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  • Pétanque : Gino Deslys, le retour de l’enfant prodige

    Pétanque : Gino Deslys, le retour de l’enfant prodige

    Ils sont venus, ils sont tous là. Sainte-Tulle était la capitale de la pétanque samedi dernier avec une pléiade de champions. Cette épreuve régionale, organisée de main de maître par la Boule Tullésaine et son président Rudy Lafleur, a attiré tout le gratin de la pétanque. Henri Lacroix, Laurent Matraglia, Mickaël Bonetto, Michel Hatchadourian, Jérémy Fernandez, Emmanuel Viola, Laurent Nguyen Van, David Riviera, Marcel Gbetable, Frédéric Bauer. Un régional à l’odeur de National sur le magnifique boulodrome Henri-Lafleur

    Dans ce méli-mélo de chocs, nous avons encore admiré le talent de Jérémy Fernandez, équipier de Foyot et Cantarel, lors du prochain Mondial La Marseillaise, qui a étouffé dans l’œuf toutes les velléités de son ex-coéquipier Mickaël Bonetto grâce à un tir dévastateur dans un 8e de finale au sommet. On a pu encore admirer la persévérance des champions de France Henri Lacroix et Laurent Matraglia, certes battus en demi-finale, par un Deslys très costaud, mais proche d’une remontada (2-12, 9-12). Puis 9-13.

    Dans ce jeu essentiellement d’envoi, il y a des hommes qui excellent comme Manu Viola, associé au phénomène Michel Hatchadourian, avouez que le binôme a de la gueule. Tombeur de Fernandez en quart de finale, les deux hommes ont pourtant buté sur un Marc Tierno très performant à l’appoint. Le finaliste du Mondial La Marseillaise 2024 et son partenaire l’imperturbable Frédéric Bauer, vainqueur lui du Mondial en 2014, ont gagné le droit de disputer cette finale.

    Disputée tardivement, elle a tourné à l’avantage de Deslys et Rakotoariniaina. Au début indécis succède un écart conséquent pour Deslys (11-7). Bauer-Tierno se font plus présents, reviennent au score après une belle mène de trois points. Mais Gino très en verve au tir tout au long de l’épreuve conclut magnifiquement cette finale par un carreau dont il a le secret. C’est la confirmation de l’enfant prodige qui fut, il y a maintenant 10 ans, champion départemental doublette mixte et tête à tête dans les Bouches-du-Rhône à l’âge de 15 ans… Depuis il a confirmé avec quelques coups d’éclat (Martigues. Nice, Fayence, plusieurs champions de Haute-Garonne, doublette triplette, Corse doublette). « J’ai trouvé mon équilibre avec la famille et le travail. Aujourd’hui, j’ai 25 ans et je veux gommer les erreurs d’un passé. La pétanque à un haut niveau demande du sérieux, j’avoue que j’en ai manqué. J’ai perdu 15 kg et je me sens beaucoup mieux physiquement. »

    Le nouveau Gino est arrivé. Il devrait continuer son association avec Jimmy Rakotoariniaina (notamment lors de La Marseillaise) qui lui apporte son talent, Son calme, son expérience et son efficacité.

  • Le futur voilier Paprec fait sa transition du virtuel au réel

    Le futur voilier Paprec fait sa transition du virtuel au réel

    Comment se conçoit un bateau pour faire un tour du Monde sans escale, ni assistance ?

    Alors que Yohann Richomme était en mer, son prochain Imoca était déjà porté sur les fonts baptismaux. Car lorsqu’un bateau est mis à l’eau, il est l’aboutissement d’un long cheminement. Pour le futur Paprec, il s’agira de la conclusion de trente mois de réflexions et de travaux préparatoires.

    Tout a débuté, fin 2024, avec la mise en route virtuelle du chantier par la réflexion menée entre le bureau d’études et le cabinet d’architecture d’Antoine Koch. L’équipe s’affaire à collecter un maximum de datas et conserve chaque remarque de Yoann Richomme lors de sa course. Un travail de fond pour « balayer tous les aspects du bateau et confronter nos points de vue avec ceux de l’architecte », dixit Gautier Levisse, responsable du bureau d’études.

    Un puzzle géant

    Jusqu’en décembre dernier, le processus s’est fait essentiellement autour des discussions de partenariat et des programmes informatiques, afin d’assembler le puzzle géant qui donnera naissance au chantier. La conception du bateau s’achève progressivement. « Dans sa 3D, le bateau est quasiment figé », assure Gautier Levisse. Grâce à une maquette en bois à échelle 1 et à l’aide d’un casque de réalité augmentée, l’équipe travaille à peaufiner l’ergonomie du cockpit, le poste de barre et les winchs. En parallèle, au chantier Multiplast, l’enveloppe de la coque commence à être façonnée dans un moule prévu à cet effet. « C’est la première pièce du puzzle ! »

    Mars marque le passage du virtuel au réel : la coque du futur bateau entre véritablement en construction, semblable à la génoise qui sert de base à un énorme gâteau En avril, la structure sera complétée et, à partir du mois de septembre, débuteront les phases de peaufinage, avec en point d’orgue l’arrivée des foils, en décembre. Pour une mise à l’eau début 2027. Et, dans la foulée, la première sortie en mer.

  • Micmac préfectoral autour d’OM-Lille

    Micmac préfectoral autour d’OM-Lille

    Les Lillois disputant leur huitième de finale retour de Ligue Europa le jeudi à Londres, la seule possibilité pour faire disputer la rencontre est de la programmer le dimanche. Dans un premier temps, la LFP et Ligue 1+, le diffuseur du championnat avaient opté pour un coup d’envoi à 20h45.

    Mais en publiant la programmation des matches, seules huit ont été entérinées. Et le créneau du dimanche, 20h45, a été attribué au duel Nantes-Strasbourg. Concernant OM-Lille, le communiqué de la LFP indique que le match « serait fixé dans les meilleurs délais ».

    La LFP a reçu une interdiction du ministère de l’Intérieur et de la Préfecture des Bouches-du-Rhône de programmer la rencontre à cette heure-là. Les pouvoirs publics évoquent des risques de débordements liés aux résultats des élections municipales dont le deuxième tour se tiendra ce jour-là, avec un résultat annoncé à 20h. Si les deux clubs sont d’accord, le coup d’envoi devrait être avancé à 17h15.

  • Hautes-Alpes : la CGT lance de faux billets pour un vrai combat

    Hautes-Alpes : la CGT lance de faux billets pour un vrai combat

    Si vous trouvez un billet de 20 euros par terre dans un couloir de votre entreprise, n’allez pas le dépenser trop vite, retournez-le d’abord. Il y a fort à parier qu’il s’agisse en réalité d’un tract de la CGT. « On les froisse, on les passe à la machine, on les abîme pour qu’ils soient le plus réaliste possible, explique Alexandra Pourroy, cosecrétaire de la CGT 05, à l’origine de cette campagne. Le but, c’est de rappeler que cette somme, c’est ce que gagne en moins chaque jour, en moyenne, les femmes par rapport aux hommes, à poste équivalent. »

    Plus de « 50% de la population discriminée »

    Le but de la campagne est donc d’alerter, de façon ludique sur ces inégalités pourtant interdites par la loi. « La plupart des entreprises jugent peu important que 50% de la population soit discriminée. Au rythme actuel où elles résorbent l’écart, on estime qu’on sera à l’égalité dans 160 ans, dénonce Alexandra Pourroy. Quant à l’État, il ne se donne pas les moyens de faire appliquer la loi, très peu d’entreprises sont sanctionnées. » La différence de salaire à poste et durée de travail identiques, est d’environ 15% selon l’Insee. Cette différence correspond à environ 20 euros par jour que les hommes gagnent en plus pour le même travail. Pire, la réduction de ces inégalités ralentit : l’écart de salaire n’a diminué que de 0,4 point en 2024, contre 0,9 point par an en moyenne entre 2019 et 2023, toujours selon l’Insee.

    Ce tract rend donc palpable cette inégalité, quitte à créer un (léger) faux espoir. « Quand on tombe dessus, on se dit “Super j’ai gagné 20 euros !” Et on réalise que c’est ce que gagnent en moins chaque jour les femmes en le retournant. Au final, c’est assez ludique et les gens se prennent au jeu, on en retrouve un peu partout dans les entreprises. » Pour participer à son échelle à cette campagne, il est d’ailleurs possible de contacter la CGT Fapt 05 pour se procurer les tracts… et les laisser traîner à son tour sur son lieu de travail.

    Contactez la CGT FAPT pour vous procurer les tracts : cgt.ptt.05@wanadoo.fr

  • La Région au chevet des lieux de santé

    La Région au chevet des lieux de santé

    « C’est à l’État de le faire, mais c’est nous qui payons », a déploré Renaud Muselier en visite à l’hôpital de Manosque, dont les collectivités financent l’extension, avec une nouvelle unité de soins palliatifs et un institut de formation. Sur les 7,9 millions d’euros du coût total, la Région finance plus d’un million, les communes de l’agglomération 1,9, le Département 500 000 euros et l’ARS 1,25 million. « Je tiens à remercier les maires, parce que c’est le seul endroit en France où on a un tour de table de ce niveau pour aider l’État à payer et soigner nos concitoyens, ça n’arrive jamais », a avancé le président de la Région.

    « Si tout va bien », l’extension devrait ouvrir « en 2029 », a expliqué Gilles Dufour, le directeur de l’hôpital. « On a reçu un avis favorable de la commission régionale d’investissement de l’agence régionale de santé en phase d’éligibilité fin 2025. Le dossier est en cours d’approfondissement. La commission régionale d’investissement doit se réunir le 17 mars pour donner ou non la validité et le top départ du projet », a-t-il précisé. « C’est un projet qui ne pourrait pas voir le jour sans le soutien indispensable et exceptionnel des collectivités territoriales », a-t-il salué.

    Une nouvelle maison de santé

    4,5 millions d’euros seront investis pour l’unité de soins palliatifs, avec 12 lits dont deux supplémentaires, et 3,3 millions pour l’institut de formation paramédicale, a détaillé le directeur de l’hôpital. Le président de la Région, le maire de Manosque, la présidente du Département et le directeur de l’hôpital ont rencontré les soignants et discuté notamment du « déficit chronique sur le fonctionnement de l’hôpital » et de « la mise en place d’une restructuration ».

    Plus tôt dans la journée, Renaud Muselier a visité le centre de soins Paul-Nalin à Forcalquier, où le maire David Gehant porte un nouveau projet de création d’une maison de santé. « Les professionnels de santé sont à l’étroit » dans le bâtiment actuel, a expliqué Dr Marjorie Hubeau. Le centre de soins Paul-Nalin, inauguré en juin 2024, a déjà permis de recruter de nouveaux médecins, indispensables dans ce département qui en manque cruellement. Dans la région, « on commence à manquer de médecins et la pyramide des âges est plus élevée que dans les autres régions, ce qui veut dire que, dans les cinq ans qui viennent, on va avoir une difficulté beaucoup plus importante », a avancé Renaud Muselier. Le président de Région s’est félicité d’être passé de 12 à 51 centres médicaux depuis le début de son mandat, dont 16 supplémentaires dans les Alpes-de-Haute-Provence.

    Le maire de Forcalquier a expliqué être en train de faire l’acquisition d’un terrain à l’entrée de la ville qui devrait permettre de réaliser la nouvelle maison de santé en 18 mois. « Sans l’aide de la Région, on est incapable de mettre en œuvre des projets comme ceux-là », a-t-il souligné. « On est les seuls en France à faire ça, ce n’est pas notre mission de payer à la place de l’État », a martelé Renaud Muselier, alors que la Région avait financé le centre de soins Paul-Nalin à hauteur de 720 000 euros.

    Renaud Muselier a également visité à Forcalquier la maison des entrepreneurs, l’un des rares centres Europe Direct situés en zone rurale, et le complexe sportif Alain-Prieur, dans lesquels la Région a également investi.

  • À Avignon, Bernard Thibault analyse la place de la CGT dans le monde

    À Avignon, Bernard Thibault analyse la place de la CGT dans le monde

    Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT de 1999 à 2013, sera présent au club des Cheminots d’Avignon, ce jeudi 5 mars, pour échanger avec les militants locaux autour de la CGT et de ses relations internationales.

    Cette venue s’inscrit dans une initiative de l’Institut d’histoire sociale (IHS) CGT de Vaucluse. Bernard Thibault, également coprésident du comité de suivi de la charte sociale pour les JO de Paris, a été invité à participer à cette rencontre. « On a décidé de lancer l’initiative de faire des rappels historiques qui se retrouvent aujourd’hui dans des problématiques très contemporaines. On veut aller plus loin que la mémoire locale », explique André Castelli, président de l’IHS de Vaucluse, qui se réjouit de la venue « d’une figure du syndicat dans son évolution et sa transformation ».

    Première ligne

    Un peu moins d’une centaine de personnes sont attendues lors de ces échanges, au cours desquels seront abordés le rôle du syndicat et ses relations avec les organisations étrangères. « Ces rapports sont importants, car, dans le monde entier, ce sont souvent les travailleurs qui paient les factures de décisions qui ne leur appartiennent pas, qui sont issues du monde capitaliste. Il s’agit de voir comment mener la riposte », ajoute André Castelli.

    Une initiative qui en appelle d’autres. L’IHS prévoit d’organiser plusieurs rencontres dans les prochains mois, notamment autour de la CGT face au fascisme ou encore d’un débat consacré à la paix.

  • Vaucluse : la pistache, une filière en pleine structuration

    Vaucluse : la pistache, une filière en pleine structuration

    Vers un retour des pistachiers en Provence ? C’est en tout cas ce qui semble se dessiner d’après le syndicat France Pistache, qui tenait ce mardi 3 mars son assemblée générale à Avignon.

    « On retrouve des traces de pistachiers en Provence jusqu’à la fin du XXe siècle. Puis ça s’est arrêté pour se diriger vers les vignes. Aujourd’hui, on est un peu en train de voir l’inverse dans certains coins », témoigne ainsi Benoit Dufay, coordinateur de France Pistache. Car le pistachier, qui poussait à l’origine en Asie centrale dans des zones semi-arides, peut être un bon candidat pour diversifier les cultures dans un contexte de réchauffement climatique. À l’heure actuelle, il existe 279 hectares de plantations de pistachiers, répartis entre 152 agriculteurs. Un chiffre que le syndicat espère voir doubler d’ici la fin de l’année. « Mais on part vraiment de rien », rappelle le coordinateur national.

    Exemple espagnol

    Pour l’occasion, Carlos Sanchez, exploitant de pistaches en Espagne et président du Conseil européen de la pistache, avait été invité devant une trentaine d’exploitants et de représentants de syndicats tout récemment créés, comme celui de la Corse. Pour lui, « l’Europe a clairement sa carte à jouer », dans la filière. Car, chiffres à l’appui, seul le mastodonte américain, plus gros producteur mondial avec 700 000 tonnes par an, exporte en masse sur le Vieux Continent. Les autres leaders mondiaux, que sont la Turquie et l’Iran, exportent de moins en moins en raison de règles de plus en plus strictes. « J’ai des clients en Allemagne. Et un camion de Madrid à Berlin, ça prend maximum trois jours, alors qu’un cargo depuis la Californie, c’est presque deux mois. Donc, ils préfèrent commander chez moi », illustre-t-il.

    Il reste donc un effort de structuration à mener dans l’Hexagone. Mais les choses avancent, notamment avec la création d’une première casserie de pistaches dans le Sud-Est.

  • Un rassemblement pour promouvoir la paix en Iran à Martigues

    Un rassemblement pour promouvoir la paix en Iran à Martigues

    « Martigues exprime sa pleine solidarité avec le peuple iranien, pris en étau entre la violence de la guerre et l’oppression d’un régime autoritaire. Non à l’escalade militaire, oui à la paix, à la justice et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » détaillait la Ville dans son communiqué, relayé par le PCF de Martigues. Celui-ci appelle « à une solution diplomatique sous l’égide de l’ONU. La paix est une construction de chaque instant qui nécessite la mobilisation de tous ».

  • Aix-Marseille université s’allie avec SOS Racisme

    Aix-Marseille université s’allie avec SOS Racisme

    L’université Aix-Marseille (AMU) et SOS Racisme ont signé une convention de partenariat le mercredi 4 mars. La salle du conseil au Pharo est remplie pour l’occasion, en présence d’étudiants et de jeunes militants de SOS Racisme. « Cet accord permet d’accompagner les victimes d’actes racistes et antisémites, dans un contexte où la lutte contre ces actes n’est pas à la hauteur », affirme Dominique Sopo, président de SOS Racisme.

    L’objectif est d’organiser des événements et des formations contre le racisme et l’antisémitisme pour la communauté universitaire. « SOS Racisme vient informer et former les étudiants et apporte un dialogue différent avec sa connaissance du terrain », explique Éric Berton, président d’Aix-Marseille université. « C’est une réponse globale pour les jeunes étudiants victimes et spectateurs d’actes qui ne sont pas acceptables », indique-t-il. L’université avait d’ailleurs signé un partenariat avec la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) en décembre dernier. Les échanges entre les deux acteurs ont débuté en mai 2025 lorsque des étudiants d’Aix Marseille avaient signalé à SOS Racisme des actes de racisme, d’antisémitisme et de sexisme répétés dans différentes facultés de l’établissement. Des étudiants avaient été convoqués en conseil de discipline et depuis, plusieurs d’entre eux ont été exclus de l’université ou partiellement, selon le président.

    Tolérance zéro

    Un étudiant présent dans la salle s’interroge sur « la lutte contre les discours haineux propagés par les syndicats d’extrême droite sur les campus ». Éric Berton explique que l’université ne laisse rien passer et utilise les éléments juridiques à sa disposition : la sanction disciplinaire et la saisie du procureur de la République.

    La Défenseure des droits, Claire Hédon, a publié un rapport le 26 février qui estime que l’impact des dispositifs de lutte contre les discriminations dans l’enseignement supérieur reste « encore limité ». Pour Eric Berton, l’AMU est précurseure dans le domaine. « Nous sommes sur le bon chemin, déclare-t-il, nous avons mis en place un processus qui libère la parole. » En 2021, la direction a lancé le Service pour le respect et l’égalité (SpRE), importé de l’université de Montréal, et composé de quatre juristes chargés de traiter les signalements. Résultat ? Le taux de saisie a augmenté, à hauteur de 300 en 2025. L’université affiche une tolérance zéro contre les discriminations et les discours de haine avec une campagne d’affichage qui rappelle que ces actes sont des délits punis par la loi.

  • À Marseille, un gendarme corrompu au service d’un escroc fini

    À Marseille, un gendarme corrompu au service d’un escroc fini

    Un gendarme de la brigade de surveillance du littoral de Marseille a été condamné, lundi, à trois ans de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction de la fonction publique pour corruption passive par personne dépositaire de l’autorité publique et détournement de données de fichiers d’État.

    Le commanditaire, Dany Hadid, était à la tête du restaurant Al Baladi, promenade Georges Pompidou (8e), où le gendarme se régalait gratuitement. Ce Libanais de 51 ans, connu pour avoir été condamné pour de nombreuses escroqueries, a écopé de trois ans de prison ferme assortis d’un mandat de dépôt pour corruption active. Le tribunal a accepté la confusion partielle de sa peine à hauteur d’une année avec sa dernière condamnation, en septembre 2023, à six ans de prison, qu’il purge pour des faits similaires. Dany Hadid, écroué à Luynes, avait escroqué un couple d’entrepreneurs marseillais de 853 000 euros et un commerçant arménien de 90 000 euros, en se faisant passer pour un agent de la DGSE. En 2017, il avait écopé de 5 ans de prison, à Versailles, pour avoir ruiné un restaurateur égyptien avec la complicité d’un ex-musicien de la fanfare de la gendarmerie.

    Appâté par une promesse de prêt de 100 000 euros à taux zéro, l’adjudant Jamel M., 48 ans, était intervenu d’octobre à décembre 2022 pour mettre la pression sur des commerçants. Loin de ses fonctions de surveillance des trafics maritimes et dissimulant l’intervention à ses collègues, il s’était rendu, en tenue militaire et en véhicule de gendarmerie, dans un restaurant libanais concurrent de Hadid au prétexte de vérifier qu’un salarié en arrêt maladie y travaillait, puis il s’était présenté dans l’épicerie fine de l’épouse pour réclamer une dette de 10 000 euros. « Je demandais juste aux personnes de payer. Je ne pensais pas faire peur. Quand j’ai dit “de toute façon, on va le retrouver”, ça voulait dire que la justice allait s’occuper de lui », a-t-il expliqué à l’audience du 10 février. Le militaire utilisait aussi son contact à l’Urssaf pour organiser un contrôle administratif auprès d’un restaurateur concurrent de Hadid et obtenir des infos dans le cadre d’un litige professionnel avec un employé.

    « Est-ce normal de régler des litiges à l’amiable dans le cadre de vos fonctions de gendarme ? Vous n’étiez pas respectueux, vous avez mis la pression », a opposé le procureur, qui a requis 3 ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique. « Il m’a proposé de lui-même ce prêt sans contrepartie », a contesté le gendarme, muté depuis à Toulon. Il était bien noté et apprécié de sa hiérarchie. Le prêt devait prendre la forme d’une prise de participation au capital de MMMT, une société basée à Dubaï spécialisée dans l’extraction d’or et de diamants que le gendarme gère, ayant investi 270 000 euros provenant de la cryptomonnaie… Ce militaire décidément singulier possède aussi des comptes bancaires à l’étranger et sept appartements à Marseille qu’il loue, tout en vivant dans un logement de l’armée.

    « J’ai été bête sur ce coup-là, ça me rend malade. Je crois en l’humain, je lui ai fait confiance, je le considérais comme un ami, je n’ai pas cherché à comprendre », a dit le gendarme, qui réfute tout lien entre le prêt et les services rendus. Il était aussi reproché au pandore, qui avait accès aux fichiers d’État : 24 consultations au fichier de traitement des antécédents judiciaires, 16 au fichier des personnes recherchées, 17 au fichier des permis de conduire et 10 au fichier des véhicules, entre 2020 et 2023. Le tribunal a jugé « peu convaincantes » ses explications selon lesquelles « c’était pour montrer à des stagiaires de 3e ».

    Les 315 appels téléphoniques et SMS échangés entre les deux hommes établissent « un concert frauduleux », a estimé le tribunal, qui a toutefois relaxé le gendarme de tentative d’extorsion, car rien n’indique qu’il ait exercé des menaces ou des violences. Les restaurateurs victimes n’avaient pas voulu témoigner dans la procédure.