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  • Un projet de Maison de la démocratie pour relancer l’intérêt pour la politique à Toulon

    Un projet de Maison de la démocratie pour relancer l’intérêt pour la politique à Toulon

    Elles veulent poursuivre sur leur lancée et œuvrer pour le débat démocratique. Engagées au sein de Toulon en Commun lors des élections municipales, Marie-Elise Vidal, 23 ans, et Charlotte Clementi, 28 ans, toutes deux militantes écologistes, ont lancé, dans l’entre-deux-tours, le mouvement « Jeunesse Populaire Toulonnaise », face au risque de voir le RN accéder au pouvoir, mais aussi avec la volonté de redonner une voix à la jeunesse face au « sentiment que la politique se fait sans eux. On s’est dit qu’il fallait un élan pour réveiller les consciences, et travailler sur la jeunesse car à Toulon, il n’y a pas cette dynamique présente dans d’autres villes », soutient Charlotte Clementi.

    Un lieu qui dépasse

    les clivages partisans

    C’est donc dans cette optique que les deux amies veulent aujourd’hui créer une Maison de la démocratie, « un lieu physique mais aussi conceptuel, où tous les citoyens peuvent débattre ». Une idée née de leur expérience de campagne : « On a constaté que les jeunes n’étaient pas très engagés, mais aussi qu’il y avait une méconnaissance globale des enjeux locaux. »

    Pour changer cela, et lutter contre l’abstentionnisme, « une des bases du projet », cultiver la confiance est primordial : « Il faut informer les gens, pour qu’ils se sentent écoutés, participent, comprennent les choses, et que les décisions ne soient pas simplement prises à la mairie », appuie Marie-Elise Vidal, qui voit en ce projet une possible rampe de lancement pour « des projets participatifs, où les gens seraient consultés sur ce qu’ils veulent mettre en place, dans leur rue, leur quartier ».

    S’il sera protégé par une charte de respect des valeurs républicaines, de la tolérance et de la diversité, « ce qui pourrait de fait exclure certaines personnes », le lieu se voudra ouvert à tous, sans distinction d’âge, et au-delà des clivages partisans. Car il s’agira aussi de « comprendre pourquoi nous avons autant de désaccords, et pourquoi n’y aurait-il pas des choses pouvant nous rapprocher dans une politique de ville. On ne veut pas être reconnu à travers nos attaches partisanes. Chacun aura son espace », affirme Marie-Elise Vidal.

    Un concept basé sur des expériences similaires en place à Tours et Montpellier, par exemple, pour lequel les deux militantes espèrent un engagement de la mairie, avec qui un rendez-vous est prévu dans les jours à venir. « Il faut que ce soit ancré dans la vie toulonnaise. La mairie y a tout intérêt, pour inclure les citoyens et lutter contre le mécontentement », veulent-elles croire.

  • Ce qui va changer dès août pour Aubagne en « Ligue 3 »

    Ce qui va changer dès août pour Aubagne en « Ligue 3 »

    La Ligue 3 professionnelle verra le jour en août. Elle s’inscrit dans une feuille de route clairement définie : bâtir un championnat financièrement pérenne, plus attractif autour d’un « produit » mieux valorisé, et davantage ancré dans les territoires en renforçant l’intégration des clubs au sein de leur écosystème local. L’objectif est également d’en faire une compétition plus innovante, à travers l’évolution du format, de l’arbitrage et des règlements sportifs et financiers.

    Système de play-offs

    Sur le plan sportif, la future Ligue 3 s’inspirera du modèle de la Pro D2 en rugby. Le championnat réunira 18 clubs, qui s’affronteront en matches aller-retour sur 34 journées. Les deux premiers du classement accéderont directement à la Ligue 2, tandis que les équipes classées de la 3e à la 6e place disputeront des play-offs pour décrocher une place en barrage. Le vainqueur de ces phases finales affrontera ensuite le 16e de Ligue 2 lors d’une double confrontation aller-retour, avec un billet supplémentaire pour l’échelon supérieur à la clé. À l’autre extrémité du classement, les trois derniers seront relégués. Cette réforme s’accompagne également d’une refonte de la pyramide des compétitions nationales. À partir de la saison 2026-2027, l’actuel National 2 prendra l’appellation de N1, tandis que le N3 deviendra le N2.

    Un nouveau diffuseur

    Côté diffusion, les 309 rencontres de Ligue 3 – saison régulière et play-offs compris – seront retransmises en intégralité et en exclusivité sur Ligue 1+ au cours des trois prochaines saisons. Une évolution majeure pour les supporters, puisque les matches du championnat quitteront la gratuité de FFFtv pour intégrer une offre payante. La programmation s’articulera autour de deux créneaux. Chaque journée débutera le jeudi à 20h45 avec l’affiche principale, diffusée en prime time dans une case dédiée, sans concurrence avec la Ligue 1 ou la Ligue 2. Les huit autres rencontres se joueront le samedi à 15h et seront proposées à la fois sur des canaux individuels et dans le cadre d’un multiplex. Un horaire choisi pour concilier visibilité télévisuelle et affluence dans les stades.

    Aides doublées

    Le budget consacré à la Ligue 3 atteindra 12,3 millions d’euros, contre 5,8 millions en 2025-2026, dont 70% seront directement redistribués aux clubs. L’ensemble des 18 équipes bénéficiera désormais d’un montant d’aides uniformisé, dans un cadre harmonisé reposant sur un statut professionnel fédéral commun. Le plafond d’aide par club pourra atteindre 450 000 euros, contre 180 000 euros en 2022-2023 et 300 000 euros cette saison. Cette enveloppe intègre une nouvelle politique d’aide aux déplacements, fixée à 50 000 euros pour chaque club.

    Recours vidéo inédit

    Véritable laboratoire d’innovations dans plusieurs domaines, notamment l’arbitrage, la nouvelle Ligue 3 accueillera la première expérimentation en France du « Football Video Support ». Ce dispositif d’assistance vidéo, plus léger que la VAR utilisée en Ligue 1, offrira aux entraîneurs la possibilité de disposer de deux challenges par match pour demander un recours à la vidéo sur une action relevant du protocole VAR. Sa mise en place s’accompagnera de l’intégration d’un quatrième arbitre, contribuant à la professionnalisation du championnat.

    Sans synthétique

    La Ligue 3 imposera, dès la saison 2027-2028, l’utilisation de pelouses en gazon naturel ou hybride. Les terrains synthétiques seront progressivement retirés du championnat, même si des dérogations temporaires pourront être accordées à certains clubs.

  • Des journées de l’archéologie pour redécouvrir l’histoire de la ville

    Des journées de l’archéologie pour redécouvrir l’histoire de la ville

    Les Journées européennes de l’archéologie se déploient partout en France, et dans plus de 30 pays européens. À Marseille, l’événement rassemble « 35 rendez-vous gratuits avec plus d’une centaine d’experts qui sont mobilisés : des archéologues, des chercheurs, mais aussi des médiateurs », explique Gwenaël Richerolle, adjoint (Écologistes) délégué au patrimoine municipal et aux équipements culturels municipaux. « Cela s’insère dans une politique culturelle de la Ville de Marseille, qui vise à créer un attachement entre les publics avec le patrimoine archéologique et culturel », souligne-t-il.

    « Parler de notre histoire »

    Parmi les propositions, le 9 juin, le public est invité à une conférence détaillant les résultats d’une fouille archéologique, menée en 2025 dans les quartiers nord de la ville, et qui avait révélé l’existence d’un vignoble grec antique. La conférence mettra en lumière le rôle central de la viticulture dans l’économie de Massilia, sous quatre siècles d’occupation, entre les Ve et IIe siècles avant J.C. En effet, ces journées marquent également un temps pour « parler de notre histoire, puisque Marseille est la ville la plus ancienne de France », confie Gwenaël Richerolle.

    Ce samedi 13, c’est l’inauguration de « L’art de la matière : maquettes marseillaises », aux archives municipales. Une exposition qui présente 29 maquettes et 16 aquarelles de monuments emblématiques de la cité phocéenne jusqu’au 17 octobre. « C’est l’occasion de redécouvrir en 3D nos monuments », partage l’élu. « Le week-end est entièrement construit pour les familles, avec des ateliers qui sont pensés pour tous les âges. » Entre autres : bacs de fouilles, ateliers d’art préhistorique et pariétal, poterie, tissage ou encore un atelier d’archéologie navale… « Au-delà de l’aspect ludique, il y a la possibilité de découvrir les métiers de l’histoire de l’art et de l’archéologie. »

    Programme complet sur le site de la Ville de Marseille.

  • Levée de boucliers pour défendre le Planning familial de Carpentras

    Levée de boucliers pour défendre le Planning familial de Carpentras

    « On ne laissera pas tomber le territoire de Carpentras et les personnes vulnérables qui ont besoin que l’on soit auprès d’elles », clame Anne-Lise Nadaud, présidente du Planning familial en Vaucluse, trois jours après que la municipalité RN de Carpentras a voté en conseil municipal la suppression des subventions qu’elle accordait à l’association.

    Une aide de 3 000 euros par an qui ne sera donc plus versée. « Le Planning familial n’arrête pas de taper gratuitement sur le Rassemblement national », reprochait ainsi ce vendredi 5 juin le premier magistrat, qui est aussi député (RN), Hervé de Lépinau. Une somme « qui ne représente pas grand-chose dans notre budget de 900 000 euros. C’est plus symbolique », regrette la présidente, qui rétorque qu’elle ne « tape pas gratuitement » sur le parti à la flamme, mais que « c’est parce que nous défendons les droits fondamentaux que sont pour nous l’IVG, l’égalité hommes-femmes, la contraception, l’éducation à la sexualité. Des droits acquis en termes de santé sexuelle qui peuvent être en danger. On a des idées fondamentalement opposées », pose-t-elle.

    Le maire s’est également permis comme commentaire que la structure « n’est pas là pour pourrir davantage le cerveau » des adolescents « pour aggraver cette question de l’identification de leur identité ». Une référence à une affiche du Planning familial, datant de 2022, présentant un couple au sein duquel un homme transgenre attend un enfant. « Cette affiche peut, sortie de son contexte, questionner », concède la responsable associative. Mais elle explique que cette communication avait été réalisée dans le cadre d’une formation destinée à des personnes déjà en transition de genre. « L’information n’est ni triée, ni sélectionnée, ni expliquée, ni contextualisée. On les accompagne plus qu’on ne les bouleverse », conclut Anne-Lise Nadaud.

    « Conséquences sanitaires »

    Plusieurs formations politiques de gauche ont dénoncé cette décision. Le Parti socialiste regrette dans un communiqué que cela « apparaît comme un mauvais signal envoyé aux acteurs associatifs et à tous ceux qui œuvrent au quotidien pour la cohésion sociale et l’émancipation de chacun ». « En réalité, ce n’est pas le Planning familial qui n’aime pas le RN, mais le RN qui n’aime pas le Planning familial. La liberté pour les femmes, leur libre choix, n’est donc pas dans l’ADN du RN et donc de Monsieur de Lépinau. Chacune, chacun devra s’en souvenir », pointe de son côté la section vauclusienne du PCF. Tandis que la Ligue des droits de l’Homme rappelle que « cette décision ne peut être dissociée des positions publiques du député RN Hervé de Lépinau sur l’interruption volontaire de grossesse. Il a notamment qualifié l’avortement de délit et comparé l’IVG à des génocides tels que la Shoah ».

    Dons sur helloasso.com

  • Logement social dans le Var : les partisans de « l’ordre » s’insurgent contre la loi

    Logement social dans le Var : les partisans de « l’ordre » s’insurgent contre la loi

    Depuis la présentation par le préfet la semaine dernière de sa stratégie pour augmenter la production de logements sociaux dans le département, afin de répondre aux besoins de la population, en termes de dignité pour commencer, les réactions d’hostilité ne se sont pas fait attendre. Comme si la droite et l’extrême droite si promptes à réclamer toujours plus de fermeté envers la jeunesse s’acharner à défendre avec presque autant de ferveur les maires hors la loi.

    Pour mémoire, le représentant de l’État annonçait aussi l’audience prochaine des premiers magistrats. L’objectif étant d’évaluer les résultats de l’application de la loi Solidarité et renouvellement Urbain (SRU) pour l’exercice 2023-2025. Ainsi que le volontarisme des élus aux manettes. Avec la ferme intention de réclamer à tous ceux qui continuent de traîner les pieds de s’engager dans une voie vertueuse au risque sinon de perdre la main sur la délivrance des permis de construire. Rien de scandaleux, au contraire. Puisque les récidivistes sont invités une fois encore à mieux faire. Déjà beaucoup trop pour le maire de Carqueiranne qui aussitôt crie à l’injustice.

    « Il m’a parlé comme à un enfant », déclare-t-il en conseil municipal (des propos rapportés par notre confrère Var Matin), faisant même planer la menace de démissionner. Le référent de la Fondation pour le logement Jean-Paul Jambon rappelle pour commencer qu’« en septembre 2020 Arnaud Latil alors fraîchement élu, fut déjà soumis à la question par la commission départementale pour l’exercice 2018-2019 ». Sur un bilan donc dont il n’était alors pas responsable, consent-il. Mais le militant logement de préciser, que lors de ces rencontres avec le préfet le maire n’aurait pas non plus laissé entrevoir d’emblée trop d’intérêt pour le logement social.

    À cela s’ajoute l’absence d’un Plan local d’urbanisme de la commune, insiste-t-il. Et ce malgré les propositions en 2024 de l’ancien préfet du Var Philippe Mahé qui proposait de mettre à sa disposition les services de l’État pour l’aider dans cette démarche.

    Aucun « volontarisme »

    « Contrairement donc à ce qu’il prétend avoir entrepris depuis 2020, le volontarisme ne semble pas avoir été à l’ordre du jour, et l’on peut comprendre l’agacement du préfet Babre chargé de faire appliquer la loi et de recourir aux moyens préconisés par le Ministre du logement dans sa dernière circulaire », juge Jean-Paul Jambon. Le militant logement, en profite d’ailleurs pour s’étonner de l’intervention du président du département Jean-Louis Masson (LR) venu à la rescousse du maire de Carqueiranne qui, selon lui, « défend avec détermination les intérêts de sa commune et de ses habitants ». Vraiment ? L’intérêt général n’est-il pas de répondre aux besoins de ses habitants ?

    Et de rappeler « une tribune conjointe des maires de MTPM en 2022 », du même acabit, fustigeant le préfet de l’époque Evence Richard, que Jean-Louis Masson traitait de « préfet servile », tout ça parce qu’il faisait appliquer la loi.

    Ce qui est un petit peu surprenant venant d’ancien un officier supérieur de la gendarmerie. La députée d’extrême droite Laure Lavalette est également montée au front, non pas pour défendre les intérêts des classes populaires, mais pour pilonner la loi SRU, « une stupidité sans nom, promulguée par la gauche ». Selon elle, les maires n’ont besoin de personne pour construire en respectant l’urbanisme, l’environnement et la demande sociale. Une blague ? Pour ce qui est de Carqueiranne, en 2023 on comptait 5,56% de logement sociaux contre 4,84% en 2002, soit une progression de 0,72% en 20 ans.

    Pendant que les demandes, elles, progressaient de 11,85% avec une tension de 14,4% c’est-à-dire une attribution pour 14 demandes. Sans commentaire.

  • La répression des fraudes passe au peigne fin le Salon Côté sud

    La répression des fraudes passe au peigne fin le Salon Côté sud

    À l’entrée du Salon Côté Sud, ils sont cinq à dégainer une carte professionnelle floquée du drapeau tricolore. Au dernier jour de ce salon d’arts et design, installé au parc Jourdan, les agents de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) s’attellent à contrôler différents stands installés sur cet immense Salon. Ustensiles de cuisines, couverts, produits cosmétiques, parfums d’intérieur, bijoux et vêtements… En résumé, « on fait attention à l’affichage, explique S.I., l’une des agents de répression des fraudes. Mais aussi à la loyauté et la sécurité ». Soit à la véracité des allégations thérapeutiques, environnementales, et autres, vantés autour du produit. Mais aussi à ce qu’il soit sûr pour son consommateur. Au niveau local, la DGCCRF est constituée de trois services : le contrôle de l’alimentaire, des produits industriels, types jouets et produits chimiques, et le contrôle des prestations de service. Des prélèvements, peuvent parfois être effectués sur les textiles, avant d’être envoyés au Service commun des laboratoires (SCL), « partagé par la DGCCRF et le ministère de l’Économie et des Finances », précise l’agent. Premier arrêt pour une partie des fonctionnaires, répartis en groupes, un stand de tissus et vêtements de plage, arrivé de Saint-Malo. « C’est tout Made in France ! », lance fièrement la commerçante, habituée aux contrôles. « C’est ce qui nous intéresse ! ». « On a donc une allégation d’origine et de pur coton. Il y a un certain nombre de choses qu’on va faire vérifier par demande documentaire. Elle aura quinze jours pour nous envoyer tout ça », explique E.B., l’un des agents, tout en manipulant des textiles et analysant l’étiquetage. « Il n’y a que la composition qui est obligatoire. Pour nous, l’origine ne l’est pas. Mais si on la met, il faut être honnête. »

    Une vingtaine de stands contrôlés

    Sur ce premier stand, l’échange reste préventif. « On préfère prévenir que guérir. Guérir passe soit par des procédures administratives, soit par des procédures pénales. Soit des avertissements ou des injonctions, sinon ce sont des procès-verbaux pénaux, pour pratique commerciale trompeuse, infractions diverses relatives au produit… », poursuit ce même agent. « C’est quand même intéressant, il y a un échange pour corriger des choses », lance la commerçante Direction ensuite un stand de créateur. Le site internet de cette boutique indépendante a déjà été contrôlé. « Je pense que vous connaissez nos services », introduit S.I. Sur ce stand, un défaut de labellisation des matériaux est pointé. « Il va falloir indiquer le matériau », soutiennent les agents à cette commerçante, qui explique être seule pour « tout gérer » et indiquer oralement la composition de ses bijoux à ses clients. « J’ai jamais eu aucun souci (…) un moment je suis artisan, je fais tout toute seule, je fais tout ça dans mon atelier… Vraiment, je ne vends pas de la drogue quoi, plaide cette commerçante. C’est un peu tiré par les cheveux. Si je vendais des produits très chers, tout ça, je comprendrais la démarche. Mais là, on voit bien la différence des prix sur la vitrine. » Une première mesure de police administrative lui avait été envoyée, sur un premier contrôle. « Je pense qu’on va lui faire un courrier d’avertissement, pour lui rappeler la réglementation », explique E.B. « En général, les professionnels nous indiquent qu’ils sont de bonne foi on n’en doute pas on adapte [les mesures, Ndlr] », indique I.S. Côté commerçants, la complexité des règles et mesures à connaître et suivre reviennent régulièrement, sur les contrôles. « La réglementation européenne est quasiment présente sur l’ensemble des produits », contextualisent les agents. Sur un autre stand de produits cosmétiques provençaux, une « jeune » boutique, l’inquiétude s’impose comme première réaction face au contrôle. « Vous connaissez la réglementation autour des produits cosmétiques ? » pose I.S. « Je défie un ingénieur de donner toute la réglementation applicable sur le cosmétique », ironise ce commerçant, chez qui quelques modifications seulement sont à faire, notamment sur l’appellation d’ingrédients d’origine naturelle. « Je crois qu’à la répression des fraudes, on applique 10 000 textes », confie l’un des agents. Au total, une vingtaine de stands ont été contrôlés. « Plusieurs contrôles d’allégations sur l’origine des produits doivent encore être approfondis » et « un peu moins d’une dizaine de non-conformités mineures ont été relevées (…) », indique la DGCCRF.

  • Le Mouvement associatif alerte sur les difficultés dans le secteur

    Le Mouvement associatif alerte sur les difficultés dans le secteur

    Porte-voix des associations, le Mouvement associatif Région Sud Paca, qui s’inscrit dans l’Économie sociale et solidaire, a invité lundi ses structures et les représentants des grands réseaux afin de rendre visibles leurs actions, d’élire son conseil d’administration et son nouveau président, Christian Guibert. « Nous avons comme objectif de renforcer la cohésion du mouvement et d’amplifier son écosystème. Cela avec des valeurs de solidarité, de tolérance, d’initiatives et de démocratie participative », souligne-t-il. À ce titre, le Mouvement associatif a mis en place des forums pour valoriser l’emploi associatif et des formations pour les bénévoles.

    Au regard de la situation, les associations se mobilisent également pour dénoncer les difficultés économiques auxquelles elles font face : « On a besoin d’être plus nombreux. On se sent en danger financièrement », déclare Lisa Le Pann, trésorière régionale des Éclaireuses et Éclaireurs de France. C’est dans ce contexte que le partenariat avec la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (Drajes), prend sens : « Les ressources sont sous tension, les associations font face à des difficultés croissantes. Nous voulons faire du Mouvement associatif un levier de la politique publique », explique Peggy Froger, responsable jeunesse à la Drajes.

    Lutter contre l’extrême

    Autre menace : la montée de l’extrême droite, en opposition aux valeurs de démocratie participative et humaniste du Mouvement associatif. Yannick Ohanessian, adjoint (PS) au maire et délégué à la vie associative, rappelle : « Face à cette menace, nous devons faire bloc collectivement. Là où certains détruisent, Marseille essaie humblement de protéger et d’investir », soutient-il. Laurent Lhardit, député (PS) de la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône, partage : « La menace pourrait être plus forte si le pouvoir politique venait à considérer que vos actions présenteraient une entrave à une idéologie, qui considère que la culture peut devenir une perversion dès lors qu’elle ne nourrit pas un projet politique identitaire. » Un enjeu d’autant plus important à l’approche de l’élection présidentielle.

  • [Entretien] Laurence Blisson, Syndicat de la magistrature : « Un phénomène systémique entretenu par le manque de moyens »

    [Entretien] Laurence Blisson, Syndicat de la magistrature : « Un phénomène systémique entretenu par le manque de moyens »

    La Marseillaise : Dans l’affaire Lyhanna, le président de la République et le garde des Sceaux excluent tout manque de moyens. Est-ce entendable ?

    Laurence Blisson : Il y a une émotion évidente vis-à-vis de la famille. De manière générale, pour tout magistrat, voir se produire ce type d’acte, ce n’est jamais quelque chose d’anodin. L’idée, ce n’est pas d’empêcher une discussion. Mais entendre le président de la République soutenir qu’il ne peut pas y avoir de question de moyens, c’est sidérant par rapport à l’état médiocre des moyens judiciaires et policiers qui sont dédiés aux questions de protection de l’enfance. C’est méprisant pour tous les enquêteurs, les magistrats qui, au quotidien, passent leur temps à essayer de prioriser pour, justement, éviter ce type de situation. Les signalements répétés sur ce sujet témoignent de l’insuffisance structurelle et endémique des moyens que ce soit dans le champ de la prévention ou des enquêtes. Il y a un problème systémique de traitement des violences sexuelles, le syndicat le dénonce depuis plusieurs années.

    À Marseille, huit procureurs, deux attachés de justice et un assistant de justice sont dans le pôle « mineur famille » du parquet qui traite des affaires dans lesquelles les mineurs sont auteurs ou victimes ainsi que des procédures d’assistance éducative – donc de toute la protection de l’enfance –, des affaires de violences intrafamiliales, qu’elles soient sur le conjoint ou sur les enfants, etc. En 2025, le nombre de procédures traitées sur la seule partie des violences intrafamiliales est de 4 093. Cela équivaut donc à 511 procédures par procureur dans l’année et ce n’est vraiment qu’une infime partie de leurs contentieux. Prétendre qu’il n’y aurait pas de question de moyens c’est scandaleux du point de vue de la responsabilité que le pouvoir politique se donne.

    Gérald Darmanin presse les procureurs généraux de « reprendre l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants », environ 70 000, avant le 14 juillet. Est-ce possible ?

    L.B. : C’est difficile de comprendre exactement ce dont il parle. S’agit-il de procédures qui seraient déjà enregistrées dans les tribunaux et pour lesquelles une réponse pénale ne serait pas encore donnée ou de procédures qui sont dans les commissariats ? L’activité pénale va s’arrêter pour faire cet état des lieux ? Et une fois que c’est fait, concrètement, il va se passer quoi ? Les procureurs priorisent quotidiennement ce type de situation, en se demandant quelle enquête doit aller le plus vite. S’il n’y a pas d’enquêteurs supplémentaires dans les brigades des mineurs, qu’est-ce qui va se passer pour ces 70 000 procédures ? Il y a une dimension de communication politique derrière tout ça. Cette enquête elle est en cours. La période de deuil des parents et des proches de cet enfant a à peine commencé. Dans cette précipitation à vouloir chercher le fautif, on oublie que le coupable, c’est la personne qui a tué cet enfant. Il y a une impasse de la pensée. C’est assez désespérant de voir une grande partie de la classe politique s’engouffrer dans cette voie. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut jamais réfléchir à ce qui peut dysfonctionner ou sur comment on peut faire les choses différemment. Mais je crois que là, il y a une ouverture vers toute une série de propositions démagogiques.

    Dans un communiqué, votre syndicat déplore la priorisation des « opérations de communication de type Place nette », au détriment du reste ?

    L.B. : En ce qui concerne le tribunal judiciaire de Marseille, il y a évidemment une focalisation importante sur la question du trafic de stupéfiants. Lorsque Gérald Darmanin dit « ma circulaire de janvier 2025 n’a pas été appliquée », il oublie de dire que dans ce document il y a deux lignes sur la priorisation sur les violences faites aux enfants et deux pages sur la lutte contre le narcotrafic. Le réel que vivent les magistrats et notamment ceux du parquet, c’est un empilement de circulaires qui empilent des priorités sur des priorités. Il y a peut-être un affichage d’un discours politique dans ce contexte-là, mais il n’y a pas de réel souci d’organiser les choses pour véritablement prendre en charge ce type de procédures. Dans la région, il y a énormément d’enquêtes. Les moyens policiers mis dans les brigades de protection de la famille, dans les brigades des mineurs sont insuffisants et, a fortiori, quand on est sur une telle priorisation presque obsessionnelle sur la question du trafic de stupéfiants. Les derniers débats à l’Assemblée nationale ont porté sur le rodéo urbain, sur toutes ces infractions de voie publique qui sont l’obsession politique habituelle. Donc aujourd’hui, chercher à faire porter sur la seule institution judiciaire et policière la responsabilité d’un phénomène systémique entretenu par ce manque de moyens, c’est vraiment malhonnête.

  • Le plan de sécurité des plages lancé sur tout le littoral

    Le plan de sécurité des plages lancé sur tout le littoral

    Alors que la saison balnéaire a débuté le 29 mai à Marseille, Corinne Simon, préfète de police déléguée des Bouches-du-Rhône et Pierre-Marie Ganozzi, adjoint au maire de Marseille en charge de la sécurité et des services de police, ont présenté ce lundi 8 juin les dispositifs de sécurisation des plages. « Ce dispositif, combiné entre police nationale et police municipale, doit permettre à chacun de passer le meilleur été possible », précise Corinne Simon. Effectif jusqu’au 31 août, il vise trois objectifs selon la préfète : « Assurer une présence pour rassurer les usagers, intervenir le plus rapidement en cas de besoin et pouvoir faire des contrôles. » Marseille compte 21 plages, dont 14 zones de baignade intégrées au dispositif de surveillance. Pour cet été, 104 nageurs-sauveteurs seront mobilisés sur le littoral et des équipes de CRS viendront renforcer les effectifs à partir de la mi-juillet, selon la préfecture. Sur le terrain, le plan prévoit également le déploiement de plus de 100 policiers municipaux dans les quartiers littoraux et sur les plages, afin d’assurer la sécurité des usagers.

    Un maillage de prévention renforcé

    Ville et préfecture veulent aussi miser sur la prévention. « Des médiateurs sociaux seront déployés pour faire de la prévention concernant notamment les plongeons, le protoxyde d’azote et autres pratiques addictives », explique Pierre-Marie Ganozzi. Des équipes de médiation seront donc présentes au quotidien sur les plages. « On va vers les gens, les acteurs locaux et les commerçants. On fait de la sensibilisation et de la prévention sur le vol par exemple, détaille Jérôme Borgeot, médiateur social et membre de l’association Pops, chargée de la médiation de jour. Le but, c’est de créer du lien pour que la population se sente le plus en sécurité possible », appuie-t-il. Le dispositif Safer Plage, déployé depuis deux ans, sera également reconduit pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. L’application « permet de faire des signalements que vous soyez victime ou témoin d’une agression », précise l’adjoint au maire.
    « Lorsqu’il y a un signalement, on envoie l’équipage le plus proche selon la zone géographique, explique Céline Lefléfian, directrice de la police municipale de Marseille. Les équipes de vététistes et de motards peuvent se déplacer assez vite pour intervenir », précise-t-elle.

    Comme les années précédentes, la plage des Catalans bénéficie cet été d’horaires d’ouverture élargis avec un accès au public de 7h à 23h, sur toute la semaine.

  • Mal embarqué, le transport fluvial cherche son pilote

    Mal embarqué, le transport fluvial cherche son pilote

    C’est un cri d’alerte que lance l’ex-président des Aéroports de Paris. « L’inaction aurait un coût considérable : celui d’un corridor qui se délite, d’opportunités industrielles perdues, et d’un risque réel de déclassement face aux ports concurrents », écrit Augustin de Romanet dans ses conclusions. Celui-ci a rendu ce jeudi 4 juin son rapport consacré au développement de l’axe Méditerranée – Rhône – Saône, un corridor logistique crucial qui concentre plus d’un tiers du produit intérieur brut français, débouché du Grand Port maritime de Marseille-Fos. Un rapport de plus, cinq ans après les promesses élyséennes.

    Dans les jardins du Pharo le 2 septembre 2021, le président de la République Emmanuel Macron promettait en effet de transformer le Grand Port maritime « en un grand port fluvio-maritime allant de Marseille à Lyon ». « Le lien entre le port et l’hinterland européen fera l’objet d’aménagements nouveaux et d’investissements exceptionnels », assurait-il. Mais en dix ans, quatre rapports ont été rendus pendant que le gouvernement prenait des décisions contradictoires : créé en 2017, le poste de délégué interministériel chargé de développer l’axe a été supprimé trois ans plus tard. « La plupart des acteurs ont exprimé une grande lassitude et une perte de confiance dans la capacité des pouvoirs publics à porter un projet d’intérêt général », alerte ce cinquième rapport.

    -40% de trafic sur le Rhône

    Car pendant ce temps, le trafic fluvial prend l’eau sur le Rhône. Alors même que seules 5% des marchandises sont transportées sur le fleuve, leur volume a dégringolé de 40% depuis 2015. « Cette situation est d’autant plus regrettable que le fret fluvial présente des performances énergétiques et environnementales nettement supérieures au fret routier », avec trois à cinq fois moins de CO2 émis, déplore le rapport. Et d’alerter sur une situation qui risque de se dégrader face aux « stratégies offensives » des ports de Barcelone et Gênes, et l’ouverture à l’horizon 2035 de la ligne Lyon-Turin qui favorisera le port italien. Cela d’autant plus que la métropole lyonnaise reste un goulet d’étranglement logistique, et que l’État recule sans cesse sur la réalisation d’un contournement ferroviaire chiffré à 1,3 milliard d’euros. « C’est typiquement à cause d’une gouvernance insuffisamment forte de l’axe MeRS que ce projet si essentiel n’a pas encore été, selon nous, décidé par le gouvernement », estime l’ex-président des Aéroports de Paris.

    Alors le rapport préconise la mise en place d’un directoire rassemblant les préfets des trois régions, les présidents des conseils régionaux Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes, le directeur de la Compagnie nationale du Rhône et le président du conseil de surveillance du Grand Port maritime, en recréant le poste supprimé sans raison de délégué interministériel.

    Investissement crucial

    Il appelle aussi à harmoniser la facturation des opérations portuaires et maintenir les aides actuelles, pour que le transport fluvial marqué par de faibles marges et une flotte vieillissante ne soit plus grevé par un surcoût de 50 euros par conteneur par rapport au transport routier. Sur la table également, la création d’un groupement d’intérêt public pour identifier les sites stratégiques en bord de fleuve, susceptibles d’accueillir des projets industriels. Et surtout, il réclame le lancement dès cette année du grand chantier du contournement ferroviaire de Lyon. « Ce rapport n‘aura servi que s’il ouvre la voie à l’action. Il est désormais temps d’agir », conclut Augustin de Romanet.