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  • Le CNM retrouve Sabadell pour un face-à-face clé

    Le CNM retrouve Sabadell pour un face-à-face clé

    Le parfum de la Coupe d’Europe est toujours bien présent. S’il a provisoirement disparu du Vélodrome, il ne s’est pas dissipé autour des piscines du Cercle des nageurs de Marseille. Ce mercredi, en fin d’après-midi, les poloïstes du CNM affrontent Sabadell en quarts de finale de la LEN Euro Cup, l’antichambre de la Ligue des Champions.

    Un adversaire bien connu des Marseillais parce que les Espagnols figuraient déjà dans la poule des hommes de Milos Scepanovic, cette saison, en LDC. Deux défaites contre cette formation avaient éteint les chances de qualification phocéenne pour la suite de la plus belle des compétitions. Cette nouvelle confrontation s’annonce donc intense. « Je dirais que c’est une très belle opportunité. Je ne suis pas du tout dans le sens, comme on dit, de la revanche, qu’on doit les battre parce que c’est quelque chose de personnel. C’est plutôt dans l’esprit, qu’est-ce qu’on a appris, qu’est-ce qu’on a appris de nous ? Parce que chaque crise, je pense qu’elle vient pour nous apprendre quelque chose. On a beaucoup parlé, on a beaucoup travaillé, depuis les dernières défaites en Ligue des Champions contre Sabadell, et on a une très belle opportunité de voir où on est par rapport à tout ce qu’on s’est dit », décryptait l’entraîneur monténégrin.

    Depuis le 11 février et cette élimination contre Sabadell, les Marseillais ont enchaîné les bons résultats en championnat. Plus de 20 buts marqués par match, moins de 10 encaissés et une vraie assurance face à leurs concurrents nationaux. « Depuis toujours, notre objectif, c’est notre campagne en Ligue des Champions ou en Coupe d’Europe. Mais les matches de championnat sont là pour mieux préparer nos matches en Europe. Évidemment, quand arrive la finale de la Coupe de France ou les play-offs, c’est très important pour nous. Il faut gagner. »

    Une qualification de justesse contre Savona

    Même si l’équipe a « très mal vécu » de sortir aussi tôt de la Ligue des Champions, le coach venu du Monténégro ne pense qu’à l’avenir. « Ça, c’est derrière nous. Ça fait maintenant plus d’un mois. On s’est mis au boulot, on a vraiment beaucoup travaillé, parlé, on a fait tout ce qu’il faut pour améliorer des choses. C’est pour ça que je dis qu’on verra comment l’équipe va réagir cette fois-ci contre le même adversaire qui nous a sortis de la Ligue des Champions. »

    Outre le championnat, le Cercle des nageurs de Marseille a déjà redoré son blason sur la scène européenne. Reversés en LEN Euro Cup, ils ont vécu une double confrontation dantesque contre les Italiens de Savona. 12-11 et 13-13, la qualification pour le top 8 s’est jouée à un seul but. Mais Milos Scepanovic était heureux du contenu et compte bien s’appuyer sur ces performances pour vaincre Sabadell. Et aller chercher le dernier carré de la C2. « Le premier match, je dirais qu’on a répondu très bien au jeu très agressif de Savona, surtout avec beaucoup de provocation, beaucoup de jeu sale. On était bien dans notre partie, avec beaucoup de sérénité, de concentration. Sur le deuxième match, on a eu deux fois une avance de 4 ou 5 buts et on a dominé le match. Je dirais que la majorité des matches, on a vraiment dominé, même si le résultat à la fin était comme ça. C’est plutôt la conséquence d’un manque de concentration, d’erreurs individuelles, plutôt que des problèmes sur les phases de jeu », analysait longuement Scepanovic.

    Quel que soit le résultat de ce match aller dans le bassin Pierre-Garsau, il y aura un retour, en Espagne. Dix jours de battement attendent le CNM avec, au milieu, une rencontre à la piscine Jean-Bouin de Nice. Leur avenir européen se décide donc durant ce mois de mars, avant de peut-être retrouver une équipe serbe ou une équipe monténégrine en demi-finales de la Coupe d’Europe. De quoi permettre des retrouvailles pour l’emblématique coach des Phocéens.

    MARSEILLE – SABADELL

    Quarts de finale de LEN Euro Cup

    Bassin Pierre-Garsau (18h)

    MARSEILLE : Bodegas, Crousillat, Drasovic, Vernoux, Larumbe, Tesanovic, Marion-Vernoux, Kalogeropoulos, Nagy, Spaic, Gbadamassi

    SABADELL : Asensio, Averka, Barroso, Bonet, Cabanas, Corres, Famera, Larsen, Lorrio, Panerai, Perez, Valera

  • [Entretien] Thierry Coville : « L’Iran et Israël veulent une guerre longue »

    [Entretien] Thierry Coville : « L’Iran et Israël veulent une guerre longue »

    Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé, mardi, « l’élimination » d’Ali Larijani, l’un des principaux dirigeants iraniens, et du général Gholamréza Soleimani, commandant de la milice du Bassidj, après des frappes menées dans la nuit en Iran par l’armée israélienne. Un nouveau coup dur pour Téhéran dans cette guerre déclenchée par une offensive israélo-américaine sur la République islamique et qui s’étend à toute la région. À ce stade, le pouvoir iranien n’a pas confirmé ces morts et demande à son peuple à se manifester « sur toutes les places des villes » pour un « rassemblement populaire afin de déjouer les complots potentiels des ennemis sionistes ».

    La Marseillaise : Israël a annoncé avoir tué Ali Larijani, présenté comme le dirigeant de facto de l’Iran depuis l’assassinat d’Ali Khamenei. Que représenterait sa mort ?

    Thierry Coville : Le pouvoir iranien est très opaque, mais j’avais la perception que depuis la guerre des douze jours comme on l’appelle, Ali Larijani avait pris des fonctions importantes. En tant que secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, il était un des personnages clés du système politique iranien. Si sa mort est confirmée, c’est un coup dur, oui. C’était un conservateur, mais d’un courant plutôt pragmatique. Il a eu un rôle en matière de diplomatie au début des années 2000 sur la question nucléaire, en négociation avec les Européens. Pour donner une idée de son importance, certains parlaient de lui comme une porte de sortie pour l’après-guerre. Il aurait pu être capable de mener un gouvernement de transition. Tout en restant très prudent, je pense que sa mort met les Pasdaran (Corps des gardiens de la révolution islamique) à la manœuvre aujourd’hui. Mojtaba Khamenei est d’ailleurs très proche d’eux, c’est pour cela qu’il a été nommé comme successeur du guide. On a un pouvoir iranien qui se radicalise et dont la stratégie est de faire durer la guerre.

    Israël et les États-Unis ont sous-estimé les capacités de défense iraniennes ?

    T.C. : Concernant Israël, c’est difficile à dire, parce qu’on voit très bien qu’ils veulent que le conflit dure. Côté américain, la réponse est oui, puisqu’on commence à comprendre que Donald Trump n’avait pas vraiment de raison de commencer cette guerre qui ne respecte aucune règle du droit international. L’Iran ne constitue pas une menace directe au plan balistique, ni nucléaire, pour les États-Unis. Donald Trump dit une chose et son contraire le lendemain. Dans son premier discours, il avait annoncé qu’il bombarderait l’Iran pendant trois semaines et préviendrait les Iraniens quand ils pourraient sortir dans la rue. Des propos lunaires et méprisants. D’autant qu’on commence à voir que c’est un petit peu plus compliqué que ça. L’élément qui fait réfléchir beaucoup de gens, c’est la fermeture du détroit d’Ormuz. Comment n’y avait-il pas pensé ? On sent beaucoup d’improvisation. Il en est réduit à demander l’aide des pays occidentaux.

    Israël et l’Iran veulent faire durer ce conflit ? Pourquoi ?

    T.C. : L’Iran et Israël veulent une guerre longue, mais pas pour les mêmes raisons. L’Iran a une stratégie de guerre asymétrique. Ils ne font effectivement pas le poids sur le plan des forces militaires parce qu’ils n’ont pas la maîtrise de l’espace aérien. Mais ils sont prêts à accepter beaucoup de pertes, avec l’idée de faire subir des pertes importantes à l’ennemi pour qu’il regrette d’avoir lancé cette guerre. Le contrôle du détroit d’Ormuz rentre complètement dans cette logique. Ils ont bien identifié que Donald Trump ne pouvait pas se permettre d’avoir une hausse du prix de l’essence aux États-Unis. Ils ont intérêt à ce que le conflit dure, à moins qu’il y ait une proposition d’un cessez-le-feu acceptable de la part des Américains. Je ne suis pas spécialiste des questions israéliennes, mais de l’extérieur, il semble qu’Israël veuille faire durer le conflit et affaiblir au maximum la République islamique d’Iran, ses programmes balistique et nucléaire. L’objectif est de provoquer une telle désorganisation dans le pays qu’il puisse y avoir un changement de régime.

    Et pourtant, on sait que les opérations similaires ont toutes échoué dans la région au détriment des peuples…

    T.C. : L’Iran est un pays très compliqué et prévoir ce qu’il va s’y passer est impossible. Mais c’est un fait, toutes les expériences similaires dans la région ont été catastrophiques. L’autre élément important est qu’il n’y a pas une opposition politique en Iran qui fasse consensus à l’intérieur du pays, qui soit organisée, capable de renverser le régime et surtout qui ait les moyens de prendre les armes. La seule force d’opposition identifiée par les Iraniens, c’est le fils de l’ancien chah Reza Pahlavi, mais il ne représente pas une porte de sortie pour tous les Iraniens. Dans les scénarios qu’on voit, le régime pourrait rester en place, d’autant qu’il a encore le soutien de millions d’Iraniens. Une autre possibilité, c’est une guerre civile.

    Quid des victimes à ce stade ?

    T.C. : Il y aurait déjà un peu plus de 1 300 victimes civiles en Iran. Un chiffre qui est sans doute sous-estimé. Cette idée d’attaquer un pays sans respecter le droit international, avec pour but une évolution politique très incertaine, sans parler des victimes civiles, c’est très dommageable et injustifiable. Effectivement, il y a eu une répression sauvage en Iran en janvier avec des estimations entre 20 000 et 30 000 victimes, ce qui est gigantesque. Ce n’est jamais arrivé en Iran depuis la Révolution. Cela justifie-t-il de ne pas prendre en compte les victimes civiles dans ce conflit ? Si le droit international n’existe plus, c’est la loi de la jungle et c’est dangereux pour tout le monde.

    Que signifierait une radicalisation du régime pour la population ?

    T.C. : La population iranienne demande la démocratie et l’état de droit. Quand Trump est sorti de l’accord sur le nucléaire iranien en mai 2018, il a réimposé des sanctions, ce qu’il a appelé une politique de pression maximale contre l’Iran. Le pays a pris 15 ans d’inflation à 40% directement liés à ces sanctions. Et les Européens n’ont rien dit. La population iranienne est épuisée par les sanctions. Une partie des Iraniens est tellement en colère contre le pouvoir actuel que certains se sont réjouis quand les attaques américaines et israéliennes ont commencé. Mais cela commence à changer parce que les gens sont très inquiets face à la guerre, à l’ampleur des destructions et craignent l’après car ils voient un pouvoir iranien de plus en plus radical. Ils ont peur que la répression de janvier se reproduise.

  • Le Rove : 100e inscription au don du sang

    Le Rove : 100e inscription au don du sang

    L’Association des donneurs de sang du Rove a enregistré sa 100e personne inscrite sur la liste des donneurs depuis le renouvellement du bureau il y a deux ans. Cette 100e donneuse, habitante du Rove prénommée Laurence, a été mise à l’honneur. Pour marquer ce moment symbolique, la présidente, Isabelle Clerc, et le secrétaire, Dominique Cheraud, lui ont remis une carte personnalisée ainsi qu’un présent.

    Cette collecte est rendue possible grâce à l’engagement des bénévoles de l’Association des donneurs de sang du Rove, qui œuvrent toute l’année pour sensibiliser le public, organiser ces rendez-vous et accueillir les donneurs. Ils peuvent compter sur le soutien actif de la municipalité.

  • Une opération pour aider les commerces désertés dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Une opération pour aider les commerces désertés dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Digne-les-Bains, Manosque, Sisteron, Valensole… Dans ces communes bas-alpines, 300 commerçants vont participer au Printemps du commerce, de mardi à samedi, ce qui doit permettre d’attirer de la clientèle, alors que les centres-villes sont souvent désertés. L’idée est de « mettre en valeur les commerces de proximité et créer du trafic, de la clientèle », explique Christophe Barrière, président de la CCI.

    Dans un contexte d’élections municipales, la CCI veut aussi « lancer un appel aux maires car les centres-villes sont en souffrance, notamment à cause du développement du e-commerce », déplore Jean-Pierre Pradalier, vice-président de la CCI en charge du commerce. « Les centres-villes ont besoin que les élus du territoire soient à leurs côtés. » Il rappelle les conditions difficiles dans lesquelles exercent les commerçants de proximité : « 40% se rémunèrent moins que le Smic, ils travaillent plus de 35 heures et prennent des risques. » Le vice-président en charge du commerce interpelle également sur la pyramide des âges : beaucoup de commerçants sont âgés, proches de la retraite et ont besoin de transmission.

    Pendant les cinq jours de l’opération, les commerçants participants vont proposer des animations, des promotions, des bons d’achat ou encore des tombolas dont les bénéfices seront reversés à des associations. C’est le cas à Manosque, où Agnès Gardiol, secrétaire de l’office des commerçants et artisans manosquins, organise avec les commerçants « une tombola au profit des soins palliatifs », explique-t-elle à La Marseillaise. Les fonds récoltés seront reversés à l’association Souffle de vie.

    « Combler les trous »

    La CCI a choisi d’organiser cette opération au mois de mars car c’est une période creuse où il y a « très peu d’activité commerciale », précise Jean-Pierre Pradalier. L’idée est ainsi de « combler les trous ». Des décorations permettront d’identifier les commerces participants. « On essaye de faire en sorte que ce soit relayé pour que résonne cette idée de faire vivre les commerces de proximité », avance le vice-président en charge du commerce.

    « Tout ce qui fait vivre la ville est important, il faut qu’on fasse venir du monde en ville » se réjouit Sandrine Brun, commerçante à Manosque depuis 42 ans qui participe à l’opération. « C’est compliqué partout, les gens consomment moins », constate Agnès Gardiol, venue dans son commerce pour lui apporter son kit de décorations.

    Jérôme Pelissier, directeur de l’agence de Manosque du Crédit Agricole, partenaire de l’opération, insiste : « Les cœurs de nos centres-villes doivent battre. » Certaines unions commerciales prévoient des jongleurs, des magiciens, des festivités ou encore des actions caritatives pour attirer le public dans le cadre de cette opération, qui coûte « entre 25 000 et 30 000 euros » à la CCI, avec le soutien du Crédit Agricole. Des maroquineries, des restaurateurs, des fleuristes ou encore des coiffeurs participeront.

    À Barcelonnette, l’association de commerçants prévoit notamment des jeux de société, un défilé de mode et une déambulation musicale.

    Du 24 au 28 mars à Digne-les-Bains, Manosque, Sisteron, Barcelonnette, Pierrevert et Valensole. Programme à retrouver sur le site leprintempsducommerce.digne.cci.fr

  • La grève des chauffeurs livreurs des cantines scolaires se poursuit à Avignon

    La grève des chauffeurs livreurs des cantines scolaires se poursuit à Avignon

    Lancée vendredi avec un préavis posé jusqu’au 30 mars, la grève des chauffeurs-livreurs de la cuisine centrale d’Avignon a entraîné encore mardi l’annulation de la distribution des repas dans une dizaine de cantines scolaires sur les 36 que compte Avignon, uniquement dans l’extra-muros. Dans le centre-ville, les repas sont en effet délivrés par une société qui utilise des vélos-cargos.

    Assemblée générale chaque matin

    Soutenus par les syndicats des Territoriaux de la CGT et de FO, les grévistes qui se réunissent en assemblée générale tous les matins pour décider de la suite du mouvement protestent contre les conditions dans lesquelles sont menées les investigations autour de vols de grosses quantités de viande dans la cuisine centrale découverts en fin d’année dernière. Une affaire révélée en plein conseil municipal par l’élue RN Anne-Sophie Rigault, candidate arrivée à la deuxième place dimanche. Une enquête administrative interne avait alors été lancée.

    Dans un tract commun, les deux syndicats dénoncent une campagne de diffamation à l’encontre des « lanceurs d’alerte » dont les « conditions de travail se sont fortement dégradées ». « Les agents demandent une enquête administrative impartiale et transparente, ils pensent que ce n’est pas le cas pour l’instant. Chaque agent doit pouvoir être entendu et la vérité doit être recherchée sans pression ni arrangement », justifient les syndicalistes.

    La mairie de son côté estime que seuls cinq chauffeurs sont en grève et a permis depuis lundi aux parents dans les groupes scolaires concernés, tous prévenus par mail au jour le jour, de donner aux enfants un pique-nique et de laisser leurs enfants sur place durant la pause méridienne. « On a été prévenu et on se débrouille, on prépare des sandwichs… » commente Sonia, mère d’élève devant une école du quartier de Montfavet avant d’ajouter : « Je ne suis pas au courant des motifs de la grève ni combien de temps elle va durer mais ils ont sans doute leurs raisons. »

  • Antoine Mignemi témoigne de la rafle de 1943 face aux écoliers

    Antoine Mignemi témoigne de la rafle de 1943 face aux écoliers

    « Quand un peuple oublie son passé, il est condamné à le revivre », affirme Antoine Mignemi, survivant de la rafle du Vieux-Port, le 24 janvier 1943, devant une quarantaine d’élèves de CM2. L’espace aux Rotatives de La Marseillaise a ouvert ses portes, ce mardi, à un rendez-vous dédié à la transmission de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale.

    Après une introduction retraçant l’histoire du journal, fondé dans la Résistance, présentée par son président Léo Purguette, l’avocat Pascal Luongo et Antoine Mignemi, membres de l’association, ont retracé le fil des rafles de population du Vieux-Port jusqu’à la destruction du quartier Saint-Jean par l’Allemagne nazi et le régime de Vichy. « Il a fallu attendre 2019 pour que cette tragédie ressorte. 79 ans… » déplore le survivant, octogénaire. C’est en effet en 2019 que Pascal Luongo dépose plainte contre X pour « crime contre l’humanité ». Le Collectif est alors créé avec un but : « Témoigner auprès de tous les Marseillais, et au-delà de Marseille, pour ne pas retourner au passé. »

    « C’est choquant ! »

    Face aux enfants, Pascal Luongo introduit : « Antoine Mignemi est une victime de ces crimes. Il avait 5 ans quand sa famille s’est fait arrêter par la police française, le 24 janvier 1943. Sur les 20 000 habitants du quartier, 15 000 ont été envoyés à Fréjus pour les “trier” et plus de 500 personnes déportées dans les camps de concentration. » Dès février 1943, les nazis « dynamitent 1 500 immeubles, 80 rues et places, chiffre l’avocat. Quand vous vous baladez sur le Vieux-Port, vous voyez ces immeubles des années 1950. Ce sont des reconstructions après la guerre ». Le quartier Saint-Jean, qui s’étendait du Panier jusqu’aux quais du Vieux-Port, a été le chemin de promenade matinal des deux classes de CM2, mardi. « On a visité la Vieille Charité et on a pris des photos pour l’exposition » prévue dans le cadre de leur projet en photojournalisme, explique une élève. Organisé par « Lumières sur l’info », le programme intitulé Le Grand Bain réunit « ces deux écoles de quartier aux réalités socio-économiques très différentes : une école à la Corderie et une à la Joliette », résume Carole Duffrechou, membre de l’association.

    Suite au témoignage d’Antoine Mignemi, les élèves se confient. « On a la chance d’avoir pu rencontrer ce monsieur qui a vécu quelque chose de troublant », partage Adèle. « C’est choquant ! », ajoute Valéria. Les enfants ont compris l’importance de la mémoire. « On en parlera… Pour éviter que ça ne se reproduise dans le futur », conclut Wissen.

    Celui que sa mère appelait « le petit Toinou » adresse enfin un dernier message aux élèves : « Agissez pour la paix. »

  • Des gérants violaient leur fermeture administrative

    Des gérants violaient leur fermeture administrative

    Deux établissements restés ouverts en violation d’un arrêté préfectoral de fermeture administrative ont été condamnés, mardi, en correctionnelle. Deux procédures parfaitement distinctes, mais dont les gérants, absents à l’audience, jouaient du même argument : faire croire qu’ils n’ouvraient qu’à leurs amis.

    D’abord un bar à chicha, « The Moo », au 89 avenue de Toulon (5e). Le caboulot obscur est en infraction à deux arrêtés préfectoraux successifs ordonnant sa fermeture pour deux mois. Le premier oukase préfectoral date d’octobre 2025 et était justifié par la découverte de 1,2 kg de tabac de contrebande de narguilé à l’intérieur. Malgré l’injonction du préfet, des riverains se plaignent des allées et venues sonores des clients quittant l’établissement à l’aube. Pour l’ambiance, l’établissement est tenu depuis 2024 par un jeune de 23 ans, condamné à deux reprises pour trafic de stupéfiants.

    Après avoir d’abord verbalisé tous les véhicules garés en vrac aux abords, les policiers poussent la porte de l’établissement dont la vitrine est drapée d’un rideau noir occultant. Ils trouvent dans une salle passablement enfumée 18 individus sur des canapés autour de narguilés, fumant, buvant, jouant aux cartes. En sous-sol, il décompte 25 autres clients fumant aussi la chicha. « C’est une soirée entre amis » a tenté Islam Ben Ahmed Daho, un cogérant.

    Bis repetita le 26 janvier 2026. Alors qu’il est sous le coup d’un second arrêté de fermeture de 2 mois pour troubles à la tranquillité publique, les policiers en planque voient soudain le patron s’enfuir en courant du bar. Ils vont l’interpeller le lendemain. Il accuse alors les policiers d’avoir menacé ses amis. Si on ne peut plus regarder tranquillement un match à la télé ! « Il est incapable de donner le nom de ses amis. Ça ne tient pas debout le coup de la soirée privée. Il ne veut absolument pas respecter les arrêtés et il n’est pas là aujourd’hui pour s’expliquer », expose la procureure, Isabelle Candau, qui rappelle ses deux condamnations pour trafic de stupéfiants, dont la dernière en 2022 à 15 mois de prison ferme. Le tribunal lui inflige 2 mois de prison ferme, 2 000 euros d’amende et un an d’interdiction d’exploitation d’un débit de boissons.

    À noter que le préfet a fait fermer le 16 janvier pour deux mois le « Green Lounge » 61, avenue de Stalingrad à Arles, les Douanes y ayant trouvé 3 kg de tabac à chicha d’origine étrangère.

    Situé dans un virage de la route des Goudes, adossé à un bunker, le restaurant de la Calanque blanche est resté ouvert malgré l’arrêté préfectoral du 22 août 2025 ordonnant sa fermeture pour 8 jours, pour cause de « stationnement anarchique » et de « tapage nocturne ». On est dans le Parc national des Calanques. Avisée par la police municipale qu’il s’en fichait, la police nationale se rend sur place le 10 septembre 2025 et constate que des camions déchargent de la marchandise et qu’ensuite une centaine de personnes sont attablées. « L’accès est fermé au public, c’est une soirée privée », proteste Benjamin Aguad, 36 ans, qui tenait alors aussi la Cabane des Amis sur les plages du Prado. Auditionné, il nie, affirme avoir invité une centaine de collaborateurs à profiter de l’établissement pour éviter de tout jeter à la poubelle.

    « On attend encore la liste des soi-disant collaborateurs et le registre des personnels qu’il s’était engagé à communiquer. Ça ne tient pas », oppose la procureure qui écarte l’argument antigaspillage au vu du camion qui déchargeait des victuailles. Le restaurateur aux 16 sociétés, déjà condamné pour travail dissimulé, mais aussi installation sans autorisation de caméra de vidéosurveillance, écope cette fois de 3 000 euros d’amende dont 1 000 avec sursis. Même peine pour sa société.

  • Le secteur de l’éducation en grève exprime sa colère dans les Bouches-du-Rhône

    Le secteur de l’éducation en grève exprime sa colère dans les Bouches-du-Rhône

    « Aujourd’hui, si on est aussi nombreux et nombreuses, c’est parce que, pour une fois, on a décidé de ne pas se laisser faire face à ce rouleau compresseur qui nous écrase depuis des années. » Au mégaphone, Marthe Bonifay, professeur de lettres et histoire au lycée professionnel Denis-Diderot à Marseille (13e). Une grève du secteur de l’éducation est organisée ce mardi 17 mars, à l’appel de l’intersyndicale, suite à l’annonce par le rectorat de la suppression d’heures d’enseignement à la rentrée 2026 dans plusieurs lycées du département. Une foule a commencé à se réunir dès 11h près du kiosque des Réformés pour une manifestation. Un cortège d’élèves de différents établissements s’y est joint, sous des acclamations, en brandissant des pancartes « Le fric pour la santé et l’éducation, pas pour les flics et les prisons ».

    Élèves et enseignants main dans la main

    Au total, plus de 700 personnes, selon la préfecture de police, se sont réunies à Marseille pour la mobilisation. Le cortège était à l’image du mouvement de protestation, représenté pour moitié par des élèves. « Il prend de l’ampleur tous les jours » depuis le 5 mars, selon Françoise Julia, secrétaire académique CGT Educ-action13 et enseignante. Elle raconte que dans le département, et surtout à Marseille où des lycées sont sévèrement touchés par la baisse des moyens, « des grèves des personnels éducatifs et des blocus lycéens se sont relayés pour faire entendre le ras-le-bol ».

    Si certains établissements ont vécu plusieurs jours de blocages successifs, comme les lycées Montgrand (6e), Victor-Hugo (3e), Artaud (13e) ou Diderot (13e), trois lycéennes en classe de seconde confient avoir « participé au premier blocus de leur vie ce matin » au lycée Nelson-Mandela (12e). Pourquoi se mobiliser aujourd’hui ? « On a peur de se retrouver trop nombreux en classe et que ça creuse les inégalités entre les élèves », expliquent-elles. Même chose à la Cité scolaire internationale (CSI) Jacques-Chirac (2e), où les élèves ont organisé un blocus pour la première fois mardi matin. Un professeur de mathématiques de la CSI rapporte être « impressionné » par « la maturité et l’organisation des élèves ».

    Dans certains établissements, les blocages ont pourtant conduit à des tensions, notamment avec les forces de l’ordre. Après un premier lycéen interpellé au lycée Thiers le 10 mars, deux élèves du lycée Artaud ont été placés en garde-à-vue le 13 mars. Des lycéens du lycée Diderot témoignent avoir « reçu des pressions et des menaces d’exclusion de la part de la direction » du fait de leur participation aux blocus. Contacté à ce sujet, le rectorat indique ne pas souhaiter communiquer « en raison du devoir de réserve lié à la période électorale actuelle ».

    Élargir le mouvement

    Une délégation d’enseignants, de lycéens et de parents d’élèves a été reçue en audience par la Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN), mardi. Une assemblée générale s’est ensuite tenue à la Bourse du travail « pour décider de la suite des actions ». Pour Caroline Roux, professeure d’histoire-géographie à Montgrand, l’enjeu est de « construire un mouvement très fort, qui part de la base, pour un service public de l’éducation de qualité ». Reste donc pour eux à étendre la mobilisation aux établissements qui ne sont pas encore entrés dans la danse, y compris les collèges, en vue de la journée de grève nationale annoncée pour le 26 mars.

  • Olivier Galzi accuse la gauche « d’avoir du sang sur les mains »

    Olivier Galzi accuse la gauche « d’avoir du sang sur les mains »

    Changement de cap radical, ce mardi, pour Olivier Galzi. Dimanche soir, le candidat DVD arrivé en tête du 1er tour (27,04%) assurait ne « jamais se positionner par rapport aux autres ». Le ton est différent dans son local de campagne. Une affiche, avec son visage sombre en noir et blanc, appelle à « la mobilisation générale ». Un rassemblement citoyen est annoncé ce jeudi (18h, place de l’Horloge) adressé à tous « ceux qui refusent l’alliance de la honte entre le PS et LFI ». Arrivées quasi à égalité David Fournier (19,89%) et Mathilde Louvain (19,03%) ont annoncé lundi leur fusion, permettant à la gauche d’espérer conserver la Ville.

    « On assiste à une tambouille politicienne, le PS trahit ses valeurs et donne les pleins pouvoirs à un parti antisémite qui soutient le principe de violence en politique », vitupère l’ex-journaliste TV. Et tant pis s’il use de raccourcis, car Mathilde Louvain a précisé que les insoumis ne revendiquent aucune délégation ni poste d’adjoint et auront un groupe autonome pour faire vivre la majorité. « La ville va devenir ingouvernable, c’est une annulation de leur alliance », estime Olivier Galzi, bien que ce groupe autonome ne concernerait que LFI. Qu’importe, Olivier Galzi ne mâche pas ses mots : « Mathilde Louvain est comptable de Raphaël Arnault [député LFI], en photo sur ses affiches, dont les plus proches collaborateurs sont impliqués dans le meurtre de Quentin Deranque, donc ils [Mathilde Louvain et David Fournier] ont du sang sur les mains par complicité morale et politique. »

    Jouant son va-tout, l’ex-journaliste TV hystérise les débats : « On est dans une atmosphère pré séditieuse, là où certains en appellent aux armes et à la violence, nous on en appelle aux urnes », n’hésite-t-il pas à soulever. Il se pose même en rempart et, sans parler d’union des droites, fait un appel du pied à ceux qui ont voté Anne-Sophie Rigault (RN, 25,52%) : « Le RN ne prendra jamais Avignon, ce n’est pas l’âme de la ville. Donc voter RN, c’est voter Fournier-LFI. Ceux qui ne seraient pas nécessairement dans une adhésion à mon programme, mais qui ne veulent surtout pas de LFI, c’est chez nous que ça se passe », exhorte-t-il. À voir si cette stratégie de la peur et du vote utile sera payante dans les urnes.

  • Fusions, maintiens, désistements : le point final pour le second tour en Vaucluse

    Fusions, maintiens, désistements : le point final pour le second tour en Vaucluse

    Avignon : triangulaire après la fusion à gauche

    Le panorama était scellé dès lundi soir après l’annonce de la fusion des listes de David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI), à touche-touche (19,89% et 19,03%). Unie, la gauche peut espérer garder la mairie face à la droite d’Olivier Galzi (27,04%, lire ci-dessous) et le RN d’Anne-Sophie Rigault (25,52%).

    Carpentras :

    pas d’accord à gauche,

    le RN en favori

    Toute la journée de lundi et mardi, chacun a pu suivre sur Facebook les publications régulières et respectives de Serge Andrieu, maire (DVG), et de Francis Adolphe, ex-maire (DVG), en vue d’un accord au second tour. Peine perdue, les deux candidats maintiennent leur liste en l’état, laissant augurer des chances très élevées de victoire de l’extrême droite. Dimanche, le député RN Hervé de Lépinau est arrivé en tête de peu (26,71%) devant Serge Andrieu (25,17%) et Francis Adolphe (24,29%), prédécesseur d’Andrieu qui avait dû quitter son poste après avoir été déclaré inéligible dans une affaire de violences conjugales. Sans surprise ce mardi, les deux autres listes d’extrême droite de Bertrand de la Chesnais (14,33%) et Christian Richaud-Simoni (9,51%) ont apporté leur soutien à Hervé de Lépinau. La première en fusionnant, la seconde en récupérant 4 colistiers mais pas la tête de liste, désinvesti par le RN suite à ses tweets racistes. Mais Christian Richaud-Simoni était bien présent, mardi soir, au point presse annonçant cette triple alliance. De quoi mettre du vent dans les voiles de l’extrême droite alors qu’à gauche, chacun renvoie la responsabilité de l’échec à l’autre. Serge Andrieu multiplie les initiatives pour convaincre les 45% de Carpentrassiens restés sans voter dimanche.

    Orange : la gauche

    se retire, une liste

    contre l’extrême droite

    Arrivées en tête, les deux listes d’extrême droite menées par Jacques Bompard (Ligue du sud, 32,87%) et Jean-Dominique Artaud (RN, 28,15%) restent en course. Derrière, les trois listes diverses ne sont pas parvenues à s’entendre, bien qu’une seule sera au second tour : Carole Normani (DVC, 17,89%). L’élue d’opposition bénéficie du retrait d’Antoine Boudet (DVG, 11,52%), quand Marc Martinet (DVD, 9,57%) n’était pas en capacité de se maintenir et appelle « à battre Bompard ». Malgré plusieurs voix souhaitant une entente entre les 3 candidats, rien n’a été réalisable. « Nous proposions une fusion technique, claire et loyale en laissant à la liste de Carole Normani la place centrale, cette proposition a été catégoriquement refusée, y compris dans sa forme la plus minimale (un seul élu) », déplore Antoine Boudet qui, la mort dans l’âme, renonce et prédit « une déroute annoncée ». Carole Normani, salue « le sens des responsabilités » et croit « en une véritable alternative ».

    Apt : on reprend

    les mêmes

    La liste DVD de Jean Aillaud incarnant, aux côtés de Dominique Santoni présidente LR du Département, la majorité sortante a poussé un ouf de soulagement ce mardi en apprenant que les deux listes DVG continuaient chacune leur route. Arrivée en tête (29,02%), la droite est concurrencée par son extrême (25,02%). Céline Celce (G.s), 4e avec 21,45%, a bien tenté de se rapprocher de Christophe Carminati (DVG, 24,51%), « seule possibilité de faire barrage à la majorité sortante et à l’extrême droite ». Mais ce dernier préférait un retrait pur et simple de la liste Celce plutôt qu’une fusion. La quadrangulaire est donc aussi maintenue dimanche.

    Cavaillon : la gauche

    se maintient

    Si la décision de Patrick Blanès (3e, 17,97%), candidat PS d’union de la gauche de se maintenir était connue dès dimanche soir, des appels aux désistements ou même à une entente avec le maire (DVD) Gérard Daudet ont émergé. En vain. Le premier magistrat (38,16%) devra batailler férocement pour rattraper la députée RN Bénédicte Auzanot (43,91%).