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  • Des êtres déracinés qui rêvent d’envol

    Des êtres déracinés qui rêvent d’envol

    Originaire du Caucase, le jeune réalisateur russe vit aujourd’hui en exil à Los Angeles après s’être opposé à la guerre en Ukraine. Il a fallu qu’il remanie l’histoire censée se passer dans sa ville natale. Tourné loin de Naltchik, son récit nous plonge désormais dans une Amérique d’expatriés.

    Puisant son inspiration dans ses propres origines, il creuse les rapports compliqués entre un père fantasque, Azik, et son fils Temir qu’il aime par-dessus tout. C’est l’Irlandais Barry Keoghan (Les Banshees d’Inisherin, Bird) qui donne vie à cette paternité non évidente. Cuistot dans un « diner » circassien du New Jersey tenu par sa sœur Zalya, ce boute-en-train au sourire angélique passe son temps à boire avec ses potes et foire le peu qu’il entreprend. Temir surnommé Pyteh (le Petit) malgré sa corpulence massive, est partagé entre fidélité envers les siens et envie de fuir. L’acteur turco-américain né au Kazakhstan Talha Akdogan incarne cet adolescent inquiet qui s’entraîne pour devenir champion de lutte et pousse son père à voir plus grand. Il l’encourage dans sa passion pour les delens, sorte de galettes, une spécialité culinaire de famille. Jusqu’à la tragédie qui précipite l’adolescent dans une vie d’adulte.

    Une distribution étonnante

    Dans ce casting inattendu, l’Anglais Harry Melling (Pillion) incarne Marat, l’indéchiffrable ami en errance perpétuelle et paresse intellectuelle. À l’affût d’argent facile, c’est par lui que le drame arrive.

    Surprenants sont aussi les portraits de femmes qui évoluent dans cet univers présumé masculin. À l’image de Zalya, la tante enceinte jouée par l’Américaine Riley Keough. Dotée d’une force de caractère, c’est elle qui prend les décisions qui s’imposent et gère le petit restaurant en difficulté. Autre personnage fort, la jeune athlète rencontrée à la salle d’entraînement. Temir n’ose se déclarer à Alika (Jaliyah Richards), une Nigériane aux attributs peu féminins, qui cache son acné aux yeux de tous. Une scène les montre dos à dos, à l’image d’un mur porteur, qui diffuse en eux une paix intérieure. Alika et Temir suivent les mêmes cours d’entraînement supervisés par une femme qui impose avec naturel discipline et ponctualité. Toutes sont subordonnées au pouvoir non pas des hommes mais de la précarité.

    Mémoire et corps

    Kantemir Balagov confirme la singularité de son style, optant pour une caméra intranquille et sensorielle qui interroge les liens d’interdépendance familiale et amicale… faite d’attirance et de rejet. Des séquences d’une grande vitalité qui traduisent ce besoin d’exister et ce désir d’envol. Comme la scène où le père et le fils déclenchent une ribambelle d’alarmes de voitures qui se mettent à hurler et à clignoter de mille feux. Le cadeau extravagant d’Azik pour la naissance de sa nièce, un immense pélican qui apparaît comme un porte-bonheur et le symbole d’une vie libre et sans frontière. Azik a beau être mort, il envoie des signes comme on sème des graines sur terre.

    Malgré quelques longueurs dans la première partie, signe du changement d’angle décidé par le cinéaste, le film détonne néanmoins par ce regard humain porté sur les personnages, la volonté optimiste de croire à un avenir meilleur. À la manière d’une confiture de papillon (Butterfly Jam), comme un doux rêve qui devient réalité.

  • Courts-bouillon fait mijoter les courts-métrages à Rousset

    Courts-bouillon fait mijoter les courts-métrages à Rousset

    Après des séances dédiées aux scolaires, puis la projection d’une série de films au format court réalisés par des jeunes et personnes âgées, la 21e édition de Courts-bouillon ouvre ses bras au grand public samedi 10 octobre. Au menu de la Salle Émilien Ventre de Rousset, à partir de 14h, six films qui témoignent de l’appétit de réalisateurs pour le court-métrage, genre de quelques dizaines de minutes tout au plus qui stimule l’inventivité. Aussi bien dans les pas d’un jeune livreur de repas éconduit par l’hôtesse des bureaux d’une multinationale de la banque dans Pentest de Tristan Lhomme et Benjamin Chevallier, que dans ceux de recruteurs de l’armée ukrainienne un dimanche de Pâques avec Easter day de Mykola Zasieiev, les points de départ percutants d’aventures intenses. « Le court-métrage n’a jamais été un petit cinéma. En quelques minutes, il fait rire, bouleverse, questionne, surprend et ouvre des horizons insoupçonnés », résume Sylvia Vaudano, directrice des Films du Delta, association aux manettes de Courts-bouillon.

    Animation et « Coyotes »

    À 16h15, elle programmera une séance de 17 films courts réalisés par des élèves issus d’écoles d’animation française comme la Mopa à Arles ou les Gobelins à Paris. Avant deux autres salves de douze films, à 18h15, puis 21h, parmi lesquels Coyotes, thriller palestino-jordanien de Saïd Zagha, dans le sillage d’une chirurgienne palestinienne « coincée » sur la route de Jéricho à Ramallah.

  • L’œuvre de Jacques Tati,« poète de la pellicule », à Aix

    L’œuvre de Jacques Tati,« poète de la pellicule », à Aix

    La tournée épique et burlesque, vitesse grand V, de François le facteur, inspiré par les méthodes de ses homologues américains, dans Jour de fête (1949) ; une partie de tennis ubuesque au cours de laquelle des mouvements dégingandés moquent l’effort des joueurs traditionnels dans Les vacances de Monsieur Hulot (1953) ; le jet d’eau d’une maison bourgeoise qui jaillit de la bouche d’un poisson, uniquement lorsqu’un invité de haut rang social déboule dans la demeure dans Mon oncle (1958)… 44 ans après sa disparition, les scènes imaginées par Jacques Tati qui arrachent un sourire ou une réflexion sur la pseudo-modernité habitent toujours les cinéphiles, illustre un cycle consacré par l’Institut de l’image d’Aix, pendant le mois d’octobre. À voir à l’Ecole supérieure d’art d’Aix jusqu’au 25 du mois.

    Il a été l’un des réalisateurs les plus ingénieux de l’histoire du septième art, un grand professionnel aux personnages avares en paroles, mais diablement éloquents par leurs gestuelles. Et le grand témoin artistique, mais aussi visionnaire, des évolutions de la société française au cours des Trente Glorieuses.

    Métronome comique

    « Héritier du burlesque, inventeur de formes, Tati joue du détail, porte son regard amusé sur le monde. Géométrique, musicale, sa mise en scène, d’une modernité sidérante, est celle d’un métronome, qui lui permet d’enregistrer les soubresauts de l’époque comme l’industrialisation, le design, l’architecture », résume le programme de la Cinémathèque française, qui lui a dédié une rétrospective l’été dernier.

    Double de Jacques Tati à l’écran, qu’il incarne lui-même, Monsieur Hulot vient dévergonder l’écran dans quelques bobines mémorables du cinéaste. Dans Mon oncle par exemple, le voici venu fendre de sa causticité le quotidien aseptisé et plutôt austère de la famille Arpel. Un film à l’issue duquel un certain Boris Vian loua : « Tati est bien plus qu’un Chaplin français. C’est un créateur original, un poète de la pellicule, un artiste aussi simple qu’il est bourré de talent ». Des éloges annonciateurs de son chef-d’œuvre Playtime, « le plus grand film qui ait été jamais tourné sur les temps modernes », qualifia Marguerite Duras.

    Parmi les autres films de Jacques Tati projetés à l’école supérieure d’art d’Aix-en-Provence, la comédie Trafic (1971), dernière apparition de Monsieur Hulot dans sa filmographie, ou encore son ultime long-métrage Parade, sorti trois ans plus tard sur les écrans, avec Tati dans le rôle du Monsieur Loyal d’un cirque cinématographique où son mime fait fureur.

    Horaires détaillés sur www.institut-image.org

  • [Entretien] Cédric Pinoncely : « J’aimerais pouvoir jouer dans le gymnase où l’on s’entraîne »

    [Entretien] Cédric Pinoncely : « J’aimerais pouvoir jouer dans le gymnase où l’on s’entraîne »

    La Marseillaise : Après une nette victoire (3-0) face à l’US Saint-Égrève pour votre rentrée, votre équipe s’est inclinée, samedi soir à domicile, face au Pontet (2-3). Selon vous, qu’est-ce qui a fait la différence ?

    Cédric Pinoncely : C’est une équipe qui se connaît bien. Même avec l’arrivée de nouveaux joueurs, ils avaient déjà joué ensemble et leur système était mieux maîtrisé. Physiquement, on a un peu baissé, notamment dans le troisième set, où on a eu un très mauvais score. On sent que certains sont dans le creux de la vague. En face, c’est une équipe solide qui vise la montée et doit gagner tous ses matches. Malgré tout, je suis fier de ce qu’on a fait ce soir. Il n’y a pas de bonne défaite, mais on voit qu’on travaille et que, contre de grosses écuries comme celle-là, ça finit par payer.

    Comment s’est passée la préparation de cette saison ?

    C.P. : Elle a été assez mouvementée, avec pas mal de départs et notamment celui, tardif, de notre central. On a donc dû recruter sur certains postes qu’on n’avait pas forcément ciblés au départ. Les moyens diminuent et, dans une zone où il y a beaucoup d’équipes, il faut réussir à se démarquer. Les arrivées tardives ont aussi compliqué la préparation. À cela s’ajoutent les problèmes de salles à Marseille. La nôtre, La Rose-Fuveau, est en travaux et, au lieu de se terminer début septembre, le chantier est toujours en cours. On doit donc s’adapter et s’entraîner dans différents gymnases, avec certaines contraintes qui nous empêchent notamment de travailler correctement le service. Malgré tout, je suis très content du groupe. Il est sain, il vit bien et on a beaucoup travaillé cet été. C’est une bonne base pour la suite.

    Qu’est-ce que ça change pour vous d’évoluer dans des salles différentes ?

    C.P. : On s’entraîne ici à au gymnase de La Rose-Fuveau le vendredi soir et on joue nos matches de championnat le week-end, mais on a de très bonnes conditions au gymnase Vallier, notamment l’espace nécessaire pour travailler le service. On sait qu’on joue dans une salle plus petite ici, et j’aimerais pouvoir jouer dans le gymnase où l’on s’entraîne. Malheureusement, il est payant, donc on est déjà contents de pouvoir en disposer pour nos entraînements. En début de saison, c’est toujours un peu compliqué de savoir où l’on va pouvoir se préparer. On doit parfois partager des gymnases avec d’autres équipes, avec des ballons qui circulent et des conditions qui ne sont pas toujours idéales. Le club fait tout son possible pour nous trouver les meilleurs créneaux, mais c’est une vraie difficulté récurrente. Cela dit, ce n’est pas une excuse pour nos résultats. On travaille bien malgré tout. Mais, chaque année, c’est la bagarre.

    Que réclamez-vous concrètement vis-à-vis de la situation ?

    C.P. : Vallier serait beaucoup plus adapté pour accueillir nos matches le week-end. C’est une grande salle, avec de l’espace et de vrais repères pour nous puisque nous nous y entraînons. Certains gymnases de Marseille sont davantage adaptés à la pratique scolaire et ne correspondent pas forcément aux exigences du haut niveau. La mise à disposition de Vallier le week-end est possible, mais difficile à organiser sur toute la saison. On réfléchit donc à l’utiliser ponctuellement. C’est une salle dans laquelle on aimerait pouvoir jouer davantage, voire s’entraîner toute la semaine. Pour l’instant, elle est partagée avec d’autres clubs, mais je pense que notre club mériterait d’avoir davantage accès à cet équipement.

    Pourquoi n’est-ce pas déjà le cas ?

    C.P. : Le problème, c’est surtout la répartition des créneaux. Ici, on partage le gymnase à deux clubs, alors que nous avons beaucoup de licenciés, trois équipes nationales, deux pré-nationales et plusieurs équipes régionales. On a donc besoin de davantage de créneaux, mais surtout de pouvoir nous entraîner dans la salle où l’on joue, notamment pour travailler des secteurs comme le service. Aujourd’hui, j’ai seulement une heure et demie pour travailler et certains aspects ne sont finalement abordés que dix minutes dans la semaine. C’est forcément compliqué pour performer. Si cette salle est destinée aux équipes du niveau « Nationale », je pense qu’il serait logique que nos trois équipes nationales puissent aussi y jouer le week-end. Après, il y a aussi des contraintes budgétaires et beaucoup d’incertitudes sur l’évolution des équipements. On a besoin d’avancer.

  • Lauriane Nolot surfe sur les vagues du succès

    Lauriane Nolot surfe sur les vagues du succès

    Un sans-faute pour Lauriane Nolot cette saison. La kitesurfeuse varoise de 27 ans a réalisé une année exceptionnelle, remportant toutes les compétitions internationales auxquelles elle a participé. « J’ai senti que j’ai réussi à monter en puissance au fur et à mesure de l’année », confie la lauréate des étapes de Coupe du monde à Palma, de la Semaine olympique française (SOF) et de Los Angeles, avant de triompher, en mai, aux championnats du monde au Portugal, puis en septembre aux championnats d’Europe en Turquie. « La concurrence aussi est montée en puissance, mais j’ai réussi à garder le contrôle sur ce qui se passait sur l’eau, avec notamment des formats de finales que j’arrive vraiment à maîtriser et à dominer », poursuit-elle.

    Mais comment expliquer une telle domination ? « Le secret, c’est de prendre du plaisir », répond Nolot. « Moi, le kitefoil, c’est vraiment ma passion, j’adore ça. Je ne compte pas le nombre d’heures que je passe sur l’eau et j’essaie d’en faire autant à la salle. Il y a énormément d’entraînement, forcément, et puis il y a cette envie de gagner. Mes concurrentes sont féroces, elles sont coriaces, donc j’ai toujours envie de finir devant. Et même quand c’est très serré, j’arrive à trouver ce petit truc, ce feu intérieur qui fait que je vais chercher encore un peu plus loin, que je m’arrache jusqu’au bout », ajoute la native de Toulon, désormais triple championne du monde dans sa discipline.

    Revanche olympique

    Impériale sur l’eau, Lauriane Nolot a toujours soif de victoires. Elle vise notamment les Jeux olympiques de Los Angeles 2028, seule échéance où elle n’a pas encore décroché l’or. Dans la rade marseillaise, lors des JO de Paris 2024, elle n’était « que » repartie avec l’argent. « Si j’étais aux Jeux, j’étais là pour la médaille d’or. J’étais vraiment très déçue », se souvient la Hyéroise, en larmes sur la plage après la finale.

    Heureusement, l’expérimentée Charline Picon a su trouver les mots pour lui faire prendre conscience du chemin parcouru. « Les Jeux, c’est vraiment une expérience à part entière. Ça t’apprend à rester connectée avec toi-même malgré les sollicitations des médias, de ton entourage et la pression des résultats. Une partie de ma déception, c’était aussi de me dire que tout le monde s’attendait à ce que je gagne et que j’avais déçu tout le monde », explique Nolot, actuellement en Sardaigne pour préparer les futurs championnats du monde au Brésil (15 au 23 janvier 2027), qualificatifs pour l’échéance olympique.

    La sergente, réserviste opérationnelle au sein de l’Armée de l’Air et de l’Espace (AAE) et du Bataillon de Joinville, poursuivra sa préparation à Fuerteventura, dans les Canaries, un spot venteux où elle a ses habitudes depuis plusieurs années, avant de rejoindre le Brésil vers le mois de décembre « pour essayer de passer un maximum de temps sur place ». De quoi continuer à surfer sur la vague du succès.

  • Casse-tête à venir pour Bruno Genesio et son staff

    Casse-tête à venir pour Bruno Genesio et son staff

    Les maux de tête vont se poursuivre pour Bruno Genesio et son staff. Les séances de réflexion s’annoncent intenses, ne serait-ce que pour aligner onze joueurs compétitifs et tenter de mettre un terme à la série de défaites. Les instances du football mondial ont instauré une trêve de trois semaines afin de limiter le nombre de fenêtres internationales durant l’automne. De nombreux joueurs ont ainsi passé les deux dernières semaines avec leur sélection, y compris pour les Marseillais. Ces derniers sont tombés comme des mouches, de l’Afrique à l’Amérique du Nord en passant par la Scandinavie.

    Le dernier en date : Pierre-Emile Højbjerg. Le Danois est sorti blessé après seulement 10 minutes de jeu, dimanche soir, à Cardiff, lors de la rencontre entre le Pays de Galles et le Danemark. Visiblement, le milieu de terrain était touché musculairement à la cuisse. Le corps n’a pas tenu pour celui qui a joué toutes les minutes de tous les matches depuis le début de la saison. Avec sa sélection, il avait également joué l’intégralité des trois premiers matches face à la Norvège, au Portugal et au pays de Galles. Au moment de retrouver les Gallois, l’ancien joueur de Tottenham a mimé un geste de rotation avec ses doigts pour signifier qu’il lui était impossible de poursuivre.

    Une énième tuile pour l’Olympique de Marseille. Pierre-Emile Højbjerg était indéboulonnable au cœur du jeu marseillais, homme de confiance de Bruno Genesio de par sa connaissance du club et son expérience. Il sera difficilement remplaçable puisque les solutions sont limitées. D’autant plus que Himad Abdelli a lui aussi connu la blessure avec l’Algérie. L’ex-Angevin est apparu en béquilles, attelle sur la cheville gauche, la semaine dernière. Amine Gouiri a également écourté son stage avec les Fennecs, suite à une gêne à la cuisse. Son indisponibilité pourrait être la plus courte parmi les récents blessés.

    À l’inverse, Derek Cornelius semble parti pour une absence beaucoup plus conséquente. Le Canadien a subi un gros choc à l’entraînement avec sa sélection. Transporté à l’hôpital, il souffrirait d’une grave blessure à la hanche et pourrait revenir seulement en 2027. Le défenseur central est rentré dans les Bouches-du-Rhône pour effectuer d’autres examens.

    Des alternatives

    loin d’être évidentes

    Quelles solutions face à ces contrariétés ? Le milieu de terrain est de toute évidence décimé, Tochukwu Nnadi est une option, tout comme Angel Gomes, qui peut occuper plusieurs postes, même s’il a été utilisé plus haut depuis le début de la saison. Le coach marseillais pourrait donc se tourner vers la jeunesse. L’alternative Nouhoum Kamissoko, 21 ans, semble la plus logique. Le milieu défensif a été sur quatre feuilles de match avec les pros, sans entrer une seule fois en jeu. Yanis Sellami vient de prolonger son contrat jusqu’en 2029 et, à 19 ans, peut être un candidat, bien que son niveau de jeu réel soit probablement loin de celui de la Ligue 1 actuellement.

    Le déplacement à Troyes, dimanche (20h45), s’annonce incertain, malgré l’obligation de résultat pesant sur les épaules marseillaises.

    Timothy Weah, capitaine à remplacer à Troyes

    En plus des interrogations liées au milieu de terrain, le côté droit de la défense marseillaise sera à combler lors du voyage à Troyes, ce dimanche, à 20h45. En effet, Timothy Weah a été expulsé après deux cartons jaunes reçus lors du revers face au Paris Saint-Germain (1-2). Suspendu une seule rencontre, l’Américain doit tout de même être remplacé.

    Là aussi, les options manquent. Kelyann Bezahaf a disputé quelques minutes contre le PSG, mais prend le plus souvent place sur le banc depuis le mois d’août. Bruno Genesio pourrait réaliser un changement de bord pour Ulisses Garcia. Le Suisse semble avoir été testé à droite, lui qui occupe le couloir gauche habituellement.

    P.G.

  • À Toulon, un congrès pour défendre une justice pour tous indépendante

    À Toulon, un congrès pour défendre une justice pour tous indépendante

    Que devient une démocratie lorsque la justice cesse d’être considérée comme un pilier de l’État de droit ? Face à cet abîme qui menace toutes les sociétés contemporaines avec la montée des extrêmes droites, l’association A.M.O.U.R de la Justice va tenter, pendant trois jours à la faculté de droit de Toulon, d’alerter, d’informer et de faire vivre le débat afin de mettre en évidence l’urgence de doter l’institution de moyens adaptés aux défis qu’elle doit relever.

    Avec comme invité d’honneur Magali Lafourcade, secrétaire générale de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), qui dans son livre La justice en procès – Les populistes à l’assaut de l’État de droit alerte sur le péril d’un populisme anti-judiciaire. Un appel à défendre le bien commun démocratique qu’est la justice, loin des fantasmes et des récupérations politiques. C’est à elle que reviendra le mérite d’ouvrir le débat avec l’avocat pénaliste spécialisé dans la défense des lanceurs d’alerte, Me Jérôme Karsenti, auteur de Corruptions – l’effondrement de l’État de droit.

    Trois jours « pour défendre la justice auprès des citoyens, la rendre plus accessible, mais aussi pour demander, bien sûr, qu’on lui accorde plus de moyens », explique notre consœur Caroline Groizeleau, qui répond ici avec la casquette de directrice de communication de l’association. Nous sommes devant le panneau d’expression libre du boulevard Tessé, sur lequel les militants du Comptoir des idées sont en train d’afficher l’événement qu’ils soutiennent.

    L’état de droit peut vaciller

    Plusieurs tables rondes sont au programme, le samedi. Elles réuniront des experts judiciaires qui viendront souligner les causes de la fragilisation de la justice et les solutions pour redonner tout son sens et ses lettres de noblesse à une institution sensible très attaquée par la droite et le Rassemblement national.

    « L’affaire Lyhanna a mis beaucoup de choses en exergue. Mais aussi les condamnations de Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy », explique Caroline Croizeleau. Dans le premier cas, c’est l’indigence des moyens accordés qui a été fortement ressentie dans la population, souligne-t-elle. Et d’insister : « Au tribunal de Toulon, ils n’ont même pas de papier pour imprimer ». Ce qui a été révélé ensuite avec les décisions de justice concernant l’ancien président de la République et la désormais candidate du parti à la flamme, avec des commentaires politiques décomplexés des élus de ce côté de l’échiquier politique, c’est le peu de respect que certains élus témoignent à nos institutions. Pour mémoire, le député RN varois de la 6e circonscription, Philippe Schreck, en appelait carrément à l’insurrection en qualifiant les juges de « mollahs du droit » et de « talibans » « nourris par la haine » ayant « supprimé la démocratie ». « On est dans la dictature des juges ! », écrit alors sans nuance le parlementaire d’extrême droite.

    « On est inquiets parce qu’on est à la veille d’une élection présidentielle suivie de législatives et que l’État de droit risque de vaciller si certaines personnes sont élues : on l’a vu aux États-Unis, l’État de droit peut très vite vaciller », prévient la responsable de la communication d’A.M.O.U.R de la Justice.

    À ses côtés, Soline Béatrix, pour le Comptoir des idées, insiste : « On voit, comme tous les citoyens, depuis de nombreuses années, le grignotage de l’indépendance et de la liberté de la justice par le pouvoir exécutif. Ce congrès va permettre de mettre en avant ce problème éthique majeur ».

    Mais derrière l’alerte sur les menaces qui planent, c’est « un laboratoire d’idées » qui s’ouvre ce week-end, « pour proposer des pistes de réflexion concrètes afin d’enrayer une possible fatalité politique ». Tout un programme.

  • Un village mobilisé face à la destruction de sa forêt

    Un village mobilisé face à la destruction de sa forêt

    « Notre bois s’est transformé en cimetière, en clairière, toute la forêt a disparu » : les habitants de Revest-Saint-Martin, petit village de 88 habitants situé au nord de Forcalquier, dans les Alpes-de-Haute-Provence, essayent de se mobiliser face aux coupes illégales de centaines d’arbres qui détruisent leur forêt.

    Des coupes qui ont eu lieu sans le consentement des propriétaires des parcelles en question. « Il est en train de créer une catastrophe écologique monstrueuse. C’est du vol manifeste, il se sert chez nous », regrette l’une des propriétaires concernées, qui n’a jamais porté plainte de peur que l’homme coupant illégalement ses arbres s’en prenne à sa mère, selon elle. « Il a tout coupé chez lui, il n’a plus rien à couper chez lui, maintenant, il se sert chez les autres », avance-t-elle, dénonçant « un saccage » avec des « dégâts irréversibles ».

    Du bois de chauffage

    Les habitants du village parlent sous couvert d’anonymat et craignent de confronter l’homme, qu’ils décrivent comme « dangereux » et « menaçant ». « Tout le monde a toujours reculé devant lui et devant ses menaces », explique l’une des propriétaires. Ils essayent tout de même de se mobiliser et de lutter. Ils ont créé un groupe Whatsapp « pour se sentir plus fort » et réfléchir à de potentielles actions. Quatre habitantes se sont rendues en mairie, la semaine dernière, pour protester et signaler la découverte de nombreuses nouvelles coupes.

    Une enquête avait été ouverte suite à une plainte déposée par la maire pour des coupes illégales de 64 arbres sur une parcelle communale, mais elle a été classée sans suite, les habitants n’ayant pas encore réussi à prendre en photo l’homme en flagrant délit.

    Une réunion avait également été organisée en sous-préfecture à ce sujet, avec des membres de l’OFB (Office français de la biodiversité) et de l’ONF (Office national des forêts), à la demande de la sous-préfète. « Cela n’a rien donné, et les coupes d’arbres ont toujours continué », regrette la maire du village, Nadine Curnier.

    Des forêts « décimées »

    L’homme, déjà vu en train de couper des arbres sur une parcelle qui ne lui appartient pas par une habitante du village, revend le bois pour en faire du bois de chauffage. Il embaucherait plusieurs hommes pour l’aider à couper les arbres, selon les habitants, les propriétaires de parcelles et la maire du village.

    De nombreux propriétaires des parcelles où l’homme a coupé des centaines d’arbres n’ont pas porté plainte par peur des représailles, ce que déplore la maire. « C’est aux propriétaires privés de porter plainte, je ne peux pas me substituer à eux », avance-t-elle, regrettant de voir les forêts de son village « décimées ». L’une des propriétaires d’une parcelle, où l’homme a coupé de nombreux arbres, a fait faire un constat d’huissier.

    La coupe d’arbres dans une forêt appartenant à autrui constitue un délit. Le Code forestier vise notamment les arbres présentant au moins 20 centimètres de circonférence et prévoit des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros d’amende.

  • Dans les Hautes-Alpes, le combat d’un maire et de ses habitants pour une déviation

    Dans les Hautes-Alpes, le combat d’un maire et de ses habitants pour une déviation

    « Remollon est un village-rue », déplore Bertrand Baulet, le maire la commune. Difficile de lui donner tort en parcourant l’axe principal du village, le cinquième plus petit des Hautes-Alpes. Les trottoirs y sont minuscules, voire inexistants sur certaines portions : les poussettes ou fauteuils roulants ne peuvent pas envisager d’y circuler. La porte de certaines maisons se trouve à quelques centimètres de la voie, tandis que des impacts de camions sont visibles dans un bloc de béton et sur un balcon.

    En moyenne, 330 poids lourds traversent chaque jour le village via la RD900B, sans compter les centaines de voitures. « Ce n’est pas une simple départementale : c’est l’unique voie qui désenclave la vallée de l’Ubaye, l’axe emprunté quotidiennement par les poids lourds italiens transitant par le col de Larche et par les flux touristiques estivaux et hivernaux vers Barcelonnette », indique le maire. Depuis des décennies, les habitants et les élus successifs attendent une déviation.

    Bertrand Baulet ne compte pas lâcher l’affaire. « La déviation permettrait d’améliorer la santé et la sécurité des habitants, qui sont quotidiennement confrontés au bruit, à la pollution, aux vibrations… Il faut rendre le village aux habitants ! » Cet été, un accident a eu lieu : un poids lourd a percuté une camionnette dans la portion la plus étroite du village. « Cela permettrait aussi de valoriser l’immobilier au bord de l’actuelle voie, assure le maire. Plusieurs bâtiments ne sont pas utilisés, mais pas vendus car avec cette route ils ne valent rien ! » Selon le maire, environ 80% des habitants sont très favorables à la déviation. Parmi les quelques personnes qui s’y opposent, il y a « les 5-6 familles » dont la résidence se trouve aux abords de la future déviation, et quelques commerçants du village, notamment du restaurant, qui craignent de perdre des clients.

    Dès 1998, un financement de 6 millions d’euros avait été validé, « puis tout a été mis en pause ». En 2000, les habitants avaient bloqué la départementale pour se faire entendre. Aujourd’hui, le projet est estimé à 26 millions d’euros. « Le problème, c’est que ce n’est pas une priorité pour le Département, qui est en charge de la déviation. Son attitude, c’est l’esquive ». Le président du Département, Jean-Marie Bernard (LR), assure son soutien au projet : « Le Département est à l’origine du projet de déviation, dont on parle depuis longtemps et dont j’estime qu’il est aujourd’hui plus que jamais nécessaire. En février dernier, l’Assemblée départementale a validé l’avant-projet et m’a autorisé à solliciter le préfet pour l’ouverture d’une enquête conjointe publique et parcellaire afin de procéder aux acquisitions foncières ». Jean-Marie Bernard rencontrera le maire mi-octobre pour « évoquer les prochaines étapes ». « Il y a de grandes chances que ce soit une bonne nouvelle », se réjouit Bertrand Baulet.

    Agathe Di Lenardo

  • Martigues : reportée au 14 octobre, la journée des aidants garde le cap

    Martigues : reportée au 14 octobre, la journée des aidants garde le cap

    « La santé est un enjeu transversal que nous avons l’ambition de porter pour ce mandat », pose Gwladys Saucerotte, conseillère municipale déléguée à la santé et aux droits des personnes handicapées et de leurs familles. Jusqu’en décembre, la Ville et le Centre intercommunal d’action sociale (Cias) déroulent tout un programme à destination des aidants, des personnes handicapées et en faveur de la santé mentale.

    Les deux prochaines semaines concentrent les initiatives sur ce dernier axe dans le cadre de la semaine d’information pour la santé mentale. Jeudi, à Port-de-Bouc, « la psychiatrie fait du bruit », littéralement, avec une déambulation de batucada au départ de l’hôpital de jour. Un ciné-débat aura également lieu à La Cascade le mardi 13 octobre à 18h30 autour du film Sous le ciel d’Augérias, en présence de la réalisatrice Nathalie Vannereau et du psychologue Marc Krawczyk.

    Bien que la santé soit une compétence de l’État, il s’agit d’« un enjeu de territoire et d’une préoccupation de chaque instant », selon Gwladys Saucerotte.

    « Tout est relié par la lutte »

    Comme le répètent les professionnels de santé, l’élue reprend l’idée que « la santé mentale est le parent pauvre » du système de santé français. Au-delà du territoire, « les enjeux sont énormes, notamment chez les jeunes. Il y a une prise de conscience progressive de cette question et la collectivité a un rôle à jouer », estime-t-elle. Selon Santé publique France et l’enquête EnCLASS 2026, 20% des lycéens déclarent avoir eu des pensées suicidaires au cours des douze derniers mois et 15% auraient déjà fait une tentative de suicide.

    C’est aussi pour cela que la prise en compte de la santé dans l’action municipale est, selon Gwladys Saucerotte, « systématique », qu’il s’agisse « de santé mentale, cardiovasculaire, de santé-environnement, d’urbanisme, de culture ou de sport ». Au fond, « tout est relié par la lutte, pour des services publics et un hôpital dignes, pour les droits, la dignité et le bien-être », que ce soit pour les aidants, les familles ou les personnes psychiatrisées ou handicapées elles-mêmes.

    La participation de la Ville à la journée nationale des aidants, initialement prévue ce mercredi 7 octobre, est reportée au 14 octobre, en raison de mauvaises conditions climatiques, toujours de 13h30 à 17h, au parc Julien-Olive. À noter également qu’un nouveau festival dédié à la culture sourde est organisé par la Ville et la MJC, début novembre 2026. Toutes les initiatives sont détaillées sur le site internet de la Ville.