qui se sont succédé » à la tête de l’établissement. De quoi sentir le mauvais vent venir. « Une enquête du Département, à l’été 2026, a permis d’écarter toute suspicion de maltraitance », précise Malik. L’Arrêté mentionne en effet « une instabilité importante de la gouvernance ». Ce n’est que le 7 septembre dernier, avec l’arrivée de l’administrateur judiciaire, que les personnels ont été informés « de la cessation définitive d’activité et de la vente de la bâtisse ».

    Du côté des jeunes confiés, « 19 sont encore en appartement et 8 en internat, les autres ont été replacés dans d’autres Mecs ». Sur les neuf établissements que possède l’association JB Fouque qui, contactée, n’a pas donné suite, deux ont déjà fermé, le Service éducatif d’adaptation progressive (SEAP) des Caillols dans le 12e et l’Institut médico-éducatif (IME) Les deux platanes dans le 5e.

  • Retour aux sources historiques pour la maison Diamantée

    Retour aux sources historiques pour la maison Diamantée

    Jour de fête pour les sentinelles du patrimoine historique. La maison Diamantée, considérée comme l’une des plus anciennes demeures de Marseille, va enfin redevenir accessible au public. La signature d’un acte notarié par le maire de Marseille, ce lundi, achève un long contentieux qui a opposé la mairie et le Comité du Vieux-Marseille. À l’approche du festival d’Histoire de Marseille, qui se tient les 27 et 28 novembre, la maison Diamantée va ainsi accueillir « des maquettes historiques de la ville et des photographies inédites issues du fonds de la dynastie Detaille » nous apprend Azad Kazandjian, élu municipal délégué aux questions patrimoniales.

    Construit autour de 1570, cet édifice, qui tient son nom des pierres taillées en pointe qui ornent ses façades, a traversé l’histoire de Marseille. D’abord habitée par de grandes familles bourgeoises de la ville, elle deviendra, au XIXe siècle, un lieu d’hébergement de travailleurs portuaires immigrés.

    Menacée de tomber en ruines, elle est rachetée en 1922 par une association patrimoniale, puis cédée au Comité du Vieux-Marseille. En 1962, celui-ci la lègue à la Ville sous condition de préserver sa vocation culturelle. Le site accueille alors un musée.

    La fonction patrimoniale du lieu dévoyée

    Sauf qu’en 2009, la mairie, dirigée par Jean-Claude Gaudin, profitant du fait que l’édifice se situe à une dizaine de mètres de l’Hôtel de Ville, remplace le musée par des services administratifs. En 2019, le Comité du Vieux-Marseille lance un recours juridique pour obtenir la rétrocession du lieu. « L’accord de médiation, signé en 2023, a officialisé la réaffectation du lieu à des fonctions patrimoniales », rappelle Yves Davin, président du Comité du Vieux-Marseille. Il entend toutefois « rester vigilant » afin de s’assurer que la mairie respecte désormais ses engagements.

  • À Aix, une assemblée pour s’inscrire dans la durée

    À Aix, une assemblée pour s’inscrire dans la durée

    Avant de poursuivre leur mobilisation, les étudiants ont pris place une nouvelle fois au pied de la Rotonde. Cette fois, une assemblée générale y a été organisée. À la fois pour faire le point sur la manifestation de la matinée de ce lundi, qualifiée « d’historique » par les porte-parole de syndicats, mais aussi pour décider de la suite du mouvement, dans les jours et semaines à venir. Les étudiants ont rapidement été rejoints par des professeurs d’Aix-Marseille université.

    Initialement, l’assemblée générale devait se tenir sur le parvis Schuman. Les étudiants expliquent toutefois avoir changé de lieu en raison, notamment, d’une importante présence policière. Première échéance pour les mobilisés : la journée d’action de ce mardi 6 octobre, soutenue par plusieurs syndicats de travailleurs. « Les AG doivent servir à discuter de nos problèmes (…) et du fait qu’aujourd’hui, on a la police, on a des directions qui essaient de faire des politiques de terre brûlée. Ils essaient de réprimer ardûment, de manière ultra-dure dès le début, pour qu’il n’y ait pas de mouvement de jeunesse (…). Quand bien même il y aurait des flics en civil ou des fachos, on doit se réapproprier l’espace public et on doit discuter », lançait l’une des syndicalistes du Poing Levé. « On doit discuter d’une stratégie ensemble. Déjà, pour faire face à une répression policière, on doit faire front », poursuit la syndicaliste.

    Deuxième problématique : « Les fermetures administratives (…). Où va-t-on pouvoir s’organiser concrètement pour lutter et pour parler ? Il faut qu’on puisse continuer à structurer notre mouvement. » « La réponse du gouvernement est la répression, celle de l’université, de fermer ses sites d’Aix-Marseille, ce qui est inacceptable et illégal. On va déposer un référé liberté pour ouvrir les sites de l’MMSH et d’Aix », appuie Mohamed Ouerfelli, secrétaire du Snesup. à ses côtés, une enseignante précise : « L’université n’est pas passée en distanciel, c’est interdit (…). Dans le communiqué qu’on a eu, on nous laisse le choix ou non de la liberté pédagogique. »

    Pour Christophe Demarque, de Sud Éducation, les mobilisations chez les lycéens et les étudiants « se rejoignent » : « Ce qu’il y a en commun, c’est la destruction du service public de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche. En tant que personnel mobilisé, on ne peut que soutenir ces revendications. »

  • Dans le Var, la CGT assure le service d’ordre

    Dans le Var, la CGT assure le service d’ordre

    « Notre but vraiment, c’est d’être leur service d’ordre et de faire en sorte que tout se passe bien. » Pour Anaïs Pascual, membre de l’UD CGT 83, pas question de laisser les lycéens seuls face à une police « sur les dents ». Encadrer et protéger seront les maîtres mots des militants CGT, mais aussi de la FSU, mobilisés, ce mardi 6 octobre, que ce soit au lycée Bonaparte à Toulon dès 7h30, au lycée Jean-Moulin à Draguignan à 8h et au rond-point Kennedy à 10h30.

    « On a vu, vendredi, une police très énervée, prête à en découdre avec des jeunes de 15 ans. C’est inquiétant pour nos enfants », estime Anaïs Pascual, alors que 30 « minots ont été interpellés à Toulon et qu’il n’y a pas eu de dégradations ». Une attitude qu’elle considère aussi comme très politique. À l’heure où « il y a l’examen du budget, cette mobilisation tombe mal dans le calendrier du gouvernement », analyse-t-elle.

    Revendications communes

    Les revendications portées par les lycéens, dont les chaînes infos ne disent souvent pas un mot, déplore la syndicaliste, rejoignent celles des enseignants mobilisés le 29 septembre pour la défense des services publics. « Ils dénoncent un manque de personnel, de surveillants, d’AESH, d’infirmières… » rappelle Anaïs Pascual. Une certaine convergence des luttes « sur le fond », reconnaît-elle, mais tient-elle à préciser, pas question de déposséder les jeunes de leur mouvement. « Cela reste le leur, nous sommes là en soutien, il va falloir rester zen… », martèle-t-elle.

  • Des revendications lycéennes identiques à celles de la FSU

    Des revendications lycéennes identiques à celles de la FSU

    La FSU, la CGT et Solidaires appellent, ce mardi, à manifester en soutien aux lycéens mobilisés à Manosque et à Digne-les-Bains. « On appelle à rejoindre cette mobilisation des lycéens le plus massivement possible, parce qu’au fond, les revendications des lycéens sont les mêmes que celles de tous les syndicats de salariés depuis des années, c’est-à-dire en finir avec une politique dramatique à tous les points de vue, et qui n’a comme seule réponse que la répression et le passage en force à chaque fois », explique Gweltaz Broudic, cosecrétaire de la FSU 04.

    « On a une réponse qui est délirante, aussi bien d’un point de vue policier qu’à l’éducation nationale. Vendredi, on avait la police dans le lycée des Iscles, à Manosque. Aujourd’hui, il y avait les gendarmes dans le collège de Château-Arnoux », regrette le cosecrétaire de la FSU.

    Des revendications noyées

    par les images de feux de poubelle

    Le syndicat continue à demander le désarmement des forces de l’ordre pendant ces manifestations lycéennes « plus que jamais, puisqu’on a encore un lycéen qui a été blessé ce lundi par une grenade de désencerclement ». La FSU espère aider à faire entendre les revendications des lycéens « qui sont noyées par les images de feux de poubelle qui tournent en boucle ».

  • [Entretien] Bastien Bonnargent, secrétaire général des Jeunes communistes : « Les revendications des lycéens font consensus dans la société »

    [Entretien] Bastien Bonnargent, secrétaire général des Jeunes communistes : « Les revendications des lycéens font consensus dans la société »

    La Marseillaise : Les syndicats appellent à se mobiliser auprès des lycéens ce mardi. Comment abordez-vous cette journée ?

    Bastien Bonnargent : Beaucoup de blocus nous sont déjà remontés, des assemblées générales sont organisées. Cela va être une date importante de mobilisation parce qu’elle est attendue depuis quelques jours. C’est l’occasion de faire la démonstration que, effectivement, les lycéens ont beaucoup de revendications dans cette mobilisation, contrairement à ce que laissent croire le traitement médiatique.

    Ce traitement médiatique
    est marqué par les images
    de violences. Comment expliquez-vous les débordements
     ?

    B.B. : La première des responsabilités, c’est qu’il y a une doctrine de maintien de l’ordre qui est déployée par le gouvernement qui est extrêmement dangereuse, notamment pour des lycéens. Il y a eu beaucoup de cas d’élèves blessés, de mises en danger. C’est une stratégie consciente du gouvernement pour éviter de parler du fond et des revendications qui font très largement consensus dans la société.

    On a vu les images d’un lycéen mutilé à Lens ce lundi. Ne craignez-vous pas que cela dissuade certains de se mobiliser ?

    B.B. : Il y a ce lycéen qui a perdu sa main, on a vu aussi un lycéen qui a perdu un œil, un autre édenté… Même chez les Jeunes communistes, nous avons des adhérents, mineurs, qui ont été placés en garde à vue alors qu’ils ne faisaient que revendiquer plus de moyens pour l’éducation, sans être violents, ni dégrader quoi que ce soit. Nous sommes atterrés face à cette doctrine de maintien de l’ordre. Mais ce n’est pas ce qui va éteindre la mobilisation, parce qu’on fait face à une mobilisation d’ampleur. Si le gouvernement souhaite en finir, qu’il apporte des réponses politiques aux problèmes qui sont soulevés, la dégradation très forte du bâti scolaire, le manque flagrant de professeurs, la sélection sociale organisée par Parcoursup. Tant que le gouvernement n’en parlera pas, la mobilisation s’étendra.

    Comment porter les revendications des lycéens ?

    B.B. : Nous avons mis en place une grande opération de cahiers de doléances. Partout où nous avons des militants, nous les faisons remplir pour que les lycéens témoignent de la situation dans leur établissement, qu’ils nous fassent part de leurs revendications. Nous en avons fait remplir des centaines depuis la semaine dernière. Il faut se rendre compte de l’état dans lequel les deux mandats d’Emmanuel Macron ont laissé les conditions d’éducation…

    Parmi les remontées du terrain, y a-t-il des témoignages qui vous ont marqué ?

    B.B. : Nous avons des lycéens qui nous racontent que cela fait un an qu’ils ont des cours dans des préfabriqués, qu’ils n’ont pas de porte dans les toilettes. Une lycéenne à Vitry nous indique que le jour même où elle est arrivée en seconde professionnelle, une enseignante lui a dit que si elle souhaitait continuer ses études, il lui faudrait au minimum 15 de moyenne. Nous avons aussi des témoignages sur des stages catastrophiques, parce qu’ils ne sont pas encadrés. Des élèves qui nous disent, comme au lycée Mozart au Blanc-Mesnil, qu’ils sont 39 par classe et qu’ils n’ont ni professeur de français, ni professeur de maths. Cela les met en difficulté pour leur avenir.

    Ce mouvement a été très spontané, comment peut-il s’organiser ?

    B.B. : Ce que nous proposons avec les cahiers de doléances est déjà une façon de s’organiser, parce que cela permet d’inscrire matériellement les revendications des lycéens. Il y a aussi un lien qui se construit avec la mobilisation intersyndicale. Il y a un intérêt convergent entre les professeurs, les agents de l’État mobilisés le 29 septembre et les lycéens, qui demandent aussi la fin des budgets d’austérité. Nous mettons aussi, avec le Mouvement des jeunes communistes de France, un outil à disposition, que l’on a appelé Mouvement lycéen, et que nous avons lancé depuis une semaine. Il a pour objectif d’être utilisé par tous les lycéens aujourd’hui mobilisés pour avoir des débouchés concrets, avec du matériel mis à disposition, pour pouvoir organiser leur colère.

    Ce mardi, Fabien Roussel présente son plan d’urgence pour la jeunesse. Comment l’avez-vous travaillé ?

    B.B. : Depuis longtemps, les communistes font des propositions pour une école qui soit publique, égalitaire, pour avoir plus de moyens… Nous présentons des solutions d’urgence, mais nous alertons depuis des années. Le manque d’enseignants, de moyens, ce n’est pas une nouveauté. Je milite depuis plus de dix ans, nous alertons sur Parcoursup et sur ses effets de sélection sociale depuis sa création !

  • En tournée pour la cause cubaine, Aleida Guevara fait étape à Avignon

    En tournée pour la cause cubaine, Aleida Guevara fait étape à Avignon

    Après Béziers puis Montpellier et avant deux rendez-vous à Marseille ce jeudi 8 octobre à 18h30 aux Rotatives de La Marseillaise et vendredi 9 à 14h30 à l’Union départementale de la CGT, Aleida Guevara, fille du « Che », sera à Avignon, ce mercredi 7 octobre. Elle interviendra lors d’une conférence-débat autour de Cuba de 18h15 à 20h30 dans la salle Camille Claudel du centre hospitalier de Montfavet.

    Médecin comme son père, elle se rend en Cité des Papes dans le cadre du projet « Semillas de Solidaridad » (graines de solidarité en français) afin d’évoquer la situation sanitaire très difficile que connaît Cuba depuis plusieurs années. Une problématique qui s’est encore dégradée depuis le retour de Donald Trump au pouvoir en 2025.

    « Le peuple cubain est en très grande difficulté car plus rien ne passe et ils n’ont aucun moyen de s’approvisionner. Que ce soit en pétrole ou en alimentation à cause d’une véritable barrière mise en place par les Américains. Même si on veut les aider et envoyer des produits de première nécessité, on est bloqués par tout ça », précise Nicole Rives, présidente de l’association France Cuba Vaucluse.

    Invisibilisés

    Un événement pour permettre, donc, de visibiliser la cause du peuple de la plus grande île des Caraïbes. « C’est tellement difficile d’avoir des retours sur la situation cubaine. C’est une situation quasi invisibilisée par les médias », poursuit la présidente associative. Une venue qui est aussi l’occasion d’envisager des évolutions dans les relations de chacun avec Cuba. L’association organisatrice évoque par exemple la possibilité d’ouvrir des « perspectives concrètes ». Tel que « des échanges universitaires » ou encore un « soutien institutionnel à la levée du blocus ».

    Le choix du lieu est aussi à noter. Aleida Guevara était en effet déjà venue au Centre Hospitalier de Montfavet. C’était en l’an 2000. Vingt-six ans plus tard, la situation s’est encore dégradée sous la pression des États-Unis qui ont annoncé, fin septembre, encore durcir les sanctions.

    Informations supplémentaires
    et inscription au 06.75.47.56.53 ou au 04.90.38.23.03

  • Sciences Po Aix bloquée, les étudiants dans la rue

    Sciences Po Aix bloquée, les étudiants dans la rue

    « Soutien aux lycées ! », « Étude, logement, dignité », « Étudiants en colère, on ne va pas se laisser faire ! » Dans la foule d’une centaine de jeunes ce lundi matin, rassemblés rue Gaston-de-Saporta, les revendications sont multiples, portées, cette fois-ci, par les étudiants de Sciences Po (IEP d’Aix), principalement mobilisés en soutien aux mouvements lycéens organisés partout en France la semaine dernière.

    à l’aube, des étudiants se sont retrouvés sur le parvis de l’établissement afin d’en bloquer l’accès « pour la première fois de son histoire », rappelaient certains. Rapidement évacués par les forces de l’ordre, « gazés sans sommation », rapportent plusieurs porte-parole, les manifestants ont vu l’IEP appeler, quelques heures plus tard, ses étudiants à rester chez eux. « Nous étions mobilisés de façon pacifique », appuie une étudiante dans le cortège.

    L’épisode fini, les étudiants se sont rassemblés dans la rue de l’IEP, appelant au « soutien des étudiants, des travailleurs mobilisés, contre les politiques racistes, comme le programme Bienvenue en France », dénonçant la « répression policière » et affichant leur solidarité avec « les étudiants du monde entier ».

    La précarité étudiante, le gel des allocations logement, le système Parcoursup, des coupes budgétaires qui inquiètent pour l’avenir : « Il y a un ras-le-bol général », souffle une étudiante en master. « On arrive à faire prendre de l’ampleur au mouvement », se félicite, de son côté, le Collectif Sciences Po Aix en Lutte, qui pointe une répression « indécente » : « Nous avons des revendications légitimes. Trop d’étudiants ont besoin de matériel, ont besoin qu’on investisse dans l’enseignement supérieur. »

    Les étudiants sont restés une heure, environ, rue Gaston-de-Saporta, où chants et revendications se sont enchaînés, avant de déambuler jusqu’à la Rotonde, sous les yeux de passants curieux, parfois sous les applaudissements. Au pied de la fontaine, les chants ont repris. Les étudiants de Sciences Po ont alors été rejoints par des groupes d’étudiants d’Aix-Marseille université (AMU), qui a fermé plusieurs de ses sites, pour raisons de « sécurité », jusqu’à nouvel ordre.

    « Rejoignez-nous ! »

    Plusieurs lycéens, bien moins nombreux, ont également rejoint le rassemblement. Sur place, le cortège s’est mis d’accord pour remonter le boulevard de la République et se rendre devant le lycée Célony, dont les entrées et sorties étaient, selon les étudiants interrogés sur place, bloquées.

    Le rassemblement, a, malgré tout, été réprimé par les forces de l’ordre, qui ont fait usage de bombes lacrymogènes. Il aura fallu quelques minutes aux étudiants pour se remettre de l’échauffourée, avant de s’asseoir un moment face aux policiers, en signe de protestation. « Trop jeunes pour être écoutés, assez grands pour se faire gazer ! », pouvait-on lire sur l’une des pancartes brandies par les manifestants. D’autres appelaient passants, salariés et jeunes à rejoindre le mouvement. « Ne nous regardez pas, rejoignez-nous ! », scandaient notamment les étudiants.

    La mobilisation s’est conclue par une assemblée générale (voir ci-dessous) puis un arrêt, vers 14h30, devant le commissariat d’Aix, pour demander la « libération » d’un étudiant interpellé au cours de cet épisode. Sur place, son avocate, Me Mathilde Lanté, membre du Collectif d’action judiciaire, constitué dans le cadre du mouvement, a assuré que ce dernier allait « bien ». Selon la police, 150 personnes étaient réunies « au plus fort » devant l’IEP. Elle confirme par ailleurs une interpellation pour « violences et rébellion », une centaine de personnes au plus fort lors du rassemblement à la Rotonde « non déclaré », ainsi que deux manifestants blessés « de leur propre fait » et transportées à l’hôpital.

  • « Soutenir et protéger, oui. Contrôler, non » : la consigne de la jeunesse

    « Soutenir et protéger, oui. Contrôler, non » : la consigne de la jeunesse

    Les lycéens essayent de transformer l’essai. Après une semaine de blocus dans les établissements de France, les organisations syndicales rejoignent le mouvement, ce mardi ,pour une « journée noire ». À Martigues, la veille, les enseignants de Jean-Lurçat ont proposé aux élèves, aux parents, à la communauté éducative et au monde du travail de se retrouver à la Maison des jeunes et de la culture pour penser aux suites de ce mouvement social inédit.

    Et il y en aura une. Les lycéens ne sont pas près de lâcher l’affaire. « Il ne faut pas que ça s’atténue, plaide l’une d’entre eux dans l’audience. Le gouvernement prépare son budget et a encore proposé de couper 1 500 postes d’enseignants, dont 1 200 dans le public. Ils mettent de l’huile sur le feu et en même temps ils essayent de l’éteindre de manière forcée, sauf que ça ne marchera pas. »

    Ce mardi, trois rassemblements sont d’ores et déjà prévus sur le territoire. À Martigues, une marche partira de la place Jean-Jaurès pour arriver devant l’hôtel de ville, où le maire recevra une délégation d’élèves. À Istres, rendez-vous est donné devant l’établissement Arthur-Rimbaud à 7h puis à 8h15 devant la sous-préfecture. À Salon-de-Provence, l’action a lieu à 10h devant Adam-de-Craponne.

    Le monde du travail

    à disposition des lycéens

    Pour la suite, les lycéens plaident pour l’unité et la transversalité. Avec un mot d’ordre : l’organisation. La communication se met en place, à travers la création de groupes sur des messageries sécurisées. Daniel Bretonès, secrétaire syndical de l’Union locale, propose : « On peut vous imprimer des tracts, vous prêter des locaux pour des assemblées générales, vous acheter des bombes de peinture ou des draps pour faire des banderoles. N’hésitez pas, sollicitez-nous et tenez-nous au courant pour qu’on puisse être là pendant les blocages, pas pour faire à votre place, mais être là pour vous protéger en cas de débordements ».

    La communauté éducative se met aussi à disposition de ses élèves, qui pointent du doigt « ce dont on se plaint depuis des années en menant des mouvements bien sages qui sont pas entendus », salue Amélie Barbet, enseignante de français, qui interroge : « Qu’est-ce qu’on peut faire pour vous aider ? »

    Pour Victoria, élève de terminale à Paul-Langevin, la réponse est claire : « Il faut qu’on soit accompagnés, aidés et soutenus par les professeurs et tous les corps de métiers pour que notre message soit porté plus haut, plus loin et plus fort. Cependant, il ne faut pas que les adultes s’approprient cette lutte qui est la nôtre. » Et de résumer : « Soutenir et protéger oui, mais en aucun cas contrôler ou s’approprier nos revendications ».

  • Une charte pour remettre dans le circuit des biens saisis

    Une charte pour remettre dans le circuit des biens saisis

    Avec 44 à 47 000 logements indignes recensés à Marseille, 3 700 signalements l’an dernier et « 2 700 à date », la charte signée ce lundi 5 octobre entend faire bon usage des saisies judiciaires dans le cadre de la lutte contre les marchands de sommeil, a expliqué le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski.

    Depuis la loi Elan du 23 novembre 2018, la confiscation des biens immobiliers « ayant servi à commettre l’infraction de soumission à des conditions d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine » est devenue obligatoire. Problème, entre la décision judiciaire et le moment où l’Agrasc (Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués), soit l’État, devient propriétaire, il peut se passer « plusieurs années » reconnaît Charlotte Hemmerdinger, directrice de l’agence. Histoire d’en gagner quelques-unes, cet accord passé avec le tribunal judiciaire, la Métropole Aix-Marseille-Provence, la Ville de Marseille, la Spla-In (société publique locale d’aménagement d’intérêt national Aix Marseille), Euroméditerranée et l’EPF (Établissement public foncier) proposera prioritairement les logements aux collectivités locales pour améliorer l’offre de logements sociaux.

    Plus de fluidité

    De quoi éviter aussi que le bien devienne « inexploitable » car trop dégradé et gagner en « fluidité », précise le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone. L’Agrasc n’ayant de toute façon pas le budget pour réhabiliter et reloger précise sa directrice.

    Une liste sera soumise aux partenaires, à chacun de s’en emparer. « Cela peut paraître technique, mais ces procédures sont utiles. La lutte contre les marchands de sommeil est un axe majeur de la politique de la ville », estime Audrey Garino (PCF), adjointe au logement et déléguée à la Lutte contre l’habitat indigne à la Métropole.

    Sur les 21 biens immobiliers saisis par l’Agrasc, 7 relèvent de l’habitat indigne. Parmi eux, le 179 avenue Roger-Salengro (15e), détenu par Gérard Gallas, ancien flic de la police aux frontières, « un des marchands de sommeil les plus flamboyants de Marseille », selon Nicolas Bessone, qui purge une peine de 4 ans ferme. L’Agrasc en est propriétaire depuis 2023 et la charte pourrait permettre d’accélérer le mouvement et trouver un bailleur, espère Valérie Robert, directrice de l’Aménagement à la Spla-In.

    Restent des habitants pris au piège. En décembre dernier, dans une autre propriété de Gérard Gallas, au 85 boulevard Viala (15e), un incendie s’était déclaré malgré l’alerte sur l’état d’insalubrité donné depuis deux ans par le collectif Réseau Hospitalité. Selon la préfecture, 21 personnes ont été relogées. Là encore, la charte pourrait permettre d’intervenir plus rapidement, avec une prise en charge des occupants dans les six mois, assure Audrey Garino.