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  • [Tribune] Position du Mouvement associatif Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur au 1er tour des municipales

    [Tribune] Position du Mouvement associatif Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur au 1er tour des municipales

    Le monde associatif, dans sa très large majorité, est attaché aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité qui sont les fondements de notre nation qui proclame dans le préambule de sa constitution que nous sommes une république laïque et sociale.

    C’est pourquoi le Mouvement associatif Provence-Alpes-Côte d’Azur s’est toujours abstenu de prendre parti, lors des premiers tours d’élections, lorsque les différents candidats se situaient dans le spectre républicain.

    Lorsque nous avons considéré que nos valeurs étaient menacées par des candidats porteurs de propositions antidémocratiques et aux antipodes de nos valeurs, nous avons nettement pris position. Ainsi, lors des scrutins régionaux de 2015 et 2022, nous avons appelé à une forte mobilisation en faveur du front républicain constitué pour faire face à la menace de l’extrême droite.

    Aujourd’hui, la menace que représentent les idées et propositions de l’extrême droite en Provence-Alpes-Côte d’Azur s’est accentuée, et notre coordination considère de son devoir d’alerter nos adhérents et plus largement l’opinion publique sur le risque qu’elle représente lors des élections municipales des 15 et 22 mars prochains.

    Aussi, c’est sans détour que nous appelons tous les citoyens de Provence-Alpes-Côte d’Azur qui, comme nous, souhaitent une société ouverte, tolérante et solidaire, à voter CONTRE l’extrême droite dès le 1er tour des élections municipales.

    Par le Conseil d’administration du Mouvement associatif Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur

  • [Tribune] Les centres sociaux : un rempart contre les idées d’extrême droite

    [Tribune] Les centres sociaux : un rempart contre les idées d’extrême droite

    En tant qu’acteurs de l’éducation populaire, les centres sociaux ne sont pas et ne peuvent pas rester neutres face aux idées d’extrême droite. Si notre rôle n’est pas de défendre, de nous opposer à tel ou tel parti politique ou aux personnes qui les incarnent, nous nous devons d’affirmer notre opposition aux idées et au courant d’extrême droite et d’alerter sur les conséquences réelles pour les centres sociaux et leurs publics.

    Pour les habitant·es

    L’extrême droite, par ses propositions, aggraverait l’exclusion des plus vulnérables et accroîtrait les inégalités dans les territoires déjà fragilisés.

    Son approche sociale vise à briser les systèmes de solidarité et à rompre le principe d’égalité des droits, en excluant davantage celles et ceux déjà discriminé·es en raison de leur origine, de leur religion, de leur genre ou de leur orientation sexuelle.

    En outre, sa politique économique profiterait avant tout aux plus riches, tandis que sa gestion des questions environnementales exacerberait les effets du dérèglement climatique, dont les plus précaires sont les premières victimes.

    Pour les centres sociaux,

    Plusieurs exemples, tant en France qu’en Europe, montrent que l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir conduit à une remise en question du rôle des associations et en particulier des centres sociaux.

    Outre le dénigrement public de leurs actions et projets, ces structures ont fréquemment fait face à une réduction drastique, voire une suppression totale, de leurs subventions.

    Dans un tel contexte, les centres sociaux pourraient se voir contraints de supprimer ou de modifier certaines de leurs actions. Et de plus pouvoir offrir un accueil inconditionnel, en raison de la « préférence nationale » imposée par l’extrême droite.

    Notre projet de société : justice sociale, solidarité, dignité humaine, démocratie

    Face à la menace, le réseau des Bouches-du-Rhône que nous représentons, réaffirme que les centres sociaux sont des lieux où peut se construire un avenir désirable, fondé sur l’émancipation, la coopération et la justice sociale ; les solidarités et engagements des habitant·es déjà à l’œuvre en sont la preuve concrète.

    Les centres sociaux permettent de proposer d’autres récits, d’autres imaginaires que ceux de la peur, du repli sur soi, de l’autorité et de la haine.

    Choisir la solidarité plutôt que le repli sur soi !

    Par l’Union des centres sociaux, associations de développement local des Bouches-du-Rhône

  • [Entretien] Radioscopie de la violence d’extrême droite par Nicolas Lebourg

    [Entretien] Radioscopie de la violence d’extrême droite par Nicolas Lebourg

    La Marseillaise : Pourquoi l’administration pénitentiaire vous a commandé ce rapport ?

    Nicolas Lebourg : Il y a eu une première étude sociologique sur les djihadistes et j’avais proposé de faire pareil sur les violences d’ultra droite. Ça intéresse l’administration parce qu’on connaît la quatrième vague de tentation de terrorisme à l’ultra droite depuis 2017. En 2015 et 2024, il y a 3 personnes sous écrou à l’ultra gauche, ça reste stable. Alors qu’à l’ultra droite, on passe de 1 à 64 en juillet 2024. Ils étaient encore 58 sous écrou, en comptant des activistes pour des ratonnades, en octobre 2025. C’est donc une réalité de plus en plus croissante pour l’administration, qui voulait savoir comment les gérer en prison.

    Qu’avez-vous étudié ?

    N.L. : Il s’agissait d’abord de faire un historique pour voir la façon dont on les avait gérés par le passé. Pour les djihadistes, l’administration avait appliqué des processus utilisés pour les Basques et les Corses, sauf que ça ne marchait pas. Ils ont donc inventé de nouveaux processus. L’administration a voulu savoir rapidement comment s’adapter aux détenus liés à l’ultra droite. Pour cela, on a donc étudié 104 personnes, la moitié arrêtée pour des projets terroristes et l’autre écrouée pour de l’activisme. Nous voulions savoir qui ils sont, où ils sont, sur quel type de faits et avec quel type d’idéologies.

    Qu’en ressort-il ?

    N.L. : D’abord, au niveau idéologique, le racisme est très clairement la question centrale. Il y a l’idée d’un complot de grand remplacement de la population française blanche. C’est structurel et c’est ce qui motive l’essentiel des personnes. Du côté des activistes, c’est plutôt des jeunes d’une grande ville, ce qui est classique dans la sociologie de la violence politique. Mais pour les projets terroristes, l’autre moitié, les gens sont beaucoup plus diplômés (j’ai par exemple deux agrégés de mathématiques), beaucoup plus seniors et il y a une inscription profonde dans la ruralité. Il y a aussi 10% de femmes, ce qui est le classique des groupuscules de l’extrême droite radicale, mais elles sont quasiment toutes du côté terrorisme. Au niveau de la géographie, il y a aussi une transformation complète. Jusqu’à fin 2016, elle était stable. En gros, c’est la zone Lyon-Marseille-Nice, la région parisienne, les Flandres françaises, la région nantaise, avec l’essentiel des violences à l’est de l’axe Le Havre-Perpignan. Depuis 2016, cette ligne n’existe plus et la pénétration dans la ruralité est profonde.

    Vous démontrez aussi que ces individus ne sont pas issus de territoires pauvres…

    N.L. : Exactement. Tout le discours sur la radicalisation violente qui vient de territoires où il y a plus de chômage, plus de familles monoparentales etc. Rien ne matche. C’est même l’inverse. Ces auteurs de violence proviennent de territoires qui vont mieux que la moyenne. Sauf qu’eux sont du bas de la classe moyenne et sont dans des territoires plus inégalitaires. Ils sont donc sensibles au discours sur les élites pourries. Pour eux, il y a les parasites d’en haut et les parasites d’en bas, les immigrés accapareurs etc… Ici, l’inégalité ne favorise pas des idées de gauche mais des idées de désir de hiérarchie légitime.

    Comment l’expliquez-vous ?

    N.L. : Ce sont des représentations que l’on retrouve à l’extrême droite au XIXè siècle sauf qu’elles viennent se greffer sur de nouvelles structures sociales. Drumont expliquait déjà qu’on allait augmenter les salaires des ouvriers en récupérant les 100 milliards d’or volés par les juifs. Depuis 2015, il y a deux pics d’augmentation des violences. Le premier après 2015, c’est une violence de revanche après les attentats. Ensuite c’est 2021 avec la campagne présidentielle et les dissolutions des groupes d’ultra droite. Sur un siècle, 29% des dissolutions ont été effectuées sous Emmanuel Macron ce qui a transformé la radicalité de droite. Aujourd’hui, plus personne ne monte des groupes nationaux, il n’y a plus que des groupes communaux. Ça va parfaitement avec la simplification idéologique. Avant, chaque groupe national avait sa spécificité idéologique. Aujourd’hui, ils sont tous ensemble dans un groupe local et ils s’en foutent que l’un soit nazifiant, l’autre royaliste etc… La montée de l’activisme est donc liée à cette politique de dissolution.

  • [Entretien] Guillaume Cartron : « 400 patients suivis » à Montpellier à l’aide de Cureety

    [Entretien] Guillaume Cartron : « 400 patients suivis » à Montpellier à l’aide de Cureety

    La Marseillaise : Comment fonctionne concrètement Cureety pour un patient en oncologie ou en hématologie ?

    Guillaume Cartron : Cureety est une application que les patients installent sur leur téléphone. Elle leur permet de signaler leurs sensations et les effets secondaires liés à leurs traitements. Elle leur permet également d’échanger avec les soignants. Par exemple, pour un patient sous chimiothérapie, plusieurs questionnaires sont envoyés à des moments précis du protocole et à intervalles définis. Ces questionnaires structurent le suivi. Les informations saisies sont directement accessibles aux médecins et aux équipes qui assurent leur prise en charge.

    Depuis son déploiement au CHU, observez-vous des résultats tangibles ?

    G.C. : Le dispositif s’inscrit dans une dynamique engagée depuis 2014 à Montpellier. Il a ensuite été expérimenté au niveau national à partir de 2018. Depuis 2022, la télésurveillance est reconnue par la loi et prise en charge par la Sécurité sociale, ce qui permet un déploiement plus large. Les données évoquent une baisse des hospitalisations non programmées, de l’ordre de 3%.

    Où en est aujourd’hui le déploiement du dispositif ?

    G.C. : le dispositif est actuellement en place en oncologie et en hématologie. Environ 400 patients ont accepté d’être suivis via la plateforme. Certains refusent, principalement parce qu’ils ne se sentent pas à l’aise avec l’outil numérique, souvent des patients âgés et d’autres craignent pour leurs données personnelles.

    La télésurveillance est-elle appelée à devenir un standard, ou reste-t-elle un complément ?

    G.C. : Il s’agit d’un complément, un lien supplémentaire. Les patients peuvent toujours appeler, mais l’outil structure le suivi. Le dispositif a vocation à s’étendre à d’autres services. Dans un contexte d’externalisation nécessaire des soins, l’objectif est d’éviter les hospitalisations inutiles, de proposer des traitements en externe lorsque c’est possible, tout en maintenant un lien étroit avec les patients. La télésurveillance contribue à une meilleure organisation des soins et à une prise en charge adaptée hors les murs de l’hôpital.

  • Nîmes : un premier guide des collections pour la romanité

    Nîmes : un premier guide des collections pour la romanité

    L’ouvrage, porté par le conservateur en chef Nicolas de Larquier et son équipe scientifique, est le fruit de plusieurs années de travail. « Il était temps », dit-il simplement. Au total, cinquante œuvres emblématiques sont analysées et mises en contexte.

    Le guide parcourt vingt-cinq siècles d’histoire, de l’époque préromaine jusqu’au Moyen Âge. On y trouve les pièces emblématiques et les chefs-d’œuvre attendus : sculptures, mosaïques remarquables mais aussi des objets plus inattendus. Un brasero portatif, par exemple, « une sorte de foyer mobile utilisé pour cuisiner », qui permet, selon le conservateur, « d’incarner la vie antique ». Ou de la céramique sigillée, de la verrerie entre autres.

    « Un ouvrage vivant »

    Présentées à Nîmes depuis 1823, ces collections ont plus de deux siècles d’histoire. Bien avant l’ouverture du musée actuel, la ville exposait déjà ses vestiges antiques. Le guide rappelle ainsi que l’intérêt pour l’Antiquité ne date pas d’hier et que le patrimoine nîmois s’est constitué dans la durée.

    Nicolas de Larquier assume volontiers que publier un guide, c’est figer. Mais en archéologie, les connaissances bougent en permanence. « On imagine souvent qu’un musée est immuable. C’est rarement le cas.  » Entre la fouille et la présentation au public, il peut s’écouler une dizaine d’années. Les notices évolueront, de nouvelles découvertes viendront compléter le récit. « C’est un ouvrage vivant, appelé à évoluer. »

  • Pour sortir de la crise, la Région Occitanie mise sur la souveraineté alimentaire

    Pour sortir de la crise, la Région Occitanie mise sur la souveraineté alimentaire

    Si pour la première fois depuis le début du Salon international de l’agriculture, aucun bovin n’était présent pour cause de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), la Région Occitanie, elle, est bien là. Pas moins de 130 producteurs régionaux étaient présents pour mettre en valeur les produits du terroir, sous l’œil de Carole Delga, présidente (PS) de la Région. Car la collectivité socialiste a mis la main à la poche depuis plus de dix ans pour sauver un secteur victime de crises successives : aléas climatiques (gel, sécheresse, etc.) ou encore épizooties. Une nécessité tant la filière agricole représente un poids considérable dans l’économie occitane : avec 165 000 actifs et 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires, elle est le premier secteur employeur régional. Ainsi, depuis dix ans [date de l’élection de Carole Delga à la tête de la Région], pas moins de 1,63 milliard d’euros a été investi dont 750 millions d’euros de fonds européens. Le budget régional dédié à l’agriculture a lui doublé sur la même période, passant de 30 à 74 millions d’euros.

    Des filières déficitaires

    Malgré ces efforts, les agriculteurs peinent à joindre les deux bouts. Leurs revenus sont parmi les plus faibles de France avec 13 200 euros par an, soit deux fois moins que la moyenne nationale. Dès lors, il devient urgent d’amplifier cette aide. « Depuis plusieurs années, je rencontre des agriculteurs fatigués, parfois découragés et en colère, qui ont le sentiment de devoir encaisser crise après crise sans jamais souffler. Trop souvent, on leur demande de changer, de s’adapter toujours plus vite, sans leur donner les sécurités nécessaires. Je refuse que celles et ceux qui nous nourrissent deviennent les oubliés d’un système qui exige beaucoup et protège trop peu », soutient Carole Delga.

    Alors, la Région entend mettre en place un Pacte de souveraineté alimentaire qui devrait être adopté à l’été 2026 – dont 16 millions d’euros seront mobilisés cette année. Nourri par les contributions de professionnels du secteur et de citoyens, ce dernier vise à assurer une meilleure souveraineté alimentaire. « Il fixera une ambition claire : structurer nos filières, sécuriser les revenus et renforcer la valeur ajoutée sur nos territoires », poursuit la présidente. Car si l’agriculture occitane compte nombre de filières, certaines sont déficitaires – telles les poires, les œufs, la viande bovine – or, les capacités de productions sont possibles. Ainsi, la collectivité prévoit d’accompagner ces filières via un contrat d’objectifs de production ou encore soutenir les initiatives souhaitant développer, produire ou commercialiser ces produits locaux, à l’instar de la Brique rose, brique de lait collectée, conditionnée et transformée en Haute-Garonne.

    Mais produire nécessite des terres. En ce sens, la Région mise sur la foncière agricole d’Occitanie. « La Région achète des terres, les garde un certain temps, les met à disposition des agriculteurs. Au bout de quelques années, quand les agriculteurs ont l’argent, ils rachètent leurs terres au même prix où nous les avons achetées, il n’y a pas de spéculation », détaille Carole Delga. Créée il y a trois ans, la foncière a permis de venir en aide à 26 agriculteurs en acquérant 620 hectares pour 2,7 millions d’euros. Nouveauté cette année, la foncière s’ouvre au financement participatif citoyen. L’autre levier que la Région souhaite mobiliser est l’accès à l’eau, ressource se raréfiant sous l’effet de la sécheresse. « Nous allons multiplier par deux le nombre de retenues collinaires aidées [100 projets ont été soutenus depuis 2024, Ndlr], remettre en service d’anciennes retenues collinaires qui ont 30, 40 ans, en créer de nouvelles dans certains territoires. Nous allons aussi étendre le tuyau Aqua Domitia », précise Carole Delga. Assez pour résorber la crise agricole en Occitanie ?

  • Finances : le rôle important de la Région dans le Gard

    Finances : le rôle important de la Région dans le Gard

    Dix ans après la fusion du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées, la Région Occitanie célèbre un anniversaire politique fondateur. À l’occasion d’une conférence de presse tenue à Nîmes, les élus régionaux gardois ont dressé le bilan de cette décennie d’actions et présenté les grandes orientations des projets à venir, dans un contexte budgétaire contraint mais assumé.

    Pour Fabrice Verdier, conseiller régional, l’enjeu était clair : « La Région a dix ans, il était important de faire un bilan après cette décennie. Ce choix fondateur a été réussi, nous avons fait région, nous sommes ensemble et cela apporte aux concitoyens de véritables réponses. » Malgré les débats initiaux, notamment dans le Gard, l’Occitanie s’est imposée comme un échelon incontournable de l’action publique. Avec un budget 2026 de 3,54 milliards d’euros, dont 1,15 milliard d’investissements, la Région reste la première de France en investissement par habitant. « Chaque euro dépensé est un euro utile », insiste Fabrice Verdier, rappelant la ponction de près de 500 millions d’euros opérée par l’État ces dernières années. Une contrainte forte qui n’empêche pas l’exécutif régional d’afficher ses ambitions.

    Vice-président chargé de l’économie, Jalil Benabdillah souligne une stratégie fondée sur l’anticipation : « L’environnement, la technologie et le social sont nos trois grands secteurs d’action. » Dans le Gard, 325 millions d’euros ont été mobilisés en faveur des entreprises, contribuant à l’implantation d’usines, à la création d’emplois et à l’attractivité d’un territoire qui accueille chaque année de nouveaux habitants. « Nous sommes la Région la plus innovante d’Europe », affirme-t-il.

    « Un budget d’action » face aux défis

    La transition écologique occupe une place centrale dans les politiques régionales. Aurélie Genolher, en charge de ces questions, défend « un budget d’action, de résistance et d’espoir qui place l’écologie au cœur de chacune de nos actions ». Gestion de l’eau, biodiversité, zones Natura 2000 ou énergies renouvelables : le Gard bénéficie d’investissements ciblés dans un territoire particulièrement exposé au changement climatique. « Parler de transition, c’est aussi parler de biodiversité », rappelle-t-elle.

    Autre priorité régionale : l’agriculture. Katy Guyot revendique une constance politique depuis dix ans : « Nous sommes attachés à l’agriculture occitane, nourricière. » Le budget agricole a doublé en une décennie et plus de 1 300 aides ont été attribuées dans le Gard. L’objectif est clair : relocaliser la production, garantir la souveraineté alimentaire et préserver les paysages.

    La mobilité reste le premier poste budgétaire de la Région. Jean-Luc Gibelin met en avant les résultats concrets : « Nous avons multiplié par trois la desserte de Beaucaire » et enregistré une hausse de fréquentation de 43% sur la liaison Nîmes-Alès. Réouverture de gares, plan vélo, train à 1 euro : la politique régionale se veut à la fois sociale et écologique.

    Enfin, la santé illustre la volonté régionale d’intervenir là où l’État se désengage. Julie Delalonde évoque « l’action au quotidien pour un meilleur accès aux soins », notamment à travers les centres de santé régionaux. Dans le Gard, plus de 55 000 consultations ont déjà été réalisées. « Le combat continue ! », conclut Fabrice Verdier, résumant l’état d’esprit d’une Région qui entend à la fois protéger les habitants et préparer l’avenir.

  • Transports : Vincent Bouget veut « réunir la ville » de Nîmes par les mobilités

    Transports : Vincent Bouget veut « réunir la ville » de Nîmes par les mobilités

    Lieu hautement symbolique, la gare de Nîmes, avenue Feuchères. C’est ici, au carrefour des trains, des bus, des vélos et des piétons, que la liste « Nîmes en commun » a choisi de poser l’un des marqueurs forts de sa campagne municipale : faire des mobilités un droit effectif pour toutes et tous.

    Entouré de Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région Occitanie en charge des transports et de Julie Frêche, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole déléguée aux mobilités, Vincent Bouget a dressé un constat sévère de la situation nîmoise. Retards accumulés, inégalités territoriales, dépendance persistante à la voiture : pour le candidat de l’union de la gauche (hors LFI), la majorité sortante « a péché sur les transports comme sur d’autres grands dossiers structurants ».

    À Nîmes, la mobilité reste aujourd’hui un facteur d’exclusion. Fréquences insuffisantes, horaires inadaptés aux travailleurs précaires, dessertes inégales entre quartiers, coût du transport scolaire… Autant de freins quotidiens qui enferment une partie de la population dans une forme « d’assignation à résidence ». « Se déplacer, ce n’est pas technique, c’est social, écologique et quotidien », martèle Vincent Bouget, rappelant que la mobilité conditionne l’accès à l’emploi, aux études, aux soins et à la vie sociale. Face à ce diagnostic, Nîmes en commun assume une rupture politique : replacer le service public de transport au cœur du projet municipal et communautaire. Gratuité ciblée, renforcement de l’offre, plan vélo structurant, voirie sécurisée pour les piétons : l’objectif affiché est clair, réduire la dépendance à la voiture sans opposer les usages.

    Nîmes à l’échelle régionale

    Pour Nîmes en commun, l’enjeu est aussi territorial. Troisième ville d’Occitanie, Nîmes ne peut plus penser ses transports en vase clos. La présence de Julie Frêche illustre cette volonté de décloisonnement. À Montpellier, la gratuité des transports en commun et le développement massif des mobilités actives ont profondément transformé les usages. « Les mobilités sont un outil de cohésion sociale, de pouvoir d’achat et de transition écologique », souligne l’élue montpelliéraine, plaidant pour une coopération renforcée entre les deux agglomérations. Rail du quotidien, liaisons ferroviaires plus fréquentes, complémentarité plutôt que concurrence entre équipements structurants : pour elle, Nîmes doit pleinement s’inscrire dans une dynamique métropolitaine élargie.

    Même message du côté de Jean-Luc Gibelin, pour qui la question dépasse largement les frontières communales. La Région Occitanie a fait du train une priorité, avec la gratuité d’usage pour les jeunes, le train à 1 euro, l’augmentation significative des fréquences et la réouverture de certaines lignes. Résultat : la fréquentation est passée de 60 000 à près de 100 000 voyageurs quotidiens. « Nîmes mérite un engagement total de tous ses partenaires », affirme-t-il, appelant à une meilleure articulation entre bus urbains, cars régionaux, vélo et ferroviaire, notamment autour de pôles stratégiques comme la gare centre ou celle de Saint-Césaire.

    Au-delà des annonces, la séquence de la gare Feuchères vise aussi à crédibiliser un projet municipal fondé sur la coopération : avec la Région, avec Montpellier, mais aussi à l’échelle de l’agglomération nîmoise, dont le fonctionnement actuel est régulièrement pointé comme un frein. Pour Vincent Bouget, l’enjeu est clair : « partager les ambitions, accepter les contraintes et agir ensemble » afin de garantir une mobilité équitable, lisible et accessible. En somme, faire des mobilités un service public central, au service de l’unité de la ville, de la justice sociale et de la transition écologique.

  • Cévennes : un front franco-cubain face au désert médical local

    Cévennes : un front franco-cubain face au désert médical local

    Il y a quasiment un an, lorsqu’André Chassaigne était venu à Alès pour présenter la possibilité d’attirer des médecins cubains dans les déserts médicaux français, beaucoup n’y croyaient pas. Mais onze mois plus tard, l’enthousiasme est revenu chez les Cévenols. La preuve, ils étaient une vingtaine de maires, une vingtaine d’autres élus et une soixantaine de citoyens présents à Cendras pour s’informer de l’avancée du projet, lundi 23 février.

    Car depuis, le travail mené par Sylvain André (PCF), maire de Cendras et président des maires ruraux du Gard, ainsi que par le comité de défense et de promotion de l’hôpital et de la santé en Cévennes a porté ses fruits en recevant le soutien de la quasi-totalité des acteurs du bassin alésien. « Nous avons aussi eu des réunions au ministère de la Santé et avec le conseiller santé du Président de la République. Ils sont d’accord avec la venue des médecins cubains, mais il faut pour cela travailler sur une convention », a expliqué André Chassaigne (PCF), qui a rendez-vous le 11 mars avec le ministère des Affaires étrangères pour présenter une première version de cette convention, dont le but est d’encadrer l’arrivée des médecins cubains.

    Dans un premier temps, cette venue devrait être expérimentale et concernerait trois zones en France : les Côtes-d’Armor, les Cévennes et les Alpes-de-Haute-Provence, notamment du côté de Sisteron et de Digne.

    24 000 médecins cubains déployés dans le monde

    Le travail de ces soignants serait payé par les hôpitaux à l’État cubain, qui reverserait une partie du salaire à ses médecins. « Cette situation ne sera que transitoire car ces médecins ne viennent pas pour remplacer, mais pour pallier des trous dans la raquette. Ces médecins seront aussi placés avec un médecin référent et ne seront pas envoyés seuls dans la nature », précise André Chassaigne.

    Pour confirmer le soutien de son pays à cette initiative, alors que Cuba compte actuellement 24 000 médecins déployés dans près de 50 pays, Justo Rodriguez, numéro deux à l’ambassade, s’est rendu dans le Gard ce 24 février, où il a pu échanger avec les élus et avec le directeur de l’hôpital d’Alès. « L’ambassadeur est favorable à la signature de cette convention. Pour nos médecins, ce sera aussi l’occasion de se former sur des technologies que l’on n’a pas à cause du blocus américain. Nous sommes donc disponibles pour mener cette coopération. Nous avons déjà 300 médecins déployés dans la région italienne de Lombardie », a expliqué le représentant cubain, qui a reçu officiellement le rapport sur les besoins spécifiques du bassin alésien. En Cévennes une centaine de médecins font défaut. Les analyses font apparaître un besoin de 24 praticiens au centre hospitalier d’Alès, des généralistes aux centres Filieris et sur la ville d’Alès et 28 généralistes ainsi que six spécialistes dans les communes environnantes. Après consultations et accord des divers éléments locaux du corps médical et celui des autorités nationales ses besoins pourraient être couverts par les Cubains. Si ce rapport devait être initialement remis en personne à l’ambassadeur, retenu par des affaires plus urgentes liées au contexte international, André Chassaigne estime que les pressions exercées par Donald Trump pour faire tomber le régime cubain ne perturberont pas le processus enclenché : « Le blocus exercé, avec maintenant l’interdiction d’approvisionner Cuba en pétrole, est ignoble. Quand je lui ai parlé des pressions américaines, Emmanuel Macron m’a promis qu’il assumerait. Je crois qu’il a la volonté de mettre de la distance avec les États-Unis pour affirmer son indépendance. » Des propos qui ont poussé le maire de Cendras (PCF), Sylvain André, à conclure avec optimisme : « À l’heure où les bombes pleuvent partout, cette coopération pourrait donner une autre image des relations internationales, qui seraient basées sur la solidarité. »

  • Vaucluse : 70 personnes dépistées contre le cancer dans un bus

    Vaucluse : 70 personnes dépistées contre le cancer dans un bus

    Dans ce véhicule, les grains de beauté des patients ont été photographiés puis analysés par un dermatologue dans « un délai de quelques semaines », précise l’organisateur. Cette initiative s’inscrit « dans une démarche de prévention de proximité et de réduction des inégalités d’accès aux soins en liens étroits avec les collectivités locales », précise la MGA. Une étude est en cours afin de pouvoir étendre ce service à une population plus large.